CHAPITRE 14

Le chapitre est complet, tous les versets sont disponibles

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COMMENTAIRES 

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1.     Accueillez qui faiblit dans l’adhérence, sans juger ses pensées.

 

 

  • Accueillez : montrez-vous bienveillants.

 

Shaoul avait été informé de la situation intérieure de la communauté Nazaréenne de Rome, des divisions dont elle était menacée par les divergences de points de vue entre les "forts" et les "faibles" ; c’est ce qui l’oblige à traiter du sujet de leurs divergences : l’alimentation concernant les viandes.

 

 

  • qui faiblit dans l’adhérence : celui dont la foi est faible sur un point particulier, en l’occurrence selon le contexte, cela fait référence au fait de manger de la viande. Comme on le sait, certains Nazaréens étaient végétariens. (Romains 14 :2)

 

COMMENTAIRE N°1

 

Le mot "faible" n’est pas du tout une insulte dans la bouche de Shaoul. On peut comprendre le mot "faible" par ce qui est "gênant" au point d’être mal dans sa foi… En fonction de ces mauvaises graines, l’Apôtre Shaoul plaidera en leur faveur auprès des forts, leur recommandant de les supporter avec charité et de les aimer comme des frères : l’amour étant le plus important au-delà des aliments.

 

 

  • sans juger ses pensées : que les forts s’abstiennent d’émettre leurs avis, en accueillant les faibles, en arrêtant de juger leurs pensées, leurs délibérations, leurs hésitations car tout cela n’engendre que des disputes et des querelles. Que chacun puisse servir D.ieu conformément à son niveau et selon ses convictions [dans le cadre de la Torah] !

 

Celui qui distingue entre les jours agit ainsi pour le Seigneur. Celui qui mange, c'est pour le Seigneur qu'il mange, car il rend grâces à Dieu ; celui qui ne mange pas, c'est pour le Seigneur qu'il ne mange pas, et il rend grâces à Dieu. (….) Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même. (Romain 14 :5-12)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2.     Tel adhère à tout manger, tandis que le faible ne mange que des légumes.

 

 

  • Tel adhère à tout manger : l’un mange de tout, ayant une foi assez ferme pour manger de tous les aliments [autorisés par la Torah]. Sous-entendu, il nous est prescrit de savourer tous les plaisirs de la vie non pas en dehors du cadre de la Torah comme les chrétiens aiment le proclamer mais bien au sein de ses lois.  Par exemple, Maïmonide considère que c’est une mitsva de manger de la viande pendant les jours de fête afin d’intensifier son plaisir et sa joie… Or, bien évidemment, cela ne concerne pas une personne qui n’aimerait pas ces aliments [comme les végétariens et ceux qui ne mangent que des légumes].

 

 

  • tandis que le faible ne mange que des légumes : la raison principale est qu’autrefois, certains s’abstenaient de manger de la viande, afin de maintenir leur chair dans une dépendance totale de l’esprit, en vue d’un processus de sanctification particulier. En effet, l’ascétisme était une doctrine répandue.  

 

COMMENTAIRE N°1

 

Ces végétariens sont considérés comme les "faibles" par l‘Apôtre Shaoul mais comme nous l’avons vu, il s’agit plutôt d’une faiblesse par rapport à un point précis de la foi et non pas de "faibles" pour "casser" du faible… Tout ce chapitre n’est d’ailleurs, qu’en rapport avec l’amour fraternel….

 

Mais alors, pourquoi les considérer comme faibles ? Qu’ont-ils fait ? Ils s'interdisent ce que la Torah permet par conscience faible, s'imaginant que telle nourriture les affaiblirait dans leur service divin. Or, Shaoul avait déjà précisé dans l’une de ses Lettres, que tout était pur pour les purs. (Titus 1 :15) ; c’est-à-dire que pour toutes les personnes "pures" et intègres qui marchent sainement et saintement, tout est propre, pur, permis, dans ce qui est permis par la Torah et il n'est pas besoin de s'ajouter des interdictions [comme le végétarisme].

 

De plus, Shaoul constate une faiblesse dans la foi Nazaréenne végétarienne, non pas forcément pour le côté végétarien en soi mais bien parce qu’il voit que des conflits naissent de cette foi…. Et évidemment, on ne peut pas diviser une communauté pour du végétarisme alors qu’Hashem lui-même ne l’a pas interdit dans la Torah ; c’est une faiblesse de l’imposer aux autres et également d’en engendrer du mépris, du lachon hara, etc…

 

Le sujet était très compliqué à traiter pour l’Apôtre. 

 

COMMENTAIRE N°2

 

Pour mieux comprendre la pensée de l’Apôtre Shaoul et la mentalité de l’époque, on pourra s’inspirer d’un midrash Juif qui rapporte un dialogue entre Rabbi Yéhochoua et des ascètes qui se multiplièrent après la destruction du Temple… Face à leur attitude extrême en matière d’abstinence, le Rabbi leur a proposé une voie moyenne qui sera la voie royale prônée par tous les autres rabanim : porter le deuil de Jérusalem mais sans excès.

 

Depuis la destruction du Temple, les ascètes se multiplièrent en Israël ; ils ne mangeaient pas de viande et ne buvaient pas de vin. Rabbi Yéhochoua les rencontra et leur dit : Mes fils, pourquoi ne mangez-vous pas de viande et ne buvez-vous pas de vin ? Ils répondirent : Comment mangerions-nous de la viande alors que le sacrifice quotidien était offert sur l’autel ? Et comment boirions-nous du vin qui était offert en libation chaque jour sur l’autel qui aujourd’hui est détruit ? Il leur dit : Si c’est ainsi vous devriez vous interdire les figues et le raisin que l’on apportait en prémisses, et également le pain puisqu’on apportait deux pains à Shavouot, et les pains de visages de Shabbat en Shabbat, et également l’eau qui était offerte en libation pendant la fête de Souccot ? Ils se turent… Il leur dit : Ne pas du tout porter le deuil est impossible car le décret a été émis mais augmenter le deuil n’est pas possible non plus. Car Rabbi Yéhochoua a enseigné : On n’impose pas à la communauté un décret si la majorité ne peut le supporter ! (Yalqout Chimoni sur Téhilim 247 :885)

 

Ne sois pas juste à l'excès, et ne te montre pas trop sage : pourquoi te détruirais-tu ? (Qohelet 7 :16)

 

 

COMMENTAIRE N°3

 

Dans les Écrits Nazaréens, il est rapporté que certains talmidim de la communauté de Rome ne mangeaient que des légumes ; on parle alors clairement de végétariens. Mais pourquoi certains talmidim du Mashiah étaient-ils végétariens ? À notre connaissance, le Rabbi n’a jamais dispensé d’enseignements à ce sujet…  Essayons de comparer ce chapitre à l’actualité en n’analysant les enseignements rabbiniques de notre génération.

  • pour le goût [ou pour le plaisir du goût] car certains végétariens n’aimaient pas forcément pas la viande [ou souhaitaient se détacher de tous plaisirs charnels].  

 

En effet, certains Nazaréens de l’époque du Second Temple pouvaient considéraient les plaisirs du corps comme une offense à l’Éternel ; selon eux, il fallait absolument s’en détacher le plus possible. Or, l’Apôtre Shaoul s’est levé contre cette façon de faire.

 

Pour mieux comprendre leur attitude, nous pourrons nous inspirer des comportements ascètes de Rabbi Na’hman de Breslev : vers l’âge de six ans, Rabbi Na’hman s’attaqua au défaut de la gourmandise mais vu son jeune âge, il lui semblait impossible de sauter ses repas quotidien ; alors, pour ne ressentir aucun goût, il décida d’absorber les aliments sans les mâcher, il y parvint mais son cou finit par enfler. Certains Tsadikim consomment leur nourriture de cette manière mais de la part d’un enfant de six ans, c’était unique.

 

Or, toutes ces façons de faire ne concernent pas la majorité ; regardons un avis rabbinique pour mieux comprendre la position de Shaoul, qualifiant les végétariens de "faibles" dans la foi.

 

Manger de la viande le Shabbat est considéré dans le Judaïsme, comme un des éléments de la mitsva de 'Oneg Shabbat. En effet, le Shabbat est le jour où on se fait plaisir, où les plaisirs du corps sont mêmes considérés comme une mitsva : on mange mieux, on dort plus, etc... Dans ce cadre, on mange de la viande mais si manger de la viande n'est pas un plaisir, on n'est pas tenu de se faire violence. (Rav Elie Khan) 

  • pour la santé car pour certains végétariens, une alimentation carnée est moins saine. Or, prendre soin de son corps est un mitsva des plus importantes ! 

 

L’adoption du végétarisme pour des raisons de goût ou de santé est tout à fait légitime ; en vérité, l’injonction de la Torah : Prenez donc bien garde à vous-mêmes ! (Devarim 4 :15) exige que nous fassions attention à notre santé dans le cas où d’ailleurs, nous aurions tendance à consommer trop de viande… Et aujourd’hui, si on posait un œil inquiet sur le mode contemporain d’élevage industriel, sur l’augmentation des maladies chez les animaux, sur leurs hormones de croissance, sur leurs antibiotiques et sur toutes autres sortes de drogues qu’on leur administre : tout cela ne représente-t-il pas un risque pour notre santé ?

 

Néanmoins, l’interdiction de viande ne peut pas être tranchée par l’intermédiaire de cette mitsva.

 

Ne sois pas juste à l'excès et ne te montre pas trop sage : pourquoi te détruirais-tu ? (Qohelet 7 :16)

  • certains végétariens pouvaient considérer les hommes et les animaux, comme égaux.

 

Observe le jour du repos, pour le sanctifier, comme l'Éternel, ton D.ieu, te l'a ordonné. Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le jour du repos de l'Éternel, ton D.ieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bœuf, ni ton âne, ni aucune de tes bêtes, ni l'étranger qui est dans tes portes, afin que ton serviteur et ta servante se reposent comme toi. (Devarim 5 :12-14)

 

Pour la Torah, le bien-être des animaux est si important que le cinquième commandement les mentionne spécifiquement ; il leur est même permis de se reposer le Shabbat. Dans le même élan, Rachi, l’immense commentateur de la Torah explique que cela signifie que les animaux doivent être laissés errant le jour de Shabbat, paissant et se réjouissant des beautés de la nature.

 

Je mettrai aussi dans tes champs de l'herbe pour ton bétail, et tu mangeras et te rassasieras. (Devarim 11 :15)

 

Selon ce second verset, le Talmud soutient qu’une personne ne devrait pas manger ou boire avant d’avoir nourri ses animaux. Toujours dans la même intention, beaucoup de rabanim démontrent également leur intérêt pour les animaux par une très forte désapprobation de la chasse ; le Talmud interdit d’ailleurs, toute association avec les chasseurs… En effet, le Talmud ne justifie moralement le fait de manger des animaux que dans le cas où l’on poursuit un but saint et spirituel. (Pessa’him 59b). C’est alors seulement que l’homme réalise le maximum de son potentiel et ainsi, l’animal se trouve élevé, pourrait-on dire, au niveau de l’humain.  Il fait également savoir que dans la conscience Juive, le niveau le plus élevé que peut atteindre un animal est d’être consommé par un être humain et d’être utilisé pour le service de D.ieu. On dit même qu’un poulet sur la table du Shabbat est un poulet extrêmement chanceux !  À la lumière de ces enseignements, on comprend qu’il n’est pas forcément nécessaire d’être végétariens [les faibles dans la foi] pour protéger les animaux.

 

En effet, le problème des droits des animaux est une épée à double tranchant : bien que le monde animal soit important et qu’il y ait une obligation morale de bien le traiter ; il faut malgré tout admettre, que le genre humain lui est supérieur… Parmi tous les êtres vivants, seul l’homme a été créé à l’image de D.ieu. (Béréshit 1 :26). Or, quand les limites sont estompées et que la vie de l’homme et celle de l’animal sont toutes les deux considérées sacrées au même degré, cela peut initier une philosophie dangereuse considérant que tuer un être humain n’est pas plus odieux que tuer une bête.

 

Rabbi Yossef Albo, un Rav du XIVème siècle soutient que cette philosophie trouve ses sources dans l’histoire biblique de Kayin et ‘Hevel. En effet, le chap. 4 du Sefer Béréshit raconte que Kayin apporta en offrande des produits de la terre alors que son frère ‘Hevel immola des premiers-nés de son bétail en sacrifice à D.ieu. Rabbi Yossef Albo explique que Kayin estimait que les animaux étaient égaux aux hommes et par conséquent, il jugeait que ‘Hevel n’avait aucun droit de les tuer… C’est alors qu’il poussa cette logique erronée à l’extrême : les hommes et les animaux étant, selon lui, égaux par essence, il s’est permis de mettre à mort un de ses semblables. Rabbi Yossef Albo affirme donc que la viande fut autorisée à l’époque de Noa’h afin de bien mettre en valeur la supériorité de l’être humain sur l’animal.

