CHAPITRE 1

Pour l'instant, 13 versets sont actuellement disponibles pour ce chapitre.

a898170403d6c1e14f37a5cc4e582f1b.png

COMMENTAIRES 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1.     Paulos, serviteur d’Elohîms, envoyé de Iéshoua , le messie, pour l’adhérence des élus d’Elohîms et la pleine connaissance de la vérité dans la ferveur.

 

 

  • Paulos : nom grec de l’Apôtre Shaoul.

 

 

  • serviteur d’Elohîms : ce titre doit être celui de tout Juif et de tout non-Juif converti, nous sommes tous appelés au service divin.

 

COMMENTAIRE N°1

Car c'est de moi que les enfants d'Israël sont esclaves ; ce sont mes esclaves, que j'ai fait sortir du pays d'Égypte. Je suis l'Éternel, votre D.ieu. (Vayikra 25 :55)

 

Chacun doit accepter le joug du Ciel et des commandements sur lui-même, en tant que serviteur. Tel est le sens du verset : Ils sont mes serviteurs, comme il est aussi écrit : Israël en qui je suis glorifié. (Yeshayahou 49 : 3). C'est glorieux pour D.ieu quand Israël accepte la servitude envers lui, bien qu'il soit ses enfants. Ce n'est pas seulement un éloge pour Israël mais c'est aussi un véritable témoignage pour le Créateur. (…) De même, quotidiennement, on doit accepter le joug du Ciel en tant que serviteur et nous mériterons ainsi, de recevoir la Torah en tant qu'enfant, selon son niveau. (Akéda Its’hak 67 : 6)

D’ailleurs, le mot hébreu "avoda" [Avoda Hashem] signifie littéralement un "travail" mais celui-ci est aussi extrêmement proche du mot "avdout" : "l’esclavage" … On comprendra alors aisément que la raison d’être du Juif sera d’être l’esclave de D.ieu, ceci se caractérisera par l’apprentissage de la Torah et la pratique des mitsvot.

Pour aller plus loin, le Chlah Hakadoch nous explique même que la raison essentielle de notre descente en Egypte fut, en réalité, d’apprendre à devenir esclave. Cette école permit à nos ancêtres d’enlever toute fainéantise et orgueil afin de nous apprendre à être soumis aux ordres ; à la fin de ces longues années en Égypte, nous étions donc censés être prêts à être les esclaves d’Hashem. Nos Sages nous ont également enseigné que celui qui n’est pas le serviteur d’Hashem devient de toute façon, l’esclave de son Yetser Hara ; en cela, il se prive de ce monde-ci et du monde futur… Nous devons donc nous réjouir d’avoir été choisis pour servir le Maître du monde, afin de mériter de jouir de ce monde-ci et de l’autre.

 

Mais nous nous rendons à tous égards recommandables, comme serviteurs de D.ieu, par beaucoup de patience (…) par la pureté, par la connaissance, par la longanimité, par la bonté, par le Rouah Hakodesh, par une charité sincère, par la parole de vérité, par la puissance de D.ieu, par les armes offensives et défensives de la justice. (2 Corinthiens 6 :4-7)

Dans la Lettre aux Corinthiens, l’Apôtre Shaoul détaillera la liste des traits de caractère d’un serviteur de D.ieu :

  • une grande patience : c’est le premier trait de caractère d’un vrai serviteur de D.ieu, c’est la qualité suprême qui permet d’affronter toutes les épreuves.

  • la pureté : une vie morale irréprochable, dans les pensées comme dans les actes, une droiture de cœur jusque dans notre intériorité la plus secrète.

  • la connaissance : la connaissance de D.ieu, au travers de la Torah mais également au niveau de notre vécu.

  • Le ‘hessed : une douceur de tempérament et de conduite, l’amabilité et beaucoup d’amour envers tous, un cœur porté à faire le bien et à venir en aide aux autres.

  • Le Rouah Hakodesh, soit l’Esprit du Mashiah qui nous pousse à faire constamment le bien et d’avancer dans la kédoucha.

  • un amour sans hypocrisie : un amour sans mensonges, en paroles et en actes.

  • etc…

Le seul but de la descente d’un Juif dans le monde physique est la mission qu’il remplit dans sa vie. (…) En indiquant au peuple Juif que les enfants d’Israël étaient ses serviteurs, Hashem nous donna la force et la capacité pour accomplir notre mission divine. Le Juif qui se souvient qu'il est le serviteur de D.ieu sera libéré de son exil personnel et sera élevé au-dessus des contraintes du monde physique. Par ailleurs, il hâtera la libération de tout le peuple Juif de cet exil. Puissions-nous la vivre immédiatement. (Likouté Si’hoth du Rabbi de Loubavitch)

 

  • envoyé de Iéshoua , le messie : par une révélation directe du Rabbi de Natzeret. 

 

COMMENTAIRE N°2

Pour mieux comprendre la pensée de l’Apôtre Shaoul concernant cette présentation, nous pourrons nous inspirer du chap. 1 de la Lettre aux Galates.

Shaoul, Apôtre, non de la part des hommes, ni par un homme mais par le Mashiah Yeshoua et D.ieu le Père, qui l'a ressuscité des morts. (Galates 1 :1)

L’apostolat de Shaoul n’était pas d’origine charnelle [dirigée par les hommes] mais bien céleste, en l’occurrence, celui-ci provenait de l’Admour Yeshoua lui-même…

 

Ceci est liée aux événements décrits dans le Livre des Actes chap. 9 et chap. 22.     

Cependant Shaoul, respirant encore la menace et le meurtre contre les talmidim du Seigneur, se rendit chez le Cohen Gadol et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s'il trouvait des partisans de la nouvelle doctrine, hommes ou femmes, il les amenât liés à Jérusalem. Comme il était en chemin, et qu'il approchait de Damas, tout à coup une lumière venant du ciel resplendit autour de lui. Il tomba par terre et il entendit une voix qui lui disait : Shaoul, Shaoul, pourquoi me persécutes-tu ? Il répondit : Qui es-tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Yeshoua que tu persécutes. Il te serait dur de regimber contre les aiguillons. Tremblant et saisi d'effroi, il dit : Seigneur, que veux-tu que je fasse ? Et le Seigneur lui dit : Lève-toi, entre dans la ville et on te dira ce que tu dois faire. (Actes 9 :1-6)

Comme j'étais en chemin et que j'approchais de Damas, tout à coup, vers midi, une grande lumière venant du ciel resplendit autour de moi.  Je tombai par terre, et j'entendis une voix qui me disait : Shaoul, Shaoul, pourquoi me persécutes-tu ? Je répondis : Qui es-tu, Seigneur ? Et il me dit : Je suis Yeshoua le Nazaréen, que tu persécutes. Ceux qui étaient avec moi virent bien la lumière mais ils n'entendirent pas la voix de celui qui parlait. Alors je dis : Que ferai-je, Seigneur ? Et le Seigneur me dit : Lève-toi, va à Damas et là on te dira tout ce que tu dois faire. (Actes 22 :6-10)

De plus, Rabbi Shaoul de Tarse n’a même pas été enseigné par les hommes concernant Yeshoua, au contraire, le Mashiah lui a tout accordé par révélation divine…

Je vous déclare, frères, que l'Évangile qui a été annoncé par moi n'est pas de l'homme car je ne l'ai ni reçu ni appris d'un homme mais par une révélation du Mashiah Yeshoua. (Galates 1 :11-12)

Néanmoins, comme nous le savons, Shaoul était un grand érudit en Torah et fut instruit aux pieds de Gamliel.

J’étais plus avancé dans le Judaïsme que beaucoup de ceux de mon âge et de ma nation, étant animé d'un zèle excessif pour les traditions de mes pères. (Galates 1 :14)

Shaoul dit : Je suis Juif, né à Tarse en Cilicie mais j'ai été élevé dans cette ville-ci, et instruit aux pieds de Gamliel dans la connaissance exacte de la Torah de nos pères, étant plein de zèle pour D.ieu, comme vous l'êtes tous aujourd'hui. (Actes 22 :2-3)

La révélation de l’identité de Yeshoua accompagnée de cette éducation religieuse lui a totalement suffi pour comprendre tout l’enseignement ‘hassidique de la Brit Hadasha. En effet, Gamaliel détient une réputation dans la Mishna pour être l’un des plus grands Maîtres dans toutes les annales du Judaïsme.

Quand Rabban Gamaliel l’Ancien est mort, la gloire de la Torah s’est éteinte et la pureté et l’abstinence ont disparu. (Mishna Sotah 9 :15) 

Gamaliel l’Ancien était tant estimé qu’il reçut le titre de "Rabban" au lieu du simple titre de "Rabbi" : ce titre honorifique était nettement supérieur…

Parmi les mishnayot qui lui sont attribuées, citons : Prends-toi un maître, éloigne-toi du doute et ne donne pas la dîme par approximation. (Pirké Avot 1 :16) 

Avec tout cela, cela n’est donc pas étonnant de voir un Shaoul complétement autonome… Le cas des autres Apôtres étaient totalement différents car ils n’avaient forcément reçu d’instruction toraïque et faisaient partie, pour la plupart, du ‘am hareetz. 

Lorsqu'ils virent l'assurance de Kéfa et de Yohanan, ils furent étonnés, sachant que c'étaient des hommes du peuple sans instruction et ils les reconnurent pour avoir été avec Yeshoua. (Actes 4 :13)

 

  • pour l’adhérence des élus d’Elohîms : pour la perfection de la émouna des talmidim du Melekh HaMashiah Yeshoua.

 

Béni soit D.ieu, le Père de notre Seigneur et Mashiah Yeshoua, qui nous a bénis de toute sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes dans le Mashiah ! En lui D.ieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui, nous ayant prédestinés dans son amour à être ses enfants d'adoption par le Mashiah Yeshoua, selon le bon plaisir de sa volonté, à la louange de la gloire de sa grâce qu'il nous a accordée en son bien-aimé. (Éphésiens 1 :3-6)

 

 

  • et la pleine connaissance de la vérité : la connaissance de l’Évangile.

 

Mon peuple est détruit, parce qu'il lui manque la connaissance. (Hoshéa 4 :6)

 

  • dans la ferveur : du grec "eusebeia" [de l’hébreu : ‘hassidout].

 

COMMENTAIRE N°3

Voici la définition du mot grec "eusebeia" :

  • révérence : respect profond, vénération, déférence envers D.ieu.

  • respect : sentiment de vénération envers ce qui est considéré comme sacré.

  • piété envers D.ieu : vertu qui dispose à rendre à D.ieu l'honneur qui lui est dû.

 

Je t'écris ces choses, avec l'espérance d'aller bientôt vers toi mais afin que tu saches, si je tarde, comment il faut se conduire dans la maison de D.ieu, qui est la Kéhila du D.ieu vivant, la colonne et l'appui de la vérité. Et, sans contredit, le mystère de la ‘Hassidout est grand : celui qui a été manifesté en chair, justifié par l'Esprit, vu des anges, prêché aux non-Juifs, cru dans le monde, élevé dans la gloire. (1 Timotheos 3 :14-16)

En plus, voici également la définition du mot grec d’origine "eusebes" :

  • pieux : qui est animé par des sentiments de piété, qui éprouve un amour mêlé de respect

  • respectueux :  Qui témoigne ou éprouve du respect.

  • fidèle : dont l'attachement, le dévouement à quelqu'un restent constants, et sur lesquels on est sûr de pouvoir compter.

 

Or, un nommé Hananyah, un ‘hassid selon la Torah et de qui tous les Juifs demeurant à Damas rendaient un bon témoignage (Actes 22 :12)

Le Judaïsme ‘hassidique prend racine dans le mot hébreu 'Hassidout, lequel a donné en français "la piété" et dans les Écrits Nazaréens, le mot grec "eusebeia" … Officiellement, ce mouvement, appelé également, le ‘hassidisme est un mouvement de renouveau religieux fondé au 18ème siècle en Europe de l'Est par le Baal Chem Tov.

Néanmoins, ce mouvement a-t-il réellement été initié au 18ème siècle ? Pourquoi Rabbi Shaoul de Tarse emploie-t-il alors l’expression "la pleine connaissance de la vérité dans la ‘Hassidout" ? Rabbi Shaoul de Tarse connaissait-il le Judaïsme ‘hassidique alors qu’Hashem n’avait pas encore envoyé le Baal Chem Tov dans le monde ?

En soi, le mot "hassidout" a toujours existé au sein du Judaïsme mais actuellement, celui-ci est liée avec une interprétation de la Torah bien particulière…

En effet, les principaux axes de la ‘Hassidout sont :

  • la sim’ha en Hashem,

Soyez toujours joyeux. (1 Thessaloniciens 5 :16)

  • l'humilité,

Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire mais que l'humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. (Philippiens 2 :3)

  • l'amour ou la connexion avec la divinité dans tous les aspects de la Création.

Car tout ce que D.ieu a créé est bon et rien ne doit être rejeté, pourvu qu'on le prenne avec actions de grâces, parce que tout est sanctifié par la parole de D.ieu et par la prière. (1 Timotheos 4 :4-5)

Les cours du Baal Chem Tov ont été propices pour rendre manifestes l’essence du Juif et l’essence de la Torah ! La ‘Hassidout fait franchir des étapes supplémentaires en plaçant des enseignements directement entre les mains de chacun. Le Tsaddik détient le rôle clé, c’est le médiateur entre l'homme et D.ieu ; celui-ci aide le simple, aussi ignorant soit-il dans la Torah, pour qu’il puisse atteindre la divinité pleinement.

Car il y a un seul D.ieu et aussi un seul médiateur entre D.ieu et les hommes, le Mashiah Yeshoua homme, qui s'est donné lui-même en rançon pour tous. (1 Timotheos 2 :5-6)

La ‘Hassidout était un mouvement qui eut une incidence fondamentale et même révolutionnaire sur la pratique et la pensée du Judaïsme ! Bien évidemment, nous pouvons relier cette révolution avec Yeshoua, le Mashiah révolutionnaire de l’époque du Second Temple. 

Yeshoua descendit à Capernaüm, ville de la Galilée et il enseignait, le jour du Shabbat. On était frappé de sa doctrine. (Loucas 4 :31-32)

Avant la ‘Hassidout, en général, le monde de la Torah était caractérisé par un ordre hiérarchique : les savants de la Torah au sommet, les simples Juifs en bas… Dans l’état d’esprit, une grande âme et une grande intelligence étaient pratiquement synonymes. Néanmoins, le Baal Chem Tov éleva le statut de l’homme et de la femme du commun, exalta la ferveur du simple Juif et déclara qu’il était élevé bien au-dessus de l’érudit froidement intellectuel et souvent imbu de lui-même… Nous retrouvons cet aspect également dans les Évangiles car Yeshoua donnait principalement ses enseignements aux Juifs simples et non aux proushim intellectuels, afin qu’ils deviennent de grands hommes connectés au divin.

