CHAPITRE 12

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COMMENTAIRES 

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1.     Je vous exhorte donc, frères, par les matrices d’Elohîms, à présenter vos corps en vivant sacrifice, consacré, agréable à Elohîms : tel est votre service raisonnable.

 

 

  • Je vous exhorte donc, frères, par les matrices d’Elohîms : par les compassions d’Hashem.

 

 

  • à présenter vos corps en vivant sacrifice, consacré, agréable : tel un Sanctuaire pour la divinité, cet enseignement de l’Apôtre Shaoul est souvent repris dans le milieu de la Hassidout.

 

 

  • à Elohîms : pour D.ieu.

 

 

  • tel est votre service raisonnable : dans un principe de sanctification permanente, il s’agit d’un minimum, d’une part raisonnable comparé aux bienfaits de la providence divine.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pur mieux comprendre les enseignements de l’Apôtre Shaoul concernant ce sujet, nous pourrons nous inspirer de ceux du Rabbi de Loubavitch. (Likouté Si’hot du Rabbi de Loubavitch, Paracha Vayikra)

 

On connaît la remarque introduite par nos Sages, à propos du verset : Ils me feront un Sanctuaire et je résiderai parmi eux. (Shemot 25 :8). Ceux-ci soulignent : Il n’est pas dit : Je résiderai "dans ce Sanctuaire" mais bien "parmi eux" et c’est-à-dire, au sein de chaque Juif. La Paracha Vayikra, celle qui définit les sacrifices, commence également par le verset suivant : Un homme qui offrira, d’entre vous, un sacrifice pour D.ieu. (Vayikra 1 :1-2). On peut s’étonner de cette formulation. Pourquoi ne pas dire, tout simplement, un homme, d’entre vous, qui offrira ? L’Admour Hazaken donne, de ce verset, l’interprétation suivante : celui qui désire se rapprocher de D.ieu, puisque la finalité du sacrifice est de lier ses forces et ses sens au divin, doit offrir à D.ieu sa propre personne. Ainsi, déjà dans le Temple, les sacrifices avaient un apport moral considérable… Combien plus en est-il ainsi, pour ceux qui sont pratiqués par chaque Juif, à titre personnel.

 

Ce qui vient d’être dit permet de souligner deux points :

 

  • le sacrifice est "d’entre vous" : il émane de l’âme divine.

  • il porte sur "l’animal" qui se trouve dans le cœur de l’homme, c’est-à-dire sur son âme animale.

 

Lorsque l’on offrait un sacrifice, on devait, dans un premier temps, vérifier l’intégrité physique de l’animal, l’absence d’infirmités ; c’est à l’issue de cet examen que celle-ci était agréée pour être un sacrifice. Or, il en est de même, dans la dimension morale : si l’on souhaite "sacrifier" son âme animale pour D.ieu, on doit, au préalable, vérifier que celle-ci est entière, qu’elle n’a pas de défauts…  Le sacrifice d’une bête, dans le Temple, commençait donc par sa vérification. De la même façon, il convient de vérifier le moindre recoin de son esprit, de son intellect, de ses sentiments et surtout des trois vêtements de son âme, pensées, paroles et actions, afin de mettre les manques en évidence et de les réparer. Chacun se doit d’apporter toute son attention à cette vérification. Celui qui méditera attentivement à tout cela, prendra conscience de ce que sont les sacrifices, destinés à consacrer ses forces et ses sens au Tout Puissant, jusqu’à devenir partie intégrante du "feu céleste" et de la lumière infinie de D.ieu. 

 

Dès lors, il ne pourra pas s’empêcher de s’interroger. Quelle relation peut-il établir entre sa propre personne et un tel sacrifice ? Comment faire pour que celui-ci soit agréé par D.ieu et sans défauts ?

 

COMMENTAIRE N°2

 

Poursuivons également dans les enseignements du Rav David ‘Hanania Pinto.

