CHAPITRE 1

Le chapitre est complet, tous les versets sont disponibles

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COMMENTAIRES 

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1.     Paulos, prisonnier du messie Iéshoua’, et Timotheos, le frère, à Philèmôn l’aimé, notre collaborateur.

 

 

  • Paulos : nom grec de l’Apôtre Shaoul.

 

 

  • prisonnier du messie Iéshoua : l’Apôtre Shaoul a, certainement, écrit cette Lettre lorsqu’il était en prison.  

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour commencer cette Lettre, l’Apôtre Shaoul se présente comme étant le prisonnier du Mashiah Yeshoua : c’est la seule fois dans tous les Écrits Nazaréens où Shaoul utilise cette expression comme présentation. En effet, habituellement, Shaoul se présente soit comme l’Apôtre ou encore comme le serviteur [ou l’esclave] du Mashiah Yeshoua.

 

Shaoul, Apôtre du Mashiah Yeshoua par la volonté de D.ieu. (2 Corinthiens 1 :1)

 

Shaoul et Timotheos, serviteurs du Mashiah Yeshoua, à tous les saints (…) qui sont à Philippes. (Philippiens 1 :1)

 

Ainsi, c’est sous le fameux titre de prisonnier du Mashiah que l’Apôtre Shaoul va commencer cette Lettre adressée à Philèmôn.

 

Ici, les raisons de son emprisonnement ne sont pas évoquées. Par conséquent, il conviendra de préciser que c’est à cause du message de l’Évangile que Shaoul fut emprisonné et non en raison d’une faute quelconque. En effet, s’il est en prison, c’est dû à sa relation intime avec le Mashiah et à ce titre, il n’en a pas moins d’autorité…

 

De plus, il faut savoir qu’à l’époque le statut social d’un prisonnier était proche de celui d’un esclave, l’Apôtre Shaoul va alors s’affilier au statut d’esclave semblable à celui d’Onèsimos afin de mieux approcher Philèmôn car comme nous le détaillerons plus tard, Onèsimos était l’esclave de Philèmôn.

 

 

COMMENTAIRE N°2

 

Concernant le lieu de rédaction de la Lettre pour Philèmôn, la question est assez délicate ; aussi selon les Écrits Nazaréens, nous retiendrons les villes de Rome, de Césarée ou d'Éphèse comme étant des lieux de captivité envisageables de l’Apôtre Shaoul.

 

Bien que longtemps privilégiée par certains commentateurs, l’hypothèse d’une rédaction de cette Lettre à Rome pose de sérieux problèmes en raison de l’éloignement de cette ville avec celle de Colosses, lieu de résidence de Philèmôn et d’Onèsimos.

Je l'envoie avec Onèsimos, le fidèle et bien-aimé frère, qui est des vôtres. (Colossiens 4 :9)

Colosses était l’une des villes principales de la haute Phrygie, dans la province romaine d’Asie, dont Éphèse était la capitale. Au Vème siècle avant notre ère, Hérodote la mentionne comme une importante cité ; Xénophon la dit peuplée, prospère et grande mais éclipsée par ses rivales trop voisines, Hiérapolis et Laodicée. Par la suite, la ville de Colosses déclina au point que Strabon, mort vers l’an 25, la citera comme une ville de peu d’importance. Or, elle connut de nouveau une forme de prospérité pendant l’époque byzantine et fut, longtemps, le siège d’un évêché mais elle disparut sous les coups des Turcs. Ce n’est plus aujourd’hui qu’un champ de ruines, près du village de Chonos. Des séismes agitent souvent la contrée, le plus grave tremblement de terre mentionné par les historiens a eu lieu, d’après Tacite, vers l’an 60-61. (selon le Dictionnaire biblique de Westphal)

Selon cette localisation géographique, il aurait donc fallu plusieurs mois à Onèsimos pour rejoindre, depuis Colosses, la ville de Rome, distante de plusieurs milliers de km… De plus, selon cette Lettre, Onèsimos aurait dû entreprendre ce long et pénible voyage à plusieurs reprises, puisque après avoir rejoint Shaoul, celui-ci le renvoie chez son maître. Ensuite, Shaoul émet également la potentialité qu’Onèsimos le rejoigne bientôt à nouveau comme il est dit : J'aurais désiré le retenir auprès de moi, pour qu'il me servît à ta place, pendant que je suis dans les chaînes pour l'Évangile. (Philèmôn 1 :13).

 

La ville de Césarée, également très distante de Colosses, doit donc, pour les mêmes raisons que celles évoquées pour Rome, être écartée.

 

Ainsi, nous pouvons retenir Éphèse comme étant le lieu de rédaction le plus probable de cette Lettre… En effet, Éphèse se situe à quelques centaines de km de Colosses, soit à une distance pouvant être parcourue en seulement quelques jours de marche.

 

Par conséquent, si nous situons la rédaction de cette Lettre à Éphèse, nous pouvons également cadrer l’événement dans le temps car lors de son 3ème voyage missionnaire, l’Apôtre Shaoul a séjourné plus de deux ans à Éphèse, soit vers les années 54-57 et ce serait ainsi, probablement lors de cette période que Shaoul a rédigé cette Lettre. Une chronologie dite revisitée par certains spécialistes est également soutenue et selon eux, le séjour à Éphèse aurait plutôt eu lieu entre l’an 51-54.

 

À noter que nous pourrions aussi comparer la mention de "prisonnier" du Seigneur que l’on retrouve aussi dans la Lettre aux Éphésiens comme il est dit : Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d'une manière digne de la vocation qui vous a été adressée. (Éphésiens 4 :1). En effet, le mot grec "desmios" pour traduire le mot français "prisonnier" est utilisé par Shaoul, officiellement à trois reprises dans ses Lettres : la Lettre aux Ephésiens, la Lettre pour Philèmôn [en office de présentation] et la Lettre pour Timotheos. On pourra donc aisément retrouver un lien entre Ephèse et cette Lettre.  

 

 

 

  • et Timotheos le frère : également un Juif Nazaréen, compagnon extrêmement proche de l’Apôtre Shaoul.

 

COMMENTAIRE N°3

Comme nous pouvons le constater, le premier verset de cette Lettre désigne ainsi, Shaoul comme étant l’expéditeur officiel et Timotheos comme étant le co-expéditeur.

 

En fait, l’Apôtre Shaoul s’associe, comme en d’autres Épîtres, à Timotheos car celui-ci avait également reçu, étant un délégué de Shaoul, une autorité spéciale pour diriger la Kéhila. Néanmoins, concernant cette Lettre, celui-ci insistera très clairement sur le fait que c’est lui-même, de ses propres mains, qui l’a écrite ; l’authenticité de cette Lettre n’est ainsi, pas à remettre en cause comme il est dit : Moi Shaoul, je l'écris de ma propre main. (Philèmôn 1 :19)

Ce cas avec Philèmôn est ainsi, comparable à la Lettre aux Galates comme il est dit : Voyez avec quelles grandes lettres je vous ai écrit de ma propre main. (Galates 6 :11)

En soulignant qu’il a rédigé lui-même ses quelques lignes, Shaoul leur donne ainsi plus de poids et d’importance d’autant plus que selon les Écrits Nazaréens, l’Apôtre dictait habituellement ses Lettres comme il est dit : Je vous salue dans le Seigneur, moi Tertius, qui ai écrit cette lettre. (Romains 16 :22)

 

  • à Philèmôn l’aimé : cette Lettre est adressée à un Nazaréen du nom de Philèmôn.

 

Comme celles pour Timotheos et pour Titus, la Lettre à Philèmôn est adressée à un individu à titre personnel. Or, bien qu’elle soit très brève, cette Lettre est souvent considérée par certains comme étant la plus personnelle de l’Apôtre Shaoul.

 

COMMENTAIRE N°4

 

Concernant Philèmôn, selon les autres Écrits Nazaréens, nous pouvons penser qu’il habitait la ville de Colosses. En effet, la Lettre aux Colossiens nous parle d’un certain Onèsimos : celui-ci pourrait, selon toute vraisemblance, être identifié avec celui de la Lettre à Philèmôn comme il est dit : Je l'envoie avec Onèsimos, le fidèle et bien-aimé frère, qui est des vôtres. (Colossiens 4 :9)

 

De plus, la Lettre aux Colossiens mentionne également un certain Archippos comme étant un habitant de Colosses ; vraisemblablement, il s’agit aussi du même que celui qui est salué comme compagnon d’armes par Shaoul.

 

Et dites à Archippos : Prends garde au ministère que tu as reçu dans le Seigneur, afin de le bien remplir. (Colossiens 4 :17)

 

À la sœur Apphia, à Archippos, notre compagnon de combat et à la communauté qui est dans ta maison. (Philèmôn 1 :2)

 

L’auteur incontesté de cette Lettre, soit Shaoul, s’adresse donc à l’un des Nazaréens, originaire de Colosses, nommé Philèmôn dont l’esclave était en fuite.

 

Comme nous le verrons plus tard, cette Lettre nous parlera alors de cette esclave repentant, qui à la rencontre de Shaoul, s’est tourné vers le Mashiah. En fait, cet esclave du nom d’Onèsimos devant retourner chez son maître s’armera alors d’une lettre de recommandation de l’Apôtre Shaoul lui-même : il s’agit de cette Lettre adressée à Philèmôn.

 

COMMENTAIRE N°5

Rien ne nous permet d’affirmer avec certitude qu’Apphia était sa femme et Archippos son fils mais il paraît évident que Philèmôn avait une famille, soit une femme et des enfants. Or, selon certaines sources, Philèmôn aurait été lapidé avec son épouse du nom d’Apphia. (Bénédictins de Ramsgate, Dix Mille Saints, 1991) et ainsi, cela correspondrait à certaines interprétations de cette Lettre. 

