CHAPITRE 3

Le chapitre est complet, tous les versets sont disponibles

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COMMENTAIRES 

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1.     Ne soyez pas nombreux à devenir des enseigneurs, mes frères. Vous savez quel pire jugement nous recevrions.


 

  • Ne soyez pas nombreux à devenir des enseigneurs, mes frères : à ce sujet, il est important de nous rappeler des paroles de la paracha Réé laquelle, nous met en garde contre le faux prophète​ étant donné que son but est de faire dévier le peuple d'Israël vers d'autres dieux. (Devarim 13 :1-5) ; nous pouvons également nous rappeler des terribles histoires Juives avec Yarovéam ben Nevat qui fut « Roi d'Israël » mais qui entraîna pourtant, le peuple à tomber dans le péché à la suite de toutes ses réformes. Le Rambam énumère dans les Hilkhot Téchouva, tous les personnages qui ont fauté et qui ont entraîné les autres dans la faute, dont Yarovéam ben Nevat ; ce sont des personnes qui n'auront pas de part dans le monde futur. (Rambam, Hilkhot Téchouva, 3 :6-10). À noter qu'il est également enseigné : « Il est plus grave de faire fauter une personne que de la tuer. » (Midrash Rabah, Parachat Pinh’as)

 

 

  • Vous savez quel pire jugement nous recevrions : comme il est dit : « Quiconque apprend les paroles de la Torah sans les accomplir recevra un châtiment plus sévère que celui qui n'a pas appris du tout. Et d'où le savons-nous ? Car il est écrit : « Faisons grâce au méchant qui n'a pas appris la justice. » (Yeshayahou 26 :10) mais s'il a appris sans accomplir, nulle grâce ne lui sera faite. » (Devarim Rabah 7 :4) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2.     Oui, nous trébuchons souvent tous. Si quelqu’un ne trébuche pas en paroles, c’est un homme parfait, capable aussi de tenir en bride tout le corps.

 

 

  • Oui, nous trébuchons : néanmoins, malgré nos chutes, Rabbi Na’hman de Breslev nous encourage de toujours recommencer et de ne jamais abandonner comme il est dit : « Lorsqu'une personne tombe de son niveau spirituel, elle doit savoir que c'est divinement ordonné et c'est parce qu'être repoussé est en réalité, le début pour se rapprocher. Il est donc tombé, afin de se motiver à se rapprocher de D.ieu. Le conseil pour lui est de recommencer, d'entrer au service de D.ieu comme s'il n'avait jamais commencé auparavant. Il s'agit d'une règle très importante au service de D.ieu : littéralement chaque jour, les gens doivent recommencer. Combien il est important qu'une personne se renforce dans le service divin et qu’elle ne se décourage pas à cause de quoi que ce soit dans le monde, mais recommence toujours ! Étudiez bien ce sujet et il vous plaira à jamais. » (Torah n°261 du Likouté Moharan I)

 

 

  • souvent tous : il est enseigné dans toutes les téfilots Juives : « Nous ne sommes pas effrontés et obstinés pour dire devant toi, Éternel notre D.ieu et D.ieu de nos pères, que nous sommes des justes et que nous n’avons pas fauté. Au contraire, nous avons fauté, péché et t’avons offensé nous et nos pères et les membres de notre maison : nous avons été coupables, nous avons trahi, nous avons volé, nous avons médit et calomnié nous avons détourné, nous avons fait le mal, nous avons fauté avec préméditation, nous avons été violents, nous avons mêlé le mensonge et la fourberie, nous avons donné de mauvais conseils ; nous avons menti, nous avons été coléreux, nous avons raillé, nous nous sommes révoltés, nous avons été rebelles à tes paroles, nous avons outragé ; nous nous sommes dépravés ; nous avons péché, nous t’avons outragé. Nous avons altéré, nous t’avons été hostiles ; nous avons affligés père et mère, nous avons été entêtés, nous avons fait le mal ; nous nous sommes corrompus, nous avons commis l’abominable, nous nous sommes fourvoyés et nous nous sommes raillés, nous nous sommes égarés de tes mitsvot et de tes lois de droiture et cela ne nous a rien rapporter, et toi tu es juste dans tout ce qui s’abat sur nous car tu fais la vérité tandis que nous avons commis le mal. » (Vidouï contenu dans les différents Sidourim) 