Comme Yeshoua était à table dans la maison, voici, beaucoup de publicains et de gens de mauvaise vie vinrent se mettre à table avec lui et avec ses talmidim. Les proushim virent cela et ils dirent à ses talmidim : Pourquoi votre Rabbi mange-t-il avec les publicains et les gens de mauvaise vie ? Ce que Yeshoua ayant entendu, il dit : Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin mais les malades. Allez et apprenez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde et non aux sacrifices. Car je ne suis pas venu appeler des tsadikim mais des pécheurs. (Matityahou 9 :10-13)

En conclusion, la Hassidout fut-elle dévoilée par le Baal Chem Tov ? En reélité, ce Tsadik Yessod Olam a simplement remis au goût du jour les enseignements ‘hassidiques de la Brit Hadasha, en ligne depuis plus de 1700 ans… La ‘Hassidout Nazaréenne a simplement été volée et récupérée par les non-Juifs qui ont mal interprété les concepts Juifs ‘hassidiques et influencés par Essav, ont idolâtré Jésus et créaient le christianisme. Néanmoins, comme nous l’avons vu, tous les enseignements de Rabbi Shaoul de Tarse et des autres Apôtres sont des enseignements purement ‘hassidiques.

 

COMMENTAIRE N°4

Pour mieux comprendre, nous allons nous inspirer de la description du Rav Tzvi Freeman, un auteur de nombreuses traductions et synthèses de pensée kabbalistique et ‘hassidique.

Les proushim (…) se rassemblèrent et l'un d'eux, docteur de la Torah, lui fit cette question, pour l'éprouver : Rabbi, quel est le plus grand commandement de la Torah ? Yeshoua lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton D.ieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C'est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la Torah et les prophètes. (Matityahou 22 :34-40)

Le mouvement ‘hassidique enseigna aux Juifs à servir D.ieu avec amour et joie plutôt qu’avec crainte et tremblement, à chanter et à danser plutôt que de pleurer et de jeûner… Ce qui importe le plus à D.ieu, prêchait le Baal Chem Tov, c’est que vous le serviez avec votre cœur. Aimez D.ieu, même si vous ne comprenez pas toujours ses voies ; aimez sa Torah, même si vous pouvez à peine en lire les mots et par-dessus tout, aimez votre prochain, même si ce prochain n’est pas à la hauteur des attentes de D.ieu et de sa Torah.

Pourtant, cette description pris isolément, est tassez trompeuse car les ‘hassidim étaient aussi connus pour leur méticulosité dans les détails du rituel et de la pratique Juive, bien au-delà des exigences strictes de la halakha, en accord avec la devise talmudique : Qui est un ‘Hassid ? Celui qui va au-delà de la lettre de la Torah.

Il nous a aussi rendus capables d'être ministres d'une nouvelle alliance, non de la lettre mais de l'esprit car la lettre tue, mais l'esprit vivifie. (2 Corinthiens 3 :6)

Le jour de Roch Hachana de l’année 5507, le Baal Chem Tov a écrit une lettre à son beau-frère : Je suis monté de plus en plus haut jusqu’à pénétrer dans le palais céleste du Mashiah. Je lui ai demandé : Quand viendras-tu, Rabbi ? Il a répondu : Lorsque tes enseignements deviendront publics et seront révélés au monde et que tes sources se répandront aux confins extrêmes. (Rapporté par le Rav Tzvi Freeman)

Était-ce Yeshoua, le pionnier de la ‘Hassidout ?

Aujourd’hui, les enseignements de la ‘Hassidout se sont indissolublement intégrés dans les plus grands partis de la pensée du Judaïsme. Depuis cette époque, il n’existe pas un Juif religieux qui n’en ait été profondément influencé !

 

COMMENTAIRE N°5

Dans le monde de la Torah, le Judaïsme Nazaréen est une 'Hassidout comme les autres : plusieurs talmidim sont regroupés autour d'un Rebbe/Rabbi, celui-ci étant un Tsadik, soit un véritable intermédiaire entre D.ieu et les hommes.

 

Car il y a un seul D.ieu et aussi un seul médiateur entre D.ieu et les hommes, le Mashiah Yeshoua homme, qui s'est donné lui-même en rançon pour tous. (1 Timotheos 2 :5-6)

 

Chaque Rabbi d'une dynastie 'hassidique donne naissance à une communauté, qu'il fait grandir spirituellement dans les voies de la Torah… Par exemple, l’Apôtre Shaoul dira que Yeshoua, la tête de la Kéhila, nourrit et fait grandir sa communauté, qui est son corps.

 

Il est la tête du corps la Kéhila. (Colossiens 1 :18)

 

Chez les ‘hassidiques, le Rabbi est appelé "Admor" [Adonénou Morénou veRabbénou] : Rabbi Yeshoua de Natzeret était également appelé par ces noms "mon Seigneur, mon enseignant et mon Rav" comme cela est relaté dans les Évangiles.

 

Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre pur. (Matityahou 8 :2)

 

Rabbi, je te suivrai partout où tu iras. (Matityahou 8 :19)

 

Shimon lui répondit : Moré, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre mais sur ta parole, je jetterai le filet. (Loucas 5 :5)

 

L’ouvrage ‘habad de la ‘Hassidout Loubavitch, nommé le Tanya, précise également qu'un Rabbi, une fois mort, continue de conduire ses talmidim par l’envoi du Rouah Hakodesh. De la même manière, Rabbi Yeshoua de Natzeret nous a donné le Rouah Hakodesh, qui resplendit sur nous et nous conduit dans les chemins de la Torah.

 

Il est un concept kabbalistique selon lequel l’âme d’un Tsadik peut imprégner l’âme d’un autre Juif avec ses facultés, le rendant ainsi à même de servir D.ieu comme le fait le Tsadik. Ce concept peut être comparé à celui du guilgoul dans lequel une âme se trouve attachée à un objet, un animal, ou un autre corps. Cependant, dans le cas du guilgoul, l’âme est enchaînée au corps et dominée par lui, alors que dans l’imprégnation, l’âme du Tsadik sert simplement de force spirituelle supplémentaire à l’âme de celui qui la reçoit. Dans ce contexte, l’imprégnation de l’âme par le Rouah de l’âme du Tsadik permet d’éprouver un plaisir en D.ieu qu’il n’aurait pas pu atteindre de lui-même. Ainsi qu’il est dit : Réjouissez-vous, ô tsadikim, en D.ieu. Il y a ici une allusion à deux types de tsadikim : le beinoni, appelé le "niveau inférieur de tsadik" et le Tsadik, appelé le "niveau supérieur de tsadik"... Lorsque tous deux se rejoignent, c’est-à-dire que l’âme du Tsadik imprègne celle du beinoni, ils se réjouissent ensemble, au sens où le Tsadik partage le délice qu’il éprouve en le divin avec le beinoni. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim chap. 14)

Le Tsadik attire le Rouah Hakodesh vers le bas sur toute l’humanité. Le Tsadik ouvre le conduit pour ce qui a toujours été là, prêt à descendre et c’est dans son être que le déversement céleste atteint les personnes. Le Tsadik non seulement fait descendre les cieux sur les personnes mais il agit aussi comme un moyen par lequel les personnes s’élèvent vers les cieux. Ceci est accompli par la dvekout, qui veut dire l’accrochage ou l’attachement de l’homme à D.ieu. Mais comment est-il possible pour l’homme qui est de chair et de sang de s’attacher à D.ieu qui est Esprit de tous les esprits ? En s’attachant au Tsadik, les personnes non seulement s’attachent à lui mais elles sont aussi élevées avec lui. (Le Tsadik, Rabbi Yaakov Yossef de Polnoy)

Après ces paroles, il souffla sur eux et leur dit : Recevez le Rouah Hakodesh. (Yohanan 20 :22)

Notons également que le Baal Chem Tov avait reçu du Ciel que le Mashiah viendrait quand ses enseignements seraient répandus partout dans le monde… En comparaison, Rabbi Yeshoua de Natzeret a aussi demandé que l’Evangile soit annoncé à tous les non-Juifs afin qu’ils puissent se greffer pleinement à Israël.

 

Il leur dit : Allez par tout le monde et prêchez la Bonne Nouvelle à toute la Création. Celui qui croira et qui sera immergé sera sauvé mais celui qui ne croira pas sera condamné. (Marcos 16 :15-16)

 

Le Rabbi de Loubavitch, pour sa part, demandait à ses élèves de parcourir le monde afin de ramener le Juif le plus éloigné à la Torah du Saint Béni soit-Il. De même, Rabbi Yeshoua de Natzeret nous a demandé d'aller vers les brebis perdues de la maison d'Israël, afin de les ramener à la Torah et de les connecter avec lui.

 

Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël. (Matityahou 10 :6)

 

Comme nous l’avons vu, par rapport aux autres courants, les ‘hassidim insistent particulièrement sur la communion joyeuse avec D.ieu, en particulier par le chant et la danse. Tous ces enseignements pourront être retrouvés dans les enseignements ‘hassidiques des Apôtres du Mashiah.

En effet, le Baal Chem Tov, le détenteur des grands secrets de la Torah, mettait bien plus l'accent sur la danse, le chant, la sim’ha, l’émotion, l'enthousiasme, la ferveur, l'amour de D.ieu et l'amour du prochain dans la Avoda Hashem [bien évidemment, ceci n’excluait pas l'étude de la Torah]. Un hassid est donc un homme pieux et un fervent adorateur de D.ieu qui souhaite transfigurer son existence par l’application de toutes ces méthodes.

Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; je le répète, réjouissez-vous. (Philippiens 4 :4)

Car toute la Torah est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Galates 5 :14)

Cette nouvelle relation à la religion instaurée par le Baal Chem Tov déplut aux autorités rabbiniques établies, appelées les mitnagdim [opposants] rassemblés sous l'autorité de l'illustre Elyahou Kramer, le Gaon de Vilna. La crainte de voir le ‘hassidisme dévier vers l'hérésie était forte… En effet, les ‘hassidim étaient bien plus portés vers la mystique fondée sur l'exaltation des émotions religieuses tandis que les mitnagdim, majoritairement issus des écoles talmudiques de Lituanie, pratiquaient un Judaïsme plus austère et plus intellectualisé. Critiquant une orientation ‘hassidique, assurant la suprématie de la Kabbale sur la halakha, les mitnagdim reprochaient cette forte joie de vivre, qu'ils estimaient incompatible avec l'étude de la Torah.

Il nous a aussi rendus capables d'être ministres d'une nouvelle alliance, non de la lettre mais de l'esprit car la lettre tue, mais l'esprit vivifie. (2 Corinthiens 3 :6)

Ce qui est arrivé à la Kéhila Nazaréenne est donc également arrivé aux autres communautés 'hassidiques : nous avons été expulsés des synagogues un temps et aussi persécutés, au point que pour certains Juifs, tuer des Nazaréens était considéré comme une offrande à Hashem ; de même les 'hassidiques, comme par exemple les Breslev, ont été persécutés, rejetés et certains ont même connu plusieurs tentatives de meurtres sur leur personne….

Ils vous excluront des synagogues et même l'heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à D.ieu. (Yohanan 16 :2)

 

En effet, le Judaïsme ‘hassidique a connu une forte opposition active principalement en Lituanie et à Vilna en particulier, par le mitnagdisme. Malheureusement, l'opposition des successeurs du Gaon de Vilna ira parfois très loin, jusqu'à dénoncer les premiers ‘hassidim aux autorités russes, pour tenter de gêner leurs actions jugées hérétiques… Les Nazaréens n’ont-ils pas également été dénoncés aux romains ?

 

Cette opposition du parti mitnagdim s'est fortement atténuée avec le temps mais n’a pas encore totalement disparu dans les mentalités… Par exemple, dans les années 1980, le Rav Elazar Shach, un Rav du courant mitnagdim en Israël, s'interrogeait sur le fait de savoir si les ‘hassidim de Loubavitch étaient encore Juifs, du fait de leur relation à leur Admor, que certains considéraient comme étant le Mashiah…

Pour le coup, le Tséma'h Tsédéq reconnaît que l'influence du Gaon de Vilna fut aussi positive, en ce qu'elle avait obligé le mouvement ‘hassidique naissant à éviter d'aller trop loin dans ses innovations, une tendance récurrente dans les mouvements mystiques. En ce sens, on pourrait donc en déduire que le rôle du Gaon de Vilna peut être comparé à celui de Yaakov HaTsadik, le chef de Kéhila Nazaréenne, beaucoup plus accentué sur les œuvres de la Torah que Rabbi Shaoul de Tarse.

Néanmoins, contrairement au Gaon de Vilna, Yaakov HaTsadik était également un adepte des enseignements ‘hassidiques de Yeshoua et non un partisan du parti des mitnagdim.

Mes frères, que sert-il à quelqu'un de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les œuvres ? La foi peut-elle le sauver ? Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour et que l'un d'entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez ! Et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ?  Il en est ainsi de la foi : si elle n'a pas les œuvres, elle est morte en elle-même. Mais quelqu'un dira : Toi, tu as la foi et moi, j'ai les œuvres. Montre-moi ta foi sans les œuvres et moi, je te montrerai la foi par mes œuvres. Tu crois qu'il y a un seul D.ieu, tu fais bien ; les démons le croient aussi et ils tremblent. Veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les œuvres est inutile ? Avraham Avinou ne fut-il pas justifié par les œuvres, lorsqu'il offrit son fils Its’hak sur l'autel ? Tu vois que la foi agissait avec ses œuvres et que par les œuvres la foi fut rendue parfaite. Ainsi s'accomplit ce que dit l’Écriture : Avraham crut à D.ieu et cela lui fut imputé à justice ; il fut appelé ami de D.ieu. Vous voyez que l'homme est justifié par les œuvres et non par la foi seulement. (Yaakov 2 :14-24)

Aujourd'hui, on retrouve des ‘hassidim dans la plupart des communautés Juives mais leurs plus grands centres sont aux États-Unis et en Israël. Les dénominations ‘hassidique sont nombreuses, elles sont souvent désignées selon la ville ou le village d'Europe oriental ou elles sont apparues. On peut ainsi citer :

  • les ‘hassidim de Breslev,

  • les ‘hassidim de Loubavitch,

  • les ‘hassidim de Gour,

  • les ‘hassidim de Satmar,

  • les ‘hassidim de Bobov,

  • les ‘hassidim de Amchinov,

  • etc…

 

Les plus connus et les plus proches de la ‘Hassidout Nazaréenne sont Breslev et Loubavitch.

Chaque Admor désigne également un successeur, qui est généralement un de ses fils ou parfois, un autre membre de sa famille. Rabbi Yeshoua de Natzeret n'a pas eu d'enfants et c’est pourquoi, nous voyons qu'il désignera l’un de ses frères, Yaakov HaTsadik comme successeur à la tête de la Kéhila Nazaréenne.

 

Nous retrouvons donc absolument les mêmes schémas… La seule différence, c'est que la 'Hassidout Nazaréenne a été récupérée par les non-Juifs qui en ont fait une nouvelle religion, appelée le christianisme. Néanmoins, baroukh Hashem, le temps de la restauration messianique agit avec puissance…

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

2.     et l’espoir de la vie en pérennité, promise avant les temps de pérennité par Elohîms, qui ne ment pas.

 

 

  • et l’espoir de la vie en pérennité : cela fait référence au Olam Haba [la vie éternelle].