 

À Colosses, Philèmôn devait possédait plusieurs esclaves ainsi qu’une demeure suffisamment grande pour y accueillir une communauté locale dont il était, certainement, aussi le responsable voire même le fondateur… Nous pouvons en déduire que Philèmôn était une personnalité importante au sein de la communauté Nazaréenne de Colosses. Or, l’Apôtre Shaoul précise bien : Tu te dois toi-même à moi. (Philèmôn 1 :19) et comme nous l’étudierons par la suite, cette Lettre nous laisse clairement entendre que c’est Shaoul lui-même qui aurait enseigné Philèmôn. En effet, ce dernier rencontra probablement Shaoul à Éphèse où celui-ci exerça un ministère considérable.

 

  • notre collaborateur : Philèmôn accueille chez lui une communauté locale et il en est, comme nous l’avons dit, certainement, le responsable ; ceci expliquerait la raison pour laquelle, Shaoul le considérait comme un véritable collaborateur.

 

Ce verset nous montre également comment Philèmôn partageait le ministère de l’Apôtre Shaoul, bien qu’il ne fût pas aussi connu, à en croire nos Écrits, que Timotheos ou Titus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2.     à Apphia la sœur, à Archippos, notre compagnon d’armes et à la communauté dans ta maison.

 

 

  • à Apphia la sœur : la sœur ou, selon une variante, la bien-aimée ; il s’agissait probablement de la femme de Philèmôn.

 

COMMENTAIRE N°1

Shaoul nomme également Apphia comme destinataire de la Lettre. Or, le fait qu’elle soit citée directement après Philèmôn et avant Archippos nous amène clairement à penser, qu’elle était l’épouse de Philèmôn et qu’Archippos était leur fils… Comme nous l’avons déjà dit au commentaire précédent, rien ne nous permet d’affirmer cela avec certitude. Cependant, il nous paraît évident qu’Apphia a joué un rôle important dans la communauté Nazaréenne de Colosses au même titre que Philèmôn. En effet, celle-ci est désignée comme "sœur" tout comme Timotheos est désigné juste avant comme "frère" : ce terme souligne bien l’appartenance à la communauté Nazaréenne dont la foi commune était celle de reconnaître la messianité de Yeshoua.

 

  • à Archippos : Archippos était un Nazaréen chargé d’un ministère dans la communauté de Colosses comme il est dit par ailleurs : Et dites à Archippos : Prends garde au ministère que tu as reçu dans le Seigneur, afin de le bien remplir. (Colossiens 4 :17)

 

COMMENTAIRE N°2

Comme nous l’avons déjà évoqué, les informations qui se dégagent de ces deux premiers versets nous amènent clairement à penser que Philèmôn était un Nazaréen de Colosses, qu’il était un personnage aisé et qu’il avait mis sa maison à la disposition de réunions en faveur de l’Évangile…  La sœur Apphia serait sa propre femme et Archippos, son propre fils.

 

COMMENTAIRE N°3

Certains commentateurs chrétiens ont aussi partagé l’idée selon laquelle, Philèmôn ne serait que le destinataire de la Lettre et qu’Archippos serait en réalité, le maître d’Onèsimos et par là-même, la personne véritablement interpellée par l’Apôtre Shaoul. Pour assurer le succès de sa requête à Archippos, Shaoul aurait ainsi choisi de s’appuyer sur Philèmôn en lui écrivant une Lettre. Toutefois, rien dans le texte ne semble privilégier ou confirmer cette idée qui ne demeure ainsi qu’une simple hypothèse. En effet, il nous semblera plus juste de reconnaître dans le premier destinataire, soit Philèmôn lui-même, la personne interpellée par l’Apôtre Shaoul.

 

 

  • notre compagnon d’armes : tous ceux qui obéissent au Tsadik et au Mashiah Yeshoua, et luttent pour la cause du véritable Évangile sont soldats d’une même armée : celle de la Kéhila Nazaréenne. Ces termes liées à la guerre peuvent être également rapproché de ceux utilisés dans la Lettre à Timotheos comme il est dit : Souffre avec moi, comme un bon soldat du Mashiah Yeshoua. Il n'est pas de soldat qui s'embarrasse des affaires de la vie, s'il veut plaire à celui qui l'a enrôlé et l'athlète n'est pas couronné, s'il n'a combattu suivant les règles. Il faut que le laboureur travaille avant de recueillir les fruits. Comprends ce que je dis car le Seigneur te donnera de l'intelligence en toutes choses. (2 Timotheos 2 :3-7)

 

 

  • et à la communauté dans ta maison : comme on peut le constater, certains Nazaréens avaient l’habitude de se réunir chez Philèmôn, il s’agissait probablement d’un groupe de maison.

 

COMMENTAIRE N°4

Ce n’était probablement pas toute la communauté de Colosses mais simplement une partie qui s’assemblait chez Philèmôn. En effet, ce cas pourrait probablement être comparé à celui de la communauté Nazaréenne de Rome comme il est dit : Saluez aussi la communauté qui est dans leur maison. Saluez Epaenetos, mon bien-aimé, qui a été pour le Mashiah les prémices de l'Asie. (Romains 16 :5)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3.     grâce à vous et paix venant d’Elohîms, notre père, et de l’Adôn Iéshoua’, le messie.

 

  • grâce à vous et paix : généralement, tous les talmidim du Mashiah ont les mêmes souhaits pour la Kéhila comme il est dit de la bouche de Yohanan : Yohanan aux sept communautés qui sont en Asie : que la grâce et la paix vous soient données de la part de celui qui est, qui était et qui vient, de la part des sept esprits qui sont devant son trône. (Révélation 1 :4)

En effet, la grâce et le shalom sont les deux grands bienfaits dont les hommes ont le plus besoin et sans lesquels, ils ne peuvent pas être en totale communion avec Hashem...

COMMENTAIRE N°1

On introduit des propos par une bénédiction. (…) Plus généralement, toute parole doit systématiquement être introduite d’une manière positive. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 1)

 

  • de par Elohîms, notre père : cela fait référence au Maître du monde, le Saint Béni soit-Il.    

 

 

  • et l’Adôn Iéshoua’, le messie : le mot "Adon" en hébreu peut être traduit par "Seigneur" ou "Maître" : on l’emploie pour parler d’un grand homme, en l’occurrence du Mashiah Yeshoua ou encore du Roi David comme il est dit : Notre Adon David ne le sait pas. (1 Melakhim 1 :11)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4.     Je rends toujours grâce à Elohaï en faisant mention de toi dans mes prières.

 

  • Je rends toujours grâce à Elohaï : afin d’exprimer une forte reconnaissance…  

 

 

  • en faisant mention de toi dans mes prières : Shaoul intercédait beaucoup pour les talmidim du Mashiah. Tous les Nazaréens authentiques devront ainsi, suivre son exemple et de ce fait, suivre cette Guémara : Si seulement l'homme pouvait prier toute la journée ! (Bérakhot 21a) ou encore : Quiconque prie pour autrui est exaucé en premier. (Baba Kama 92a)

 

COMMENTAIRE N°1

Voici d’autres expressions semblables utilisées par l’Apôtre Shaoul.

 

Je rends grâces à D.ieu, que mes ancêtres ont servi et que je sers avec une conscience pure, de ce que nuit et jour je me souviens continuellement de toi dans mes prières. (2 Timotheos 1 :3)

D.ieu, que je sers en mon esprit dans l'Évangile de son Fils, m'est témoin que je fais sans cesse mention de vous, demandant continuellement dans mes prières d'avoir enfin, par sa volonté, le bonheur d'aller vers vous. (Romains 1 :9-10)

 
 
 
 

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5.     car j’entends ton amour, et l’adhérence que tu as envers l’Adôn Iéshoua’ et pour tous les hommes consacrés.

 

 

  • car j’entends ton amour : le témoignage de Philèmôn était excellent, c’était le témoignage d’un Nazaréen rempli de ‘hessed et à ce sujet, il est enseigné dans les milieux ‘hassidiques : Aimer son prochain est une façon d’aimer D.ieu car il est écrit : vous êtes des enfants de D.ieu. (Devarim 14 :1) et lorsqu’on aime le Père, on aime ses enfants. (Le Baal HaTanya)

 

 

COMMENTAIRE N°1

Nous pourrons nous inspirer du Likouté Amarim afin de mieux comprendre l’importance pour tous Nazaréens, de suivre l’exemple de Philémon.

 

L’amour est l’un des attributs de D.ieu que l’on est enjoint d’imiter, selon la parole des Sages : De même qu’il est compatissant, de même dois-tu être compatissant et comme il est aussi écrit dans le Tikouné Zohar : la bonté est le bras droit de D.ieu. L’usage de l’attribut de bonté permet ainsi, de devenir un réceptacle, une demeure pour l’expression du bras droit de D.ieu. Nos Sages nous enseigne également que le précepte de l’amour [ou de la charité] est équivalent à tous les sacrifices. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 34)

 

 

COMMENTAIRE N°2

L’Apôtre Shaoul veut aussi faire référence à la qualité prédominante de Philèmôn appelée, selon les codes de la Kabala, la séfira de ‘hessed.

La bonté a des fondements éternels ; tu établis ta fidélité dans les cieux. (Téhilim 82 :3)

Le ‘hessed peut être traduit par bienveillance, bonté ou encore par charité ; il s’agit de l’un des treize attributs dits de miséricorde. En effet, la séfira de ‘hessed est bel et bien la pierre angulaire de notre relation avec D.ieu car Hashem aime énormément celui qui accomplit, en plus de toutes les autres mitsvot, celle du ‘hessed…

Or, il faut savoir que l’on accomplit cette mitsva à chaque fois que l’on aide quelqu’un d’autre ; les occasions qui se présentent à nous sont donc multiples et diverses et ainsi, nous pouvons accomplir cette mitsva presque à tout moment. À noter également que n’importe quelle parole bienveillante que nous adressons à notre prochain fait partie intégrante de la mitsva de faire du ‘hessed.