 

Le célèbre kabbaliste du XVIIIème siècle, le Ram’hal (Rabbi Moshé Haïm Luzzatto) explique que tous les êtres vivants, humains et animaux ont une âme. Cependant, toutes les âmes n’ont pas été créées de manière égale ; celle des animaux a pour fonction d’animer leur corps et de leur fournir l’instinct de survie, de procréation, de peur, etc… Seuls les êtres humains, qui possèdent une âme divine, ont la capacité de forger une relation avec D.ieu et seuls les êtres humains ont la possibilité de viser des "plaisirs de l’âme" plus élevés, en aidant par exemple, les pauvres aux dépens même de "plaisirs corporels" tels que l’accumulation de nourriture à titre personnel. Et effectivement, on n’a jamais vu un chien affamé disant à ses congénères "ne nous disputons pas cet os" ou encore "laissons-en un peu à manger pour les chiens qui sont absents" …

 

 

  • d’autres pouvaient être végétariens parce qu’ils considéraient la souffrance de l’animal, comme immorale.

 

Pour commencer, selon le Talmud, il est interdit de faire souffrir les animaux : nous avons une mitsva de tsaar ba’alei ‘haïm basé sur le Sefer Shemot chap. 23. (Baba Metsia 32b)

 

Si tu vois l'âne de ton ennemi succombant sous sa charge et que tu hésites à le décharger, tu l'aideras à le décharger. (Shemot 23 :5)

 

Le concept Juif de tsaar baalei ‘haïm, de l’obligation de ne pas causer de souffrance aux animaux, est un des plus beaux éléments de la pensée Juive. En effet, la Torah est remplie de compassion envers les animaux et s’oppose fortement au fait d’infliger une douleur quelconque à une autre créature vivante. 

Pendant que notre Maître Moshé prenait soin du troupeau de Yitro dans l’étendue sauvage, un agneau s’enfuit loin de lui, il courut après lui jusqu’à ce qu’il atteigne Hasuah ; alors qu’il atteignait Hasuah, il arriva à un point d’eau où l’agneau s’arrêta pour boire. Lorsque Moshé arriva, il lui dit : Je ne savais pas que tu courrais parce que tu avais soif, tu dois être fatigué ! Il le plaça sur son épaule et commença à marcher... Le Saint Béni-soit-Il le bénit et dit : Tu es compatissant dans la conduite des troupeaux appartenant aux mortels ; je fais le serment que tu seras de la même façon, le berger de mon troupeau Israël. (Shemot Rabah 2 :2)

Comme nous l’avons dit, le code de la Loi Juive établit qu’il est interdit d’infliger une souffrance à quelque créature vivante que ce soit. Par conséquent, il faut savoir que les lois de l’abattage kasher reflète également un profond respect pour le bien-être des animaux. En effet, le cho’het (boucher) doit être un homme pieux et instruit, l’animal doit être en parfaite santé, le couteau doit être parfaitement tranchant sans aucune imperfection qui puisse causer une souffrance momentanée au moment de la mort, et l’animal doit être tué avec une coupure rapide sectionnant les artères majeures allant vers le cerveau. Ainsi, le Judaïsme exige que si un animal doit être tué, le moment de sa mort doit être aussi rapide et indolore que possible car il est absolument clair, que la préoccupation pour le bien-être des animaux est une obligation pour les Juifs.

 

La façon dont les animaux sont traités de nos jours, dans les fermes ou autres, viole totalement les enseignements de la Torah.

 

  • pour les bienfaits de l’environnement.

 

Regardons l’avis du Rav Gabriel Dayan sur le sujet.

 

Selon la Torah, il est absolument permis de consommer de la viande. Or, le végétarisme n’est pas interdit ; le respect de l’environnement tient une place d’honneur dans la Torah et les Écrits de nos Sages. Dès le premier jour de la Création de l’homme, Hashem le prit par les mains et lui montra tous les arbres, il s’adressa à lui en disant : Admire la beauté de ma Création. Prends garde à ne pas l’abimer. Tout a été créé pour toi. Si tu manques à ce devoir, personne ne pourra le réparer. (Qohelet Raba 7 :13). L’être humain a été placé dans le monde pour le cultiver et le soigner, le Maître du monde s’est adressé à lui en disant : Remplissez la terre et l’assujettissez. (Béréshit 1 :28 ; Béréshit 2 :15). Le Rav Munk écrit à ce sujet : Cela implique le droit de transformer les biens et les produits de la terre et de se les approprier librement mais ce droit condamne toute atteinte portée au bien du prochain [et à plus forte raison à l’environnement]. La Torah écrit également : Lorsque tu assiégeras une ville […] tu ne détruiras pas ses arbres car c’est d’eux que tu mangeras, et tu ne l’abattras pas. Ce sont eux qui te nourrissent, tu ne dois pas les abattre. Oui, l’arbre du champ c’est l’homme même, tu l’épargneras dans les travaux du siège [l’arbre des champs est-il un homme pour que tu t’attaques à lui ?]. Seul un arbre dont tu sais qu’il n’est pas un arbre fruitier, c’est lui que tu pourras détruire. (Devarim 20 :19-20) L’homme est envoyé sur terre pour agir de façon productive [matériellement et spirituellement] et s’attacher à des idéaux de vérité morale, intellectuelle et spirituelle. (Rav Gabriel Dayan)

 

La conscience Juive exige que la préservation et la protection de la nature soient notre constante préoccupation. Lors d’une promenade, le Rabbi Benzion de Bobov et un de ses disciples étaient plongés dans une discussion d’un sujet de Torah. En passant près d’un arbre, l’élève, sans faire attention, arracha une feuille et la déchira inconsciemment. Rabbi Benzion s’arrêta brusquement. L’étudiant, tout surpris, demanda ce qui n’allait pas. Le Rabbi lui demanda la raison pour laquelle il avait arraché la feuille de l’arbre. L’élève, interloqué, ne sut quoi répondre. Le Rabbi lui expliqua que toute la nature, les oiseaux, les arbres, chaque brin d’herbe ; tout ce que D.ieu a créé dans ce monde, élève son chant, qui lui est propre, en l’honneur de son Créateur. S’il s’avère qu’il doive servir de nourriture, c’est l’espèce supérieure qui l’ingérera et l’intégrera dans son propre chant mais en arrachant une feuille d’un arbre sans aucune raison, on fait taire son chant tout bêtement, sans lui donner aucune chance, s’il en est, de se joindre à un autre instrument dans la symphonie de la nature.

 

Alors effectivement, le Judaïsme permet de manger de la viande, à condition d’avoir présent à l’esprit l’intention et la préoccupation qu’il convient, à savoir : tendre à élever l’énergie divine contenue dans la viande au niveau le plus haut de notre être ; utiliser l’énergie qui découle de la consommation pour prendre en charge des responsabilités, à la foi sur le plan spirituel que sur le plan moral et servir D.ieu au moyen des plaisirs qu’il a mis à notre disposition dans son monde.

 

 

  • certains s’abstenaient peut-être de viande pour les mêmes motifs que les Corinthiens avec les viandes sacrifiées aux idoles (1 Corinthiens, chap. 8 et 10).

 

Pour ce qui est donc de manger des viandes sacrifiées aux idoles, nous savons qu'il n'y a point d'idole dans le monde, et qu'il n'y a qu'un seul D.ieu. Car, s'il est des êtres qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, comme il existe réellement plusieurs dieux et plusieurs seigneurs, néanmoins pour nous il n'y a qu'un seul D.ieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes et un seul Seigneur le Mashiah, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes. Mais cette connaissance n'est pas chez tous. Quelques-uns, d'après la manière dont ils envisagent encore l'idole, mangent de ces viandes comme étant sacrifiées aux idoles et leur conscience, qui est faible, en est souillée. Ce n'est pas un aliment qui nous rapproche de D.ieu : si nous en mangeons, nous n'avons rien de plus ; si nous n'en mangeons pas, nous n'avons rien de moins. Prenez garde, toutefois, que votre liberté ne devienne une pierre d'achoppement pour les faibles. Car, si quelqu'un te voit, toi qui as de la connaissance, assis à table dans un temple d'idoles, sa conscience, à lui qui est faible, ne le portera-t-elle pas à manger des viandes sacrifiées aux idoles ? Et ainsi le faible périra par ta connaissance, le frère pour lequel le Mashiah est mort ! En péchant de la sorte contre les frères et en blessant leur conscience faible, vous péchez contre le Mashiah. C'est pourquoi, si un aliment scandalise mon frère, je ne mangerai jamais de viande, afin de ne pas scandaliser mon frère. (1 Corinthiens 8 :4-13)

 

Que dis-je donc ? Que la viande sacrifiée aux idoles est quelque chose, ou qu'une idole est quelque chose ? Nullement. Je dis que ce qu'on sacrifie, on le sacrifie à des démons et non à D.ieu ; or, je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons. Vous ne pouvez boire la coupe du Seigneur et la coupe des démons ; vous ne pouvez participer à la table du Seigneur, et à la table des démons. Voulons-nous provoquer la jalousie du Seigneur ? Sommes-nous plus forts que lui ? Tout est permis, mais tout n'est pas utile ; tout est permis mais tout n'édifie pas. Que personne ne cherche son propre intérêt mais que chacun cherche celui d'autrui. Mangez de tout ce qui se vend au marché, sans vous enquérir de rien par motif de conscience car la terre est au Seigneur, et tout ce qu'elle renferme. Si un non-croyant vous invite et que vous vouliez aller, mangez de tout ce qu'on vous présentera, sans vous enquérir de rien par motif de conscience. Mais si quelqu'un vous dit : Ceci a été offert en sacrifice ! n'en mangez pas, à cause de celui qui a donné l'avertissement, et à cause de la conscience. Je parle ici, non de votre conscience, mais de celle de l'autre. Pourquoi, en effet, ma liberté serait-elle jugée par une conscience étrangère ? Si je mange avec actions de grâces, pourquoi serais-je blâmé au sujet d'une chose dont je rends grâces ? Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de D.ieu. Ne soyez en scandale ni aux non-Juifs, ni aux Juifs, ni à la Kéhila de D.ieu, de la même manière que moi aussi je m'efforce en toutes choses de complaire à tous, cherchant, non mon avantage, mais celui du plus grand nombre, afin qu'ils soient sauvés. (1 Corinthiens 10 :19-33)

 

Pour commencer, il nous faut analyser les Écrits de Shaoul selon le contexte en vigueur. Autrefois, certains mangeaient des viandes qui avaient servi aux sacrifices des idoles… Ce sujet était d’une grande importance, à cause de la diversité d’opinions qui régnaient là-dessus entre les Nazaréens.

 

Petit aparté, il est important de préciser : ce sujet concernait les Nazaréens d’origine non-Juive mais en aucun cas, les Juifs Nazaréens car bien évidemment, ceux-là mangeaient de la viande kasher, abattue rituellement selon la loi Juive ; ils n’avaient donc aucun problème avec ce sujet…

 

Quelle était donc le problème des membres de la communauté Nazaréenne ?

 

En fait, une partie de des viandes offertes en sacrifice aux idoles était consommée sur place, une autre revenait aux prêtres païens mais une dernière partie était rendue à ceux qui avaient fourni le sacrifice et certains l’employaient à des repas sacrés, soit dans les temples païens, soit dans leurs maisons. Ces repas étaient d’ordinaire accompagnés des plus abominables souillures, faisaient partie du culte corrompu du paganisme. Malheureusement, d’autres comme certains pauvres, après avoir offert une victime, en vendaient la chair sur les marchés… Par le biais de la vente public, certains Nazaréens d’origine non-Juive pouvaient alors en diverses occasions, manger de ces viandes sacrifiés aux idoles. De là, un sujet de contestation dans la communauté Nazaréenne de Corinthe car certains convertis considéraient cette participation indirecte aux sacrifices idolâtres comme une grande souillure. Ils voulaient éviter une participation à des actes du paganisme dans lesquels, il pouvait réellement y avoir du péché car effectivement, comme nous l’avons compris, ces viandes provenaient des animaux offerts en sacrifice dans les temples païens…

 

Certains croyaient, malgré la suprématie et l’autorité d’Hashem, que les faux dieux du paganisme étaient des êtres réels, des esprits ou dieux méchants, qui remplissaient de leur mauvaise influence spirituelle, les choses qui leur étaient offertes en sacrifices. Ainsi, certains convertis croyaient qu’en mangeant de ces sacrifices, ils entraient en communion avec les démons ; de là, leur horreur pour les choses sacrifiées…

 

Pour mieux comprendre l’attitude de certains Corinthiens, on pourrait s’inspirer d’attitudes plus modernes de certaines chrétiens/messianiques qui ne souhaitent pas manger de la viande hallal… Voici le témoignage.

