CHAPITRE 1

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COMMENTAIRES 

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2.     Toute la joie, assumez-la, mes frères, quand vous tombez dans les diverses épreuves.

 

 

  • Toute la joie, assumez-la, mes frères : regardez et vivez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés.

 

 

  • quand vous tombez dans les diverses épreuves : car celui qui possède la foi, sait qu’il n’existe aucune situation au monde d’où le Saint Béni soit-Il ne peut l’extirper. (Rav Shalom Arush) 

 

COMMENTAIRE N°1

Faut-il remercier Hashem pour les épreuves et les douleurs qui jalonnent notre existence ? Lorsqu’une épreuve touche un individu, Hashem attend de celui-ci qu’il s’adonne à la prière afin d’hâter la délivrance :  Hashem, j’ai mal, viens-moi en aide afin de m’en sortir et te servir dans la facilité ! En d’autres termes, deux tâches incombent à l’homme touché par une épreuve. La première est d’être persuadé que tout est le fruit de la providence d’Hashem et accuser réception de l’épreuve ; conséquence : dehors les paroles telles que "c’est de la faute de ma mère, c’est de la faute de mon boss, c’est de la faute de mon conjoint" … La deuxième étape consiste à prier afin que l’épreuve cesse et que nous soit donnée l’opportunité de servir Hashem dans la joie, la quiétude et la tranquillité d’esprit. Si l’homme devait remercier pour la souffrance, si tant est qu’il y parvienne sincèrement malgré la puissance de la douleur, quel dessein pour les prières ?Ainsi, l’homme devra accuser réception de l’épreuve, l’attribuer à une volonté divine, se maintenir dans la joie afin de ne pas sombrer dans la tristesse, mais en aucun cas remercier à proprement parler de vivre dans l’épreuve. Hashem se plaît à écouter les prières de l’homme, Hashem se plaît à être convaincu par les prières de l’homme et à les exaucer. De plus, Hashem attend de l’homme que celui-ci ait confiance en l’existence de son infinie miséricorde et qu’il y fasse appel ! (Rav Avraham Ifra’h)

COMMENTAIRE N°2

Pour mieux comprendre la pensée de Yaakov HaTsadik, nous pourrons nous inspirer d’une histoire rapportée dans le Tanya.

 

Un homme se présenta un jour devant le Maguid de Mezritch. Comment, interrogea-t-il son Maître, accepter la souffrance sans se départir de la joie ? Le Maguid lui répondit de se rendre auprès de l’un de ses grands disciples, le Tsadik et Reb Zushe d’Anipoli pour lui soumettre sa question. L’homme s’exécuta. Il interrogea Reb Zushe lequel, en proie à un immense étonnement, finit par lui répondre : C’est à moi que tu demandes comment accepter les souffrances dans la joie ? Comment puis-je le savoir alors que je n’ai jamais encore connu de souffrances !  Cette réponse fut donnée par Reb Zushe alors qu’il vivait dans le dénuement le plus complet, accablé de difficultés de tous ordres… Il faut pourtant souligner qu’en dépit de ce bien profond que cachent les épreuves, nous demandons à D.ieu que le bien qu’il nous envoie soit, selon l’expression maintes fois répétée par le Rabbi : un bien visible et révélé. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 26) 

 

COMMENTAIRE N°3

Pour information, selon le Talmud, celui qui fait d'Hashem son partenaire dans la détresse aura sa subsistance matérielle doublée. (Bérakhot 63a) et voici également le commentaire Rachi sur cette Guémara : lorsqu’une personne accepte de plein gré les décrets divins sans se plaindre, ses revenus sont doublés. Selon Rabbi Na’hman également, celui qui associe Hashem dans sa souffrance voit sa subsistance doubler et monter comme le vol d’un oiseau. (Sefer Hamidot, Argent 1 :49)

 

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5.     Mais si l’un de vous manque de sagesse, qu’il la demande à Elohîms il donne à tous les hommes sans réserve, sans blâme, et elle lui sera donnée.