 

Le bien dissimulé pour les justes est la vie du monde futur [du Olam Haba]. C’est la vie qui n’est pas accompagnée de la mort, le bien qui n’est pas assorti de mal. C’est ce qui est écrit dans la Torah : de la sorte, tu seras heureux et tu verras se prolonger tes jours ; par tradition orale, les Sages ont appris : de la sorte, tu seras heureux dans le monde qui est entièrement bienheureux et tu verras se prolonger tes jours dans le monde où l’existence est éternelle, il s’agit du monde futur. La récompense des justes est de mériter ce délice et de prendre part à ce bien. (Mishné Torah du Rambam, Hilkhot Téchouva, chap. 8)

 

COMMENTAIRE N°1

Le "Olam Haba" signifie littéralement "le monde qui vient" : il est habituellement traduit par "monde à venir" bien que sa réalité ne soit pas future mais présente : le monde en train de venir.

Au départ, cette profonde notion commence en "Eden" avant de descendre au niveau de Gan Eden. Puis l’homme fauta, ce qui fit descendre le monde au niveau du Olam Hazeh, c’est-à-dire du monde matériel que nous connaissons… Alors suivit la longue et chaotique histoire de l’humanité d’avant et d’après le déluge ; l’apparition d’Avraham, d’Its’hak et de Yaakov ; la création du peuple d’Israël issu du creuset de l’Égypte ; la conquête de la terre d’Israël ; la royauté messianique avec David et Shlomo ; le premier exil en Babylonie ; le rejet du Mashiah la destruction du Second Temple et enfin, le déclin du peuple Juif sanctionné par l’exil d’Edom. Ces 2000 ans d’exil sont une période d’épreuves pour l’humanité entière, néanmoins, ils sont nécessaires pour conduire le peuple d’Israël à une maturation morale et spirituelle indispensable pour l’enclenchement du processus messianique.

Et la Guémara note que cette déclaration est en désaccord avec l'opinion de Shmouel, comme Shmouel l'a dit : La seule différence entre le Olam Hazeh et les jours du Messie concerne la servitude envers les royaumes étrangers. Alors qu'au temps du Messie, Israël sera indépendant et libre de l'esclavage des puissances étrangères. (Bérakhot 34b)

La période qui suit l’exil est appelée "yémot hamachiah" littéralement les "jours du Messie" :  ces jours merveilleux ont donc commencé avec le retour du peuple d’Israël, à son indépendance nationale, c’est-à-dire avec la création de l’État d’Israël en 1948.

La période suivante sera celle de "tehiyat hametim" la résurrection des morts : elle commencera par la royauté du Mashiah et aboutira à un processus miraculeux dont nous ne pouvons pas concevoir la nature et par lequel, les morts se relèveront.

C’est après cette période de résurrection des morts qu’adviendra la Olam Haba.

Maintenant, il est important de comprendre que la différence essentielle entre le Olam Hazeh et le Olam Haba ne réside pas dans un changement des lois de la nature mais plutôt dans un changement de la qualité humaine : l’homme sera libéré de ses tendances viles et mesquines pour s’épanouir dans l’amour du prochain et le dévouement à l’humanité entière Il est aussi important de comprendre que le Olam Haba n’est pas réservé à un futur indéterminé mais qu’il existe bel et bien à l’état de potentiel, créé depuis le début du monde afin de se réaliser pleinement à la fin des temps. C’est l’homme qui, par ses efforts, met à l’œuvre ce potentiel et le fait peu à peu apparaître… En effet, certains tsadikim exceptionnels, ont réussi à s’élever et à mettre en œuvre leur potentiel dans ce monde et étaient donc déjà de leur vivant au Olam Haba, bien qu’entourés d’un océan d’impureté et de barbarie. On voit d’ailleurs, dans le Traité Bérakhot qu’à l’époque du Talmud, les élèves du Beit HaMidrach se souhaitaient à la fin de leurs études : Que tu mérites de voir ton monde dans ta vie, autrement dit, de voir ton Olam Haba !

On dit aussi que le Shabbat est "me’ein olam haba" [du genre du Olam Haba] car c’est une sorte d’ilot de sainteté parmi les jours de la semaine, plongés dans les servitudes matérielles. Le Shabbat est le point culminant du sommet de la spiritualité. Néanmoins, le véritable Olam Haba ne sera atteint que lorsque toute l’humanité sera amenée à cette dimension de sainteté suprême.

Il arrive aussi qu’on appelle de manière allégorique le monde de la mort, le Olam Haba. En effet, la mort est l’état dans lequel l’âme se déconnecte du corps et où, n’étant plus plombée par le poids de la matérialité, elle peut s’élever dans toute sa pureté, comme celle à laquelle l’homme parviendra à la fin des temps. On dit donc de manière allégorique que les morts sont dans le Olam Haba.

 

  • promise avant les temps de pérennité par Elohîms : comme dit précédemment, la notion du Olam Haba commença en "Eden" avant de descendre au niveau de Gan Eden.

 

Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin. (Béréshit 2 :10)

Adam n'était que dans le jardin d'Eden, pas en Eden lui-même. (Bérakhot 34b)

Puis l’homme fauta, ce qui fit descendre le monde au niveau du Olam Hazeh, c’est-à-dire du monde matériel que nous connaissons… L’homme a donc pour mission de ramener à sa vocation idéale le projet divin du départ.

Toute foi, toute connaissance de la vérité et toute piété a pour dernier but cette vie éternelle, dont l’espérance fait la force du croyant ici-bas, même au milieu des plus pénibles renoncements.

 

COMMENTAIRE N°2

On peut aussi entendre par les temps éternels, les temps les plus anciens, l’histoire de la rédemption messianique commençant avec la promesse faite à ‘Hava. En effet, l’Apôtre Shaoul parle bien d’une promesse et celle-ci ne saurait être autre que celle du dessein de D.ieu, manifesté en Yeshoua.

Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. (Béréshit 3 :15)

Et je mettrai inimitié entre toi et la femme et entre la postérité de ton fils et la postérité de ses fils ; ce sera quand les fils de la femme garderont les commandements de la Torah, ils seront prêts à te frapper sur la tête mais quand ils abandonneront les commandements de la Torah, tu seras prêt à les blesser au talon. Néanmoins pour eux, il y aura un médicament mais pour toi, il n'y aura pas de médicament et ce médicament sera manifeste au temps du Roi Messie. (Targoum Yonathan, Béréshit 3 :15)

D.ieu (…) nous a adressé une sainte vocation, non à cause de nos œuvres mais selon son propre dessein et selon la grâce qui nous a été donnée dans le Mashiah avant les temps éternels. (2 Timotheos 1 :9)

Le Midrash Pesiqta Rabbati rapporte que le Mashiah ben Yossef a accepté de se faire humilier et exécuter par les nations afin d’expier les péchés d’Israël, depuis les 6 jours de la Création.  

Le Saint Béni soit-Il commencera à discuter avec lui et lui dira : les péchés viendront bientôt sur toi comme un joug de fer et ils te rendront comme ce veau dont les yeux furent affaiblis. Et ils étoufferont ton esprit avec un joug et ta langue sera bientôt attachée à ton palais par leurs péchés. Le veux-tu ? (...) Si ton âme est troublée, j’enlèverai les malheurs dès maintenant. Le Mashiah lui dira : Maître des mondes, c’est avec joie et réjouissance en mon coeur que je l’accepte pour qu’aucun en Israël ne soit perdu et seront sauvés en mes jours, non seulement ceux qui vivent mais aussi ceux qui sont dissimulés dans la poussière ; seront sauvés en mes jours non seulement ceux qui meurent mais aussi tous ceux qui sont morts depuis le premier Adam jusqu’à maintenant ; et pas seulement eux mais aussi les morts nés et pas seulement les morts nés mais aussi ceux qui sont montés dans ta pensée pour être créés mais qui n’ont pas encore été créés. Si c’est ainsi, je le veux, si c’est ainsi, j’accepte le joug sur moi. (...) Concernant ce moment, David pleura et dit : Ma force se dessèche comme l’argile. (Téhilim 22 :15). Lorsque ce moment viendra, le Saint béni soit-Il lui dira : Ephraïm, Mashiah, ma justice, tu l’as déjà accepté [cette souffrance] depuis les six jours du commencement et maintenant, ta douleur sera mienne. (Pesiqta Rabbati 161-162)

Les Pères du monde, Avraham, Its’hak et Yaakov se lèveront dans le futur au mois de Nissan et lui diront : Ephraïm, Mashiah, notre justice ! Même si nous sommes tes pères, tu es plus grand que nous car tu as porté les fautes de nos enfants. Et des mesures cruelles, qui ne sont venues, ni sur les premiers, ni sur les derniers, sont venues sur toi. Les nations te ridiculisèrent et te tournèrent en dérision pour Israël. Tu t’es assis dans les ténèbres et dans le noir et tes yeux n’ont pas vu la lumière, ta peau s’attacha à tes os, ton corps a séché comme du bois, tes yeux s’assombrirent par le jeûne et ta force s’est desséchée. (Téhilim 22 :15). Tu as subi tout ça pour les fautes de nos enfants ! Veux-tu que nos enfants profitent des bonnes choses que le Saint Béni soit-Il destiné à Israël ? Ou peut-être leur en veux-tu en raison des souffrances que tu as enduré à cause d’eux et en raison du fait qu’ils t’emprisonnèrent en maison de captivité ? Et il leur répondra : Pères du monde ! Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait uniquement pour vous et pour vos enfants, pour votre gloire et leur gloire, pour qu’ils profitent de cette bonne chose que le Saint Béni soit-Il destine à Israël ! Les Pères du monde lui disent alors : Ephraïm, Mashiah, notre Justice, que ta pensée soit consolée, comme tu as consolé la pensée de ton Maître, ainsi que nos pensées. Rabbi Shimon ben Pazi dit : Lorsque ce moment viendra, le Saint Béni soit-Il élèvera le Mashiah jusqu’aux cieux des cieux et répandra sur lui la lumière de sa gloire devant les peuples du monde. (Pesiqta Rabbati 162) 

 

  • qui ne ment pas : Hashem n’est pas menteur…

 

D.ieu n'est point un homme pour mentir, ni fils d'un homme pour se repentir. Ce qu'il a dit, ne le fera-t-il pas ? Ce qu'il a déclaré, ne l'exécutera-t-il pas ? (Bamidbar 23 :19) 

 
 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

3.     En son temps, il a manifesté sa parole par le kérygme dans lequel j’ai été confirmé selon un ordre de notre sauveur, Elohîms.

 

  • En son temps : le bon moment, décidé d'en-haut…

 

COMMENTAIRE N°1

Ce bon moment décidé d’en haut, fut prophétisé par Daniel HaNavi.

Je parlais encore, je priais, je confessais mon péché et le péché de mon peuple d'Israël, je présentais mes supplications à l'Éternel, mon D.ieu, en faveur de la sainte montagne de mon D.ieu ; je parlais encore dans ma prière, quand l'homme, Gavriel, que j'avais vu précédemment dans une vision, s'approcha de moi d'un vol rapide, au moment de l'offrande du soir.  Il m'instruisit et s'entretint avec moi. Il me dit : Daniel, je suis venu maintenant pour ouvrir ton intelligence. Lorsque tu as commencé à prier, la parole est sortie et je viens pour te l'annoncer car tu es un bien-aimé. Sois attentif à la parole et comprends la vision ! Soixante-dix semaines ont été fixées sur ton peuple et sur ta ville sainte, pour faire cesser les transgressions et mettre fin aux péchés, pour expier l'iniquité et amener la justice éternelle, pour sceller la vision et le prophète et pour oindre le Saint des saints. Sache-le donc et comprends ! Depuis le moment où la parole a annoncé que Jérusalem sera rebâtie jusqu'à l'Oint, au Conducteur, il y a sept semaines et soixante-deux semaines, les places et les fossés seront rétablis mais en des temps fâcheux. Après les soixante-deux semaines, un Oint sera retranché et il n'aura pas de successeur. Le peuple d'un chef qui viendra détruira la ville et le sanctuaire, sa fin arrivera comme par une inondation ; il est arrêté que les dévastations dureront jusqu'au terme de la guerre. Il fera une solide alliance avec plusieurs pour une semaine et durant la moitié de la semaine il fera cesser le sacrifice et l'offrande ; le dévastateur commettra les choses les plus abominables, jusqu'à ce que la ruine et ce qui a été résolu fondent sur le dévastateur. (Daniel 9 :20-27)

 

Selon une prophétie de Yrmeyahou HaNavi, la fin de la captivité du Am Israël en Bavel [Babylonie] était proche : celle-ci devait durer 70 ans. Daniel intercéda donc en faveur du Sanctuaire désolé et de Jérusalem, la ville bien-aimée d’Hashem car les 70 années étaient passées… Malheureusement, aucun signe de rédemption n’était encore visible, Daniel en fut donc troublé, craignant que les péchés du peuple d’Israël n’ait entrainé un retard dans l’accomplissement de la prophétie de Yrmeyahou… Le Navi de l’Éternel s’est donc mis à chercher la miséricorde divine par l’intermédiaire d’une grande confession où il reconnaitra le péché d’Israël et la dureté des cœurs de tous les Juifs. Il en appellera aux compassions de D.ieu afin d’hâter la délivrance…

C'est pourquoi ainsi parle l'Éternel des armées : parce que vous n'avez point écouté mes paroles, j'enverrai chercher tous les peuples du septentrion, dit l'Éternel et j'enverrai auprès de Nevoukadnetsar, roi de Babylone, mon serviteur ; je le ferai venir contre ce pays et contre ses habitants et contre toutes ces nations à l'entour, afin de les dévouer par interdit, d'en faire un objet de désolation et de moquerie, des ruines éternelles. Je ferai cesser parmi eux les cris de réjouissance et les cris d'allégresse, les chants du fiancé et les chants de la fiancée, le bruit de la meule et la lumière de la lampe. Tout ce pays deviendra une ruine, un désert et ces nations seront asservies au roi de Babylone pendant soixante-dix ans. Mais lorsque ces soixante-dix ans seront accomplis, je châtierai le roi de Babylone et cette nation, dit l'Éternel, à cause de leurs iniquités ; je punirai le pays des Chaldéens et j'en ferai des ruines éternelles. (Yrmeyahou 25 :8-12)

Rava a déclaré : Daniel a commis une erreur dans un calcul, comme il est écrit : Dans la première année de son règne, moi, Daniel, j'ai médité dans les livres au cours du nombre d'années, dont la parole du Seigneur est venue à Yrmeyahou HaNavi, qu'il accomplirait pour les désolations de Jérusalem : 70 ans. (Daniel 9 : 2). Du fait qu'il a dit : J'ai médité, un terme qui indique le récit et le calcul, on peut en déduire qu'il avait précédemment commis une erreur. La Guémara commente : Dans tous les cas, les versets se contredisent quant à la manière de calculer les 70 ans… Dans un verset, il est écrit : Après 70 ans accomplis, je me souviendrai de toi et j’exécuterai ma bonne parole envers toi, en te faisant retourner à cet endroit. (Yrmeyahou 29 : 10). Ceci indique que les 70 ans devraient être comptés à partir de l'exil babylonien. Et dans un autre verset, il est écrit : Qu'il accomplirait pour les désolations de Jérusalem, 70 ans. (Daniel 9 :2). Ceci indique que les 70 ans pouvaient être calculés à partir de la destruction de Jérusalem. (Méguila 12a)

Les rêves faits par Daniel lui permettaient de voir la main de D.ieu pour comprendre de nombreuses choses mais malgré tout, un fardeau demeurait : Quand est-ce que finiront ces 70 années d’exil ? Daniel avait donc besoin d’interroger Hashem… Ainsi, Daniel, tel un grand Tsadik eu recours à la téfila et au jeûne.  L’exil était survenu à cause des péchés du peuple et beaucoup de Juifs s’étaient rebellés. Cependant Daniel plaida pour implorer la miséricorde et le pardon… Par le fait que Yrmeyahou avait prophétisé la désolation de Jérusalem pour 70 années, Daniel demanda à D.ieu de considérer la situation de Jérusalem et l’exhorta à entendre et à agir rapidement. Hashem, ayant entendu les supplications du prophète, envoya l’ange Gavriel qui vint ouvrir l’intelligence de Daniel.

