CHAPITRE 1

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COMMENTAIRES 

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1.     Ia‘acob, serviteur d’Elohîms et de l’Adôn Iéshoua‘, le messie, aux douze tribus, celles de la diaspora, shalôm.

 

 

  • Ia‘acob, serviteur d’Elohîms : Yaakov ou « Jacques » dans les versions françaises, est considéré par la littérature dite « clémentine » comme la colonne du véritable « judéo-christianisme », et comme une colonne de la « saine doctrine » apostolique. En effet, il suffit de le constater dans les Homélies, notamment lorsque « le Pierre » du Roman donne à Jacques, le titre de « Seigneur et Évêque de la Sainte Église » ou encore lorsque Clément, également dans sa Lettre, le nomme « Évêques des évêques ». Dans les Reconnaissances, « le Jésus » du Roman Pseudo-Clémentin, lui-même, désignera Jacques comme étant son digne successeur. (Reconnaissances 1, 43). À la lumière de toutes ces informations, il est aisé de comprendre que Jacques était considéré parmi les premiers « judéo-chrétiens » comme étant le Chef de « l’Église » de Jérusalem et par conséquent, de « l’Église » en général. Sur ce point, le Livre des Actes rejoint complétement la littérature clémentine comme il est dit : « Lorsqu'ils eurent cessé de parler, Yaakov prit la parole et dit : Hommes frères, écoutez-moi ! » (Actes 15 :13) ; et l’Évangile de Toma également comme il est dit : « Les talmidim dirent à Yeshoua : Nous savons que tu nous quitteras : Qui se fera grand sur nous ? Yeshoua leur dit : Au point où vous en serez, vous irez vers Yaakov HaTsadik ; ce qui est du Ciel et de la terre lui revient. » (Évangile de Toma, Loggion 12) 

 

 

  • et de l’Adôn Iéshoua‘, le messie : voici les propos de Chouraqui concernant Yaakov HaTsadik : « Yaakov est bien un adhérent du Messie Yeshoua mais s’adresse à son peuple, avec l’autorité d’un dirigeant incontesté, depuis l’intérieur. (…) On comprend dans sa Lettre, que pour Yaakov comme pour Shimon Kéfa, il convient d’accomplir toutes les mitsvot de la Torah ; comme tous les Rabbanim de Judée et de Galilée, Yaakov sait que la foi sans les œuvres est une foi morte. » (Chouraqui, Introduction à la Lettre de Jacques)

 

  • aux douze tribus, celles de la diaspora : à ce sujet, il est enseigné par nos Maîtres : « Ceux qui sont appelés « la maison de Yéhouda » sont revenus de Bavel, et ceux qui sont appelés « la maison d'Ephraïm » ou « la maison d'Israël », soit les dix tribus, sont encore en Ashour jusqu'à ce jour. » (Ramban) ou encore : « Rabbi Bérakhyaha et Rabbi Helbo ont déclaré au nom de Rabbi Shmouel bar Na’hman : les tribus d'Israël furent exilées en trois endroits : une partie, au-delà du Sambatyon, d'autres à côté d'Antioche, et le reste fut recouvert d'une nuée. » (Yéroushalmi, Sanhédrin 10 :6 ; cf. Tan’houma Ki Tissa) ou encore : « Les dix tribus sont cachées derrière les montagnes sombres, près du Gozan et du Sambatyon. » (Maïmonide) ou encore : « Rabbi Yéhouda ben Rabbi Shimon a déclaré : « Les tribus de Yéhouda et de Binyamin n'ont pas été exilées au même endroit que les dix autres. Celles-ci furent exilées au-delà du Sambatyon, alors que les tribus de Yéhouda et de Binyamin furent disséminées dans tous les pays. » (Béréshit Rabah 73 :5)

 

  • shalôm : continuons également dans les propos forts percutants de Chouraqui : « Nourri de tradition biblique, Yaakov est si parfaitement au courant de la pensée et de la pratique synagogale que son origine Juive ne fait pas de doute. (…) Seules deux références au Messie Yeshoua (Yaakov 1 :1 ; Yaakov 2 :1) sont là pour nous confirmer qu’il était un adepte de « l’Église nouvelle » mais qu’il n’était certainement pas coupé de son peuple. Au contraire, Yaakov s’adresse explicitement à lui seul, et aux douze tribus dont celles en diaspora. » (Chouraqui, Introduction à la Lettre de Jacques)


 

 

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2.     Toute la joie, assumez-la, mes frères, quand vous tombez dans les diverses épreuves.

 

 

  • Toute la joie, assumez-la, mes frères : malgré les difficultés, nous devons nous efforcer de regarder, et de vivre comme « un sujet de joie » les diverses épreuves auxquelles nous sommes exposés comme il est également enseigné par le Rav Avraham Ifra’h : « Lorsqu’une épreuve touche un individu, Hashem attend de celui-ci qu’il s’adonne à la prière afin d’hâter sa délivrance : « Hashem, j’ai mal, viens-moi en aide afin de m’en sortir et te servir dans la facilité ! » En d’autres termes, deux tâches incombent à l’homme touché par une épreuve : la première est d’être persuadé que tout est le fruit de la providence d’Hashem et d’accuser réception de l’épreuve ; la deuxième étape consiste simplement à prier afin que l’épreuve cesse et que nous soit donnée l’opportunité de servir Hashem dans la joie, la quiétude et la tranquillité d’esprit. Si l’homme devait remercier pour la souffrance, si tant est qu’il y parvienne sincèrement et ce, malgré la puissance de la douleur, quel dessein pour les prières ? Ainsi, l’homme devra accuser réception de l’épreuve, l’attribuer à une volonté divine, se maintenir dans la joie afin de ne pas sombrer dans la tristesse, mais en aucun cas remercier à proprement parler de vivre dans l’épreuve. Hashem se plaît à écouter les prières de l’homme, Hashem se plaît à être convaincu par les prières de l’homme et à les exaucer. De plus, Hashem attend de l’homme que celui-ci ait confiance en l’existence de son infinie miséricorde et qu’il y fasse appel ! » (Rav Avraham Ifra’h)

 

 