 

 

  • Mais si l’un de vous manque de sagesse : la sagesse est appelée hokhma en hébreu, un terme composé de deux mots : kowah mah, le pouvoir de l’effacement. La hokhma représente donc l’abnégation (l’effacement) devant D.ieu ; ainsi, lorsqu’elle fait défaut, la sainteté est également absente. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 19).

 

 

  • qu’il la demande à Elohîms : lors de la téfila car la sagesse vaut mieux que les perles, elle a plus de valeur que tous les objets de prix. (Mishlei 8 :11) et elle est également une source de vie pour celui qui la possède. (Mishlei 16 :22)

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COMMENTAIRE N°1

 

D.ieu, avec sagesse, a fondé la terre : le mot "bé’hokhma" traduit ici "avec sagesse" signifie littéralement "dans la sagesse" ce qui indique que la lumière du Ein Sof se révèle dans la séfira de ‘Hokhma, la Sagesse. Et la faculté de sagesse de l’âme, avec la lumière du Ein Sof, Béni soit-Il qui en est revêtue, se répand dans l’âme toute entière, pour l’animer avec la vitalité divine de sa tête à son pied, c’est-à-dire du plus haut au plus bas niveau de l’âme ; ainsi qu’il est dit : la sagesse donne vie à ceux qui la possèdent. (Mishlei 16 :22). L’âme, qui possède la faculté de la sagesse, reçoit sa vie au moyen de celle-ci. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 18).

 

 

  • il donne à tous les hommes sans réserve, sans blâme­ : et en effet, l'Éternel donne la sagesse ; de sa bouche sortent la connaissance et l'intelligence. Il tient en réserve le salut pour les hommes droits, un bouclier pour ceux qui marchent dans l'intégrité. (Mishlei 2 :6-7)

 

 

  • et elle lui sera donnée : comme ce fut le cas pour Shlomo HaMelekh.

 

Shlomo répondit à D.ieu : (…) Accorde-moi donc de la sagesse et de l'intelligence, afin que je sache me conduire à la tête de ce peuple ! Car qui pourrait juger ton peuple, ce peuple si grand ? D.ieu dit à Shlomo : Puisque c'est là ce qui est dans ton cœur, puisque tu ne demandes ni des richesses, ni des biens, ni de la gloire, ni la mort de tes ennemis, ni même une longue vie et que tu demandes pour toi de la sagesse et de l'intelligence afin de juger mon peuple sur lequel je t'ai fait régner, la sagesse et l'intelligence te sont accordées. Je te donnerai, en outre, des richesses, des biens et de la gloire, comme n'en a jamais eu aucun roi avant toi et comme n'en aura aucun après toi. (2 Divré Hayamim 1 :8-12)

 

D.ieu donna à Shlomo de la sagesse, une très grande intelligence et des connaissances multipliées comme le sable qui est au bord de la mer. La sagesse de Shlomo surpassait la sagesse de tous les fils de l'Orient et toute la sagesse des Égyptiens. Il était plus sage qu'aucun homme (…) et sa renommée était répandue parmi toutes les nations d'alentour. Il a prononcé trois mille sentences et composé mille cinq cantiques. Il a parlé sur les arbres, depuis le cèdre du Liban jusqu'à l'hysope qui sort de la muraille ; il a aussi parlé sur les animaux, sur les oiseaux, sur les reptiles et sur les poissons. Il venait des gens de tous les peuples pour entendre la sagesse de Shlomo, de la part de tous les rois de la terre qui avaient entendu parler de sa sagesse. (1 Melakhim 4 :29-34)

 

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6.     Qu’il la demande dans l’adhérence, sans douter de rien : oui, celui qui doute ressemble à l’agitation de la mer, poussée et repoussée.