 

On sait pour nous-même que l’idole en soi n’est rien mais à cause de l’avertissement officiel et même publié partout que proclame l’Islam, manger ce type de nourriture donne des droits en quelque sorte à Satan. L’Islam déclare par l’invocation du nom de Allah sur la nourriture sacrifiée que celui qui la mange accepte de se mettre sous le joug des infidèles et surtout sous l’autorité de Allah. Quand on tue l’animal pour vider son sang, on proclame une formule magique : bismillah Allahou Akbar, cette divinité païenne Allah qui oblige ses fidèles à massacrer ceux qui ne croient pas en lui, ça n’a évidemment rien à voir avec le Dieu des Cieux et de la Création.  On sait pour nous-même que l’idole en soi n’est rien mais à cause de l’avertissement officiel que proclame l’Islam, manger ce type de nourriture donne des droits à Satan. L’Islam est une religion qui déclare par l’invocation du nom de Allah sur la nourriture sacrifiée que celui qui la mange accepte de se soumettre à l’autorité de Allah et en fait, il s’agit ni plus ni moins d’une principauté d’esprits de démons religieux. (Témoignage de chrétiens/messianiques).

 

L’Apôtre Shaoul dénigre totalement le pouvoir des idoles en comparaison du pouvoir d’Hashem, du Mashiah ou encore de la Torah.

 

Ainsi qu’il est dit : Même l’obscurité n’obscurcit rien pour toi. Ce verset se prête également à l’interprétation suivante : Même l’obscurité n’obscurcit rien car en réalité, elle est issue de toi, ainsi qu’il est dit : l’Éternel est D.ieu, comme il est expliqué ailleurs. En hébreu, ce verset se lit "youd-ké-vav-ké est Elokim" ce qui établit donc une relation d’identité entre les deux noms de D.ieu : le Tétragramme, qui dénote la révélation et la transcendance divine et le Nom Elokim, qui fait référence au pouvoir de dissimulation du divin, dont D.ieu se revêt dans la Création. Cette relation d’identité signifie que le nom Elokim est divin au même titre que le nom "youd-ké-vav-ké" et c’est pourquoi tout est considéré comme rien devant lui. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 21)

 

Certains par la connaissance et la conscience qu’Hashem est au-dessus de tout, avaient du mépris pour leurs frères corinthiens plus faibles et craintifs des idoles ; ainsi, ils péchaient contre l’amour fraternel nécessaire et certains d’entre eux s’exposaient eux-mêmes témérairement aux coutumes païennes.

Car si quelqu'un te voit, toi qui as de la connaissance, assis à table dans un temple d'idoles, sa conscience, à lui qui est faible, ne le portera-t-elle pas à manger des viandes sacrifiées aux idoles ? (1 Corinthiens 8 :10)

Les "consciences fortes" devaient plutôt édifier les Nazaréens de "consciences faibles" par une vie sainte [soit par le fait de manger totalement kasher ou soit par le fait de manifester de l’amour fraternel] et non en agissant de manière persuasive : c’était démolir au lieu d’édifier…

La connaissance enfle mais l’amour édifie. (1 Corinthiens 8 :1)

Shaoul avait reçu la mission divine d’apporter parmi les non-Juifs, la doctrine ‘hassidique de l’attachement au Tsadik. Une fois attachés au Tsadik de vérité, les Nazaréens d’origine non-Juive s'engageaient alors dans une vie de Torah ; ils devaient pour cela définir des étapes de sanctification, afin de s’éloigner de l'idolâtrie et de la viande non kasher [ou idolâtre].

 

 

  • certains végétariens pouvaient considérer que l’homme n’avait pas été créé par Hashem, pour être un carnivore.

En effet, pour certains végétariens, les hommes ne sont pas faits pour manger de la viande ; ils n’auraient pas l’organisme adapté. Or, aujourd’hui, également pour certains scientifiques et naturalistes, nous faisons partie des frugivores et non pas des carnivores. Notre dentition, notre estomac, notre intestin diffèreraient de ceux des carnivores : manger végétarien, ce serait alors respecter notre nature organique et permettre à notre corps de bien fonctionner.

Or, ceci est faux d’un point de vue de la Torah…  En effet, même si la Torah n’érige pas en mitsva la consommation de la viande et même si les Rabanim ne désavouent pas les végétariens, il n’empêche que la consommation de viande est fortement encouragée par Hashem.

 

Néanmoins, quand tu en auras le désir, tu pourras tuer du bétail et manger de la viande dans toutes tes portes, selon les bénédictions que t'accordera l'Éternel, ton D.ieu ; celui qui sera impur et celui qui sera pur pourront en manger, comme on mange de la gazelle et du cerf. (Devarim 12 :15)

 

Libre à vous d'être végétarien si vous le désirez mais de façon générale, la Torah n'impose pas de lois brimant les instincts naturels de l'homme, elle tente plutôt de les canaliser, d'amener l'homme a les sublimer et c'est pourquoi la Torah ne nous a pas imposer de devenir végétarien. (Rav Elie Khan)

 

Il ne faut tout de même pas oublier qu'il y a une certaine hiérarchie dans la Création, hiérarchie dans laquelle, les animaux sont au service des hommes. Lorsque nous mangeons une séoudat mitsva comme le jour du Shabbat ou des fêtes, nous faisons participer toute la Création à la fête et nous l'élevons de niveau en niveau jusqu'à celui où elle s'unifie avec nous dans l'accomplissement du projet divin. Ce n'est plus alors pour notre jouissance égoïste que nous mangeons mais pour accomplir cette volonté. Cette explication se place dans le cadre plus large de la relation de l'homme vis a vis des animaux, et de la question si la Torah aurait voulu que nous soyons végétariens. Au début de la Création, D.ieu ne permet à Adam de manger que des végétaux, ce n'est qu'après le déluge qu'il reçoit l'autorisation de consommer des animaux. Cette autorisation fut donnée par suite de la chute morale de l'homme. Quand les hommes s'entretuent, il n'y a pas lieu d'exiger d'eux de ne pas tuer d'animaux. Un bon éducateur pose des exigences accessibles, la consommation de la chair des offrandes fait donc partie de la Avodat. De même, certains hommes de piété particulière, encore de nos jours, s'abstiennent de manger de la viande si ce n'est aux repas de Shabbat ou de fête ou d'autres événements où le repas est dit "séoudat mitsva" … (Rav Elie Khan)

 

 

 

 

 

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3.     Qui mange ne méprisera pas qui ne mange pas. Et qui ne mange pas ne jugera pas qui mange : oui, Elohîms l’a accueilli.

 

 

  • Qui mange : de tout [selon les lois alimentaires de la Torah].

 

 

  • ne méprisera pas qui ne mange pas : de viande.

 

Cela fait référence aux végétariens.

 

Tel croit pouvoir manger de tout : tel autre, qui est faible, ne mange que des légumes. (Romains 14 :2)

 

 

  • Et qui ne mange pas : de viande.

 

 

  • ne jugera pas qui mange : de tout [selon les lois alimentaires de la Torah].

 

 

  • oui, Elohîms l’a accueilli : D.ieu accueille chacun selon ses convictions… De toute façon, selon les dires de l’Apôtre Shaoul, Hashem nous a tous fait grâce en Yeshoua et nous a tous destiné au Olam Haba par l’attachement au Tsadik [en dehors de toutes nos œuvres, aussi grandes soient-elles]. Ainsi, cette expression utilisée permet de réprimander un quelconque mépris du fort concernant la pratique du faible et un quelconque jugement que le faible pouvait porter sur celle du fort ; l’Apôtre adresse son exhortation à l’un et à l’autre.

 
 
 

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4.     Toi, qui es-tu pour juger le serviteur d’un autre ? Qu’il tienne debout ou qu’il tombe, cela concerne son Adôn. Mais il tiendra debout ; oui, l’Adôn peut le faire tenir.

 

 

  • Toi, qui es-tu pour juger le serviteur d’un autre : juger notre prochain sur sa foi, sur sa pratique n’est pas notre affaire, il s’agit de celle d’Hashem.

 

COMMENTAIRE N°1

Quoiqu’il en soit, il faut juger nos pairs de façon favorable. Pour mieux comprendre la pensée de l’Apôtre Shaoul, nous pourrons nous inspirer des enseignements du Rav Ron Chaya.

 

Juger une personne "lékaf zékhout" signifie la juger positivement en pensée, tandis qu’être "sanégor" signifie soit s’adresser verbalement à Hashem en relevant ses côtés positifs et en amenuisant la gravité de son péché, soit en s’adressant à des gens et en agissant de même.

 

Par exemple, je vois quelqu’un manger kasher mais d’une kasherout assez bancale. Je peux le juger dans ma tête comme coupable de ne pas manger d’une meilleure kasherout ou je peux me dire qu’il vient certainement d’un passé loin de la religion et ce qu’elle fait est déjà bien… En effet, elle a fait l’effort de manger kasher (bien que ce ne soit pas la meilleure kasherout) !

Si je me place com

me sanégor, je dirai à Hashem : Regarde comme ton peuple est grand !

Cette personne qui aurait pu facilement manger non kasher a fait un grand effort pour manger kasher et même si cette kasherout n’est pas des meilleures, c’est déjà un très grand effort de sa part ! Combien ton peuple est grand ! Je peux agir de même face à des gens en parlant de cette personne.

 

Le premier cas s’appelle juger lékaf zékhout, le second s’appelle être sanégor.

 

 

  • Qu’il tienne debout ou qu’il tombe, cela concerne son Adôn : chaque chose de ce monde, même si elle entre en contradiction apparente avec une autre, participe à l’unité d’Hashem. L’échec, la réussite, l’été, l’hiver… Toutes ces situations sont des manifestations d’Hashem. Par conséquent, toute la mission de l’homme consiste à utiliser son libre arbitre et choisir de reconnaître qu’Hashem est derrière ces contradictions. Cela permet de parvenir à révéler l’unité d’Hashem : Hashem est un, Hashem echad. (Rav Avraham Ifra’h)

 

COMMENTAIRE N°2

Poursuivons dans les enseignements du Rav Avraham Ifra’h.

Tu aimeras ton prochain comme toi-même, est un grand principe de la Torah.

Qu’est-ce que cela signifie ?

Chaque individu est unique. Chaque individu est donc nécessairement différent dans sa compréhension du monde. En conséquence, chaque individu a un comportement différent ; il faut accepter d’être unique et accepter que les autres le soient également. Or, quand les problèmes commencent-ils ? Lorsque l’on en vient à penser que les autres vivent les choses de la même façon que nous les vivons.

Prenons l’exemple d’une personne non religieuse. Pourquoi un religieux aurait il tendance à être touché de son comportement ? Car il croit que l’autre vit les choses telles que lui les vit, et qu’il ne souhaite cependant pas être religieux. Or, c’est totalement faux, la sensibilité d’un religieux n’est pas identique à celle d’un non religieux.

Prenons l’exemple d’un individu qui se précipite au iddoush et qui mange à lui seul un plateau de petits fours, les personnes qui souhaiteraient se servir derrière lui n’ont plus de quoi se servir. Pourquoi risquent-elles d’entrer en conflit avec cet individu ? Parce qu’elles ne comprennent pas qu’il ne cherche pas à nuire, il n’a simplement pas la sensibilité dont un individu respectueux des autres est doté. Cela ne signifie pas que l’on cautionne son attitude mais que l’on comprend que la personne n’a pas encore acquis le niveau de développement de conscience nécessaire. Si une personne dotée de savoir-vivre agit comme cette personne elle devra répondre de ses actes. Pourtant, cette personne qui n’est pas dotée de savoir-vivre ne le devra pas.

Chacun est jugé en fonction de son niveau de conscience.

Étonnamment, cette personne qui n’a pas de savoir vivre est très scrupuleuse sur le respect du Shabbat ou du Lachon Ara. Comment comprendre cette contradiction ? Elle n’a simplement pas développé sa conscience dans un niveau déterminé : celui du savoir-vivre mais a développé son niveau de conscience dans le domaine du respect du Shabbat et de la médisance.

Chaque individu a des contradictions internes, il y a des domaines où notre conscience est développée d’autres non.

 

COMMENTAIRE N°3

Continuons dans les enseignements du Rav Avraham Ifra’h.

