CHAPITRE 1

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COMMENTAIRES 

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1.     Entête, lui, le logos et le logos, lui, pour Elohîms, et le logos, lui, Elohîms.

 

 

  • Entête, lui, le logos : cela fait référence à la Torah, comme il est enseigné par nos Maîtres qu’Hashem a consulté la Torah, puis a créé le monde (Béréshit Rabah 1 :1) ; cela fait également référence au verset : Lorsqu'il disposa les cieux, j'étais là. (Mishlei 8 :27).

 

COMMENTAIRE N°1

 

Selon les chrétiens, Jésus est D.ieu fait chair ; les différentes traductions de ce verset biblique leur facilitant cette interprétation : Au commencement était la Parole [le logos] et la Parole était avec D.ieu, et la Parole était D.ieu. (Yohanan 1 :1). En effet, pour un chrétien, si Jésus est la Parole faite chair (Yohanan 1 :14) alors Jésus est aussi D.ieu car la Parole était avec Dieu, et la Parole était D.ieu…  Les chrétiens ne sont pas allés chercher plus loin et sont par conséquent, tombés dans l’idolâtrie… Or, tout ceci avait été prophétisé par Hoshéa : Mon peuple est détruit, parce qu'il lui manque la connaissance. (Hoshéa 4 :6). Effectivement, la connaissance et le langage Juif sont indispensables pour comprendre des Écrits Juifs ; ainsi, le langage de Yohanan n’était pas chrétien trinitaire mais bel est bien Juif.

 

Essayons alors de comprendre ce qu’il souhaitait partager concernant le logos. En réalité, le langage de Yohanan était le même que celui utilisé dans le Tanakh car selon le Livre des Proverbes, la Sagesse [avec un grand S] a également précédé la Création du monde (Mishlei, chap. 8) … Selon l’interprétation chrétienne classique, Jésus serait-il à la fois la Parole, D.ieu et la Sagesse avec un grand S ? N’est-ce pas un peu beaucoup ? Or, même si Yohanan avait parlé réellement de la trinité, ‘hass véchalom, comment le Roi Shlomo, ayant vécu des années avant Yeshoua aurait-il pu écrire que la Sagesse, soit Yeshoua pour les chrétiens, a précédé la Création du monde ? Avait-il vu également le "fameux logos" dans sa gloire ? Si c’était le cas, pourquoi n’était-il pas trinitaire ? Bien évidemment, on comprend que ce n’était pas le cas, voilà pourquoi, ce n’était pas non plus, le cas de Yohanan…  

 

En effet, le Livre biblique des Proverbes, où la sagesse divine est complétement personnifiée, ne saurait être plus explicite : l'Éternel m'a créée la première de ses œuvres, avant ses œuvres les plus anciennes. J'ai été établie depuis l'éternité, dès le commencement, avant l'origine de la terre. Je fus enfantée quand il n'y avait point d'abîmes, point de sources chargées d'eaux ; avant que les montagnes soient affermies, avant que les collines existent, je fus enfantée ; il n'avait encore fait ni la terre, ni les campagnes, ni le premier atome de la poussière du monde. Lorsqu'il disposa les cieux, j'étais là ; lorsqu'il traça un cercle à la surface de l'abîme, lorsqu'il fixa les nuages en haut et que les sources de l'abîme jaillirent avec force, lorsqu'il donna une limite à la mer, pour que les eaux n'en franchissent pas les bords, lorsqu'il posa les fondements de la terre, j'étais à l'œuvre auprès de lui et je faisais tous les jours ses délices, jouant sans cesse en sa présence, jouant sur le globe de sa terre et trouvant mon bonheur parmi les fils de l'homme. (Mishlei 8 :22-31). Or, d’après les Rabanim, le Roi Shlomo ne parle pas d’un deuxième dieu, ‘hass véchalom, mais bien de la Torah, soit de la Parole de D.ieu, empreinte de la sagesse divine. Pourquoi ne pas en faire autant avec Yohanan ? Pourquoi vouloir transformer Yeshoua en logos et en D.ieu à tous prix ? 

 

Comme ce fut le cas dans le langage de Shlomo, Yohanan nous témoigne de l’éternité de la Torah… Dans le même élan que l’Apôtre du Mashiah, Rabbi Eliezer, le fils de Rabbi Yossé le Galiléen a dit : la Torah a été écrite 947 générations avant la Création du monde, elle se reposait dans le sein du Saint Béni soit-Il et chantait avec les anges serviteurs, comme il est dit : J'étais à ses côtés, habile ouvrière, dans un enchantement perpétuel, goûtant en sa présence des joies sans fin. (Mishlei 8 :30). (Avot deRabbi Nathan 1 :31)

 

Pareillement, dans le Livre apocryphe de Baroukh, la sagesse est identifiée à la Torah : C'est lui qui est notre D.ieu et nul autre ne lui est comparable. Il a trouvé toutes les voies de la sagesse et il l'a donnée à Yaakov, son serviteur et à Israël son bien-aimé. Après cela, il a apparu sur la terre et il a conversé parmi les hommes. La sagesse, c'est le Livre des commandements de D.ieu et la Loi [la Torah] qui subsiste à jamais ; tous ceux qui s'y attacheront arriveront à la vie mais ceux qui l'abandonneront iront à la mort. (Baroukh 3 :37-38 / 4 :1)

 

Attardons-nous sur ce dernier verset : D.ieu est apparu sur la terre et conversé parmi les hommes ? Mais je ne comprends pas, "Jésus D.ieu fait chair" n’est pas encore né… Comment D.ieu aurait-il alors pu apparaître sur la terre et conversé avec les hommes ? Il faut comprendre que Yohanan utilise le même langage, un langage métaphorique Juif codé ; comme Baroukh, Yohanan parle de la Torah [de la véritable Sagesse].   

 

En conséquence, à la lumière de toutes ces explications, il ne serait donc pas faux d'identifier le "logos johannique" à la Torah et à la Sagesse car comme nous l’avons démontré, l’Évangile de Yohanan s’inscrit pleinement dans le contexte Juif du Second Temple.

 

 

  • et le logos, lui, pour Elohîms : lorsqu’Hashem résolut de créer le monde, lorsque cela monta en son vouloir, il examina la Torah et le créa ; pour chaque œuvre crée, il interrogeait d'abord la Torah puis la réalisait. Cette association est décrite dans Mishlei : J'étais à ses côtés comme un enfant chéri et je faisais ses délices jour après jour. (Mishlei 8 :30). Ne lis pas "amon" [enfant chéri] mais plutôt "ouman" [architecte, maître d’œuvre]. (Zohar Toledot 134a-134b)

 

 

  • et le logos, lui, Elohîms : le mot "Elohim" peut désigner le Créateur, un Juge, un ange, un homme puissant [comme Yeshoua] ou une force. Ainsi, la Torah était au départ avec Elohim [D.ieu] et peut être également considérée comme un elohim en soi, dans le sens où elle est une véritable puissance car comme nous l’avons plus haut, par la Torah furent créés tous l’univers ainsi qu’il est dit : Les cieux ont été faits par la parole de l'Éternel et toute leur armée par le souffle de sa bouche. (Téhilim 33 :6)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2.     Lui entête pour Elohîms.