 

Nous entamons l’étude de la Torah des jeunes enfants par la section de Vayikra, traitant des sacrifices. Au regard de la difficulté du sujet, il aurait semblé plus logique de débuter avec le Livre de Béréshit, décrivant la Création du monde et le comportement de nos ancêtres. Nénamoins, ce choix est dû aux qualités de naïveté et de pureté propres aux jeunes enfants et les poussant à se sacrifier pour ce qui leur est cher, comme un petit bonbon. Nos Sages ont voulu utiliser cet élan naturel de dévouement et l’orienter vers le service divin, en les éduquant à vivre dans une optique de sacrifice de soi visant à la sanctification du Nom divin. La description de tout le protocole des sacrifices nous permettant de réaliser quel aurait normalement dû être notre sort, ce sujet est le plus apte à éveiller notre sensibilité au dévouement ; l’enseignement précoce de ce thème permet donc à l’enfant d’acquérir naturellement l’habitude de se plier à la volonté divine. (Rabbi David ‘Hanania Pinto)  

 

La Torah, qui est la voie de la vie, nous enseigne dans la paracha Vayikra qu’il faut servir D.ieu sans aucune réserve, comme nous l’avons expliqué à propos du verset : Si un homme d’entre vous (mi-kem, littéralement : de vous) offre un sacrifice à l’Eternel. (Vayikra 1 :1-2). Il faut observer les commandements du Saint Béni soit-Il jusqu’au don de soi absolu, être prêt même au martyre pour la Torah et les mitsvot, et ne tenir compte que de l’honneur de D.ieu, sans se soucier aucunement de son intérêt personnel. C’est ce que signifie "offrir un sacrifice" à l’Éternel de soi-même, faire de soi un sacrifice, à ce moment-là, il sera agréé. (Rabbi David ‘Hanania Pinto) 

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9.     Que votre amour soit sans hypocrisie. Rejetez le mal, collez au bien.

 

 

  • Que votre amour soit sans hypocrisie : notre amour doit être vraie, authentique et rempli de sincérité ; autrement, celui ne vaut rien…

 

  • Rejetez le mal, collez au bien : ayez le mal en horreur ; attachez-vous fortement au bien.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour réaliser cette parole de l’Apôtre Shaoul, nous avons besoin du Tsadik. En effet, pour mieux le saisir, nous pourrons nous inspirer des enseignements du Tanya.

 

Et concernant le Tsadik, il est dit : "Mon cœur est vide au-dedans de moi" car le cœur, généralement occupé par le mauvais penchant, est vide chez le Tsadik… Et par conséquent, imiter le Tsadik dans son mépris du mal et dans sa délectation du divin est bénéfique : l’habitude a le pouvoir sur tout et devient une seconde nature. Quand il prendra l’habitude d’avoir le mal en dégoût, le mal lui sera finalement un peu répugnant de manière vraie. Alors, selon le principe qu’un éveil de l’homme en bas produit un éveil d’en haut correspondant, peut-être après tout cet effort de sa part, un Esprit d’en haut descendra sur lui, et il méritera que le niveau d’âme de Roua’h, issu de l’âme d’un Tsadik l’imprègne, de sorte qu’il puisse servir D.ieu avec une joie véritable. Il est un concept kabbalistique selon lequel l’âme d’un Tsaddik peut imprégner l’âme d’un autre Juif avec ses facultés, le rendant ainsi à même de servir D.ieu comme le fait le Tsadik. Ce concept peut être comparé à celui du guilgoul dans lequel une âme se trouve attachée à un objet, un animal, ou un autre corps. Cependant, dans le cas du guilgoul, l’âme est enchaînée au corps et dominée par lui, alors que dans l’imprégnation, l’âme du Tsadik sert simplement de force spirituelle supplémentaire à l’âme de celui qui la reçoit. Dans ce contexte, l’imprégnation de l’âme par le Roua’h de l’âme du Tsaddk permet d’éprouver un plaisir en D.ieu qu’il n’aurait pas pu atteindre de lui-même. Ainsi qu’il est dit : Réjouissez-vous, ô tsadikim, en D.ieu. Il y a ici une allusion à deux types de tsadikim : le beinoni, appelé le "niveau inférieur de tsadik" et le Tsadik, appelé le "niveau supérieur de Tsadik"... Lorsque tous deux se rejoignent, c’est-à-dire que l’âme du Tsadik imprègne celle du beinoni, ils se réjouissent ensemble, au sens où le Tsadik partage le délice qu’il éprouve en le divin avec le beinoni. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 13 et 14)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11.     Dans le zèle, soyez sans paresse, dans le bouillonnement du souffle, serviteurs de l’Adôn.