Le ayin hara [le mauvais œil] a une facette néfaste et destructrice, cette facette est celle du mauvais regard qu’un individu peut entretenir sur la vie de ses pairs. En d’autres termes, il ne s’agit pas d’envier les bienfaits dont l’autre jouit mais aussi de passer au crible ses défaillances et ses zones d’ombre. Chaque individu recèle un bon et un mauvais côté. À nous d’orienter notre regard vers le bon côté. À nous de partir en quête de l’étincelle de lumière qui est en l’autre car celle-ci est l’expression de la divinité de l’individu. Rabbi Na’hman va même plus loin : le regard positif que nous exerçons sur nos pairs éveille le bien qui est en eux et permet de rétablir leur connexion à Hashem. Comment parvenir à voir le bien chez les autres ? Le travail commence chez soi. C’est à ce titre que Rabbi Na’hman répétait à plusieurs reprises cette nécessité de faire "azamra" de procéder à l’énumération de nos qualités afin de nous encourager au quotidien. Comment élever l’autre lorsque nous ne sommes pas en mesure de nous apprécier tels que nous sommes ? Osons nous focaliser sur le bien qui est en nous et ainsi, osons nous focaliser sur le bien qui est en l’autre ! (Rav Avraham Ifra’h)

COMMENTAIRE N°4

Inspirons-nous également d’une histoire de Rabbi ‘Hiya.

 

Rabbi ‘Hiya avait une femme qui lui rendait la vie amère. Malgré cela, chaque fois qu’il trouvait une jolie chose, il la lui achetait. Rav, son élève, lui demanda pourquoi il cherchait tellement à la contenter. Rabbi ‘Hiya lui répondit : Il est suffisant qu’elle éduque nos enfants et me préserve de la faute. Même si les agissements de sa femme étaient répréhensibles, Rabbi ‘Hiya avait réussi à lui trouver des mérites et à la respecter…

 

 

  • Mais il tiendra debout ; oui, l’Adôn peut le faire tenir : et effectivement, l’homme ne pourra jamais dominer son mauvais penchant sans l’aide du Saint Béni soit-Il, comme nos Sages de mémoire bénie l’enseignent : le mauvais penchant de l’homme se renforce chaque jour et il ne pourrait pas le dominer sans l’aide du Saint Béni soit-Il. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5.     L’un distingue un jour d’un autre jour ; et un autre juge que tous les jours sont semblables : que chacun soit ferme en sa pensée.      

 

 

  • L’un distingue un jour d’un autre jour : selon le contexte idolâtre gréco-romain.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Plusieurs interprétations sont possibles selon le contexte de l’époque :

 

  • certains Nazaréens d’origine non-Juive voulaient éviter les conséquences de l’idolâtrie en maintenant une distance physique et émotionnel avec tout ce qui pouvaient leur rappeler leurs pratiques idolâtres passées. Afin de protéger leurs âmes et leur bien-être, ils avaient construit une barrière en plus des lois de la Torah pour eux-mêmes… En effet, certains, plus faibles dans leur foi, avaient peur de certains jours où les idoles de Rome étaient glorifiées.

 

  • certains sont peut-être allés chercher trop loin dans les pratiques ascètes afin de mieux servir la cause sacrée [la Torah] et de lutter contre l’idolâtrie environnante. En effet, certains Nazaréens pouvaient jeûner ou se consacrer davantage tel ou tel jour car celui-ci était consacré à tel ou tel dieu [démon] ; ces Nazaréens se livraient corps et âme dans un combat spirituel contre les forces idolâtres gréco-romaines.

 

  • certains Nazaréens d’origine non-Juive avaient peut-être conserver leurs coutumes superstitieuses et considéraient certains jours comme chanceux ayant leur bonne étoile et d’autres malchanceux, en accord avec le calendrier astrologique. En conséquence, certains accordaient une forme de crédit au mal et étaient influencés par la bonne ou mauvaise étoile, de tel ou tel jour. En effet, certains n’avaient peut-être pas encore suffisamment grandi dans leur foi Juive pour abandonner l’observance de jours particuliers dans le calendrier gréco-romain ; les liens qui les unissaient à de telles activités ne pouvaient révéler que d’une attitude émotionnel en lien avec des superstitions de l’époque.

 

 

COMMENTAIRE N°2

 

Quelle honte mais voici un commentaire chrétien sur ce verset : certains considéraient les chrétiens d’origine Juive comme faibles parce qu’ils faisaient une distinction entre les jours ; ils observaient des jours de fête et le Shabbat car ils avaient élevés sous la loi.

 

Or, il n’y a absolument aucun rapport avec le Shabbat dans ce verset ; il s’agit, une nouvelle fois, d’une tentative chrétienne et antisémite d’abolir la Torah en utilisant l’Apôtre Shaoul.

 

Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Shaoul vous l'a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée. C'est ce qu'il fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Écritures, pour leur propre ruine. (2 Kéfa 3 :15-16)

 

 

  • et un autre juge que tous les jours sont semblables : selon les temps fixés par la Torah, étant d’autorité supérieure aux jours fixés par l’idolâtrie environnante.

 

 

  • que chacun soit ferme en sa pensée : nos convictions doivent être fermes et ancrées dans la cadre de la Torah.

 

COMMENTAIRE N°3

 

L’Apôtre Shaoul ne se prononce pas entre les deux pratiques opposées pour condamner l’une et approuver l’autre ; l’heure est trop grave au vue de fortes tensions et d’une éventuelle division… Il souhaite favoriser l’entente mutuel et l’amour fraternel : Que chacun soit libre d’agir selon sa conscience, sans être jugé par les autres !

 

Que ta volonté, ô Seigneur notre D.ieu, soit de maintenir la paix là-haut et de même ici-bas, entre les étudiants de Torah ! (Bérakhot 16b)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6.     Qui distingue un jour le fait pour l’Adôn; et qui mange, mange pour l’Adôn; oui, il rend grâce à Elohîms. Qui ne mange pas, ne mange pas pour l’Adôn; il ne mange pas et rend grâce à Elohîms,

 

 

  • Qui distingue un jour le fait pour l’Adôn : comme nous l’avons vu au verset précédent, certains Nazaréens mettaient un jour de côté, selon le contexte et calendrier gréco-romain.

 

 

  • et qui mange, mange pour l’Adôn : mange de tout [selon les lois alimentaires de la Torah].

 

 

  • oui, il rend grâce à Elohîms : il fait ça pour Hashem et lui rend grâce tous les jours ; dans le sens où, il faut le regarder d’un bon œil car s’il met en pratique tel ou telle chose, il le fait parce qu’il aime Hashem !

 

COMMENTAIRE N°1

 

Et comme précisé au verset 3 de ce chapitre, D.ieu accueille chacun selon ses convictions… De toute façon, selon les dires de l’Apôtre Shaoul, Hashem nous a tous fait grâce en Yeshoua et nous a tous destiné au Olam Haba par l’attachement au Tsadik [en dehors de toutes nos œuvres, aussi grandes soient-elles]. Ainsi, cette conception permet déjà de réprimander un quelconque mépris du fort concernant la pratique du faible et un quelconque jugement que le faible pouvait porter sur celle du fort ; l’Apôtre adresse son exhortation à l’un et à l’autre.

 

COMMENTAIRE N°2

 

Les Nazaréens appartiennent à leur Maître, c’est pour lui qu’ils vivent et ainsi, ce qui importe, dans les choses qui ne sont pas clairement commandées ou défendues par la Torah, c’est que nous fassions tout dans un esprit de fidèle obéissance à D.ieu en suivant nos propres convictions !

 

Ces convictions doivent être respecter par la communauté.

 

 

COMMENTAIRE N°3

 

Selon l’interprétation d’un cas comparable avec celui des Corinthiens, les végétariens soutenaient l’idée selon laquelle, toute viande était finalement impropre à la consommation…Or, l’Apôtre Shaoul rectifie cette conception en déclarant qu’aucune des viandes [pures selon les lois alimentaires de la Torah] qu’Hashem avait créées et prises avec "action de grâce" ne devait être rejetée… Cette parole était adressée aux Nazaréens d’origine non-Juive de Rome car les Juifs étaient soumis aux lois de la kasherout. Les non-Juifs étaient en cours d’apprentissage de la Torah chacun selon son niveau et en effet, Shaoul avait reçu la mission divine d’apporter parmi les non-Juifs, la doctrine ‘hassidique de l’attachement au Tsadik. Une fois attachés au Tsadik de vérité, ces Nazaréens d’origine non-Juive s'engageaient alors dans une vie de Torah ; ils devaient pour cela définir des étapes de sanctification chacun selon son niveau et chacun selon son rythme, afin de s’éloigner de l'idolâtrie et de la viande non kasher [ou idolâtre].

 

 

  • Qui ne mange pas, ne mange pas pour l’Adôn : de viande.

 

Cela fait toujours référence aux végétariens.

 

Tel croit pouvoir manger de tout : tel autre, qui est faible, ne mange que des légumes. (Romains 14 :2)

 

 

  • il ne mange pas et rend grâce à Elohîms : comme dit plus haut, il fait ça pour Hashem et lui rend grâce tous les jours ; dans le sens où, il faut le regarder d’un bon œil car s’il ne mange pas de viande, il n’en mange pas parce qu’il aime Hashem !

 
 
 

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7.     car parmi nous nul ne vit pour soi-même, et nul ne meurt pour soi-même.

 

 

  • car parmi nous nul ne vit pour soi-même : si nous vivons de telle ou telle façon, c’est pour servir Hashem.

 

 

  • et nul ne meurt pour soi-même : et si nous mourrons, c’est également pour aller rejoindre Hashem et notre Rabbi. Toute notre existence est complétement dédiée au Maître du monde et sa Torah !

 

 

 

 

 

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8.     Oui, si nous vivons, nous vivons pour l’Adôn; si nous mourons, nous mourons pour l’Adôn. Si donc nous vivons ou nous mourons, nous sommes à l’Adôn.

 

 

  • Oui, si nous vivons, nous vivons pour l’Adôn : comme déclaré au verset précédent, si nous vivons de telle ou telle façon, c’est pour servir Hashem.

 

 

  • si nous mourons, nous mourons pour l’Adôn : comme déclaré également au verset précédent, si nous mourrons, c’est pour aller rejoindre Hashem et notre Rabbi tout en ayant reçu l’honneur de les servir !  

 

 

  • Si donc nous vivons ou nous mourons, nous sommes à l’Adôn : étant enfants de D.ieu, nous appartenons totalement au Maître du monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9.     Oui, le messie est mort pour cela ; il a vécu pour gouverner les morts et les vivants.

 

 

  • Oui, le messie est mort pour cela : pour nous assister dans cette vie et dans l’autre, ayant reçu toute autorité d’Hashem.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Selon les Écrits Nazaréens, le Tsadik porte le titre de "premier-né d’entre les morts" (Révélation 1 :5) afin de dévoiler sa supériorité totale sur tous les autres hommes mortels [par la faute] n’ayant lui-même jamais succombé au mal. Par la résurrection et par une vie de sainteté exemplaire, Rabbi Yeshoua a dominé et vaincu la mort comme cela avait été prophétisé par le Roi David : Car tu ne livreras pas mon âme au séjour des morts, tu ne permettras pas que ton bien-aimé voie la corruption. (Téhilim 16 :10)

 

 

  • il a vécu pour gouverner les morts et les vivants : effectivement, selon la ‘Hassidout, le Tsadik représente l'image d'Hashem dans sa génération. (Sefer Hamidot Tsadik, 1 :101) ; la splendeur, la beauté, la grâce et le Maître du monde entier, et de la maison d'Hashem, c'est-à-dire du Temple. (Torah n°67 du Likouté Moharan I) ; le Tsadik est lui-même la Cour céleste et il a le pouvoir de décréter le Gan 'Eden pour l'un et le Gey-Hinnom pour l'autre. (Sefer Hamidot Tsadik, 1 :54) et que tout pouvoir se trouve entre les mains du Tsadik et qu’il peut faire ce qu'il veut. (Likouté 'Etsot, Tsadik, 1 :43)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10.     Toi, pourquoi juges-tu ton frère ? Et toi aussi, pourquoi méprises-tu ton frère ? Oui, nous nous présenterons tous au tribunal d’Elohîms.

 

 

  • Toi, pourquoi juges-tu ton frère : dit l’Apôtre à l’un, puis se tournant également vers l’autre : et toi aussi, de ton côté, pourquoi le méprises-tu ?

 

 

  • Et toi aussi, pourquoi méprises-tu ton frère : la Torah ne nous a-t-elle pas plutôt enseigner à être parmi le nombre des disciples d’Aaron, aimant la paix en la recherchant assidûment, aimant notre prochain et l’amenant auprès de la Torah ? (Pirké Avot 1 :12). Et de plus, le monde ne se maintient que grâce à trois choses : la vérité, le jugement et la paix, ainsi qu’il est dit : Jugez dans vos portes selon la vérité et en vue de la paix. (Pirké Avot 1 :18)

 

 

  • Oui, nous nous présenterons tous au tribunal d’Elohîms : et le jugement, qui sera rendu devant le tribunal divin, sera infaillible… C’est d’ailleurs, le seul jugement équitable car celui qui le prononcera connaîtra toutes les circonstances et les appréciera selon sa justice et sa miséricorde parfaite ; en conséquence, la perspective de ce jugement définitif nous interdit de porter sur notre prochain un jugement quelconque, étant remplis de fautes de la tête aux pieds ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11.     Oui, il est écrit : Moi, le vivant, dit IHVH-Adonaï. Oui, tout genou ploiera devant moi, toute langue célébrera l’Elohîms. 

