CHAPITRE 20

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COMMENTAIRES 

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22.     En disant cela, il souffle sur eux et leur dit : Recevez le souffle sacré.

 

 

  • En disant cela, il souffle sur eux : afin de leur transmettre le Rouah Hakodesh.

 

  • et leur dit : Recevez le souffle sacré : dans le Livre du Tanya, il est expliqué qu'un Maître envoie une partie de son Rouah, de son Esprit, sur ses talmidim afin de les guider et de les amener à leur réparation. 

 

Imiter le tsaddik dans son mépris du mal et sa délectation du divin est bénéfique : l’habitude a le pouvoir sur tout, et devient une seconde nature. Quand il prendra l’habitude d’avoir le mal en dégoût, le mal lui sera finalement un peu répugnant de manière vraie. Alors, selon le principe qu’un éveil de l’homme en bas produit un éveil d’en haut correspondant, peut-être après tout cet effort de sa part, un Esprit d’en haut descendra sur lui et il méritera que le niveau d’âme de Roua’h, issu de l’âme d’un Tsadik l’imprègne, de sorte qu’il puisse servir D.ieu avec une joie véritable. Il est un concept kabbalistique selon lequel l’âme d’un Tsadik peut imprégner l’âme d’un autre Juif avec ses facultés, le rendant ainsi à même de servir D.ieu comme le fait le Tsadik. Ce concept peut être comparé à celui du guilgoul dans lequel une âme se trouve attachée à un objet, un animal, ou un autre corps. Cependant, dans le cas du guilgoul, l’âme est enchaînée au corps et dominée par lui, alors que dans l’imprégnation, l’âme du Tsadik sert simplement de force spirituelle supplémentaire à l’âme de celui qui la reçoit. Dans ce contexte, l’imprégnation de l’âme par le Rouah de l’âme du Tsadik permet d’éprouver un plaisir en D.ieu qu’il n’aurait pas pu atteindre de lui-même. Ainsi qu’il est dit : Réjouissez-vous, ô tsadikim, en D.ieu. Il y a ici une allusion à deux types de tsadikim : le beinoni, appelé le "niveau inférieur de Tsadik" et le Tsadik, appelé le "niveau supérieur de Tsadik"... Lorsque tous deux se rejoignent, c’est-à-dire que l’âme du Tsadik imprègne celle du beinoni, ils se réjouissent ensemble, au sens où le Tsadik partage le délice qu’il éprouve en le divin avec le beinoni. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim chap.14)

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28.     Toma répond et lui dit : Adonaï Elohaï ! 

 

 

  • Toma répond et lui dit : Adonaï : contrairement aux avis chrétiens, il n’y a absolument aucune marque d'incarnation dans ce passage, le mot "Adon" en hébreu signifie "Maître" ou "Seigneur" et il est également utilisé pour d’autres personnes autre que le Mashiah… Par exemple, notre matriarche Sarah utilisait ce qualificatif pour désigner son mari Avraham (1 Shimon Kéfa 3 :6) et le Tanakh utilise également ce terme pour parler du Roi David : Notre Seigneur David ne le sait pas. (1 Melakhim 1 :11)

 

  • Elohaï : et dans le même élan, nous allons voir que le mot "Elohim" peut certes, désigner le Créateur mais également un homme puissant, un Juge ou encore un Israélite comme l’enseigne d’ailleurs le Judaïsme actuel.

 

Le mot "Elohim" est utilisé même en ce qui concerne des êtres humains, il désigne celui qui possède la force et le pouvoir. Ainsi, quand on parle de D.ieu, on l'appelle "Elohim" car on parle de lui comme celui qui possède toutes les forces et tous les pouvoirs… En effet, le mot "Elohim" signifie puissant, il peut s'agir de D.ieu en tant que Tout Puissant mais aussi d'un gouverneur humain. À propos des noms de D.ieu qui sont au pluriel, Rachi sur Béréshit 35 :7 explique que les deux noms de D.ieu, Adonaï et Eloheinou, ont le sens de Maître et d’Omnipotent. Or, même lorsqu'il s'agit d'un être humain qui est "maître" ou qui possède du pouvoir ; on exprime souvent son nom de maître, en langue sainte, avec le pluriel. Par exemple, dans le verset 20 de Béréshit 39, il est écrit "Adoné Yossef" : le maître de Yossef ; le mot "le maître" est en langue sainte au pluriel, bien qu'on ne parle que d'un seul homme… La raison profonde [que n'évoque pas Rachi] est la suivante : Le maître, ou celui qui a le pouvoir, est le maître de plusieurs forces, de plusieurs pouvoirs ; à plus forte raison quand on parle du Créateur qui est le Maître de tous les pouvoirs et de toutes les forces. (Rav Ron Chaya)

 

COMMENTAIRE N°1

 

Dans le Judaïsme, les notion de "El/Elohim" font allusion aux notions de domination, de puissance, d’autorité, etc… Pour information, le mot au singulier "El" a donné le pluriel "Elohim" : ce second terme est la forme plurielle la plus utilisée pour parler de D.ieu. Or, premier point : pourquoi utiliser un pluriel pour parler du D.ieu d’Israël ? Y aurait-il plusieurs dieux ? Effectivement, en français, on traduirait le mot par "dieux" mais ceci est une fausse traduction car cela pourrait nourrir en nous, de nombreuses pensées idolâtres comme par exemple, celle de la trinité, ‘hass véchalom.

