CHAPITRE 13

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COMMENTAIRES 

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1.     Avant la fête de Pèssah, Iéshoua‘ sait que l’heure est venue pour lui de passer de cet univers vers le père. Il a aimé les siens en cet univers, et il les aime jusqu’à la fin.

 

 

  • Avant la fête de Pèssah : ce Pessah étant le dernier repas de Yeshoua avec ses talmidim. (Loucas 22 :15). Or, il est intéressant de savoir que les Maîtres ‘hassidiques nous enseignent que le dernier jour de la vie terrestre d’un Tsadik, toutes ses actions, ses enseignements et son service divin atteignent leur point culminant…

 

 

  • Iéshoua‘ sait que l’heure est venue pour lui : comme il est également rapporté par le Mashiah lui-même : J'ai désiré vivement manger ce Pessah avec vous, avant de souffrir. (Loucas 22 :15).

 

 

  • de passer de cet univers vers le père : cela fait référence au fait de mourir mais comme on le sait, Rabbi Yeshoua a rejoint Hashem dans les mondes supérieurs ; comme l’enseigne également l’Apôtre Shaoul : le Mashiah est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de D.ieu et il intercède pour nous !

 

 

  • Il a aimé les siens en cet univers : cela fait référence aux talmidim du Rabbi selon le verset des Téhilim : Chaque homme cache sa fausseté en lui-même et il en fait un secret, au profond de son cœur. (Téhilim 64 : 7) ; la profondeur du cœur du Tsadik, en revanche, s’exprime envers chaque homme, auquel il voue l’amour le plus profond. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 27)

 

 

  • et il les aime jusqu’à la fin : cela fait référence au verset de Hoshéa : Je les ai menés par les cordes de l’humanité, par les courroies de l’amour. (Hoshéa 11 :4) ; la relation instaurée de cette façon est donc immuable, comme si une corde reliait, en permanence, le disciple et le Maître, bien plus puissante que la mort. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 27)

 

 

 

 

 

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7.     Iéshoua‘ répond et lui dit : Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant ; mais tu le sauras ensuite. 

 

 

  • Iéshoua‘ répond et lui dit : Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant : il n’y a pas toujours de logique palpable dans la réparation opérée par le Tsadik. Parfois, des actes incompréhensibles participent à notre réparation et pourtant, ceux-ci sont essentiels. Les voies de la réparation sont impénétrables ! Notre seul devoir : avoir confiance dans le Tsadik et son mode opératoire… Les plus grands médecins ont leur protocole d’administration de soins et la justification du traitement ne nous est pas toujours dévoilée ! (Rav Avraham Ifra’h)

 

COMMENTAIRE N°1

Pour mieux comprendre notre incapacité à saisir les actes du Tsadik, nous pourrons nous inspirer d’une histoire concernant Rabbi Na’hman de Breslev.

Un jour, Rabbi Na’hman et ses talmidim se réunirent et étudièrent un passage du Talmud. Or, l’opinion de certains de ces talmidim divergeaient de celle de Rabbénou. Parmi eux, figurait Rabbi Youdel. Rabbénou s’adressa à lui en ces termes : Reb Youdel, si je te prouve que tu as tort, acceptes-tu que je te donne une claque ? Rabbi Youdel, sûr de lui, acquiesça. Évidemment, par la suite, Rabbénou parvint à démontrer la justesse de son point de vue et donna une petite frappe sur la joue à son talmid, conformément à leur accord. Toutefois, Rabbi Youdel en fut heurté… Quelques jours plus tard, Rabbénou lui adressa les paroles suivantes : Te souviens-tu de ce moment où j’ai légèrement levé ma main sur toi ? Sache qu’à ce moment même, ta fille était souffrante et sur le point de périr. En agissant ainsi, j’ai pu soigner ta fille mais comme tu as conservé quelques sentiments négatifs, celle-ci ne guérira pas totalement et l’un de ses doigts demeurera paralysé. (Rapportée par le Rav Avraham Ifra’h)

L'enseignement est de faire totalement confiance au Tsadik, que ce soit dans son étude de Torah, dans sa façon de voir les choses, etc... Rabbi Youdel était un grand Tsadik, un expert dans les mitsvot et dans la halaaha, et pourtant, il n'a pas réussi à atteindre le bitoul parfait avec Rabbi Na'hman [dans cet exemple précis]. Cela te montre que malgré toute notre Torah, la priorité est de se soumettre au Tsadik et ceci, nous permet de mieux comprendre les paroles de l'Apôtre Shaoul : Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l'excellence de la connaissance du Mashiah Yeshoua mon Seigneur, pour lequel j'ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner le Mashiah. (Philippiens 3 :8). Aussi pour nous Nazaréens, c'est la même chose : peu importe les actes ou les paroles du Tsadik, notre engagement envers lui nécessite une confiance absolue comme nous l’a enseigné Shimon Kéfa : Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Et nous avons cru et nous avons connu que tu es le Mashiah, le Saint de D.ieu. (Yohanan 6 :68-69)

L’homme doit évacuer de lui toutes les sagesses et de dépouiller de son esprit comme s'il était entièrement dépourvu d'intelligence, à l'exception de ce qu'il reçoit du Tsadik et du Rav de vérité et tant qu'il reste chez lui un quelconque intellect personnel, l'homme n'est pas complet et il n'est pas attaché au Tsadik. (Torah n°123 du Likouté Moharan I)

 

COMMENTAIRE N°2

Poursuivons dans les enseignements ‘hassidiques Breslev pour développer ces concepts d’incompréhensions en lien avec les actes du Tsadik.