 

 

  • Lui : le logos, soit la Torah [la Parole de D.ieu] dans le langage Juif.

 

  • entête pour Elohîms : comme l’ont enseigné nos Maîtres, la Torah est le plan du monde ; toutes les créations ne passent que par elle. À ce sujet, le Baal Hatourim rapporte que la guématria du mot "béréshit" [dans un commencement] a la même valeur numérique que l'expression "batorah yatsar" : il a formé par la Torah.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3.     Tout devient par lui ; hors de lui, rien de ce qui advient ne devient.

 

 

  • Tout devient par lui : Yohanan parle toujours du logos, soit de la Torah [la Parole de D.ieu] dans le langage Juif.

 

 

  • hors de lui, rien de ce qui advient ne devient : ce verset peut être relié aux enseignements du Roi David et de son fils, le Roi Shlomo, lorsqu’ils ont déclaré tous deux, que les cieux ont été faits par la parole de l'Éternel et toute leur armée par le souffle de sa bouche. (Téhilim 33 :6) et que c’est par la sagesse que l'Éternel a fondé la terre, c'est par l'intelligence qu'il a affermi les cieux. (Mishlei 3 :19). Comme nous l’avons également vu, tout ceci est en adéquation parfaite avec la tradition rabbinique selon laquelle, D.ieu a créé le monde à travers la Torah. (Béréshit Rabah 1 :1). 

 

 

 

 

 

 

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4.     En lui la vie ­ la vie la lumière des hommes.

 

 

  • En lui : comme cela est rapporté dans le verset précédent également, Yohanan parle toujours du logos, soit de la Torah [la Parole de D.ieu] dans le langage Juif.

 

 

  • la vie : par la Torah, le Saint a créé les mondes, comme il est écrit : J'étais avec lui comme un amon. (Mishlei 8 :30). Et les lettres de la Torah sont ce qui donne vie à chaque chose. (Torah n°33 du Likouté Moharan I)

 

 

  • la vie la lumière des hommes : l’identification du logos, c’est-à-dire la Torah, à la vie et à la lumière est également comparable avec les Écrits du Roi Shlomo. En effet, il est rapporté dans le Livre des Proverbes, que le commandement est une lampe et que la Torah est une lumière. (Mishlei 6 :23). Dans le même élan, David HaMelekh n’a pas hésité à proclamer : Ta parole est une lampe à mon pied et une lumière sur mon sentier. (Téhilim 119 :105)

 

COMMENTAIRE N°1

De David. L'Éternel est ma lumière et mon salut : De qui aurais-je crainte ? L'Éternel est le soutien de ma vie : De qui aurais-je peur ? (Téhilim 27 :1)

 

Le Rabbi de Loubavitch, en commentant ce verset des Téhilim, a tout comme Yohanan, comparé la Torah à la lumière divine, capable de diriger l’humanité. 

 

Cette confiance en D.ieu que le Roi David exprime ici au nom de chaque Juif, le fait de s'en remettre pleinement à l'aide qu’Hashem nous accorde, se marque à la fois dans les aspects matériels et spirituels de la vie. Elle permet d'atteindre le stade le plus haut du service de D.ieu, comme le montrent les versets suivants : Place ton espoir en D.ieu. Que ton cœur soit fort et courageux. Place ton espoir en D.ieu. Bien plus, l'intellect humain est, par nature, limité et il n'est donc pas toujours en mesure de déterminer ce qui est bon et ce qui ne l'est pas. En conséquence, D.ieu, Créateur du monde et de l'homme, conscient de ses limites et de ses difficultés, nous a donné la Torah, qui est appelée "Torah de lumière" car elle illumine le chemin de notre vie. Quand un Juif accepte la Torah et les mitsvot avec soumission, sans faire intervenir son propre intellect, il s'unifie avec la logique divine de cette Torah de lumière. Des lors, tout devient lumineux et clair pour lui. Il saura ce qu'il doit faire et ce qu'il ne doit pas faire. Telle est l'idée de l'expression : D.ieu est ma lumière, figurant au début du Psaume 27. (Likouté Si'hot du Rabbi de Loubavitch, Rosh Hachana, Tome 5)

 

COMMENTAIRE N°2

La Paracha Mishpatim commence avec le mot hébreu "vééléh" traduit par "et voici" ; le Baal HaTourim rapporte que les lettres de ce mot forment l'acronyme de la phrase : Et tu as l'obligation de t'investir dans la Torah. Selon ce commentaire, il est aisé de comprendre que l'étude de la Torah est la mitsva principale de l'homme ici-bas ; il doit l’étudier jour et nuit, grandir en elle et la répandre autour de lui. Pourquoi ? Tout d’abord car le Créateur, n’étant que bonté et miséricorde, lui a ordonné d'agir ainsi mais aussi pour une multitudes de raisons, certaines nous étant connues et d'autres pas encore….

 

Parmi les raisons connues, il faut savoir que l'étude de Torah apprend l'homme à voir avec les yeux d'Hashem et à appréhender ce monde comme lui-même l'appréhende ; toute notre vision du monde change et évolue donc en fonction de notre étude de la Torah...

 

Nos Maîtres enseignent à ce sujet, que la lumière primordiale présente dans le Gan Eden, qui permettait à Adam Harichon de voir d'un bout à l'autre du monde a été cachée dans la Torah et peut être retrouvée à nouveau, lorsque l’on s’investit de façon totale dans la Torah… Les plus grands Maîtres d'Israël, comme le Mashiah Yeshoua, ont atteint cette lumière et ont réussi à retrouver ce niveau d'avant la faute ; puissions-nous nous en inspirer !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5.     La lumière luit dans la ténèbre, et la ténèbre ne l’a pas saisie.

 

 

  • La lumière luit dans la ténèbre : par définition, la lumière éclaire l’obscurité ; il est alors aisé de comprendre que la Torah éclaire le monde comme il est également enseigné dans les Téhilim : la révélation de tes paroles éclaire, elle donne de l'intelligence aux simples. (Téhilim 119 :130) ou encore que les commandements de l'Éternel sont purs, ils éclairent les yeux. (Téhilim 19 :8).

