CHAPITRE 5

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COMMENTAIRES 

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19.     Iéshoua‘ répond et leur dit : Amén, amén, je vous dis, le fils ne peut rien faire de lui-même, sauf ce qu’il voit faire par le père. Oui, quoi qu’il fasse, le fils aussi le fait de même.

 

 

  • Iéshoua‘ répond et leur dit : Amén, amén, je vous dis : expression Juive utilisée par Yeshoua pour affirmer des vérités divines.  

 

  • le fils ne peut rien faire de lui-même : dans la Torah, être engendré ne signifie pas simplement être le fils d’untel, encore faut-il avoir les mêmes traits, ou les mêmes caractéristiques comme il est enseigné : si vous étiez les enfants d’Avraham, vous feriez les œuvres d’Avraham. (Yohanan 8 :39). Par conséquent, Rabbi Yeshoua a atteint un tel niveau de piété qu’il est devenu l’expression [humaine] parfaite de la divinité comme lui-même l’a partagé : celui qui m'a vu a vu le Père (Yochanan 14 :9) étant son reflet parfait.

 

  • sauf ce qu’il voit faire par le père : cela fait référence à la volonté parfaite d’Hashem [contenue dans la Torah].   

 

  • Oui, quoi qu’il fasse, le fils aussi le fait de même : Its’hak était la ressemblance parfaite d’Avraham : dans sa beauté, sa sagesse, sa richesse et ses bonnes œuvres (Midrash Tan’houma sur la Paracha Shemot) ; de la même façon, Rabbi Yeshoua était à la ressemblance d’Hashem dans toutes caractéristiques ayant reçu le statut d’être la Torah incarnée. (Yohanan 1 :14).   

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43.     Moi, je viens au nom de mon père, et vous ne me recevez pas. Qu’un autre vienne en son propre nom et vous le recevrez !

 

 

  • Moi, je viens au nom de mon père : Rabbi Yeshoua est le mandataire [l’envoyé] d’Hashem.

 

COMMENTAIRE N°1

 

L'Éternel dit : J'ai vu la souffrance de mon peuple qui est en Égypte et j'ai entendu les cris que lui font pousser ses oppresseurs car je connais ses douleurs. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens (…) Voici, les cris d'Israël sont venus jusqu'à moi et j'ai vu l'oppression que leur font souffrir les Égyptiens. Maintenant, va, je t'enverrai auprès de Pharaon et tu feras sortir d'Égypte mon peuple, les enfants d'Israël. (Shemot 3 :7-10)

 

Dans la première partie du texte, Hashem a affirmé qu’il allait lui-même descendre du Ciel pour faire sortir les enfants d’Israël de l’exil Égyptien. Dans la suite, par contre, nous voyons qu’il délégua la tâche à Moshé... Le Livre de Shmouel confirme également que l’Éternel envoya Moshé et Aaron qui firent sortir nos pères d’Egypte. (1 Shmouel 12 :8). Or, une nouvelle fois dans la Torah, c’est pourtant l’Éternel lui-même qui est dit avoir fait sortir lui-même Israël d’Égypte par sa main puissante. (Shemot 13 :9)

 

Autre exemple.

 

Ainsi parle l’Éternel : A ceci tu connaîtras que je suis l'Éternel. Je vais frapper les eaux du fleuve avec la verge qui est dans ma main ; et elles seront changées en sang. (…) L'Éternel dit à Moshé : Dis à Aaron : Prends ta verge et étends ta main sur les eaux des Égyptiens. (…) Aaron leva la verge et il frappa les eaux qui étaient dans le fleuve, sous les yeux de Pharaon et sous les yeux de ses serviteurs. (…) Il s'écoula sept jours, après que l'Éternel eut frappé le fleuve. (Shemot 7 :17-25)

 

Qui frappa le fleuve ? À deux reprises, il est dit qu’il s’agissait d’Hashem… Cependant, nous voyons que ce fut en réalité, Aaron, le frère de Moshé, qui frappa le fleuve. D’un point de vue littéral, c’est assez étrange car Hashem avait pourtant bien déclaré qu'il allait lui-même tenir la verge dans ses mains, comme s'il possédait un corps physique ; la suite nous apprend que la verge se trouvait en réalité dans les mains d'Aaron avec lequel D.ieu s'identifia. C’est un langage codé de la Torah pour nous enseigner qu’un mandataire est appelé par le nom du mandant. (Rabbénou Bé'hayé).

 

Voici également un dernier passage.

 

Tous les enfants d'Israël murmurèrent contre Moshé et Aaron. (…) L'Éternel parla à Moshé et à Aaron, et dit :  Jusqu'à quand laisserai-je cette méchante assemblée murmurer contre moi ? J'ai entendu les murmures des enfants d'Israël qui murmuraient contre moi. Dis-leur : Je suis vivant ! dit l'Éternel, je vous ferai ainsi que vous avez parlé à mes oreilles. (Bamidbar 14 :2-28)


Moshé et Aaron était-ils D.ieu ? Non et par conséquent, les chrétiens qui se basent sur de tels versets de Yohanan pour prouver la divinité de Yeshoua ont tort... 