  • quand vous tombez : pour mieux comprendre la pensée de Yaakov HaTsadik, nous pourrons également nous inspirer d’une histoire rapportée dans le Tanya : « Un homme se présenta un jour devant le Maguid de Mezritch. Comment, interrogea-t-il son Maître, accepter la souffrance sans se départir de la joie ? Le Maguid lui répondit de se rendre auprès de l’un de ses grands talmidim, le Tsadik et Reb Zushe d’Anipoli pour lui soumettre sa question. L’homme s’exécuta. Il interrogea Reb Zushe lequel, en proie à un immense étonnement, finit par lui répondre : « C’est à moi que tu demandes comment accepter les souffrances dans la joie ? Comment puis-je le savoir alors que je n’ai jamais encore connu de souffrances ! » Cette réponse fut donnée par Reb Zushe alors qu’il vivait dans le dénuement le plus complet, accablé de difficultés de tous ordres… Il faut pourtant souligner qu’en dépit de ce bien profond que cachent les épreuves, nous demandons à D.ieu que le bien qu’il nous envoie soit, selon l’expression maintes fois répétée par le Rabbi : un bien visible et révélé. » (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 26) 

 

 

  • dans les diverses épreuves : dans le même élan, il est enseigné par le Rav Shalom Arush : « Celui qui possède la foi, sait qu’il n’existe aucune situation au monde d’où le Saint Béni soit-Il ne peut l’extirper. » (Rav Shalom Arush). Pour information, selon le Talmud également, celui qui fait d'Hashem son partenaire dans la détresse aura sa parnassa matérielle doublée. (Bérakhot 63a) et voici également le commentaire Rachi sur cette Guémara : « Lorsqu’une personne accepte de plein gré les décrets divins sans se plaindre, ses revenus sont doublés. » (Rachi) ; selon Rabbi Na’hman aussi, « celui qui associe Hashem dans sa souffrance voit sa parnassa doubler et monter comme le vol d’un oiseau. » (Sefer Hamidot, Argent 1 :49)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3.     Pénétrez-le : le test de votre adhérence produit l’endurance.

 

 

  • Pénétrez-le : le test de votre adhérence : à noter que le Ramban sur la Akéda Its'hak enseigne que l'épreuve peut avoir trois raisons : la première, pour réparer une certaine faute ; on sera alors généralement dans une réalité « mesure pour mesure » ; la deuxième, pour réveiller la personne car Hashem souhaite lui « ouvrir les yeux » afin qu’elle se remette en question ; et la troisième, pour réaliser son potentiel car grâce à l'épreuve, la personne va s'élever et atteindre des niveaux spirituels beaucoup plus élevés. D'ailleurs, le mot hébreu « nissayone » [épreuve] provient du mot « ness » [miracle] et pourquoi ? Car de même que le miracle révèle quelque chose de caché, l'épreuve révèle le potentiel de la personne. Concernant la Akéda qui est la « dixième épreuve d'Avraham », l’épreuve correspondait à la troisième raison. (Rapporté par le Rav Emmanuel Bensimon)

 

 

  • produit l’endurance : comme il est enseigné par le Rav Ron Chaya : « L’épreuve est un cadeau d’Hashem pour nous permettre de s’élever vers lui. On ne la souhaite pas mais lorsqu’elle se présente, on l’affronte et on la surmonte. À savoir qu’aucune épreuve ne nous est envoyée si l’on ne peut la surmonter, c’est une des promesses de la Torah. » (Rav Ron Chaya)

 

 

 

 

 

 

 

 

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4.     que l’endurance rende l’œuvre parfaite, pour que vous soyez parfaits, et, dans l’abondance, dépourvus de rien.

 

 

  • que l’endurance rende l’œuvre parfaite : citons les commentaires du Rav Gefen : « Les difficultés peuvent nous aider à grandir dans notre Avodat Hashem. Par exemple, les prières d’un homme sont bien plus efficaces lorsqu’il ressent un réel besoin que lorsque tout va bien. Les plus célèbres ouvrages de nos Rabbanim furent, pour la plupart, écrits à des époques de grandes souffrances, et ce n’est pas une coïncidence. Lorsque quelqu’un est privé de confort physique, son seul refuge est la rou’haniout [la spiritualité] ; nous en avons un exemple avec nos illustres ancêtres, au moment où ils ont souffert de pauvreté ou d’oppressions, c’est alors que leur étude de la Torah connut son apogée. (Commentaires du Rav Yéhonathan Gefen, Paracha Ekev)

 

 

  • pour que vous soyez parfaits : et à ce sujet, il est également enseigné par le Rav Gabriel Dayan : « En perfectionnant sa conduite et en augmentant les temps réservés à l'étude, le but des épreuves est atteint et ils n'auront plus aucune raison de perdurer. » (Rav Gabriel Dayan)

 

 

  • et, dans l’abondance, dépourvus de rien : le but pour Yaakov HaTsadik étant de former des Nazaréens solides dans la foi en Yeshoua et parfaits dans les mitsvot.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5.     Mais si l’un de vous manque de sagesse, qu’il la demande à Elohîms il donne à tous les hommes sans réserve, sans blâme, et elle lui sera donnée.

 

 

  • Mais si l’un de vous manque de sagesse : pour commenter ce passage, nous citerons les enseignements du Tanya : « La sagesse est appelée « hokhma » en hébreu, c’est un terme composé de deux mots : « kowah » et « mah », soit le pouvoir de l’effacement. La hokhma représente ainsi, l’abnégation [l’effacement] devant D.ieu ; et lorsqu’elle fait défaut, la sainteté est également absente. » (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 19)

 

 

  • qu’il la demande à Elohîms : au moment de la téfila et pourquoi ? Car il est enseigné par le Roi Shlomo : « La sagesse vaut mieux que les perles, elle a plus de valeur que tous les objets de prix. » (Mishlei 8 :11) et ailleurs, il est également enseigné : « Elle est également une source de vie pour celui qui la possède. » (Mishlei 16 :22)

 

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  • il donne à tous les hommes sans réserve, sans blâme­ : en effet, il est bien précisé dans le Tanakh : « L'Éternel donne la sagesse ; de sa bouche sortent la connaissance et l'intelligence. Il tient en réserve le salut pour les hommes droits, un bouclier pour ceux qui marchent dans l'intégrité. » (Mishlei 2 :6-7)

 

 

