CHAPITRE 5

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COMMENTAIRES 

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9.     Ne gémissez pas, frères, les uns contre les autres, de peur que vous ne soyez jugés. Voici, le juge se tient aux portes !

 

 

  • Ne gémissez pas, frères, les uns contre les autres : du grec "stenazo"…

 

Voici la définition du mot grec "stenazo" :

  • soupirer : pousser des soupirs, exprimant le déplaisir,

  • gémir : exhaler sa peine, sa douleur, par des sons plaintifs, inarticulés ou par des plaintes,

  • se plaindre : exprimer son mécontentement ou sa protestation au sujet de quelque chose, de quelqu'un,

  • râler : manifester son mécontentement, sa mauvaise humeur par des plaintes, des récriminations.

Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte ; qu'il en soit ainsi, afin qu'ils le fassent avec joie et non en gémissant, ce qui vous ne serait d'aucun avantage. (Hébreux 13 :17)

 

COMMENTAIRE N°1

Pour mieux comprendre la pensée de Yaakov HaTsadik concernant les plaintes, nous pourrons nous inspirer des enseignements ‘hassidiques du Rav Avraham Ifra’h.

Les plaintes ne sont que le fruit de notre intellect, lequel insuffle des théories sur ce que doit être une épouse, sur ce que doit être une famille, sur ce que doit être un travail, sur ce que doit être l’existence. Comprendre n’a jamais rien fait exister, alors mettez de côté vos sagesses personnelles. Le jour où vous comprendrez que la plus grande des intelligences consiste à ignorer, vous commencerez à vivre… La seule chose qui vous empêche de vivre, c’est votre compréhension de la vie. Pourquoi certains peinent-ils à se marier ? Parce qu’ils comprennent des choses. Pourquoi certains peinent à demeurer unis par les liens du mariage ? Parce qu’ils comprennent des choses. Pourquoi certains peinent-ils à s’entendre ? Parce qu’ils intellectualisent. (…) Enlevez l’intellect de ces personnes, vous constaterez qu’aussitôt, celles-ci seront gorgées de vitalité. Prenons l’exemple de nos grands-parents lorsqu’ils montèrent en Israël, aux prémices de sa création en tant qu’État Juif : ont-ils soupiré de ne pas y trouver des routes ou ont-ils émis des plaintes à l’idée de devoir bâtir tout un pays ? Ce n’est pas le cas. Pour quelle raison ? Parce qu’ils eurent assez de finesse d’esprit et d’intégrité pour ne pas intellectualiser la réalité. (Rav Avraham Ifra’h)

 

  • de peur que vous ne soyez jugés : ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l'on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil et alors tu verras comment ôter la paille de l'œil de ton frère. (Matityahou 7 :1-5)

 

 

  • Voici, le juge se tient aux portes : cela fait référence au Mashiah, le futur Roi et Juge de toute l’humanité.

 

 

 

 

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16.     Avouez donc vos fautes l’un à l’autre. Priez les uns pour les autres afin d’être guéris. La prière fervente du juste est très puissante.

 

 

  • Avouez donc vos fautes l’un à l’autre : dans l’idée de nous porter les uns les autres, afin d’avancer dans le chemin de la sainteté ; telle est également l’importance d’avoir une pieuse communauté.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour mieux comprendre ces paroles de Yaakov, nous pourrons nous inspirer de certains schémas bibliques.

 

  • La confession de Eliphaz, Bildad et Tsofar.

Prenez maintenant sept taureaux et sept béliers, allez auprès de mon serviteur Iyov et offrez pour vous un holocauste. Iyov, mon serviteur, priera pour vous et c'est par égard pour lui seul que je ne vous traiterai pas selon votre folie car vous n'avez pas parlé de moi avec droiture, comme l'a fait mon serviteur Iyov. Éliphaz de Théman, Bildad de Schuach, et Tsofar de Naama allèrent et firent comme l'Éternel leur avait dit : et l'Éternel eut égard à la prière de Iyov. (Iyov 42 :8-9)

 

  • La confession du peuple par l’intermédiaire de Yrmeyahou.  