 

 

  • Qu’il la demande dans l’adhérence, sans douter de rien : les enseignements Nazaréens dont nous sommes les héritiers, concernant la émouna dans la hitbodedout sont extrêmement puissants et ne laissent en aucun cas, place au doute dans le cœur du croyant. Les Nazaréens, dont le Mashiah lui-même, étaient certains qu’Hashem pourvoirait à toutes demandes sincères comme il est dit : Je vous le dis en vérité, si quelqu'un dit à cette montagne : Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, et s'il ne doute point en son cœur mais croit que ce qu'il dit arrive, il le verra s'accomplir. C'est pourquoi je vous dis : Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l'avez reçu et vous le verrez s'accomplir. (Marcos 11 :23-24) ou encore : Tout ce que vous demanderez avec foi par la prière, vous le recevrez. (Matityahou 21 :22) ou encore : Or, sans la foi il est impossible de lui être agréable car il faut que celui qui s'approche de D.ieu croie que D.ieu existe et qu'il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. (Hébreux 11 :6)

 

COMMENTAIRE N°1

À ce sujet, il est relaté par plusieurs sources historiques que notre Maître Yaakov, le chef de la Kéhila Nazaréenne et le frère du Mashiah était un grand Tsadik et au sujet de sa hitbodedout personnelle, il est dit : Il entrait seul dans le Temple et on l’y trouvait à genoux demandant pardon pour le peuple. La peau de ses genoux était devenue dure comme celle des chameaux parce qu’il était constamment prosterné adorant D.ieu et demandant pardon pour le peuple. Son éminente justice du reste le faisait appeler "le Juste" [HaTsadik] et le rempart du peuple et sa justice. (Eusèbe de Césarée, chap. 13 de l’Histoire ecclésiastique II)

 

  • oui, celui qui doute ressemble à l’agitation de la mer, poussée et repoussée : et dans le même élan, pour éliminer le doute, Rabbi Na’hman de Breslev a déclaré : Grâce à l’audace, nous entrons dans la sainteté. (Torah n°22 du Likouté Moharan I)

 

COMMENTAIRE N°2

 

Avant toutes choses, il faut savoir que nous devons tous admettre notre éloignement de D.ieu et la multitude de nos fautes comme il est dit : Nous bronchons tous de plusieurs manières. (Yaakov 3 :2). Partant, nous nous trouvons extrêmement éloignés du Créateur et en aucun cas, nous ne pouvons prétendre nous servir de nos mérites pour justifier nos demandes.

 

Néanmoins, Hashem dans sa miséricorde infinie, désire ardemment que nous nous adressions à lui pour tous nos besoins, spirituels et matériels. Ainsi, comment justifier notre attitude face au Maître du monde et expliquer notre insistance pour lui demander ce que nous désirons ?

 

La réponse selon Yaakov HaTsadik et selon Rabbi Na’hman de Breslev est : l’audace. Bien sûr, il ne s’agit nullement de l’audace ou du culot qui nous fait parfois répondre d’une façon désolante à nos semblables. Au contraire, il s’agit d’une sainte audace : celle nous permettant, en toute humilité, de faire un pas vers le divin et de formuler nos demandes ; le tout en étant parfaitement convaincu qu’Hashem nous aime et désire nous répondre de manière favorable.

 

Cette audace de sainteté fut partagée par les plus grands, notamment par Daniel ou encore par Moshé Rabbénou comme il est dit : Mon D.ieu, prête l'oreille et écoute ! Ouvre les yeux et regarde nos ruines, regarde la ville sur laquelle ton nom est invoqué ! Car ce n'est pas à cause de notre justice que nous te présentons nos supplications, c'est à cause de tes grandes compassions. (Daniel 9 :18) ou encore comme nous l’a enseigné Rachi : La notion de supplication implique toujours l’idée d’un don gratuit. Et quand bien même les Tsadikim pourraient s’appuyer sur leurs bonnes actions, ils ne demandent à Hashem qu’un don gratuit. Étant donné qu’Hashem lui avait dit : Je ferai faveur à qui je ferai faveur. (Shemot 33 :19) ; Moshé s’est adressé à lui en termes de supplication. (Rachi sur Devarim 3 :23). 