Selon ce schéma, Daniel tient la place du Tsadik : la place du médiateur entre D.ieu et les hommes… Peut-être désire-t-il par-dessus tout retourner à Jérusalem. N'était-ce pas le vœu suprême de tout Juif pieux ? Cependant le prophète ne revendique rien pour lui-même, il prie, il intercède et il confesse les fautes de son peuple. Daniel reconnaît toute la culpabilité de ses compatriotes, leurs transgressions et leurs infidélités et prendra même sa part alors qu’il pouvait se prévaloir de son intégrité puisqu'il n'avait pas participé aux péchés du peuple.

La prière fervente du tsadik a une grande efficacité. (Yaakov 5 :16)

L'humiliation de Daniel devant l'état moral du peuple d’Israël montre à quel point il fut sensible à l'affliction du cœur de D.ieu… L’intercession du prophète fut acceptée par le Maître du monde : la prophétie donnée dans le chap. 9 du Livre de Daniel est donc la réponse de D.ieu à cette prière.

Je parlais encore dans ma prière, quand l'homme, Gavriel, que j'avais vu précédemment dans une vision, s'approcha de moi d'un vol rapide, au moment de l'offrande du soir. (Daniel 9 :21)

Détail important, Gavriel s’est approché de lui au moment de l'offrande de min’ha et non du soir comme cela est écrit dans de nombreuses fausses traductions... De plus, depuis la destruction du Temple de Jérusalem par Nevoukadnetsar, les sacrifices n’étaient plus présentés mais la vie de Daniel était comme un autel sur lequel brûlait trois fois par jour l'offrande de la téfila…

Lorsque Daniel sut que le décret était écrit, il se retira dans sa maison, où les fenêtres de la chambre supérieure étaient ouvertes dans la direction de Jérusalem et trois fois le jour, il se mettait à genoux, il priait et il louait son D.ieu, comme il le faisait auparavant. (Daniel 6 :10)

L'exaucement fut exceptionnel ! En quelques instants, D.ieu accorda à son serviteur une révélation prophétique extraordinaire… À travers les âges, les "70 semaines" de Daniel ont fait l'objet de très nombreuses interprétations. Au temps de Jérôme, soit au 4ème siècle, on dit qu’il y avait déjà un peu moins d’une dizaine d’explications divergentes de ce passage.

Il m'instruisit et s'entretint avec moi. Il me dit : Daniel, je suis venu maintenant pour ouvrir ton intelligence. (Daniel 9 :22)

Tout d’abord, si Daniel, qui était un tsadik au point qu’on ne peut même pas l’imaginer, avait besoin qu’un messager du Ciel ouvre son intelligence concernant ses visions, à combien de plus forte raison est-il nécessaire pour nous, que nous soyons influencés par le Rouah Hakodesh du Mashiah afin qu’il puisse illuminer notre entendement et éclairer notre intelligence, naturellement obscurcie par la pourriture édomite et mondaine depuis 2000 ans…

Pour commencer, le chap. 9 du Livre de Daniel va donc nous parler de deux points bien précis : d’un Oint, en hébreu, d’un Mashiah et de la ville de Jérusalem.

- Concernant ce Mashiah.

Sache-le donc et comprends ! Depuis le moment où la parole a annoncé que Jérusalem sera rebâtie jusqu'à l'Oint, au Conducteur, il y a sept semaines et soixante-deux semaines. (Daniel 9 :25)

Après les soixante-deux semaines, un Oint sera retranché et il n'aura pas de successeur. (Daniel 9 :26)

Il fera une solide alliance avec plusieurs pour une semaine et durant la moitié de la semaine il fera cesser le sacrifice et l'offrande. (Daniel 9 :27)

- Concernant la ville de Jérusalem.

Les places et les fossés seront rétablis mais en des temps fâcheux. (Daniel 9 :25)

Le peuple d'un chef qui viendra détruira la ville et le sanctuaire et sa fin arrivera comme par une inondation ; il est arrêté que les dévastations dureront jusqu'au terme de la guerre. (Daniel 9 :26)

Le dévastateur commettra les choses les plus abominables, jusqu'à ce que la ruine et ce qui a été résolu fondent sur le dévastateur. (Daniel 9 :27)

Avec ce schéma, on peut déjà entrevoir plusieurs clés : un Mashiah retranché et la notion d’une alliance en complément d’une Jérusalem reconstruite puis redétruite…

 

Soixante-dix semaines ont été fixées sur ton peuple et sur ta ville sainte, pour faire cesser les transgressions et mettre fin aux péchés, pour expier l'iniquité et amener la justice éternelle, pour sceller la vision et le prophète, pour oindre le Saint des saints. (Daniel 9 :24)

 

Amener la justice éternelle : par la rédemption du Mashiah, auquel l’humanité est éternellement destinée. Ce passage du Livre de Daniel annonce donc clairement la destruction du péché du Am Israël par l’arrivée d’un Mashiah… Malheureusement, comme on le sait, en raison des péchés, ce Mashiah sera retranché [également prophétisé par Daniel] … On pourrait donc répartir toutes ces expressions de rédemption en deux groupes : le premier annonçant la destruction du péché sous toutes ses formes [par l’expiation] et le second, annonçant l’établissement parfait du Royaume de D.ieu. Cela nous permettrait d’entrevoir Yeshoua sous ses deux dévoilements : Mashiah ben Yossef [expiation] et Mashiah ben David [onction du Kodesh Hakodeshim]. La destruction finale du mal et l’établissement définitif du règne de D.ieu auront donc lieu lors du retour de Yeshoua…

Ceci correspond aux enseignements de la Torah Orale.

Mon bien-aimé est semblable à la gazelle. (Shir Hashirim 2 :9). Comme cette gazelle qui apparaît, est révélée, retourne et disparaît, le premier rédempteur est apparu et a disparu. Rabbi Bérakhyaha a dit au nom de Rabbi Lévi : Comme le premier rédempteur, sera le dernier rédempteur. Le premier rédempteur est Moshé, qui s'est révélé à eux, est retourné et s'est caché d’eux. (Bamidbar Rabah 11 :2)

Sa royauté sera jetée pour un temps, comme le premier rédempteur, le dernier rédempteur [le Mashiah] sera caché, puis reviendra et sera révélé. (Yalqout Chimoni Ruth 2 :603)

Dans nos actions et dans nos prières, nous aidons Mashiah ben Yossef et en agissant ainsi de toutes nos forces, lorsque l'éveil vient d'en bas, nous réaliserons l'unité de Mashiah ben Yossef et de Mashiah ben David qui sont l'arbre de Yossef et l'arbre de Yéhouda. Au début, ils seront entre vos mains individuellement, puis ils seront unis dans ma main… L'unité des deux est le fondement de l'unité du Saint Béni soit-Il et la Shekhina, ainsi ce sera l'achèvement de la rédemption. (Yehezqel 37 :19). (…) La rédemption entière dépend de l'unification des deux morceaux de bois : le bois de Yossef et le bois de Yéhouda. Ce sont les deux meshi’him : Mashiah ben Yossef et Mashiah ben David ; au début, lorsque la rédemption commencera naturellement d'en bas, ce seront des individus séparés dans votre main mais ensuite, ils deviendront un dans ma main. (Yehezqel 37 :19). La main de D.ieu signifie, miraculeusement, à l'aide des nuées du ciel. (…) Les yeux du Seigneur ton D.ieu sont toujours là-dessus, du début de l'année jusqu'à la fin de l’année. (Devarim 11 :12). Le mot "yeux" au pluriel fait référence aux deux meshi’him. Le début de l'année fait référence à Mashiah ben Yossef, la qualité du din et la fin de l'année fait référence au mois de la miséricorde, au Mashiah ben David, la qualité du ‘hessed. (…) Je susciterai un germe juste de David. (Yrmeyahou 23 :6). Un germe juste fait référence au premier Mashiah : le Mashiah ben Yossef. Comme le trône de David, comme expliqué ci-dessus, il prépare la voie au Mashiah ben David. Nous sommes obligés de prier (…) par conséquent, nous nous concentrons dans la Amida car on trouve les mentions de : "la pousse de David" et "élevez la corne du salut [keren Yeshoua]"… Tout ceci est révélé dans le mystère de l’expression "les cornes d'un bœuf [Yossef]"… À la fin de la bénédiction, il est donc dit : "matsmia’h keren yeshoua" qui, en guématria, équivaut à 741 soit la guématria de "Mashiah ben Ephraïm [Yossef]"…  (Enseignements du Kol HaTor)

Pour oindre le Saint des saints. (Daniel 9 :24)

Oindre le Saint des saints : cela désigne la partie sacrée du Temple. Selon l’interprétation des deux dévoilements de Yeshoua, on comprend qu’il s’agit ici du 3ème Temple reconstruit par le Mashiah lui-même…

Ce verset fait référence au 3ème Temple, qui à la différence du Second, sera oint… Les Sages nous disent, en effet, que le Second Temple n’a pas été oint et que le 3ème sera, en comparaison, comme le Saint des Saints. (Malbim)

Rabbi Hanina a dit : Je voyais le feu dans le Temple et il était accroupi comme un chien et non un lion. La Guemara répond : ce n'est pas difficile. Ici, où le béraïta a déclaré que le feu ressemblait à un lion, il se réfère au feu dans le Premier Temple ; là, où Rabbi Hanina, le Cohen Gadol adjoint, a dit que le feu ressemblait à un chien, il se réfère au feu dans le Second Temple. La Guémara demande : Et y avait-il du feu qui est descendu des Cieux dans le Second Temple ? (…) Plusieurs phénomènes constituaient la différence entre le Premier Temple et le Second Temple car ces phénomènes n'étaient pas dans le Second... Et ce sont : l'arche, la couverture d'arche et les chérubins, le feu céleste, la Shekhina, la prophétie et l’ourim vetoumim. (…) (Yoma 21b)

Dans le futur, lors du 3ème Temple, ces différentes manifestations de D.ieu seront restaurées ; non seulement elles seront restaurées mais un tel avenir, annoncera de nouveaux sommets spirituels…

Soixante-dix semaines ont été fixées sur ton peuple et sur ta ville sainte. (Daniel 9 :24)

Concernant le calcul.

Le principe jour/année est appliqué ici.

70 semaines = 70 x 7 jours = 490 jours.

490 jours = 490 années.

 

On pourra s’inspirer d’autres passages du Tanakh pour justifier ce mode de calcul.

Tu porteras l'iniquité de la maison de Juda pendant quarante jours ; je t'impose un jour pour chaque année. (Yehezqel 4 :6)

Vous porterez la peine de vos iniquités quarante années, une année pour chaque jour. (Bamidbar 14 :34)

Plus tard, dans le chapitre, trois périodes distinctes seront successivement mentionnées : 7 semaines + 62 semaines +1 semaine = 70 semaines. Certains événements se dérouleront alors pendant les 69 premières semaines et d'autres lors de la 70ème semaine… Comme nous allons le voir, ces deux périodes prophétiques concernent des événements d'une importance considérable, notamment en lien avec Yeshoua.

Sache-le donc et comprends ! Depuis le moment où la parole a annoncé que Jérusalem sera rebâtie jusqu'à l'Oint, au Conducteur, il y a sept semaines et soixante-deux semaines, les places et les fossés seront rétablis mais en des temps fâcheux. (Daniel 9 :25)

 

Voici un Targoum de ce passage :

 

Sache-le donc et comprends ! Depuis le moment [point de départ] où la parole a annoncé que Jérusalem sera rebâtie [décret de reconstruction de Jérusalem en -457 par Artaxerxés] jusqu'à l'Oint [l’apparition du Mashiah], au Conducteur, il y a sept semaines [49 ans] et soixante-deux semaines [7 + 62 semaines = 483 ans], les places et les fossés seront rétablis [Jérusalem reconstruite] mais en des temps fâcheux [l’influence d’ennemis sera oppressante].

 

Depuis le moment où la parole a annoncé que Jérusalem sera rebâtie. (Daniel 9 :25)

 

Selon ce verset, le point de départ de la prophétie sera un décret annonçant la reconstruction de Jérusalem. Le point de départ des 483 années pourrait donc s’effectuer à la suite de 3 décrets promulgués : soit par celui de Cyrus, soit par celui de Darius ou soit par celui d’Artaxerxés. 

 

Le premier décret autorisant le retour des Juifs et la reconstruction du Temple était l’œuvre de Cyrus, vers l’an - 536.

Cyrus était sous le commandement du Mashiah ben Yossef. (Kol Hator 2 :148)

La première année de Cyrus, roi de Perse, afin que s'accomplît la parole de l'Éternel prononcée par la bouche de Yrmeyahou, l'Éternel réveilla l'esprit de Cyrus, roi de Perse, qui fit faire de vive voix et par écrit cette publication dans tout son royaume : Ainsi parle Cyrus, roi des Perses : L'Éternel, le D.ieu des cieux, m'a donné tous les royaumes de la terre et il m'a commandé de lui bâtir une maison à Jérusalem en Juda. Qui d'entre vous est de son peuple ? Que son D.ieu soit avec lui et qu'il monte à Jérusalem en Juda et bâtisse la maison de l'Éternel, le D.ieu d'Israël ! C'est le D.ieu qui est à Jérusalem. Dans tout lieu où séjournent des restes du peuple de l'Éternel, les gens du lieu leur donneront de l'argent, de l'or, des effets et du bétail, avec des offrandes volontaires pour la maison de D.ieu qui est à Jérusalem. (Ezra 1 :1-4)

 

Néanmoins, nous pouvons nous référer aux autres chapitres du Livre d’Ezra pour mieux approcher la prophétie de Daniel.

 

Et les anciens des Juifs bâtirent avec succès, selon les prophéties de ‘Hagaï HaNavi et de Zekharia, fils d'Ido ; ils bâtirent et achevèrent, d'après l'ordre du D.ieu d'Israël, d'après l'ordre de Cyrus, de Darius et d'Artaxerxés, rois de Perse. (Ezra 6 :14)

 

Le Tanakh, selon Ezra 6 :14, nous parle donc de 3 décrets mais nous donne une approche telle qu’il s’agirait d’un seul, bien évidemment, ceci est dû à l’unité de ces 3 décrets en faveur de la reconstruction de Jérusalem. Néanmoins, comme on peut le constater, le dernier cité est celui d’Artaxerxés… Ce dernier décret est donc l’aboutissement d’une série de mesures visant à mettre fin à l’exil d’Israël : nous allons donc commencer la prophétie de Daniel en partant de ce décret…  En effet, n’est-ce pas le décret clôturant les ambitions des deux premiers ? Ainsi nous pouvons prétendre utilisé cette date comme point de départ de nos calculs… De plus, le décret d’Artaxerxés est le seul qui soit cité tout en étant accompagné dans le Tanakh, d’une louange finale adressée au Maître du monde : Hashem a accompagné son peuple au travers de tout ce processus venant de prendre officiellement fin.