Tous les chefs des troupes (…) et tout le peuple, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, s'avancèrent et dirent à Yrmeyahou, le Prophète : Que nos supplications soient favorablement reçues devant toi ! Intercède en notre faveur auprès de l'Éternel, ton D.ieu, en faveur de tous ceux qui restent car nous étions beaucoup et nous restons en petit nombre, comme tes yeux le voient ; et que l'Éternel, ton D.ieu, nous montre le chemin que nous devons suivre et ce que nous avons à faire ! Yrmeyahou, le Prophète, leur dit : J'entends ; voici je vais prier l'Éternel, votre D.ieu, selon votre demande et je vous ferai connaître, sans rien vous cacher, tout ce que l'Éternel vous répondra. (Yrmeyahou 42 :1-5)

 

  • La confession d’Avimelekh.

Avimelekh prit des brebis et des bœufs, des serviteurs et des servantes, et les donna à Avraham ; et il lui rendit Sara, sa femme. (…) Avraham pria D.ieu et D.ieu guérit Avimelekh, sa femme et ses servantes ; et elles purent enfanter. (Béréshit 20 :14-18)

 

  • La confession de Yarovéam (Jéroboam).

Voici, un homme de D.ieu arriva de Juda à Béthel, par la parole de l'Éternel, pendant que Yarovéam se tenait à l'autel pour brûler des parfums. Il cria contre l'autel, par la parole de l'Éternel et il dit : Autel ! Autel ! Ainsi parle l'Éternel : Voici, il naîtra un fils à la maison de David ; son nom sera Yoshiyahou ; il immolera sur toi les cohanim des hauts lieux qui brûlent sur toi des parfums et l'on brûlera sur toi des ossements d'hommes ! Et le même jour il donna un signe, en disant : C'est ici le signe que l'Éternel a parlé : Voici, l'autel se fendra et la cendre qui est dessus sera répandue. Lorsque le roi entendit la parole que l'homme de D.ieu avait criée contre l'autel de Béthel, il avança la main de dessus l'autel, en disant : Saisissez-le ! Et la main que Yarovéam avait étendue contre lui devint sèche, et il ne put la ramener à soi. L'autel se fendit et la cendre qui était dessus fut répandue, selon le signe qu'avait donné l'homme de D.ieu, par la parole de l'Éternel. Alors le roi prit la parole et dit à l'homme de D.ieu : Implore l'Éternel, ton D.ieu et prie pour moi, afin que je puisse retirer ma main. L'homme de D.ieu implora l'Éternel et le roi put retirer sa main, qui fut comme auparavant. (1 Melakhim 13 :1-6)

 

 

  • Priez les uns pour les autres afin d’être guéris : dans un esprit d’amour et de communion fraternelle.

 

 

  • La prière fervente du juste est très puissante : toutefois, selon la véritable perspective des choses, Hashem est accessible à toute personne qu’elle soit méritante ou non. Comme l’explique le Sefer HaIkarim, tout ce qu’Hashem procure chaque jour n’est pas dû à la droiture de l’homme mais plutôt à la bienveillance et la compassion d’Hashem. (Rav Heshy Kleinman)

 

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19.     Mes frères, si l’un de vous s’égare hors de la vérité, que quelqu’un le fasse retourner.

 

 

  • Mes frères, si l’un de vous s’égare hors de la vérité : cela fait référence au chemin de la Torah, représentant la pensée et la volonté divine.

 

 

  • que quelqu’un le fasse retourner : le but étant de susciter la téchouva chez le fauteur et pour cela, il est important de trouver sa mélodie [son langage personnel]. Comme l’a enseigné le Rav Avraham Ifra’h, le Hakham, ce n’est pas celui qui a des connaissances en Torah, le Hakham est un homme capable de faire rentrer de la conscience divine dans le monde, on le reconnait à sa capacité de rapprocher une personne d’Hashem. (Rav Avraham Ifra’h). À ce sujet, il est aussi enseigné par Rabbi Nathan de Breslev que procurer du bien à un Juif, l’aider et le faire remonter de là où il est tombé pour le rapprocher de D.ieu représente l’essentiel de la tâche du Tsadik car cela lui procure un plaisir plus grand que tous les délices du Paradis. (Likouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)

 

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20.     Qu’il le sache : qui fait retourner le coupable hors de la route de l’erreur, sauve son être de la mort, et couvre une multitude de fautes.

