CHAPITRE 2

Le chapitre est complet, tous les versets sont disponibles

a898170403d6c1e14f37a5cc4e582f1b.png

COMMENTAIRES 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1.     Mes frères, sans faire acception de personne, ayez l’adhérence à notre Adôn Iéshoua‘, le messie de gloire.

 

 

  • Mes frères, sans faire acception de personne : comme il est dit : « Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de D.ieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur du Mashiah. » (Galates 1 :10) ou encore : « D.ieu nous a jugés dignes de nous confier l'Évangile, ainsi nous parlons, non comme pour plaire à des hommes, mais pour plaire à D.ieu, qui sonde nos cœurs. (1 Thessaloniciens 2 :4)

 

  • ayez l’adhérence à notre Adôn Iéshoua‘ : le but étant d’être accrochés de toutes ses forces, au Tsadik de vérité.

 

  • le messie de gloire : dans la bouche de Yaakov, il est clair qu’il s’agit d’une référence précise à la dimension du « Mashiah ben David » présente en Yeshoua ; celle-ci étant prête à se dévoiler bientôt et de nos jours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

2.     Oui, si un homme entre dans votre synagogue avec une bague d’or, un habit splendide, et qu’entre aussi un pauvre en haillons.

 

 

  • Oui, si un homme entre dans votre synagogue : comme on peut le constater, les premiers Nazaréens se rendaient au Temple de Jérusalem, se retrouvaient dans les « maisons » pour « rompre le pain » et fréquentaient, bien évidemment, les synagogues. Ailleurs, concernant les Nazaréens d’origine non-Juive, il est bien précisé dans le Livre des Actes : « C'est pourquoi je suis d'avis qu'on ne crée pas des difficultés à ceux des non-Juifs qui se tournent vers D.ieu, mais qu'on leur écrive de s'abstenir des souillures des idoles, de l'impudicité, des animaux étouffés et du sang. Car, depuis bien des générations, Moshé a dans chaque ville des gens qui le prêchent, puisqu'on le lit tous les jours de Shabbat dans les synagogues. » (Actes 15 :19-21). Malheureusement, comme on le sait, au bout d’un certain temps, les Nazaréens en furent exclus lorsqu’ils se déclaraient officiellement comme « Nazaréens » ou qu’ils été reconnus comme tels comme il est dit : « Mettez-vous en garde contre les hommes (…) ; ils vous battront de verges dans leurs synagogues. » (Matityahou 10 :17) ou encore : « Cependant, même parmi les chefs, plusieurs crurent en lui ; mais, à cause des pharisiens, ils n'en faisaient pas l'aveu, dans la crainte d'être exclus de la synagogue. » (Yohanan 12 :42) ou encore : « Ils vous excluront des synagogues ; et même l'heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à D.ieu. » (Yohanan 16 :12)

 

 

  • avec une bague d’or, un habit splendide : en référence aux hommes riches.

 

 

  • et qu’entre aussi un pauvre en haillons : le Rav Arush nous a partagé de multiples enseignements nous permettant de mieux comprendre l’épreuve des pauvres : « L’homme qui traverse l’épreuve de la pauvreté avec la foi, en constatant que la Providence divine particulière est à ses côtés et en croyant que c’est pour son bien, n’éprouve évidemment aucune jalousie envers son prochain et à plus forte raison, ne convoite pas sa richesse. Il sait clairement que si le Créateur ne la lui donne pas, c’est pour son bien éternel et que c’est le seul moyen pour se rapprocher du Saint Béni soit-Il et réparer ce qui est nécessaire. De plus, celui qui vit selon sa finalité et trouve son but dans la vie, ne manque de rien. Sa vie est pleine de contenu et de richesse intérieure, il n’observe donc pas les autres. » (Rav Shalom Arush) et ailleurs : « Lorsqu’un homme subit l’épreuve de la pauvreté, l’intention du Créateur est qu’il se soumette à lui, qu’il multiplie ses prières, qu’il apprenne à ne dépendre que du Créateur et à lui faire entièrement confiance. Ainsi, l’homme pourra se rapprocher de lui et mériter de nombreux bienfaits, mille fois plus élevés que la richesse, comme la foi, le complet repentir, la sagesse, des enfants justes, etc… » (Rav Shalom Arush)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

3.     si vous regardez celui qui porte l’habit splendide en disant : Toi, assieds-toi ici confortablement, et au pauvre : Toi, tiens-toi debout là, ou assieds-toi sous mon escabelle.

 

  • si vous regardez celui qui porte l’habit splendide : il est enseigné au sujet des hommes riches par le Rav Ron Chaya : « Si on s’enrichit, on commence forcément à être en grand danger ; l’argent donne du pouvoir et des honneurs ; on peut commencer à se prendre pour quelqu’un alors qu’on n’est réellement en rien supérieur à un pauvre. Ce n’est pas l’argent qui donne une indication sur la valeur humaine d’une personne, au contraire. À partir du moment où on s’habitue aux honneurs, on devient orgueilleux. De plus, tout cela entraîne à profiter beaucoup plus des plaisirs de ce monde, et toutes ces choses sont des choses qui nous éloignent beaucoup d’Hashem et de son service. » (Rav Ron Chaya)

 

  • en disant : Toi, assieds-toi ici confortablement : dans le souci de « plaire » et ce, pour notre intérêt individuel ou collectif. Or, il est clairement enseigné dans la tradition Juive que chaque être humain mérite le même respect, qu'il soit fortuné ou non. (Pirké Avot 4 :1 ; 4 :3 ; 4 :15)

 

  • et au pauvre : Toi, tiens-toi debout là : le seul motif étant l’argent… À ce sujet, le Rabbi et ses Apôtres ne se sont pas montré « tendres » comme il est dit : « Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre ; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir D.ieu et Mamon. » (Matityahou 6 :24) ou encore : « Car l'amour de l'argent est une racine de tous les maux ; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments. » (1 Timotheos 6 :10)

 

  • ou assieds-toi sous mon escabelle : en fait, le mépris dont témoigne Yaakov est la conséquence directe d’un sentiment d'orgueil extrêmement grave puisqu'il s'agit d'un rejet d’une créature d’Hashem selon son statut social. À ce sujet, le Ramban nous a enseigné les vertus immenses de l'humilité et nous a également affirmé qu'il fallait considérer chaque être humain comme supérieur à soi. Conclusion, il n'y a aucune place à l'orgueil dans le Judaïsme et rien ne saurait justifier le mépris de l'autre pour des raisons sociales, financières ou autres. (Rav Emmanuel Boukobza)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

4.     ne les discriminez-vous pas, ne devenez-vous pas des juges aux pensées criminelles ?