Dans la Torah n°54 du Likouté Moharan, Rabbi Na’hman nous apprend que ce qu’il comprend via son raisonnement analytique, ses talmidim sont en mesure de le comprendre au moyen de comparaisons. Comment comprendre cet enseignement ? Il existe deux façons de comprendre une chose. La première est le fruit d’une analyse provenant directement de l’âme. Or, lorsque l’âme comprend, celle-ci ne se trompe pas car ce que l’âme comprend, c’est ce qui est… Et chacun de nous possède une âme et notre âme voit énormément de choses ; le problème est que des écrans se dressent devant notre âme. Cette dernière transmet des informations à notre faculté d’imagination et celle-ci est censée influencer notre intellect puis notre corps. Or, l’imagination est susceptible d’être touchée. Dans ce cas, comment analyser les choses de façon correcte ? En annulant notre connaissance face à celle du Tsadik et c’est ainsi que procéda Rabbi Nathan… Nous enregistrons les paroles de Rabbénou, à l’image d’un petit bébé qui ignore tout du fonctionnement de ce qui l’entoure et qui écoute sa mère lui dire de ne pas mettre les doigts dans la prise, de ne pas jouer avec des allumettes, etc… Donc, pour revenir à notre propos, nous avons besoin de ceux choses : des enseignements du Tsadik, qui sont sécurisés par essence, ainsi que d’un esprit de comparaison. L’enseignement du Likouté Moharan traite exactement de la façon dont nous devons développer cet esprit de comparaison afin de ne pas commettre d’écueils. À la manière d’un musicien qui parvient à associer des notes de musique afin de créer une mélodie harmonieuse, nous devons associer des éléments qui sonnent juste ; les notes de musique sont les enseignements du Tsadik : comment appréhender Erets Israël, comment appréhender la nourriture, comment appréhender le shalom bayit, etc… Ces notes sont empruntées de vérité car le Tsadik est passé par là et les avoir en tête, c’est déjà être empli de vérité ; la façon de les associer, c’est plutôt la composition de la mélodie.

 

 

  • mais tu le sauras ensuite : tu ne le comprends pas maintenant mais tu le comprendras bientôt… 

 

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14.     Si donc moi, l’Adôn et le Rabbi, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.

 

 

  • Si donc moi, l’Adôn et le Rabbi, je vous ai lavé les pieds : le Midrash Rabbah illustre parfaitement la connexion : D.ieu ne s'est pas conduit avec eux de la manière habituelle car généralement quand on achète des serviteurs, il est entendu qu'ils le lavent et l'oignent, l'aident à s'habiller etc… Cependant, D.ieu ne l'a pas fait mais il les a lavés comme il est dit : Alors je t'ai lavé avec de l‘eau. (Yehezqel 16 :9). (Shemot Rabah 20 :11, Soncino Press Edition) et le commentaire de Rabbénou Ba’hya poursuit également dans le même sens : Tout comme un père nourrit sa famille, les oint avec de l'huile et les lave ; alors D.ieu fait la même chose pour Israël, comme nous le savons du Prophète Yehezqel : Je vous ai baigné dans l'eau, je vous ai lavé le sang et je vous ai oint d'huile. (Yehezqel 16 :9). (Rabbénou Ba’hya, Bamidbar 15 :2 :2)

 

 

  • vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres : afin de suivre mon exemple car si un Maître le fait, à combien de plus fortes raisons ses talmidim !

 

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34.     Je vous donne une misva nouvelle : aimez-vous les uns les autres. Comme je vous aime, vous, aimez-vous aussi les uns les autres.

 

 

  • Je vous donne une misva nouvelle : en cette période de haine gratuite.

 


COMMENTAIRE N°1

Nous devons impérativement nous souvenir de l'affirmation de la Guemara, selon laquelle le Temple fut détruit à cause de la haine gratuite et nous devons tous faire un effort particulier afin de supprimer la cause qui fut à l'origine de cette destruction.

Voilà la pensée et le travail du Mashiah Yeshoua lorsqu’il mettait l’accent sur l’amour.

Il sera également intéressant de relever que selon les enseignements ‘habad, la guerre contre Midian dans la Torah représente un combat spirituel contre la haine et la querelle gratuite. En effet, toujours selon les enseignements ‘habad, D.ieu nous donne l'ordre de livrer cette guerre contre Midian en permanence afin que la haine, la discorde et la méchanceté soient remplacées par l'affection, la bonne entente et l'altruisme.

Outre les avantages évidents pour nous sur le plan individuel et sociétal, D.ieu lui-même "bénéficie" de ce combat également et cela rejoint le Talmud et principalement Rabbi Akiva lequel a déclaré que l'amour du prochain constitue le fondement de la Torah tout entière.

 

  • aimez-vous les uns les autres : dans le même élan, voici une parole du Rabbi Rayats : Aimez-vous les uns les autres, recherchez le bien les uns et les autres et de cette façon, la lumière de l'amour supérieur vous éclairera. (Sefer HaSi'hot du Rabbi Yossef Its’hak Schneerson)

 

 

  • Comme je vous aime, vous, aimez-vous aussi les uns les autres : le but étant d’imiter l’amour du Mashiah comme il est aussi enseigné : Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même du Mashiah. (1 Corinthiens 11 :1) ou encore : Car l'amour du Mashiah nous presse. (2 Corinthiens 5 :14)