 

 

  • Si quelqu’un ne trébuche pas en paroles, c’est un homme parfait : de là, on apprend que celui qui ne fait pas de lachon hara est un homme parfait ; par conséquent, c’est sur ce domaine en particulier, où nous devons investir toute notre énergie. De même, il était également connu que pour le Hafets ‘Haïm, la faute du lachon hara était due à deux phénomènes : la tromperie du yetser hara face aux paroles que nous prononçons et la méconnaissance des lois régissant le langage. Ce dernier constat a mené à l’abandon de la mitsva et de l’étude de ses lois ; c’est pourquoi, le Hafets Haïm a édité un livre regroupant les lois sur le lachon hara et la rékhilout [le colportage] nommé le Chémirat HaLachon.

 

 

  • capable aussi de tenir en bride tout le corps : selon les dires de Yaakov HaTsadik, maîtriser les lois du langage afin de ne pas faire de lachon hara ou autres, est la clé nous permettant de maîtriser tous nos autres penchants. Ailleurs, il est également enseigné : « Si l'homme savait combien ça lui coûte d'ouvrir sa bouche, il s’abstiendrait de l'ouvrir car en réalité, l'homme ne se créé des problèmes qu’avec ses paroles et ​c'est pourquoi, il ne faut exprimer que du bien ! » (Rav Avraham Ifra’h)

 

 

 

 

 

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3.     Si nous mettons des mors dans la bouche des chevaux afin qu’ils nous obéissent, nous conduisons tout leurs corps.

 

 

  • Si nous mettons des mors dans la bouche des chevaux : le Chef de la Kéhila de Jérusalem, notre Maître Yaakov HaTsadik, est ici entrain de parler un langage bien plus simple afin que tout Nazaréen puisse comprendre son enseignement. En effet, lorsqu'il parle des chevaux, il est bien évident que Yaakov utilise l'exemple le plus accessible pour l'auditoire ; cette attitude est très courante chez les Apôtres comme il est dit : « Nous avons beaucoup à dire là-dessus, et des choses difficiles à expliquer, parce que vous êtes devenus lents à comprendre. » (Hébreux 5 :11) ou encore du Rabbi comme il est dit : « C'est par beaucoup de paraboles de ce genre qu'il leur annonçait la parole, selon qu'ils étaient capables de l'entendre. » (Marcos 4 :33) 

 

 

  • afin qu’ils nous obéissent, nous conduisons tout leurs corps : il est connu que le mors est un dispositif, le plus souvent en acier, qui est placé dans la bouche d'un cheval sur les barres et qui, par l'intermédiaire des rênes, permet de le conduire. L'exemple du mors doit inspirer du Nazaréen afin qu'il puisse se détourner du lachon hara et mettant justement, un mors à sa bouche. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4.     Considérez aussi les navires. Si grands soient-ils, poussés par vents forts, un tout petit gouvernail les dirige là où le veut l’impulsion du pilote.


 

  • Considérez aussi les navires : en plus de l'exemple du cheval, Yaakov continue par l'exemple d'un bateau lequel est dirigé par un plus petit gouvernail. En effet, il est également connu que pour diriger un bateau dans la direction souhaitée, il suffit de tourner la roue du gouvernail ou de manœuvrer la barre.

 

 

  • Si grands soient-ils, poussés par vents forts : en référence aux pulsions de la chair, dirigées par notre Yetser Hara ; à ce sujet, nous pouvons nous inspirer de Yossef qui parla négativement de ses frères à son père Yaakov, les amenant à le détester. En effet, son lachon hara conduisit à ce qu’ils le vendent ; ce qui, à terme, entraîna l’exil en Égypte. (Béréshit Rabba 84 :7) 

 

 

  • un tout petit gouvernail les dirige : dans le langage de Yaakov, le petit gouvernail représente la langue et à ce sujet, nous pourrons relever qu'au début, selon Rachi, Moshé s'est demandé en quoi les Juifs avaient mérité un esclavage aussi difficile en Égypte ? Quand il entendit qu’il y avait parmi eux des délateurs, il s'est dit qu’il comprenait pourquoi ils méritaient ce sort. (Rachi sur Shemot 2 :14) et de même, il est enseigné : « C’est la calomnie de Juifs par des Juifs qui entraîna la destruction du Second Temple. » (Guittin 55b-56a)