  • et elle lui sera donnée : comme ce fut le cas pour Shlomo HaMelekh comme il est dit : « Shlomo répondit à D.ieu : (…) Accorde-moi donc de la sagesse et de l'intelligence, afin que je sache me conduire à la tête de ce peuple ! Car qui pourrait juger ton peuple, ce peuple si grand ? D.ieu dit à Shlomo : Puisque c'est là ce qui est dans ton cœur, puisque tu ne demandes ni des richesses, ni des biens, ni de la gloire, ni la mort de tes ennemis, ni même une longue vie et que tu demandes pour toi de la sagesse et de l'intelligence afin de juger mon peuple sur lequel je t'ai fait régner, la sagesse et l'intelligence te sont accordées. Je te donnerai, en outre, des richesses, des biens et de la gloire, comme n'en a jamais eu aucun roi avant toi et comme n'en aura aucun après toi. » (2 Divré Hayamim 1 :8-12) ou encore : « D.ieu donna à Shlomo de la sagesse, une très grande intelligence et des connaissances multipliées comme le sable qui est au bord de la mer. La sagesse de Shlomo surpassait la sagesse de tous les fils de l'Orient et toute la sagesse des Égyptiens. Il était plus sage qu'aucun homme (…) et sa renommée était répandue parmi toutes les nations d'alentour. Il a prononcé trois mille sentences et composé mille cinq cantiques. Il a parlé sur les arbres, depuis le cèdre du Liban jusqu'à l'hysope qui sort de la muraille ; il a aussi parlé sur les animaux, sur les oiseaux, sur les reptiles et sur les poissons. Il venait des gens de tous les peuples pour entendre la sagesse de Shlomo, de la part de tous les rois de la terre qui avaient entendu parler de sa sagesse. » (1 Melakhim 4 :29-34)

 
 
 
 
 

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6.     Qu’il la demande dans l’adhérence, sans douter de rien : oui, celui qui doute ressemble à l’agitation de la mer, poussée et repoussée.

 

 

  • Qu’il la demande dans l’adhérence : les enseignements Nazaréens dont nous sommes les héritiers, concernant notre émouna « dans la hitbodedout » sont extrêmement forts. En effet, il ne doit y avoir en aucun cas, une quelconque place « au doute » dans le cœur d’un authentique croyant. En fait, les Nazaréens de l’époque dont le Mashiah lui-même, étaient certains qu’Hashem pourvoirait à toutes demandes faites avec sincérité comme il est dit : « Je vous le dis en vérité, si quelqu'un dit à cette montagne : Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, et s'il ne doute point en son cœur mais croit que ce qu'il dit arrive, il le verra s'accomplir. C'est pourquoi je vous dis : Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l'avez reçu et vous le verrez s'accomplir. » (Marcos 11 :23-24)

 

 

  • sans douter de rien : et dans le même élan, pour éliminer le doute, Rabbi Na’hman de Breslev nous a enseigné : « Grâce à l’audace, nous entrons dans la sainteté. » (Torah n°22 du Likouté Moharan I) car nous devons constamment « oser » devant Hashem lequel est toujours disposé pour nous aider et nous faire partager ses merveilles.

 

 

  • oui, celui qui doute ressemble à l’agitation de la mer : en fait, nous devons tous reconnaître notre éloignement avec la sainteté d’Hashem de par la multitude de nos fautes comme il est dit : « Nous bronchons tous de plusieurs manières. » (Yaakov 3 :2) et de ce fait, nous devons tous nous considérés comme extrêmement éloignés du Créateur et par conséquent, de ce constat, nous ne pouvons prétendre nous servir de nos mérites pour justifier nos demandes. Néanmoins, Hashem dans sa miséricorde infinie, désire ardemment que nous nous adressions à lui pour tous nos besoins, spirituels comme matériels. Du coup, comment procéder pour déverrouiller les portes du Ciel ? La réponse selon Yaakov HaTsadik et selon Rabbi Na’hman de Breslev est : notre « audace » dans la téfila ! 

 

 

  • poussée : bien sûr, il ne s’agit nullement de l’audace ou « du culot » qui nous fait parfois répondre d’une façon désolante à nos semblables... Au contraire, il s’agit ici d’une sainte audace : celle nous permettant, en toute humilité, de faire un pas vers le divin et de formuler nos demandes ; le tout en étant parfaitement convaincu qu’Hashem nous aime et désire nous répondre de manière favorable et ce, malgré nos carences spirituelles. 

 

 

  • et repoussée : cette audace de sainteté fut partagée par les plus grands, notamment par Daniel comme il est dit : « Mon D.ieu, prête l'oreille et écoute ! Ouvre les yeux et regarde nos ruines, regarde la ville sur laquelle ton nom est invoqué ! Car ce n'est pas à cause de notre justice [de nos mérites] que nous te présentons nos supplications, c'est à cause de tes grandes compassions. » (Daniel 9 :18)

 

 

 

 

 

 

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7.     Que cet homme ne s’imagine donc pas recevoir quoi que ce soit de IHVH-Adonaï.

 

  • Que cet homme ne s’imagine donc pas recevoir : comme il est également enseigné : « Or sans la foi il est impossible de lui être agréable ; car il faut que celui qui s'approche de D.ieu croie que D.ieu existe, et qu'il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. » (Hébreux 11 :6) et pourquoi ? Car nos prières ne sont qu'une manière d'être persuadé qu'Hashem est à l'origine de tout. (Rabbi Moshé Matrani, Cha’ar Hatefila, chap. 2 et Pisské Téchouvot, chap. 98 :9)

 

  • quoi que ce soit de IHVH-Adonaï : le Rabbi a également déclaré : « Tout ce que vous demanderez avec foi par la prière, vous le recevrez. » (Matityahou 21 :22) et dans le même élan, il est enseigné du Rav Gabriel Dayan : « Pourquoi nos prières ne sont-elles pas exaucées ? Car elles ne sont pas récitées avec ferveur et compréhension. » (Rav Gabriel Dayan) 

 

 

 

 

 

 

 

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8.     homme double, instable en toutes ses routes.