Après ces choses, sous le règne d'Artaxerxès, roi de Perse, vint Ezra (…) fils de Pinh’as, fils d'Éléazar, fils d'Aaron, le Cohen Gadol.  Cet Ezra vint de Babylone : c'était un sofer versé dans la Torah de Moshé, donnée par l'Éternel, le D.ieu d'Israël. Et comme la main de l'Éternel, son D.ieu, était sur lui, le roi lui accorda tout ce qu'il avait demandé. Plusieurs des enfants d'Israël, descohnaim et des Lévites, des chantres, des portiers et des Néthiniens, vinrent aussi à Jérusalem, la septième année du roi Artaxerxès. Ezra arriva à Jérusalem au cinquième mois de la septième année du roi ; il était parti de Babylone le premier jour du premier mois et il arriva à Jérusalem le premier jour du cinquième mois, la bonne main de son D.ieu étant sur lui. Car Ezra avait appliqué son coeur à étudier et à mettre en pratique la Torah de l'Éternel et à enseigner au milieu d'Israël les lois et les ordonnances. Voici la copie de la lettre donnée par le roi Artaxerxès à Ezra, cohen et sofer, enseignant les commandements et les lois de l'Éternel concernant Israël : Artaxerxés, roi des rois, à Ezra, cohen et sofer, versé dans la Torah du D.ieu des cieux, etc… J'ai donné ordre de laisser aller tous ceux du peuple d'Israël, de ses cohanim et de ses Lévites, qui se trouvent dans mon royaume et qui sont disposés à partir avec toi pour Jérusalem. (…) Moi, le roi Artaxerxés, je donne l'ordre à tous les trésoriers de l'autre côté du fleuve de livrer exactement à Ezra, cohen et sofer, versé dans la Torah du D.ieu des cieux, tout ce qu'il vous demandera, jusqu'à cent talents d'argent, cent cors de froment, cent baths de vin, cent baths d'huile et du sel à discrétion. Que tout ce qui est ordonné par le D.ieu des cieux se fasse ponctuellement pour la maison du D.ieu des cieux, afin que sa colère ne soit pas sur le royaume, sur le roi et sur ses fils. (…)  Béni soit l'Éternel, le D.ieu de nos pères, qui a disposé le coeur du roi à glorifier ainsi la maison de l'Éternel à Jérusalem et qui m'a rendu l'objet de la bienveillance du roi, de ses conseillers et de tous ses puissants chefs ! Fortifié par la main de l'Éternel, mon D.ieu, qui était sur moi, j'ai rassemblé les chefs d'Israël, afin qu'ils partissent avec moi. (Ezra 7 :1-28)

Selon plusieurs avis, le roi de Perse, Artaxerxés émit un 3ème décret et ce fut le seul à rendre à Juda son statut de nation dans le sens où ses structures politiques et administratives furent rétablies à Jérusalem. Il est donc raisonnable de faire partir la prophétie de Daniel à l’époque où ce décret fut effectif… Comme nous venons de le voir, ce décret est annoncé dans le chap. 7 du Livre d’Ezra. Celui-ci confirme non seulement le rétablissement complet du culte du Temple mais ordonne aussi la restauration politique et juridique de la ville.

 

Nous vous faisons savoir qu'il ne peut être levé ni tribut, ni impôt, ni droit de passage, sur aucun des cohanim, des Lévites, des chantres, des portiers, des Néthiniens et des serviteurs de cette maison de D.ieu. Et toi, Ezra, selon la sagesse de D.ieu que tu possèdes, établis des juges et des magistrats qui rendent la justice à tout le peuple de l'autre côté du fleuve, à tous ceux qui connaissent les lois de ton D.ieu ; fais-les connaître à ceux qui ne le connaissent pas. Quiconque n'observera pas ponctuellement la Torah de ton D.ieu et la loi du roi sera condamné à la mort, au bannissement, à une amende ou à la prison. (Ezra 7 :24-26)

Israël a passé 52 ans après la destruction du Temple sous le règne des Chaldéens, puis ils sont montés… Trois ans de Cyrus, quatorze d'Assuérus, deux de Darius. La deuxième année de Darius, le Temple a été reconstruit. Alors Zekharia a dit : Et l'ange du Seigneur répondit et dit : O Seigneur des armées ! Combien de temps n'aurez-vous pas pitié de Jérusalem et des villes de Juda, sur lesquelles vous êtes déjà en colère depuis 70 ans ? (Zekharia 1 :12). Le Temple a duré quatre ans, comme il est dit : Et l'achèvement de cette maison… (Ezra 6 :15). Et à ce moment de l'année à venir, Ezra est venu de Babylone avec un nouveau groupe d'exilés, comme il est dit : Ezra est monté de Babylone (…) Et il est descendu des enfants d'Israël (…) la septième année du roi Artaxerxés (…) car Ezra avait préparé son cœur. (Ezra 7 : 6-10). (Seder Olam chap. 29)

Le Second Temple fut achevé au temps de Darius mais encore une fois, ce fut suite à l’édit d’Artaxerxés, en l’an -457 que Jérusalem retrouva une parfaite autonomie d’autant plus, que comme nous l’avons vu, c’est le seul des 3 décrets qui soit suivi d'une brakhah, ce qui sous-entend, pour le Tanakh, une réalisation parfaite de toutes les promesses d’Hashem concernant le retour d’Israël.

En complément de ces explications, il peut être aussi lu dans le Livre de Nehemia que Nehemia lui-même, demanda au roi la permission de reconstruire Jérusalem.  

Et je répondis au roi : Si le roi le trouve bon et si ton serviteur lui est agréable, envoie-moi en Juda, vers la ville des sépulcres de mes pères, pour que je la rebâtisse. (Nehemia 2 :5)

Artaxerxés consentit et lui donna la permission de reconstruire Jérusalem vers l’an - 445. Les termes d’un 4ème décret ne nous pas donnés : ce serait donc simplement une reformulation de celui qui fut promulgué en l’an - 457. De plus, si Nehemia demande à Artaxerxés de reconstruire la ville sainte de Jérusalem en - 445, cela nous montre que cela n’avait pas eu lieu selon les décrets de Cyrus ou encore de Darius…

Il y a sept semaines. (Daniel 9 :25)

Selon ce verset et notre mode de calcul, les travaux exécutés devaient être achevés, au plus tard, au bout de 7 semaines d’années, soit 49 ans après l’édit d’Artaxerxés et effectivement, ce fut en l’an - 408, que Jérusalem fut totalement reconstruite : cela correspond donc bien aux 7 premières semaines de Daniel.

On pourra aussi s’inspirer du Talmud dénigrant en partie l’action imparfaite du décret de Cyrus.

Rav Na’hman bar Rav Hisda a interprété de façon homilétique un verset concernant Cyrus : Quel est le sens de ce qui est écrit : Ainsi dit le Seigneur à son oint, à Cyrus, dont j'ai tenu la main droite. (Yeshayahou 45 :1). Ceci fait apparemment référence à Cyrus comme l'oint de D.ieu ? Maintenant, Cyrus était-il oint, c'est-à-dire était-il le Messie, pour que le verset se réfère à lui de cette manière ? Au contraire, le verset doit être compris comme D.ieu parlant au Messie à propos de Cyrus : Le Saint Béni soit-Il a dit au Messie : Je me plains de Cyrus, qui n'agit pas conformément à ce qu'il est censé faire… J'avais dit : Il bâtira ma maison et rassemblera mes exilés. (Yeshayahou 45 :13). Néanmoins, il ne l'a pas fait… Il a plutôt dit : Quiconque est parmi vous de tout son peuple (…) qu'il monte à Jérusalem. (Ezra 1 :3). Il a donné la permission de retourner en Israël mais il n'a pas fait plus que cela. (Méguila 12a)

Comme nous l’avons vu, il nous faut donc comprendre ainsi la prophétie de Daniel : le dernier décret d’Artaxerxés marquera le début des 70 semaines d’années.

 

Il y a sept semaines et soixante-deux semaines. (Daniel 9 :25)

Rien dans le texte n’empêche de réunir les deux périodes dans ce sens : jusqu’au Mashiah, on comptera 7 semaines et 62 semaines [soit un total de 69 semaines = 483 ans] et le verset suivant décrirait alors le caractère général de deux périodes : un temps de rétablissement mais également un temps de déclin... En effet, il faut envisager le premier cycle, celui de 7 x 7 ans, comme représentant symboliquement l’époque de la reconstruction de la ville. Le chiffre 7 met à part ce temps de restauration et lui imprime un caractère de sainteté et de grâce particulière. Ce fut une époque de protection spéciale de D.ieu, pendant laquelle Israël eut ses derniers Neviim comme ‘Hagaï, Zekharia, Malakhi ou encore ses derniers envoyés spécialement qualifiés comme Ezra, Nehemia ou encore Zéroubavel. Pendant les 62 autres semaines, Jérusalem est certes, redevenue une ville considérable, l’une des capitales de l’Orient mais malgré tout, durant cette période, Israël n’a pas joui d’un moment de sécurité… Israël est passé entre les mains des Perses, des Grecs et dans celles des Romains…

En des temps fâcheux. (Daniel 9 :25)

La reconstruction de Jérusalem se fit avec beaucoup de peine car les peuples autour leur faisaient la guerre.

Aussitôt que la copie de la lettre du roi Artaxerxès eut été lue devant Rehum, Schimschaï, le secrétaire et leurs collègues, ils allèrent en hâte à Jérusalem vers les Juifs, firent cesser leurs travaux par violence et par force. Alors s'arrêta l'ouvrage de la maison de D.ieu à Jérusalem et il fut interrompu jusqu'à la seconde année du règne de Darius, roi de Perse. (Ezra 4 :23-24)

Selon l’opinion du Judaïsme actuel, le Mashiah n’est pas encore venu…  Cependant, lors de la dispute de Barcelone qui opposa Na’hmanide et le dominicain Pablo Christiani, Pablo essaya de prouver que le Messie était déjà venu à partir d’un récit selon lequel, en effet, le rédempteur messianique devait naître lors du Second Temple en l’an 70 de l’ère commune. (Bérakhot 5a, Yerushalmi)

Na’hmanide reformula en outre, la croyance du Judaïsme selon laquelle la venue Mashiah était encore prochaine et déclara que même si quelques Sages avant lui crurent que le Mashiah vint au monde lors de la destruction du Second Temple, ce dernier n’était certainement pas Jésus qui naquit bien avant cet évènement tragique… Pablo répliqua cependant avec le chap. 9 du Livre de Daniel.  Na’hmanide rétorqua que l’Oint de D.ieu, le "Mashiah" en hébreu n’était pas une véritable référence au vrai Mashiah, ni à Jésus mais plutôt à Zéroubavel. Na’hmanide a donc apparemment compris le verset de Daniel 9 :25 en référence à Zéroubavel.

Les autres Maîtres d’Israël ont accordé le titre d’Oint de ce chap. 9 au roi Cyrus qui publia le décret autorisant les exilés Juifs à retourner en Juda et à Jérusalem mais pourtant dans le Traité Méguila 12a, on voit qu’Hashem blâme Cyrus pour ne pas avoir fini le travail… D’autres pensent plutôt que ce "prince Oint" serait comme Na’hmanide, Zéroubavel ou encore Yéhochoua le Cohen Gadol, qui revinrent tous deux de l’exil babylonien après la publication du décret de Cyrus. Ibn Ezra quant à lui, accorde le titre de l’Oint à Nehemia. Toujours selon les Maitres d’Israël, l’Oint qui devait être "supprimé" désignerait le roi Agrippa II qui vivait à l’époque de la destruction de Jérusalem en 70 de notre ère. Par conséquent, les Maîtres d’Israël ne sont pas du tout "figés" sur la signification des paroles de Gavriel… 

Le résultat de recherches approfondies de notre part sur cette prophétie [chap. 9 du Livre de Daniel] pourrait bien être que nous devenions tous chrétiens... On ne peut nier que ce passage parle clairement de l’avènement du Messie et que le moment fixé pour cet événement est déjà passé. (Rabbi Shimon Luzatto)

 

La Guémara rapporte également que lorsque Yonathan ben Uzziel a écrit le Targoum, (…) une voix divine a émergé et a dit : Qui est celui qui a révélé mes secrets à l'humanité ? Yonathan ben Uzziel s'est levé et a dit : Je suis celui qui a révélé tes secrets à l'humanité au travers de mon Targoum. Cependant, il t’est révélé et connu que je l'ai fait non pas pour mon propre honneur et non pour l'honneur de la maison de mon père mais c'est plutôt pour ton propre honneur que j'ai fait cela, afin que la discorde n'augmente pas parmi les enfants d’Israël. Les gens auraient été en désaccord sur la signification des versets obscurs mais avec le Targoum, la signification sera claire. Et Yonathan ben Uzziel a également cherché à révéler une interprétation d’autres Écrits mais une voix divine a émergé et lui a dit : Il suffit ! (…) La Guemara explique : Quelle est la raison pour laquelle on lui a refusé la permission de dévoiler d’autres Écrits ? Car il y une révélation dedans concernant la date d’arrivée du Mashiah. La fin est annoncée de manière cryptique dans le Livre de Daniel et si le Livre de Daniel était révélé, la fin deviendrait manifestement révélée à tous. (Méguila 3a)

Le Traité Méguila 3a fait clairement référence à Daniel 9 :25 : le seul passage des Hagiographes à évoquer la date de l'avènement du Mashiah.  Notons que Daniel fait partie des ouvrages qui n’ont pas eu de Targoum…

 

Il est donc intéressant de voir que le passage concernant l’Oint était dissimulé au commun du peuple à l’époque où le Targoum Yonathan fut mis à l’écrit, soit au premier siècle avant l’ère chrétienne… Le Mashiah ne pouvait donc ni être Cyrus, ni Zéroubavel qui se sont éteints longtemps avant que Yonathan ben Uzziel rédigea son Targoum. D’autre part, le Talmud rapporte aussi les propos de certains Maîtres pour qui les temps prévus pour l’arrivée du Mashiah étaient déjà passés [au temps du Second Temple] …

Rabbi Yonathan dit : Que les os de ceux qui calculent les temps [de la venue du Mashiah] soit pulvérisé ! Car ils disent que le temps est déjà venu mais puisqu’il n’est pas venu, il ne viendra jamais. Au contraire, le bon comportement est de continuer à attendre sa venue, comme il est dit : Même si cela tarde, attendez-le. (…) Et apparemment, puisque nous attendons la fin des jours et le Saint Béni soit-Il, est également en attente de la fin des jours, qui empêche la venue du Messie ? C'est l’attribut divin du jugement qui empêche sa venue, comme il est écrit : Car le Seigneur est un D.ieu de jugement et nous n'en sommes pas dignes… Et puisque l'attribut du jugement empêche la venue du Mashiah et que nous ne sommes pas dignes de la rédemption, pourquoi attendons-nous sa venue quotidiennement ? Nous le faisons afin de recevoir une récompense pour avoir attendu sa venue, comme il est dit : Heureux tous ceux qui l'attendent. (…). Rav dit : Toutes les fins de jours qui ont été calculées sont passées et la question ne dépend que de la téchouva et des bonnes actions. Lorsque le peuple Juif se repentira, il sera racheté. (Sanhédrin 97b)

N’oublions pas de préciser également que beaucoup attendaient le Mashiah en ce temps-là, afin qu’il délivre Israël du pouvoir de Rome comme ce fut le cas par exemple, pour Rabbi Akiva qui s’est trompé ayant cru un certain temps que Bar Kokhba était le Mashiah... Il était donc évident pour certains que le Mashiah devait venir avant que Jérusalem et le Temple se fussent détruits par les Romains en l’an 70 de l’ère commune.