 

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12.     En marche, l’homme qui endure l’épreuve parce que l’épreuve, étant advenue, lui laissera la couronne de vie promise à ceux qui aiment.

 

 

  • En marche, l’homme qui endure l’épreuve : car comme cela est enseigné dans le Judaïsme, l’épreuve divine n’a pour but que l’élévation spirituelle.

 

 

  • parce que l’épreuve, étant advenue : et ainsi, l’homme ayant était éprouvé… 

 

 

  • lui laissera la couronne de vie promise à ceux qui aiment : et pour mieux comprendre ce principe d’élévation spirituelle, nous pourrons nous inspirer de la vie de Yossef HaTsadik comme l’a enseigné le Rav Shalom Arush : Yossef HaTsadik a connu des périodes douloureuses où il a touché le fond mais il a également connu des périodes de bonheur où il était au sommet du monde. Néanmoins, à quelle période de sa vie la Torah l'appelle-t-elle l'homme qui réussit ? Et il est dit :  Le chef de la prison ne prenait aucune connaissance de ce que Yossef avait en main, parce que l'Éternel était avec lui. Et l'Éternel donnait de la réussite à ce qu'il faisait. (Béréshit 39 :23) ; la Torah l’appelle de cette façon précisément à la période où il était au plus bas, pendant son esclavage ! Il faut remarquer que la Torah consacre des passages complets à Yossef HaTsadik, plus qu'aux patriarches eux-mêmes car il est important pour la Torah de décrire le périple incroyable et impossible d'un homme qui avait toutes les raisons de s'effondrer et qui a fini par s'élever au-dessus de tous. Le récit du succès de Yossef parle de sa réussite précisément lorsqu’il était au plus bas de sa situation et c'est précisément à partir de ce moment que son immense ascension s'est construite. Ceci pour nous enseigner que le vrai succès de Yossef ne s’est pas opéré quand il a atteint le sommet mais à chaque instant et seconde de ses tribulations pendant lesquelles, il n'a jamais été brisé, est resté toujours heureux et connecté à sa mission et à Hashem. Tout cela vient nous apprendre que le fait d’être toujours joyeux dans la vie, ce qui est rendu possible grâce à une foi sans faille et une connexion totale au Créateur, sont les vrais ingrédients du succès. Cette attitude a permis à Yossef de vivre sans aucune haine, ni rancune envers ses frères, sans aucune soif de vengeance et sans aucun traumatisme. Il était apaisé, son cœur était pur. Il n'est pas étonnant qu'un personnage aussi réussi, ait pu grimper du bas de l'échelle au sommet du monde en un clin d'œil. (Rav Shalom Arush)

 

 

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17.     Tout bon présent, tout don parfait est d’en haut, du père des lumières, en qui il n’est ni changement ni l’ombre d’un tropisme.

 

 

  • Tout bon présent, tout don parfait est d’en haut : tous les dons proviennent d’Hashem.  

 

 

  • du père des lumières : dans le langage de Yaakov HaTsadik, cela fait certainement référence aux séfirot, les différentes émanations de la divinité décrites dans la Kabbale.

 

COMMENTAIRE N°1

 

La Kabbale étant un domaine extrêmement élevé, l'objectif pour la plupart d’entre nous est simplement d’essayer d’en avoir quelques notions, selon notre petit niveau, afin de mieux appréhender l’infini d’Hashem.

Le mot "kabbale" signifie "réception" (par exemple, le vendredi soir nous parlons de "kabbalat Shabbat" dans le sens d’accueillir, de réceptionner le Shabbat). Dans ce cas précis, la Kabbale désigne la réception des secrets de la Torah, données à Moshé au mont Sinaï.