 

COMMENTAIRE N°1

Rabbi Na’hman de Breslev a déclaré : La Torah correspond au concept de mesures. (Torah n°56 du Likouté Moharan I)

Si nous désirons regarder quelques secondes une lumière puissante, nous devons contracter nos yeux afin de ne pas être éblouis. La lumière spirituelle de D.ieu est immense et elle doit se contracter afin de pouvoir être perçue par l'entendement humain. Par conséquent, il est important de relever que dans chaque lettre de la Torah se trouve la lumière d'Hashem et ainsi, lorsque nous lisons quelques versets, nous entrons en contact avec cette lumière et la faisons entrer en notre âme.

 

 

  • et la ténèbre ne l’a pas saisie : malgré la lumière de la Torah, beaucoup l’ont refusé et continuent de le faire, préférant l’obscurité de ce monde.

 

COMMENTAIRE N°2

Pour mieux comprendre cette parole de Yohanan, examinons certaines références de la tradition Juive.

Quand D.ieu s'est révélé pour donner la Torah à Israël, il ne s'est pas uniquement révélé à Israël mais à toutes les nations. Il alla d'abord vers les enfants d'Essav et leur demanda : Voudriez-vous accepter la Torah ? Ils lui dirent : Qu'est qui y est écrit ? Tu n'assassineras point. (Shemot 20 :13). Ils dirent : Maître du monde, l'essence même de la nature de notre père est l'assassinat, comme il est dit : Et les mains sont les mains d’Essav. (Béréshit 27 :22) et son père Yaakov a assuré qu'il en serait ainsi, comme il est dit : Par l'épée tu vivras ! (Béréshit 27 :40). Il alla alors vers les enfants d'Amon et de Moav et leur demanda : Voudriez-vous accepter la Torah ? Il lui dirent : Qu'est ce qui y est écrit ? Tu ne commettras pas d'adultère. (Shemot 20 :14). Ils répondirent : L'adultère est notre essence même, comme il est dit : Et les deux filles de Lot étaient enceintes de leur père. (Béréshit 19 :36). Il alla ensuite vers les enfants d'Yichmaël et leur demanda : Voudriez-vous accepter la Torah ? Ils lui dirent : Qu'est qui y est écrit ? Tu ne voleras pas. (Shemot 20 :15). Le vol est notre essence même et notre père était également un voleur comme il est dit : Et lui, sera un âne sauvage (Béréshit 16 :12). En réalité, il n'y avait aucune nation chez laquelle, il n'est pas allé et n'a pas parlé de la Torah ; il a frappé aux portes de chacune et leur a demandé si elles voulaient accepter la Torah, comme il est dit : Tous les rois de la terre te loueront, ô Éternel ! En entendant les paroles de ta bouche. (Téhilim 138 :4). Or, se pourrait-il qu'ils l'aient accepté ? Il est enseigné : Ils écoutent tes paroles mais ils ne les mettent point en pratique. (Yehezqel 33 :31) et aussi : J'exercerai ma vengeance avec colère, avec fureur, sur les nations qui n'ont pas écouté. (Mikha 5 :15). (Sifri Devarim 343)

Les nations lui ont rétorqué : Seigneur de l'univers, quand nous as-tu donné la Torah et quand l'avons-nous refusé ? Mais comment peuvent-ils affirmer cela, vu qu'il est écrit : l’Éternel est apparu du haut du Sinaï, a brillé sur le Séir, pour eux ! Il s'est révélé sur le mont Paran. (Devarim 33 :2) et qu'il est aussi écrit : D.ieu vient de Théman. (‘Havaqouq 3 :3). Qu'a-t-il pu faire à Séir et qu'a-t-il pu bien faire au mont Paran ? Rabbi Yohanan affirme : Cela nous enseigne que le Saint Béni soit-il a offert la Torah à chaque nation et à chaque langue mais aucune ne l'a accepté, jusqu'à ce qu'il vienne les Israélites qui eux, l'acceptèrent. (Avoda Zara 2b) 

Concernant ces différents sujets, il est expliqué par le Rav Ron Chaya que D.ieu n'a pas envoyé des Prophètes aux nations non-Juives pour leur demander s'ils acceptaient la Torah ou non… Il s’agit plutôt d’un code employé par la Guémara : Hashem a simplement compris en analysant le cœur et l'âme des membres des autres peuples qu’ils ne seraient pas intéressés pour porter un joug aussi astreignant qui était contre nature, par rapport à leur but dans la vie. Et d’ailleurs, qu’on fait les chrétiens lorsque l’Évangile fut propagé dans le monde ? On enlève les mitsvot et on se débarrasse du "joug de loi" et ainsi, les ténèbres ne l'ont point reçue. (Yohanan 1 :4)

 
 
 
 
 

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6.     Et c’est un homme, un envoyé d’Elohîms. Son nom, Iohanân.

 

 

  • Et c’est un homme, un envoyé d’Elohîms : du grec "apostello"…

 

Voici la définition du mot grec "apostello" :

  • ordonner à quelqu'un d'aller vers un lieu défini, de partir,

  • envoyer : faire partir quelqu'un vers telle ou telle destination,

  • conduire au loin.

Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents et simples comme les colombes. (Matityahou 10 :16)

 

Voici également la définition du mot dérivé en grec "apostolos" :

  • apôtre : nom de ceux qui ont, les premiers, porté l'Évangile dans une ville ou dans un pays,

  • émissaire : personne chargée d'une mission et que l'on dépêche auprès de quelqu'un,

  • envoyé : ministre, ambassadeur envoyé par un prince souverain ou par un État auprès d'un autre prince ou d'un autre État,

  • messager : personne chargée de transmettre un message

  • ambassadeur : représentant personnel d’un roi pour une mission donnée, dans plusieurs pays,

  • délégué : personne qui reçoit une mission avec tout pouvoir pour la remplir ; mandataire, représentant,

  • ce terme peut également faire allusion aux enseignants Nazaréens éminents.

Voici les noms des douze Apôtres. Le premier, Shimon appelé Kéfa, et Andréas, son frère ; Yaakov ben Zavdaï et Yochanan, son frère ; Philippos et Bar-Talmaï ; Toma et Matityahou, le publicain ; Yaakov ben Halphaï et Tadaï ; Shimon le Cananite et Yéhouda l'Iscariot, celui qui livra Yeshoua. (Matityahou 10 :2-4)

 

 

  • Son nom, Iohanân : cela fait référence au fils de Zekharia, Yohanan HaMatbil dont le nom signifie "D.ieu fait miséricorde" en hébreu.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Zekharia et Elishéva [l’oncle et la tante de Rabbi Yeshoua] avaient un fils, Yohanan ; celui-ci décida de suivre les traces de ses parents afin de servir également le Maître du monde. En effet, comme on le verra tout au long des Évangiles, Yohanan reçu plusieurs révélations surnaturelles et prophétiques, tout en vivant dans le désert à la recherche de D.ieu.

