CHAPITRE 19

Pour l'instant, 2 versets sont actuellement disponibles pour ce chapitre.

a898170403d6c1e14f37a5cc4e582f1b.png

COMMENTAIRES 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

9.     Il me dit : Écris : En marche, les invités au repas de noce de l’agneau ! Il me dit: Ces paroles d’Elohîms sont véridiques.

 

 

  • Il me dit : Écris : En marche, les invités au repas de noce de l’agneau : il s’agit du grand festin des Tsadikim, lors duquel seront servis le Béhémoth (ou le chor habar, le bœuf sauvage), le Léviathan et le vin gardé.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour mieux comprendre ce concept présenté dans la Révélation de Yohanan, nous pourrons nous inspirer d’une étude du Rav Menahem Bord, porte-parole du mouvement de la Jeunesse Loubavitch en Israël.

 

Certains aspects de la délivrance messianique apparaissent parfois comme relevant d’un folklore naïf ou de fables pour enfants. Prenez par exemple le grand festin des Tsadikim, lors duquel seront servis le Béhémoth (ou le chor habar, le bœuf sauvage), le Léviathan et le vin gardé. Lorsque le sujet est évoqué, il suscite des sourires, comme s’il s’agissait de quelque légende divertissante... Toutefois, en creusant le sujet, on se rend compte qu’il s’agit de profonds enseignements sur la nature même de la délivrance messianique.

 

Ce festin (séouda, en hébreu) est mentionné à de nombreuses reprises par nos Sages. Il est dit dans le Traité Baba Bathra 75a : D.ieu fera une séouda pour les Tsadikim de la chair du Léviathan et il est dit aussi : D.ieu fera une soukka pour les Tsadikim de la peau du Léviathan. Plus précisément, dans LEMidrash Vayikra Rabba, il est mentionné qu’en préparation de ce festin, il y aura une joute entre le Béhémoth et le Léviathan lors de laquelle, le chor habar frappera le Léviathan de ses cornes et le déchirera, et le Léviathan frappera le chor habar de sa nageoire et l’égorgera.

 

Dans un autre endroit du Talmud, dans le Traité Pessa’him 119b, il est dit qu’à l’issue du festin, lorsque les Ysadikim arriveront au moment de faire Birkat Hamazone, le verre de vin passera de Tsadik en Tsadik, chacun arguant qu’il n’est pas digne de prononcer la brakhah, jusqu’à ce que le verre parvienne au Roi David qui le revendiquera et prononcera la bénédiction. Pour quelle raison les Patriarches, de même que Moshé et tous les autres Tsadikim de notre histoire ne se sentiront-ils pas dignes de dire la bénédiction sur le festin ? Il est expliqué que le vin contenu dans le verre sera le vin gardé dans ses raisins depuis les six jours de la Création. (Talmud Berakhot 34b) et que chacun d’entre eux se trouvera un défaut ne lui permettant pas de prononcer la bénédiction sur un vin d’une telle élévation.

 

Il est d’emblée fondamental d’établir qu’il n’est pas possible d’interpréter ces sujets comme étant uniquement des allégories représentant des secrets mystiques. Dans les ouvrages expliquant l’aspect spirituel de cette séouda, il est souligné qu’elle sera un véritable repas où seront consommés la chair du Léviathan et du chor habar ainsi que le vin gardé. Le Maharcha écrit ainsi : Sache qu’il nous incombe de croire en ces sujets dans leur sens littéral, et bien que les commentateurs aient longuement élaboré sur le sens de ce sujet d’après leur conception, celui-ci conserve son sens simple.

 

Ceci étant, il est évident qu’il ne s’agit pas d’animaux tels que ceux que nous connaissons aujourd’hui. Il ressort des propos du Talmud qu’il fut seulement créé un mâle et une femelle du Léviathan, et que D.ieu a castré le mâle et a tué la femelle et l’a conservée dans le sel pour les Tsadikim dans les Temps futurs. De même, s’agissant du Béhémoth, D.ieu a castré le mâle et a conservé la femelle dans le froid pour les Tsadikim dans les Temps futurs. Quant au vin gardé, les mots de Yeshayahou : aucun œil ne l’a jamais vu (Yeshayahou 64 :3) s’appliquent à lui. Il est donc question de choses qui relèvent de la réalité de ce monde mais dont nous n’avons aucune appréhension aujourd’hui, et qui se révéleront en leur temps…

 

Il est également expliqué dans les enseignements ‘hassidiques que la séouda du Béhémoth, du Léviathan et du Vin gardé sera l’expression de l’ensemble de la tâche accomplie par le peuple Juif au cours de son long exil. Le Léviathan, qui vit dans la mer, symbolise les mondes spirituels, cachés, qui baignent dans un dévoilement divin infini. Le Béhémoth, qui est une créature terrestre, représente ce bas-monde, qui est révélé à nos yeux. C’est ainsi qu’ils représentent les deux perspectives à l’œuvre dans le cadre du service de D.ieu : l’impact des efforts de l’homme sur les mondes supérieurs, et la sainteté et le raffinement que l’homme engendre dans la réalité matérielle de ce monde.