 

  • homme double : dans le même élan que le Chef de la Kéhila de Jérusalem, le Rav Gabriel Dayan enseigne : « Assez souvent, nos actions [comme le manque de foi décrit par Yaakov] sont à l'origine de nos manques et constituent une barrière solide face aux bénédictions prodiguées par Hashem. » (Rav Gabriel Dayan). En fait, si les prières sont, dans la plupart des cas, tôt ou tard, profitables ; elles ne sont pas toujours suffisantes pour connaître l’exaucement. (Bérakhot 32b, Taanit 8a, Baba Batra 116a). De ce fait, il est important d’opérer certains changements dans notre comportement qui, dans la plupart des cas, s'avèrent très bénéfiques. Nous citerons, outre le « manque de foi » décrit par Yaakov HaTsadik, d’autres « fautes » mentionnés par le Rav Dayan à propos des prières non exaucées : le lachon hara (Chémirat HaLachon, Cha’ar Hazekhira, 10 :4), l’orgueil (Introduction au Sefer ‘Hassidim), le refus d’écouter des paroles de Torah (Mishlei 28 :9) ou encore le fait de ne pas être sensible aux besoins des nécessiteux. (Sefer ‘Hassidim, passage 612 et Hayé Olam, 1)

 

  • instable en toutes ses routes : malgré tout, pour atténuer les propos assez rudes de Yaakov ; nous pourrons citer les enseignements du Rav Chalom Guenoun : « La émouna est le fait de savoir que D.ieu a créé le monde ; le bita'hon est la conscience qu’il le gère à chaque instant. (…) C’est un travail qui se fait pas à pas, et dont les gains sont ressentis en l’homme un peu plus chaque jour [lorsqu’il travaille pour parfaire sa foi !]. » (Rav Chalom Guenoun)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9.     Mais que le frère pauvre soit fier de son élévation.

 

  • Mais que le frère pauvre : matériellement.

 

 

  • soit fier de son élévation : tout Nazaréen « pauvre » doit s’enrichir spirituellement et comme l’ont promis nos Sages de mémoire bénie : « Celui qui étudie la Torah en bonne et due forme finira par être riche. » (Pirké Avot 4 :9 ; Pirké Avot 6 :6) ; Rabbi Yéhouda HaNassi était le chef des « Grands de la Torah » et il mérita d'être immensément riche. (Avoda Zara 11a) ; et Rabbi Tarfone également. (Nédarim 62a)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10.     et le riche de son appauvrissement, parce qu’il passera comme fleur d’herbe.

 

  • et le riche : matériellement

 

  • de son appauvrissement : de nombreuses personnes ne méritent pas d'être plongées dans l'étude et dans l'aisance matérielle. (Brakhot 5b). Néanmoins, il est évident que chacun possède ce dont il a besoin pour mener une vie correcte et décente. (Téhilim 145 :15-16). De plus, selon la Torah, le riche n'est pas celui ayant accumulé beaucoup de biens matériels ; au contraire, il ne faut pas oublier que c’est la Torah qui est la plus grande de toutes les richesses comme il est dit : « Quiconque est en possession de sagesse de la Torah possède tout. » (Nedarim 41a)

 

  • parce qu’il passera comme fleur d’herbe : la conclusion de Yaakov HaTsadik est que même le riche n’emporte avec lui que sa Torah et ses bonnes actions. À ce sujet, Rabbi Yeshoua s’est également montré plus que perspicace : « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent mais amassez-vous des trésors dans le Ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. (Matityahou 6 :19-20)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11.     Oui, le soleil s’est levé avec sa chaleur brûlante ; il a desséché l’herbe, sa fleur est tombée, et le charme de son apparence a été détruit. Ainsi du riche, il s’évanouit dans ses routes.

 

  • Oui, le soleil s’est levé avec sa chaleur brûlante : les références au « soleil » dans le cadre d’un Jugement divin sont assez fréquentes dans le Tanakh comme il est dit : « On te craindra, tant que subsistera le soleil. » (Téhilim 72 :5) ou encore : « Mais pour vous qui craignez mon nom, se lèvera le soleil de la justice. » (Malakhi 4 :2) ou encore : « Au lever du soleil, D.ieu fit souffler un vent chaud d'orient, et le soleil frappa la tête de Yona, au point qu'il tomba en défaillance. » (Yona 4 :8)

 

  • il a desséché l’herbe, sa fleur est tombée : comme il est dit dans le Tanakh : « L'herbe sèche, la fleur tombe mais la parole de notre D.ieu subsiste éternellement. » (Yeshayahou 40 :8) 

 

  • et le charme de son apparence a été détruit : en lien avec la « séduction » contenue dans les biens matériels.

 

  • Ainsi du riche, il s’évanouit dans ses routes : comme il est enseigné : « Il est bien connu que la grandeur et la fortune ne sont dispensées qu’à celui qui s’en détourne ; de telle sorte que s’il ne les réclame, ni ne les poursuit, elles s’offrent d’elles-mêmes à lui tandis que s’il s’acharne à les obtenir, elles le fuient. » (Pniné haTorah, Éditions Torah-Box)

 

 

 

 

 

 

 

 

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12.     En marche, l’homme qui endure l’épreuve parce que l’épreuve, étant advenue, lui laissera la couronne de vie promise à ceux qui aiment.

 

 

  • En marche, l’homme qui endure l’épreuve : car comme nous l’avons déjà souligné, l’épreuve divine n’a pour but que l’élévation spirituelle, et pour mieux comprendre ce principe, nous pourrons nous inspirer de la vie de Yossef HaTsadik comme l’a enseigné le Rav Shalom Arush : « Yossef HaTsadik a connu des périodes douloureuses où il a touché le fond mais il a également connu des périodes de bonheur où il était au sommet du monde. Néanmoins, à quelle période de sa vie la Torah l'appelle-t-elle « l'homme qui réussit » ? Et il est dit : « Le chef de la prison ne prenait aucune connaissance de ce que Yossef avait en main, parce que l'Éternel était avec lui. Et l'Éternel donnait de la réussite à ce qu'il faisait. »  (Béréshit 39 :23) ; la Torah l’appelle de cette façon précisément à la période où il était au plus bas, pendant son esclavage ! » (Rav Shalom Arush)

 

 

  • parce que l’épreuve, étant advenue : continuons avec le Rav Arush : « Il faut remarquer que la Torah consacre des passages complets à Yossef HaTsadik, plus qu'aux Patriarches eux-mêmes car il est important pour la Torah de décrire le périple incroyable et impossible d'un homme qui avait toutes les raisons de s'effondrer et qui a fini par s'élever au-dessus de tous. Le récit du succès de Yossef parle de sa réussite précisément lorsqu’il était au plus bas de sa situation, et c'est précisément à partir de ce moment que son immense ascension s'est construite. » (Rav Shalom Arush)

 

 