Il faut donc comprendre que le dernier décret d’Artaxerxés a marqué le début des 70 semaines d’années… En effet, il est clair, en regard de tout cela, que le décret évoqué en Daniel 9 :25 est celui d’Artaxerxés, qui a été promulgué en - 457. Maintenant, lorsqu'on ajoute 483 ans [69 semaines] à cette date, on aboutit aux environs de l’an 27…

 

Jusqu'à l'Oint, au Conducteur. (Daniel 9 :25)

 

Dès que Yeshoua eut été immergé, il sortit de l'eau. Et voici, les cieux s'ouvrirent et il vit l'Esprit de D.ieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection. (Matityahou 3 :16-17)

 

Le Mashiah naîtra de l'homme et de la femme comme tout autre être humain. Il sera très juste et accomplira de nombreuses actions méritoires, s'élevant ainsi constamment. Ses efforts l'amèneront finalement à un niveau très élevé, auquel point il sera capable de recevoir la Yé’hida, l'âme unique qui a été préparée pour lui avant la Création. Il réalisera alors qui il est et quelle sera sa mission… Il sera doté par le Ciel du pouvoir d'accomplir sa tâche. (Le Ari Hakadosh, Rabbi Its’hak Louria)

 

Voici donc comment le Ari Zal explique l’onction du Mashiah et ceci correspond parfaitement à la description du chap. 3 de l’Evangile de Matityahou.

 

Selon la tradition Juive, l'âme du Mashiah habite dans un palais céleste appelé "kan tsipor" le nid de l’oiseau. Ce lieu est un lieu secret où personne ne peut entrer sauf le Mashiah lui-même. C'est dans ce lieu que l'âme du Mashiah attendait avant que le signe ne soit donné et avant que son heure ne soit venue… L'oiseau est ici un terme spirituel qui parle de la Shekhina qui enveloppera l’âme messianique.

 

Vous savez comment D.ieu a oint du Rouah Hakodesh et de force Yeshoua le Nazaréen, qui allait de lieu en lieu faisant du bien et guérissant tous ceux qui étaient sous l'empire du Satan car D.ieu était avec lui. (Actes 10 :38)

 

Le palais est connu comme étant le nid d'oiseau, en raison d’un merveilleux oiseau, le Mashiah, qui a son nid dans l'arbre le plus élevé du palais (Zohar 2 :8a-9a)

 

Également très intéressant, le Or Hahaim explique que l'un des noms du Mashiah est également "tsipor" : l’oiseau. (Or Hahaim, Paracha Metzorah)

 

Autre fait magnifique, du nid d'oiseau, le Zohar nous dit que la révélation du Mashiah se fera en Galilée…

 

À ce moment se réveillera le Roi Messie qui sortira du Jardin d’Eden, de l’endroit appelé le nid de l’oiseau et apparaitra sur la terre de Galilée. (…) Alors tout le monde verra qu’est apparu le Roi Messie en terre de Galilée. Tous ceux qui s’engagent dans la Torah se réuniront à lui et sont appelés fils, ils sont peu dans le monde ; par le mérite des enfants qui peuvent étudier, la force du Mashiah augmentera. Ce sont les poussins, dont il est écrit : de jeunes oiseaux ou des œufs sur lesquels est assise la mère.  (Zohar, Paracha Shemot)

 

La lumière du Mashiah sera d'abord révélée en Galilée. (Zohar 119a)

 

En ce temps-là, Yeshoua vint de Nazareth en Galilée et il fut immergé par Yochanan dans le Jourdain. (Marcos 1 :9)

 

Yeshoua avait environ 30 ans car comme on le sait, Yeshoua est né vers l’an -4 et fut donc immergé aux alentours de l’an 27, soit à l’âge de 30 ans [-4 + 30 +1 = 27]. 

 

Tout le peuple se faisant immerger, Yeshoua fut aussi immergé et, pendant qu'il priait, le ciel s’ouvrit, le Rouah Hakodesh descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix fit entendre du ciel ces paroles : Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j'ai mis toute mon affection. Yeshoua avait environ trente ans lorsqu'il commença son ministère, étant, comme on le croyait, fils de Joseph. (Loucas 3 :21-23)

 

Après que Yeshoua eut été livré, Yeshoua alla dans la Galilée, prêchant l'Évangile de D.ieu. Il disait : Le temps est accompli et le royaume de D.ieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle. (Marcos 1 :14-15)

 

Le Mashiah Yeshoua fut le Conducteur d’Israël annoncé : lors de son immersion, la prophétie de Daniel s’accomplissait donc à la lettre !

 

Après les soixante-deux semaines, un Oint sera retranché et il n'aura pas de successeur. Le peuple d'un chef qui viendra détruira la ville et le sanctuaire et sa fin arrivera comme par une inondation ; il est arrêté que les dévastations dureront jusqu'au terme de la guerre. Il fera une solide alliance avec plusieurs pour une semaine et durant la moitié de la semaine il fera cesser le sacrifice et l'offrande ; le dévastateur commettra les choses les plus abominables, jusqu'à ce que la ruine et ce qui a été résolu fondent sur le dévastateur. (Daniel 9 :26-27)

 

Voici donc un autre Targoum de ce passage.

 

Après [À partir de] les soixante-deux semaines [+ les 7 premières semaines = 69 semaines = 483 années] un Oint [le Mashiah Yeshoua] sera retranché [la mort de Yeshoua] et il n'aura pas de successeur. Le peuple d'un chef [Titus] qui viendra détruira la ville [Jérusalem] et le sanctuaire [le second Temple] et sa fin arrivera comme par une inondation ; il est arrêté que les dévastations dureront jusqu'au terme de la guerre [le début officiel de l’exil d’Edom]. Il fera une solide alliance [la Brit Hadasha] avec plusieurs pour une semaine et durant la moitié de la semaine il fera cesser le sacrifice et l'offrande [sacrificature de Malkitsedek] ; le dévastateur [Essav : Rome] commettra les choses les plus abominables, jusqu'à ce que la ruine et ce qui a été résolu fondent sur le dévastateur [le retour de Yeshoua comme Mashiah ben David]. (Daniel 9 :26-27)

 

Voici la date de la clôture des 69 semaines : les 7 semaines et les 62 semaines conduisent au Mashiah [immersion de Yeshoua] et à partir de ce moment, on nous annonce que cet Oint de D.ieu sera aussi retranché…

 

Après les soixante-deux semaines. (Daniel 9 :26)

 

Après les 62 semaines, soit au environ de l’an 27 : nous passons maintenant à la 70ème semaine, soit les 7 dernières années…

 

Un Oint sera retranché. (Daniel 9 :26)

 

On peut aussi lire clairement : le Mashiah sera tué…

 

Qui a cru à ce qui nous était annoncé ? Qui a reconnu le bras de l'Éternel ? Il s'est élevé devant lui comme une faible plante, comme un rejeton qui sort d'une terre desséchée ; il n'avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards et son aspect n'avait rien pour nous plaire. Méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance, semblable à celui dont on détourne le visage, nous l'avons dédaigné, nous n'avons fait de lui aucun cas. Cependant, ce sont nos souffrances qu'il a portées, c'est de nos douleurs qu'il s'est chargé et nous l'avons considéré comme puni, frappé de D.ieu et humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne le shalom est tombé sur lui et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie et l'Éternel a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous. Il a été maltraité et opprimé et il n'a point ouvert la bouche, semblable à un agneau qu'on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent ; il n'a point ouvert la bouche. Il a été enlevé par l'angoisse et le châtiment, parmi ceux de sa génération, qui a cru qu'il était retranché de la terre des vivants et frappé pour les péchés de mon peuple ?  (Yeshayahou 53 :1-8)

 

Il y a, dans le Gan Eden, un palais appelé le "palais des fils de la maladie"... Le Messie entre dans ce palais et rassemble chaque douleur et chaque châtiment d'Israël. Tout cela vient reposer sur lui. Et s'il ne les avait pas pris sur lui-même, aucun homme n'aurait été capable de porter les châtiments d'Israël pour la transgression de la Torah, car il est écrit : Certainement ce sont nos maladies qu'il a portées. (Yeshayahou 53 :4). (Zohar II, 212a)

 

À propos du Mashiah, la Guémara demande : Quel est son nom ? (…) Son nom est le lépreux (…) ainsi qu'il est dit : Certes, ce sont nos maladies qu'il a portées et nos souffrances qu'il a subies et nous le considérions comme un lépreux, frappé par D.ieu, humilié (Yeshayahou 53 :4). (Sanhédrin 98b)

 

Alors je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem, un esprit de grâce et de supplication et ils tourneront les regards vers moi, celui qu'ils ont percé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né. (Zekharia 12 :10)

 

Cela fait référence au Mashiah, comme cela est rapporté par un avis du Talmud.

 

Le pays sera dans le deuil, chaque famille séparément. Pourquoi sont-ils dans le deuil ? (…) L'un dit que cela se rapporte au Mashiah ben Yossef qui sera tué. (Soukkah 52a)

 

Mashiah ben Yossef : bien évidemment, il s’agit ici de Yeshoua ben Yossef.

 

Le Mashiah fut donc retranché mais non pour lui-même, Yeshoua en effet n’avait commis aucune faute ; il s’est livré à la mort en faveur des autres… En perpétrant le meurtre du Mashiah, les dirigeants corrompus du Am Israël ont mis le comble à tous les crimes de leurs ancêtres, qui ont souvent mis à mort les vrais prophètes.

Arrêtons-nous pour rependre tous les éléments du chap. 9 du Livre de Daniel : Hashem avait préparé pour le Am Israël un salut spirituel parfait par l’arrivée du Mashiah [précédé de Yochanan HaMatbil] : le but étant l’abolition du mal, la victoire contre Rome et la rédemption totale. Cette arrivée du Mashiah fut prophétisé par Daniel, le point de départ de cette prophétie étant le décret de la restauration de Jérusalem en l’an - 457 par Artaxerxés. Jusqu’à l’apparition du Mashiah Yeshoua qui tentera d’opérer cette œuvre de salut, il s’écoulera 7 semaines et 62 semaines [69 semaines = 483 ans] … Lors de la 70ème semaine, ce Mashiah sera retranché, ainsi par la suite de ce retranchement, D.ieu fera une Alliance avec un grand nombre de membres du peuple. Ces prophéties messianiques ne peuvent s’appliquer qu’au salut apporté par le Mashiah Yeshoua et non par l’autre Messie non-Juif : Cyrus…

Il fera une solide alliance avec plusieurs pour une semaine. (Daniel 9 :27)

 

En effet, comme nous l’avons vu, le Mashiah apparaîtra en public à la fin des 69 premières semaines et donc au commencement de la 1ère moitié de la 70ème…

La cohérence du texte apparaît donc ici une fois de plus car au milieu de la 70ème semaine [7 ans] : soit pendant 3 ans et demi, Yeshoua prêchera la téchouva au Am Israël… Maintenant, si nous ajoutons ces 3 ans et demi à l’an 27, nous arrivons bien à l’an 31, ce qui correspondrait avec la date de la crucifixion de Yeshoua. 

Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu ! Voici, votre maison vous sera laissée déserte. (Matityahou 23 :37-38)

 

Voici, votre maison vous sera laissée déserte car, je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez : Baroukh Haba Beshem Adonaï ! (Matityahou 23 :38-39)

 

Cela fait aussi référence au Mashiah qui durant cette semaine [la 70ème] établira la Brit Hadasha. Néanmoins, comme nous le savons, celle-ci n’est qu’une reprise de l’Ancienne Alliance et non la fondation d’une nouvelle : on pourrait la traduire comme l’idée d’une Alliance Renouvelée [au détriment de tous les chrétiens]. 

Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, où je ferai avec la maison d'Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle, non comme l'alliance que je traitai avec leurs pères, le jour où je les saisis par la main pour les faire sortir du pays d'Égypte, alliance qu'ils ont violée, quoique je fusse leur maître, dit l'Éternel. Mais voici l'alliance que je ferai avec la maison d'Israël, après ces jours-là, dit l’Éternel : Je mettrai ma Torah au dedans d'eux, je l'écrirai dans leur coeur et je serai leur D.ieu et ils seront mon peuple. Celui-ci n'enseignera plus son prochain, ni celui-là son frère, en disant : Connaissez l'Éternel ! Car tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, dit l'Éternel car je pardonnerai leur iniquité et je ne me souviendrai plus de leur péché. (Yrmeyahou 31 :31-34)

Lors de la 70ème et dernière semaine, s’accomplira alors un salut spirituel en deux étapes : le message de téchouva de Yeshoua et la mise en place de la sacrificature selon l’ordre de Malkitsedek [le Mashiah ben Yossef retranché].

Et durant la moitié de la semaine il fera cesser le sacrifice et l'offrande. (Daniel 9 :27)

On parle donc ici de la 70ème semaine coupée en deux...

  • 1ère moitié : Message de téchouva de Yeshoua

  • 2nd moitié : Message des Apôtres + Brit Hadasha au travers du sang de Yeshoua.

Sur le mont des oliviers, pendant trois ans et demi, ainsi dit Rabbi Yonathan, la présence divine s’attarda, pleurant trois fois par jour : Revenez ô enfants rebelles ! Je guérirais vos égarements. (Yrmeyahou 3 :22). Mais lorsqu’ils ne se repentirent point et ne retournèrent point, la présence divine procéda à s’élever dans les cieux, s’exclamant, comme nous le dit l’Ecriture : Je m'en vais reprendre le chemin de ma résidence, jusqu'à ce qu'ils s'avouent coupables et désirent ma présence : quand ils seront dans la détresse, ils me rechercheront. (Hoshéa 5 :15). (Pesikta De-Rav Kahana 13 :11)

Il résulte de là, nous paraît-il, que cette seconde moitié pourrait être liée à la l’expression utilisée dans le chap. 7 du Livre de Daniel : un temps, des temps et la moitié d’un temps : soit 3 ans et demi… Or, la seconde moitié détiendrait peut-être une signification symbolique plutôt que strictement chronologique contrairement à la première car dans un sens, nous sommes toujours dedans [l’ère du Mashiah ben Yossef] ... 

Yeshoua, l’Oint retranché, fera donc une Brit Hadasha avec plusieurs : cette solide Alliance est l’Alliance que Yeshoua allait sceller de son propre sang en mourant sur la croix pour l’expiation des péchés du Am Israël. Exactement à l'époque prédite, à la moitié de la dernière des 70 semaines prophétiques, soit vers l'an 31, Yeshoua rendit l’âme au Mont Golgotha.

Le sacrifice de Yeshoua mit donc fin au rituel du Second Temple et permit au peuple d’Israël de rentrer dans l’ère messianique selon l’ordre de Malkitsedek prophétisé par le Roi David.