 

 

  • là où le veut l’impulsion du pilote : dans le même élan que Yaakov HaTsadik, il est enseigné par le Rav Lugassy : « Chaque mot a un sens bien précis et chaque mauvaise parole prononcée sur autrui suscite une accusation au Ciel, aussi bien sur celui qui parle que sur celui dont on parle. Arrêtons-nous avant de prononcer n’importe quelle parole sur les autres et réfléchissons un instant : serions-nous d’accord que quelqu’un parle de nous de la même manière ? » (Rav Yaakov Israël Lugassy) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5.     Ainsi en est-il de la langue : c’est un petit membre, mais elle se glorifie de grands effets. Et voilà, comme tel feu incendie telle forêt.


 

  • Ainsi en est-il de la langue : c’est un petit membre : comme il est dit par le Roi Shlomo : « La langue des sages rend la science aimable, et la bouche des insensés répand la folie. » (Mishlei 15 :2) ou encore : « La langue douce est un arbre de vie, mais la langue perverse brise l'âme. » (Mishlei 15 :4) 

 

 

  • mais elle se glorifie de grands effets : le lachon hara, soit la médisance, est un des péchés qui fut la cause de nombreuses tragédies pour le peuple Juif et pour le monde entier et ce, depuis le début de l’histoire comme il est raconté dans un Midrash que le serpent calomnia D.ieu auprès de 'Hava pour la convaincre de manger de l’arbre de la connaissance. (Béréshit Rabba 19 :4) 

 

 

  • Et voilà, comme tel feu incendie telle forêt : comme nous l'avons compris, la langue peut également incendier le monde entier comme il est dit : « La mort et la vie sont au pouvoir de la langue ; quiconque l'aime en mangera les fruits. » (Mishlei 18 :21) ou encore : « Celui qui veille sur sa bouche et sur sa langue préserve son âme des angoisses. » (Mishlei 21 :23) 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6.     la langue aussi est un feu, un univers d’injustice. La langue se tient en nos membres. Elle souille tout le corps, elle enflamme le cours de la nature, enflammée qu’elle est par la géhenne.

 

 

  • la langue aussi est un feu, un univers d’injustice : car notre langue est remplie de lachon hara, un péché dont les conséquences sont extrêmement graves.

 

 

  • La langue se tient en nos membres : la langue est liée avec notre corps tout entier.

 

 

  • Elle souille tout le corps, elle enflamme le cours de la nature : et effectivement, la faute du lachon hara est la cause de notre exil. En plus d’être aussi grave que les trois fautes capitales [le meurtre, l’idolâtrie et l’adultère] réunies, et dès qu’une personne prononce des paroles de lachon hara, l’ange accusateur se réveille et provoque de grandes catastrophes et destructions au sein du peuple Juif. (Rav Perets Bouhnik, basé sur les enseignements du Hafets Haïm)

 

 

  • enflammée qu’elle est par la géhenne : comme il est enseigné : « Il existe trois péchés capitaux pour lesquels l’homme est puni ici-bas et pour lesquels, il n’aura pas droit au Olam Haba : l’idolâtrie, les relations interdites et le meurtre. Lorsqu’une personne s’habitue à dire régulièrement du lachon hara, sa faute équivaut à la transgression simultanée des trois fautes capitales. » (Lois de Chémirat HaLachon du ‘Hafets Haïm, chap. 1, Halakha 4)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7.     Oui, toute une nature de bêtes sauvages, d’oiseaux, de reptiles, de bêtes marines, est domptée et fut domptée par la nature de l’homme.