 

Et du temps des cohanim Anan et Caïapha, la parole de D.ieu fut adressée à Yohanan, fils de Zekharia, dans le désert. (Loucas 3 :2)

 

Dans le chap. 3 de l’Évangile de Loucas, on peut constater de façon plus concrète que nous sommes face à un grand homme de D.ieu, étant donné que nous lisons cette expression : la parole de D.ieu fut adressée à Yohanan dans le désert. En effet, si vous n'êtes pas familier avec le Tanakh, vous ne saisirez jamais cette poignante introduction de Loucas sur Yohanan ; l’expression "la parole du Seigneur fut adressée" est souvent utilisée lorsqu'on parle de prophétie. En d'autres termes, Loucas relie Yohanan au merveilleux groupe d'hommes connus sous le nom de "Neviim" en utilisant cette phrase toute particulière.

 

Selon les normes modernes de notre génération, Yohanan serait un fou reclus, exclu et ultra-orthodoxe car comme on le sait, Yohanan avait un vêtement de poils de chameau, une ceinture de cuir autour des reins et se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. (Matityahou 3 :4). De plus, comme cela nous est également précisé, il s’est abstenu de vin tout sa vie (Loucas 7 :33) indiquant ainsi, qu’il était soumis à un vœu de naziréat. Cet homme était un homme sérieux dans sa relation avec Hashem, il a cherché le Maître du monde de toutes ses forces de la même manière que tous les Prophètes Juifs et c’est pourquoi, Yohanan avait un message pour Israël… Or, ce message était le même message que tous les Prophètes avant lui pour Israël : Repentez-vous !

 

En hébreu, le mot pour se repentir est "téchouva" traduit par le fait de "revenir vers D.ieu" ou encore de "faire un demi-tour face à nos fautes" : la téchouva est une expérience profondément spirituelle et déchirante. En effet, celui qui fait "téchouva" renonce à ses voies anti-bibliques afin de revenir sur le chemin de la pureté et de la sainteté selon la Torah.

 

En signe d’un changement intérieur exigé par la téchouva, Yohanan plongeait dans l’eau [notion du mikvé dans le Judaïsme] ceux qui désiraient sincèrement transformer leurs vies… Ainsi, comme on le sait, il faisait ça dans le Jourdain.

 

À noter que beaucoup dans la chrétienté universelle ont interprété tous ces passages des Évangiles comme si Yohanan avait introduit la notion du "baptême" dans le monde mais bien évidemment, ce n’est pas le cas car Yohanan HaMatbil n'a présenté le baptême à personne ; l’immersion est et a toujours été une pratique courante dans le Judaïsme depuis fort longtemps et ce, pour de nombreuses raisons différentes. Par exemple, l’immersion [le mikvé] est toujours selon le Judaïsme, une partie intégrante du processus de conversion lorsqu'un non-Juif émet le souhait de se convertir au Judaïsme…

 

Évidemment, il est important de noter que l'expérience de l’immersion en elle-même n'est pas magique, elle est symbolique car la vraie repentance [avec la confession] ne peut se faire que dans le cœur d’une personne. L'immersion symbolise plutôt le lavage spirituel extérieur qui se mérite par la véritable téchouva sincère, à l’intérieur du cœur.

 

Beaucoup de Juifs dans les premiers chapitres des Évangiles, ont été émus par le message de Yohanan lorsqu'il a appelé le peuple d’Israël à la téchouva. Beaucoup ont été lavés par D.ieu de leurs péchés et réunis avec lui, notamment pour accueillir le Mashiah. Ainsi, lorsque nous lisons l’histoire de Yohanan, nous ne lisons pas les premières étapes du christianisme, nous lisons la continuité du Tanakh et du message prophétique lié à la sanctification permanente du peuple de D.ieu.

 

Nous sommes en train de voir un aperçu de l'appel d’un Prophète Juif du premier siècle à revenir à la Torah et dont le rôle était d'encourager tout Israël à vivre une vie juste et influencée par Hashem. Le message a toujours été le même des Prophètes jusqu’à Yohanan et ce sera également celui de Yeshoua après lui : Repentez-vous !

 

Dès ce moment Yeshoua commença à prêcher et à dire : Repentez-vous car le Royaume des cieux est proche. (Matityahou 4 :17)

 

 

 

 

 

 

 

 

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7.     Il vient pour un témoignage, pour témoigner de la lumière, afin que tous adhèrent par lui.

 

 

  • Il vient pour un témoignage : comme il est écrit dans Yeshayahou, qu’une voix crie : Préparez au désert le chemin de l'Éternel, aplanissez dans les lieux arides une route pour notre D.ieu. (Yeshayahou 40 :3)

 

 

  • pour témoigner de la lumière : comme on le sait, Yohanan est venu dans le monde pour témoigner de la puissance de la Torah manifestée de façon parfaite, dans la vie du Mashiah Yeshoua.

 

 

  • afin que tous adhèrent par lui : la Torah a été donné pour être liée avec le Tsadik, selon la relation "Israël-Moshé-Hashem"… Tout passait par le Tsadik Moshé : don de la Torah, explications de la Torah, etc… et comme nous n'avons pas le niveau d'être directement connecté avec le divin, il nous faut passer par le Tsadik [représentation parfaite du logos, de la Torah] … C'est d’ailleurs la raison pour laquelle, Hashem n'a donné que les deux premiers commandements et que Moshé a enseigné tout le reste. (Shemot 20 :18-21). Tel était Moshé, entre D.ieu et le peuple d’Israël ; tel l’est maintenant le Mashiah avec toute l’humanité. 

 

Car il y a un seul D.ieu et aussi un seul médiateur entre D.ieu et les hommes, le Mashiah Yeshoua homme. (1 Timotheos 2 :5)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8.     Il n’était pas la lumière, mais celui qui témoigne pour la lumière.

 

 

  • Il n’était pas la lumière : la représentation parfaite de la lumière de Torah, comme le fut le Mashiah Yeshoua n’ayant jamais fauté. (2 Corinthiens 5 :21) et étant appelé : la lumière du mone. (Yohanan 8 :12). Cela correspond également au verset : Je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers. (Yohanan 1 :27).

 

 

  • mais celui qui témoigne pour la lumière : comme nous l’avons dit dans le verset précédent, Yohanan HaMatbil est venu dans le monde pour témoigner de la puissance de la Torah manifestée de façon parfaite, dans la vie du Mashiah Yeshoua.