Un jour, le ‘Hafets ‘Haïm accosta un pharmacien et lui déclara qu’il l’enviait pour le mérite qu’il avait de faire tant de ‘hessed. Le pharmacien s’étonna et répliqua qu’il ne faisait que son travail… Le ‘Hafets ‘Haïm le regarda et dit : C’est vrai que c’est votre travail mais si vous le souhaitez, il vous suffit de penser, à chaque fois que vous servez un patient, que vous l’aidez. Cela ne vous empêche pas de prendre de l’argent pour votre service mais sachez que vous accomplissez tout de même une mitsva, il suffit d’y penser… (Rapporté par le Rav Emmanuel Mimran)

 

Nous accomplissons donc du ‘hessed tout au long de la journée et ce, à chaque fois que l’on aide quelqu’un, que ce soit à la maison ou à l’extérieur…

En réalité, chaque mitsva que nous accomplissons est aussi du ‘hessed en soi car par la mitsva, nous apportons la bénédiction au sein du peuple d’Israël et nous diminuons les souffrances de tous opprimés dans le monde. Chaque mitsva effectue des réparations spirituelles extraordinaires et est, par conséquent, nécessaire ! De plus, rappelons-nous que toutes les mitsvot sont également nécessaires afin de préparer notre âme à la vie future. Par conséquent, il nous faut utiliser toutes les occasions qui se présentent à nous au quotidien pour faire du ‘hessed et ce, même si cela nous demande des efforts car le principe d’aimer, c’est de donner comme il est dit : Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. (Yohanan 15 :13) ou encore : Car D.ieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique. (Yohanan 3 :16)

Au niveau de la Kabala, il faut également savoir que la séfira de ‘hessed précède toutes les autres sefirot car elle est la seule qui ait un caractère inconditionnel et désintéressé… On a tendance souvent à penser que ce mot a pour synonyme la "gentillesse" mais la connotation du ‘hessed est bien plus profonde : c’est en fait un acte ou un don d’amour qui s’accomplit sans aucun "motif" … En effet, la bonté est l’un des trois piliers sur lesquels repose le monde comme cela est relaté dans le Pirké Avot : Shimon HaTsadik fut parmi les derniers des hommes de la Grande Assemblée. Il disait : Le monde repose sur trois piliers : l’étude de la Torah, le service divin et les actes de bonté. (Pirké Avot 1 :2)

Comme nous l’avons vu, les gemilout ‘hasadim, les actes de bonté, ne sont pas simplement des actes de charité mais représentent en réalité, tout acte d’aider une autre personne en cas de besoin comme celui de rendre visite aux malades, réconforter un endeuillé, bien accueillir des invités, etc… 

Les actes de bonté sont donc d'une importance primordiale et ce, notamment pour les ‘hassidim car le terme même de la "hassidout" provient en son essence, du terme "hessed" … Et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : le monde entier dépend de trois piliers et l'un d'eux est celui concernant les actes de bonté ; ces piliers sont semblables à une personne qui mange de ses fruits dans ce monde tandis que la principale récompense lui est réservée dans le Olam Haba. (Messilat Yésharim 19 :24)

Le ‘hessed est donc la dimension la plus essentielle et la plus puissante de notre vie. En effet, il est l’origine et la fondation de toutes les relations humaines, il nous permet de nous élever au-delà de nous-mêmes et de vivre la réalité d’autrui ou encore de permettre à autrui de vivre notre réalité. Il est aussi, bien évidemment, l’outil qui nous permet d’appréhender la réalité la plus sublime : celle de D.ieu.

Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l'espérance, l’amour mais la plus grande de ces choses, c'est l’amour. (1 Corinthiens 13 :13)

 

COMMENTAIRE N°3

Selon les Maîtres d’Israël, Avraham était l'incarnation même du ‘hessed, il aimait D.ieu et toutes ses créatures, sa maison était ouverte à tous les voyageurs et son cœur était ouvert à tous les nécessiteux. C’est de cet homme dont l’attribut divin du hessed a déclaré : tant qu’il était là, je n’avais rien à faire car il faisait mon travail à ma place. (Sefer HaBahir, cité dans le Pardès, porte 22, chap. 4)

Le ‘hessed d’Avraham était illustré par son amour prodigieux pour D.ieu, son activisme en faveur des condamnés et son effort d'éclairer ses prochains tout au long de sa vie. En effet, parmi les trois Patriarches, Avraham était celui qui incarna la qualité de ‘hessed de la façon la plus authentique, comme l’indique le verset dans le Livre de Mikha : Tu témoigneras de la fidélité à Yaakov, de la bonté à Avraham, comme tu l'as juré à nos pères aux jours d'autrefois. (Mikha 7 :20)

Voici une étude inspirée du travail de Nissan Mindel, un Rabbin de branche hassidique ‘habad, auteur, éditeur et qui faisait aussi partie du personnel administratif de Menahem Mendel Schneerson, le septième Rabbi de Loubavitch. 

Avraham Avinou naquit à une époque où l’idolâtrie régnait de toutes parts ; même son propre père, Téra’h, était un idolâtre qui vendait des idoles de tailles et de matériaux divers. Or, à l’âge de seulement trois ans, comme nos Sages nous l’enseignent, Avraham reconnut qu’il n’y avait qu’un seul D.ieu, le Créateur du Ciel et de la terre. Avraham consacra ainsi, toute sa vie à diffuser la connaissance d’Hashem. (Nedarim 32a). En fait, Avraham était autrefois, l’unique homme sur la terre qui connaissait D.ieu et l’adorait de façon véritable. En effet, notre Patriarche était connu sous le nom de "HaIvri" : celui qui est sur l’autre rive… car le monde entier était d’un côté et lui seul était de l’autre.

Or, au fur et à mesure, le "D.ieu d’Avraham" devint connu par de plus en plus de gens comme il est dit : les serviteurs qu'ils avaient acquis à Charan (Béréshit 12 :5) et à Rachi de préciser : Avraham convertissait les hommes et Saraï convertissait les femmes, de sorte que le texte leur en tient compte comme s’ils les avaient acquis. (Rachi sur Béréshit 12 :5). Chaque homme qui sortait de la tente d’Avraham et chaque femme qui sortait de la tente de Sarah, avait appris quelque chose sur le divin et partait en bénissant le "D.ieu d’Avraham" et jusqu’à ce jour, lorsque nous nous adressons à D.ieu dans la Amida, nous prions le D.ieu d’Avraham ; cet accent mis sur le "D.ieu d’Avraham" est un hommage éternel à notre père Avraham et l’accomplissement de la promesse de D.ieu envers lui : Je grandirai ton nom !

Ainsi, de notre père Avraham, nous avons hérité non seulement des idées vraies mais également de merveilleux traits de caractère. Comme nous pouvons le voir d’après ce que la Torah nous enseigne à propos de sa vie et d’après ce que nous apprennent nos Sages, Avraham était l’incarnation des plus hautes qualités de caractère et l’une d’entre elles, était sa bonté sans limites… Comme nous l’avons déjà évoqué, notre Patriarche aimait tout le monde et même de parfaits inconnus ; son amour pour les gens s’exprimait de nombreuses manières, notamment en matière d’hospitalité, qu’il pratiquait quotidiennement à la perfection. L’histoire des trois anges qui sont venus à lui déguisés en voyageurs est bien connue comme il est dit : Il leva les yeux et regarda : et voici, trois hommes étaient debout près de lui. Quand il les vit, il courut au-devant d'eux, depuis l'entrée de sa tente et se prosterna en terre. (Béréshit 18 :2)

Avraham était aussi un homme épris de paix, il détestait les conflits. Lorsque ses bergers se disputèrent avec les bergers de Lot parce qu’ils ne respectaient pas les pâturages des autres, Avraham décida de se séparer de son neveu ; il offrit à Lot de conserver les meilleurs pâturages mais insista pour qu’ils se séparent. Cependant, lorsque Lot fut capturé lors d’une invasion, le pacifique Avraham prit les armes à la poursuite des pillards et libéra Lot et tous les autres captifs y compris le roi de Sodome, ainsi que leurs biens. Or, selon les règles de la guerre en ces temps-là, Avraham devint Seigneur et Maître des captifs ainsi que de leurs biens qu’il avait sauvés au risque de sa vie mais dans son bonté, il refusa de prendre ne serait-ce qu’un lacet de leurs chaussures…

Néanmoins, Avraham n’était pas simplement un Seigneur, comme beaucoup d’autres qui vivaient dans cette partie du monde, il était le plus grand de tous ; les rois et les princes recherchaient son amitié et ses conseils. Le grand Pharaon, le dieu-roi de l’Égypte ou encore le puissant roi des Philistins, Avimelekh ou encore les puissants princes hittites, tous reconnurent Avraham comme un chef et un Prophète de D.ieu. Pourtant, Avraham se considérait comme un homme ordinaire comme il est dit : Avraham reprit et dit : Voici, j'ai osé parler au Seigneur, moi qui ne suis que poudre et cendre. (Béréshit 18 :27)

La position d’Avraham dans le monde et la haute estime dont il jouissait est exprimée par cette citation du Talmud : Le jour de la mort d’Avraham Avinou, tous les chefs des nations du monde se tinrent alignés, à la manière des personnes en deuil et dirent : Malheur au monde dont le chef est parti ! Malheur au navire dont le capitaine est perdu ! (Baba Batra 91a)  

Avraham pria D.ieu chaque fois qu’il était dans le besoin mais il se donna pour règle de prier D.ieu tous les matins. Ainsi, Avraham est le père de la prière du matin tandis que son fils Its’hak introduisit celle de l’après-midi et Yaakov, celle du soir. (Bérakhot 26b)