L'Éternel l'a juré, et il ne s'en repentira point : Tu es sacrificateur pour toujours, à la manière de Malkitsedek. (Téhilim 110 :4)

 

Encore une fois, Yeshoua surnommé le Nazaréen correspond parfaitement à cette description… Après trois ans et demi de ministère public, il sera arrêté au moment de Pessah [korban Pessah] … 

L'heure étant venue, il se mit à table et les Apôtres avec lui. Il leur dit : J'ai désiré vivement manger Pessah avec vous, avant de souffrir car, je vous le dis, je ne la mangerai plus, jusqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le Royaume de D.ieu.  Et, ayant pris une coupe et rendu grâces, il dit : Prenez cette coupe et distribuez-la entre vous car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du fruit de la vigne, jusqu'à ce que le Royaume de D.ieu soit venu. Ensuite il prit du pain et, après avoir rendu grâces, il le rompit et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. Il prit de même la coupe, après le souper et la leur donna, en disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est répandu pour vous. (Loucas 22 :14-20)

 

Yeshoua est par cela même le garant d'une alliance plus excellente. De plus, il y a eu des cohanim en grand nombre, parce que la mort les empêchait d'être permanents. Mais lui, parce qu'il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n'est pas transmissible. C'est aussi pour cela qu'il peut sauver parfaitement ceux qui s'approchent de D.ieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. Il nous convenait, en effet, d'avoir un Cohen Gadol comme lui, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux, qui n'a pas besoin, comme les cohanim, d'offrir chaque jour des sacrifices, d'abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple car ceci, il l'a fait une fois pour toutes en s'offrant lui-même. (Hébreux 7 :22-27)

Le rituel du Second Temple [selon l’ordre de Lévi] est donc remplacé par la prêtrise céleste du Mashiah [selon l’ordre de Malkitsedek]. Concernant l’expiation, D.ieu ne peut faire cesser le sacrifice de l’Ancienne Alliance qu’en consommant un sacrifice nouveau, ceci est le fondement de la Brit Hadasha : c’est donc ici qu’il faut placer l’immolation de Yeshoua.

 

Quand Israël était en Terre Sainte, les rituels et les sacrifices enlevaient toutes les maladies du monde, maintenant, c’est le Mashiah qui les enlève des fils du monde. (Zohar II, 212a)

 

Hashem attendait la téchouva du Am Israël mais le peuple a été rejeté car il ne s’est pas repenti de son péché. Selon l’interprétation de tous nos calculs, après la mort et la résurrection de Yeshoua, expiant le péché, il restait donc une demi-semaine, soit 3 ans et demi au Am Israël pour se repentir [par l’annonce des Apôtres] avant que l’exil d’Edom ne soit réellement décrété et ne les engloutisse pour 2000 ans… 

Et il leur dit : Ainsi il est écrit que le Mashiah souffrirait et qu'il ressusciterait des morts le troisième jour, que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. (Loucas 24 :46-47)

 

Soixante-dix semaines ont été fixées sur ton peuple et sur ta ville sainte, pour faire cesser les transgressions et mettre fin aux péchés, pour expier l'iniquité et amener la justice éternelle, pour sceller la vision et le prophète, pour oindre le Saint des saints. (Daniel 9 :24)

 

Pendant 3 ans et demi, suivant le départ du Mashiah, les Apôtres, par leur prédication et les miracles du Rouah Hakodesh manifestés, ont donc invité la nation Juive à reconnaître Yeshoua comme étant le Mashiah rejeté. Malheureusement, comme on le sait, la nation Juive malgré l’engagement de nombreux adhérents, rejeta l'appel des Apôtres…  La fin des 70 semaines [490 ans] fut donc marquée vers l'an 34.

Les Sages ont enseigné : Pendant le mandat de Shimon HaTsadik, le sort pour D.ieu se posait toujours dans la main droite du Cohen Gadol ; après sa mort, cela ne s'est produit qu’occasionnellement mais pendant les 40 ans précédant la destruction du Second Temple, le sort pour D.ieu ne se posa pas du tout dans la main droite du Cohen Gadol. De même, la bande de laine cramoisie attachée à la tête du bouc envoyé à Azazel n'est pas devenue blanche et la lampe la plus à l'ouest du candélabre n'a plus brûlé continuellement. Et les portes du Sanctuaire s'ouvrirent par elles-mêmes comme signe qu'elles seraient bientôt ouvertes par les ennemis, jusqu'à ce que Rabban Yohanan ben Zakkaï les gronde. Il a dit au Sanctuaire : Sanctuaire, Sanctuaire, pourquoi nous effraies-tu avec ces signes ? Je sais que tu seras finalement détruit. (Yoma 39b)

Est-ce un hasard si depuis l’année où Yeshoua fut condamné à mort, D.ieu n’a plus agréé les sacrifices communaux offerts à Yom Kippour ou encore que le Temple a "bugué" puis fut détruit par les romains ?  En effet, le culte lévitique du Second Temple avait perdu toute sa valeur et son efficacité, qui étaient passés tout entières dans l’expiation apportée par le sacrifice de Yeshoua.

Le déchirement du voile du Temple au moment de la mort du Mashiah fut également le symbole frappant du rejet du Sanctuaire par D.ieu lui-même.

Et voici, le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent. (Matityahou 27 :51)

Durant les 3 ans et demi suivants, la fin de la 70ème semaine, les talmidim de Yeshoua ont donc fait des prouesses pour communiquer à leur peuple la Bonne Nouvelle de la rédemption promise. Cependant, malgré leur enthousiasme et des résultats significatifs, la Kéhila Nazaréenne n’a pas réussi à convaincre les autorités de la nation Juive. Vers la fin de l’an 34, soit 3 ans et demi après la crucifixion de Yeshoua, tout est devenu de plus en plus compliqué. Cette année-là, en effet, les chefs religieux de Jérusalem mirent le comble à leur haine pour le Mashiah, en lapidant Stephanos.

En entendant ces paroles, ils étaient furieux dans leur coeur et ils grinçaient des dents contre lui. Mais Stephanos, rempli du Rouah Hakodesh, fixant les regards vers le ciel, vit la gloire de D.ieu et Yeshoua debout à la droite de D.ieu. Et il dit : Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l'homme debout à la droite de D.ieu. Ils poussèrent alors de grands cris, en se bouchant les oreilles et ils se précipitèrent tous ensemble sur lui, le traînèrent hors de la ville, et le lapidèrent. Les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme nommé Shaoul. (Actes 7 :54-58)

 

Selon le Livre des Actes, ce martyr choquant marqua le départ de Judée de beaucoup de talmidim de Yeshoua [un avant-goût de l’exil].

Shaoul avait approuvé le meurtre de Stephanos Il y eut, ce jour-là, une grande persécution contre la Kéhila de Jérusalem et tous, excepté les Apôtres, se dispersèrent dans les contrées de la Judée et de la Samarie. (Actes 8 :1)

Ceux qui avaient été dispersés par la persécution survenue à l'occasion de Stephanos allèrent jusqu'en Phénicie, dans l'île de Chypre, et à Antioche, annonçant la parole seulement aux Juifs. (Actes 11 :19)

La tragédie de l’an 70 était donc inévitable… Jérusalem allait connaître la plus totale destruction et désolation de son histoire.

Yeshoua avait d’ailleurs clairement annoncé cette catastrophe…

Comme Yeshoua s'en allait, au sortir du temple, ses talmidim s'approchèrent pour lui en faire remarquer les constructions. Mais il leur dit : Voyez-vous tout cela ? Je vous le dis en vérité, il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée. Il s'assit sur la montagne des oliviers. Et les talmidim vinrent en particulier lui faire cette question : Dis-nous, quand cela arrivera-t-il et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde ? (Matityahou 24 :1-3)

Ainsi, durant la dernière des 70 semaines, de l’an 27 à l’an 34 environ [la seconde moitié] les talmidim de Yeshoua ont fourni de nombreux efforts pour sauver la nation Juive... En effet, le Mashiah leur avait expressément demandé de s’adresser en priorité aux Juifs et aux exilés mais, au niveau collectif, ce fut en vain… Les Nazaréens furent de plus en plus contraints de se disperser et de porter l’Évangile aux Samaritains, puis aux non-Juifs…

Tels sont les douze que Yeshoua envoya, après leur avoir donné les instructions suivantes : N'allez pas vers les non-Juifs et n'entrez pas dans les villes des Samaritains ; allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël. Allez, prêchez et dites : Le royaume des cieux est proche. (Matityahou 10 :5-7)

Mais vous recevrez une puissance, le Rouah Hakodesh survenant sur vous et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre. (Actes 1 :8)

Shaoul et Bar-Naba leur dirent avec assurance : C'est à vous premièrement que la parole de D.ieu devait être annoncée mais, puisque vous la repoussez et que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie éternelle, voici, nous nous tournons vers les non-Juifs. (Actes 13 :46)

Le nom de Yeshoua commença donc à se perdre parmi les nations, les gardiens de la Brit Hadasha, les premiers Apôtres étant morts. La miséricorde d’Hashem manifesté au travers de Yeshoua allait donc toucher la quasi-totalité des cultures du globe…

Comme l’ont fait Maïmonide et Yéhouda HaLevi, nous reconnaissons que le Christianisme n’est ni un accident, ni une erreur mais le résultat de la volonté divine et un don pour les nations. En séparant le Judaïsme et le Christianisme, Dieu a souhaité une scission entre les partenaires dotés de différences théologiques signifiantes et non pas une séparation entre ennemis. Le Rav Yaakov Emden a écrit que : Jésus a apporté un double bienfait au monde. D’une part, il a majestueusement renforcé la Torah de Moïse… et aucun de nos Sages n’a exprimé tant d’empathie en parlant de l’immuabilité de la Torah. D’autre part, il a extirpé l’idolâtrie des nations et leur a imposé les 7 lois de Noé afin qu’ils ne se comportent pas comme des animaux et leur a fermement inculqué des traits moraux… Les Chrétiens constituent des congrégations qui œuvrent pour l’amour du ciel, qui sont destinées à durer, qui tendent vers les cieux, et dont les récompenses leur seront accordées. (…) Nous pouvons reconnaitre la validité constructive continue du Christianisme comme notre partenaire dans la rédemption du monde, sans aucune crainte que cela puisse être exploité à des fins missionnaires. Comme l’affirmait le Grand Rabbinat de la Commission bilatérale entre Israël et le Saint-Siège, sous la houlette du Rabbin Shear Yashuv Cohen : nous ne sommes plus des ennemis mais des partenaires sans équivoque dans l’expression des valeurs morales essentielles à la survie et au bien-être de l’humanité. Aucun de nous ne peut accomplir la mission divine seul. (Nostrae Aetate, Déclaration n°3 de plusieurs rabanim)

 

Étant arrivé au temps du second dévoilement de Yeshoua, aujourd’hui, avec toute l’information dévoilée, tous les êtres humains de toutes origines peuvent avoir accès à ces informations précieuses [le message originel Juif de l’Evangile] malgré l’hérésie du dévastateur [Essav : Rome] toujours dominante…

Le peuple d'un chef qui viendra détruira la ville et le sanctuaire. (Daniel 9 :26)

Ce verset fait, bien évidemment, référence à la prise de la ville de Jérusalem par l’empereur romain Titus en l’an 70… On nous parle d’un peuple d’un chef mais on pourrait aussi le traduire par le "peuple-chef" qui viendra, en l’occurrence le "peuple-chef" de l’époque était Rome… Essav ou Edom…

Lorsque vous verrez Jérusalem investie par des armées, sachez alors que sa désolation est proche. (Loucas 21 :20)

Il viendra sur toi des jours où tes ennemis t'environneront de tranchées, t'enfermeront, et te serreront de toutes parts ; ils te détruiront, toi et tes enfants au milieu de toi et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas connu le temps où tu as été visitée. (Loucas 19 :43-44)

Les pas du Mashiah s'accompagnent de perturbations et d'obstacles provoqués par l'Ange d'Essav ainsi que par Armilus. (…) Enfin, cependant, l'Ange d'Essav tombera entre les mains de l'Ange de Yossef [Mashiah ben Yossef] comme nous le trouvons dans le Midrash Tan’houma : avec l'aide du Mashiah ben David (Kol Hator 1 :23)

Dans la Torah Orale, Armilus est un nom codé pour désigner Titus au temps de Yeshoua… Comme certains l’ont utilisé pour Haman, Nevoukadnetsar, etc… Dans la tradition Juive, en effet, Armilus HaRacha serait le nom d'une personne qui tenterait de tuer le Mashiah ben Yossef [Rome : Hérode, Pilate, Titus, etc…]. Selon certaines sources, Armilus serait donc une figure de l’antimessie dans l’eschatologie Juive médiévale, comparable aux interprétations de l'Antéchrist chrétien ou encore du Dajjal islamique, jusqu'à sa défaite finale aux mains du vrai Mashiah… La destruction inévitable d’Armilius symbolise donc la victoire ultime du bien sur le mal à l’ère messianique… La légende Juive raconte également les événements comme suit : le Mashiah ben Yossef réunira le peuple Juif de toutes les parties de la terre, rétablira Jérusalem et le Temple et fondera son Empire mais Armilus, né à Rome, rassemblera les nations et les conduira contre Jérusalem. ll se fera passer pour le vrai Messie, le Mashiah ben Yossef sera donc tué dans la bataille et les Juifs, dispersés de nouveau, supporteront de grandes souffrances. Mais un autre Mashiah, le fils de David, les réunira de nouveau, tuera Armilus et fondera enfin le royaume messianique. 

Il serait fort intéressant d’interpréter cette légende Juive d’un point de vue Nazaréen.

Le Mashiah ben Yossef [Yeshoua] réunira le peuple Juif de toutes les parties de la terre, rétablira Jérusalem et le Temple et fondera son Empire mais Armilus [Rome : Hérode, Pilate, Titus, etc…], né à Rome [Essav], rassemblera les nations et les conduira contre Jérusalem [destruction du Second Temple]. ll se fera passer pour le vrai Messie [Jésus-Christ], le Mashiah ben Yossef [Yeshoua, l’Oint retranché] sera donc tué dans la bataille et les Juifs, dispersés de nouveau [exil d’Edom], supporteront de grandes souffrances [Inquisition, Shoah, etc…]. Mais un autre Mashiah, le fils de David [le second retour de Yeshoua], les réunira de nouveau, tuera Armilus [Jésus-Christ] et fondera enfin le Royaume messianique. 

Le dévastateur commettra les choses les plus abominables. (Daniel 9 :27)

 

Outre la destruction du Second Temple, comme nous l’avons vu, le dévastateur est Rome : le monde d’Essav. Celui-ci commettra les choses les plus abominables…

 

L’église catholique romaine [le Essav spirituel] a commis de nombreuses monstruosités au nom de Jésus [Armilus] :

  • Les croisades meurtrières, les massacres et l’inquisition,

  • Les conversion forcés,

  • Les bûchers,

  • L’accouchement de nombreuses filles [branches] dont le protestantisme avec les écrits antisémites de Luther,

  • Etc…

 

Un Oint sera retranché et il n'aura pas de successeur. (Daniel 9 :26)

Une fois le Mashiah retranché, son œuvre paraîtra anéantie et nul ne semblera pouvoir la relever… Ses véritables adhérents auront comme disparu [perdus parmi les chrétiens édomites]. Toute obéissance lui sera refusée et aucun ne se soumettra totalement à son autorité ; pour un temps la véritable Kéhila tombera donc dans l’oubli…

 

Jusqu'à ce que la ruine et ce qui a été résolu fondent sur le dévastateur. (Daniel 9 :27)

 

La fin des Romains [Essav] qui ont détruits Jérusalem sera leur anéantissement total par le Roi Messie annoncé. (Rachi)

 

Yeshoua interviendra et mettra donc fin aux folies guidées par Essav.