Ecoute, Israël ! l'Eternel, notre D.ieu, est le seul Eternel. (Devarim 6 :4)

En réalité, le mot "El" traduit l’idée de plusieurs notions comme nous l’avons vu : pouvoir, autorité, force et puissance, etc… et ce mot peut être applicable même lorsqu’il s’agit d’un être humain ! En effet, même le mot pluriel "Elohim" signifie "le Maître des forces" et peut désigner soit le Créateur, soit certains messagers célestes, soit des Juges ou soit des personnes puissantes comme le Roi Messie ; il n’y a donc aucune "faute" d’un point de vue Juif à relier le mot "Elohim" au Mashiah tout en précisant toujours qu’il n’est pas D.ieu le Père…

 

À la lumière de ces explications, essayons de réinterpréter l’exclamation de l’Apôtre Toma.

 

Toma lui répondit : Mon Seigneur et mon D.ieu ! (Yohanan 20 :28)

Beaucoup utilisent cette exclamation pour mettre Yeshoua au rang de "Dieu le Fils" mais cet argument ne tient pas lorsqu’on connaît réellement les codes du Judaïsme… Les pensées de tous les lecteurs de la Bible, étant influencées par la chrétienté, principalement par le catholicisme romain, soutiennent la divinité de "D.ieu le Fils" en argumentant la traduction française de ce verset… Or, le "Nouveau Testament" est un recueil de Lettres Juives contenant de la pensée Juive : chrétienté et français ne sont pas présents dans le vocabulaire d’un Juif comme Toma.  

Voici une meilleure traduction de la Version Chouraqui.

Toma répond et lui dit : Adonaï Elohaï ! (Yohanan 20 :28)

- Pensée chrétienne : Jésus est D.ieu, il faut l’adorer comme tel.

- Pensée Juive : "Elohim" et "Elohaï" [et El] ont la même racine et sont vecteurs d’une même idée ; le mot est ici utilisé par Toma pour exprimer que le Mashiah ressuscité lui apparait comme étant un être "extraordinaire" dans le sens où il maîtrise toutes les forces pour avoir vaincu la mort elle-même… ; ceci est comparable au verset : Je t'établis sur ma maison et tout mon peuple obéira à tes ordres. Le trône seul m'élèvera au-dessus de toi. Pharaon dit à Yossef : Vois, je te donne le commandement de tout le pays d'Égypte. Pharaon ôta son anneau de la main, et le mit à la main de Yossef. (…) Il dit encore à Yossef : Je suis Pharaon ! Et sans toi personne ne lèvera la main ni le pied dans tout le pays d'Égypte. (Béréshit 41 :40-44). Comme nous l’avons vu plus haut, le mot ''El'' signifie force, puissance et il est aisé de comprendre qu’en réalité, Toma voit le Mashiah ressuscité et s’exclame qu’Hashem lui a, véritablement, légué tout pouvoir, autorité, force et puissance, etc…

En complément de ce raisonnement, découvrons ensemble le chap. 7 du Sefer Shemot. 

L’Éternel dit à Moshé : Vois, je te fais D.ieu pour Pharaon et Aaron, ton frère, sera ton Prophète. (Shemot 7 :20)

- Pensée chrétienne : Moïse est également D.ieu, il faut l’adorer comme tel.

- Pensée Juive : Je t’ai fait un inspirateur, un Juge pour Pharaon afin de le châtier par les plaies et les souffrances. (Rachi) 

Il faut comprendre les codes utilisés par les Écrits Nazaréens ; la chrétienté en récupérant les enseignements du Mashiah ont complétement détourné la véritable foi Nazaréenne authentique et ont transformé Rabbi Yeshoua en D.ieu et l’ont d’ailleurs, idolâtré.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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31.     Mais tout cela a été écrit pour que vous adhériez à Iéshoua‘, le messie, bèn Elohîms, et pour qu’en adhérant vous ayez vie en son nom.

 

 

  • Mais tout cela a été écrit pour que vous adhériez : le but étant d’accepter et de recevoir pleinement Yeshoua comme Tsadik dans nos vies comme il est enseigné : Le rapprochement et l'attachement au Tsadik véritable représentent le fondement de tous les fondements et la racine de toutes les racines, cela surpasse tout. (Torah n°143 du Likouté Moharan I)

 

 

  • à Iéshoua‘, le messie, bèn Elohîms : le but étant également de reconnaître Yeshoua comme étant le Mashiah promis et attendu par Israël.

 

 

  • et pour qu’en adhérant vous ayez vie en son nom : au sujet de l’expression contenue dans le verset des Téhilim : Quel est l’homme qui désire la vie ? (Téhilim 34 :13). Rabbi Chnéour Zalman souligne que le moyen d’obtenir la vie est l’attachement au Tsadik. Également selon les termes du verset : l’existence de mon Maître sera liée au faisceau de la vie. (1 Shmouel 25 :29). Or, le Tsadik est l’intermédiaire qui relie à D.ieu et c’est pour cette raison qu’il peut distribuer ce faisceau de vie. (Tanya et commentaires, Iguéret Kodesh, chap. 27)