 

Il est des Tsadikim comparables au Léviathan, qui se concentrent sur le fait d’atteindre des niveaux toujours plus sublimes de sainteté, et moins sur le fait d’attirer de la sainteté dans ce monde. Un exemple éminent de ceux-ci fut Rabbi Shimon bar Yohaï pendant les treize années qu’il passa confiné dans la grotte où il n’eut pratiquement aucun contact avec le monde extérieur, lorsque tout son service de D.ieu était mené exclusivement sur le plan spirituel, domaine dans lequel, il atteignit des sommets considérables. D’un autre côté, il est des Tsadikim dont l’action est principalement d’amener de la sainteté au sein de ce monde. Ils parviennent certes, à des niveaux spirituels moindres mais ils sanctifient le monde et le rendent apte à recevoir l’expression de la vérité divine. Un tel service de D.ieu est comparé au chor habar, le Béhémoth.

 

Ces deux champs du service de D.ieu construisent la délivrance finale. Lorsque cette œuvre arrivera à son terme, lorsque les actions spirituelles seront achevées et que le monde matériel sera raffiné, la délivrance arrivera ; c’est pourquoi l’expression de cet accomplissement se déploiera dans le festin du chor habar et du Léviathan, dans lesquels, se revêtiront les lumières spirituelles sublimes suscitées par ces deux approches du service divin. La consommation du chor habar et du Léviathan par les Tsadikim sera l’apogée et le parachèvement de leur service de D.ieu selon ces deux modalités.

 

Ceci explique également pourquoi ce sera le Léviathan qui abattra le chor habar et le chor habar qui abattra le Léviathan. La che’hita, l’abattage, ne signifie pas la mort et la destruction de l’animal mais au contraire, elle représente le fait de l’amener à une perfection et à une élévation. Ainsi, lorsque l’on dit que le Léviathan fera la che’hita du chor habar, cela signifie qu’il l’élèvera à sa perfection, et vice versa… Ceci, car chacune de ces deux approches possède une qualité que l’autre ne possède pas ; c’est pourquoi les Tsadikim qui ont servi D.ieu dans un niveau qualifié de Léviathan se serviront de leur qualité propre pour élever les Tsadikim qui ont servi D.ieu dans un niveau de chor habar.

 

Après tout cela, il sera accordé un dévoilement nouveau, tel qu’aucun œil ne l’a jamais vu, représenté par le vin gardé. Ce vin symbolise les secrets les plus cachés qui soient, qui n’ont jamais été révélés, à l’instar de ce vin qui est demeuré dans ses raisins depuis les six jours de la Création sans jamais sortir à l’extérieur. Ces secrets seront seulement révélés après l’achèvement de l’ensemble du service divin, au temps de la délivrance, c’est pourquoi leur révélation constituera le point culminant du festin des temps futurs.

 

 

  • Il me dit : Ces paroles d’Elohîms sont véridiques : ces paroles peuvent être comparables au Téhilim du Roi David.

 

Chantez-lui un cantique nouveau ! Faites retentir vos instruments et vos voix ! Car la parole de l'Éternel est droite et toutes ses œuvres s'accomplissent avec fidélité ; il aime la justice et la droiture ; la bonté de l'Éternel remplit la terre. (Téhilim 33 :3-5)

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

10.     Je tombe à ses pieds pour me prosterner devant lui. Il me dit : Vois ! Non ! Je suis un compagnon de service comme toi et tes frères ayant le témoignage de Iéshoua‘. Prosterne-toi devant Elohîms ! Oui, le témoignage de Iéshoua‘ est le souffle de l’inspiration.

 

 