 

 

  • Dans le zèle, soyez sans paresse : car l’essentiel de la paresse provient d’un manque de foi ; lorsque l’homme pense qu’il est venu dans ce monde pour consumer son temps dans le calme et la tranquillité, il ignore qu’il est venu dans ce monde en mission et qu’il doit traverser toutes ses épreuves, tirer une leçon de tout, augmenter chaque jour sa connaissance et mieux connaître le Créateur. Cela est la finalité de sa venue au monde et la sagesse qu’il récolte dans son travail doit lui donner la vie, la diligence, la joie et la force. (Rav Shalom Arush)

 

COMMENTAIRE N°1

Pour mieux approcher la notion du zèle, on pourra également s’inspirer des enseignements du Rav David ‘Hanania Pinto.

 

On connaît l’enseignement suivant des Sages (Soukka 52a ; Kiddoushîn 30b) : Le mauvais penchant de l’homme le maîtrise chaque jour et cherche à le tuer, ainsi qu’il est dit (Téhilim 37 :32) : Le méchant observe le juste et cherche à le tuer ; sans l’aide du Saint Béni soit-Il, il ne pourrait rien contre lui comme il est aussi dit : Hashem ne l’abandonnera pas entre ses mains… Le mauvais penchant essaie de toutes ses forces de faire trébucher l’homme pour qu’il n’accomplisse pas les mitsvot mais celui-ci doit rassembler ses forces avec un grand héroïsme et ainsi, il méritera l’aide du Ciel. Comment peut-on atteindre l’héroïsme ? Par la qualité du zèle comme l’enseigne le Tour (Ora’h ‘Haïm, par. 1) : Yéhouda ben Teima dit : Sois audacieux comme le tigre et vaillant comme le lion pour faire la volonté de ton Père dans les Cieux. (Pirké Avot 5 :23). L’homme doit alors se maîtriser comme le lion et se lever le matin pour servir son Créateur et même si son mauvais penchant l’incite en hiver à se dire : comment peux-tu te lever ce matin alors qu’il fait si froid ? Il le vaincra et se lèvera pour réveiller l’aube sans traîner, comme l’a dit le Roi David : Éveille-toi, ma gloire, éveille-toi luth et harpe, j’éveillerai l’aube. (Téhilim 56 :9) car c’est moi qui éveille l’aube et non l’aube qui m’éveille… Nous avons vu de tout cela que pour accomplir les mitsvot, on a besoin de la qualité du zèle car s’il y a de la paresse, il manque de l’enthousiasme. Par conséquent, l’homme doit savoir que de toute façon, il doit accomplir les mitsvot, alors que tout au moins, il les accomplisse dans toute sa vitalité avec empressement sans que rien n’y manque ; ainsi, il s’offrira lui-même pour le service de D.ieu. Or, pour arriver à cet empressement, il faut se donner du mal dans l’étude de la Torah ; sans cela, il est impossible d’accomplir les mitsvot avec zèle comme il est écrit (Vayikra 26 :3) : Si vous marchez dans mes statuts et que vous gardiez mes mitsvot et les observiez ; ce qui signifie que vous devez investir de l’effort dans l’étude de la Torah (Torat Cohanim) et que c’est uniquement quand vous vous consacrez à l’étude que vous pouvez arriver à observer et accomplir les mitsvot. L’étude de la Torah mène également au zèle et là où il y a le zèle, on peut vaincre le mauvais penchant et accomplir les mitsvot dans leur perfection. Car l’essentiel du sacrifice est l’empressement, la même chose s’applique à toutes les mitsvot : l’essentiel est de les accomplir avec empressement. (Rabbi David ‘Hanania Pinto)

 

 

  • dans le bouillonnement du souffle, serviteurs de l’Adôn : servez le Seigneur, en étant fervents d'Esprit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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16.     Pensez de même les uns pour les autres ; ne pensez pas aux grandeurs ; mais aspirez à ce qui est humble. Ne soyez pas sages à vos yeux.

 

 

  • Pensez de même les uns pour les autres : les mêmes sentiments les uns envers les autres.

 

Au reste, frères, soyez dans la sim’ha, perfectionnez-vous, consolez-vous, ayez un même sentiment, vivez en paix et le D.ieu d'amour et du shalom sera avec vous. (2 Corinthiens 13 :11)

 Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur et Mashiah Yeshoua, à tenir tous un même langage et à ne point avoir de divisions parmi vous mais à être parfaitement unis dans un même esprit et dans un même sentiment. (1 Corinthiens 1 :10)

 

COMMENTAIRE N°1

Pour mieux comprendre la notion d’avoir de nobles sentiments, d’unité et de respect dans la Kéhila du Mashiah ; nous pourrons nous inspirer des enseignements ‘hassidiques du Rav Avraham Ifra’h.