 

  • Oui, toute une nature de bêtes sauvages, d’oiseaux : il est enseigné par le Rav Gabriel Dayan : « La supériorité de l’homme sur l’animal est le fait qu’à sa naissance, l’homme est comparé à un âne sauvage étant le symbole de l’ignorance, du vide et du néant. (Iyov 11 :12). Comment est-ce possible ? Car la supériorité de l’homme sur l’animal tient à ce qu’il fasse disparaître le « ayin » [soit la nullité] qui se trouve en lui. L’animal n’a aucune obligation de se parfaire et de combler ses manques. L’homme, par contre, a le devoir et l’obligation d’investir toute son existence vers ce but, et tout son mérite ne réside que dans les efforts qu’il fournira pour se différencier de l’animal. » (Rav Gabriel Dayan, basé sur Kohélet, édition Oz Véhadar, partie Kaftor Vaféra’h, p. 30)


 

  • de reptiles, de bêtes marines : le Rav Dayan nous a également rapporté au nom du Meam Loez que : « L’homme, par ses actions, peut et doit accéder à un très haut niveau tandis que l’animal retournera à la terre et deviendra poussière. » (Meam Loez sur Qohèleth 3 :18-19)

 

  • est domptée et fut domptée par la nature de l’homme : Rabbi ‘Haïm David Azoulay nous enseigne que le mot « ayin » est formé des lettres initiales des mots « amira, yédia et néchama. » Pour quelle raison ? Car la supériorité de l’homme sur l’animal réside dans le fait qu’il possède la faculté de parler [amira], qu’il a conscience de la nature de ses actes étant donné qu'il réfléchit [yédia] et qu’il possède une néchama, soit une étincelle divine lui permettant de vivre et de faire le bien. Sans cela, le monde ne serait que vanité. (Rabbi ‘Haïm David Azoulay dans ‘Homat Anakh, chap. 3, 19)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8.     Mais la langue, personne ne peut la dompter ; fléau instable, elle est pleine de poison mortel.
 

 

  • Mais la langue, personne ne peut la dompter : de ces paroles, on comprend que le lachon hara est très difficile à travailler. 


 

  • fléau instable : et pourtant, l’interdiction de dire du lachon hara figure dans le même verset où est mentionnée l’obligation de sauver la vie de son prochain. (Vayikra 19 :16) ; d'ailleurs, le Rav Moché Alchikh et le Rav Hirsh expriment très clairement que si cette interdiction est écrite dans le Sefer Vaikyra à cet endroit précis, c’est bien pour nous apprendre la gravité de cette faute. (Rabbi Moché Alchikh ; Rav Shimshon R. Hirsh sur Vayikra 19 :16)

 

 

  • elle est pleine de poison mortel : le châtiment pour cette faute n’épargne personne, même la sœur de Moshé Rabbénou a été sévèrement punie pour cela comme il est dit : « La nuée se retira de dessus la tente. Et voici, Myriam était frappée d'une lèpre, blanche comme la neige. Aaron se tourna vers Myriam ; et voici, elle avait la lèpre. Alors Aaron dit à Moshé : De grâce, mon seigneur, ne nous fais pas porter la peine du péché que nous avons commis en insensés, et dont nous nous sommes rendus coupables ! Oh ! qu'elle ne soit pas comme l'enfant mort-né, dont la chair est à moitié consumée quand il sort du sein de sa mère ! Moshé cria à l'Éternel, en disant : O D.ieu, je te prie, guéris-la ! » (Bamidbar 12 :10-13)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9.     Par elle nous bénissons IHVH-Adonaï, le père ; et par elle nous maudissons les hommes, qui sont faits à la similitude d’Elohîms.


 

  • Par elle nous bénissons IHVH-Adonaï, le père : par nos téfilot, ou nos brakhot.


  • et par elle nous maudissons les hommes : et pourtant, il est enseigné : « Hashem aime la paix. Celui qui dit du lachon hara provoque des querelles. Par conséquent Hashem déteste celui qui dit du lachon hara ou du mal des autres. » (Midrash Rabba sur Vayikra, chap. 16)

 

 

  • qui sont faits à la similitude d’Elohîms : comme il est dit : « D.ieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de D.ieu, il créa l'homme et la femme. » (Béréshit 1 :27) ou encore : « Si quelqu'un verse le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé ; car D.ieu a fait l'homme à son image. » (Béréshit 9 :6) 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

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10.     De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction. Il ne convient pas, mes frères, qu’il en soit ainsi.

 

 

  • De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction : du lachon hatov [de bonnes paroles] et du lachon hara [de mauvaises paroles].