  • lui laissera la couronne de vie promise à ceux qui aiment : concluons également avec les enseignements du Rav Arush sur Yossef HaTsadik : « Le vrai succès de Yossef ne s’est pas opéré quand il a atteint le sommet mais à chaque instant de ses tribulations pendant lesquelles, il n'a jamais été brisé, est resté toujours heureux et connecté à sa mission et à Hashem. Tout cela vient nous apprendre que le fait d’être toujours joyeux dans la vie, ce qui est rendu possible grâce à une foi sans faille et une connexion totale au Créateur, sont les vrais ingrédients du succès. Cette attitude a permis à Yossef de vivre sans aucune haine, ni rancune envers ses frères, sans aucune soif de vengeance et sans aucun traumatisme. Il était apaisé, son cœur était pur. Il n'est pas étonnant qu'un personnage aussi réussi, ait pu grimper du bas de l'échelle au sommet du monde en un clin d'œil. » (Rav Shalom Arush)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13.     Que personne, étant éprouvé, ne dise : C’est par Elohîms que je suis éprouvé. Non, Elohîms ne peut être éprouvé par le mal, il n’éprouve personne.

 

  • Que personne, étant éprouvé : en référence aux différentes tentations éprouvées par un homme.

 

  • ne dise : C’est par Elohîms que je suis éprouvé : Hashem ne désire que le bien pour ses créatures. (Yehezqel 18 :32) et de ce fait, si l’être humain goûte au mal, ce n’est qu’une conséquence de son mauvais comportement [dans la majeure partie des cas]. En effet, s’il traverse des situations difficiles, c’est le résultat de ses manquements. (Brakhot 5a ; Rambam, Hilkhot Téchouva 7 :7) ; bien évidemment, il y a des exceptions mais d’une manière générale, c’est la bonne façon d’appréhender les choses.

 

  • Non, Elohîms ne peut être éprouvé par le mal, il n’éprouve personne : de la même façon, il est écrit dans le Dérekh Hashem : « En s’éloignant d’Hashem et de sa Torah, l’homme s’éloigne du bien. » (Rabbi Moché ‘Haïm Luzzato)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14.     Chacun est éprouvé par sa propre convoitise, qui l’entraîne et le séduit.

 

 

  • Chacun est éprouvé par sa propre convoitise :  la raison mentionnée dans les Écrits des décisionnaires est la suivante : « Le cœur est l'un des explorateurs du corps et l'attire vers la faute. Les yeux voient, le cœur convoite, puis les membres commettent la faute. » (Rachi sur Bamidbar 15 :40) ; le cœur est, ainsi, « responsable » et « fautif » et c'est pourquoi nous le « frappons » lors du Vidouï ! (Mishna Broura, chap. 607, fin du passage 11). À ce sujet, le Mashiah a également précisé : « Car c'est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies. » (Matityahou 15 :19)

 

  • qui l’entraîne et le séduit : l’interdit de convoiter est présent parmi les dix commandements, il est donc très clair que ce sujet est d’une importance fondamentale comme il est dit : « Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain. » (Shemot 20 :17) ou encore : « Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain ; tu ne désireras point la maison de ton prochain, ni son champ, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain. » (Devarim 5 :21)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15.     Alors la convoitise, ayant conçu, enfante la faute, et la faute, pleinement formée, apporte la mort.

 

 

  • Alors la convoitise, ayant conçu : dans sa sagesse, Ibn Ezra a écrit : « De même qu’un villageois n’aurait même pas l’idée de vouloir épouser la princesse car il sait que cela est absolument hors de question, ainsi on devra s’interdire de convoiter tout ce qui appartient à un autre en sachant que toutes les manœuvres ne rendront jamais permise une acquisition frauduleuse. » (Ibn Ezra cité par le Rav Yossef Ginsburgh, Chabad)

 

  • enfante la faute : la mauvaise pensée du cœur, soit la convoitise peut entraîner de multiples fautes et ‘hass véchalom, on peut même être tenté de recourir au meurtre pour obtenir l’objet de sa convoitise. Ceci est arrivé au Roi A’hav lorsqu’il a fait tuer Navote pour s’approprier sa vigne. (1 Melakhim 21). Conclusion, il convient de se parfaire, et de maîtriser soigneusement ses envies et ce, afin ne pas trébucher…

 

  • et la faute, pleinement formée, apporte la mort : Rav Ami a dit : « Il n'y a pas de mort sans péchés, ni de souffrance sans fautes. » (Shabbat 55a) et Rachi, dans le même élan que Yaakov, précise bien : « C'est la transgression commise par une personne qui cause sa mort. » (Commentaires de Rachi) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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16.     Ne vous égarez pas, mes frères aimés.

 

 

  • Ne vous égarez pas : nous citerons ici, des enseignements ‘hassidiques lesquels déclarent : « D.ieu accorde à chacun de nous toutes les ressources, les biens, les aptitudes et les moyens dont nous avons besoin [personnellement] pour accomplir notre mission dans ce monde. Chacun de nous parvient à son ultime accomplissement en consacrant ces ressources à sa mission divine et en les utilisant pour intensifier la conscience de D.ieu dans le monde. Toutes les ressources qu’Hashem ne nous a pas accordées à un moment donné ne sont donc pas nécessaires à l’accomplissement de notre mission et ne pourraient en fait, qu’entraver l’épanouissement de notre plein potentiel. La seule réflexion à cette vérité suffira à nous guérir de toutes convoitises. » (Propos en lien avec la ‘Hassidout ‘Habad, Hitvaadouyot 5742, vol. 3, pp. 1661–1662)

 

  • mes frères aimés : en référence aux Nazaréens, soit aux talmidim du Rabbi.  

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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17.     Tout bon présent, tout don parfait est d’en haut, du père des lumières, en qui il n’est ni changement ni l’ombre d’un tropisme.

 

 

  • Tout bon présent, tout don parfait est d’en haut : tous proviennent d’Hashem lequel est rempli de bonnes intentions envers chacune de ses créatures comme il est dit : « Rien de mal ne descend d’en-haut. » (Béréshit Rabah 51 :3)

 

 

  • du père des lumières : dans le langage de Yaakov HaTsadik, cela fait certainement référence aux séfirot, soit aux différentes émanations de la divinité décrites dans la Kabbale.