L’une des merveilleuses qualités d’Avraham était également son empressement et sa rapidité à exécuter les commandements de D.ieu ; nous en avons un parfait exemple, lorsqu’il a accompli le commandement de D.ieu de lui offrir son fils bien-aimé Its’hak. Il se leva tôt le matin, sella lui-même son âne et fendit lui-même le bois pour le feu comme il est dit : Avraham se leva de bon matin, sella son âne et prit avec lui deux serviteurs et son fils Its’hak. Il fendit du bois pour l'holocauste et partit pour aller au lieu que D.ieu lui avait dit. (Béréshit 22 :3). Cet empressement à exécuter le commandement de D.ieu, en faisant abstraction de tout sentiment personnel, est l’aspect le plus remarquable de la Akéda d’Its’hak.  De ce comportement, nos Sages ont établi le grand principe selon lequel, les hommes zélés font immédiatement les mitsvot : Il ne nous suffit pas d’accomplir les commandements de D.ieu, nous devons le faire à la première occasion, avec zèle et empressement. (Yoma 28b)

De nouveau, lorsque D.ieu a dit à Avraham, alors âgé de 99 ans, de se circoncire et d’atteindre ainsi la perfection conjointe du corps et de l’âme, Avraham aurait pu poser plusieurs questions telles que : si la circoncision est nécessaire à ma perfection, pourquoi ne suis-je pas né circoncis ? Et pourquoi attendre que je sois un vieil homme ? Or, Avraham ne mit pas en doute la sagesse de D.ieu… De même, le Maître du monde l’avait béni en lui accordant d’avoir un fils dans sa vieillesse et lui avait promis qu’à travers Its’hak, il deviendrait le père d’une grande nation Juive mais comme nous l’avons vu, avant qu’Its’hak ne soit encore marié, D.ieu commanda à Avraham de lui offrir son fils bien-aimé en holocauste ! Avraham protesta-t-il ? Posa-t-il la moindre question ? Pas un mot… Au contraire, il exécuta le commandement de D.ieu avec empressement et ce n’est qu’au dernier moment qu’il comprit qu’il ne s’agissait que d’une épreuve de plus... Avraham Avinou est ce que l’on appelle un cœur intègre pour D.ieu et de lui, on apprend que lorsque le cœur est rempli de l’amour de D.ieu et d’une foi absolue en lui, il n’y a pas de place pour les doutes et les questions.

Tout comme Avraham a choisi D.ieu, D.ieu a aussi choisi Avraham et a ainsi, conclut une alliance éternelle avec lui et ses enfants, le peuple Juif. D.ieu a dit à Avraham : Mes créatures ne connaissaient pas mon Nom, jusqu’à ce que tu me rendes connus par eux. Je te considérerai désormais comme mon partenaire dans la Création du monde. (Béréshit Raba 43) et de lui, il est aussi dit : Avraham crut à D.ieu et cela lui fut imputé à justice, et il fut appelé ami de D.ieu. (Yaakov 2 :23)

 

COMMENTAIRE N°4

Un point important, que l’on voit se répéter uniformément dans toutes les Lettres de Shaoul, c’est que l’Apôtre, au lieu d’envisager les défauts des Nazaréens, pense toujours en premier lieu à ce qu’il y a de bien chez eux… En effet, souvent l’Apôtre du Mashiah les reprend de la part d’Hashem mais jamais Shaoul n’a commencé une Lettre par des reproches.

 

Dans le même élan, un des enseignements les plus importants de Rabbi Na’hman de Breslev est la leçon intitulée "Azamra" qui apparaît dans la Torah n°282 du Likouté Moharan. Dans cette leçon, Rabbi Na’hman enseigne que, lorsque nous jugeons les autres favorablement et recherchons leurs points positifs, nous les aidons vraiment à être meilleurs. En réalité, l’Apôtre Shaoul a écrit toutes ses Lettres exactement selon cette logique. En effet, dans cette Lettre, par exemple, l’Apôtre rend grâces à Hashem de ce qu’il a trouvé, chez Philèmôn, une qualité prédominante et qui le distingue fortement des autres : cette qualité est celle de l’amour. 

 

On raconte que dans l'un des kibboutzim, il y avait un enseignant qui était un lecteur assidu des Écrits de Rabbi Na’hman. Cet enseignant avait décidé de mettre en pratique la leçon "Azamra" dans un de ses cours. Un après-midi, il a donc demandé à ses élèves de faire la liste des noms des autres élèves sur deux feuilles et de laisser un espace entre eux. Ensuite, il leur a demandé de réfléchir à ce qu'ils pouvaient dire de mieux sur chaque élève et de l'écrire à côté de leur nom. Une heure plus tard, ils ont remis les papiers à l'enseignant et ont quitté la salle. Pendant le week-end, l'enseignant a écrit le nom de chaque élève sur une feuille de papier séparée et a énuméré ce que chacun avait écrit à propos de l’autre. La semaine suivante, il a remis à chaque élève sa liste. En peu de temps, toute la classe rayonnait de joie. Certains avaient les larmes aux yeux et le professeur a même entendu des murmures : Je n'ai jamais su qu'on pensait ça de moi ! Je ne savais pas qu'on m'aimait autant ! Je n'aurais jamais cru que quelqu'un puisse m'admirer ! L'exercice avait atteint son objectif, les élèves étaient heureux et se sentaient bien avec les autres. Un an plus tard, les douze garçons et dix filles de la classe ont commencé leur service militaire dans les forces de défense israéliennes. Plusieurs années plus tard, l'un des étudiants a été tué au Liban. L'instituteur, les membres du kibboutz et de nombreux camarades du soldat tombé au combat ont assisté à l'enterrement. Quand les gens se sont dispersés, l'instituteur a été la dernière personne à quitter la tombe. Après l'enterrement, la plupart des anciens camarades de classe de Yigal ont déjeuné ensemble dans la salle à manger du kibboutz. L'oncle et le cousin de Yigal étaient là, à la recherche du professeur. Nous voulons vous montrer quelque chose, a déclaré son oncle, tirant un portefeuille de sa poche. Ils ont trouvé ça sur Yigal lorsqu’il a été tué. Nous avons pensé que vous pourriez peut-être le reconnaître. Lorsqu'il ouvrit le portefeuille, il sortit avec précaution deux feuilles de cahier effilochées et jaunies qui avaient été pliées et insérées dans un Sefer Téhilim miniature que Yigal transportait dans un de ses sacs de munitions. L'enseignant a immédiatement reconnu que les papiers étaient ceux ou étaient énumérées toutes les qualités que chacun des camarades de classe de Yigal avait écrites à son sujet. Le professeur s'est assis et a pleuré. (Rapporté par le Rav Lazer Brody)

Comme ce professeur et comme l’Apôtre Shaoul, il nous faut donc mettre cette leçon d’Azamra en pratique tous les jours de notre vie. En effet, nous devons rechercher le moindre point positif de chacun...

Le fait de regarder les bons côtés de l’autre est un point essentiel dans notre Avodat Hashem, c’est pourquoi le Sanhédrin était disposé de telle sorte que malgré leur grand nombre, tous les Sages pouvaient se regarder ; chacun pouvait profiter de la lumière de l’autre et ainsi, permettre le dévoilement de l’unicité d’Hashem. En effet, pourquoi aller à la synagogue si on passe notre temps à scruter le moindre comportement négatif ? À quoi bon voir notre famille si nous sommes incapables de voir le bien qu’elle nous apporte ? À quoi bon voir nos amis si nous regardons plus leurs défauts que leurs qualités ? Rabbi Na’hman de Breslev nous révèle alors un grand secret : la plus grande vitalité provient du regard positif mutuel que nous échangeons avec les autres. Lorsque ce regard positif est absent, la Torah ne reçoit plus d’énergie divine et se retrouve en danger.

Que nos yeux puissent donc se diriger uniquement vers le bien de chaque individu, comme c’était le cas des yeux de l’Apôtre Shaoul et ainsi, permettre à l’étincelle divine de chacun de briller [comme la séfira de ‘hessed pour Philèmôn].

Puisse Hashem nous enlever notre mauvais œil qui empêche chacun d’entre nous de bénéficier de la lumière de l’ensemble du peuple d’Israël et du Mashiah. Amen.

 

 

  • et l’adhérence que tu as envers l’Adôn Iéshoua’ : la foi dans le Tsadik et Mashiah, Rabbi Yeshoua Yeshoua de Natzeret.  

  • et pour tous les hommes consacrés : cela fait référence aux Nazaréens consacrés, sanctifiés et/ou justifiés par le mérite de notre Tsadik et Mashiah.     

 

COMMENTAIRE N°5

Pourquoi cet amour pour "tous les Nazaréens consacrés" était-il autant fort chez Philèmôn au point que Shaoul en fasse référence dans cette Lettre ? En fait, cet amour était tout simplement la conséquence de la foi en Yeshoua comme il est dit : L’amour du Mashiah nous presse. (2 Corinthiens 5 :14) et dans les milieux ‘hassidiques, il est aussi enseigné : Le Tsadik propose différents rapports avec lui, différents niveaux d’engagements. Entretenir un lien fort avec le Tsadik, c’est faire l’expérience d’un amour profond, sincère et réciproque. (Rav Avraham Ifra’h)

Par conséquent, en goutant au ’hessed du Tsadik, Philèmôn fut transporté d’emblée au centre du véritable message de la Torah : soit le fait d’aimer réellement notre prochain…

 

Tel est un bel enseignement pour nos vies.

Rendez-vous, par la charité, serviteurs les uns des autres. Car toute la Torah est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous ne soyez détruits les uns par les autres. (Galates 5 :13-15)

Dans le même élan que l’Apôtre Shaoul, notre Maître Rabbi Akiva a également affirmé que le fait d’aimer notre prochain était le principe fondateur de la Torah tout entière. En complément de ces deux grand avis, nous avons également l’école de Beit Hillel dont toute la Torah se concentre autour du thème des relations avec notre prochain.  