 

 

  • Oui, il est écrit : dans le Livre de Yeshayahou au chap. 45.

 

Je le jure par moi-même, la vérité sort de ma bouche et ma parole ne sera point révoquée : tout genou fléchira devant moi, toute langue jurera par moi. (Yeshayahou 45 :23)

 

 

  • Moi, le vivant, dit IHVH-Adonaï : moi l’Éternel, j'ai juré et j'ai établi un décret qui ne sera jamais annulé. (Ibn Ezra sur Yeshayahou 45 :3)

 

 

  • Oui, tout genou ploiera devant moi : selon le Traité Nidda 30b, cela fait référence au jour de la mort ; sous-entendu, chaque homme mourra et sera jugé par l’Éternel.

 

 

  • toute langue célébrera l’Elohîms : jurera par l’Éternel et non célébrera, comme le traduit Chouraqui. Ainsi, toujours selon le Traité Nidda 30b, l’expression "toute langue jurera" fait référence "au jour de la naissance" où l’on a fait prêter à l’homme, le serment d’être un Juste [selon les secrets de la Torah]. Or, le Juste [Tsadik] est décrit comme suit : Celui qui a les mains propres et le cœur pur, qui n'a pas pris mon nom en vain et qui n'a pas juré de manière trompeuse. (Téhilim 24 :4) ; ce Juste a donc tenu son serment… Or, comme nous l’avons compris, le jugement de tout homme est celui-ci : l’homme a-t-il tenu le serment qu'il a prêté avant sa naissance, celui d’être Juste ? (Nidda 30b)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12.     Donc, chacun de nous rendra compte de lui-même à Elohîms.

 

 

  • Donc, chacun de nous : individuellement.

 

 

  • rendra compte de lui-même à Elohîms : chacun selon son niveau, son potentiel, son yetser hara, sa connaissance, sa sanctification, sa bonté, etc…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13.     Aussi ne nous jugeons plus les uns les autres, mais jugez plutôt ceci : ne pas mettre devant un frère d’obstacle ou de butoir.

 

 

  • Aussi ne nous jugeons plus les uns les autres : la Guémara Chevouot 30a nous explique qu’il faut juger notre prochain favorablement et Rachi nous précise bien qu’elle ne parle pas d’un jugement au tribunal mais bien d’un homme qui verrait son prochain accomplir un acte. Cette mitsva décrite s’appelle la mitsva de ladoune lékaf zé’hout, de juger son prochain du côté favorable. Selon le Rambam, c’est une des mitsvot de la Torah les plus difficiles à appliquer car la nature humaine tend souvent à s’y opposer ! En effet, il est connu que celui qui juge son prochain favorablement [mesure pour mesure], on le juge ainsi, dans le tribunal céleste et inversement, celui qui est pointilleux sur le comportement de ses semblables, mérite que l’on soit pointilleux avec lui dans le tribunal céleste et dans la même optique, le Mashiah a déclaré : Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l'on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. (Matityahou 7 :2)

 

 

COMMENTAIRE N°1

 

Et cela peut être également compris à la lumière de nos Sages : Ne juge pas ton ami jusqu’à ce que tu parviennes à sa place. Car sa place, au sens matériel, c’est-à-dire le milieu dans lequel il se trouve et son entourage, le conduit à fauter et par ailleurs, sa place au sens spirituel, c’est-à-dire la nature de son mauvais penchant, favorise la faute car son mauvais penchant brûle comme le four brûlant d’un boulanger dont la fréquence d’utilisation et l’intensité sont supérieures à celle d’un four ordinaire, comme il est écrit dans Hoshéa : Il brûle comme un feu flamboyant, etc… Le mauvais penchant n’est pas le même chez tout un chacun. Il y a celui dont le penchant est comme un feu flamboyant, passionné, ce qui n’est pas le cas chez un autre. Et comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie, à propos d’A’her (Elicha ben Avouya) : Car il a connu ma gloire et s’est rebellé en connaissance de cause, sa faute est bien plus grande encore ! Aussi nos Sages ont-ils dit à propos des ignorants que les fautes délibérées leur sont comptées comme des fautes commises par inadvertance, puisqu’ils ne sont pas conscients de la gravité de la faute. Ce n’est pas comme la culpabilité de quiconque est proche de D.ieu, de sa Torah et de son service, sa culpabilité est bien plus grande que la culpabilité du kal chébekalim, le plus bas de ceux qui sont assis aux coins des rues, qui sont éloignés de D.ieu et de sa Torah. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 30) 

 

COMMENTAIRE N°2

 

Néanmoins, malgré l’approche du Tanya, l’enseignement le plus adéquat pour obéir de façon parfaite aux injonctions de Shaoul concernant le jugement trouvera son écho dans la Torah n°282 du Likouté Moharan, nommée Azamra, de Rabbi Na’hman de Breslev.

 

En effet, cette Torah extraordinaire traite de la façon de découvrir la vraie joie par la recherche des points positifs en nous, chez les autres et dans toutes les situations.

 

Il se peut qu'en commençant ton examen de conscience, tu aies l'impression de ne trouver aucun bien en toi. Tu te vois rempli de fautes et ainsi le mauvais penchant veut t'entraîner à la dépression et à la tristesse. Surtout, ne te démoralise pas ! Cherche jusqu'à ce que tu trouves en toi une parcelle de bien. En effet, comment se pourrait-il que tu n'aies pas accompli une seule mitsva ou fait du bien durant ta vie ? Si tu commences à examiner cette bonne action, tu pourrais aussi y trouver de nombreuses imperfections et un manque de pureté. Cependant, il n'est pas possible que cette mitsva ou cette bonne action ne comporte pas au moins une parcelle de bien ! Il doit sûrement exister un point positif ! Il faut continuer jusqu'à trouver un bon élément en toi même, ce qui t'aidera à récupérer ta vitalité originelle et accéder à la joie. En t'appliquant à découvrir en toi une autre parcelle de bien même attachée de défauts, extrais-en un autre point positif. Continue et collectionne les points positifs ! C'est ainsi que se composent les mélodies. La faculté de jugement est un outil très puissant au service de l'homme. Mal juger les autres peut détruire l'univers. Le problème est que la critique est aisée, beaucoup trop même ! On peut toujours trouver des fautes dans le comportement d'autrui. Nous devons savoir que chacun des mots que nous prononçons sur notre prochain constitue une forme de jugement sur lui mais aussi sur nous-mêmes. Recherchons le bien, seulement le bien. Il se peut que ce bien soit enseveli sous des couches d'écorces mais tout au fond, ce bien demeure intacte et pur car il émane de la divinité. Cessons de nous culpabiliser ou de passer notre temps à juger l'autre. Ayons confiance en nous. D.ieu n'est pas un tyran car même si on se trouve très éloigné de l'Eternel et que nous pensons transgresser à chaque instant sa volonté, sachons en revanche que chaque geste, même le plus infime, est fait pour nous élever de notre basse condition et nous rapprocher de D.ieu, est extrêmement précieux à ses yeux. (Rabbi Na’hman de Breslev, rapporté par les Éditions Keren Rabbi Israël).

 

Voilà ce qu'enseigne Rabbi Na'hman. Il l'a appliqué à lui-même en jugeant chacun avec indulgence, en se concentrant uniquement sur l'aspect positif de chacun. Il nous affirme que l'être le plus déchu apparemment, possède en lui-même une grandeur cachée, intacte et prête à s'épanouir, pour peu qu'on lui fasse confiance. Au lieu de briser les gens et de les affaiblir, montrons-leur combien ils sont forts et bons ! Disons-leur sans cesse combien D.ieu les aime : Courage ! Mon frère, mon ami. Tu peux y arriver ! D.ieu t’attend ; il t’aidera ! Il est déjà près de toi, en toi... Cherchons le bien, la parcelle de divinité qui réside en chacun et le monde sortira de sa déchéance !  La culpabilité, l'angoisse ronge et paralysent. On doit déployer tous les efforts pour être joyeux quoi qu'il arrive. (Rabbénou, Éditions Keren Rabbi Israël).

 

 

  • mais jugez plutôt ceci : ne pas mettre devant un frère d’obstacle : ainsi, on comprend qu’il ne faut pas juger négativement son frère, qu’il ne faut pas mettre d’obstacles spirituelles devant lui, qu’il ne faut pas lui créer d’oppositions, le condamner, le calomnier, etc…  

 

 

  • ou de butoir : et c'est pourquoi, par exemple, si un aliment scandalise mon frère, je ne mangerai jamais de viande, afin de ne pas scandaliser mon frère. (1 Corinthiens 8 :13) ; le but étant de favoriser l’amour fraternel et le respect de l’autre.

 

COMMENTAIRE N°3

 

Pour mieux comprendre la pensée de l’Apôtre Shaoul, on pourra s’inspirer du Traité Pessa’him.

 

Sanctifie-toi par ce qui t’est permis. Des choses autorisées que d’autres ont pour habitude de s’interdire, ne te les permets pas en leur présence. (Pessa’him 50b)

 

 

COMMENTAIRE N°4

 

On pourra également s’inspirer des enseignements du Rav Avraham Ifra’h pour mieux comprendre les paroles de l’Apôtre Shaoul.

De même que chaque individu est unique, celui-ci détient une âme unique, personnelle, originale et spécifique. Cette spécificité ne doit pas être synonyme de marginalisation. Pourquoi ? Parce que toute la grandeur d’une originalité réside dans le fait qu’elle illumine le monde d’une nouvelle lumière. De fait, celle-ci doit être diffusée dans ce monde. Or, quel marginal est-il écouté ? Dès lors qu’une personne, aussi originale soit-elle, vit sa particularité en s’écartant des autres et demeure incapable de vivre en société ; celle-ci se situe à l’extrême, dans le ribouy or, expression Juive pour parler de l’excès de lumière… Or, Rabbi Na’hman l’a dit :  le monde est un pont étroit, c’est-à-dire que l’essentiel est de ne pas pencher, ni à gauche, ni à droite. Tel est l’écueil dans lequel le Sage est tombé (cf. Le conte du ‘hakham et du tam) puisque son intelligence révolutionnaire n’avait de cesse de l’éloigner du monde. (…) Personne ne peut s’exclure du social dès lors qu’il s’est trouvé. Se trouver, cela se réinvestit dans le social ! À défaut, la spécificité est utilisée afin d’exclure l’autre, c’est-à-dire à mauvais escient. Le monde est un centre de communication, chacun doit livrer son message ! (Rav Avraham Ifra’h)

 
 
 
 
 
 
 

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14.     Je le sais, j’en suis convaincu dans l’Adôn Iéshoua‘, rien n’est impur en soi. Mais si quelqu’un considère impur quoi que ce soit, cela est impur pour lui.

 

 

  • Je le sais, j’en suis convaincu dans l’Adôn Iéshoua‘ : pour les Nazaréens. 

 

 

  • rien n’est impur en soi : dans le cadre de la Torah, rien n'est impur et par conséquent, même dans le Mashiah, il n’est pas la peine de se mettre des interdictions supplémentaires [ascétisme] … En effet, comme nous l’avons vu dans les versets précédents, pour certains végétariens, même la viande permise était souillée à leurs yeux et ils ne souhaitaient pas en mangeaient. Or, l’Apôtre Shaoul précise qu'en réalité, dans ce que la Torah permet, tout est pur (propre, non souillé, non impur) et que l'on peut manger de tout sans problèmes, et non se contenter de légumes.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Rien n’est impur : les chrétiens utilisent ce passage pour abolir la kasherout mais ceci est impossible, l’Apôtre Shaoul ne peut pas déclarer un animal pur "en Jésus" alors qu’Hashem a décrété son impureté dans la Torah…

 

Il faut rependre le contexte, on parle d’une impureté en fonction d’un cadre toraïque en comparaison avec les convictions de certains Nazaréens végétariens. (Romains 14 :2). Qu’Hashem préserve, l’Apôtre Shaoul n’enseigne pas que le porc est un aliment pur, ‘hass véchalom…

 

 

  • Mais si quelqu’un considère impur quoi que ce soit : dans ce passage, l’Apôtre Shaoul parle aux végétariens (Romains 14 :2) qui ne mangeaient pas de viandes pour diverses raisons évoquées dans les commentaires du verset 2 de ce même chapitre.

 

 

  • cela est impur pour lui : pour le végétarien, selon ses convictions propres, la viande est devenue impure pour lui mais en aucun cas, elle ne l’est devenue pour les autres !  