 

Et la parole a été faite chair et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire. (Yohanan 1 :14)  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9.     La lumière, la vraie, qui éclaire tout homme venant dans l’univers.

 

 

  • La lumière, la vraie : celle de la Torah, comme il est rapporté que le témoignage de l'Éternel est véritable (Téhilim 19 :7) et que toutes ses ordonnances sont aussi véritables. (Téhilim 111 :7). Or, le Mashiah ayant intégré toutes les ordonnances de l’Eternel en lui, de façon parfaite peut être ainsi désigné, comme étant l’incarnation parfaite non d’Hashem [au niveau de l’essence divine] mais de la Torah.

 

 

  • qui éclaire tout homme venant dans l’univers : car comme nous l’avons vu dans les versets précédents, par définition, la lumière éclaire l’obscurité ; il est alors aisé de comprendre que la Torah éclaire le monde comme cela est enseigné dans les Téhilim : la révélation de tes paroles éclaire, elle donne de l'intelligence aux simples. (Téhilim 119 :130) ou encore que les commandements de l'Éternel sont purs, ils éclairent les yeux. (Téhilim 19 :8).

 

COMMENTAIRE N°1

Le Mashiah étant comparé à la Torah, est également celui qui donne la vie à tout homme et ceci rejoint les enseignements ‘hassidiques : le Tsadik attire le Rouah Hakodesh sur toute l’humanité, il ouvre le conduit pour ce qui a toujours été là, prêt à descendre et c’est dans son être que le déversement céleste atteint toutes personnes. Le Tsadik non seulement fait descendre les cieux sur les personnes mais il agit aussi comme un moyen par lequel, les personnes s’élèvent vers les cieux. Ceci est accompli par la dvekout, qui fait référence à l’attachement de l’homme envers D.ieu. Or, comment est-il possible pour l’homme qui est de chair et de sang, qu’il puisse s’attacher à D.ieu qui est Esprit de tous les esprits ? En s’attachant au Tsadik car les personnes, non seulement, s’attachent à lui mais elles sont aussi élevées avec lui. (Rabbi Yaakov Yossef de Polnoy)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10.     lui, dans l’univers, et l’univers est engendré par lui et l’univers ne l’a pas connu.

 

 

  • lui, dans l’univers : le logos, soit la Torah [la Parole de D.ieu] dans le langage Juif.

 

 

  • et l’univers est engendré par lui : encore une fois, cela fait référence à la Torah, comme il est enseigné par nos Maîtres qu’Hashem a consulté la Torah, puis a créé le monde (Béréshit Rabah 1 :1) ; cela fait également référence au verset : Lorsqu'il disposa les cieux, j'étais là. (Mishlei 8 :27).

 

COMMENTAIRE N°1

 

Une référence du Zohar rapportée dans les commentaires du premier verset de cet Évangile continue dans cette même lancée.

 

Lorsqu’Hashem résolut de créer le monde, quand cela monta en son vouloir, il examina la Torah et le créa ; à l'occasion de chaque œuvre crée, il interrogeait d'abord la Torah puis la réalisait. Cette association est décrite dans Mishlei : J'étais à ses côtés comme un enfant chéri et je faisais ses délices jour après jour. (Mishlei 8 :30). Ne lis pas "amon" [enfant chéri] mais plutôt "ouman" [architecte, maître d’œuvre]. (Zohar Toledot 134a-134b)

 

 

  • et l’univers ne l’a pas connu : malgré la lumière de la Torah, beaucoup l’ont refusé et continuent de le faire, préférant l’obscurité de ce monde ; le Mashiah étant comparé à cette Torah reprendra exactement la même expression : Je suis venu comme une lumière dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. (Yohanan 12 :46) et pourtant, moi, le monde me hait, parce que je rends de lui le témoignage que ses œuvres sont mauvaises. (Yohanan 7 :7).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11.     Il est venu chez lui, mais les siens ne l’ont pas accueilli.

 

 

  • Il est venu chez lui : allusion au monde des hommes, la Torah [le logos en grec] étant également appelée "séfer toledot adam" : le Livre de l'histoire d'Adam [de l’humanité]. Cependant, tous les hommes l'ont refusé en totalité ou partiellement, à l'exception de quelques Tsadikim, tels que Rabbi Yeshoua… 

 

Au chef des chantres. De David. L'insensé dit en son cœur : Il n'y a point de D.ieu ! Ils se sont corrompus, ils ont commis des actions abominables ; il n'en est aucun qui fasse le bien. L'Éternel, du haut des cieux, regarde les fils de l'homme, pour voir s'il y a quelqu'un qui soit intelligent, qui cherche D.ieu. Tous sont égarés, tous sont pervertis ; il n'en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul. (Téhilim 14 :1-3)

 

 

  • mais les siens ne l’ont pas accueilli : les hommes et même les siens [les Juifs] ne l’ont pas accepté. Néanmoins, le Mashiah continue de conquérir l’humanité depuis plus de 2000 ans…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12.     À tous ceux qui le reçoivent, il a donné le pouvoir de devenir enfants d’Elohîms, à ceux qui adhèrent à son nom.

 

 

  • À tous ceux qui le reçoivent, il a donné le pouvoir : comme cela est rapporté dans le verset précédent également, Yohanan parle toujours du logos, soit de la Torah [la Parole de D.ieu] dans le langage Juif.

 

 

  • de devenir enfants d’Elohîms : l’Apôtre du Mashiah fait référence à la filiation divine des Israélites, comme il est dit dans la Torah : Vous êtes les enfants de l'Éternel, votre D.ieu. (Devarim 14 :1) ou encore dans Hoshéa : Cependant le nombre des enfants d'Israël sera comme le sable de la mer, qui ne peut ni se mesurer ni se compter et au lieu qu'on leur disait : Vous n'êtes pas mon peuple ! On leur dira : Fils du D.ieu vivant ! (Hoshéa 1 :10). 

 

 

  • à ceux qui adhèrent à son nom : Yohanan fait allusion aux non-Juifs qui acceptent volontairement la Torah et qui prennent part à l’Alliance du Sinaï, devenant ainsi Juifs (Esther 8 :17) ou encore Israélites à part entière (Yévamot 47a) et donc des enfants d’Hashem eux aussi. L'on sait par ailleurs que tout au long de son histoire, Israël a accueilli de nombreux prosélytes tels que Yitro, le beau-père de Moshé ; le Prophète Ovadia, lui-même un converti d’origine édomite (Sanhédrin 39b) ou encore Routh la Moabite, qui ne sont que des exemples parmi tant d'autres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13.     nés eux non du sang, non de vouloir de chair, non de vouloir d’homme, mais d’Elohîms.