 

 

  • ne les discriminez-vous pas : ne les différenciez-vous pas de façon injuste, avec un regard charnel ou pire, criminel ? Baroukh Hashem, nous avons un grand D.ieu comme il est dit : « Et l'Éternel dit à Shmouel : Ne prends point garde à son apparence et à la hauteur de sa taille, car je l'ai rejeté. L'Éternel ne considère pas ce que l'homme considère ; l'homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l'Éternel regarde au cœur. » (1 Shmouel 16 :7)

 

  • ne devenez-vous pas des juges aux pensées criminelles : lesquelles sont pures hérésies comme il est enseigné par le Rav Gabriel Dayan : « Les facultés de l'être humain permettant de juger ce qu'il voit et ce qu'il sait, sont assez limitées. » (Rav Gabriel Dayan). D'ailleurs, il est dit que la Shekhina était indispensable au sein des tribunaux rabbiniques, pour obtenir un jugement vrai, juste et équitable. (Brakhot 6a ; Sanhédrin 7a)

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

5.     Entendez, mes frères aimés : Elohîms n’a-t-il pas choisi les pauvres dans l’univers, riches en adhérence et héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment ?

 

 

  • Entendez, mes frères aimés : en référence aux Nazaréens.

 

  • Elohîms n’a-t-il pas choisi les pauvres dans l’univers : afin qu’ils puissent montrer au monde combien leur connexion avec le Ciel est incroyable comme il est rapporté dans certaines histoires de nos Maîtres : « On dit que la sandakaout [lors d’une brit-mila] favorise la richesse. Par conséquent, on demanda un jour au Steipler : Si c’est le cas, pourquoi le Rav n’est-il pas riche ? Le Rav a souvent été invité à être Sandak ! Le Steipler montra du doigt l’étagère de Livres où étaient rangés les ouvrages du Kéhilot Yaakov qu’il avait eu le privilège d’écrire et s’exclama : Et ça, ce n’est pas la richesse ? » ou encore : « On raconte que Rabbi Hillel de Kolmaï avait l’usage de poser sur la table du Séder les manuscrits de ses ‘hidouché Torah qu’il avait composés. Lorsqu’on l’interrogea sur le sens de cette coutume, il répondit : Il est fixé dans le Choul’han Aroukh que l’on doit dresser la table avec de la belle vaisselle selon ses moyens, et voici la « belle vaisselle » dont je dispose selon mes moyens. »

 

  • riches en adhérence : comme il est aisé de le comprendre de ces propos, le but de tout Nazaréen doit être d’être riche spirituellement parlant. Néanmoins, il est intéressant de relever l’avis du Rav Ron Chaya au sujet des riches et des pauvres : « L’épreuve de la richesse est pire que celle de la pauvreté, la raison en est très simple : Lorsqu’un quelqu’un est pauvre, il est dans le besoin et lève donc les yeux au Ciel. Ainsi, un pauvre est humble par définition. En revanche, un homme riche a forcément « moins » besoin d’Hashem dans sa vie. En effet, même s’il croit en lui et prie, il n’éprouve pas la nécessité d’implorer D.ieu car il n’est pas constamment dans le besoin contrairement à un pauvre. Par conséquent, il devient orgueilleux à cause des « salamalecs » qu’il reçoit des gens qui n’agissent ainsi que parce qu’il a de l’argent… De plus, si une personne de son entourage ou même dans la ville a besoin d’argent et qu’il manque de lui venir en aide, il en est responsable. En fait, être riche implique une très grande responsabilité car il faut donner énormément de tsédaka et rester humble. Ce sont les deux grandes épreuves de la richesse. » (Rav Ron Chaya)

 

  • et héritiers du royaume : en référence au Royaume Messianique lequel est partiellement décrit dans la Révélation de Yohanan.

 

  • qu’il a promis à ceux qui l’aiment : en référence aux talmidim du Rabbi comme il est dit : « Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. » (Romains 8 :37) ou encore : « Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de D.ieu ! » (1 Yohanan 3 :1)

 

 

 

 

 


 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

6.     Mais vous méprisez le pauvre ! Les riches ne vous oppriment-ils pas ? Ne vous traînent-ils pas devant les tribunaux ?

