CHAPITRE 4

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COMMENTAIRES 

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1.     D’où les guerres, d’où les combats parmi vous, sinon de là : de vos plaisirs, qui militent dans vos membres ?

 

 

  • D’où les guerres, d’où les combats parmi vous : en référence aux luttes contre le Yetser Hara. En effet, comme on le sait, le Yetser Hara [ou encore le Satan] est une puissance créée par D.ieu pour susciter chez les hommes des tentations, des difficultés et des épreuves afin d’exploiter leurs qualités et leur donner des mérites s’ils résistent à leurs penchants. (Commentaires du Rav Haïm Chmoulevitch, Paracha Vayichla’h) et ailleurs, il est enseigné par nos Maîtres : « Le Yetser Hara de l’homme prend chaque jour le dessus sur lui, et cherche à le tuer. » (Soukka 52b) ou encore : « L’homme doit en permanence agacer son Yetser Hara. » (Bérakhot 5a)

 

 

  • sinon de là : de vos plaisirs : malgré tout, il est intéressant de relever que selon nos Maîtres dont Rabbi Na’hman de Breslev, tout désir [taava] qu’un homme peut avoir n’est pas une « vraie réalité » mais plutôt le fruit d’une imagination et d’une illusion développées et entretenues par le Yetser Hara. Dans le même élan, un Midrash compare également le Yetser Hara à un brigand sans force. (Béréshit Rabah 22 :6) et pourquoi ? Car le Yetser Hara est comparé à un brigand abattu mais qui fait semblant d’être fort et armé… En fait, ce Midrash nous confirme que le Yetser Hara n’est qu’illusion et non pas une réalité puissante ; le travail de l’homme est donc de se garder d’être induit en erreur et de comprendre que le Yetser Hara n’agit que dans l’illusion [dimion] et l’imaginaire. (Commentaires du Rav Haïm Chmoulevitch, Paracha Vayichla’h). Par conséquent, pour combattre le Yetser Hara, nous avons l’obligation de nous « greffer » sur les enseignements de Rabbi Na’hman de Breslev concernant la sim’ha comme il est rapporté dans le Centre Breslev du Rav Ifra’h : « La joie a une vertu de libérer l’emprise de l’imagination négative [du Yetser Hara] sur notre intellect. Quelle en est la raison ? La raison pour laquelle la joie libère l’individu des affres de l’imagination négative est simple. De la même manière que la tristesse conduit à l’imagination négative, la joie reconnecte l’individu à son Créateur et le protège de celle-ci. Et c’est la raison pour laquelle la tribu de Lévi était la seule tribu épargnée par l’esclavage. En effet, celle-ci avait le secret des chants permettant de se connecter à Hashem et de demeurer dans la joie. De fait, elle ne pouvait sombrer dans les affres de l’imagination néfaste [du Yetser Hara]. » (Rav Avraham Ifra’h)

 

 

 

  • qui militent dans vos membres : comme il est dit : « Mais je vois dans mes membres une autre Torah, qui lutte contre la Torah de mon entendement, et qui me rend captif de la Torah du péché, qui est dans mes membres. » (Romains 7 :23) et ailleurs, il est dit de la part d’Hashem : « Mes enfants ! J’ai créé pour vous le Yetser Hara qui est le plus grand mal qui soit, mais suivez les paroles de la Torah afin qu’il ne vous domine pas car si vous vous en écartez, c’est lui qui prendra le dessus ! (Sifri Eikev 45)

 

 

 

 

 

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2.     Vous convoitez et ne possédez pas ; vous enviez, vous jalousez et ne pouvez pas obtenir ; vous combattez et vous guerroyez, mais vous n’avez pas, parce que vous ne demandez pas.

 

 

  • Vous convoitez et ne possédez pas : et au sujet de la convoitise, il est enseigné par le Gaon de Vilna : « Au bout du compte, toutes les fautes peuvent être attribuées à la convoitise. » (Gaon de Vilna, Even Chléma, chap. 3) et ailleurs, il est également enseigné : « Nous disons dans le Chéma : « Tu aimeras D.ieu de tout ton cœur. » (Devarim 6 :5) ; ainsi, pour celui qui aime Hashem de tout son cœur, il n'y a pas de place pour la convoitise en son cœur. » (HaKétav véhaKabala)

 

 

  • vous enviez, vous jalousez et ne pouvez pas obtenir : nos Sages ont interprété le nom de « Kora’h » comme étant formé des initiales des mots : « kina » [la jalousie], « romemout » [la grandeur] et « ‘hemda » [la convoitise] et pourquoi ? Car Kora’h avait réuni ces 3 défauts : il était jaloux de la grandeur de Moshé et d’Aharon, il aspirait à diriger le peuple pour les honneurs, et il convoitait un statut qui ne lui revenait pas. Par conséquent, nos Sages nous ont enseigné : « La jalousie, les désirs matériels et la recherche des honneurs excluent l'homme du monde. » (Pirké Avot 4 :21) et de fait, Kora’h a été exclu de ce monde puisqu’il a été englouti avec ses possessions dans les profondeurs de la terre.

 

 

  • vous combattez et vous guerroyez, mais vous n’avez pas : selon nos Sages : « L’interdiction de convoiter peut affecter toutes les lois de la Torah. En effet, lorsqu'on se laisse dominer par le désir, il n'y a pas de fin à ce qu'on se permet de faire ; et aucun des interdits de la Torah ne peut empêcher un individu de commettre une transgression pour assouvir ce dont son cœur à soif. » (Hilkhot Guézéla). Pour compléter ces propos, nous citerons également Ibn Ezra : « Mais pour celui qui a foi en D.ieu, et qui est convaincu qu’Hashem donne à chacun ce qui lui revient, toute chose appartenant à autrui sera exclue du domaine des possibilités, et il ne les convoitera pas. » (Ibn Ezra) ; les Nazaréens devront ainsi, se montrer forts et remplis d’émouna pour résister aux convoitises mondaines.