Un idolâtre vint devant Shammaï et lui demanda : Combien de sortes de loi avez-vous ? Deux, fut la réponse ; une Torah Écrite et une Torah Orale. J'accepte la première, reprit le non-Juif, mais je refuse l'autre. Reçois-moi dans le Judaïsme, à cette condition que tu ne m'enseigneras que la Torah Écrite.  Shammaï l'injuria et le congédia avec une semonce. L'idolâtre se rendit alors chez Hillel, avec le même vœu et le Maître acquiesça. Le premier jour, il lui enseigna aleph, beith, guimel, daleth ; le deuxième jour, il recommença mais dans un ordre différent. Mais tu me l'as appris hier dans un autre ordre, dit le non-Juif. Tu t'es donc fié à moi ? dit Hillel. N'était-ce pas te fier à la Torah Orale ? Un autre non-Juif vint devant Shammaï et lui dit : Je me ferai Juif mais tu vas m'enseigner toute la Torah, alors que je me tiendrai sur un seul pied. Shammaï le renvoya, en le frappant de la règle qu'il tenait en sa main. L'idolâtre s'adressa ensuite à Hillel, avec le même souhait et le Maître lui dit : Ce que tu n'aimes pas qu'on te fasse, ne le fais pas à autrui. C'est là toute la Torah, le reste n'est que commentaire : va et apprends-le. (Shabbat 31a)

Plusieurs convertis se sont réunis en un seul endroit et ils ont dit : L'impatience de Shammaï a cherché à nous chasser du monde, la patience de Hillel nous a amenés sous les ailes de la Shekhina. (Shabbat 31a)

Alors si c’est tellement primordial d’aimer dans le Judaïsme, il y a lieu de se poser la question : Finalement, c’est quoi l’amour ? Est-ce vraiment possible d’aimer comme la Torah nous le demande ?

Pour répondre, nous pourrons utiliser la définition du Rambam qui est extrêmement intéressante : Chacun se doit de se préoccuper du bien-être et des biens de son prochain comme de ses propres biens. Il est recommandé à tout un chacun d’honorer ses amis de même qu’il souhaite être respecté, l’amour et la compassion pour les autres doivent s’appliquer à tous les niveaux et dans toutes les circonstances. (Le Rambam)

En d’autres termes, le Rambam nous dit qu’aimer c’est savoir se mettre à la place de l’autre. Or, le niveau le plus basique de cette forme d’amour, c’est la compassion, c’est-à-dire compatir lorsque notre prochain a de la peine et par conséquent, faire de son mieux pour lui éviter tout désagrément. Néanmoins, il existe aussi un niveau plus élevé et bien plus difficile à réaliser : il s’agit d’être capable de se réjouir lorsque l’autre bénéficie d’une heureuse nouvelle ! Étrangement, c’est parfois beaucoup plus difficile à réaliser…

Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent ; pleurez avec ceux qui pleurent. (Romains 12 :15)

Voici également comment le Baal Chem Tov, le fondateur de la ‘Hassidout, interprète ce verset d’aimer son prochain : De la même façon que tu considères ton prochain, Hashem te considère et plus tu aimeras les autres, plus D.ieu t’aimera. (Baal Chem Tov). En effet, Hashem agit en fonction de notre comportement : le Maître du monde réplique d’en haut ce que nous performons en bas ; si nous jugeons positivement notre prochain, D.ieu nous jugera positivement, si nous sommes généreux avec ceux qui sont dans le besoin, Hashem sera généreux envers nous et si nous sommes remplis de compassion pour notre prochain, il le sera aussi envers nous, etc… Pour le Baal Chem Tov, c’est cette relation d’amour entre les hommes qui servira de réel réceptacle [kéli] à la bénédiction d’Hashem dans le monde. Selon le principe de "mida kenegued mida" énoncé précédemment, plus nous serons capables de nous aimer les uns les autres, plus Hashem nous fera bénéficier, en retour, de son amour infini.

On comprendra alors aisément pourquoi le commandement d’aimer son prochain est donc, selon Shaoul et d’autres grands Maîtres d’Israël, la pilier de toute la Torah…

Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas l’amour, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit. Et quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas l’amour, je ne suis rien. Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas l’amour, cela ne me sert de rien. L’amour est patient, il est plein de bonté ; l’amour n'est point envieux ; l’amour ne se vante point, il ne s'enfle point d'orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche point son intérêt, il ne s'irrite point, il ne soupçonne point le mal, il ne se réjouit point de l'injustice mais il se réjouit de la vérité ; il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. L’amour ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra. Car nous connaissons en partie et nous prophétisons en partie mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra. Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant. Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure mais alors nous verrons face à face ; aujourd'hui je connais en partie mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu. Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l'espérance, l’amour mais la plus grande de ces choses, c'est l’amour. (1 Corinthiens 13 :1-13)

 

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6.     Puisse la communion dans l’adhérence devenir opérante, en pleine connaissance de tout le bien en nous pour le messie !

 

 

  • Puisse la communion : l’Apôtre Shaoul fait référence aux liens de la fraternité présents dans la Kéhila Nazaréenne.

 

 

  • dans l’adhérence : dans la foi en Yeshoua.

 

 

  • devenir opérante : la émouna doit engendrer des œuvres comme Yaakov HaTsadik, le chef de la Kéhila Nazaréenne nous l’a enseigné.  

Mes frères, que sert-il à quelqu'un de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les œuvres ? La foi peut-elle le sauver ? Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour et que l'un d'entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez ! Et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ?  Il en est ainsi de la foi : si elle n'a pas les œuvres, elle est morte en elle-même. Mais quelqu'un dira : Toi, tu as la foi et moi, j'ai les œuvres. Montre-moi ta foi sans les œuvres et moi, je te montrerai la foi par mes œuvres. Tu crois qu'il y a un seul D.ieu, tu fais bien ; les démons le croient aussi et ils tremblent. Veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les œuvres est inutile ? Avraham Avinou ne fut-il pas justifié par les œuvres, lorsqu'il offrit son fils Its’hak sur l'autel ? Tu vois que la foi agissait avec ses œuvres et que par les œuvres la foi fut rendue parfaite. Ainsi s'accomplit ce que dit l’Écriture : Avraham crut à D.ieu et cela lui fut imputé à justice ; il fut appelé ami de D.ieu. Vous voyez que l'homme est justifié par les œuvres et non par la foi seulement. (Yaakov 2 :14-24)

 

COMMENTAIRE N°1

La foi, la fidélité et la confiance en Yeshoua doivent nous engager et nous propulser dans la Avoda Hashem. Ainsi, la louange dont Philèmôn est l’objet par l’Apôtre Shaoul revêt ici le caractère d’une demande et d’une intercession. Shaoul appelle, en effet, Philèmôn à faire "connaître tout le bien que nous pouvons accomplir pour la cause du Mashiah" … Plus loin, la demande de Shaoul en lien avec Onèsimos, va nous dévoiler le bien qu’il attendait précisément de Philèmôn ; cette intercession ne se reconnaît que comme juste et bonne dans la perspective de notre émouna dans le Mashiah.

 

COMMENTAIRE N°2

Même si selon cet Écrit, l’Apôtre Shaoul parle plus d'une émouna opérante dans l'amour fraternel, mitsva de 'hessed, etc… Shaoul engage également Philèmôn d’avoir, au sens plus large, une émouna opérante et efficace ; le mot utilisé dans les Écrits Nazaréens provient du grec "energes" …

Voici la définition du mot grec "energes" :

  • actif : qui est plein d'activité et d'énergie, dynamique et qui donne des résultats,

  • opérant : qui produit un effet,

  • efficace : qui remplit bien sa tâche, qui atteint son but et qui aboutit à des résultats utiles.

En plus, voici également la définition du mot grec d’origine "ergon" :

  • action : fait ou faculté d'agir, manifestation concrète de l'activité de quelqu'un,

  • œuvre : travail, tâche, action effectués par quelqu’un,

  • travail : activité de l'homme appliquée à la production, à la création, à l'entretien de quelque chose,

  • ouvrage : action de travailler, de mettre en œuvre un travail ou une tâche.

Par conséquent, on peut voir dans ce passage combien était profonde la pensée de Shaoul lorsqu’il nous demande d’avoir une émouna agissante. En effet, la émouna nécessite des œuvres comme cela est également enseigné par Yaakov HaTsadik : Mes frères, que sert-il à quelqu'un de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les œuvres ? La foi peut-elle le sauver ? (Yaakov 2 :14)

Néanmoins, pour certains, l’accent sur les œuvres de la foi était principalement le message de Yaakov HaTsadik mais n’était-ce pas finalement aussi celui de l’Apôtre Shaoul ? Prenons un exemple dans les Écrits Nazaréens.

Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la Torah qui sont justes devant D.ieu mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés. (Romains 2 :13)

Or, certains ont pris pour coutume d’opposer Shaoul et Yaakov HaTsadik et toujours selon certains, la Lettre de Yaakov aurait même été écrite en grande partie pour contrer les positions dites "pauliniennes" ... En effet, comme on le sait, Yaakov est souvent considéré comme l’Apôtre de la justification par les œuvres tandis que Shaoul serait l’Apôtre de la justification par la émouna. Or, ceci est une approche partiellement erronée : nous venons de le constater au chap. 2 de la Lettre aux Nazaréens de Rome et en effet, l’Apôtre Shaoul parle bien d’une justification par les œuvres…

En fait, Yaakov et Shaoul étaient tous deux des Juifs zélés et respectueux de la Torah, ils avaient simplement deux approches différentes [principalement concernant les non-Juifs].  Pour Shaoul, le salut vient de la émouna en Yeshoua : la doctrine de l’attachement au Tsadik [Yeshoua] est privilégié au détriment de l’application stricte de toutes mitsvot ; le cœur et la émouna sont les facteurs les plus importants. Or, toutes ces choses sont enseignées par la ‘Hassidout actuelle : l'accent dans la Avoda Hashem est mis sur la joie, la émouna, la musique, la téfila, c'est-à-dire sur le côté émotif d'une personne.