 

 

  • Mais vous méprisez le pauvre : la conduite de certains Nazaréens étaient en contra­dic­tion totale avec la Torah. En effet, D.ieu cherche par-dessus tout l’honneur du pauvre et pourtant, il était parfois déshonoré au milieu des communautés [certainement par les pro­cé­dés décrits dans les premiers versets du chapitre] comme il est dit : « Supposez, en effet, qu'il entre dans votre assemblée un homme avec un anneau d'or et un habit magnifique, et qu'il y entre aussi un pauvre misérablement vêtu ; si, tournant vos regards vers celui qui porte l'habit magnifique, vous lui dites : Toi, assieds-toi ici à cette place d'honneur ! Et si vous dites au pauvre : Toi, tiens-toi là debout ! ou bien : Assieds-toi au-dessous de mon marchepied, ne faites-vous pas en vous-mêmes une distinction et ne jugez-vous pas sous l'inspiration de pensées mauvaises ? » (Yaakov 2 :2-4)

 

 

  • Les riches ne vous oppriment-ils pas : Yaakov HaTsadik souhaite créer un contraste entre l’attitude des pauvres et celle des riches. Dans le même élan, au sujet des riches, il est enseigné par le Rav Arush : « L’épreuve de la richesse consiste à avoir beaucoup d’argent et d’influence, et pourtant, l’homme qui la subit doit toujours se souvenir de sa bassesse et savoir que la richesse ne lui appartient pas, mais qu’elle est déposée chez lui et qu’il n’a donc aucune raison de se croire supérieur aux autres. Il ne doit pas être avare, mais distribuer son argent aux autres, selon le commandement du Créateur. Le riche doit aussi savoir que des Cieux on lui donne le mérite d’accomplir de bonnes actions avec l’aide de l’argent qui lui a été confié par le Créateur : actions de bienfaisance, soutien de l’étude de la Torah, assurer sa diffusion, participer aux activités de rapprochement de la Torah auprès de ceux qui en sont éloignés et encore d’autres grandes et nobles actions. Il est aussi probable que dans une réincarnation précédente, il a accaparé de l’argent d’une manière incorrecte, et qu’on lui donne maintenant l’occasion de rendre cet argent à ses victimes. Par conséquent, il profitera de chaque occasion pour faire de la tsédaka et s’efforcera d’améliorer le sort de chaque personne qu’il rencontre et tant qu’on lui demande de l’argent, il le donnera avec bon cœur. Ainsi, il réparera tout ce qui est nécessaire en apaisant tout le monde et en se réconciliant avec ses accusateurs venus de ses précédentes réincarnations. » (Rav Shalom Arush)

 

 

  • Ne vous traînent-ils pas devant les tribunaux : cela fait certainement référence aux persécutions religieuses, peut-être de certains Saducéens réputés pour posséder les plus grandes richesses en Israël.  

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

7.     Ne blasphèment-ils pas le beau nom invoqué sur vous ?

 

 

  • Ne blasphèment-ils pas : les opposants au Mashiah sont considérés comme étant des « blasphémateurs » et à ce sujet, il est également enseigné dans la ‘Hassidout Breslev : « Celui qui parle contre le Tsadik, c'est réellement comme s’il parlait contre le Saint Béni soit-Il ; il est en outre appelé hérétique. » (Sihot Haran 38)

 

  • le beau nom invoqué sur vous : celui de notre Tsadik et Mashiah, Rabbi Yeshoua de Natzeret.

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

8.     Cependant, si vous accomplissez la tora royale selon l’Écrit : Tu aimeras ton compagnon comme toi-même, vous faites bien.

 

  • Cependant, si vous accomplissez la tora royale : et pourquoi est-elle appelée « royale » ? Car la Torah émane du Saint Béni soit-Il lequel est le Roi des rois, et le Seigneur des seigneurs. Lors de la parousie, nous verrons sa majesté de nos yeux comme il est dit : « Toute chair viendra se prosterner devant moi, dit l'Éternel. » (Yeshayahou 66 :23) ou encore : « Toutes les nations que tu as faites viendront se prosterner devant ta face, Seigneur, et rendre gloire à ton nom. » (Téhilim 86 :9) ou encore : « Toutes les extrémités de la terre penseront à l'Éternel et se tourneront vers lui ; toutes les familles des nations se prosterneront devant ta face. » (Téhilim 22 :7)

 

  • selon l’Écrit : Tu aimeras ton compagnon comme toi-même : comme il est dit dans la Torah : « Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l'Éternel. » (Vayikra 19 :18) ou encore dans la Lettre aux Galates : « Car toute la Torah est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Galates 5 :14)

 

  • vous faites bien : comment aimer notre prochain comme nous-mêmes ? Voici une réponse du Rav Yaakov Israël Lugassy : « Il faut également commencer par la notion du « lo lichma » soit le fait d’agir dans le but d’être aimé, respecté dans ce monde-ci et d’acquérir une bonne réputation. Quel est l’homme respecté ? Celui qui honore les autres ! L’homme débutera dans cet état d’esprit pour bénéficier de la promesse de D.ieu puis du « lo lichma », il parviendra au niveau du « lichma » l’amour n’ayant aucun intérêt. (Rav Yaakov Israël Lugassy) ; le Rav a également rajouté : « L’homme doit constamment monter de niveau pour avoir des intentions louables et réfléchir de cette façon : si mon prochain est un fils de D.ieu, Hashem l’aime et s’intéresse à lui. Du coup, en l’appréciant également, je serai le bien–aimé d’Hashem. Par conséquent, je dois enrichir mon amour envers ses créatures ! » (Rav Yaakov Israël Lugassy)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

9.     Mais si vous faites acception de personne, vous commettez une faute, vous êtes accusés par la tora comme transgresseurs.

 

 

  • Mais si vous faites acception de personne : une différence entre le pauvre et le riche comme évoqué précédemment.