La tradition kabbalistique s'est transmise seulement de Maître à élève jusqu'à l'époque de Rabbi Shimon Bar Yohaï (le Rashbi) où les enseignements de la Kabbale ont commencé à être mis par écrit dans un Livre, en plusieurs tomes, appelé le Zohar (la Splendeur). Plus tard est venu le Ari HaKadosh, qui a commencé à expliquer le Zohar et à décoder ses secrets ; néanmoins, ce Livre était encore réservé à une certain élite Juif. Plus tard encore est venu le Baal Chem Tov (fondateur de la 'Hassidout) qui a commencé à mettre la Kabbale plus ou moins, au niveau de tous. Les Loubavitch et Breslev, les deux dernières branches de la 'Hassidout actuelle, ont également produit deux Livres : le Tanya et le Likouté Moharan, utilisant un langage kabbalistique adaptée à chacun.

Voici donc les Livres détaillant les concepts de Kabala : le Zohar, le Tanya, le Likouté Moharan, les 138 Portes de la Sagesse du Ram'hal, certains commentaires du Ben Ish 'Haï sur la Paracha.

 

En fait, la Torah peut être lue via quatre niveaux d’interprétation : le pshat (le sens littéral), le rémez (le sens allusif), le drash (le sens homilétique) et le sod (le sens secret). Comme nous l’avons compris, la Kabbale s'intéresse au quatrième niveau d'interprétation de la Torah. Nos Maîtres disent que cette science est en réalité, l'âme même de la Torah, son intériorité alors que l'étude du Talmud et de la halakha (la loi extérieure) représenterait plutôt le corps de la Torah ; un homme se doit donc d'étudier les deux facettes, pour construire son corps et son âme, et être un Adam chalem (un homme parfait/complet).

Plus une personne avance en connaissance mystique (kabbalistique) de la Torah, plus elle comprend qu'elle ne sait rien... Cette science nous apprend donc l'humilité ; combien nous sommes petits face à sa grandeur ; Hashem est d'ailleurs appelé dans le "jargon" kabbalistique l'Ein Sof, littéralement, l’Etre sans fin.

Voici les grands axes d'études de la Kabbale :

  • les séfirot (singulier : séfira) sont des attributs divins, des "canaux de conduites" qu'utilise Hashem pour diriger son monde tel que la bonté, la rigueur, la vérité, la splendeur, la force, la connaissance, etc… Chaque être humain possède en lui ces dix forces fondamentales ; l'étude des séfirot nous permettra donc de mieux nous comprendre nous-mêmes.

Les dix séfirot sont divisées en deux catégories générales. Ces deux catégories sont les "trois mères" et les "sept doubles" : trois de ces séfirot sont appelées "mères" car elles sont la source des sept autres ; les "sept doubles" sont les sept attributs divins. Voici la liste des sefirot : hokhma (la sagesse), bina (la compréhension) et daat (la connaissance) ; elles sont les trois séfirot appelées "mères" ; les "sept doubles" sont : ‘hessed (la bonté), guévourah (la sévérité), tiféret (la vérité), netsa’h (la victoire), hod (la splendeur), yessod (le fondement) et malkhout (la royauté). Ces sept attributs sont appelés aussi "les sept jours de la Création" car c’est également par leur intermédiaire que D.ieu créa le monde. Chaque jour de la Création se manifesta un attribut divin particulier : le premier jour, ‘hessed fut prédominant, le second, guévourah et ainsi de suite… (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 3).

  • les tsimtsoumim : c'est la rétractation de la lumière divine, pour permettre l'existence de l'homme et de notre histoire. En réalité, rien n'est vide d’Hashem : il s'agit seulement d’un voilement volontaire de sa présence ; cette notion est détaillée dans la Kabbale et à la base de la compréhension de la Création.

 

  • les lettres hébraïques : par elles, le Créateur à former son monde ; ce sont des puissances énergétiques renfermant une grande vitalité.