 

  • Il ne convient pas, mes frères, qu’il en soit ainsi :  il est clair qu'Hashem a créé le peuple Juif pour qu'il le loue et sanctifie son nom par le moyen de la téfila, de l'étude de la Torah et des mitsvot. La bouche est l'ustensile principal qui nous permettra d'arriver à cet objectif ; de ce fait, une « bouche propre » pourra propulser chaque mot dirigé vers Hashem jusqu'au Trône céleste. En revanche, une « bouche sale » qui profère des paroles rabaissantes, blessantes ou mensongères abimera les mots prononcés dans la téfila qui n'aura pas le pouvoir de les faire monter vers le Ciel ! En fait, purifier sa bouche est le secret de l’acceptation de nos prières ! (Propos de la Rabbanite Gaëlle Berdugo) 


 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11.     Une source, du même trou, fait-elle couler le doux et l’amer ?

 

 

  • Une source, du même trou : de la langue de l'homme. 

 

  • fait-elle couler le doux : du lachon hatov, soit le fait d'émettre des paroles positives. 

 

  • et l’amer : du lachon hara et à ce sujet, il est enseigné : « Celui qui dit du mal de l’autre dépasse en méchanceté l’auteur de n’importe quelle autre faute. » (Midrash Rabba sur Vayikra, chap. 16)

 

 


 


 

 

 

 

 

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12.     Un figuier, mes frères, produit-il des olives, ou une vigne, des figues, ou l’eau salée fait-elle de la douce ?


 

  • Un figuier, mes frères, produit-il des olives : en conclusion, un « homme bon » ne fait pas de lachon hara comme il est enseigné par le Rabbi : « Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. » (Matityahou 7 :17-20) 

 

 

  • ou une vigne, des figues : comme il est également enseigné par le Rav Shalom Arush : « Lorsque l’homme veut parler ou écouter du lachon hara, c’est le signe pour lui de savoir qu’il ne s’est pas encore approché du début du chemin dans son travail personnel sur ses mauvais caractères, a fortiori qu’il ne s’est pas approché du service divin. » (Rav Shalom Arush)

 

 

  • ou l’eau salée fait-elle de la douce : le Rav Arush précise aussi : « La faute du lachon hara comprend toutes les sortes de haines, de jalousies, de concurrence, de disputes etc.... Notre place doit être juste de savoir que chaque Juif, peu importe qui il est, tant qu’il a un lien avec la foi et le Judaïsme, doit être joyeux toute sa vie même s'il n’a accompli qu’une seule mitsva, a fortiori celui qui vit une vie de Torah et de mitsvot tout le temps. » (Rav Shalom Arush) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13.     Qui est sage et savant parmi vous ? Qu’il manifeste, par une belle conduite, ses œuvres, dans l’humilité de la sagesse.

 

 

  • Qui est sage et savant parmi vous : pour atteindre la véritable « « hokhma », nous devons imiter notre Mashiah lequel fut trouvé parfait devant Hashem mais également notre Maître Yaakov puisqu’il a autrefois, été élu par le Rabbi comme « Chef » de la Kéhila Nazaréenne ; et selon plusieurs sources historiques, Yaakov était considéré en Israël comme un grand Tsadik et au sujet de sa hitbodedout personnelle, il est même relaté qu’il entrait seul dans le Temple et qu’on l’y trouvait souvent à genoux entrain de prier. En fait, on dit même que la peau de ses genoux était devenue dure comme « celle des chameaux » parce qu’il était constamment prosterné adorant D.ieu et demandant pardon pour le peuple. Son éminente justice le faisait appeler par son entourage « le Juste » [soit « Yaakov HaTsadik » en hébreu] et le rempart du peuple. (Eusèbe de Césarée, chap. 13 de l’Histoire ecclésiastique II)

 

 

  • Qu’il manifeste, par une belle conduite, ses œuvres : comme il est enseigné : « Chacun doit accepter le joug du Ciel et des commandements sur lui-même, en tant que serviteur. Tel est le sens du verset : « Ils sont mes serviteurs, comme il est aussi écrit : Israël en qui je suis glorifié. » (Yeshayahou 49 : 3). En effet, il faut aussi savoir que c'est une gloire pour Hashem lorsque Israël accepte la servitude envers lui, bien qu'il soit ses enfants car ce n'est pas seulement un éloge pour Israël mais c'est aussi un véritable témoignage pour le Créateur. (…) De même, de façon quotidienne, on doit accepter le joug du Ciel en tant que serviteur et nous mériterons ainsi, de recevoir la Torah en tant qu'enfant, chacun selon son niveau. » (Akéda Its’hak 67 : 6)