 

  • vous commettez une faute : car bien évidemment, ce n’est pas le chemin d’Hashem lequel est pour tous comme il est dit : « Tu ne commettras point d'iniquité dans tes jugements : tu n'auras point égard à la personne du pauvre, et tu ne favoriseras point la personne du grand, mais tu jugeras ton prochain selon la justice. » (Vayikra 19 :15) ou encore : « Car l'Eternel, votre D.ieu, est le D.ieu des dieux, le Seigneur des seigneurs, le D.ieu grand, fort et terrible, qui ne fait point acception des personnes et qui ne reçoit point de présent. » (Devarim 10 :17)

 

  • vous êtes accusés par la tora comme transgresseurs : comme il est écrit dans la Torah : « Vous n'aurez point égard à l'apparence des personnes dans vos jugements ; vous écouterez le petit comme le grand ; vous ne craindrez aucun homme, car c'est D.ieu qui rend la justice. Et lorsque vous trouverez une cause trop difficile, vous la porterez devant moi, pour que je l'entende. » (Devarim 1 :17) ou encore : « Tu ne porteras atteinte à aucun droit, tu n'auras point égard à l'apparence des personnes, et tu ne recevras point de présent, car les présents aveuglent les yeux des sages et corrompent les paroles des justes. » (Devarim 16 :19)

 
 
 
 
 
 
 
 
 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

10.     Oui, quiconque garde toute la tora mais trébuche sur un point, il devient coupable de tout.

 

 

  • Oui, quiconque garde toute la tora : et à ce sujet, il est malheureusement enseigné : « Nous bronchons tous de plusieurs manières. » (Yaakov 3 :2) ou encore : « Non, il n'y a sur la terre point d'homme juste qui fasse le bien et qui ne pèche jamais. » (Qohelet 7 :20) ou encore : « Car tous ont péché et sont privés de la gloire de D.ieu. » (Romains 3 :23) ou encore : « Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes et la vérité n'est point en nous. » (1 Yohanan 1 :8)

 

 

  • mais trébuche sur un point : en lien avec une mitsva de la Torah ; dans le même élan, Rabbi Na’hman de Breslev a déclaré : « Si l'on désire réparer chacune de nos transgressions, la tâche est énorme. » (Torah n°29 du Likouté Moharan I). En fait, selon Rabbi Na’hman, un seul produit fautif dans notre package de Torah peut causer une multitude de dommages car chaque transgression, que D.ieu nous préserve, crée une multitude de préjudices. Face à cette difficulté, nous devons nous renforcer pour minimiser le nombre de nos fautes et prier abondamment afin de recevoir l'aide du Ciel ; la réussite complète vient du Ciel et dépend seulement de notre volonté de nous rapprocher d’Hashem.

 

 

  • il devient coupable de tout : le fauteur est considéré comme un transgresseur de la Torah, chacun selon son niveau et celui-ci a nécessairement, tout comme le plus vil d’entre les fauteurs, besoin de la miséricorde d’Hashem manifestée dans le Mashiah comme il est dit : « Grâce à l'attachement aux vrais Tsadikim, on accède de la sorte à un parfait repentir, au pardon des fautes, à l'adoucissement et à la suppression de tous les jugements, et l'union du Saint Béni soit-Il et de sa Présence est accomplie grâce à cela. » (Torah n°91 du Likouté Moharan II)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

11.     Oui, celui qui a dit : N’adultère pas, a dit aussi : N’assassine pas. Or, si tu n’adultères pas mais assassines, tu deviens un transgresseur de la tora.

 

 

  • Oui, celui qui a dit : N’adultère pas : comme il est dit : « Tu ne commettras point d'adultère. » (Shemot 20 :14) ou encore : « Tu ne commettras point d'adultère. » (Devarim 5 :18)

 

  • a dit aussi : N’assassine pas : comme il est dit : « Tu ne tueras point. » (Shemot 20 :13) ou encore : « Tu ne tueras point. » (Devarim 5 :17)

 

  • Or, si tu n’adultères pas mais assassines : en d’autres termes, si tu ne respectes pas toutes les mitsvot dans leur ensemble. 

 

  • tu deviens un transgresseur de la tora : un fauteur ayant besoin de la miséricorde d’Hashem et de son Oint.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

12.     Parlez ainsi et agissez ainsi comme devant être jugés par la tora de la liberté.

 

 

  • Parlez ainsi et agissez ainsi : avec humilité comme il est dit : « Juge toute personne du bon côté [favorablement]. » (Pirké Avot 1 :6) ou encore : « Ne juge pas ton prochain avant d'avoir été, toi-même, à sa place. » (Pirké Avot 2 :4). En effet, même s'il n'y a aucun doute quant à la mauvaise action commise par son prochain, nous devons éviter d'être durs et impitoyables à son égard. Il faut peser toutes les circonstances, visibles et non visibles, avant de le condamner. (Rav Gabriel Dayan)

 

  • comme devant être jugés par la tora de la liberté : comme nous l’avions déjà souligné dans les commentaires précédents, il est enseigné : « Il n’est d’homme libre que celui qui se consacre à l’étude de la Torah. » (Pirké Avot 6 :2) et pourquoi est-il parlé de liberté ? Car chacun doit avancer selon ses tikounim, selon ses capacités, selon son niveau spirituel, selon son niveau de compréhension ; les paramètres sont infinis et la Torah est capable de libérer « personnellement » tous individus, exactement à l’endroit où il se trouve.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

13.     Oui, le jugement est sans merci pour qui ne fait pas merci ; mais la merci triomphe du jugement.

 

 

  • Oui, le jugement est sans merci : le but d’un Nazaréen est d’avoir constamment un bon œil, d’être indulgent et de voir l’autre de façon positive et ce, même si on ne le connait pas. (Torah n°282 du Likouté Moharan I)

 

  • pour qui ne fait pas merci : pour mieux comprendre les paroles de Yaakov, nous pourrons rapporter ces paroles forts intéressantes au sujet de l’époque de Yeshoua : « À l’époque du Second Beth Hamikdash, les gens étudiaient la Torah et accomplissaient les mitsvot mais ils ne s’aimaient pas entre eux ; ils ne priaient pas pour la réussite d’autrui et se réjouissaient même de leur échec. » (Paroles prononcées par le Rav Elie Lemmel, Soirée Torah-Box, Mai 2012). En fait, lorsqu’on se permet de juger les autres, que ce soit nos proches ou des inconnus, on met en place des réactions en chaîne négatives. Il est également enseigné au nom du Baal Chem Tov : « Quiconque juge autrui en bien ou en mal prononce du même coup sa propre sentence ! » (Baal Chem Tov) ; à travers ses paroles, il est donc aisé de comprendre qu’un mauvais jugement envers autrui ne sera certainement pas bénéfique pour nous...