 

  • parce que vous ne demandez pas : dans la Torah, il est écrit : « Et il n'y avait pas d'homme pour travailler la terre. » (Béréshit 2 :5) et à Rachi de nous enseigner sur ce verset : « Pourquoi D.ieu ne fit-il pas pleuvoir ? Parce qu'il n'y avait pas d'homme pour travailler la terre et personne n'existait pour reconnaître le bienfait de la pluie. Lorsqu'Adam vint et qu'il comprit qu'elle était nécessaire au monde, il pria pour elle et elle tomba ; les arbres et la verdure purent alors pousser. » (Rachi sur Béréshit 2 :5) ; en fait, le commentaire de Rachi vient nous apprendre qu’Hashem a créé le monde de telle sorte que l'abondance est prête à descendre sur terre. Cependant, celle-ci ne peut parvenir à l'homme tant qu'il ne prie pas pour cela. En fait, s'il est certain qu'Hashem comble les besoins de chaque créature ; néanmoins, l'homme ne doit pas ménager ses efforts en priant Hashem de tout son cœur pour les obtenir et pour être préservé de toute épreuve. En effet, nos Sages nous ont enseigné que l'abondance octroyée au Ciel à chaque homme ne lui parviendra que grâce à sa prière.

 

 

 

 

 

 

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3.     Vous demandez et n’obtenez pas, parce que vous demandez mal, et dans le but de dépenser pour vos plaisirs.

 

 

  • Vous demandez et n’obtenez pas : malgré toutes vos téfilots, Hashem ne vous exauce pas et ailleurs, il est précisé : « Nos demandes à Hashem ne doivent pas être le fruit d’une satisfaction personnelle mais au contraire, notre désir principal doit plutôt être d'obtenir une chose pour pouvoir ensuite servir Hashem avec davantage de joie. » (Kédouchat Lévi dans Parachat Chémot)

 

 

  • parce que vous demandez mal : certains Nazaréens cherchaient l’exaucement dans le but de satisfaire leurs plaisirs matériels [et non pour être plus proches d’Hashem !]. Nous pourrons comparer cette parole de Yaakov avec les enseignements du Likouté Amarim comme il est dit : « Lorsque le cœur désire ardemment un plaisir matériel autorisé ; dans ce cas, seule la nature physique de ce désir est mauvaise car au lieu d’avoir un désir orienté vers le Ciel, c’est-à-dire ayant pour finalité le service de D.ieu, il recherche sa propre satisfaction. » (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 14) et ailleurs, il est également précisé : « Le terrain de la prière est le cœur ; autrement dit, il faut savoir que la finalité de la prière est précisément de changer l’orientation du cœur, soit de le détourner des désirs matériels pour le diriger vers l’amour et la crainte du divin. » (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 29)

 

 

  • et dans le but de dépenser pour vos plaisirs : dans le même élan, il est enseigné par le Rav Taieb : « Pour devenir un Tsadik, il faut diriger ses pensées, ses rêves, et ses aspirations vers des idéaux spirituels orientés vers le but ultime de ressembler au Créateur du monde. » (Rav Avraham Taieb). À noter que le Rav Dessler écrit « que le plaisir n'est rien d'autre que la compensation d'un manque, et que c'est nous-mêmes qui créons ce manque par l'imagination. » (Mikhtav Méeliahou, Tome 3, p. 180) et de même, le Rambam nous enseigne dans les Chemona Prakim que les bonnes ou mauvaises actions de l'homme prennent leur source dans la force d'imagination. Conclusion, nous citerons de nouveau le Rav Taieb : « L'essentiel de notre libre arbitre est de choisir de diriger nos pensées vers des désirs terrestres ou spirituels ; par exemple, si je me sers de mon imagination pour ressentir le manque et la détresse qui tourmente les Juifs ; automatiquement, j'aurais un grand plaisir à les aider et cela me donnera envie de recommencer encore et encore. » (Rav Avraham Taieb)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4.     Adultères ! Ne savez-vous pas que l’amitié du monde est inimitié d’Elohîms ? Celui donc qui veut être l’ami du monde se constitue en ennemi d’Elohîms.

 

 

  • Adultères : le fait d’aimer les plaisirs de ce monde, ou de favoriser les plaisirs matériels au détriment des plaisirs spirituels fait de nous des « adultères » étant donné que nous avons été consacrés pour le Maître du monde et pour son Oint. Dans le même élan, Shaoul nous a enseigné : « Et l'affection de la chair, c'est la mort, tandis que l'affection de l'Esprit, c'est la vie et la paix. » (Romains 8 :6) ou encore : « Ceux qui sont au Mashiah Yeshoua ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. » (Galates 5 :24) ou encore : « Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption ; mais celui qui sème pour l'Esprit moissonnera de l'Esprit la vie éternelle. » (Galates 6 :8)

 

 

  • Ne savez-vous pas que l’amitié du monde est inimitié d’Elohîms : ainsi qu’il est dit dans le ‘Hovat HaLevavot : « De même que l’eau et le feu ne peuvent coexister ; ainsi, dans le cœur, ne peuvent se trouver ensemble les désirs pour les choses de ce monde, et l’amour pour D.ieu. » (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 17)

 

 

  • Celui donc qui veut être l’ami du monde : et pourtant, Rabbi Na’hman de Breslev nous a enseigné : « Toute la perfection et le bien que les non-Juifs possèdent de nos jours, ne sont absolument rien. » (Torah n°21 du Likouté Moharan I) ; en fait, selon Yaakov HaTsadik et Rabbi Na’hman, nos yeux sont constamment fixés sur le monde dans lequel nous vivons et sur ces valeurs non-Juives : la poursuite de l'argent, les honneurs, la superficialité, etc… tout semble réellement attirer notre attention et nous donner envie. Pourtant, la vérité est que toutes ces valeurs dont l'origine n'est pas Juive, ne sont rien car elles n’existent que pour nous tenter et nous inciter à nous éloigner d'Hashem, ‘hass véchalom. En réalité, c'est seulement pour nous récompenser que le Créateur nous a mis dans un monde où ces valeurs miroitent car lorsque nous restons attachés à nos racines saintes et Juives comme la prière, l’étude de la Torah ou encore le respect des mitsvot en général, nous pourrons goûter au véritable plaisir non seulement dans ce monde mais également [et surtout] dans le monde futur. 