 

 

  • nés eux non du sang, non de vouloir de chair, non de vouloir d’homme : la Torah dépendant non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme (Yohanan 1 :13) ; elle transcende les divisions raciales…

 

  • mais d’Elohîms : ainsi, tout homme peut devenir véritablement enfants de D.ieu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14.     Le logos est devenu chair. Il a planté sa tente parmi nous. Nous avons contemplé sa gloire, gloire comme celle d’un fils unique auprès du père, plein de chérissement et de vérité.

 

  • Le logos est devenu chair : Rabbi Yeshoua a intégré la Torah dans ses entrailles à tel point qu'il est assimilé à la Torah elle-même. Il s’agit ici d’un langage Juif kasher étant donné que Rabbi Eliézer est également assimilé à un Rouleau de la Torah. (Sanhédrin 101a).

 

COMMENTAIRE N°1

 

En effet, le Talmud raconte que lorsque Rabbi Eliezer tomba gravement malade, ses talmidim dirent que le Rouleau de la Torah était en détresse (Sanhédrin 101a) et dans le même élan, le Traité Sota a insisté davantage : depuis que Rabbi Eliezer est décédé, le Rouleau de la Torah a été caché. (Sota 49b). À la lumière de la Guémara, il est aisé de comprendre que certains de nos grands Maîtres étaient considérés comme des personnifications de la Torah : de la même manière que les lettres de la Torah sont inscrites dans un Rouleau, la Torah lorsqu'elle est inscrite dans l'intellect d’un Sage en devient partie intégrante ! Tout ceci est un langage totalement Juif kasher, comme Rabbi Eliézer n’est pas une personne de la trinité, ‘hass véchalom, Yeshoua ne l’est pas non plus. En effet, selon la logique chrétienne, si Rabbi Eliézer est le Rouleau de la Torah fait chair, alors il est D.ieu car au commencement était la Parole [le logos] et la Parole était avec D.ieu, et la Parole était D.ieu. (Yohanan 1 :1).

Il est extrêmement important de reconnecter tous les enseignements Nazaréens aux codes utilisés par les Maîtres d’Israël.

 

COMMENTAIRE N°2

 

On aurait pu penser jusque-là que l’Évangile de Yohanan n'était qu’un louange sur la Torah mais le verset 14 annonce que cette parole, la Torah [le logos en grec] a été faite chair et qu’elle a habité parmi nous. (Yohanan 1 :14). Ceci nous enseigne que la Torah, la loi, a pris forme humaine ; elle s'est retrouvée incarnée en un individu qui l’a mise en pratique de façon parfaite et en Rabbi Yeshoua a réussi à se réparer totalement, grâce à la Torah et aux mitsvot. En conséquence, Hashem lui a alors donné au moment de son immersion, à l'âge de trente ans, l'âme messianique, faisant de lui le libérateur du monde. Ainsi, au vu du niveau spirituel atteint par le Roi Messie, il peut être largement considéré comme étant la "Torah vivante faite chair" … Nos Maîtres sont également appelés, dans la Torah Orale, des Torah vivantes ; le le Mashiah n'étant que le premier d'un grand nombre de frères.

 

 

  • Il a planté sa tente parmi nous : les corps des hommes sont les corps de la Torah si toutes leurs voies sont intentionnellement dirigées vers D.ieu. (Pri Haaretz, Vayetsé 9).

 

COMMENTAIRE N°3

 

Et il sera un sanctuaire mais aussi une pierre d'achoppement, un rocher de scandale. (Yeshayahou 8 :14)

 

Le Sanctuaire peut être une allusion au mishkane, la tente de la rencontre dans le désert ; un Midrash nous enseigne que le Mashiah sera appelé "tente" car comme le tabernacle, il expiera les fautes du peuple d’Israël.

 

 

  • Nous avons contemplé sa gloire : car Yeshoua était milieu de nous.

 

 

  • gloire comme celle d’un fils unique auprès du père : Yeshoua est l'envoyé de D.ieu, et tel un fils s'occupant des affaires de son père, le Mashiah fut fidèle dans tout ce qu'Hashem lui avait demandé…

 

 

  • plein de chérissement et de vérité : pour mieux comprendre, il suffit de comparer les paroles de Yohanan avec le langage du Tanya : le Saint Béni soit-Il, dans sa gloire et son essence, aucune pensée ne peut le saisir ; si ce n’est lorsque l’âme d’un Juif saisit la Torah et ses commandements et s’en revêt, alors elle saisit D.ieu lui-même et s’en revêt véritablement car la Torah et le Saint Béni soit-Il ne font qu’un. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 4). Dans un langage plus grossier et plus rude, afin de mieux expliquer, plus on met la Torah en pratique, plus on se revêt de D.ieu pour en finalité, devenir D.ieu lui-même ; ce fut le cas de Yeshoua étant l'image du D.ieu invisible. (Colossiens 1 :15)

 
 
 
 
 
 
 
 
 

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17.     La tora a été donnée par Moshè ; le chérissement et la vérité sont advenus par Iéshoua‘ le messie.

 

 

  • La tora a été donnée par Moshè : comme cela est rapporté dans le Sefer Devarim, lorsque Moshé eut complètement achevé d'écrire dans un Livre les paroles de cette Torah. (Devarim 31 :24) ou encore dans d’autres Livres : l'Éternel dit à Moshé : Écris cela dans le Livre, pour que le souvenir s'en conserve et déclare à Yéhochoua que j'effacerai la mémoire d'Amalek de dessous les cieux. (Shemot 17 :14).

 

COMMENTAIRE N°1

Au mont Sinaï, D.ieu n’a transmis à Moshé Rabbénou que le texte de la Torah relatant l’histoire depuis Béréshit jusqu’au moment présent, c’est-à-dire jusqu’au don de la Torah, jusqu’à la Paracha Yitro. Ensuite, durant 40 ans dans le désert, D.ieu se dévoilait à Moshé de temps à autre et lui dictait de nouveaux passages de la Torah, et ce dernier compléta la Torah jusqu’à un mois avant sa mort où il écrivit entièrement le Livre de Devarim, ainsi que les 12 derniers versets de la Torah le jour de sa mort. (Rav Ron Chaya)

 

COMMENTAIRE N°2

Le chapitre 34 du Sefer Devarim parle de la mort et de l'enterrement de Moshé, comment a-t-il pu l’écrire ?

Voici la réponse du Rav Ron Chaya.

À propos du récit de la mort de Moshé dans la Torah, la question n'est pas nouvelle, elle est posée dans le Talmud, dans le Traité Baba Batra page 15a ainsi que par tous les commentateurs traditionnels. Comment Moshé peut-il écrire sa mort alors qu'il est encore vivant, s'agit-il d'un mensonge ?