 

  • mais la merci triomphe du jugement : lorsqu’on juge avec cœur et indulgence, on est soi-même aussi jugé de la même façon dans le Ciel selon le principe de « mida kenegued mida » et à ce sujet, il est enseigné : « Celui qui a pitié des autres, le Ciel lui offre sa miséricorde ! » (Rav Yaakov Israël Lugassy)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

14.     Quelle utilité, mes frères, si quelqu’un dit avoir l’adhérence, mais non les œuvres ? L’adhérence pourrait-elle le sauver ?

 

 

  • Quelle utilité, mes frères, si quelqu’un dit avoir l’adhérence : en lien avec notre attachement au Mashiah.

 

 

  • mais non les œuvres : en référence aux Nazaréens attachés au Mashiah mais n’étant pas réellement engagés dans des œuvres dignes d’Hashem ou pire, dans les mitsvot de la Torah.

 

 

  • L’adhérence pourrait-elle le sauver : concernant les mahlokets entre les mitnagdim et les ‘hassidim, le Tséma'h Tsédéq a reconnu que l'influence du Gaon de Vilna [du parti des mitnagdim] fut positive, en ce qu'elle a obligé le mouvement ‘hassidique naissant à éviter d'aller trop loin dans ses innovations toraïques, une tendance récurrente dans les mouvements mystiques. En ce sens, on pourrait donc en déduire que le rôle du Gaon de Vilna peut être comparé à celui de Yaakov HaTsadik, le chef de Kéhila Nazaréenne, beaucoup plus accentué sur les œuvres de la Torah que Shaoul de Tarse comme il est dit : « Vous voyez que l'homme est justifié par les œuvres et non par la foi seulement. » (Yaakov 2 :24). En fait, le but de Yaakov était d’éviter tous débordements dans les communautés Nazaréennes, comme l’exclusion de toute pratique toraïque [soit les œuvres] au profit d’un seul attachement au Tsadik notamment dans les milieux non-Juifs. Et effectivement, cette approche vaut de l’or puisqu’il est également clairement enseigné par Shaoul : « Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la Torah qui sont justes devant D.ieu mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés. » (Romains 2 :16) et ce, bien qu’il soit aussi dit : « Que ce n'est pas par les œuvres de la Torah que l'homme est justifié mais par la foi dans le Mashiah Yeshoua. » (Galates 2 :16) ou encore : « Car nous pensons que l'homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la Torah. » (Romains 3 :28). En conclusion, la foi, soit l’attachement au Tsadik [accentuée par Shaoul] doit être un pont pour se fondre de façon parfaite dans le kéli des mitsvot de la Torah [accentuée par Yaakov].

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

15.     Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de nourriture quotidienne.

 

 

  • Si un frère ou une sœur sont nus : comme il est dit de la bouche du Prophète Yeshayahou : « Partage ton pain avec celui qui a faim, et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile ; si tu vois un homme nu, couvre-le, et ne te détourne pas de ton semblable. » (Yeshayahou 58 :7)

 

 

  • et manquent de nourriture quotidienne : aucune mitsva ne suscite une réponse divine aussi puissante que celle de la tsédaka et à ceci, il existe une logique : lorsque vous vous occupez des autres, D.ieu s’occupe de vous ! Nos Sages nous ont également enseigné que la tsédaka [don d’argent, don de nourriture, don de temps, don d’écoute, etc..] apporte l’expiation et nous protège contre la sévérité des décrets célestes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

16.     et que l’un de vous leur dise : Allez en paix ! Réchauffez-vous, rassasiez-vous ! sans leur donner le nécessaire pour le corps, quelle en serait l’utilité ?

 

 

  • et que l’un de vous leur dise : Allez en paix : pour commencer, il faut savoir que l'homme est composé de plusieurs niveaux : l'acte, la parole et la pensée. Selon le Ben Ich 'Haï, chacun de ces niveaux a son correspondant dans le monde spirituel : le néfech, le roua'h et la néchama comme il est dit : « Que tout votre être, l'esprit, l'âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l'avènement de notre Seigneur et Mashiah Yeshoua ! » (1 Thessaloniciens 5 :23) et à ce sujet, il est enseigné au nom du Ben Ich 'Haï, qu'il faut allier les trois niveaux pour que chaque mitsva soit entière. (Rav Yossef 'Haïm Benhamou) ; en d'autres termes, la pensée doit constamment descendre dans le monde de l'action.

 

 

  • Réchauffez-vous, rassasiez-vous : nos Sages désignent cet homme comme celui « dont la connaissance dépasse les actions » et l'ont comparé à un arbre touffu mais ayant peu de racines, et qui sera facilement abattu lors d’une bourrasque. (Pirké Avot 3 :17) ; ailleurs, il est également enseigné dans la Torah Orale : « Quiconque s'efforce de visiter les malades et de se soucier de leurs besoins sera épargné du Guey-Hinnom. » (Téchouvot Haguéonim, Réponse 107 ; Yoré Déa 335 :3) 


 

 

  • sans leur donner le nécessaire pour le corps, quelle en serait l’utilité : comme il est dit : « Si Hashem aime les nécessiteux, pourquoi ne les nourrit-il pas ? Rabbi Akiva répond : C'est pour nous offrir un moyen d'être épargné du Guey-Hinnom. » (Baba Batra 10a) ou encore : « Quiconque fait la « tonte » [de la tsédaka] de ses biens sera épargné du Guey-Hinnom. » (Guitin 7a ; Yalqout Chimoni sur Nahoum, 561) 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

17.     Ainsi l’adhérence sans les oeuvres est morte d’elle-même.

 

 

  • Ainsi l’adhérence sans les œuvres : cette parole de Yaakov peut être également comparée aux notions ‘hassidiques actuelles notamment concernant notre lien avec le Tsadik.