 

 

  • se constitue en ennemi d’Elohîms : dans le même élan, Rabbi Na’hman de Breslev nous a enseigné : « La raison principale pour laquelle le monde a été créé est pour que le peuple d'Israël remplisse la volonté de D.ieu. » (Torah n°52 du Likouté Moharan I) ; en conséquence, il faut savoir que ce monde matériel a été mis à notre disposition dans le seul but que nous l'utilisions à une seule fin : celle du service divin. Idéalement, l'être humain ne devrait rien prendre de ce monde pour lui-même ; plutôt, tout ne devrait lui servir qu'à se rapprocher d’Hashem. Notre unique tâche consiste donc à prendre la bonne direction et à nous élever vers les sphères célestes, de jour en jour.


 

 

 

 

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5.     Ou bien croyez-vous que l’Écrit dit en vain : Le souffle qui nous habite aspire à l’envie ?

 

 

  • Ou bien croyez-vous que l’Écrit dit en vain : et au sujet de la Torah, il est relaté dans la Mishna : « Ben Bag Bag a dit : Sonde la Torah et sonde-la encore car tout s’y trouve, scrute-la profondément, grandis et vieillis auprès d’elle et ne t’en défais pas car tu n’as pas plus édifiant qu’elle. » (Pirké Avot 5 :21) ; comme nous l’avons compris, la déclaration de nos Maîtres fait principalement référence à l'étude de la Torah. En effet, celle-ci nous enseigne clairement que l'on doit continuellement étudier la Torah, en la retournant encore et encore car toute la sagesse y est contenue ; cette Mishna est un exemple par excellence de la valeur de l'étude de la Torah aux yeux des Sages d’Israël.

 

 

  • Le souffle qui nous habite aspire à l’envie : dans les Écrits Nazaréens, il est également enseigné par Shaoul aux Corinthiens : « Ne savez-vous pas que votre corps est le Temple du Rouah Hakodesh qui est en vous, que vous avez reçu de D.ieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ? » (1 Corinthiens 6 :19) ou encore : « Quel rapport y a-t-il entre le Temple de D.ieu et les idoles ? Car nous sommes le Temple du D.ieu vivant, comme D.ieu l'a dit : J'habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur D.ieu, et ils seront mon peuple. » (2 Corinthiens 6 :16) ou encore : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de D.ieu, et que l'Esprit de D.ieu habite en vous ? » (1Coritnhiens 3 :16)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6.     Mais il donne un chérissement plus grand ; c’est pourquoi il dit : Elohîms résiste aux orgueilleux, mais il donne le chérissement aux humbles. 

 

 

  • Mais il donne un chérissement plus grand : plus nous respecterons les lois de la Torah, plus nous aurons maîtriser nos penchants ou encore réparer nos middot, et plus nous serons proches d’Hashem comme il est également enseigné par le Rav Guenoun : « Les mitsvot bâtissent l’homme à l’image de son Créateur ; par elles, l’homme ressemble un peu plus à son Maître et mérite une plus grande proximité avec Hashem. Le Rav ‘Haïm Friedlander explique que chaque mitsva justifie à elle seule, la Création du monde et de tout ce qu’il comporte. » (Propos rapportés par le Rav Chalom Guenoun)  

 

 

  • c’est pourquoi il dit : dans le Tanakh comme il est dit : « L'Éternel est élevé : il voit les humbles, et il reconnaît de loin les orgueilleux. » (Téhilim 138 :6) ou encore : « Il se moque des moqueurs, mais il fait grâce aux humbles. » (Mishlei 3 :34) ou encore : « L'orgueil d'un homme l'abaisse, mais celui qui est humble d'esprit obtient la gloire. » (Mishlei 29 :23)

 

 

  • Elohîms résiste aux orgueilleux : comme il est enseigné par le Rav Friedlander : « La racine de toutes les erreurs de émouna et de vision des choses [hachkafa] est l'orgueil et l'égocentrisme, car ils empêchent l'homme de soumettre sa volonté à celle des autres et plus particulièrement à celle d'Hashem. Pour l'orgueilleux, tous les moyens sont bons pour s'affranchir des devoirs qu'Hashem lui impose dans la Torah et qui vont à l'encontre de ses désirs. (…) En effet, nos yeux ne voient généralement que ce que nous voulons bien voir, et notre intellect ne comprend que ce qui va dans le sens de notre volonté à tel point que de mauvaises qualités de cœur, peuvent amener l'homme à déformer toute sa émouna et sa compréhension de la Torah. Tous les êtres humains sont touchés, de près ou de loin, par ce phénomène dont le seul remède est d'acquérir l'humilité nécessaire pour écouter les conseils et les remontrances des autres. Plus particulièrement, il faudra s'attacher aux paroles de nos Sages, qui eux sont parvenus à corriger leurs middot et à gouverner les inclinaisons de leur cœur. » (Rav Friedlander, Sifté 'Haïm, Moadim 1, p. 185)

 

 

  • mais il donne le chérissement aux humbles : et ailleurs, il est écrit : « Grâce à la modestie, tu mériteras d'avoir la émouna. » (Rabbi Na'hman de Breslev, Sefer Hamidot, chap. Émouna) ou encore : « Les trois clefs qui permettent à une personne de trouver grâce aux yeux d'Hashem sont : l'humilité, l'étude de la Torah avec amour et le savoir-vivre [le dérekh erets], soit des comportements de moralité élevée, aux mœurs raffinées, conformes à l'esprit de la Torah. » (Rabbi 'Haïm Chmoulévitch, Si'hot Moussar, Si'ha 4)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7.     Soumettez-vous donc à Elohîms, opposez-vous au diable, et il s’enfuira loin de vous.

 

 

  • Soumettez-vous donc à Elohîms : dans la hitbodedout, dans l’étude de la Torah ou encore dans la pratique des mitsvot comme il est dit : « Par le fait d'accomplir chaque mitsva, nous acquérons l'éternité, la sainteté et l'attachement à Hashem. En effet, nous le prononçons lors de chaque bénédiction « Qui nous a sanctifiés par ses commandements » car Hashem nous a sanctifiés par les mitsvot de la Torah, il fait descendre de la sainteté dans nos vies. » (Rabbi Nissim Yaguen) ou encore : « Lorsqu'une personne réalise une mitsva avec un désir et une passion énorme, cela amène de la fierté à Hashem. Hashem, lui-même, se targue de ce Juif devant tous les anges, observant à quel point, il chérit les mitsvot et accomplit la volonté d'Hashem avec une telle joie. En effet, Hashem est extrêmement fier d'un tel Juif. » (Propos du Kédouchat Lévi, Vayétsé) et ailleurs, il est précisé : « On doit accomplir les mitsvot avec une joie si intense que l'homme ne voudra aucune récompense relative au monde futur pour cette mitsva. » (Rabbi Na'hman de Breslev, Likouté Moharan, Torah 5 :1-2)