  • Je tombe à ses pieds pour me prosterner devant lui : ce n’était pas forcément la bonne attitude, étant donné qu’il s’agissait d’un ange… Néanmoins, la situation était vraiment exceptionnelle car Yohanan fut témoin de grands événements futurs et était complétement émerveillé devant toutes ces choses ; la chair et l’exaltation étant trop fortes, il s’est prosterné devant l’ange.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Un ange ne peut pas se rebeller contre le commandement de l’Eternel, pour changer son mandat ou pour prendre de lui-même, une initiative. Il est appelé "malakh" (envoyé) non pas parce qu’il est une intelligence distincte mais bien parce qu’il vient, en tant que mandataire de D.ieu. Et s’il change son mandat, alors il n’est plus malakh ; c’est pour cela qu’il ne lui est pas permis, pendant son mandat, de faire ou de dire quoi que soit qui n’a pas été commandé par Hashem. Par exemple, c’est la raison pour laquelle, l’ange qui est envoyé en mission divine ne souhaite pas révéler son nom propre ou ses propres forces, à part son mandat.  Lorsque Yaakov demanda à l’ange : Fais-moi je te prie, connaître ton nom. (Béréshit 32 :29) ; l’ange lui dit : Pourquoi demandes-tu mon nom ? De même, l’ange dit à Manoakh : Pourquoi demandes-tu mon nom ? Il est merveilleux. (Juges 13.18) et déclara également : Quand tu me retiendrais, je ne mangerais pas de ton mets mais si tu veux faire un holocauste, tu l'offriras à l’Eternel. (Juges 13 :16) c'est-à-dire : Si tu m’offres un holocauste, je ne l’accepterais pas et cela ne t’apporteras rien, car je ne me manifeste à toi pas en mon propre nom ou en ma propre capacité. De ce fait, cela ne te serviras à rien de connaître mon nom ou ma force propre, car cela peut t’induire en erreur en ce que tu pourrais penser que j’ai une quelconque force personnelle dans ce mandat, alors que ce n’est pas le cas… Ainsi, si tu veux faire un holocauste, tu l'offriras à l’Eternel car la force est sienne et le mandat provient de lui. C’est pourquoi, celui qui se prosterne devant un ange en tant que tel dans sa capacité personnelle est coupable du péché de l’idolâtrie, contre lequel nous sommes prévenus lorsqu’ il a été dit : Et tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face. (Devarim 5 :7) comme nos Sages de mémoire bénie l’ont expliqué dans la Mekhilta. (Sefer Ha-Ikarim 2 :28).

 

Néanmoins, il faut savoir que si quelqu’un se prosterne devant un ange en sa qualité d’émissaire de l’Eternel, un tel acte est permis. Lorsqu’on se prosterne devant un officiel du Roi dans sa capacité individuelle et qu’on l’accepte comme Seigneur, on est rebelle vis-à-vis du pouvoir mais si on se prosterne devant lui en tant que mandataire du Roi, on honore le Roi. C’est la raison pour laquelle, il a été permis à Yéhochoua de se prosterner devant l’ange qui lui est apparu à Jéricho et qui s’adressa à lui en ces termes : Je suis le chef de l'armée de l'Eternel, j'arrive maintenant. Yéhochoua tomba le visage contre terre et se prosterna. (Yéhochoua 5 :14). Ainsi, la prosternation est autorisée lorsqu’elle est faite pour la gloire de l’Eternel et que l’ange est considéré comme son mandataire.

 

Et sachant que le mandataire porte le nom du mandant, c'est la clé qui nous permet de comprendre la Lettre aux Philippiens dans laquelle, l'on peut lire à propos du Mashiah ressuscité que D.ieu l'a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Yeshoua tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre et que toute langue confesse que le Mashiah est Seigneur, à la gloire de D.ieu le Père. (Philippe 2 :9-11). En effet, tout ceci est en lien avec les versets de Yohanan, où Yeshoua, en tant que mandataire d’Hashem dit :  Je suis venu au nom de mon Père et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez.  (Yohanan 5 :43) ou encore : Je ne cherche point ma gloire (Yohanan 8 :50). Et : celui qui parle de son chef cherche sa propre gloire mais celui qui cherche la gloire de celui qui l'a envoyé, celui-là est vrai et il n'y a point d'injustice en lui. (Yohanan 7 :18).

 

Pour paraphraser ce qu'a dit Rabbi Yossef Albo, lorsqu’on honore un officiel du Roi dans sa capacité individuelle et qu’on l’accepte comme Seigneur, on est rebelle vis-à-vis du pouvoir mais si on l'honore en tant que mandataire du Roi, on honore le Roi.  

 

  • Il me dit : Vois ! Non ! Je suis un compagnon de service : un mandataire, un messager d’Hashem et du Mashiah.

 

  • comme toi et tes frères ayant le témoignage de Iéshoua‘ : en effet, tout Nazaréen est un mandataire du Roi Messie.   

 

  • Prosterne-toi devant Elohîms : et non devant un ange.

 

 

  • Oui, le témoignage de Iéshoua‘ est le souffle de l’inspiration : et l’Esprit de D.ieu est l'inspiration divine, l'Esprit de prophétie, que chaque personne possède car cet Esprit réside sur la face de la Torah, comme dans : Et l'Esprit de D.ieu planant au-dessus de la surface de l'eau. (Béréshit 1 : 2) c'est-à-dire sur la face de la Torah, qui est appelée de l’eau comme l'ont expliqué nos Sages de mémoire bénie. (Torah n°72 du Likouté Moharan II) Et l’Esprit de D.ieu planait, cela allusion à l’Esprit du Roi Messie, comme il est dit : Et sur lui reposera l’Esprit de l’Éternel. (Yeshayahou 11 :2). (Béréshit Rabah 2 :4)