 

 

  • est morte d’elle-même : comme nous l’avons déjà souligné, le pont de « la foi en Hashem » via le Tsadik de vérité [accentué par Shaoul] doit ainsi, constamment rejoindre celui des œuvres de la Torah [accentué par Yaakov] ; les deux étants complémentaires et totalement indissociables.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

18.     Mais quelqu’un dira : Tu as l’adhérence, et moi j’ai les œuvres, montre-moi ton adhérence sans les œuvres, et moi, je te montrerai mon adhérence par mes œuvres.

 

 

  • Mais quelqu’un dira : Tu as l’adhérence : outre le sujet de la foi en Yeshoua ; dans cette Lettre, le Chef de la Kéhila englobe également tous les hommes de foi [soit l’ensemble des croyants] en général. 

 

 

  • et moi j’ai les œuvres : les actes concrets.

 

 

  • montre-moi ton adhérence sans les œuvres : en effet, ces propos seraient malheureusement en contradiction totale avec notre Torah comme il est dit : « Ce n’est pas l’étude de la Torah qui est l’essentiel, mais bien l’action. » (Pirké Avot 1 :17) et au Bartenura de préciser : « La récompense est pour l'action. Et quelqu'un qui enseigne mais ne pratique pas, cela aurait été mieux s'il s'était tu et n'avait pas enseigné. » (Commentaires du Bartenura sur le Pirké Avot 1 :17)

 

 

  • et moi, je te montrerai mon adhérence par mes œuvres : pour conclure tout ça, le Gaon de Vilna nous a transmis que le but du don de la Torah au Har Sinaï était principalement d’enseigner au peuple Juif le trait de la émouna [en plus des mitsvot] comme il est dit : « Tout revient à acquérir une émouna parfaite qui inclut toutes les mitsvot. » (Gaon de Vilna, Commentaire sur Mishlei, chap. 22) ; le Rav Yéhonathan Gefen précise sur ce commentaire : « Cela signifie que si un homme est doté d’une confiance en D.ieu parfaite, tout son service divin se mettra en place. » (Rav Yéhonathan Gefen)

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

19.     Tu adhères à ce qu’Elohîms est un ? Tu fais bien ! Les démons aussi adhèrent et frissonnent !

 

 

  • Tu adhères à ce qu’Elohîms est un ? Tu fais bien : et comme notre Maître Yaakov HaTsadik, nous croyons qu’il n’existe qu’une seule véritable entité, un D.ieu qui est l’essence de tout, un D.ieu Unique et en conséquence, nous récitons matin et soir le Chéma Israël : « Écoute Israël, l’Éternel est notre D.ieu, l’Éternel est Un. » (Devarim 6 :4)

 

 

  • Les démons aussi adhèrent et frissonnent : comme il est également enseigné dans le Tanya : « La klipa [l’écorce du mal] n’est pas revêtue d’un corps physique ; par conséquent, elle connaît son Maître D.ieu et ne se rebelle pas contre lui, ‘hass véchalom. Chaque action négative de la sitra a’hara est accomplie uniquement par ordre divin. Les klipot, qui ne sont pas revêtues d’un corps, ne peuvent donc pas se rebeller contre la volonté divine, seule l’âme animale revêtue du corps humain peut le faire. Bien que les klipot soient appelées avoda zara, un service étranger, ce qui est un déni de D.ieu ; elles le désignent malgré tout comme le D.ieu des dieux.  Elles ne peuvent aucunement transgresser la Volonté divine car elles savent et perçoivent qu’il est leur vie et leur existence ; l’homme qui transgresse la volonté de D.ieu est donc bien plus vil et plus bas que la klipa et la sitra a’hara qui sont appelées avoda zara et autres dieux. » (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 24)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

20.     Veux-tu connaître, homme vain, que l’adhérence sans les oeuvres est stérile ?

 

 

  • Veux-tu connaître, homme vain que l’adhérence sans les oeuvres : la Torah répète à de nombreuses reprises : « Vous étudierez et vous accomplirez les mitsvot » ; nous apprenons de là que l'essentiel de l'étude doit déboucher sur l'action, soit vers un meilleur accomplissement des mitsvot. De nos jours, les plus grands décisionnaires, séfarades comme ashkénazes, nous ont enseigné qu'il fallait essentiellement étudier les lois de la Torah, à savoir la halakha. Le 'Hafets 'Haïm tranche au nom du Chakh que celui qui n'étudie que la Guémara ne s'est pas acquitté de son obligation d'étudier la Torah. Il doit impérativement étudier de la halakha pour accomplir sa mitsva car le but de l'étude, c'est l'action. (Mishna Broura, Hilkhot Beth Haknesset, 155 :1). D'ailleurs, le Rav Ovadia Yossef a institué, à la fin des cours du Daf Hayomi, d'étudier de la halakha afin de réaliser pleinement la mitsva d'étude de la Torah. Le Rav Mordékhaï Eliahou insistait également sur l'importance d'étudier en priorité la halakha comme il est dit : « L'essentiel n'est pas l'étude mais l'action. » (Pirké Avot 1 :17) et le Rav répétait sans cesse l'enseignement du Prophète Elyahou : « Tout celui qui étudie des halakhot tous les jours est certain d'avoir une part au monde futur » ; à noter que cette phrase est répétée justement tous les jours à la fin de la prière afin de nous montrer la place essentielle de la halakha.

