CHAPITRE 19

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COMMENTAIRES 

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14.     C’est alors la préparation de Pèssah ; c’est environ la sixième heure. Il dit aux Iehoudîm: Voici votre roi ! 

 

 

  • C’est alors la préparation de Pèssah : la fête Juive de Pâque. 

 

  • c’est environ la sixième heure : il s'agit de la troisième heure et non de la sixième ; cela s'accorde ainsi avec l’Évangile de Marcos. Eusèbe de Césarée, déjà à son époque, rapportait qu'il s'agissait d'une erreur de copistes…

 

  • Il dit aux Iehoudîm: Voici votre roi : Yeshoua étant considéré par certains Juifs, comme étant le Roi d’Israël [le Mashiah] mais dans la bouche de Pilatus, cela voulait probablement faire référence à la notion de chef, de dirigeant étant lui-même soumis à l’autorité romaine et n’ayant d’autre roi que César.

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21.     Les chefs des desservants des Iehoudîm disent donc à Pilatus : N’écris pas le roi des Iehoudîm, mais celui-là a dit : Je suis le roi des Iehoudîm. 

 

 

  • Les chefs des desservants des Iehoudîm : cela fait référence aux cohanim, étant principalement des saducéens corrompus.  

 

 

  • disent donc à Pilatus : N’écris pas le roi des Iehoudîm : certains ont refusé la royauté de Yeshoua, ce qu’illustre parfaitement la réflexion des fils de Yaakov envers Yossef : Est-ce que tu régneras sur nous ? Est-ce que tu nous gouverneras ? Et ils le haïrent encore davantage. (Béréshit 37 :8).

 

  • mais celui-là a dit : Je suis le roi des Iehoudîm : comme les enfants de Yaakov ont refusé la royauté du Tsadik, Yossef a dû être vendu [tué] pour finalement, tromper la mort et de la même façon le Mashiah Yeshoua a été vendu par les dirigeants corrompus du peuple Juif pour finalement, ressuscité attendant désormais, le moment fixé par Hashem pour se dévoiler une seconde fois…

 

 

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26.     Iéshoua‘ voit donc la mère, et près d’elle l’adepte qu’il aime. Il dit à la mère: Femme, voici ton fils.

 

 

  • Iéshoua‘ voit donc la mère : il s’agit de Myriam, la mère du Rabbi.

 

 

  • et près d’elle l’adepte qu’il aime : selon certains commentateurs, il s’agit probablement de Yohanan, l’auteur de cet Évangile.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour mieux comprendre l’amour du Tsadik envers un talmid en particulier, nous pourrons nous inspirer du Tanya, principal ouvrage de la ‘Hassidout ‘Habad.

 

Selon le verset de Béréshit : son âme est liée à son âme. (Béréshit 44 :30) décrivant la relation de proximité particulière qui existait entre Yaakov et son fils Binyamin, le texte suggère qu’il peut en être de même entre le Tsadik et son disciple. Comme dans l'eau le visage répond au visage, ainsi le cœur de l'homme répond au cœur de l'homme. (Mishlei 27 :19). C’est en fonction de l’amour qu’un homme éprouve pour le Tsadik qu’il recevra, à son tour, l’amour du Tsadik. Ceci justifie la précision figurant ici, dans le texte : selon le niveau de son attachement sincère. L’esprit d’amour qu’un homme éprouve pour le Tsadik met en éveil l’esprit d’amour du Tsadik pour lui et le révèle. (Zohar, Tome 2, p. 162b). Or, ce sentiment d’amour n’est en aucune façon modifié par la mort physique ; lorsque celle-ci se produit, le disciple peut donc continuer à recevoir la vie, comme au préalable… En effet, la bénédiction du Tsadik est obtenue en fonction du degré de proximité que l’on entretient avec lui. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 27)

 

 

  • Il dit à la mère : Femme, voici ton fils :  Rabbi Yeshoua, rempli d’amour et de tendresse, à un moment d’agonie ultime, se soucie du devenir de sa mère et l’engage à considérer Yohanan comme son propre fils ; dans le sens où le Rabbi sait très bien que celui-ci fera tout son possible pour prendre soin d’elle et d’ailleurs, c’est ce qu’il fera : Et, dès ce moment, le talmid la prit chez lui. (Yohanan 19 :27)

 

 

 

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27.     Ensuite, il dit à l’adepte : Voici ta mère. Et, depuis lors, l’adepte la prit chez lui.