 

Moshé est venu et a accompli sa mission quand il s’est avancé devant Pharaon, sur l’ordre de D.ieu et qui lui a dit : Ainsi parle le Seigneur, le D.ieu d’Israël : Renvoie mon peuple ! A cet instant, notre libérateur s’est vraiment manifesté … De la même façon, ce n’est que lorsque le Mashiah viendra devant le Pape [l’incarnation de l’idolâtrie essavique] pour lui dire : Renvoie mon peuple, qu’on pourra dire qu’il est venu. (Na’hmanide)

 

 

  • il a manifesté sa parole par le kérygme : la prédication du Mashiah. 

 

 

  • dans lequel j’ai été confirmé : cela fait référence au fait d’être attaché et affermi dans les notions ‘hassidiques de la Brit Hadasha en Yeshoua.    

 

  • selon un ordre de notre sauveur, Elohîms : la source du découvrement du Mashiah était Hashem.

 

 

COMMENTAIRE N°2

 

Cela décrit la hiérarchie céleste, comme elle est également rapportée dans le Livre de la Révélation.

 

Révélation du Mashiah Yeshoua, que D.ieu lui a donnée pour montrer à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt. (Révélation 1 :1)

Le Mashiah est soumis au dévoilement du Maître du monde, comme lui-même le déclarera dans plusieurs Évangiles. Yeshoua n’est pas indépendant, nul ne peut l’être…

Le ciel et la terre passeront mais mes paroles ne passeront point. Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils mais le Père seul. Ce qui arriva du temps de Noa’h arrivera de même à l’avènement du Fils de l’homme. (Matityahou 24 :35-37)

Néanmoins, toutes révélations destinées aux meshi’him doit passer par le Mashiah, lui-même étant l’Esprit de la prophétie comme il est écrit : D.ieu nous a parlé par le Fils.

D.ieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé le monde. (Hébreux 1 :2)

En l’occurrence, si l’Apôtre Shaoul a reçu la révélation de Yeshoua, on doit comprendre qu’Hashem était, bien évidemment, aux commandes…

D.ieu, en effet, a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu'il dit que tout lui a été soumis, il est évident que celui qui lui a soumis toutes choses est excepté. Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que D.ieu soit tout en tous. (1 Corinthiens 15 :27-28)

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

4.     À Titus, enfant légitime selon la commune adhérence, chérissement et paix d’Elohîms, père, et du messie Iéshoua’ notre sauveur.

 

 

  • À Titus, enfant légitime : Titus était un Nazaréen d’origine non-Juive. 

Mais Titus, qui était avec moi et qui était non-Juif, ne fut pas même contraint de se faire circoncire. (Galates 2 :3)

Comme le décrit le verset, Rabbi Shaoul de Tarse le conduisit au Concile de Jérusalem.

 

COMMENTAIRE N°1

Titus fut également le collaborateur et compagnon d’œuvre de l’Apôtre Shaoul, comme cela est relaté dans la Lettre aux Corinthiens.

Ainsi, pour ce qui est de Titus, il est notre associé et notre compagnon d'œuvre auprès de vous. (2 Corinthiens 8 :23)

Shaoul, serviteur de D.ieu et Apôtre de Yeshoua HaMashiah pour la foi des élus de D.ieu (…) à Titus, mon enfant légitime en notre commune foi : que la grâce et la paix te soient données de la part de D.ieu le Père et du Mashiah Yeshoua, notre Sauveur ! (Titus 1 :1-4)

Le nom de Titus reviendra plusieurs fois dans les Écrits Nazaréens.

  • Shaoul l’envoya à Corinthe.

J'ai engagé Titus à aller chez vous. (2 Corinthiens 12 :18)

  • La Lettre de Shaoul adressée à Titus nous apprend qu'il alla aussi en Crète, investi de la mission de surveiller la communauté Nazaréenne.

Je t'ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste à régler et que, selon mes instructions, tu établisses des Anciens dans chaque ville. (Titus 1 :5)

  • Shaoul mentionnera également le départ de Titus pour la Dalmatie.

Car Démas m'a abandonné, par amour pour le siècle présent et il est parti pour Thessalonique ; Crèscès est allé en Galatie, Titus en Dalmatie. (2 Timothes 4 :10)

Les Écrits Nazaréens ne nous apprennent rien de plus sur la destinée de cet homme, dont nous pouvons dire, cependant, que le rôle de celui-ci dans la Kéhila ne fut pas petit… À la façon dont l’Apôtre Shaoul parle de lui, louant son dévouement, l'appelant son compagnon d’œuvre, il est clair que Titus fut un grand serviteur du Mashiah.

Grâces soient rendues à D.ieu de ce qu'il a mis dans le cœur de Titus le même empressement pour vous ; il a accueilli notre demande et c'est avec un nouveau zèle et de son plein gré qu'il part pour aller chez vous.  (2 Corinthiens 8 :16-17)

De plus, le succès de son intervention dans les affaires de Corinthe est bien la preuve que l'habileté et le savoir-faire s'unissaient en sa personne à l'énergie du caractère et à la fermeté de ses convictions. Sans doute aussi était-il servi par son origine païenne quand il avait à parler à des non-Juifs du Mashiah. Doué pour l'action, il a pu dans certaines circonstances difficiles prêter à l'Apôtre Shaoul une aide fidèle et efficace.

Une tradition d’Eusèbe de Césarée fait de Titus, le premier dirigeant des communauté de Crète.

Il est raconté que Timothée obtint le premier le gouvernement de l’Église d’Éphèse, de même que Tite, lui aussi, celui des Églises de Crète. (Eusèbe de Césarée, chap. 4 de l’Histoire ecclésiastique III)

 

  • selon la commune adhérence : la émouna en Yeshoua.  

 

  • chérissement et paix : généralement, tous les talmidim du Mashiah ont les mêmes souhaits pour la Kéhila.

Yohanan aux sept communautés qui sont en Asie : que la grâce et le shalom vous soient données de la part de celui qui est, qui était et qui vient, de la part des sept esprits qui sont devant son trône. (Révélation 1 :4)

En effet, la grâce et le shalom sont les deux grands bienfaits dont les hommes ont le plus besoin et sans lesquels, ils ne peuvent pas être en totale communion avec Hashem...

COMMENTAIRE N°2

On introduit des propos par une bénédiction. (…) Plus généralement, toute parole doit systématiquement être introduite d’une manière positive. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 1)

 

 

  • d’Elohîms père : Hashem.  

 

  • et du messie Iéshoua’ notre sauveur : notre Rabbi et Tsadik.

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


5.     Je t’ai laissé en Crète pour que tu achèves ce qui est resté à organiser et que tu établisses des anciens dans chaque cité, comme je te l’ai commandé :

 

 

  • Je t’ai laissé en Crète : la plus grande des îles grecques.

 

COMMENTAIRE N°1

Grande île de la Méditerranée orientale, au sud de la mer Égée. Elle a environ 280 km de long, sa largeur varie entre 12 et 55 km et sa superficie est d’environ 8 580 km carrés. Un massif central domine l’île et son point culminant, le mont Ida a joué un rôle important dans la mythologie grecque. Des fouilles faites à Gnosse, au début du siècle, ont révélé que la Crète avait été le siège d’une antique civilisation, antérieure à la civilisation grecque et qui a rayonné sur toute la Méditerranée orientale ; la déesse aux serpents fut l’une des divinités principales de cette époque préhellénique dont des échos très lointains nous sont parvenus dans les récits légendaires relatifs au roi Minos. (…) L’histoire de l’île nous est fort mal connue. Les Crétois étaient des archers remarquables et servirent comme tels dans les armées mercenaires de l’antiquité. L’île, devenue un repaire de pirates, fut conquise en 67 avant Jésus-Christ, par les Romains. (…) Il semble que Paul évangélisa la Crète, aidé de Tite, auquel il laissa la charge d’organiser les églises fondées ; ce n’était pas une tâche aisée, s’il faut en croire l’épître, qui qualifie durement les Crétois et les Juifs de Crète. Après la chute de l’empire romain, la Crète a fait partie de l’empire d’Orient. Elle a été successivement sous le joug des Arabes, des Vénitiens et des Turcs. Peuplée en majorité de Grecs, elle fait partie aujourd’hui du royaume de Grèce. (Dictionnaire biblique de Westphal)

 

  • pour que tu achèves ce qui est resté à organiser : Titus avait la grande tâche de veiller au bon fonctionnement des communautés Nazaréennes.

 

 

  • et que tu établisses des anciens dans chaque cité : le rôle des Anciens est extrêmement important pour une communauté.

 

 

  • comme je te l’ai commandé : Shaoul était le Maître de Titus et un des dirigeants de la Kéhila Nazaréenne aimé et reconnu par Yaakov HaTsadik.  

L'Évangile m'avait été confié pour les incirconcis, comme à Kéfa pour les circoncis car celui qui a fait de Kéfa, l'Apôtre des circoncis a aussi fait de moi l'Apôtre des non-Juifs et ayant reconnu la grâce qui m'avait été accordée, Yaakov, Kéfa et Yohanan, qui sont regardés comme des colonnes, me donnèrent, à moi et à Bar-Naba, la main d'association, afin que nous allassions, nous vers les non-Juifs et eux vers les circoncis. (Galates 2 :7-9)

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

9.     attaché à la parole d’adhérence, selon l’enseignement, capable à la fois d’exhorter par l’enseignement sain et de réfuter les contradicteurs.

 

 

  • attaché à la parole d’adhérence : l’Évangile

 

  • selon l’enseignement : de la ‘Hassidout Nazaréenne.

 

  • capable à la fois d’exhorter par l’enseignement sain : il est extrêmement important d’être influencé par la pureté des enseignements ‘hassidiques.

 

  • et de réfuter les contradicteurs : il est aussi important d’être solides dans notre émouna afin de ne pas être emportés par tous vents de doctrines…

 

Celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et poussé de côté et d'autre. (Yaakov 1 :6)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

10.     Oui, il y a beaucoup d’insoumis, de vains parleurs, de trompeurs, spécialement parmi ceux de la circoncision.

 

 

  • Oui, il y a beaucoup d’insoumis : du grec "anupotaktos"…

 

Voici la définition du mot grec "anupotaktos" :

  • non assujetti, non soumis,

  • insoumis : qui est révolté contre l'autorité de fait,

  • désobéissant : qui désobéit, a l'habitude de désobéir,

  • réfractaire : qui résiste à quelque chose, qui refuse d'obéir ou de se soumettre,

  • rebelle : qui est fortement opposé, hostile à quelque chose et qui refuse de s'y soumettre.

 

Il y a, en effet, surtout parmi les circoncis, beaucoup de gens rebelles. (Titus 1 :10)

 

 

  • de vains parleurs : du grec "mataiologos"…

 

Voici la définition du mot grec "mataiologos" :

  • celui qui parle en vain,

  • celui qui dit des choses vides et insensées,

  • les vains discoureurs : personne qui aime à discourir et qui fait de longs discours sans valeurs réelles.

 

Il y a, en effet, surtout parmi les circoncis, beaucoup (…) de vains discoureurs. (Titus 1 :10)

 

 

  • de trompeurs : du grec "phrenapates"…

 

Voici la définition du mot grec "phrenapates" :

  • un séducteur : celui qui séduit spirituellement, attire d'une façon irrésistible par des enseignements, etc…

  • un trompeur d'esprit,

Il y a, en effet, surtout parmi les circoncis, beaucoup (…) de séducteurs. (Titus 1 :10)

 

 

  • spécialement parmi ceux de la circoncision : certains Juifs Crétois adhéraient probablement au légalisme de la Torah de Beit Shammaï, dont le comportement moral était contraire à la Torah prêchée par Yeshoua [de Beit Hillel] ; de plus, certains Crétois selon les sources historiques, engendraient un hiloul Hashem en mêlant des théologies gnostiques (en complément d’un ascétisme prononcé) à leur Judaïsme.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Parallèlement à la mort des Apôtres et à la propagation rapide du mouvement Nazaréen, de nombreux groupes factieux, inspirés du paganisme, se sont développés à travers le Proche‐Orient antique et le monde méditerranéen. Les Écrits apostoliques nous donnent donc des directives sur comment identifier les faux docteurs, dont ceux de l’Apôtre Shaoul.

Certaines hérésies comme celles dénoncées dans la Lettre pour Titus, semblent être une combinaison d’un légalisme Juif abusif (inspiré de la Torah de Beth Shammaï, parti de la circoncision) et de la pensée philosophique païenne/grecque gnostique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


11.     Il faut leur museler la bouche, eux qui bouleversent des maisons entières, enseignant ce qu’il ne faut pas, pour un gain honteux.

 

 

  • Il faut leur museler la bouche : du grec "epistomizo"…

 

Voici la définition du mot grec "epistomizo" :

  • museler la bouche, comme pour parler d’un bête féroce [d’un point de vue spirituel] : empêcher un animal d'ouvrir la gueule, de mordre en lui emprisonnant le museau,

  • brider ou fermer la bouche,

  • réduire au silence.

 

Il y a, en effet, surtout parmi les circoncis, beaucoup de gens rebelles, de vains discoureurs et de séducteurs, auxquels il faut fermer la bouche. (Titus 1 :10-11)

 

 

  • eux qui bouleversent des maisons entières : par conséquent, l’homme doit s’éloigner des conseils des mécréants, contestataires et opposants à la vérité car leurs conseils sont la cause de tous les dommages et détériorations. Les conseils que l’homme reçoit des mécréants sont comparables à un mariage et union impurs avec eux à l’image du serpent sur lequel Hava a dit : Il m’a épousé. (Béréshit 3 :13). L’homme doit uniquement s’attacher aux Tsadikim véritables et à leurs talmidim car tous leurs conseils, sont entièrement une semence de vérité. (Les Conseils des Justes, inspiré du Likouté Moharan)

 

 

  • enseignant ce qu’il ne faut pas, pour un gain honteux : ces Crétois savaient que leur marchandise spirituelle corrompue serait du goût de plusieurs ; ainsi, ils en tiraient du profit pour eux-mêmes, probablement, d’un point de vue financier.

 
 
 
 
 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


12.     l’un d’entre eux, leur propre inspiré, a dit : Crétois toujours menteurs, méchantes bêtes, panses oisives. 

 

 

  • l’un d’entre eux : selon certains sources historiques, il s’agirait certainement d’un poète phi­lo­sophe Crétois du nom de Epi­mé­nide, originaire de Cnossos en Grèce, qui a vécu environ au VIème siècle avant la naissance de Yeshoua, et au­quel ses contem­po­rains crétois at­tri­buaient un certain don de clairvoyance sur l’avenir.

 

 

  • leur propre inspiré : l’Apôtre du Mashiah décrit cet homme comme étant un Prophète mais bien évidemment, il s’agit ici d’une ironie dont Shaoul se sert pour mieux dénigrer les faux docteurs Crétois.

 

COMMENTAIRE N°1