 

 

  • opposez-vous au diable : du grec « diabolos » signifiant : calomniateur, accusateur ; dans un langage plus Juif, il s’agit du Satan comme il est dit : « Yeshoua fut emmené par l'Esprit dans le désert, pour être tenté par le Satan. » (Matityahou 4 :1) ou encore : « Revêtez-vous de toutes les armes de D.ieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du Satan. » (Éphésiens 6 :11)

 

 

  • et il s’enfuira loin de vous : comme cela est relaté dans la Torah, un jour où il n’y avait personne, la femme de Putiphar qui cherchait à séduire Yossef, lui tira son vêtement. À ce sujet, il est écrit : « Il abandonna son vêtement dans sa main, s’enfuit et sortit dehors. » (Béréshit 39 :12). Or, il est difficile de comprendre que Yossef ait laissé son vêtement à la femme de Putiphar puisqu’il savait qu’elle allait utiliser cette fausse preuve pour l’accuser auprès de son mari et ainsi, pour se venger. Nos Sages répondent qu’il craignait que le Yetser Hara ne le surprenne, il prit donc la fuite aussi vite que possible et ce, malgré le risque d’être accusé injustement. À l’image de Yossef HaTsadik, nous devons prendre la fuite dès que nous ressentons une attaque du Yetser Hara.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8.     Approchez-vous d’Elohîms ; il s’approchera de vous. Purifiez vos mains, fautifs ; innocentez vos cœurs, êtres doubles !

 

 

  • Approchez-vous d’Elohîms ; il s’approchera de vous : comme le Mashiah l’a également enseigné : « Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve et l'on ouvre à celui qui frappe. » (Matityahou 7 :7-8) et dans les Téhilim du Roi David, il est écrit : « Pour moi, m'approcher de D.ieu, c'est mon bien : Je place mon refuge dans le Seigneur, l'Éternel, afin de raconter toutes tes œuvres. » (Téhilim 73 :28)

 

 

  • Purifiez vos mains, fautifs : le frère du Rabbi poursuit dans le message de Yohanan HaMatbil et dans celui de Yeshoua : « Faites téchouva pour vous rapprocher d’Hashem ! » comme il est également écrit : « Il disait : Faites téchouva car le Royaume des Cieux est proche. » (Matityahou 3 :2) ou encore : « Dès ce moment Yeshoua commença à prêcher, et à dire : Faites téchouva car le Royaume des Cieux est proche. » (Matityahou 4 :17)

 

 

  • innocentez vos cœurs : le but étant de purifier notre intériorité, notre cœur ou encore notre engagement dans la Avodat Hashem comme il est dit : « Purifie ton cœur du mal, Jérusalem, afin que tu sois sauvée ! Jusques à quand garderas-tu dans ton cœur tes pensées iniques ? » (Yrmeyahou 4 :14) ou encore dans les Téhilim du Roi David : « Crée en moi un cœur pur, renouvelle en moi un esprit bien disposé. » (Téhilim 51 :10). Et ailleurs ? Shaoul nous a également enseigné : « Le but de la mitsva, c'est une charité venant d'un cœur pur, d'une bonne conscience, et d'une foi sincère. » (1 Timotheos 1 :5)

 

 

  • êtres doubles : la capacité de « jongler » est par contre, nécessaire dans notre génération. En effet, pour mieux comprendre comment nous rapprocher d’Hashem et ce, malgré toutes les difficultés environnantes de notre époque, nous pourrons nous inspirer des enseignements du Centre Breslev du Rav Avraham Ifra’h sur la paracha Vayichla’h comme il est dit : « Le début de cette paracha relate la poursuite de Yaakov par son frère Essav. Ce dernier part à la rencontre de Yaakov accompagné d’une armée de 400 hommes. Par conséquent, Yaakov doit faire face à une grande menace et décide donc de partager son camp en deux, lequel est composé de ses femmes, de ses enfants ainsi que de son bétail. En effet, si Essav attaque la moitié du camp, l’autre moitié sera épargnée… De là, Rabbi Nathan nous apprend que la division du camp de Yaakov constitue un grand secret que chacun se doit d’appliquer dans son service divin. Comme dans une tempête, il faut essayer de sauver tout ce que l’on peut sauver. En effet, nous devons constamment lutter contre « le Essav » qui se trouve en chacun de nous et qui nous pousse à la colère, à la recherche des honneurs, à la moquerie, à la médisance ainsi qu’à la débauche, etc… Or, afin de lutter pleinement contre « cet Essav » qui vit en nous, nous devons user de la même stratégie que Yaakov, soit celle de rester modeste face au danger et de tout faire pour minimiser son emprise sur nous. Contrairement à Essav qui veut du « tout ou rien » dans la Torah, nous devons nous efforcer de sauver ce que nous pouvons sauver et ne pas nous laisser aller complètement dans l’épreuve. Et même si la chute est complète, nous devons tout de suite nous relever en faisant une bonne action et ce, même si elle parait complètement dérisoire par rapport à la chute qui l’a précédée. Rabbi Na’hman a déclaré un jour : Si déjà tu manges du porc, alors au moins fais attention que cela ne coule pas dans ta barbe ; l’enseignement est que même dans une situation qui parait catastrophique, la moindre petite retenue et le moindre petit éveil ont une grande valeur aux yeux d’Hashem. » (Commentaires du Centre Breslev du Rav Avraham Ifra’h, Paracha Vayichla’h)

 

 

 

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9.     Soyez dans la détresse, dans le deuil et pleurez. Que votre rire se tourne en deuil, votre joie en atterrement.