 

De plus, dans le Judaïsme, il existe un principe nous permettant de comprendre tous ces versets : nous retrouvons dans toute la Torah que le mandataire d’une personne est comme elle-même. (Nedarim 72b) Dans le même élan, Rabbi Yéhochoua a enseigné : d’où savons-nous que le mandataire (shalia’h) d’une personne est comme elle-même ? Car il est dit : Et toute l’assemblée de la congrégation des fils d’Israël l’égorgera [l’agneau pascal] entre les deux soirs (Shemot 12 :6). Toute l’assemblée l’égorgera et pourtant, c’est une seule personne qui l’égorge et de là, nous dérivons l’idée que le mandataire d’une personne est comme elle-même. (Kiddoushîn 41b)

 

Il est également intéressant de noter que selon la ‘Hassidout Habad, le mandataire est unique en ce qu’il conserve un "certain degré d’autonomie" en accomplissant sa mission [tout en étant en même temps l’extension virtuelle de la personnalité de la personne qui l’a mandaté]. Le mandant agit à travers la totalité du mandataire, non seulement à travers les agissements physiques du mandataire mais aussi à travers sa personnalité ; il n’était donc étonnant que le Mashiah ait parfois certaines libertés d‘agir.

 

Il est également enseigné dans la Torah Orale que le mandataire d’une personne est comme elle-même, il est comme son corps. (Kiddoushîn 43b)

 

À la lumière de toutes ces explications, il est aisé de comprendre que Yeshoua étant le mandataire d’Hashem et qu’il est une manière de parler, en hébreu biblique, que d'attribuer au mandant les actes du mandataire, lequel agit au nom et pour le compte du mandant. En conséquence, il est largement possible de désigner par les "appellations de D.ieu" tous les représentants qui accomplissent ses œuvres et jouent son rôle dans l'exercice de leur mandat ; c’est également la clé de compréhension nécessaire pour la plupart des versets que citent les trinitaires ou autres qui croient que Yeshoua est D.ieu fait chair. En effet, comme nous l’avons compris, si Yeshoua est parfois considéré comme l’Éternel, c’est parce que le mandataire d’une personne est comme elle-même. (Nedarim 72b)

 

Ainsi, quand le Tanakh prédit que l’Éternel viendra (Zekharia 14 :5) ; l’on doit simplement comprendre que Yeshoua, le mandataire, est considéré comme s'il était le mandant, soit l'Eternel lui-même. C’est exactement le même langage employé pour Moshé dont la venue en Egypte était considérée comme la venue de l'Eternel ou d'Aaron au sujet duquel, le chap. 7 du Sefer Shemot dit : Aaron leva la verge et il frappa les eaux qui étaient dans le fleuve (…) et il s'écoula sept jours, après que l'Eternel eut frappé le fleuve. (Bamidbar 14 :2-28). Il en est de même lorsqu’on lit que les "pieds de l'Eternel se poseront sur le mont des Oliviers" (Zekharia 14 :4) ; cela ne veut pas dire que l'Éternel s'est fait homme mais plutôt que les pieds du mandataire, soit ceux de Yeshoua, sont considérées comme ceux de l'Eternel ; et ce de la même manière que la Torah considère la main de l'Éternel comme étant la main d'Aaron par laquelle, les eaux du Nil ont été frappées et changées en sang… Lorsque le Livre de la Révélation attribue également à Yeshoua le titre de "premier et dernier" (Révélation 1 :18) ; il faut également l’interpréter de la même manière que dans le Sefer Shemot, où Moshé reçoit le titre de D.ieu. (Shemot 7 :1) Autrement dit, le Mashiah Yeshoua a été élevé à l’instar de Moshé au rang de mandataire divin, étant considéré comme Hashem, le véritable premier et le dernier, étant le Créateur. (Yeshayahou 44 :6)

 

 

  • et vous ne me recevez pas : comme on le sait, Rabbi Yeshoua fut rejeté par une partie du peuple Juif, principalement par les proushim de Beit Shammaï et par les saducéens corrompus.  

 

 

  • Qu’un autre vienne en son propre nom et vous le recevrez : car vous ne voulez pas d’Hashem, vous préférez écoutez les faux prophètes d'Israël qui prophétisent sur Jérusalem et qui ont sur elle des visions de paix, quand il n'y a point de paix ! (Yehezqel 13 :16). Ces prophètes prophétisent avec fausseté, les cohanim dominent sous leur conduite et mon peuple prend plaisir à cela. Que ferez-vous à la fin ? (Yrmeyahou 5 :31)

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45.     Ne croyez pas que je vous accuserai en face de mon père. Votre accusateur, c’est Moshè, en qui vous espérez.

 

 

  • Ne croyez pas que je vous accuserai en face de mon père : en face d’Hashem, lors du Jugement dernier.

 

 

  • Votre accusateur, c’est Moshè, en qui vous espérez : ce n’est pas forcément de Moshé lui-même dont il est parlé mais plutôt de sa Torah, appelée la "Torah de Moshé" ou les "Écrits de Moshé" … D’ailleurs, le Rabbi poursuivra : Car si vous croyiez Moshé, vous me croiriez aussi, parce qu'il a écrit de moi. Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ? (Yohanan 5 :46-47). Et selon Rabbi Yehoshua ben Levi : Chaque jour une voix céleste sort du mont Horev et fait une proclamation : Malheur à l'humanité pour son mépris envers la Torah ! (Pirké Avot 6 :2). Et dans Zohar ‘Hadash, il est déclaré qu’au jour du jugement, Moshé Rabbénou, que la paix soit sur lui, est destiné à réclamer le prix de ce mépris de la Torah car en vérité, c'est une grande honte pour la Torah, dont la sainteté est enracinée au-dessus de tous les mondes, que les fils de l'homme, façonnés à partir de la matière et formés de la poussière, s'en sépare ! (Shemirat Halachon, Livre I, Porte de la Torah 4 :3)