 

  • la notion de tikoun/réparation : en effet, tout le but des 6000 ans d'histoire est de nous conduire à notre bien ultime et pour y arriver, nous devons réparer [faire le tikoun] de la Création. Cela passe donc par l'étude de la Torah, la pratique des mitsvot, le travail de nos middot, etc…

 

  • en qui il n’est ni changement ni l’ombre d’un tropisme : comme il est écrit : Je suis l'Éternel, je ne change pas. (Malakhi 3 :6).

 

COMMENTAIRE N°2

 

Puissions-nous nous inspirer des propos du Rambam afin de mieux comprendre la parole de Yaakov HaTsadik.

 

Maintenant qu’il est évident qu’Hashem n’a pas de corps et de forme, il est également clair qu’aucun attribut propre au corps ne lui est approprié : ni lien ni séparation, ni lieu ni mesure, ni montée ni descente, ni gauche, ni droite, ni devant ni derrière, ni position assise ou debout. Il n’est pas non sur un plan temporel pour avoir un début et une fin, et un nombre d’années… Il n’est sujet à aucun changement car il n’est aucun facteur qui ne lui cause de changement. Il n’est sujet ni à la mort, ni à la vie semblable à la vie du corps. Il n’est pas définissable en termes d’ineptie ou de sagesse semblable à la sagesse humaine. Il n’a ni sommeil ni lever, ni colère ni rire, ni joie ni tristesse, ni silence ni parole semblable à l’expression humaine. Telle est la sentence des sages : Il n’y a en haut ni position assise ou debout, ni séparation ni lien. Ceci étant, les expressions susmentionnées du Pentateuque et des Livres des Prophètes sont toutes métaphoriques et rhétoriques. Par exemple, celui qui siège dans les cieux rira, ils m’ont mis en colère avec leurs vanités, comme l’Eternel s’était plu, etc…. et les expressions semblables À ce propos, les Sages ont dit : La Torah s’exprime dans le langage de l’homme. Et de même, il est dit : Est-ce moi qu’ils mettent en colère, et il est dit : Moi, l’Eternel, Je n’ai pas changé ; or, s’il était parfois en colère et parfois allègre, ce serait un changement. Tous ces états n’existent que chez les êtres physiques obscurs et bas, qui résident dans les maisons d’argiles, et ont leurs fondements dans la poussière. Mais lui, Béni soit-Il est élevé et exalté au-dessus de tout ceci. (Mishné Torah du Rambam, Yessodei HaTorah, chap. 1)

 

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23.     Si quelqu’un est un entendeur de la parole et non un réalisateur, il ressemble à un homme qui observe le visage de sa genèse dans un miroir.

 

 

  • Si quelqu’un est un entendeur de la parole et non un réalisateur : si quelqu'un écoute la Torah et ne la met pas en pratique.

 

 

  • il ressemble à un homme qui observe le visage de sa genèse dans un miroir : il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir son visage naturel car la Torah nous renvoie notre image ; son étude et sa pratique nous permettent de nous réparer et de nous sanctifier ! 

 

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24.     il s’observe lui-même, et part en oubliant comment il était.

 

 

  • il s’observe lui-même : après s'être regardé, examiné attentivement par la Torah.

 

 

  • et part en oubliant comment il était : s'en va, et oublie aussitôt quel il était.

 

COMMENTAIRE N°1

Rabbi Yéhochoua ben Korha a dit : Quiconque étudie la Torah et ne l'examine pas est comparable à une personne qui sème et ne récolte pas. Rabbi Yéhochoua dit : Quiconque étudie la Torah et l’oublie est semblable à une femme qui donne naissance et enterre son nouveau-né. (Sanhédrin 99a)

 

 

 

 

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25.     Mais celui qui contemple la tora parfaite ­ celle de la liberté ­ s’y attache, en ne devenant pas un entendeur oublieux, mais un réalisateur de l’oeuvre, il est en marche, celui-là, vers sa réalisation.