 

 

  • Ensuite, il dit à l’adepte : Voici ta mère : le Mashiah demande clairement à Yohanan de prendre grand soin de sa mère, qui est en train de voir son propre fils crucifié devant elle...

 

COMMENTAIRE N°1

En réalité, Yeshoua avait peur pour sa mère comme cela nous est enseigné à travers l’histoire de la Akéda d’Its’hak. En effet, le Mashiah, sachant parfaitement qu’il était en train de vivre sa propre Akéda n’a pas souhaité que sa mère vive ce que Sarah, notre matriarche a vécu et c’est pourquoi, il l’a rassuré au maximum de ses capacités, étant lui-même à l’agonie….

Pour compléter ces propos, voici le commentaire de Rachi sur le sujet : La mort de Sarah suit immédiatement le récit de la ligature d’Its’hak.  En apprenant que son enfant avait été lié sur l’autel, qu’il était prêt à être immolé et peu s’en fallut qu’il le fût, son âme l’a quittée et elle en est morte.

 

  • Et, depuis lors, l’adepte la prit chez lui : et effectivement, selon certains sources historiques, Myriam fut emmenée près d'Éphèse par Yohanan après quelques années pour fuir les  persécutions Juives et romaines. Myriam est supposée avoir terminé sa vie là-bas. 

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29.     Un vase est là, plein de vinaigre. Une éponge donc, pleine de vinaigre, ils la fixent à l’hysope et l’approchent de sa bouche.

 

 

  • Un vase est là, plein de vinaigre. Une éponge donc, pleine de vinaigre : Boaz parla à Routh du Roi Messie : Approche, approche du Royaume et mange de notre pain, c’est le pain du Royaume et trempes le dans le vinaigre, ce sont les souffrances du Mashiah comme il est dit : Et c’est pour nos péchés qu’il a été meurtri. (Yeshayahou 53 :5) (Routh Rabah 5 :6) 

 

 

  • ils la fixent à l’hysope et l’approchent de sa bouche : comme cela avait été prophétisé : Ils mettent du fiel dans ma nourriture et pour apaiser ma soif, ils m'abreuvent de vinaigre. (Téhilim 69 :21).

 

 

 

 

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30.     Quand donc Iéshoua‘ a pris le vinaigre, il dit : C’est accompli !  Il incline la tête et rend le souffle.

                                 

 

  • Quand donc Iéshoua‘ a pris le vinaigre : comme cela avait été prophétisé : Ils mettent du fiel dans ma nourriture et pour apaiser ma soif, ils m'abreuvent de vinaigre. (Téhilim 69 :21).

 

 

  • il dit : C’est accompli : la mission de Rabbi Yeshoua en ce monde était terminée ; cette parole exprime ainsi, le grand tikoun effectuée par le Mashiah dans les mondes supérieurs. En effet, le Rabbi de Natzeret a accompli à la perfection, la mission qu’Hashem lui avait conférée depuis la Création du monde.  

 

COMMENTAIRE N°1

Comparons ces paroles "finales" du Mashiah avec celles de Rabbi Na’hman de Breslev rapportées par le Rav Avraham Ifra’h. 

Avant son décès, Rabbi Na’hman a affirmé cette fameuse expression demeurant légendaire dans le vocabulaire Breslev : Gamarti veegmor signifiant : J’ai terminé et je terminerai. Terminer ? Mais terminer quoi ? Et quelle incidence cette affirmation aurait-elle dans notre petite existence ? Le message de Rabbi Na’hman est clair : tout est fini à présent. La réparation du monde et son corollaire, la venue du Mashiah, ont d’ores et déjà été ratifiées dans les sphères supérieures ; elles sont le fruit de longues négociations par l’âme de Rabbi Na’hman et d’une lutte acharnée. Mais si tout est terminé, pour quelle raison le Mashiah se fait-il attendre ? La raison en est simple : le travail spirituel fourni par Rabbi Na’hman n’a pas encore pénétré la dimension temporelle. En d’autres termes, lorsque l’âme de Rabbi Na’hman parvint à négocier la venue du Mashiah, le monde n’était pas encore suffisamment prêt afin d’accueillir cette vérité. De nos jours, nous assistons également à un phénomène ressemblant car nombreux sont les détracteurs de Breslev. Comment est-ce possible que des personnes se rendent à Ouman et en reviennent transfigurées, gorgées d’amour vis-à-vis d’Hashem et de vitalité ? Pourquoi les talmidim de l’immense Yeshiva de Rabbi Na’hman n’éprouvent pas le besoin incessant d’être motivés dans leur service divin par leurs Maîtres, là où certaines Yeshivot voient leurs talmidim faner de leurs bancs ? Pourquoi tant de joie ? Comment se fait-il que les addictions de certains soient-elles enfin pansées ? Il faut savoir que les grandes figures qui parvinrent à faire pénétrer leur enseignement dans le temps et à bouleverser l’histoire de l’humanité ont toujours été oppressées. Rabbi Nathan et Rabbi Na’hman en font partie ! Si les théories demeurent à l’abri des contestations ; les paroles concrètes et vraies, elles, dérangent… C’est précisément ce qu’a révélé Rabbi Na’hman : des paroles concrètes et des conseils en vue de la venue du Mashiah. Et bien que ce dernier tarde à venir, les ingrédients sont bel et bien là. Alors, que faire de cet enseignement ? Attendre dans la joie. Quand bien même le monde gronde et les événements les plus chaotiques s’enchaînent dans le désarroi le plus absolu, rappelons-nous que la venue du Mashiah a d’ores et déjà été ratifiée. Le Satan s’est inscrit au pôle emploi car désormais, il ne peut que retarder l’échéance mais pas l’entraver ; la guéoula frappe à la porte ! (Rav Avraham Ifra’h)