 

  • Qu’il le sache : avec certitude.

 

 

  • qui fait retourner le coupable hors de la route de l’erreur : cela fait référence au fait d’inspirer la téchouva comme nous l’avons vu au commentaire précédent et à ce sujet, Rabbi Na’hman de Breslev a déclaré : Celui qui persuade son ami de s’améliorer et de se rapprocher de la Torah, chacune de ses paroles est recueillie dans le Ciel et compose un Livre. (Sefer Hamiddot, Yrah 5)

 

COMMENTAIRE N°1

Rabbi Na’hman de Breslev dans le Likouté Moharan, nous enseigne sur le "comment" inspirer la téchouva aux autres.

Sache qu'une personne doit juger tout le monde favorablement. (Pirké Avot 1 :6). Même quelqu'un qui est complètement méchant, il faut chercher et trouver en lui un minimum de bien ; et il faut savoir que dans ce petit morceau, il n'est véritablement pas méchant… Et en trouvant en lui un minimum de bien et en le jugeant favorablement, on l'élève à l'échelle du mérite et on peut l'amener à se repentir. C'est l'aspect de : Encore un peu de temps et le méchant n'est plus ; tu regardes le lieu où il était et il a disparu. (Téhilim 37 :10). Autrement dit, l'Écriture nous avertit de juger tout le monde favorablement et même si vous voyez qu'il est complètement méchant, vous devez chercher et chercher encore le peu de bien en lui, où il n'est pas méchant… C’est véritablement le : Encore un peu (Téhilim 37 :10) : vous devez chercher le "encore un peu" de bien qu'il a encore en lui, parce qu'à cet endroit, il n'est pas méchant du tout. Car bien qu'il soit officiellement méchant, comment est-il possible qu'il ne possède pas encore un peu de bien ? Est-il possible que, tout au long de sa vie, il n'ait jamais fait une seule mitsva ou de bonnes actions ? Et en trouvant en lui encore un peu de bien, dans lequel il n'est pas méchant et en le jugeant favorablement, vous l'élevez véritablement de l'échelle de culpabilité à l'échelle de mérite ; jusqu'à ce qu'en conséquence, il revienne à D.ieu dans le repentir. Ainsi, c'est : Dans encore un peu de temps et le méchant ne sera plus. (Téhilim 37 :10). En trouvant dans le méchant ce peu de bien encore, il en résulte que vous réfléchirez là où il était et il ne sera pas véritablement plus là ; c'est-à-dire que lorsque vous regardez et considérerez sa place et son niveau, il ne sera plus du tout à sa place d'origine. Car en lui trouvant encore un peu de bien, un bon point et en le jugeant favorablement, on le fait passer de l'échelle de culpabilité à l'échelle de mérite. (…) Comprenez bien cela. (Torah n°282 du Likouté Moharan I)

 

COMMENTAIRE N°2

L'Éternel dit à Moshé : Prends des aromates, du stacté, de l'ongle odorant, du galbanum et de l'encens pur, en parties égales. (Shemot 30 :34)

Le kétoret était-il uniquement fait de fragrances agréables ? Non, l'une des épices nécessaires à la confection du kétoret était le galbanum, qui avait une odeur nauséabonde… De là, nos Sages nous enseignent que les fauteurs doivent également être inclus dans les prières collectives et leur donner le sentiment de faire partie de la communauté. (Rachi)

 

  • sauve son être de la mort : car salaire du péché, c'est la mort (Romains 6 :23) ; le péché étant la transgression de la Torah. (1 Yohanan 3 :4)

 

 

  • et couvre une multitude de fautes : le péché ayant des conséquences inimaginables...