 

 

  • est stérile : néanmoins, comme l'a déclaré le Rav Dessler : « Le principal du service divin étant le travail intérieur, on peut dès lors s’interroger sur le bien-fondé des actes ordonnés par la Torah et des innombrables détails qui s’y rattachent. » (Mikhtav Méeliahou, Tome 3, p. 127) ou encore nos Sages lorsqu'ils nous ont enseigné : « D.ieu ne recherche que la sincérité du cœur. » (Sanhedrin 106b) ; nous devons par conséquent rééquilibrer notre manière d'appréhender l'étude de la halakha. Nous citerons les commentaires du Rav Scemama sur les propos du Rav Dessler : « Tout réveil intérieur qui n’est pas concrétisé par un acte, part en fumée et ne laisse aucune trace sur la personne. Par contre, comme nous le savons, l’action concrète marque son empreinte sur celui qui l’accomplit. Malgré tout, il faut faire attention car d’un autre côté, s’immiscer dans l’étude de la halakha sans l'accompagner par celle de l’éthique Juive risque de laisser un homme asséché dans son service divin, puisqu’il risque d’oublier la finalité de tous ces commandements, à savoir se rapprocher de son Créateur. Pour d’autres, la connaissance de la halakha provoquera un sentiment de supériorité envers ceux qui l’ignorent, ou encore une arme d’attaque contre tout celui qui n’adhérera pas à sa façon de concevoir la halakha. Par conséquent, nous devons considérer l’importance d’allier l’étude de la halakha à celle de la pensée Juive. D’ailleurs, le Talmud, qui est la principale source de la Torah Orale, passe en alternance de la halakha à la haggada. Comme nous l’avons rapporté plus haut au nom du Rav Dessler, les actes sont nécessaires, mais seulement lorsqu’ils correspondent parallèlement à une progression intérieure. » (Commentaires du Rav Daniel Scemama) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

21.     Abrahâm, notre père, n’a-t-il pas été justifié par les œuvres, en offrant Is’hac, son fils, sur l’autel ?


 

  • Abrahâm, notre père, n’a-t-il pas été justifié par les oeuvres : en réalité, Avraham Avinou fut justifié par la foi comme il est dit : « Si Abraham a été justifié par les œuvres, il a sujet de se glorifier mais non devant D.ieu. Car que dit l'Écriture ? Abraham crut à D.ieu, et cela lui fut imputé à justice. » (Romains 4 :2-3) mais pourquoi Yaakov HaTsadik parle-t-il ici d'une justification par les œuvres ? Car la justification d'Avraham Avinou fut rendu parfaite par ses œuvres ; en d'autres termes, nous devons allier notre émouna en Hashem et dans le Mashiah, par des œuvres concrètes comme il est dit : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n'entreront pas tous dans le Royaume des Cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les Cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé par ton nom ? N'avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? Et n'avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité. » (Matityahou 7 :21-23) 


 

  • en offrant Is’hac, son fils, sur l’autel : nos Sages nous enseignent : « C’est à dix épreuves qu’Avraham Avinou fut soumis et il les surmonta toutes. C’est pour montrer combien était grand l’amour d’Avraham notre père. » (Rambam, Commentaires de la Michna Avot 5 :3) et au sujet de la Akéda, le Rav Ména'hem Rékanati nous apprend qu'il existe nombres d'anges accusateurs qui ne permettent pas à nos prières d'être acceptées, et ce n'est que par le mérite de la 'Akédat Its'hak que nos requêtes peuvent l'être. (Rav Menahem Rékanati, Parachat Vayéra 22 :14, Parachat Terouma 27 :1)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

22.     Tu vois que l’adhérence coopérait avec ses oeuvres, et que par les oeuvres l’adhérence était parfaite.

 

 

  • Tu vois que l’adhérence coopérait avec ses œuvres : comme il est dit : « Avraham se leva de bon matin. » (Béréshit 22 :3) et au commentaire de Rachi de préciser : « Dans son zèle à accomplir la mitsva. » (Pessa‘him 4a)

 

  • et que par les oeuvres l’adhérence était parfaite : Yaakov HaTsadik témoigne de la grandeur des mitsvot, détenant la capacité de révéler la royauté d’Hashem.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

23.     Ainsi s’accomplissait l’Écrit disant : Abrahâm a adhéré à IHVH-Adonaï ; il le lui a compté en justification, et il a été appelé l’ami d’Elohîms.


 

  • Ainsi s’accomplissait l’Écrit disant : Abrahâm a adhéré à IHVH-Adonaï : selon le Sefer Béréshit comme il est dit : « Avram eut confiance en l'Éternel, qui le lui imputa à justice. » (Béréshit 15 :6) 


 

  • il le lui a compté en justification : au commentaire de Rachi de préciser : « Le Saint Béni soit-Il a considéré comme un mérite le fait qu’Avram avait eu foi en lui. » (Rachi sur Béréshit 15 :6)

 

 

  • et il a été appelé l’ami d’Elohîms : dans un premier temps, nous avons la justification par la émouna [par l'attachement au Tsadik] et dans un second temps, cette justification doit être rendue parfaite par les œuvres [par les mitsvot] au point d'être un jour, appelé « ami de D.ieu » comme il est dit : « Mais toi, Israël, mon serviteur, Yaakov, que j'ai choisi, race d'Avraham mon ami ! » (Yeshayahou 41 :8) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

24.     Vous voyez qu’un homme est justifié par les oeuvres, et pas seulement par l’adhérence.

 

 

  • Vous voyez qu’un homme est justifié par les œuvres : à noter que pour accomplir les mitsvot, nous avons besoin de la qualité du zèle. En effet, l’homme doit de toute façon accomplir les mitsvot, alors que tout au moins, il les accomplisse dans toute sa vitalité avec empressement sans que rien n’y manque ; ainsi, il s’offrira de lui-même pour le service de D.ieu. Or, pour arriver à ce zèle, nous devons nous donner du mal dans l’étude de la Torah ; sans cela, il est impossible d’accomplir les mitsvot avec zèle comme il est écrit : « Si vous marchez dans mes statuts et que vous gardiez mes mitsvot et les observiez. » (Vayikra 26 :3) ce qui signifie que nous devons investir de l’effort dans l’étude de la Torah (Torat Cohanim) et que c’est uniquement lorsque nous nous consacrerons à l’étude de la Torah que nous arriverons à observer et accomplir les mitsvot. En conclusion, nous citerons le Rav Pinto : « L’étude de la Torah mène au zèle et là où il y a le zèle, on peut vaincre le mauvais penchant et accomplir les mitsvot dans leur perfection. Car l’essentiel du sacrifice est l’empressement, la même chose s’applique à toutes les mitsvot : l’essentiel est de les accomplir avec empressement. » (Rabbi David ‘Hanania Pinto)