 

 

  • Soyez dans la détresse, dans le deuil : comme il est dit : « Que le repenti ne cesse d’implorer D.ieu dans les pleurs et les supplications, qu’il dispense la charité selon ses moyens, prenne ses distances de l’objet de la faute et change son nom, comme pour dire : Je suis quelqu’un d’autre, je ne suis pas l’homme qui a fait ces actions ! » (Mishné Torah du Rambam, Hilkhot Téchouva, chap. 2) mais concernant ce sujet et principalement pour notre génération, nous nous devons de préciser : « Beaucoup de gens interprètent mal le concept de téchouva ou de repentir. Ils pensent à tort, que pour rectifier leurs péchés du passé, ils doivent pleurer et tomber dans la mélancolie. Ils se sentent obligés de s’auto-persécuter pour chaque petit écart de conduite ou mauvaise pensée. Les Tsadikim nous disent, au contraire, que c’est l’opposé qui est vrai puisque le chemin de la téchouva et de la rectification, est similaire avec celui de la joie. En effet, la première chose qu’une personne doit faire lorsqu’elle recherche la sainteté personnelle, c’est de travailler à être joyeux et optimiste ; c’est la clé pour gravir tous les échelons du service divin. » (Rav Shalom Arush) ; Rabbi Na’hman de Breslev va beaucoup plus loin et écrit aussi que lorsqu’une personne se bat pour être joyeuse, Hashem lui-même, préservera sa sainteté personnelle ; et il ajoute au sujet de la tristesse que non seulement, elle n’aide en rien mais qu’elle ruine encore plus les choses. (Likouté Moharan 1 :169)

 

 

  • et pleurez : concernant les larmes, nous nous devons d’atténuer les propos de Yaakov afin de ne pas nous égarer dans le désespoir comme il est dit : « Certaines larmes sont bénéfiques pour l’homme mais d’autres, sont aussi nocives. En effet, les premières larmes sont celles du languissement ; les secondes, les larmes empreintes de tristesse et de nervosité. En d’autres termes, les premières sont celles de Yaakov ; les secondes, sont celles d’Essav et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle, Essav était roux et communément associé à la couleur rouge car ses actes étaient placés sous le signe de la nervosité. Lorsque nous pleurons la destruction du Temple à ‘Hatsot, nous ne nous inscrivons pas dans une dynamique de pleurs de lamentations, d’afflictions ou encore de vengeance. Au contraire, nous versons des larmes car la Présence divine, la Shekhina, qui est si chère à nos yeux, nous manque au point de susciter un véritable épanchement de l’âme. En fait, là où les pleurs consécutifs au languissement ont des vertus libératrices et mènent à l’apaisement, voire au soulagement ; les pleurs teintés de tristesse plantent les graines de la colère et du désespoir. Conclusion, nous devons veiller à ne pas tomber dans l’écueil des larmes d’Essav. » (Rav Avraham Ifra’h)

 

 

  • Que votre rire se tourne en deuil : comme il est également enseigné dans le Tanya : « Et comment les klipot peuvent-elles être brisées ? Par un cœur contrit ou encore, par l’amertume de l’âme pour ses fautes comme il est écrit dans le Zohar au sujet du verset : « Les sacrifices à D.ieu, c’est un esprit brisé, un cœur brisé. » (Téhilim 51 :17) ; en d’autres termes, par le cœur brisé, l’esprit d’impureté de la sitra a’hara est brisé, et ceci est un sacrifice offert au Nom divin. » (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 17). Néanmoins, nous continuerons de préciser au nom du Rav Shalom Arush : « Rabbi Na’hman de Breslev enseigne que la tristesse est une émotion qui appartient au côté obscur et qu’Hashem la méprise. Or, puisque la tristesse émane du côté obscur, elle est l’opposé de la sainteté ; il s’en suit que seule une personne qui se maintient dans la joie peut remplir les commandements d’Hashem. En fait, si une personne est triste et déprimée, à quoi bon sert toute la Torah qu’elle étudie et toutes les mitsvot qu’elle fait ?  Dès qu’une personne ressent le plus petit signe de tristesse et de dépression, elle doit mettre tout le reste de côté et se concentrer à reconstruire et renforcer sa joie. Et pourquoi ? Car la joie est la voie, à la fois vers la téchouva mais aussi vers la sainteté personnelle. » (Rav Shalom Arush)

COMMENTAIRE

 

Au sujet de l’importance des rires, nos Sages nous enseignent qu’un jour, lorsqu’Elyahou HaNavi accompagna l’un des grands Maîtres du Talmud, Rabbi Frida, ils rencontrèrent en chemin deux amis qui se promenaient dans les rues de la ville. Soudain, sous les yeux ébahis de Rabbi Frida, Elyahou HaNavi s’adressa à eux : Soyez heureux ! Vous avez été acceptés au Gan Eden ! Rabbi Frida, surpris, ne comprit bien entendu pas grâce à quel mérite ces deux amis avaient obtenu une telle promesse de rêve. Elyahou s’empressa d’éclaircir ses propos : Quelle est votre profession ?Ils répondirent : Nous gagnons notre subsistance en tant que comiques, et lorsque nous rencontrons un homme qui a l’air triste, nous tentons par tous les moyens à notre disposition de le faire rire, d’éclairer son visage d’une expression de joie. De même, lorsque nous rencontrons deux personnes en conflit ou en colère l’une contre l’autre, nous tentons de les apaiser, et leur faire changer d’humeur par le biais du rire. (Taanit 22a) et ailleurs, il est bien précisé par le Rav Ifra’h : « La joie n’est pas optionnelle, c’est une vraie obligation ; la joie est un traitement préventif que nous devons nous administrer afin de nous préserver de la pire maladie de l’âme qui est la tristesse. » (Rav Avraham Ifra’h)

 

 

  • votre joie en atterrement : comme nous l’avons compris, dans « l’idéal d’Hashem » et ce, notamment dans notre génération complétement déprimée, les choses doivent se passer différemment comme il est dit : « Rabbi Na’hman de Breslev l’a crié haut et fort : La téchouva se fait que dans la joie ! » (Propos rapportés par le Rav Avraham Ifra’h) et en effet, le Rav Ifra’h développe longuement : « On dit souvent que pour s’imprégner du émet, il faut étudier la Torah, pratiquer les mitsvot ou encore travailler sur ses traits de caractère mais il y a un préliminaire à tout cela : c’est la joie ! (…) La joie est la base nécessaire et fondamentale pour accomplir notre Avodat Hashem ; la joie a cette vertu de libérer l’esprit et le cœur, et lorsqu’on libère son cœur et son esprit, toutes les vannes sont ouvertes. Savez-vous pour quelle raison le monde est éloigné d’Hashem ? Car il manque de joie ! En effet, nous avons souvent tendance à penser que le monde manque de joie car les soucis l’assaillent mais en réalité, les soucis ne sont que des tests envoyés par Hashem, précisément pour nous éloigner de la joie. Du moment que nous manquons de joie, nous sommes dans l’atrophie ; notre potentiel est diminué, la machine [le corps] tourne sans carburant [sans énergies spirituelles], et tout est saboté… Or, lorsqu’un individu est joyeux, il peut accéder à la vérité. Par conséquent, nous devons balayer les soucis de ce monde, car ils ne sont que des artifices du mauvais penchant pour nous faire chuter. » (Rav Avraham Ifra’h)

 
 
 
 
 
 
 
 
 

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10.     Humiliez-vous en face de IHVH-Adonaï et il vous exaltera.