 

 

COMMENTAIRE N°1

 

La Kabbale étant un domaine extrêmement élevé, l'objectif pour la plupart d’entre nous sera simplement d’essayer d’en avoir quelques notions, selon notre niveau, afin de mieux appréhender l’infini d’Hashem.

Pour information, le mot « kabbale » en hébreu signifie « réception » [par exemple, le vendredi soir nous parlons de « kabbalat Shabbat » dans le sens d’accueillir, ou encore de réceptionner le Shabbat] et pourquoi ? Car dans ce précis, la Kabbale désigne « la réception » des secrets de la Torah, données à Moshé au mont Sinaï. En effet, la tradition « kabbalistique » s'est transmise seulement de Maître à élève jusqu'à l'époque de Rabbi Shimon Bar Yohaï [nommé également le Rashbi] où les enseignements de la Kabbale ont commencé à être mis par écrit dans un Livre, en plusieurs tomes, appelé le Zohar [la Splendeur]. Plus tard est venu le Ari HaKadosh, qui a commencé à expliquer le Zohar et à en décoder ses secrets ; néanmoins, ce Livre était encore réservé à une certaine élite Juive. Plus tard encore est venu le Baal Chem Tov [le fondateur de la 'Hassidout] qui a commencé à mettre la Kabbale plus ou moins, au niveau de tous. Les Loubavitch et les Breslev, les deux dernières branches de la 'Hassidout actuelle, ont également produit deux Livres encore plus facile d’accès : le Tanya et le Likouté Moharan, utilisant un langage kabbalistique adaptée à chacun.

En fait, la Torah peut être lue via quatre niveaux d’interprétation : le pshat [le sens littéral], le rémez [le sens allusif], le drash [le sens homilétique] et le sod [le sens secret] et comme nous l’avons compris, la Kabbale s'intéresse au quatrième niveau d'interprétation de la Torah. Nos Maîtres disent que cette science est en réalité, l'âme même de la Torah, son intériorité alors que l'étude du Talmud et de la halakha [la loi extérieure] représenterait plutôt le corps de la Torah ; un homme se doit donc d'étudier les deux facettes, pour construire son corps et son âme, et être un Ben Adam complet.

 

COMMENTAIRE N°2

 

Voici les grands axes d'études de la Kabbala :

  • les séfirot [au singulier : séfira] sont des attributs divins, des « canaux de conduites » utilisés par Hashem pour diriger son monde tel que la bonté, la rigueur, la vérité, la splendeur, la force, la connaissance, etc… Selon nos Maîtres, chaque humain possède en lui ces dix forces fondamentales ; l'étude des séfirot nous permettra ainsi, de mieux nous comprendre nous-mêmes.

 

  • la notion des tsimtsoumim : il s’agit de la rétractation de la lumière divine, nécessaire pour permettre l'existence de l'homme et de notre histoire. En réalité, rien n'est vide d’Hashem : il s'agit seulement d’un voilement volontaire de sa Présence ; cette notion est détaillée dans la Kabbale et à la base de la compréhension de la Création.

 

  • la science des lettres hébraïques : par elles, le Créateur à former son monde ; ce sont des puissances énergétiques renfermant une grande vitalité.

 

  • la notion des tikounim [des réparations] : le but des 6000 ans d'histoire est de nous conduire à notre bien ultime et pour y arriver, nous devons « faire le tikoun », soit réparer la faute d’Adam Harichon laquelle a fait sombrer l’humanité dans le chaos.

 

Conclusion, plus une personne avance dans la connaissance mystique ou kabbalistique de la Torah, plus elle comprend qu'en fait, elle ne sait rien sur Hashem. En d’autres termes, cette science ésotérique nous apprend l'humilité et en effet, combien nous sommes petits face à la grandeur d’Hashem lequel est d'ailleurs appelé dans le « jargon » kabbalistique « l'Ein Sof », littéralement, « l’Etre sans fin ».

 

 

  • en qui il n’est ni changement ni l’ombre d’un tropisme : comme il est écrit : « Je suis l'Éternel, je ne change pas. » (Malakhi 3 :6) et ailleurs, il est enseigné par le Rambam : « Maintenant qu’il est évident qu’Hashem n’a pas de corps et de forme, il est également clair qu’aucun attribut propre au corps ne lui est approprié : ni lien ni séparation, ni lieu ni mesure, ni montée ni descente, ni gauche, ni droite, ni devant ni derrière, ni position assise ou debout. Il n’est pas non sur un plan temporel pour avoir un début et une fin, et un nombre d’années… Il n’est sujet à aucun changement car il n’est aucun facteur qui ne lui cause de changement. Il n’est sujet ni à la mort, ni à la vie semblable à la vie du corps. Il n’est pas définissable en termes d’ineptie ou de sagesse semblable à la sagesse humaine. Il n’a ni sommeil ni lever, ni colère ni rire, ni joie ni tristesse, ni silence ni parole semblable à l’expression humaine. Telle est la sentence des Sages : « Il n’y a en haut ni position assise ou debout, ni séparation ni lien. » Ceci étant, les expressions susmentionnées du Pentateuque et des Livres des Prophètes sont toutes métaphoriques et rhétoriques. Par exemple, celui qui siège dans les Cieux rira, ils m’ont mis en colère avec leurs vanités, comme l’Éternel s’était plu, etc…. et les expressions semblables À ce propos, les Sages ont dit : « La Torah s’exprime dans le langage de l’homme. » Et de même, il est dit : Est-ce moi qu’ils mettent en colère, et il est dit : Moi, l’Eternel, Je n’ai pas changé ; or, s’il était parfois en colère et parfois allègre, ce serait un changement. Tous ces états n’existent que chez les êtres physiques obscurs et bas, qui résident dans les maisons d’argiles, et ont leurs fondements dans la poussière. Mais lui, Béni soit-Il est élevé et exalté au-dessus de tout ceci. » (Mishné Torah du Rambam, Yessodei HaTorah, chap. 1)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18.     L’ayant voulu, il nous a enfantés par la parole de vérité, pour que nous soyons en tête de ses créatures.

 

 

  • L’ayant voulu : en référence au Maître du monde.

 

 

  • il nous a enfantés par la parole de vérité : celle dispensée par notre Rabbi lequel a déclaré : « Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. » (Yohanan 4 :23) ou encore : « Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l'Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi. » (Yohanan 15 :26)

 

 

  • pour que nous soyons en tête de ses créatures : les Nazaréens sont considérés comme étant les « favorisés » d’Hashem.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19.     Sachez-le, mes frères aimés : que tout homme soit prompt à entendre, lent à parler et lent pour la brûlure.