 

 

  • dans l’humilité de la sagesse : dans le Likouté Moharan, il est également enseigné : « Grâce à l'humilité, on arrive à se dévêtir de la matérialité, et on s'inclut dans l'Infini, et l'homme sait que tous les événements de sa vie sont entièrement pour son bien ; cet aspect est celui du monde à venir. » (Likouté Moharan, Torah 9-1) et ailleurs : « Plus l'homme se diminue lui-même, plus il possède une force d'attraction importante ; autrement dit, il peut attirer la Présence Divine dans les mondes inférieurs, afin qu'Hashem réside avec nous, ce qui est la volonté de D.ieu depuis le jour où il créa le monde ; mais il peut aussi attirer les gens vers lui, pour les rapprocher de son service ; également drainer des influx bénéfiques et des bénéfiques sur Israël. » (Likouté Moharan, Torah 70)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14.     Mais si vous avez au cœur amère jalousie, rivalité, ne triomphez pas, ne mentez pas contre la vérité.

 

 

  • Mais si vous avez au cœur amère : du grec « pikros » signifiant : amer, rude ; le mot est employé pour témoigner d'une saveur désagréable, aigre ; ou encore pour parler d’une personne ayant des ressentiments.

 

 

  • jalousie : comme il est enseigné : « La Guémara Yéroushalmi (Yoma 1 :1) précise que « le péché de jalousie » qui a prévalu à l'époque du 2ème Temple, causa plus de destruction que les péchés en lien avec le 1er Temple. L'ennemi n’a détruit que le toit du 1er Temple tandis que les murs sont restés debouts ; le 2ème Temple en revanche, fut entièrement dévasté jusqu'à ses fondations ainsi qu'il est dit : « Rasez-le ! Rasez-le ! Jusqu'à ses fondations. » (Téhilim 137 :7) » (Rav Issakhar Teichtal)

 

 

  • rivalité : comme il est enseigné par le ‘Hafets ‘Haïm : « Si chaque Juif aimait réellement son prochain, chacun jouirait d'une abondance supplémentaire.En effet, rien n'est trop difficile pour D.ieu, et il ne fait aucune différence pour D.ieu qu'il se trouve une myriade de Juifs ou quelques-uns sur terre, car il nourrit chacun et donne à chacun ce dont il a besoin. (…). Quand la Création trouve-t-elle grâce aux yeux de D.ieu ? Quand les membres du peuple Juif sont liés les uns aux autres, qu'il ne règne pas de jalousie, de haine et de rivalité entre eux et que chacun pense au bien et à la réussite de son prochain. Dans ce cas, D.ieu est heureux de sa Création ; et il est dit : D.ieu se réjouit de ses œuvres. » (‘Hafets ‘Haïm dans Zékhor léMyriam)

 

 

  • ne triomphez pas, ne mentez pas contre la vérité : au contraire, tout Nazaréen authentique se doit d’avancer dans la Torah et de s’améliorer [dans les voies de la sainteté] afin de devenir un homme bon, doux et généreux envers autrui. En effet, Yaakov vient de prouver que c’est seulement dans une bonne conduite que doit se manifester la vraie sagesse ; celle-ci produit des œuvres, faites avec la douceur qu’elle inspire et qui contraste avec le zèle amer qu’il a complétement dénigré dans ce chapitre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15.     Cette sagesse ne vient pas d’en haut ; elle est terrestre, psychique, démoniaque.

 

 

  • Cette sagesse ne vient pas d’en haut : et selon Shaoul, il est également enseigné : « Car toute la Torah est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Galates 5 :14) et toujours dans le même élan, Rabbi Akiva a déclaré : « C'est le principe fondamental de la Torah. » (Torath Cohanim ; Yéroushalmi, Nedarim 30b) ; comme nous l’avons souligné dans les commentaires précédents, la véritable sagesse divine soit s’incarner dans des actes concrets, humbles et généreux envers autrui.

 

 

  • elle est terrestre : comme l’a expliqué Yaakov, la vraie sagesse vient d’Hashem, elle est un don par lequel D.ieu se manifeste ; la fausse sagesse, dont se vante l’homme par orgueil, est « terrestre » car elle est liée au monde matériel. 