 

 

  • Humiliez-vous en face de IHVH-Adonaï : comme il est enseigné : « L'humilité est l'échelle permettant d'accéder aux meilleures qualités, elle représente la 1ère étape dans l'apprentissage du respect d’Hashem, et de l'accomplissement des mitsvot. » (Meam Loez, Paracha Lekh Lekha 13) ou encore : « Il n'y a pas d'autre trait de caractère qui purifie l'être humain autant que celui de l'humilité, il permet de recevoir les secrets de la Torah de la Yeshiva Céleste. » (Kav haYachar, chap. 7)

 

 

  • et il vous exaltera : comme il est également enseigné dans les Livres de Moussar : « D.ieu considère un acte simple réalisé avec humilité, comme mille fois plus important, qu’un grand acte réalisé avec arrogance. » (Or’hot Tsadikim, Chaar 2) ; dans le Tanakh, il est également écrit : « L'Éternel appauvrit et il enrichit, il abaisse et il élève. » (1 Shmouel 2 :7) ou encore dans le Livre de Iyov : « Il relève les humbles. » (Iyov 5 :11) ou encore dans les Proverbes du Roi Shlomo : « L'orgueil d'un homme l'abaisse mais celui qui est humble d'esprit obtient la gloire. » (Mishlei 29 :23)

 

 


 

 

 

 

 

 

 

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11.     Ne parlez pas l’un contre l’autre, frères. Qui parle contre un frère ou juge son frère parle contre la tora et juge la tora. Et si tu juges la tora, tu n’es pas un réalisateur de la tora, mais un juge.

 

 

  • Ne parlez pas l’un contre l’autre, frères : l’enseignement le plus adéquat pour obéir de façon parfaite aux injonctions de Yaakov concernant le « jugement envers autrui » trouvera son écho dans la Torah n°282 du Likouté Moharan du nom d’Azamra, de Rabbi Na’hman de Breslev. En effet, cette Torah extraordinaire traite de la façon de découvrir la vraie joie par la recherche des points positifs en nous, chez les autres et dans toutes les situations comme il est dit : « Il se peut qu'en commençant ton examen de conscience, tu aies l'impression de ne trouver aucun bien en toi. Tu te vois rempli de fautes et ainsi le mauvais penchant veut t'entraîner à la dépression et à la tristesse. Surtout, ne te démoralise pas ! Cherche jusqu'à ce que tu trouves en toi une parcelle de bien. En effet, comment se pourrait-il que tu n'aies pas accompli une seule mitsva ou fait du bien durant ta vie ? Si tu commences à examiner cette bonne action, tu pourrais aussi y trouver de nombreuses imperfections et un manque de pureté. Cependant, il n'est pas possible que cette mitsva ou cette bonne action ne comporte pas au moins une parcelle de bien ! Il doit sûrement exister un point positif ! Il faut continuer jusqu'à trouver un bon élément en toi même, ce qui t'aidera à récupérer ta vitalité originelle et accéder à la joie. En t'appliquant à découvrir en toi une autre parcelle de bien même attachée de défauts, extrais-en un autre point positif. Continue et collectionne les points positifs ! C'est ainsi que se composent les mélodies. La faculté de jugement est un outil très puissant au service de l'homme. Mal juger les autres peut détruire l'univers. Le problème est que la critique est aisée, beaucoup trop même ! On peut toujours trouver des fautes dans le comportement d'autrui. Nous devons savoir que chacun des mots que nous prononçons sur notre prochain constitue une forme de jugement sur lui mais aussi sur nous-mêmes. Recherchons le bien, seulement le bien. Il se peut que ce bien soit enseveli sous des couches d'écorces mais tout au fond, ce bien demeure intacte et pur car il émane de la divinité. Cessons de nous culpabiliser ou de passer notre temps à juger l'autre. Ayons confiance en nous. D.ieu n'est pas un tyran car même si on se trouve très éloigné de l'Eternel et que nous pensons transgresser à chaque instant sa volonté, sachons en revanche que chaque geste, même le plus infime, est fait pour nous élever de notre basse condition et nous rapprocher de D.ieu, est extrêmement précieux à ses yeux. » (Rabbi Na’hman de Breslev, rapporté par les Éditions Keren Rabbi Israël) ; voilà ce qu'enseigne Rabbi Na'hman, il l'a appliqué cet enseignement dans sa vie en jugeant chacun avec indulgence, en se concentrant uniquement sur l'aspect positif de chacun. Il nous affirme que l'être le plus déchu possède en lui-même, une grandeur cachée, intacte et prête à s'épanouir, pour peu qu'on lui fasse confiance. Par conséquent, au lieu de briser les gens et de les affaiblir, montrons-leur combien ils sont forts et bons ! Disons-leur sans cesse combien D.ieu les aime : Courage mon frère, mon ami ! Tu peux y arriver ! D.ieu t’aidera ! Il est déjà près de toi, en toi... Cherchons le bien, la parcelle de divinité qui réside en chacun et le monde sortira de sa déchéance !  La culpabilité, l'angoisse ronge et paralysent les individus, on doit donc déployer tous les efforts pour être joyeux quoi qu'il arrive. (Rabbénou, Éditions Keren Rabbi Israël)

 

 

  • Qui parle contre un frère ou juge son frère : à ce sujet, il est enseigné : « Par la façon dont vous jugez les autres, Hashem vous jugera. » (Shabbat 127b) et ailleurs, il est précisé dans la Guémara : « Celui qui est miséricordieux envers les autres, Hashem sera miséricordieux avec lui. » (Shabbat 151b)

 

 

  • parle contre la tora et juge la tora. Et si tu juges la tora : car tout Juif est véritablement une Torah vivante !  Dans le même élan que Yaakov, nos Sages nous enseignent que la Torah contient 600 000 Lettres, et que ces 600 000 Lettres correspondent aux 600 000 âmes Juives ; chaque Juif détint donc « sa propre Lettre » dans la Torah. De ce fait, le peuple Juif ne pouvait pas recevoir la Torah au Har Sinaï à moins d'y être tous réunis car toujours selon nos Sages, si une seule personne était manquante, alors il aurait manqué une Lettre à la Torah.