Voici quelques-unes des différentes réponses proposées :

  • la réponse du Talmud est la suivante : Moshé n'a pas écrit les 8 derniers versets de la Torah racontant sa mort avec de l'encre normale mais avec ses propres larmes. Dans cette mesure, étant donné que cette écriture est quasiment invisible, aucun mensonge n'a été écrit…

 

  • Rabbénou Ba'hayé écrit qu’il n'y a pas de problème non plus car dans la mesure où Moshé était Prophète, il pouvait raconter à l'avance ce qui allait se passer.

 

  • le Chlah Hakadoch répond que ces 8 derniers versets ont bien été écrits par Moshé mais les lettres étaient mélangées, rendant ainsi cette partie de la Torah illisible ; c'est Yéhochoua qui a reconstitué les mots au moyen de ces lettres.

Ainsi, Moshé n’a pas écrit un mensonge ; au contraire, il demeure le seul et unique écrivain de la Torah.

 

 

  • le chérissement et la vérité sont advenus par Iéshoua‘ le messie : comme nous l’avons vu dans les commentaires précédents, la Torah a été donné pour être liée avec le Tsadik, selon la relation "Israël-Moshé-Hashem"… Tout passait par le Tsadik Moshé : don de la Torah, explications de la Torah, etc… et comme nous n'avons pas le niveau d'être directement connecté avec le divin, il nous faut passer par le Tsadik [représentation parfaite du logos, de la Torah] … C'est d’ailleurs la raison pour laquelle, Hashem n'a donné que les deux premiers commandements et que Moshé a enseigné tout le reste. (Shemot 20 :18-21). Tel était Moshé, entre D.ieu et le peuple d’Israël ; tel l’est maintenant le Mashiah avec toute l’humanité. 

 

Car il y a un seul D.ieu et aussi un seul médiateur entre D.ieu et les hommes, le Mashiah Yeshoua homme. (1 Timotheos 2 :5)

 

COMMENTAIRE N°3

 

Pour mieux comprendre les paroles de Yohanan, il suffit simplement de s’inspirer du milieu de la ‘Hassidout où il est enseigné que Moshé nous a transmis la Torah mais que Rabbi Na’hman nous a transmis le kiyoum hatora, la bonne façon de pourvoir vivre la Torah. (Rav Avraham Ifra’h). Ainsi, dans un sens, Rabbi Na’hman est pour les Breslevers plus grand que Moshé Rabbénou ; c’est également la même pensée que celle du courant Nazaréen concernant Yeshoua étant donné qu’il est enseigné selon les dires du Midrash, que le Mashiah s’élèvera plus haut qu'Avraham, il grandira plus que Moshé, il sera placé très haut, plus haut que les anges du service divin. (Yalqout Shimoni 2 :476 sur Yeshayahou). Dans le même élan que le Rav Avraham Ifra’h, un grand Maître ‘hassidique Breslev, voici un avis plus "mitnagdim" sur Rabbi Na’hman mais tout aussi significatif :  Moshé Rabbénou nous a apporté toutes les lumières de la Torah mais Rabbi Na’hman nous a adouci cette Torah ; aujourd’hui, il nous fera danser avec la Torah et nous fera l’aimer. (Rav David Touitou)

 

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23.     Il dit : Moi ? La voix d’un crieur dans le désert ! Frayez la route de IHVH-Adonaï, comme l’a dit Iesha‘yahou l’inspiré. 

 

 

  • Il dit : Moi ? La voix d’un crieur dans le désert : généralement, le terme grec utilisé dans les Écrits Nazaréens pour "crieur" est "kerux" … 

 

Voici la définition du mot grec "kerux" :

 

  • crieur : officier public proclamant les annonces officielles d'édits royaux,

  • héraut :  personne annonçant une événement remarquable,

  • ambassadeur : représentant personnel d’un roi pour une mission donnée, dans plusieurs pays,

  • prédicateur : celui qui prêche, qui annonce la parole de D.ieu dans diverses assemblées.

 

C'est pour cet Évangile que j'ai été établi prédicateur [kerux] et Apôtre, chargé d'instruire les non-Juifs. (2 Timotheos 2 :11)

 

En plus, voici également la définition du mot grec d’origine "kerusso" :

  • publier : rendre une annonce publique, la faire connaître officiellement ; de nos jours, cela peut être par voie d'affichage, d'impression, via internet, etc…

  • prêcher : annoncer la parole de D.ieu sous forme de sermon,

  • crier : pousser des cris sous l'effet d'un appel divin ou d'une sensation spirituelle intense,

  • proclamer ouvertement à la manière d'un héraut : dans les milieux grecs et romains, il s’agissait par exemple d’un messager chargé de porter les ordres du roi, de partager diverses annonces dans les assemblées et/ou de déclarer la guerre.

Cette Bonne Nouvelle du Royaume sera prêchée [kerusso] dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin. (Matityahou 24 :14)

 

  • Frayez la route de IHVH-Adonaï : dans ce contexte, cela fait référence au plan d’Hashem bientôt dévoilée au travers du Mashiah Yeshoua.

 

 

  • comme l’a dit Iesha‘yahou l’inspiré : comme il est dit : Une voix crie : Préparez au désert le chemin de l'Éternel, aplanissez dans les lieux arides une route pour notre D.ieu. Que toute vallée soit exhaussée, que toute montagne et toute colline soient abaissées ! Que les coteaux se changent en plaines et les défilés étroits en vallons ! Alors la gloire de l'Éternel sera révélée et au même instant toute chair la verra car la bouche de l'Éternel a parlé. (Yeshayahou 40 :3-5)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26.     Iohanân leur répond et dit : Moi, j’immerge dans l’eau.

 

 

  • Iohanân leur répond et dit : Moi, j’immerge : au début des Évangiles, Yohanan HaMatbil baptisait-il les Juifs au nom de Yeshoua ? Non… Il préconisait simplement une immersion [un mikvé] dans de l’eau naturel, afin de conduire les Juifs dans le chemin de la téchouva ; l’idée de Yohanan était de purifier le Am Israël afin qu’ils puissent être disposés pour recevoir le Mashiah.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Le mot "baptême" vient du grec "baptizo" : plonger ou immerger dans l’eau, dans une idée de purification. En langage plus Juif, on pourra simplement parler d’une "tévilah" … En effet, dans ce contexte précis, il ne s’agissait pas de baptêmes chrétiens, comme nous l’entendons dans notre génération ! Le terme approprié serait plutôt une "tévilah" dans un mikvé ; en termes plus simples, le baptême chrétien n’est pas une invention du christianisme mais détient une racine dans le Judaïsme.