 

 

  • psychique, démoniaque : comme on peut le constater, les Nazaréens ont reçu de véritables enseignements dignes de l’école Juive de Beit Hillel. En effet, Hillel HaZaken avait autrefois enseigné : « Ce que tu ne voudrais pas que l'on te fît, ne l'inflige pas à autrui. C'est là toute la Torah, le reste n'est que commentaire. Maintenant, va et étudie. » (Shabbat 31a) et au Mashiah d’enseigner de la même façon : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux car c'est la Torah et les Prophètes. » (Matityahou 7 :12) ; en d’autres termes, dans le langage de Yaakov HaTsadik, il n’est pas du tout censé y avoir de « l’animosité » au sein des communautés Nazaréennes mais au contraire, on doit y trouver de l’humilité et beaucoup d’amour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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16.     Oui, là où est la jalousie, la rivalité, là est aussi l’instabilité et tout acte vil.

 

 

  • Oui, là où est la jalousie : du grec « zelos » signifiant : agitation de l’esprit, jalousie, rivalité, ou encore un sentiment d’envie accompagné souvent d’hostilité comme il est dit : « Les Juifs, voyant la foule, furent remplis de jalousie [zelos], et ils s'opposaient à ce que disait Shaoul, en le contredisant et en l'injuriant. » (Actes 13 :45). Au sujet de la jalousie, il est enseigné par le Rav Shalom Arush : « Toute jalousie que l’homme éprouve dans ce monde, doit l’éveiller à comprendre combien il est éloigné de son authentique finalité, que ses aspirations ne concernent que ce monde-ci, l’entraînant à vouloir toujours plus et à envier ce que possède son prochain. Le succès d’autrui lui fait mal au cœur. Il jalouse la voiture de l’autre, son appartement, son argent, sa sagesse, etc… (…) Le manque de foi en est la cause car celui qui possède la foi est heureux de son lot, ne jalouse pas ce qui appartient à autrui et n’est jamais désolé de ses manques, il sait que chacun possède sa propre mission et sa propre épreuve. (…) Celui qui possède la foi, accepte la providence avec joie, il ne jalouse personne et s’occupe de son travail spécifique, avec les instruments qu’Hashem lui a donné. » (Rav Shalom Arush)

 

 

  • la rivalité : du grec « eritheia » signifiant : esprit de dispute, esprit de parti, ou encore « monter une cabale » contre une personne ; le terme peut être aussi assimilé au sectarisme comme il est dit : « Ne faites rien par esprit de parti [eritheia] ou par vaine gloire, mais que l'humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. » (Philippiens 2 :3)

 

 

  • là est aussi l’instabilité et tout acte vil : lorsqu’un esprit de dispute est présent, il y a du désordre et toutes sortes de mauvaises actions. Dans le même élan, nous citerons le Likouté Moharan lequel témoigne des disputes au temps du Talmud : « Dans le Talmud, il est rapporté qu’une fois, il y avait un tel conflit dans une salle d'étude que dans un trop plein de colère, on a déchiré un rouleau de la Torah. Le Rav Yosi ben Kisma a déclaré : « Cela me surprendrait si cette maison ne devenait pas un lieu d'idolâtrie. » (Yévamot 96b). Ainsi, nous pouvons en conclure, que le différend mène à l'idolâtrie et à l'hérésie… Voici ce qui est également écrit : « Ils ont conçu le mal dans leur cœur, provoquant tout le temps des guerres. » (Téhilim 104 :2) et à cause des guerres, à savoir des disputes ; ils ont imaginé le mal dans leur cœur. Cela amène à de mauvaises pensées, à savoir l'hérésie, comme expliqué. » (Torah n°251 du Likouté Moharan I)

 

 

 

 

 

 

 

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17.     Mais la sagesse d’en haut est premièrement pure, puis paisible, patiente, soumise, pleine de merci et de bons fruits, sans incertitude, non feinte.