 

 

  • tu n’es pas un réalisateur de la tora, mais un juge : la Guémara nous enseigne également qu’il faut juger notre prochain favorablement et Rachi nous précise clairement qu’elle ne parle pas d’un jugement du tribunal mais bien d’un homme voyant son prochain accomplir un acte. Cette mitsva décrite s’appelle la mitsva de « ladoune lékaf zé’hout », de juger son prochain du côté favorable. Selon le Rambam, c’est une des mitsvot de la Torah les plus difficiles à appliquer car la nature humaine tend souvent à s’y opposer ! En effet, il est connu que celui qui juge son prochain favorablement [selon le principe de « mida kenegued mida »], on le juge de la même façon dans le Tribunal céleste et inversement, celui qui est pointilleux sur le comportement de ses semblables, mérite que l’on soit pointilleux avec lui dans le Tribunal céleste et toujours dans la même optique, le Mashiah a déclaré : « Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l'on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. » (Matityahou 7 :2)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12.     Unique est le formateur de la tora et le juge, celui qui peut sauver et perdre. Mais toi, qui es-tu pour juger ton compagnon ?

 

 

  • Unique est le formateur de la tora et le juge : comme il est dit : « Car l'Éternel est notre juge, l'Éternel est notre législateur, l'Éternel est notre Roi : C'est lui qui nous sauve. » (Yeshayahou 33 :22) ou encore dans les Téhilim du Roi David : « Et les Cieux publieront sa justice car c'est D.ieu qui est juge. » (Téhilim 50 :6)

 

 

  • celui qui peut sauver et perdre : comme il est enseigné dans la Torah : « Je fais vivre et je fais mourir, je blesse et je guéris et personne ne délivre de ma main. » (Devarim 32 :39) ou encore dans le Livre de Shmouel : « L'Éternel fait mourir et il fait vivre. Il fait descendre au séjour des morts et il en fait remonter. » (1 Shmouel 2 :6) ou encore dans le Livre de Iyov : « Il fait la plaie, et il la bande ; il blesse, et sa main guérit. » (Iyov 5 :18) 

 

 

  • Mais toi, qui es-tu pour juger ton compagnon : cette parole peut être comprise à la lumière de nos Sages : « Ne juge pas ton ami jusqu’à ce que tu parviennes à sa place. Car sa place, au sens matériel, c’est-à-dire le milieu dans lequel il se trouve et son entourage, le conduit à fauter et par ailleurs, sa place au sens spirituel, c’est-à-dire la nature de son mauvais penchant, favorise la faute car son mauvais penchant brûle comme le four brûlant d’un boulanger dont la fréquence d’utilisation et l’intensité sont supérieures à celle d’un four ordinaire comme il est écrit dans Hoshéa : « Il brûle comme un feu flamboyant. » (Hoshéa 7 :6) ; comme nous l’avons compris, le mauvais penchant n’est pas le même chez tout un chacun. Il y a celui dont le penchant est comme un feu flamboyant, passionné, et ce qui n’est pas le cas chez un autre. » (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 30) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13.     Allons, maintenant, vous qui dites : Aujourd’hui ou demain nous irons dans cette ville, nous y passerons l’année, nous commercerons et nous gagnerons.

 

 

  • Allons, maintenant, vous qui dites : Aujourd’hui ou demain : dans le même élan, la Guémara déclare : « Ne t’afflige pas des ennuis du lendemain car tu ne sais pas du tout ce qu'un jour peut apporter ; peut-être que demain tu ne seras plus, et alors on se serait inquiété d'un monde qui n'est pas le sien. » (Sanhédrin 100b)

 

 

  • nous irons dans cette ville, nous y passerons l’année : la notion du « lendemain » n’appartient qu’au Maître du monde et n’est en aucun cas, entre les mains des hommes comme nous l’a également enseigné le Roi Shlomo : « Ne te vante pas du lendemain car tu ne sais pas ce qu'un jour peut enfanter. » (Mishlei 27 :1)

 

 

  • nous commercerons et nous gagnerons : les hommes dénoncés par Yaakov avaient un goût prononcé pour l’argent, leur but principal était de fructifier leur « business » au lieu de se concentrer sur leurs besoins spirituels. À ce sujet, le Mashiah nous a pourtant enseigné : « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent ; mais amassez-vous des trésors dans le Ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. » (Matityahou 6 :19-20) ou encore Shaoul lorsqu’il a écrit : « Ceux qui veulent s'enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. » (1 Timotheos 6 :9)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14.     vous ne savez pas ce que votre vie sera demain ; oui, vous êtes une fumée qui apparaît un instant et disparaît de même.

 

 

  • vous ne savez pas ce que votre vie sera demain : pour mieux comprendre les paroles de Yaakov, nous pourrons nous inspirer d’une histoire rapportée par le Rav Shalom Arush comme il est dit : « Un jour, le jeune Rabbi Nathan était assis dans la synagogue, à côté de son illustre grand-père, le Rav Its’hak Dantzig et il observa que le vieil homme qui s'asseyait généralement à côté de son grand-père était absent… Lorsqu'il demanda à son grand-père la raison de son absence, celui-ci lui répondit que le vieil homme était décédé la nuit précédente. À compter de ce jour-là, Rabbi Nathan fit tous les jours un examen de ses actions, en préparation du jour de sa mort. » (Biographie de Rabbi Nathan de Breslev rapportée par le Rav Shalom Arush)

 

 

  • oui, vous êtes une fumée qui apparaît un instant et disparaît de même : en référence aux pensées exprimées par le Roi David dans les Téhilim comme il est dit : « Voici, tu as donné à mes jours la largeur de la main et ma vie est comme un rien devant toi. Oui, tout homme debout n'est qu'un souffle. » (Téhilim 39 :5) ou encore : « L'homme est semblable à un souffle, ses jours sont comme l'ombre qui passe. » (Téhilim 144 :4) 

 

 

 

 

 

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15.     Au lieu de cela, vous direz : Si IHVH-Adonaï le veut, nous vivrons et ferons ceci ou cela... 