Pour comprendre la pensée de l’Apôtre Shaoul, on pourrait s’inspirer de plusieurs paroles inspirées de la ‘Hassidout Breslev : Le rapprochement et l'attachement au Tsadik véritable représentent le fondement de tous les fondements et la racine de toutes les racines, cela surpasse tout. (Torah n°143 du Likouté Moharan I) ou encore : On peut ne peut décrire ce mérite qui surpasse tous les mérites. L'essentiel de la grandeur d'un homme, dans ce monde, réside, dans son attachement au Tsadik véritable et à son rapprochement du Tsadik. (Likouté Halakhot Matana 4-8)

Comme on peut le constater, l’Apôtre Shaoul avait une approche digne de la ‘Hassidout : il souhaitait rapprocher les gens de Yeshoua, soit du Tsadik avant toutes autres choses… Néanmoins, l’erreur des non-Juifs fut de voler cette doctrine et de la détourner en abolissant toutes les mitsvot de la Torah [les véritables œuvres] ; cette dérive est ce que l’on connaît aujourd’hui sous le nom du "débat entre la loi et la grâce" au sein du christianisme.

 

Néanmoins, comme nous le savons, l’Apôtre Shimon Kéfa l’avait prédit comme il est dit : Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Shaoul vous l'a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée. C'est ce qu'il fait dans toutes les Lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Écritures, pour leur propre ruine. (2 Kéfa 3 :15-16)

En abolissant la Torah, le christianisme a détourné le véritable message de l’Apôtre Shaoul et a ainsi, crée une nouvelle religion idolâtre... Shaoul avait une approche ‘hassidique mais n’a jamais enseigné une pratique en dehors du cadre toraïque ; la plupart font ainsi une erreur d’opposer Yaakov HaTsadik et Shaoul car les deux étaient observateurs de la Torah. (Actes 21 :24). Leurs approches de la Torah étaient peut-être et certainement différentes mais ils n’étaient, certainement pas en désaccord, sur le fait de pratiquer la Torah [soit les véritables œuvres en lien avec notre foi].  

En effet, Shaoul s’est toujours plié à la Torah ; nous avons l’exemple dans le Livre des Actes.

Lorsque nous arrivâmes à Jérusalem, les frères nous reçurent avec joie. Le lendemain, Shaoul se rendit avec nous chez Yaakov et tous les Anciens s'y réunirent. Après les avoir salués, il raconta en détail ce que D.ieu avait fait au milieu des non-Juifs par son ministère. Quand ils l'eurent entendu, ils glorifièrent D.ieu. Puis ils lui dirent : Tu vois, frère, combien de milliers de Juifs ont cru et tous sont zélés pour la Torah. Or, ils ont appris que tu enseignes à tous les Juifs qui sont parmi les non-Juifs à renoncer à Moshé, leur disant de ne pas circoncire les enfants et de ne pas se conformer aux coutumes. Que faire donc ? Sans aucun doute la multitude se rassemblera car on saura que tu es venu. C'est pourquoi fais ce que nous allons te dire. Il y a parmi nous quatre hommes qui ont fait un vœu ; prends-les avec toi, purifie-toi avec eux et pourvois à leur dépense, afin qu'ils se rasent la tête. Et ainsi tous sauront que ce qu'ils ont entendu dire sur ton compte est faux mais que toi aussi tu te conduis en observateur de la Torah. (…) Alors Shaoul prit ces hommes, se purifia et entra le lendemain dans le Temple avec eux, pour annoncer à quel jour la purification serait accomplie et l'offrande présentée pour chacun d'eux. (Actes 21 :17-26)

Clairement, dans ce passage cité, l’Apôtre Shaoul va prouver qu’en réalité, il suit la position de Yaakov HaTsadik, toujours attaché à l’observance de la Torah ; simplement, comme nous l’avons vu, Shaoul mettait en priorité, l’accent sur l’attachement au Tsadik et comme cela est enseigné dans la ‘Hassidout : En vérité, l'accomplissement de la Torah, c'est le rapprochement au Tsadik car grâce à cela, on a la possibilité de se rapprocher d'Hashem, des milliers de fois plus que si l’on servait Hashem sans s'attacher au Tsadik. (L’attachement au Tsadik véritable, Éditions Keren Rabbi Israël).

Selon d’autres avis, Yaakov reconnaissait, bien évidemment, cette approche mais n’oubliait pas d’insister sur l’importance des œuvres de la Torah… Pour lui, c’était une priorité : Yeshoua et la Torah ne peuvent pas exister, l’un ne va pas sans l’autre et de toute façon, comment le Mashiah d’Israël pourrait-il détourner le peuple Juif des œuvres de la Torah ? C’est illogique ! Clairement, nous n’avons pas peur de le déclarer mais si tel était véritablement le cas, ‘hass véchalom, Rabbi Yeshoua serait comme beaucoup le croient, un faux Messie. L’attachement au Tsadik sans la Torah ne vaut rien devant Hashem et pour le coup, Yeshoua aura également le même discours lors de son retour comme il est dit : Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité. (Matityahou 7 :23) et comme nous le savons, le mot "iniquité" provient du grec "anomia" qui fait référence, littéralement, aux "violeurs" de la Torah. En effet, voici la définition du mot grec "anomia" : mépris et violation de la nomos [loi en grec] de D.ieu.

Comme nous l’avons compris, les œuvres sont pour Yaakov la manifestation visible de la émouna en Yeshoua, c’est également pourquoi Yaakov insiste tellement, dans les Écrits Nazaréens, sur l’attention manifestée aux pauvres. Or, cela semblerait contredire l’Apôtre Shaoul comme il est dit : Car nous pensons que l'homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la Torah. (Romains 3 :28). Ainsi, il sera donc intéressant de constater que Yaakov et Shaoul, pour exposer leur théologie sur la justification, s’appuient tous deux sur l’exemple d’Avraham et font explicitement référence au même passage du Sefer Béréshit.

Avram eut confiance en l'Éternel, qui le lui imputa à justice. (Béréshit 15 :6)

Shaoul souligne la grande émouna d’Avraham par laquelle, seule, il fut justifié et Yaakov évoquera plutôt le sacrifice d’Its’hak démontrant ainsi, la foi agissante d’Avraham en action. Pour lui, nous l’avons vu, la émouna ne peut exister en dehors des œuvres, des actes concrets posés par l’homme par lesquels, celui-ci obtient la justification tandis que pour Shaoul, comme nous l’avons compris, la émouna en Yeshoua seul suffit…

Pour résoudre cet antagonisme apparent, il faudrait en conclure qu’en fait Shaoul et Yaakov ne parlent pas exactement de la même chose : Shaoul fait référence à quelqu’un qui s’ouvre à la foi Nazaréenne ; la miséricorde d’Hashem manifesté dans le mérite du Tsadik justifie cette homme et lui offre d’hériter du Olam Haba… Or, Yaakov parle de la émouna active de quelqu’un qui est déjà Nazaréen et qui donc l’exprime par ses actes ; les deux visions sont totalement complémentaires et il convient bien évidemment de déclarer que sans les œuvres, la foi ne peut pas être réellement être appelée "foi" et tout véritable croyant serait en accord avec cette déclaration.  

Comme nous l’avons vu, Shaoul lui-même a déclaré : Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la Torah qui sont justes devant D.ieu mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés. (Romains 2 :13) et pour le coup, Yaakov HaTsadik, le chef de la Kéhila Nazaréenne aura exactement le même discours : Mettez en pratique la parole et ne vous bornez pas à l'écouter, en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements. (Yaakov 1 :22).

Chacun suivant sa mission propre, Yaakov chez les Juifs, Shaoul chez les non-Juifs, ont annoncé et proclamé Yeshoua ressuscité. Le nombre des talmidim du Mashiah augmentant rapidement, la communauté Nazaréenne a dû s’organiser et a été confrontée à des situations nouvelles, ce qui a suscité certainement des tensions et des discussions, notamment entre Yaakov et Shaoul… Rappelons également le contexte : tout d’abord, les Lettres écrites qui mettaient des jours à arriver et qui parfois, n’arrivaient jamais, sans compter les fausses lettres incluant de fausses rumeurs ; le peuple d'Israël qui avait rejeté Yeshoua et qui allait bientôt sombré en galout ; le Temple bientôt détruit, l’exil d’Edom approchant, les sadducéens dominants et corrompus, les talmidim de Beit Shammaï, l’idolâtrie païenne beaucoup plus importante qu'aujourd'hui, sans compter la chair de l’homme, les persécutions, les plans du Satan pour détruire la Kéhila et le Tsadik, etc… On comprend aisément que le contexte ait pu favoriser plusieurs tensions ; c’est une erreur d’opposer Shaoul et Yaakov : les deux se sont respectés mutuellement selon ce que chacun avait reçu d’Hashem. Les contextes différents dans lesquels s’exercent leur mission, les différentes personnes auxquelles ils se sont adressés expliquent certaines formulations apparemment antagonistes et incompatibles. Néanmoins, leurs deux approches furent complémentaires… Tous les deux sont morts en martyr pour leur émouna, témoins de l’unique Seigneur et nous ont ainsi transmis l’Évangile du Mashiah, chacun suivant sa mission propre.

L'Évangile m'avait été confié pour les incirconcis, comme à Kéfa pour les circoncis car celui qui a fait de Kéfa, l'Apôtre des circoncis a aussi fait de moi l'Apôtre des non-Juifs et ayant reconnu la grâce qui m'avait été accordée, Yaakov, Kéfa et Yohanan, qui sont regardés comme des colonnes, me donnèrent, à moi et à Bar-Naba, la main d'association, afin que nous allassions, nous vers les non-Juifs et eux vers les circoncis. (Galates 2 :7-9)

COMMENTAIRE N°3

En lien avec le commentaire précédent, il sera d’ailleurs intéressant de mettre en avant les enseignements de Luther, l’initiateur de la Réforme protestante chrétienne, sur la Lettre de Yaakov.