 

 

COMMENTAIRE N°2

 

Selon l’interprétation d’un cas comparable avec celui des Corinthiens, les végétariens soutenaient l’idée selon laquelle, toute viande était finalement impropre à la consommation…

 

Pour commencer, il nous faut rappeler le contexte en vigueur.

Autrefois, certains mangeaient des viandes qui avaient servi aux sacrifices des idoles… Ce sujet était d’une grande importance, à cause de la diversité d’opinions qui régnaient là-dessus entre les Nazaréens.

 

Petit aparté, il est important de préciser : ce sujet concernait les Nazaréens d’origine non-Juive mais en aucun cas, les Juifs Nazaréens car bien évidemment, ceux-là mangeaient de la viande kasher, abattue rituellement selon la loi Juive ; ils n’avaient donc aucun problème avec ce sujet…

 

Quelle était donc le problème des autres membres de la communauté Nazaréenne ?

 

En fait, une partie de des viandes offertes en sacrifice aux idoles était consommée sur place, une autre revenait aux prêtres païens mais une dernière partie était rendue à ceux qui avaient fourni le sacrifice et certains l’employaient à des repas sacrés, soit dans les temps, soit dans leurs maisons. Ces repas étaient d’ordinaire accompagnés des plus abominables souillures, faisaient partie du culte corrompu du paganisme. Malheureusement, d’autres comme certains pauvres, après avoir offert une victime, en revendaient la chair sur les marchés…  Par le biais de la vente public, certains Nazaréens d’origine non-Juive pouvaient alors en diverses occasions, manger de ces viandes sacrifiés aux idoles [sur plusieurs viandes, ils ne pouvaient pas avoir lesquelles, venaient des temps païens ou non]. De là, un sujet de contestation dans la communauté Nazaréenne de Corinthe car certains convertis considéraient cette participation indirecte aux sacrifices idolâtres comme une grande souillure. Ils voulaient éviter une participation à des actes du paganisme dans lesquels, il pouvait réellement y avoir du péché car effectivement, comme nous l’avons compris, ces viandes provenaient des animaux offerts en sacrifice dans les temples païens…

 

Certains croyaient, malgré la suprématie et l’autorité d’Hashem, que les faux dieux du paganisme étaient des êtres réels, des esprits ou dieux méchants, qui remplissaient de leur mauvaise influence spirituelle, les choses qui leur étaient offertes en sacrifices. Ainsi, certains convertis croyaient qu’en mangeant de ces sacrifices, ils entraient en communion avec les démons ; de là, leur horreur pour les choses sacrifiées…

 

Pour mieux comprendre l’attitude de certains Corinthiens, on pourrait s’inspirer d’attitudes plus modernes de certaines chrétiens/messianiques qui ne souhaitent pas manger de viande hallal… Voici le témoignage.

 

On sait pour nous-même que l’idole en soi n’est rien mais à cause de l’avertissement officiel et même publié partout que proclame l’Islam, manger ce type de nourriture donne des droits en quelque sorte à Satan. L’Islam déclare par l’invocation du nom de Allah sur la nourriture sacrifiée que celui qui la mange accepte de se mettre sous le joug des infidèles et surtout sous l’autorité de Allah. Quand on tue l’animal pour vider son sang, on proclame une formule magique : bismillah Allahou Akbar, cette divinité païenne Allah qui oblige ses fidèles à massacrer ceux qui ne croient pas en lui, ça n’a évidemment rien à voir avec le Dieu des Cieux et de la Création.  On sait pour nous-même que l’idole en soi n’est rien mais à cause de l’avertissement officiel que proclame l’Islam, manger ce type de nourriture donne des droits à Satan. L’Islam est une religion qui déclare par l’invocation du nom de Allah sur la nourriture sacrifiée que celui qui la mange accepte de se soumettre à l’autorité de Allah et en fait, il s’agit ni plus ni moins d’une principauté d’esprits de démons religieux. (Témoignage de chrétiens/messianiques).

 

L’Apôtre Shaoul dénigre totalement le pouvoir des idoles en comparaison du pouvoir d’Hashem, du Mashiah ou encore de la Torah.

 

Ainsi qu’il est dit : Même l’obscurité n’obscurcit rien pour toi. Ce verset se prête également à l’interprétation suivante : Même l’obscurité n’obscurcit rien car en réalité, elle est issue de toi, ainsi qu’il est dit : l’Éternel est D.ieu, comme il est expliqué ailleurs. En hébreu, ce verset se lit "youd-ké-vav-ké est Elokim" ce qui établit donc une relation d’identité entre les deux noms de D.ieu : le Tétragramme, qui dénote la révélation et la transcendance divine et le Nom Elokim, qui fait référence au pouvoir de dissimulation du divin, dont D.ieu se revêt dans la Création. Cette relation d’identité signifie que le nom Elokim est divin au même titre que le nom "youd-ké-vav-ké" et c’est pourquoi tout est considéré comme rien devant lui. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 21)

 

Certains par la connaissance et la conscience qu’Hashem est au-dessus de tout, avaient du mépris pour leurs frères corinthiens plus faibles et craintifs des idoles ; ainsi, ils péchaient contre l’amour fraternel nécessaire et certains d’entre eux s’exposaient eux-mêmes témérairement aux coutumes païennes.

Car si quelqu'un te voit, toi qui as de la connaissance, assis à table dans un temple d'idoles, sa conscience, à lui qui est faible, ne le portera-t-elle pas à manger des viandes sacrifiées aux idoles ? (1 Corinthiens 8 :10)

Les "consciences fortes" devaient plutôt édifier les Nazaréens de "consciences faibles" par une vie sainte [soit par le fait de manger totalement kasher ou soit par le fait de manifester de l’amour fraternel] et non en agissant de manière persuasive : c’était démolir au lieu d’édifier…

La connaissance enfle mais l’amour édifie. (1 Corinthiens 8 :1)

Ainsi, l’Apôtre Shaoul rectifie cette conception en déclarant qu’aucune des viandes [pures selon les lois alimentaires de la Torah] qu’Hashem avait créées et prises avec "action de grâce" ne devait être rejetée… Comme nous l’avons dit, cette parole était adressée aux Nazaréens d’origine non-Juive de Corinthe [ou de Rome] car les Juifs étaient soumis aux lois de la kasherout. Les non-Juifs étaient en cours d’apprentissage de la Torah chacun selon son niveau et en effet, Shaoul avait reçu la mission divine d’apporter parmi les non-Juifs, la doctrine ‘hassidique de l’attachement au Tsadik. Une fois attachés au Tsadik de vérité, ces Nazaréens d’origine non-Juive s'engageaient alors dans une vie de Torah ; ils devaient pour cela définir des étapes de sanctification chacun selon son niveau et chacun selon son rythme, afin de s’éloigner de l'idolâtrie et de la viande non kasher [ou idolâtre].

 

Comme déjà relaté, la viande pure, même offerte aux idoles n’était pas souillée en soi [car en réalité, il n’y a pas d’autres forces qu’Hashem, le Maître du monde] mais pour celui qui l’a croit impure, elle est liée aux démons ; alors dans ce cas, la personne à ce moment doit effectivement s’en abstenir : elle est impure pour lui…

 

Certains étaient conscients du fait que certaines viandes vendues dans les différents marchés étaient parfois offertes aux idoles dans les temples païens et leurs consciences faibles et fragiles en étaient souillées. En effet, certains convertis de Rome étaient des non-Juifs qui venaient d’abandonner l’idolâtrie mais ils étaient toujours superstitieux, ils croyaient toujours que les idoles avaient souillé la viande et ils y voyaient une puissance. Pour eux, il y avait une puissance démoniaque dans la viande, il y avait un véritable impact spirituel… Ainsi, ils se voyaient comme souillés et ils pensaient qu’ils se rapprochaient de leurs anciens dieux. Mais Shaoul souhaite leur enseigner que ce n’est pas vrai, que tout est faux ; Yeshoua étant la puissance absolu et les idoles n’étant que du néant…  Dans tous les cas, ces Nazaréens d’origine non-Juive devraient bientôt kasher ! Par exemple, dans la Lettre aux Corinthiens, l’Apôtre Shaoul enseignera de manger "tout ce qui se vend sur le marché" en gardant à l’esprit, bien évidemment, la loi du pur et de l’impur selon le cadre toraïque. Ainsi, si l’on trouve une viande sur le marché appartenant à la catégorie des viandes pures, nous pouvons la consommer sans nous enquérir de quelque chose par motif de conscience, hormis si quelqu'un vient nous dire que cette viande a été donnée en sacrifice ; là, il faut s’en abstenir même si elle fait partie de la classification des viandes pures !  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15.     Si ton frère est attristé à propos d’une nourriture, tu ne marches plus selon l’amour. Ne pousse donc pas à la perte, par ta nourriture, quelqu’un pour qui le messie est mort.

 

 

  • Si ton frère est attristé à propos d’une nourriture : cela fait référence aux aliments pour certains "permis" et pour d’autres non.

 

  • tu ne marches plus selon l’amour : l’amour étant au-dessus de tout, en cette période de haine gratuite.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Voici une conversation du Rav Ron Chaya disponible sur le site Leava et comparable avec la situation de l’Apôtre Shaoul.

 

Une personne de ma famille est vegan [végétarienne] et est plutôt dans l'extrême, elle ne mange plus le motsi de Shabbat car il y a de l'œuf dans le pain et se contente seulement de l'embrasser... Ça m'a assez énervée et je lui ai dit à quel point, c'était grave mais ça ne change rien... Comment lui faire comprendre l'importance du motsi ? Merci. (Question au Rav Ron Chaya)

 

Vous n’arriverez pas à la dissuader. Il est beaucoup plus simple de faire des ‘halot sans œufs, ou au moins une ‘hala sans œufs pour elle ; il y a même en cela la mitsva de : véahavta léréakha kamokha, tu aimeras ton prochain comme toi-même. Donc pas besoin de changer ses convictions, d’autant plus que le fait d’être végétarien n’est pas interdit par la Torah… C’est pourquoi, il est mieux d’accepter sa position et de ne pas la contraindre à consommer du pain qu’elle ne veut pas consommer pendant Shabbat ; au contraire, il faut lui préparer du pain qui lui plaira. (Réponse du Rav Ron Chaya)

 

 

  • Ne pousse donc pas à la perte, par ta nourriture : il ne faut pas scandaliser notre prochain pour des aliments ; au contraire, on doit respecter les convictions de l’autre. En gros, dans ce cas, il ne faut pas manger de la viande devant le frère végétarien ! 

 

 

  • quelqu’un pour qui le messie est mort : selon les dires de l’Apôtre Shaoul, Hashem nous a tous fait grâce en Yeshoua et nous a tous destiné au Olam Haba par l’attachement au Tsadik [en dehors de toutes nos œuvres, aussi grandes soient-elles]. Ainsi, cette conception permet déjà de réprimander un quelconque mépris du fort concernant la pratique du faible et un quelconque jugement que le faible pouvait porter sur celle du fort ; l’Apôtre adresse son exhortation à l’un et à l’autre ; le plus important étant l’attachement au Tsadik.

 

 

 

 

 

 

 

 

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16.     Ne calomniez donc pas votre bien.

 

 

  • Ne calomniez : la conclusion principale de l’Apôtre Shaoul est donc de ne pas juger, ne pas faire preuve de mépris envers ceux qui ne sont pas d’accord avec nous mais surtout de favoriser la communion et l’amour fraternel, la haine gratuite étant la cause de la destruction du Temple.

 

 

  • donc pas votre bien : n’allez pas par vos disputes pour des aliments exposer notre foi en Yeshoua à être mal jugé et calomnié par les païens… Au contraire, le but est de donner le meilleur témoignage possible !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17.     Le règne d’Elohîms n’est certes pas aliment ou boisson, mais justice, paix et joie dans le souffle sacré.

 

 

  • Le règne d’Elohîms n’est certes pas aliment ou boisson : Shaoul parle de priorité car la sanctification du manger et du boire est extrêmement importante. Néanmoins, dans ce cas précis, l’Apôtre favorise d’abord la communion fraternelle et l’amour dans la communauté. Les Nazaréens doivent mettre la priorité sur tout ce ‘hessed demandé et non sur le manger et le boire ! En gros, si tu es saint dans ton alimentation mais que tu méprises ou juges ton frère, ta sanctification ne te sers plus à rien ! 

 

 

  • mais justice : du grec "dikaiosune" …

 

Voici la définition du mot grec "dikaiosune" :

 

  • doctrine et chemin pour atteindre un état approuvé par D.ieu,

  • intégrité : qualité de quelqu'un, de son comportement, d'une institution qui est intègre et honnête,

  • pureté de vie : qualité de ce qui est sans souillure, ni tache morale,

  • droiture : qualité de quelqu'un, de sa conduite, qui agit honnêtement ; loyauté, franchise, 

  • au sens plus étroit, cela représente aussi la justice qui donne à chacun ce qui lui est dû.