Voici une nouvelle traduction pour une meilleure compréhension des événements : Dans le monde chrétien, Jean-Baptiste baptisait… Dans le monde Juif, Yohanan HaMatbil immergeait les Juifs dans un mikvé.

Les choses sont complétements différentes…

 

COMMENTAIRE N°2

 

Comme l’enseigne le Judaïsme et comme l’enseignait Yohanan HaMatbil en son temps, l’immersion dans un mikvé peut être considérée comme un acte symbolique d’annulation de soi par lequel nous pouvons de nouveau nous rapprocher de D.ieu [avec de nouvelles intentions, plus nobles et renouvelées]. En lien avec tous ces concepts, l’immersion dans un mikvé peut largement être décrite comme une purification, une revitalisation mais aussi comme une renaissance de l’âme !

 

À noter que l’immersion peut également traduire l’abandon d’une forme d’existence pour atteindre une autre forme d’existence, infiniment supérieure ; ce fut le cas par exemple, pour le Mashiah lorsqu’il reçut l’âme messianique.

 

 

  • dans l’eau : dans le Jourdain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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36.     Il fixe son regard sur Iéshoua‘ qui marche. Il dit : Voici l’agneau d’Elohîms.

 

 

  • Il fixe son regard sur Iéshoua‘ qui marche. Il dit : du grec "emblepo"…

 

Voici la définition du mot grec "emblepo" :

  • tourner ses yeux vers…

  • regarder

  • au sens plus spirituel, cela peut également désigner le fait de regarder par inspiration divine, par Rouah Hakodesh.

Yeshoua, l'ayant regardé, l'aima. (Marcos 10 :27)

 

Yohanan HaMatbil regarda [spirituellement] Yeshoua et le désigna comme étant, le korban Pessa’h.

 

 

  • Voici l’agneau d’Elohîms : cela fait référence au sang de l’agneau pascal versé en vue de notre délivrance en Égypte ; de même, le sang [le sacrifice] de Yeshoua délivre le monde entier. 

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pur mieux comprendre la pensée de Yohanan HaMatbil, nous pourrons nous inspirer de la Mekhilta de Rabbi Yichmaël. En effet, dans ce précis, il est bon d’utiliser la Torah Orale pour mieux saisir l’importance du sang [du sacrifice] versé par Rabbi Yeshoua, celui-ci étant comparable également au sang de l’agneau pascal de Pessa’h.

Le sang vous servira de signe sur les maisons où vous serez ; je verrai le sang et je passerai par-dessus vous, et il n'y aura point de plaie qui vous détruise, quand je frapperai le pays d'Égypte. (Shemot 12 :13)

 

Le Mekhilta commente l’expression "Je verrai le sang" et la relie à l'Akéda d’Its’hak.

Et quand il voit le sang, il voit le sang du sacrifice d'Its’hak, comme il est dit : Et Avraham a appelé le nom de ce lieu Hashem-Yireh, le Seigneur verra. (Béréshit 22 :14). Et il est aussi écrit : Et il était sur le point de détruire, le Seigneur l'a vu et il s'est repenti. (1 Divré Hayamim 21 :15). Que voyait-il ? Il a vu le sang du sacrifice d'Its’hak, comme il est dit : D.ieu lui-même verra l'agneau pour l'holocauste. (Béréshit 22 :8). (Mekhilta de Rabbi Yichmaël, Psi'ha 11)

Le lendemain, il vit Yeshoua venant à lui et il dit : Voici l'Agneau de D.ieu, qui ôte le péché du monde. (Yohanan 1 :29)

 

Comment tout ceci est possible ? Commet Its’hak a-t-il un quelconque lien avec le sang de Pessa’h ? De là, on comprend que c’est par le mérite de la Akéda d’Its’hak que les enfants d’Israël sont sortis de l’esclavage ; ainsi, de la même façon, la Akéda de Yeshoua a expié les péchés du Am Israël en vue de la délivrance finale, établie sur le même modèle que celui de la sortie d’Egypte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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41.     Celui-là trouve en premier son propre frère Shim‘ôn, il lui dit : Nous avons trouvé le Mashiah, ce qui se traduit par Christos. 

 

 

  • Celui-là trouve en premier son propre frère Shim‘ôn : l’auteur parle de l’Apôtre Shimon Kéfa.

 

 

  • il lui dit : Nous avons trouvé le Mashiah : comme on le sait, le Messie représente une figure centrale de la foi Juive. En effet, les prophéties bibliques enseignent qu’un homme issu de la lignée du Roi David, un grand Sauveur et Libérateur amènera à la fin des temps, une ère de paix et de félicité éternelle dont bénéficieront la nation Juive et le monde entier.

 

 

  • ce qui se traduit par Christos : le mot "Christ" est le mot grec équivalent au mot "Mashiah" en hébreu ; en français, on l'appellerait tout simplement l'Oint : celui ayant reçu l’onction ou celui ayant été désigné, pour accomplir une mission bien précise.

 

COMMENTAIRE N°1

 

En effet, dans le Tanakh, oindre avec de l'huile était le signe qu’Hashem "mettait de côté" un serviteur pour un rôle particulier ; le titre de "Mashiah" sur Yeshoua signifie qu’Hashem l’a oint et envoyé dans le monde pour être le Roi et le Sauveur de toute l’humanité. D’ailleurs, le nom de Yeshoua est le nom donné au Mashiah par Hashem lui-même car ce nom signifie "Yah sauve" ou encore "le salut" correspond ainsi, aux prophéties messianiques comme il est écrit : Qu'ils sont beaux sur les montagnes, les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui publie la paix ! De celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui publie le salut ! De celui qui dit à Sion : ton D.ieu règne ! (Yeshayahou 52 :7). Par conséquent, beaucoup de Juifs crurent qu’Hashem avait envoyé Yeshoua pour délivrer Israël de l’occupation romaine et pour régner, par la suite, comme le Roi du monde. Or, ce plan n’a pas pu avoir lieu car Yeshoua n’a pas été reconnu comme le Mashiah par certains [et pas tous] dirigeants corrompus du Am Israël. Par un refus d’être considéré comme le Mashiah ben David, Yeshoua a été "résigné" dans la magnifique mission d’être le Mashiah ben Yossef, soit le Sauveur venu expier les péchés du monde entier… En effet, Rabbi Yeshoua de Natzeret par sa Akéda, a revêtu de la mission codé par l’expression "fils d’Avraham" dans l’Évangile de Matityahou [Mashiah ben Yossef/Mashiah ben Ephraïm dans d’autres codes Juifs] et a ainsi, apporté la délivrance sur tous péchés. De plus, son saint nom s’est également répandu parmi toutes les nations et cela correspond à ses paroles, prouvant ainsi sa prophétie : Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi. (Yohanan 12 :32)