 

 

  • Sachez-le, mes frères aimés : les sujets évoqués par Yaakov étant d’une grande importance.

 

  • que tout homme soit prompt à entendre : à ce sujet, il existe une diction bien connu lequel enseigne : « Le Ciel nous a donné deux oreilles pour écouter et une bouche pour parler. Nous devrions donc écouter deux fois plus que parler. » De ce fait, il n’est donc pas étonnant qu’en pleine crise du coronavirus, le Rav Kanievsky ait demandé à tous les Juifs, d'étudier chaque jour deux halakhot sur le lachon hara.

 

  • lent à parler : comme il est dans le Midrash : « D.ieu dit : Si vous voulez échapper au Guey-Hinnom, éloignez-vous du lachon hara, vous acquerrez ainsi du mérite dans ce monde et dans le monde futur ! » (Midrash Tan’houma, Parachat Metzorah)

 

  • et lent pour la brûlure : comme il est enseigné dans la Torah Orale : « Celui qui se met en colère, toutes sortes de Guey-Hinnom s'abattent sur lui. » (Nédarim 22a). À ce sujet, le Ari Zal s’est également montré très strict comme il est dit : « La mida de la colère est capable d’endommager toute la néchama et de la remplacer. En effet, lorsqu’un homme se met en colère, sa néchama le quitte complètement et une nouvelle âme impure vient prendre sa place. » (Ari Zal, Shaar Rouah Hakodesh, chap. 7)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20.     car la brûlure de l’homme n’accomplit pas la justice d’Elohîms.

 

 

  • car la brûlure de l’homme : en référence au comportement colérique. À noter que le Rambam (Hilkhot Déot 2-3), Rabbénou Yona (Pirké Avot 2 :10) et le Sefer Hayachar Shaar 6 du Rav Zekharia nous écrivent tous, comme Yaakov HaTsadik, que la colère est très néfaste et qu’elle détruit complétement la Avodat Hashem d’un homme. D’autres nous expliquent même que cet interdit n’est pas mentionné et compté dans le nombre des 613 mitsvot car c’est une base évidente de la Torah. (voir Sha'aré Kédoucha du Rav 'Haïm Vital, Tome 1-2)

 

  • n’accomplit pas la justice d’Elohîms : selon le Messilat Yésharim, le coléreux peut même [potentiellement] détruire le monde entier. (Messilat Yésharim, chap. 11 ; voir également dans le Tanya, Iguérèt Hatechouva, chap. 2).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21.     Aussi, écartant toute souillure, tout vestige du mal, accueillez avec humilité la parole implantée, celle qui peut sauver vos êtres.

 

 

  • Aussi, écartant toute souillure : en référence aux impuretés de ce monde.

 

  • tout vestige du mal : de notre passé ; le but étant d’avancer constamment dans notre relation avec Hashem [via la hitbodedout], dans notre relation avec le Tsadik, dans la Torah et les mitsvot comme il est dit : « Ce n'est pas que j'aie déjà remporté le prix, ou que j'aie déjà atteint la perfection ; mais je cours, pour tâcher de le saisir, puisque moi aussi j'ai été saisi par le Mashiah Yeshoua. » (Philippiens 3 :12) ou encore : « Au reste, frères, puisque vous avez appris de nous comment vous devez vous conduire et plaire à D.ieu, et que c'est là ce que vous faites, nous vous prions et nous vous conjurons au nom du Seigneur Yeshoua de marcher à cet égard de progrès en progrès. » (1 Thessaloniciens 4 :1)

 

  • accueillez avec humilité la parole implantée : celle du Tsadik de vérité.

 

  • celle qui peut sauver vos êtres : comme il est enseigné au nom du Rabbi : « Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. » (Yohanan 6 :63) ; il est également précisé dans l’Évangile de Toma au sujet des paroles de Yeshoua : « Voici les paroles cachées que Yeshoua le Vivant a dites et qu’a transcrites Didyme Yéhouda Toma. ​Et il a dit : Celui qui trouvera l’interprétation de ces paroles ne goûtera pas de la mort. » (Évangile de Toma, Loggion 1)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22.     Devenez les réalisateurs de la parole, et pas seulement des entendeurs qui s’illusionnent eux-mêmes.

 

 

  • Devenez les réalisateurs de la parole : de la Torah comme il est dit : « Fortifie-toi seulement et aie bon courage, en agissant fidèlement selon toute la Torah que Moshé, mon serviteur, t'a prescrite ; ne t'en détourne ni à droite ni à gauche, afin de réussir dans tout ce que tu entreprendras. Que ce Livre de la Torah ne s'éloigne point de ta bouche ; médite-le jour et nuit, pour agir fidèlement selon tout ce qui y est écrit ; car c'est alors que tu auras du succès dans tes entreprises, c'est alors que tu réussiras. » (Yéhochoua 1 :7-8)

 

  • et pas seulement des entendeurs : en référence aux faux religieux « avec un chapeau et une barbe » ou au mieux, aux non-pratiquants…

 

  • qui s’illusionnent eux-mêmes : nos Sages ont enseigné dans un Midrash : « Les mitsvot n’ont été données que pour y associer les créatures » (Béréshit Rabba 44 :1) ; il est donc aisé de comprendre que les mitsvot n’ont été données que pour polir les âmes afin d’accéder à la sainteté et au potentiel qu’elles renferment toutes… En effet, le but est de devenir non seulement des êtres bons mais également capables de surmonter nos penchants, de développer nos traits de caractère enfouis, ou encore de parvenir à un bonheur authentique et spirituel, et ce pour l’éternité…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23.     Si quelqu’un est un entendeur de la parole et non un réalisateur, il ressemble à un homme qui observe le visage de sa genèse dans un miroir.

 

 

  • Si quelqu’un est un entendeur de la parole et non un réalisateur : si quelqu'un écoute la Torah et ne la met pas en pratique ; et à ce sujet, il est enseigné : « Rabbi Yéhochoua ben Korḥa a dit : Quiconque étudie la Torah et ne l'examine pas est comparable à une personne qui sème et ne récolte pas. Rabbi Yéhochoua dit : Quiconque étudie la Torah et l’oublie est semblable à une femme qui donne naissance et enterre son nouveau-né. » (Sanhédrin 99a)

 

 

  • il ressemble à un homme qui observe le visage de sa genèse dans un miroir : puisque la Torah nous renvoie notre image ; son étude et sa pratique nous permettant de nous réparer et de nous sanctifier ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24.     il s’observe lui-même, et part en oubliant comment il était.