Yeshoua lui répondit : Laisse faire maintenant car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. (Matityahou 3 :15)

En plus, voici la définition du mot grec d’origine "dikaios" :

  • un juste, qui observe la Torah,

  • au sens large, cela fait référence à un homme droit, juste, vertueux, gardant les commandements de D.ieu,

  • ceux dont les pensées, les paroles, les actions sont entièrement conformes à la volonté de D.ieu.

  • au sens plus étroit : rendre à chacun selon son dû,

  • au sens judiciaire, porter un juste jugement sur les autres.

Alors les tsadikim resplendiront comme le soleil dans le Royaume d’Hashem. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. (Matityahou 13 :43)

 

 

  • paix : du grec "eirene"…

 

Voici la définition du mot grec "eirene" :

  • dans un état de tranquillité totale

  • shalom entre les individus, harmonie, concorde

  • sûreté, sécurité, prospérité, félicité, grâce à la paix et à l'harmonie qui rendent les choses sûres et prospères.

  • la paix du Mashiah.

  • l'état tranquille de l'âme assurée de son salut au travers du sacrifice de Yeshoua

  • l'état béni d’un homme tsadik et pieux après la mort.

Ils disaient : Béni soit le Roi qui vient au nom du Seigneur ! Shalom dans le ciel, et gloire dans les lieux très hauts ! (Loucas 19 :38)

 

D.ieu n'est pas un D.ieu de désordre, mais de shalom. Comme dans toutes les communautés des saints. (1 Corinthiens 14 :33) 

 

COMMENTAIRE N°1

 

La notion de paix est importante pour le Judaïsme, elle est le but ultime de toute existence, celle du monde, de l’humanité et de l’individu.

 

Shalom est le nom même de D.ieu. (Derekh Erets Zouta)

 

Le Mashiah est aussi appelé l’ange du shalom car il permettra la connexion et la bonne entente entre tous les individus. (Rav Avraham Ifra’h)

 

Éloigne-toi du mal, et fais le bien ; recherche et poursuis le shalom. (Téhilim 34 :14)

 

Le terme hébreu "shalom" est employé plus de 250 fois dans le Tanakh et des milliers de foi dans la littérature rabbinique. En effet, le mot "shalom" est employé dans des différents contextes démontrant ainsi, la multiplicité de son sens : social, politique, spirituel, moral et même cosmique, voire métaphysique.

 

Le shalom représente donc une valeur suprême et un aboutissement ultime.

 

Tout ce qui a été écrit dans la Torah, ne l’a été que pour la paix. (Guitin 59b)

 

Mon peuple demeurera dans le séjour du shalom, dans des habitations sûres, dans des asiles tranquilles. (Yeshayahou 32 :18)

 

Je suis pour le shalom. (Téhilim 120 :7)

 

S’il n’y a pas la paix, il n’y a rien du tout. (Midrash Tan’houma, Nitsavim 6)

 

Un Rav se tenait sur la place publique lorsque Elyahou lui apparut. Le Rav lui demanda : Y a-t-il sur cette place un seul homme qui aura une part dans le Olam Haba ? Elyahou fit une réponse négative… Sur ces entrefaites, deux hommes vinrent à passer. Elyahou déclara : Ceux-ci auront une part dans le Olam Haba. Que faites-vous ? leur demanda le Rav. Nous faisons des heureux ; quand nous voyons des gens dont l’esprit est troublé, nous les réconfortons et quand nous voyons deux hommes qui se querellent, nous faisons régner la paix entre eux. (Taanit 22a)

 

Que l'Éternel te bénisse, et qu'il te garde ! Que l'Éternel fasse luire sa face sur toi, et qu'il t'accorde sa grâce ! Que l'Éternel tourne sa face vers toi, et qu'il te donne la paix ! (Bamidbar 6 :24-26)

 

Bien-aimée est la paix, puisque les bénédictions ne se terminent que par l’espoir de la paix. De même, la bénédiction sacerdotale conclut par ces mots : Et te donne la paix. (Bamidbar 6 :24-26). Cela montre ainsi que toute autre bénédiction serait sans valeur si la paix ne l’accompagnait pas. (Bamidbar Raba 11 :7)

 

 

  • et joie : du grec "chara"…

 

Voici la définition du mot grec "chara" :

  • joie : émotion agréable et profonde, sentiment exaltant ressenti par toute la conscience,

  • réjouissance : fait de se réjouir, manifestation de joie collective,

  • la joie reçue de personnes qui sont joyeuses.

Car le Royaume de D.ieu, ce n'est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Rouah Hakodesh. (Romains 14 :17)

 

En plus, voici également la définition du mot grec d’origine "chairo" :

  • se réjouir, être heureux : qui jouit du bonheur, qui est content de son sort,

  • être extrêmement réjoui : manifester de la joie, être épanoui et joyeux,

  • être bien, prospérer : être dans une situation favorable, une période de croissance et de développement.

Réjouissons-nous et soyons dans l'allégresse, et donnons-lui gloire ; car les noces de l'Agneau sont venues et son ֤Épouse s'est préparée. (Révélation 19 :7)

 

 

  • dans le souffle sacré : car le fruit de l'Esprit, c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance. (Galates 5 :22)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18.     Oui, qui sert ainsi le messie sera agréé par Elohîms et approuvé par les hommes.

 

 

  • Oui, qui sert ainsi le messie : dans la justice, la paix et la joie qui sont l’essence du Royaume de D.ieu.

 

 

  • sera agréé par Elohîms : ce Nazaréen sera agréable à l’Éternel, puisque la justice, la paix et la joie sont l’œuvre de son Esprit et ainsi, il est impossible qu’il ne soit pas approuvé aussi par les hommes…

 

 

  • et approuvé par les hommes : ceci est comparable avec le Mashiah qui croissait en sagesse, en stature et en grâce, devant D.ieu et devant les hommes. (Loucas 2 :52)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19.     Recherchons donc ce qui est pacifiant et constructif, les uns pour les autres.

 

 

  • Recherchons donc ce qui est pacifiant : l’Apôtre Shaoul cherche, en premier lieu, le shalom au sein de cette communauté, composée de plusieurs Nazaréens aux opinions partagés.

 

 

  • et constructif : le mot constructif renferme une image, dont le sens est de bâtir [la Kéhila].  À cette œuvre d’édification collective tous doivent concourir ; l’édification doit être vraiment basée sur le shalom et le respect mutuel. 

 

Et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d'offrir des victimes spirituelles, agréables à D.ieu par le Mashiah Yeshoua. (1 Kéfa 2 :5)

Vous avez été édifiés sur le fondement des Apôtres et des Prophètes, le Mashiah Yeshoua lui-même étant la pierre angulaire. En lui tout l'édifice, bien coordonné, s'élève pour être un Temple saint dans le Seigneur. En lui vous êtes aussi édifiés pour être une habitation de D.ieu en Esprit. (Ephésiens 2 :20-22)

 

 

  • les uns pour les autres : Hillel avait l'habitude de dire : soyez les disciples d'Aaron, aimant la paix et recherchant la paix, aimant l'humanité et les rapprochant de la Torah. 

 

COMMENTAIRE N°1

 

Continuons dans les enseignements de Hillel selon l’avis de Bartenura.

 

Soyez les disciples d'Aaron, aimant la paix et recherchant la paix : ils ont expliqué dans Avot DeRabbi Natan comment Aaron aimait la paix : lorsqu’il voyait deux personnes se disputer, il se rendait vers chacun d'eux (à l'insu de son camarade) et lui disait : Regarde comment ton camarade regrette et s'afflige du péché qu’il a commis contre toi, il m'a dit de venir te voir pour que tu lui pardonnes. Et à la suite de cela, lorsqu’ils se rencontraient, ils s'embrassaient… Et comment rapprocherait-il les gens de la Torah ? Quand il savait de quelqu’un avait commis un péché, il se liait d'amitié avec lui et lui montrait un comportement très amical ; cet homme se sentait alors embarrassé et se disait à lui-même : Si ce Tsadik connaissait mes mauvaises actions, à quel point s’éloignerait-il de moi ? Et à la suite de cela, cet homme changeait pour le mieux.  Il a marché avec moi dans la paix et dans la droiture et il a détourné du mal beaucoup d'hommes. (Malakhi 2 :6) (Bartenura)

 
 
 
 
 
 

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20.     Pour une nourriture, ne détruis pas l’oeuvre d’Elohîms. Tout est pur, mais c’est mal pour l’homme de manger, un butoir au travers.

 

 

  • Pour une nourriture : cela fait référence aux aliments pour certains "permis" et pour d’autres non.

 

 

  • ne détruis pas l’oeuvre d’Elohîms : l’amour étant au-dessus de tout, en cette période de haine gratuite. Ainsi, il ne faut pas scandaliser notre prochain pour des aliments ; au contraire, on doit respecter les convictions de l’autre. En gros, dans ce cas, il ne faut pas manger de la viande devant le frère végétarien !   De plus, selon les dires de l’Apôtre Shaoul, Hashem nous a tous fait grâce en Yeshoua et nous a tous destiné au Olam Haba par l’attachement au Tsadik [en dehors de toutes nos œuvres, aussi grandes soient-elles]. Ainsi, cette conception permet déjà de réprimander un quelconque mépris du fort concernant la pratique du faible et un quelconque jugement que le faible pouvait porter sur celle du fort ; l’Apôtre adresse son exhortation à l’un et à l’autre ; le plus important étant l’attachement au Tsadik.

 

 

  • Tout est pur : dans le cadre de la Torah, tout est pur et par conséquent, même dans le Mashiah, il n’est pas la peine de se mettre des interdictions supplémentaires [ascétisme] … En effet, comme nous l’avons vu dans les versets précédents, pour certains végétariens, même la viande permise était souillée à leurs yeux et ils ne souhaitaient pas en mangeaient. Or, l’Apôtre Shaoul précise qu'en réalité, dans ce que la Torah permet, tout est pur (propre, non souillé, non impur) et que l'on peut manger de tout sans problèmes, et non se contenter de légumes.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Tout est pur : les chrétiens utilisent ce passage pour abolir la kasherout mais ceci est impossible, l’Apôtre Shaoul ne peut pas déclarer un animal pur "en Jésus" alors qu’Hashem a décrété son impureté dans la Torah…

 

Il faut rependre le contexte, on parle d’une impureté en fonction d’un cadre toraïque en comparaison avec les convictions de certains Nazaréens végétariens. (Romains 14 :2). Qu’Hashem préserve, l’Apôtre Shaoul n’enseigne pas que le porc est un aliment pur, ‘hass véchalom…

 

COMMENTAIRE N°2

 

Officiellement, la Torah autorise la consommation de viande à condition qu’elle provienne d’une espèce permise selon le Sefer Vayikra, que l’animal soit abattu rituellement, que les éléments non-kashers soient enlevés (sang, certaines graisses et nerf sciatique), que la viande ne soit pas cuite avec du lait et que les bénédictions appropriées soient prononcées. C’est en mangeant, dit le Talmud, conformément aux prescriptions de la Torah et en y mettant l’attention et l’intention qu’il faut que la table peut devenir, en quelque sorte, un autel pour le service de D.ieu.

 

C'est ici une loi perpétuelle pour vos descendants, dans tous les lieux où vous habiterez : vous ne mangerez ni graisse ni sang. (Vayikra 3 :17)

 

C'est pourquoi jusqu'à ce jour, les enfants d'Israël ne mangent point le tendon qui est à l'emboîture de la hanche car D.ieu frappa Yaakov à l'emboîture de la hanche, au tendon. (Béréshit 32 :32)

 

Tu pourras tuer du gros et du menu bétail, comme je te l'ai prescrit et tu pourras en manger dans tes portes selon ton désir. (Devarim 12 :21)

 

Tu apporteras à la maison de l'Éternel, ton D.ieu, les prémices des premiers fruits de la terre. Tu ne feras point cuire un chevreau dans le lait de sa mère. (Shemot 34 :26)

 

 

  • mais c’est mal pour l’homme de manger, un butoir au travers : il est mauvais pour l'homme, lorsqu’il mange, d’être en scandale pour l’autre…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21.     C’est bien de ne pas manger de viande, de ne pas boire de vin, et de t’abstenir de ce qui fait buter ton frère.

 

 

  • C’est bien de ne pas manger de viande : si le désir de manger de la viande engendre plusieurs conflits et disputes au sein de la communauté, il vaut mieux ne pas en manger [en compagnie des végétariens] …

 

COMMENTAIRE N°1

 

Shaoul, un pro-végétarien ?