Chaque Création de ce monde est composée des quatre éléments de base : le feu, l’eau, la terre et l’air. Tout n’est que recherche d’équilibre, puisque les éléments s’annulent entre eux lorsque l’un prédomine sur les autres. En effet, le feu est susceptible d’annuler l’eau, l’eau le feu, etc… Ainsi, dès lors qu’un élément empiète sur les autres, l’équilibre est compromis et la Création est menacée. En relatant ce principe, Rabbi Na’hman nous enseigne la spécificité de chacun et la différence. En effet, dans le Am Israël, chaque courant, avec sa spécificité, a sa place. Nul courant ne doit s’annuler et nul courant ne doit entretenir d’hégémonie sur les autres, sous peine de détruire le Am Israël. Pourquoi ? Parce que chaque individu est différent. Certains ont besoin de rigueur, d’autres de douceur… Certains aiment le calme, d’autres sont en ébullition permanente. Cette différence fait notre unicité. Pourquoi ? Parce que chaque individu est composé des quatre éléments mais l’un d’eux, s’exprime à l’excès ; par exemple, les personnes nerveuses font preuve d’un excès de feu. À l’homme de rechercher son propre l’équilibre, à l’homme de comprendre que chacun éprouve des besoins différents, à l’homme de comprendre qu’il doit être à l’écoute de ses pairs et de leur fournir les conditions optimales afin de s’épanouir. (Rav Avraham Ifra’h)

COMMENTAIRE N°2

Pour mieux comprendre la pensée de l’Apôtre Shaoul concernant la nécessité d’une unité commune parmi les Nazaréens, nous pourrons également nous inspirer des enseignements [tirées des mots grecs] d’une parole de Shimon Kéfa.

Enfin, soyez tous animés des mêmes pensées et des mêmes sentiments, pleins d'amour fraternel, de compassion, d'humilité. (1 Kéfa 3 :8)

 

Enfin, soyez tous animés des mêmes pensées. (1 Kéfa 3 :8)

 

Voici la définition du mot grec "homophron" :

  • unanimes : personnes du même avis, commun à tous,

  • concordant : se dit de choses qui s'accordent entre elles,

  • animé des mêmes pensées, d'un seul esprit.

Enfin, soyez tous animés (…) des mêmes sentiments. (1 Kéfa 3 :8)

Voici la définition du mot grec "sumpathes" :

  • souffrir pour l’autre, dans l’idée de s’associer à ses souffrances,

  • des mêmes sentiments.

En plus, voici la définition du mot grec d’origine "sumpascho" :

  • souffrir ou ressentir de la peine ensemble,

  • souffrir avec,

  • souffrir de maux, de malheurs ou de persécutions de la même manière qu'un autre.

Enfin, soyez tous (…) pleins d'amour fraternel. (1 Kéfa 3 :8)

Voici la définition du mot grec "philadelphos" :

  • amour pour un frère ou une sœur,

  • dans un sens plus large, aimer quelqu'un comme un frère, aimer un compagnon du même pays, etc…

Enfin, soyez tous animés (…) de compassion. (1 Kéfa 3 :8)

 

Voici la définition du mot grec "eusplagchnos" :

  • ayant de fortes entrailles,

  • compatissant : porté à la compassion, qui est sensible aux souffrances d'autrui,

  • avoir le cœur tendre.

 

Enfin, soyez tous animés (…) d'humilité. (1 Kéfa 3 :8)

 

Voici la définition du mot grec "philophron" :

  • humble : qui montre un grand respect à l'égard d'autrui, qui s'efface de façon exagérée, qui est servile devant les autres,  

  • amical : qui est inspiré par l'amitié, qui est empreint d'amitié,

  • aimable : qui a ou manifeste de la courtoisie, de la politesse, de la gentillesse à l'égard d'autrui.

L’humilité est une des choses par lesquelles la Torah s’acquiert (Pirké Avoth 6 :5, Taanit 7a) et l’homme qui la pratique ressemblera à un Temple. (Rav David ‘Hanania Pinto)

 

  • ne pensez pas aux grandeurs : dans le but de s’élever.

 

 

  • mais aspirez à ce qui est humble : la mida de l’humilité étant la plus grande…

 

 

  • Ne soyez pas sages à vos yeux : de toute la façon, la sagesse ne nous appartient pas…

 

 J'ai dit : Je serai sage. Et la sagesse est restée loin de moi. (Qohèleth 7 :23)