Quel est l’engagement d’un vrai professeur ? Celui de faire réussir ses élèves aux examens finaux. Lorsque Rabbi Na’hman a affirmé : J’ai gagné et je gagnerai, j’ai fini et je finirai ; son intention était de formuler une promesse vis-à-vis de chacun, celle de le faire parvenir à la réalisation de son tikoun. Avec Rabbi Na’hman, plus besoin de réincarnation ; le passage sur terre est optimisé. Aucun élève n’a redoublé dans l’école Breslev car il n’y a tout simplement pas besoin de rattrapage, telle est la signification de l’affirmation : Je gagnerai. Avec tous ses défauts, ses zones d’ombre, ses contradictions, Rabbi Na’hman va faire gagner son élève ; non seulement optimiser son passage sur terre mais aussi lui donner le courage d’avancer, le goût de la vie et ainsi, redessiner son sourire sur son visage, etc… (Rav Avraham Ifra’h)

À la lumière de ces enseignements ‘hassidiques Breslev, une question est légitime : comment comprendre que Rabbi Yeshoua ait dit "tout est accompli" il y a maintenant plus de 2000 ans et que Rabbi Na’hman dise une chose semblable au XVIIIème siècle ? Qu'est-ce que Rabbi Na’hman de Breslev aurait "terminé de plus" que Yeshoua ? Est-ce que tout serait-il vraiment accompli ?  En réalité, tous ces concepts se jouent sur plusieurs niveaux de tikounim... Yeshoua a fait le tikoun pour l'expiation du Am Israël, soit le fait de prendre tous les péchés du peuple Juif depuis plus de 2000 ans en l'absence de Temple, ce qui est le plus gros tikoun qu'on puisse faire ; d’autant plus que le Mashiah a rapproché l’humanité entière du Saint Béni soit-Il. De plus, l'idée du "tout est accompli" nous enseigne que Yeshoua est aussi "l’initiateur du processus de la guéoula" et a lui-même déversé une partie du Rouah Hakodesh sur tous les Maîtres d'Israël, dont Rabbi Na’hman [le Tsadik de la génération actuelle pour certains]. Les Maîtres étant, tous un aspect du Mashiah ben Yossef, permettant de dévoiler le Ben David [la dimension] et de susciter la téchouva du Am Israël ; il faut le comprendre de cette manière pour Rabbi Na’hman… D'autant plus, selon un autre angle, la hitbodedout s'était perdue dans le Judaïsme, la doctrine de attachement au Tsadik également, etc... Clairement, Rabbi Na’hman a fait le tikoun de tous les Écrits Nazaréens nous permettant de mieux comprendre Yeshoua, soit le Mashiah véritable en enseignant tous ces concepts. Pour finir, Rabbi Na’hman étant le Tsadik de la génération pour certains, l'idée de "J'ai terminé" correspond au fait qu'il soit le dernier Dirigeant avec un grand D du Am Israël, le prochain étant le Mashiah. Puis, comme lui-même, la déclarait : Ma Torah est celle du Messie et mon feu brillera jusqu'à son arrivée ! ou encore : Ma Torah est celle du Messie. La différence c'est que lui, tout le monde l'écoutera.

 

 

  • Il incline la tête et rend le souffle : le Mashiah a expiré, et nous attendons maintenant son second dévoilement… Que cela puisse arriver maintenant et de nos jours ! Amen.