 

Pour commencer, le Talmud approuve cette forme d’alimentation originelle : Adam n’était pas autorisé à consommer de la viande. (Sanhédrin 59b). Or, le déluge qui suivit laissa une destruction totale et D.ieu, reconnaissant alors la débauche et la ruine de son peuple, consentit à autoriser les nourritures carnées : Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture : je vous donne tout cela comme l’herbe verte. (Béréshit 9 :3). Le Talmud continue et nous enseigne expressément que la consommation de chair animale a une connotation négative : l’homme ne doit pas se nourrir de viande sans en éprouver le besoin particulier, il ne doit en consommer qu’occasionnellement et rarement. (‘Houlin 84a).

 

Le soutien toraïque au végétarisme comme idéal positif, se trouve dans les écrits du Rav Avraham Its’hak Kook (1865-1935). En effet, le Rav Kook a été le premier grand Rabbin d’Israël a exhorté autant les Juifs religieux à s'impliquer autant dans ce sujet ; ses mots concernant le végétarisme se trouvent principalement dans "Une vision du végétarisme et de la paix" édité par le Rav David Cohen.

 

Pour résumé sa pensée, le Rav Kook croyait que l'autorisation de manger de la viande n'était qu'une concession temporaire, il a estimé qu'un D.ieu miséricordieux envers ses créatures n'instituerait pas une loi éternelle permettant de tuer des animaux pour se nourrir. Il a également déclaré qu’il est inconcevable que le Créateur qui avait planifié un monde d'harmonie et une manière parfaite pour l'homme de vivre, plusieurs milliers d'années plus tard, ait trouvé que ce plan était faux… Selon le Rav Kook, parce que les gens étaient tombés à un niveau de spiritualité extrêmement bas au temps de Noa’h, il était nécessaire de leur donner une image élevée d'eux-mêmes par rapport aux animaux et de concentrer leurs efforts sur l'amélioration des relations entre les personnes [relation avec le prochain]. Il a estimé que si les gens se voyaient refuser la permission de manger de la viande, ils pourraient manger la chair des êtres humains en raison de leur incapacité à contrôler leur désir de chair… Il considérait la permission d'abattre des animaux pour se nourrir comme une "taxe transitoire" ou une dispense temporaire jusqu'à ce qu'une "ère plus lumineuse" soit atteinte lorsque les gens retourneraient à une alimentation végétarienne. Le Rav Kook croyait également que la permission de manger de la viande "selon le désir de votre âme" était un reproche caché ; il a déclaré qu'un jour viendrait où les gens détesteront le fait de manger de la chair des animaux à cause d'un dégoût moral.

Parallèlement à la permission de manger de la viande, le Judaïsme prévoit aussi de nombreuses lois et restrictions (les lois de la kasherout) pour veiller à cela et selon le Rav Kook, toutes ces lois et restrictions servent à sensibiliser les Juifs, à les amener à réfléchir à ce qu'ils mangent et à décider si cela répond réellement aux exigences religieuses. La consommation de viande n'est donc pas tenue pour acquise, et cette prise en compte obligatoire de ce qui est dans l'assiette peut être un premier pas vers le rejet de la consommation de viande.

 

Cette idée est reprise par le commentateur de la Torah, Shlomo Ephraïm Lunchitz, auteur du Kli Yakar : Quelle était la nécessité de toute cette procédure d'abattage rituel ? Par souci d'autodiscipline. Il est beaucoup plus approprié pour l'homme de ne pas manger de viande ; ce n'est que s'il a un fort désir de viande que la Torah le permet, et cela seulement après les ennuis et les inconvénients nécessaires pour satisfaire son désir. Peut-être à cause de la gêne de toute la procédure, il sera restreint d'un désir si fort et incontrôlable de viande. (Kli Yakar)

 

Le Rav Kook considérait la soif des gens pour la viande comme une manifestation de passions négatives plutôt que comme un besoin inhérent, il croyait qu'au temps du Mashiah, les gens seraient de nouveau végétariens. En effet, le Rav Kook a déclaré qu'à l'époque messianique, l'effet de la connaissance s'étendra même aux animaux et que les sacrifices dans le Temple se seraient composés de végétation, et ils plairont à D.ieu comme autrefois. Le haut niveau moral impliqué dans le végétarisme des générations avant Noa’h était une vertu d'une telle valeur qu'il ne peut pas être perdu pour toujours… Dans le futur idéal, tout comme à la période initiale, les gens et les animaux ne mangeront donc pas de chair ; personne ne blessera ou ne détruira une autre créature vivante…

 

Dans sa brochure qui résume un grand nombre des enseignements de Rav Kook, Joe Green, un écrivain végétarien Juif, a conclu qu'en adoptant le régime qui sera utilisé pendant la période du Mashiah, les religieux végétariens sont des pionniers de l'ère messianique ; ils mènent des vies qui rendent la venue du Mashiah plus probable.

 

Comme on le sait, aujourd'hui, la plupart des Juifs mangent de la viande mais l'idéal élevé de D.ieu, la loi diététique végétarienne initiale, est toujours d’actualité dans la Bible pour les Juifs et le monde entier, un objectif ultime vers lequel tout le monde devrait tendre…

 

Certains citent le Gan Eden d’Adam et ‘Hava pour prouver que dans le monde idéal, c’est-à-dire à l’ère messianique, les humains retourneront au végétarisme universel mais la majorité écrasante des rabanim maintiennent que cette ère verra également la reprise des sacrifices d’animaux. En fait, dans le Traité Baba Batra 75a, il est écrit que D.ieu préparera un festin de viandes pour les justes ; ce n’est donc qu’au bout d’un certain temps, que le végétarisme reprendra vértiablement ses droits.

 

 

  • de ne pas boire de vin : toujours dans un désir d’ascétisme plus poussé, certains en plus de s’abstenir de la viande, ne buvaient pas de vin.

 

COMMENTAIRE N°2

 

Toujours selon le contexte, en plus de la viande, étant "faibles" dans la foi, certains plus extrêmes préféraient également s’abstenir de toutes choses pouvant être susceptibles d’avoir été sacrifiées à une idole, dont le vin car dans le milieu de l’idolâtrie, il est rapporté que la première goutte de toute cuve de vin était sacrifiée aux dieux du plaisir et du vin.

 

COMMENTAIRE N°3

 

Pour mieux comprendre la pensée de l’Apôtre Shaoul et la mentalité de l’époque, on pourra s’inspirer d’un midrash Juif qui rapporte un dialogue entre Rabbi Yéhochoua et des ascètes qui se multiplièrent après la destruction du Temple… Face à leur attitude extrême en matière d’abstinence, le Rabbi leur a proposé une voie moyenne qui sera la voie royale prônée par tous les autres rabanim : porter le deuil de Jérusalem mais sans excès.

 

Depuis la destruction du Temple, les ascètes se multiplièrent en Israël ; ils ne mangeaient pas de viande et ne buvaient pas de vin. Rabbi Yéhochoua les rencontra et leur dit : Mes fils, pourquoi ne mangez-vous pas de viande et ne buvez-vous pas de vin ? Ils répondirent : Comment mangerions-nous de la viande alors que le sacrifice quotidien était offert sur l’autel ? Et comment boirions-nous du vin qui était offert en libation chaque jour sur l’autel qui aujourd’hui est détruit ? Il leur dit : Si c’est ainsi vous devriez vous interdire les figues et le raisin que l’on apportait en prémisses, et également le pain puisqu’on apportait deux pains à Shavouot, et les pains de visages de Shabbat en Shabbat, et également l’eau qui était offerte en libation pendant la fête de Souccot ? Ils se turent… Il leur dit : Ne pas du tout porter le deuil est impossible car le décret a été émis mais augmenter le deuil n’est pas possible non plus. Car Rabbi Yéhochoua a enseigné : On n’impose pas à la communauté un décret si la majorité ne peut le supporter ! (Yalqout Chimoni sur Téhilim 247 :885)

 

Ne sois pas juste à l'excès, et ne te montre pas trop sage : pourquoi te détruirais-tu ? (Qohelet 7 :16)

 

 

COMMENTAIRE N°4

 

Selon un contexte plus général, comme pour toutes choses dans la vie, l’équilibre est une bonne chose. Par conséquent, l’alcool, lorsqu’il est bu de manière appropriée, peut améliorer notre spiritualité et de même, lorsqu’il est traité de manière inappropriée, il peut engendrer un ‘hiloul Hashem, une profanation du Nom divin, que D.ieu préserve !

 

Pour information, les Cohanim n’étaient pas autorisés à servir dans le Beth Hamikdach s’ils étaient en état d’ivresse ; un Cohen n’a pas le droit de monter sur l’estrade pour bénir le peuple s’il a bu un seul verre de vin ; de plus, dans le Judaïsme, nous avons l’interdiction de prier si nous sommes saouls, etc…

 

Globalement, la Torah répond qu'il y a une mitsva de boire avec modération car effectivement, le vin peut rendre joyeux mais si on en boit un peu plus qu'avec modération, cela devient gravement interdit. (Rav Ron Chaya) 

 

Rabbi Yits'hak a dit : Que signifie le verset : Ne regarde pas le vin qui parait d’un beau rouge ? (Mishlei 23 :31) Cela veut dire : N’aie pas envie de vin car il rougit la face des méchants dans ce monde, c'est-à-dire qu'ils en jouissent dans ce monde mais ils blanchissent leur face (de honte) dans le Olam Haba. La Guémara poursuit et Rava fait un jeu de mots à propos de ce verset car on traduit le vin qui se rougit par "yitadam" dont le mot finit par les lettres daleth et mem qui forment le mot "dam" le sang. Cela donnerait alors : Ne regarde pas le vin car à la fin, il amène le sang, c'est-à-dire que le vin peut amener quelqu'un à assassiner ou à être assassiné, ou tout simplement à en perdre sa vie spirituelle. (Sanhédrin 70a)

 

La Guémara fait également remarquer que dans l'épisode de Noa’h qui s'est saoulé, on a 13 fois les lettres vav et youd apparaissant en début de mot : vaya'hel Noa'h, vayita, vayèchte, vayichkor, etc…  Or, en hébreu, les lettres vav et youd se lisent "vaye" ou "waye" ce qui signifie "malheur" et de là, on comprend aisément que les 13 fois "malheur" sont dus à l'ivresse de Noa’h... En réalité, boire est permis mais il n’est pas bon d’en abuser !

 

 

 

  • et de t’abstenir de ce qui fait buter ton frère : selon le principe talmudique : Sanctifie-toi par ce qui t’est permis. Des choses autorisées que d’autres ont pour habitude de s’interdire, ne te les permets pas en leur présence (Pessa’him 50b)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22.     Toi, ton adhérence, garde-la pour toi seul en face d’Elohîms. En marche, qui fait, sans se juger, ce qu’il approuve.

 

 

  • Toi, ton adhérence, garde-la pour toi seul en face d’Elohîms : cette foi, cette conviction concernant l’alimentation [ou autres] que tu as, garde-la pour toi devant D.ieu. Elle t’a été donné pour toi, ton tikoun personnel, ta sanctification personnelle afin d’avoir une meilleure communion avec Hashem !

 

Si le Nazaréen en use à cette fin individuel seulement, il ne sera pas entraîné par elle à s’enorgueillir, à mépriser ou à scandaliser ses frères plus faibles ou moins éclairés que lui [selon ces conceptions].

 

Ainsi, par le fruit d’une conviction, on voit si elle est d’essence divine ou non !

 

 

  • En marche, qui fait, sans se juger, ce qu’il approuve : heureux celui qui ne se juge pas négativement lui-même dans ce qu'il approuve ! Heureux celui qui ne se juge pas soi-même, c’est-à-dire qui n’a pas à exa­mi­ner avec anxiété sa ligne de conduite pour sa­voir si ce qu’il approuve est bien, s’il prend le bon parti, etc… Cela fait référence à ce­lui qui a une convic­tion éclai­rée et ferme ! L’A­pôtre lui fait sen­tir son avan­tage par rapport à la triste condi­tion de ce­lui qui doute sur soi-même, afin de savoir si ces convictions sont de D.ieu ou non.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23.     Mais qui doute, s’il mange, est condamné, parce que cela ne vient pas de l’adhérence. Tout ce qui n’est pas de l’adhérence est faute.

 

 

  • Mais qui doute, s’il mange, est condamné : car la conviction de pratiquer telle ou telle chose, ne lui est pas venu d’Hashem mais d’autres facteurs environnants, ou autres…

 

  • parce que cela ne vient pas de l’adhérence : celui qui a des doutes est condamné, parce qu'il n'agit pas par conviction, par l’effet d’une foi authentique ; tout ce qui ne procède pas d'une conviction ou d’une foi véritable est une carence spirituelle !

 

  • Tout ce qui n’est pas de l’adhérence est faute : lorsqu’un Nazaréen obéit à ses propres inspirations et n’est pas réellement conduit par l’Esprit de D.ieu, tout ce qu’il fait, même ses bonnes œuvres, porte la caractère de la déviance spirituelle ! Tout doit être ancrée selon la Torah et selon notre communion avec Hashem, et non en fonction des facteurs environnants.