 

 

  • Mais la sagesse d’en haut est premièrement pure : du grec « hagnos » signifiant : pure, digne de révérence, propre, vénérable, sacrée, chaste comme il est dit : « Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui-même est pur [hagnos]. » (1 Yohanan 3 :3)

 

  • puis paisible : du grec « eirenikos » signifiant : un trait caractéristique de la paix, paisible, pacifique, salutaire comme il est dit : « Il est vrai que tout châtiment semble d'abord un sujet de tristesse, et non de joie ; mais il produit plus tard pour ceux qui ont été ainsi exercés un fruit paisible [eirenikos] de justice. » (Hébreux 12 :11)

 

  • patiente : du grec « epieikes » signifiant en réalité : douce, indulgente, modérée, équitable, ou encore belle comme il est dit : « Que votre douceur [epieikes] soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. » (Philippiens 4 :5)

 

  • soumise : du grec « eupeithes » signifiant aussi : conciliante, accommandante comme il est traduit dans cette version : « La sagesse d'en haut est premièrement pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante [eupeithes], pleine de miséricorde et de bons fruits. » (Yaakov 3 :17) 

 

 

  • pleine de merci : du grec « eleos » signifiant : miséricorde, bonté comme il est dit : « Allez, et apprenez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde [eleos], et non aux sacrifices. Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. » (Matityahou 9 :13)

 

  • et de bons fruits : de toute façon, nos Sages nous ont enseigné que celui qui n’est pas le serviteur d’Hashem devient de toute façon, l’esclave de son Yetser Hara ; en cela, il se prive de ce monde-ci et du monde futur. Par conséquent, nous devons donc nous réjouir d’avoir été choisis pour servir le Maître du monde, afin de mériter de jouir de ce monde-ci et de l’autre. Ailleurs, il a été également enseigné par le Rabbi de Loubavitch : « En indiquant au peuple Juif que les enfants d’Israël étaient ses serviteurs, Hashem nous donna la force et la capacité pour accomplir notre mission divine. Le Juif qui se souvient qu'il est le serviteur de D.ieu sera libéré de son exil personnel et sera élevé au-dessus des contraintes du monde physique. Par ailleurs, il hâtera la libération de tout le peuple Juif de cet exil. Puissions-nous la vivre immédiatement. Amen. » (Likouté Si’hot du Rabbi de Loubavitch)

 

 

  • sans incertitude : du grec « adiakritos » signifiant : une absence de duplicité, soit de fausseté ou de « double-jeu » comme il est traduit dans cette version : « La sagesse d'en haut est (…) exempte de duplicité [adiakritos] et d'hypocrisie. » (Yaakov 3 :17)

 

 

  • non feinte : du grec « anupokritos » signifiant : non-feinte, non-déguisée, loin de toutes formes d’hypocrisie, ou tout simplement remplie de sincérité comme il est dit : « Que l’amour soit sans hypocrisie [anupokritos]. Ayez le mal en horreur ; attachez-vous fortement au bien. » (Romains 12 :9)

 

 

 

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18.     Le fruit de justice se sème dans la paix pour les bâtisseurs de la paix.

 

 

  • Le fruit de justice : le « fruit de justice » est le fruit de la sagesse décrite par Yaakov dans les versets précédents comme il est également enseigné dans le Tanakh : « L'œuvre de la justice sera la paix, et le fruit de la justice le repos et la sécurité pour toujours. » (Yeshayahou 32 :17). En fait, la paix et la justice ne sont pas dissociées dans le Judaïsme, et elles sont encore moins antagonistes, elles vont plutôt la main dans la main comme il est également dit : « Les montagnes porteront la paix pour le peuple, et les collines aussi, par l'effet de ta justice. » (Téhilim 72 :3) ou encore : « La justice et la paix s'embrassent. » (Téhilim 85 :10)

 

 

  • se sème dans la paix : procurer la paix est, de la part d’un Nazaréen, simplement de « la justice pratique » lequel produira « un fruit de la justice » en sa saison comme il est dit : « Semez selon la justice, moissonnez selon la miséricorde, défrichez-vous un champ nouveau ! » (Hoshéa 10 :12) ou encore : « Celui qui sème la justice a un salaire véritable. » (Mishlei 11 :18)

 

 

  • pour les bâtisseurs de la paix : en d’autres termes, la sagesse n’est jamais marquée par un « esprit batailleur » ; ailleurs, il est également enseigné : « Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de D.ieu ! » (Matityahou 5 :9)