 

 

  • Mais celui qui contemple la tora parfaite : effectivement, la Torah de l'Éternel est parfaite, elle restaure l'âme ; le témoignage de l'Éternel est véritable, il rend sage l'ignorant.  Les ordonnances de l'Éternel sont droites, elles réjouissent le cœur ; les commandements de l'Éternel sont purs, ils éclairent les yeux.  La crainte de l'Éternel est pure, elle subsiste à toujours. (Téhilim 19 :7-9)

 

 

  • celle de la liberté : et selon Rabbi Yehoshua ben Levi : Chaque jour une voix céleste sort du mont Horev et fait une proclamation : Malheur à l'humanité pour son mépris envers la Torah ! Quiconque ne s'occupe pas de l'étude de la Torah est appelé, le réprimandé (…) car il n'y a d'homme libre que celui qui s'implique dans l'apprentissage de la Torah. (Pirké Avot 6 :2)

 

 

  • s’y attache : selon les dires de Yaakov HaTsadik, il faut persévérer et insister dans l’étude de la Torah.

 

 

  • en ne devenant pas un entendeur oublieux : quiconque étudie la Torah et l’oublie est semblable à une femme qui donne naissance et enterre son nouveau-né. (Sanhédrin 99a) et dans le même élan, Rabbi Akiva a dit : Chantez tous les jours, chantez tous les jours, c'est à dire révisez vos études comme une chanson que l'on chante encore et encore. (Sanhédrin 99b)

 

 

  • mais un réalisateur de l’œuvre : comme il est également rapporté par l’Apôtre Shaoul que ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la Torah qui sont justes devant D.ieu mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés. (Romains 2 :13)

 

 

  • il est en marche, celui-là, vers sa réalisation : en effet, Rava a dit : Tous les corps sont comme des réceptacles pour stocker des objets jusqu'à leur utilisation. Heureux est celui qui est un réceptacle pour la Torah. (Sanhédrin 99b)

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27.     La religion pure, immaculée, devant Elohîms, le père, la voici : visiter les orphelins et les veuves dans leur tourment, et se garder soi-même sans tache, loin du monde.

 

 

  • La religion pure, immaculée : cela fait référence au service divin. En hébreu, il s’agit de la Avodat Hashem ; comme précisé, celle-ci doit être pure et sans tâches !

 

 

  • devant Elohîms, le père : pour Hashem.

 

 

  • la voici : visiter les orphelins et les veuves dans leur tourment : car Hashem est le père des orphelins, le défenseur des veuves. (Téhilim 68 :5) 

 

 

  • et se garder soi-même sans tache, loin du monde : cela fait référence aux plaisirs matériels, aux désirs charnels, aux tentations mondaines, etc…

 

COMMENTAIRE N°1

As-tu regardé le Ciel… ou les gratte-ciel ? Le monde de la journée est associé au monde du fonctionnement. Comme son nom l’indique, y pénétrer implique le contact incontournable avec des éléments fonctionnels tels que la recherche du profit financier, de la nourriture, etc… Or, dès lors que nous entrons dans cette dimension fonctionnelle de l’univers, la pente est glissante… En effet, il est aisé de vaciller du côté obscur de ce système et de l’appréhender comme une finalité plutôt qu’un moyen. Afin de ne pas vivre dans un monde fonctionnel à outrance, au milieu des angoisses et de la poursuite excessive de l’argent, nous devons établir un dialogue avec Hashem pour que le lien entre la dimension matérielle et spirituelle ne s’érode pas. Prions pour ne pas devenir de simples fonctionnaires de ce monde ! C’est d’ailleurs, la raison pour laquelle les hommes sont astreints à la mitsva du port des tsitsits : afin de garder à l’esprit l’existence des mitsvot et de ne pas sombrer dans les écueils de l’aspect fonctionnel de ce monde. Rabbi Na’hman nous enseigne que ces écueils sont associés à la klipa de Pharaon. Regarde le Ciel et pas uniquement les gratte-ciel ! (Rav Avraham Ifra’h)