En somme, l'Évangile de saint Jean et sa première Épître, les Épîtres de saint Paul, surtout celles aux Romains, aux Galates et aux Éphésiens ; tels sont les livres qui nous montrent le Christ et qui nous enseigneraient tout ce qu'il nous est nécessaire de savoir et ce, quand bien même nous ne lirions ni n'entendrions jamais aucun autre livre, ni aucune autre doctrine… C'est pourquoi l'Épître de saint Jacques est véritablement, en comparaison avec eux, une Épître de paille car elle n'a pas la lumière de l'Évangile. (Luther, Préface au Nouveau Testament) 

Luther discrédite totalement la Lettre de Yaakov HaTsadik, le chef de la Kéhila et ainsi, on comprendra beaucoup mieux la source de l’antisémitisme chrétien et de l’abolition de la "vielle loi lourde et légaliste" des Juifs… Ici, le but n’est pas de dénigrer Luther car Hashem l’a effectivement, bien utilisé pour ramener un premier Réveil [le protestantisme] dans le monde non-Juif comme l’histoire nous l’a prouvée. (Inspiré des propos du Rambam dans son Mishné Torah). Néanmoins, la "révélation" chrétienne protestante étant totalement dépassée, il est important de présenter les faits historiques afin d’avoir une meilleure connaissance de la mauvaise influence édomite de l’église romaine catholique sur l’ensemble des disciples du Jésus chrétien.   

Pour commencer, voici une courte étude inspirée du livre "Nos mains sont tachées de sang" de Michael Brown. Ce livre propose plusieurs citations de chrétiens en totale contradiction avec le "Nouveau Testament" et le peuple élu de D.ieu : Israël.

En effet, malheureusement, comme on le sait, Hitler et les nazis [soit les représentants d’Edom] ont trouvé, dans la législation anti-Juive catholique médiévale et dans les écrits virulents antisémites de Luther, le schéma parfait pour diaboliser les Juifs.

En effet, il est assez instructif de constater que la Shoah a été déclenchée par le seul pays en Europe qui comptait autant de catholiques que de protestants. Les deux traditions étaient saturées de haine contre les Juifs. (Pourquoi les Juifs ? La cause de l’antisémitisme, Simon et Schuster, New York en 1983, p. 104)

Nous pouvons aussi prendre l’exemple du fameux Saint Jean Chrysostome, un homme décrit par le cardinal Newman comme : une âme douce, gaie et intelligente, un cœur sensible, un tempérament ouvert à l’émotion et à la Création. (Les racines de l’antisémitisme chrétien, Liberty Press, New York, 1981, p. 27.) En effet, Saint Jean Chrysostome était connu comme l’un des plus éloquents prédicateurs de l’amour et était considéré comme étant l’un des plus grands pères de l’église catholique mais lorsqu’on parlait des Juifs, cette compassion et cette douceur disparaissaient rapidement : La synagogue est pire qu’un bordel, (…) c’est l’antre de vauriens et le repaire de bêtes sauvages, (…) un temple de démons se consacrant à des cultes idolâtres, (…) le refuge de brigands, de débauchés et la caverne de diables. C’est une assemblée criminelle de Juifs, un lieu de rassemblement pour les assassins du Christ, une maison pire qu’une maison à boire, un repère de voleurs, (…) une maison de mauvaise réputation, une résidence d’iniquité, le refuge de diables, un repère et un abîme de perdition. (…) Je dirais la même chose de leurs âmes. (…) Je déteste la synagogue et je déteste les Juifs pour la même raison. (Les racines de l’antisémitisme chrétien, Liberty Press, New York en 1981, p. 27-28)

 

Nous sommes bien loin de l’amour de Philèmôn dont témoignait l’Apôtre Shaoul… Ces chrétiens auraient-ils également oublié ces passages ?

 

Je dis la vérité dans le Mashiah, je ne mens point, ma conscience m'en rend témoignage par le Rouah Hakodesh.  J'éprouve une grande tristesse et j'ai dans le cœur un chagrin continuel. Car je voudrais moi-même être anathème et séparé du Mashiah pour mes frères, mes parents selon la chair, qui sont Israélites, à qui appartiennent l'adoption, la gloire, les alliances, la Torah, le culte, les promesses, les Patriarches et de qui est issu, selon la chair, le Mashiah, qui est au-dessus de toutes choses, D.ieu béni éternellement. Amen ! (Romains 9 :1-5)

Je vais à Jérusalem, pour assister le peuple de D.ieu car la Macédoine et l'Achaïe ont voulu faire une collecte en faveur des pauvres parmi le peuple de D.ieu à Jérusalem. Ils ont été heureux de le faire mais en réalité ils le devaient, puisque si les non-Juifs ont eu part aux biens spirituels des Juifs, alors les non-Juifs ont le devoir d’aider les Juifs dans les choses matérielles. (Romains 15 :25-27)

 

L’Apôtre Shaoul aurait préféré être maudit et séparé du Mashiah pour le bien-être des Juifs ! Au lieu de cela, Chrysostome et les catholiques les ont maudits… Clairement, c’est d’une tristesse mais l’Apôtre Shaoul aurait préféré mourir plutôt que de voir des Nazaréens mangeaient kasher finir comme des chrétiens "pro-saucisson" ou "pro-jambon/beurre" dans l’exil d’Edom.

Comme on le sait, durant les longues et sombres années du Moyen Âge, on offrait souvent aux Juifs les alternatives suivantes : baptême ou expulsion, baptême ou torture, baptême ou mort, etc… Étant les assassins du Christ, pourquoi laisser les Juifs prospérer ? Toutes sortes de lois dégradantes ont été édictées contre eux ; les Juifs étaient obligés d’écouter des sermons publics humiliants, destinés pour leur bien-être et leur conversion. Pire, leurs enfants étaient kidnappés et baptisés de force afin d’être sauvé des flammes de l’enfer mais ils le méritaient bien car de toute façon, ils avaient tué le Saint Christ.

Pierre le Vénérable, un abbé catholique, connu comme étant le plus doux des hommes, un amoureux de la paix, un homme de charité était habité d’un vilain esprit de haine contre les Juifs : Eh vous Juifs ! Je vous parle et je m’adresse à vous ! Vous, jusqu’à ce jour, vous avez renié le Fils de Dieu... Combien de temps encore, misérables, refuserez-vous la vérité ? En vérité, je doute qu’un Juif puisse vraiment être humain... Je fais sortir de son antre cet animal monstrueux et je l’exhibe comme objet de risée à la vue de tous, dans l’amphithéâtre du monde. Je t’expose là, toi le Juif, devant la scène du monde, toi espèce de brute, à la vue de tous. (Hay, L’antisémitisme chrétien, p. 56). En fait, il n’y a qu’un tout petit pas entre cette description du Juif décrit comme un animal monstrueux et la représentation médiévale du Juif comme un petit diable, avec des cornes et une queue ! Ce n’est pas surprenant que ces images aient été utilisées par les nazis. (Hay, L’antisémitisme chrétien, p. 57)

 

Finalement, il n’est pas surprenant qu’au départ Luther, dans un désir de rupture totale avec l’église catholique, se soit tourné vers les Juifs avec bonté comme il est dit : Peut-être attirerai-je quelques-uns de ces Juifs à la foi chrétienne ? Car nos fous papes, évêques, sophistes et moines grossiers et imbéciles ont jusqu’à cette époque traité les Juifs de telle manière que si j’avais été moi-même un Juif et avais vu de tels idiots diriger ou enseigner la religion chrétienne, j’aurais préféré être une truie plutôt qu’un chrétien ! Car ils ont traité les Juifs comme s’ils étaient des chiens et non des êtres humains. (Luther, Jésus-Christ était né Juif, 1523). Or, vingt ans plus tard, les Juifs ne s’étant pas convertis et Luther étant devenu vieux et malade, changea plutôt radicalement : En premier lieu, il faut mettre le feu à leurs synagogues et leurs écoles, enterrer ou couvrir de saletés ce qui n’aura pas brûlé ; de sorte qu’aucun homme ne puisse jamais en retrouver la moindre pierre ou cendre. Cela doit être fait en l’honneur de Dieu et de la chrétienté, pour que Dieu puisse voir que nous sommes chrétiens et que nous ne fermons pas les yeux ou supportons sciemment ces mensonges, malédictions et blasphèmes publics contre son Fils et ses chrétiens. (…)  Dans le Deutéronome, Moïse écrit qu’une ville qui se livre à l’idolâtrie doit être totalement détruite par le feu et qu’il n’en doit rien subsister. S’il vivait aujourd’hui, il serait le premier à mettre le feu aux synagogues et aux maisons des Juifs. (…) Je recommande de raser et détruire les maisons des Juifs car ils poursuivent là les mêmes buts que dans leurs synagogues, ils devraient plutôt être logés sous un abri ou dans une grange, comme les bohémiens. Cela leur ferait comprendre qu’ils ne sont pas les maîtres dans notre pays, ainsi qu’ils s’en vantent mais qu’ils vivent en exil et en captivité chez nous, comme ils s’en plaignent sans arrêt à Dieu. En troisième lieu, je recommande de leur retirer leurs livres de prières et leurs écrits talmudiques, qui enseignent cette idolâtrie, ces mensonges, ces malédictions et ces blasphèmes. En quatrième lieu, je recommande que leurs rabbins soient dorénavant interdits d’enseigner sous peine d’être frappés dans leur corps et dans leur vie car ils ont trahi le droit à cette fonction. Ils retiennent prisonniers les pauvres Juifs en utilisant la parole de Moïse. (Von den Juden und ihren Lügen, les Juifs et leurs mensonges, Éditions de l’Évidence, partie 11)

 

Plus tard, certains luthériens ont répudié ces propos méprisables, tout comme l’église catholique a récemment rejeté ses préjugés anti-Juifs mais les klipot d’Edom sont constamment présentes dans les mentalités de la chrétienté. Nous allons bientôt vivre la délivrance finale, la chrétienté doit tomber et mourir devant la gloire d’Israël. Amen. 