 

 

  • il s’observe lui-même : il est enseigné par le Rav Taieb : « Dans son introduction, le Messilat Yésharim nous enseigne qu’Hashem n'a créé le monde, et donc la vie, que pour que ses créatures puissent se délecter de la lumière de son émanation. Le problème est que nous refusons de suivre le mode d'emploi : l'accomplissement des mitsvot et l'étude de la Torah, ayant pour but de parfaire l'homme et d'amoindrir son côté animal pour faire briller son étincelle divine. » (Rav Avraham Taieb)

 

  • et part en oubliant comment il était : dans le même élan, une maxime du Baal Chem Tov nous enseigne que « si un homme voit une faute chez un autre, c’est là le signe qu’il a lui aussi une faute semblable. » En fait, c’est comme s’il regardait dans un miroir : si le visage qu’il voit n’est pas propre, c’est son propre visage qui est sale. (selon le Méor Enayim sur ‘Houkat). Dès lors, nous pouvons poser cette question : Pourquoi ne pourrait-on pas voir une faute objective chez autrui, sans être soi-même en faute ? La raison en est que la divine providence est présente en toutes circonstances. Si nous discernons le mal chez quelqu’un, cela aussi a un but divin, qui est de nous montrer nos propres manques que nous nous devons de corriger. (Extrait de Torah Studies, Kehot, une adaptation des discours du Rabbi de Loubavitch, 1986)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25.     Mais celui qui contemple la tora parfaite ­ celle de la liberté ­ s’y attache, en ne devenant pas un entendeur oublieux, mais un réalisateur de l’œuvre, il est en marche, celui-là, vers sa réalisation.

 

 

  • Mais celui qui contemple la tora parfaite : comme il est dit : « La Torah de l'Éternel est parfaite, elle restaure l'âme ; le témoignage de l'Éternel est véritable, il rend sage l'ignorant.  Les ordonnances de l'Éternel sont droites, elles réjouissent le cœur ; les commandements de l'Éternel sont purs, ils éclairent les yeux.  La crainte de l'Éternel est pure, elle subsiste à toujours. » (Téhilim 19 :7-9)

 

 

  • celle de la liberté : et selon Rabbi Yéhochoua ben Levi : « Chaque jour une Voix Céleste sort du mont Horev et fait une proclamation : « Malheur à l'humanité pour son mépris envers la Torah ! » Quiconque ne s'occupe pas de l'étude de la Torah est appelé, le réprimandé (…) car il n'y a d'homme libre que celui qui s'implique dans l'apprentissage de la Torah. » (Pirké Avot 6 :2)

 

 

  • s’y attache : selon les dires de Yaakov HaTsadik, il faut persévérer et insister dans l’étude de la Torah.

 

 

  • en ne devenant pas un entendeur oublieux : dans le même élan, Rabbi Akiva nous enseigné : « Chantez tous les jours, chantez tous les jours, c'est à dire révisez vos études comme une chanson que l'on chante encore et encore. » (Sanhédrin 99b)

 

 

  • mais un réalisateur de l’œuvre : comme il est également enseigné : « Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la Torah qui sont justes devant D.ieu mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés. » (Romains 2 :13)

 

 

  • il est en marche, celui-là, vers sa réalisation : en effet, Rava a dit : « Tous les corps sont comme des réceptacles pour stocker des objets jusqu'à leur utilisation. Heureux est celui qui est un réceptacle pour la Torah. » (Sanhédrin 99b)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26.     Si quelqu’un croit être religieux sans brider sa langue, mais en illusionnant son propre cœur, vaine est sa religion.

 

 

  • Si quelqu’un croit être religieux : un véritable Nazaréen.

 

  • sans brider sa langue : en référence au lachon hara. À noter que cette faute entraîne malheureusement, de façon obligatoire un impact négatif sur nous-mêmes, sur notre entourage et sur le monde entier, jusque dans l’espace et les sphères supérieures.

 

  • mais en illusionnant son propre cœur : en fait, lorsqu’il s’agit du lachon hara, les conséquences peuvent être extrêmement graves étant donné que nos Sages comparent cette faute à de l’idolâtrie. (Erkhin 15b). En effet, dans cette même référence, les Sages nous dévoilent également que le lachon hara équivaut aux trois fautes les plus graves : la débauche, le meurtre et comme nous l’avons dit, l’idolâtrie ; ils ajoutent aussi : « Quiconque dit du lachon hara, le volume de ses fautes arriveront jusqu’au Ciel » ou encore : « Quiconque dit du lachon hara mérite d’être lapidé » ou encore : « Hashem a dit : Quiconque dit du lachon hara, moi et lui ne pouvons résider ensemble dans ce monde ! »

 

  • vaine est sa religion : et pourquoi ? Car tout dépend de la bouche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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27.     La religion pure, immaculée, devant Elohîms, le père, la voici : visiter les orphelins et les veuves dans leur tourment, et se garder soi-même sans tache, loin du monde.

 

 

  • La religion pure, immaculée : cela fait référence au « vrai » service divin. En hébreu, il s’agit de la « Avodat Hashem » ; comme précisé, celle-ci doit être pure et loin de toutes tâches.

 

 

  • devant Elohîms, le père : en référence au Maître du monde.  

 

 

  • la voici : visiter les orphelins et les veuves dans leur tourment : comme il est dit : « L’Éternel est le père des orphelins, le défenseur des veuves. » (Téhilim 68 :5) 

 

 

  • et se garder soi-même sans tache, loin du monde : cela fait référence aux plaisirs matériels, aux désirs charnels, ou encore aux tentations mondaines, etc… Dans le même élan, il est enseigné par le Rav Avraham Ifra’h : « C’est d’ailleurs, la raison pour laquelle les hommes sont astreints à la mitsva du port des tsitsits : afin de garder à l’esprit l’existence des mitsvot et de ne pas sombrer dans les écueils de l’aspect fonctionnel de ce monde. Rabbi Na’hman nous enseigne que ces écueils sont de plus, associés à la klipa de Pharaon. » (Rav Avraham Ifra’h)