 

 

  • Au lieu de cela, vous direz : Si IHVH-Adonaï le veut : en fait, les enseignements de Yaakov HaTsadik sont en lien avec les notions développées par la ‘Hassidout Breslev concernant la hitbodedout comme il est également rapporté au nom de Rabbi Na’hman par le Rav Shalom Arush : « Vous devez prier pour tout. Si votre vêtement est déchiré et que vous devez le remplacer, priez D.ieu pour qu'il vous en donne un nouveau. Agissez ainsi pour tout. Prenez l'habitude de prier pour tout ce dont vous avez besoin, que cela soit petit ou grand. Bien évidemment, vos prières principales doivent être dirigées pour des choses fondamentales : Que D.ieu vous aide dans votre dévotion et que vous méritiez de vous rapprocher de lui. Néanmoins, dans le même temps, vous devez également prier pour des choses très superficielles. En effet, D.ieu pourrait vous donner à manger, des vêtements et tout ce dont vous avez besoin même si vous ne le demandez pas mais cela vous ferait ressembler à un animal car D.ieu donne à chaque créature vivante sa nourriture, sans qu'on lui demande. Si vous ne menez pas votre vie grâce à la prière, votre vie ressemble alors à celle d'une bête. De fait, l'homme peut obtenir tout ce dont il a besoin dans la vie de D.ieu seulement et grâce à la prière. » (La sagesse de Rabbi Na'hman, 233)    

 

 

  • nous vivrons et ferons ceci ou cela : comme il est enseigné : « Celui qui associe le Maître du monde à ses actions est assuré de la réussite. » (Zékhira) et ailleurs, il est aussi précisé dans les Téhilim : « Si l'Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain ; si l'Éternel ne garde la ville, celui qui la garde veille en vain. » (Téhilim 127 :1) ; nous pourrions également relever que le ‘Hazon Ich indiqua une fois à un ba’hour Yeshiva, qui était un habitué de sa maison, la manière dont nous pouvons créer un lien perpétuel avec le Saint Béni soit-Il : « Habitue-toi, lui dit-il, à lui adresser toute demande, petite comme grande. Pour toute chose, tourne-toi vers lui et sollicite son aide, sans oublier de le remercier. Par ce biais, s’ancrera en toi la conscience que tu te tiens constamment devant l’Éternel et que tu dépends tout le temps de lui. En particulier, il est important de le solliciter pour des petites choses pour lesquelles on a malheureusement tendance à penser pouvoir s’arranger tout seul. » (Propos du ‘Hazon Ich rapportés par le Rav David ‘Hanania Pinto)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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16.     Mais maintenant, vous êtes fiers avec vos fanfaronnades. Toute fierté semblable est criminelle.

 

 

 

  • Mais maintenant, vous êtes fiers avec vos fanfaronnades : du grec « alazoneia » signifiant : orgueil, vantardise, fanfaronnade, rodomontade avec arrogance comme il est dit : « L’orgueil [alazoneia] de la vie ne vient point du Père, mais vient du monde. » (1 Yohanan 2 :16) et au sujet de ce trait de caractère, il est enseigné : « L’arrogance [en lien avec l’orgueil] est le pire des traits de caractère. » (Sota 5a)

 

 

  • Toute fierté semblable est criminelle : ailleurs, nous pouvons également citer le Abir Yaakov : « L’orgueil est la racine de tout mal. » (Abir Yaakov, Guinzé HaMelekh, Tikoun Hatéchouva) ou encore Rabbi ‘Haïm de Volozhin : « Même si l’orgueil n’est pas visible aux yeux des autres et qu’il reste confiné dans ton cœur, seul avec toi-même ; l’orgueil reste une abomination pour D.ieu car, il se trouve à la racine du mauvais penchant et de tous les mauvais traits de caractère. » (Rav 'Haïm de Volozhin, dans le Néfech Ha’Haïm)

 

 

 

 

 

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17.     Ainsi, qui sait bien faire et ne le fait pas, c’est, contre lui, une faute.

 

 

  • Ainsi, qui sait bien faire et ne le fait pas : en référence aux différents péchés d’omissions ; de façon générale, nous pouvons en citer plusieurs : l’ingratitude ; le manque d’amour envers D.ieu ; la négligence de l’étude de la Torah ; l’incrédulité au niveau de la foi et ce, notamment dans les promesses d’Hashem ou encore dans celles du Mashiah ; la négligence de la hitbodedout, le lachon hara envers autrui, le manque d’amour pour les âmes perdus, le manque d’intercession pour notre prochain, le manque de sollicitude pour les non-croyants, la négligence des devoirs envers sa famille, la négligence dans la tsédaka, etc…

 

COMMENTAIRE

 

Plus précisément, dans le contexte de cette Lettre, le chef de la Kéhila Nazaréenne a traité plusieurs sujets comme : la lutte contre le lachon hara, la lutte contre les convoitises, la lutte contre l’orgueil, la lutte contre l’amour du monde, la lutte contre le « ayin hara » envers les autres, la lutte contre les richesses au détriment du spirituel, ou encore la hitbodedout ; tous les Nazaréens authentiques se doivent ainsi, de travailler avec force sur l’ensemble de ces sujets.

 

  • c’est, contre lui, une faute : comme il est enseigné par le Rav Chalom Guenoun : « La Kabbale nous enseigne que toutes les mitsvot sont vitales pour l’homme d’un point de vue spirituel : elles sont la nourriture de l’âme ; sans elles, l’homme est irrémédiablement incomplet. En fait, nous devons toujours garder en tête que D.ieu est le Maître du monde et qu’il nous veut du bien ; ses commandements sont salutaires pour nous, à l’image d’un parent qui s’enquiert du bien-être de son enfant. Toutes les mitsvot nous sont donc nécessaires, chacune pour des raisons différentes et ce, parfois bien au-delà de notre entendement. En effet, les mitsvot nous sont aussi bénéfiques tant sur le plan psychologique, sociologique ou encore médical. » (Rav Chalom Guenoun)