 

 

  • et pas seulement par l’adhérence : pour vivre une pleine justification, nous avons besoin d’une connexion profonde avec Hashem via la hitbodedout, une connexion profonde avec le Tsadik de vérité et comme le précise Yaakov, une connexion profonde avec les mitsvot de la Torah.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

25.     Ainsi Rahab, la putain, n’a-t-elle pas été justifiée par les œuvres en accueillant les messagers et en les expédiant par une route différente ?


 

  • Ainsi Rahab, la putain : l’histoire de Rahav est décrite dans le Livre de Yéhochoua. Pour résumé, alors que le peuple d’Israël se tenait prêt à entrer en Terre promise, Yéhochoua, soit le digne successeur de Moshé Rabbénou, envoya deux émissaires pour explorer la ville de Jéricho. Rahav, alors aubergiste et courtisane, les accueillit dans son auberge et les cacha, malgré la requête du roi de Jéricho de les livrer. Elle clama toute l’admiration qu’elle avait pour le peuple Juif, depuis leur sortie d’Égypte, et témoigna de tous les miracles que le Maître du monde avait opérés en faveur de son peuple. Grâce à cet acte de bonté envers les émissaires, sa vie et celle de sa famille furent épargnées lors de la conquête de Jéricho par Yéhochoua. Et après s’être convertie au Judaïsme, elle eut le mérite de l’épouser et d’avoir parmi sa descendance de grands hommes tels que les prophètes Yrmeyahou et Yehezqel.

 

 

  • n’a-t-elle pas été justifiée par les œuvres : pourquoi un tel mérite ? C'est uniquement grâce à l’affirmation de sa émouna en Hashem. En effet, en déclarant que le D.ieu d’Israël est sur terre mais aussi dans le Ciel, autrement dit, qu’il se situe en tout endroit ; Rahav montra une émouna entière et inébranlable en lui. (Rav Yéhonathan Gefen) ; conclusion, au niveau de la justification, tout dépend de la émouna et non des œuvres ; les œuvres ne sont là que pour parfaite la émouna du départ et sont bien évidemment, comme le souligne Yaakov, indispensables. 

 

  • en accueillant les messagers : selon nos Sages, ces messagers étaient Pinh’as et Calev ; le Rav Yéhonathan Gefen a également rajouté sur Rahav : « Une leçon que nous pouvons extraire du récit de Rahav est que peu importe à quel point un individu a plongé dans le mal, l’espoir existe toujours qu’il fasse téchouva. De surcroît, il peut prendre ces désirs mal dirigés et les canaliser de manière correcte. Puissions-nous mériter de tirer les leçons de l’histoire extraordinaire de Rahav. » (Rav Yehonathan Gefen) 

 

 

  • et en les expédiant par une route différente : le Michbétsot Zahav explique que jusqu’à ce moment dans sa vie, Rahav ne connaissait qu’une attitude dans la vie : le désir de tirer autant de plaisir physique que possible. Elle avait constamment remarqué comment sa beauté éveillait les instincts primaires des personnages les plus en vue de Jéricho. Or, soudain, à la venue des deux espions, elle remarqua qu’ils n’étaient finalement pas du tout troublés par sa beauté, et elle perçut que la vie pouvait avoir un but différent, bien plus élevé. Ceci la poussa à se repentir et à canaliser tous ses désirs puissants au service d’objectifs de sainteté. En conséquence, contrairement aux autres cananéens, elle fut en mesure de transformer sa prise de conscience de la véracité de la Torah pour la mettre en pratique afin d’aider les espions, et au final, pour se convertir au Judaïsme. (Rav Yéhonathan Gefen) 


 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

26.     Oui, le corps sans le souffle est mort ; ainsi l’adhérence sans les œuvres est morte.

 

 

  • Oui, le corps sans le souffle est mort : le corps et l’âme sont associés et ne peuvent, être séparés. Pour mieux comprendre la pensée de Yaakov HaTsadik, nous pourrons nous inspirer des enseignements du Rav Shomo Yaffe, doyen de l'Institut de droit américain et talmudique à New York et Rav ‘Habad de la congrégation B'nai Torah à Springfield : « La mort consiste en la séparation de l’âme et du corps. Par conséquent, la démarche de rechercher la proximité de D.ieu ne peut pas impliquer la séparation du corps et de l’âme. En effet, si lorsque nous prions ou que nous nous adonnons à n’importe quelle autre activité sainte, nous ressentons de l’exaltation mais que seule l’âme est du voyage, nous commettons une erreur. En pratique, cela veut dire qu’après toute expérience spirituelle, les désirs et les faiblesses de notre corps ne devraient pas demeurer tels quels. Notre vie pratique, quotidienne, se doit d’être plus vertueuse et plus éthique qu’avant que nous nous soyons approchés de D.ieu… Si ce n’est pas le cas, alors toute cette expérience est morte : elle n’ajoute ni vitalité, ni sainteté au monde dans lequel nous vivons. Or, la foi du Judaïsme est précisément de rendre la présence de D.ieu normale, dans le contexte de nos cadres de référence ordinaires et quotidiens. » (Rav Shlomo Yaffe)

 

 

  • ainsi l’adhérence sans les œuvres est morte : la foi en dehors des mitsvot [les commandements de la Torah] est morte, dans le sens où celle-ci devient complétement inutile…