 

En effet, comment est-ce possible de diaboliser les Juifs et la Torah, de considérer la vieille "loi lourde et légaliste" des Juifs comme un fardeau et la Lettre de Yaakov, chef de la Kéhila Nazaréenne comme une vieille "Épitre de paille" ? Est-ce l’œuvre du Saint-Esprit ? Est-ce l’œuvre de la grâce chrétienne ? Comment est-ce possible ? Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Moïse, Aaron, David, Jésus et les Apôtres n’étaient-ils pas tous Juifs ? Bien évidemment, ils étaient tous Juifs et comme de bons petits Juifs, ils respectaient Shabbat et mangeaient kasher… Non, ils ne faisaient pas Noël en famille autour d’un bon petit sapin en donnant de beaux cadeaux à leurs enfants. Réfléchissons… Les mains de l’église chrétienne essavique sont pleines de sang tant au niveau physique que spirituel.

 

Je dis donc : D.ieu a-t-il rejeté son peuple ? Loin de là ! Car moi aussi je suis Israélite, de la postérité d'Avraham, de la tribu de Benyamin. D.ieu n'a point rejeté son peuple, qu'il a connu d'avance. (…) Tout Israël sera sauvé, selon qu'il est écrit : Le libérateur viendra de Sion et il détournera de Yaakov les impiétés ; ce sera mon alliance avec eux, lorsque j'ôterai leurs péchés. (Romains 11 :1-27)

Le fait que Luther [influencé par l’antisémitisme d’Edom] ait mis l’accent sur les Écrits de Shaoul, en particulier sur Romains ou Galates et qu’il ait rejeté la Lettre de Yaakov comme si celle-ci n’était rien, a eu une profonde influence sur une grande partie de la pensée chrétienne [édomite] au travers des siècles… En effet, comme on le sait, les chrétiens ont toujours utilisé "l’Apôtre Paul" pour justifier leurs doctrines pauliennes erronées d’abolition de la Torah…

  

En réalité, qui donc était ce Yaakov ? Était-ce un Juif légaliste, combattant l’idée "paulinienne" de la justification par la foi ou bien a-t-il simplement donné une perspective différente que celle de Shaoul ? Et ce, de la même manière que l’on trouve des perspectives variées sur les enseignements de Yeshoua dans les Évangiles ? La réponse est, clairement, cette dernière…

Yaakov HaTsadik était le chef de la Kéhila et avait une connaissance parfaite de Yeshoua. En fait, d’une façon plutôt claire, de tous les Écrits Nazaréens, la Lettre de Yaakov est la Lettre la plus Nazaréenne qui existe et celle qui reflète le plus les enseignements de Yeshoua, tels qu’on les trouve dans les Évangiles comme il est dit : Et voici, un homme s'approcha et dit à Yeshoua : Rabbi, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? Il lui répondit : Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon ? Un seul est le bon. Si tu veux entrer dans la vie, observe les mitsvot. (Matityahou 19 :16-17) ou encore : Et parce que l'iniquité [le manque de Torah] se sera accrue, l’amour du plus grand nombre se refroidira. (Matityahou 24 :12) ou encore : Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité [le viol de la Torah]. (Matityahou 7 :23).

Comme nous l’avons dit précédemment, le mot "iniquité" provient du grec "anomia" qui représente, littéralement, les "violeurs" de Torah. En effet, voici la définition du mot grec "anomia" : mépris et violation de la nomos [loi en grec] de D.ieu.

Or, la plus grande confusion de l'histoire aura donc été engendrée par la fausse interprétation des Écrits de Shaoul, l’Apôtre des non-Juifs. Le mot hébreu pour "confusion" est "bilboul" : ce mot forme une union parfaite avec les mots "bavel" [Babylone] et "maboul" [le déluge]. Dans le même élan, le Sefer Béréshit nous relate l’histoire d’un grand déluge d'eau dans les temps de Noa’h et selon les Maîtres d’Israël, l'eau peut être comparée à la Torah. Ainsi, depuis plus de 2000 ans, il existe un grand "maboul" autour des écrits thoraïques [l’eau] de Shaoul regroupés pour renforcer l’idéologie de Bavel [Babylone, le monde non-Juif dominé par Rome]. Néanmoins, comme on le sait et comme tous les autres Nazaréens, l’Apôtre Shaoul n’a jamais aboli un "youd" de toute la Torah.  

 

Pour commencer, il suffit de regarder les paroles de Shaoul sur la Torah : La Torah est sainte et la mitsva est sainte, juste et bonne. (Romains 7 :12) ou encore : La Torah est spirituelle. (Romains 7 :14). De plus, concernant la circoncision, il est bien dit au sujet de Timotheos : Shaoul voulut l'emmener avec lui et l'ayant pris, il le circoncit. (Actes 16 :3) ou encore : Pour moi, frères, si je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté ? (Galates 5 :11). Shaoul est même spécialement allé en Israël pour célébrer, conformément aux ordres de la Torah, les fêtes de l’Éternel comme il est dit : Il faut absolument que je célèbre la fête prochaine à Jérusalem. (Actes 18 :21) ou encore : Shaoul avait résolu de passer devant Éphèse sans s'y arrêter, afin de ne pas perdre de temps en Asie car il se hâtait pour se trouver, si cela lui était possible, à Jérusalem le jour de Shavouot. (Actes 20 :16).

 

Il ne faut pas non plus oublier que Shaoul était Juif comme il est dit : Je suis Juif, reprit Shaoul. (Actes 21 :39) et qu’il a été élevé en tant que pharisien comme il est dit : Ils savent depuis longtemps, s'ils veulent le déclarer, que j'ai vécu pharisien, selon la secte la plus rigide de notre religion. (Actes 26 : 5) ou encore : Je suis Juif, né à Tarse en Cilicie mais j'ai été élevé dans cette ville-ci et instruit aux pieds de Gamliel dans la connaissance exacte de la Torah de nos pères, étant plein de zèle pour D.ieu, comme vous l'êtes tous aujourd'hui. (Actes 22 :3). En tant que Juif pharisien, le message de Shaoul n’avait pas l’air de contredire trop la Torah ou même encore tout le Tanakh puisque certains Juifs sont allés jusqu’à examiner minutieusement ses enseignements, en lien avec les Écritures et vérifiaient si ceux-ci étaient vraies et fondées sur la Torah comme il est dit : Ils examinaient chaque jour les Écritures, pour voir si ce qu'on leur disait était exact. (Actes 17 :11) et comme on le sait, le Nouveau Testament n’existait pas.

En complément de tout cela, tel un bon Juif, il est merveilleux de voir que Shaoul respectait le Shabbat comme il est dit : Étant entrés dans la synagogue le jour du Shabbat, ils s'assirent. (Actes 13 :14) ou encore : Lorsqu'ils sortirent, on les pria de parler le Shabbat suivant sur les mêmes choses. (Actes 13 :42) ou encore : Le Shabbat suivant, presque toute la ville se rassembla pour entendre la parole de D.ieu. (Actes 13 :44) ou encore : Shaoul y entra, selon sa coutume. Pendant trois Shabbats, il discuta avec eux, d'après les Écritures. (Actes 17 :2) ou encore : Shaoul discourait dans la synagogue chaque Shabbat et il persuadait des Juifs et des non-Juifs. (Actes 18 :4). Encore plus merveilleux, bien avant l’essor du mouvement Breslev, l’Apôtre Shaoul pratique déjà Hatsot : Vers ‘Hatsot, Shaoul et Sila priaient et chantaient les louanges de D.ieu, et les prisonniers les entendaient. (Actes 16 :25) ou encore : Shaoul, qui devait partir le lendemain, s'entretenait avec les talmidim et il prolongea son discours jusqu'à ‘Hatsot. (Actes 20 :7)

 

En plus de la mitsva du Shabbat et de ‘Hatsot, Shaoul conformément aux lois de la Torah continue de faire des vœux et va même jusqu’à se raser la tête comme il est dit : Shaoul resta encore assez longtemps à Corinthe. Ensuite il prit congé des frères et s'embarqua pour la Syrie, avec Priscille et Aquilas, après s'être fait raser la tête à Cenchrées car il avait fait un vœu. (Actes 18 :8) ou encore : C'est pourquoi fais ce que nous allons te dire. Il y a parmi nous quatre hommes qui ont fait un vœu ; prends-les avec toi, purifie-toi avec eux et pourvois à leur dépense, afin qu'ils se rasent la tête. Et ainsi tous sauront que ce qu'ils ont entendu dire sur ton compte est faux mais que toi aussi tu te conduis en observateur de la Torah. (Actes 21 :23-24).

 

Outre son respect flagrant pour la Torah, il y avait beaucoup de rumeurs contre lui (Actes 21 :21) comme ce fut le cas pour beaucoup de Nazaréens dont le Mashiah lui-même comme il est dit : Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la Torah. (Matityahou 5 :17) ou encore : Voici, tes talmidim font ce qu'il n'est pas permis de faire pendant le Shabbat. (Matityahou 12 :12) ou encore : Les principaux cohanim et tout le Sanhédrin cherchaient quelque faux témoignage contre Yeshoua. (Matityahou 26 :58) ou encore avec Stephanos : Cet homme ne cesse de proférer des paroles contre le lieu saint et contre la Torah. (Actes 6 :13) et malgré tout, Shaoul entreprit sa défense, en disant : Je n'ai rien fait de coupable, ni contre la Torah des Juifs, ni contre le Temple, ni contre César. (Actes 25 :8) et il est même précisé : Et ils ne sauraient prouver ce dont ils m'accusent maintenant (Actes 24 :13) ; sous-entendu, ils n’ont aucune preuve de mon non-respect de la Torah et ceci est encore confirmé ailleurs :  Quand il fut arrivé, les Juifs qui étaient venus de Jérusalem l'entourèrent et portèrent contre lui de nombreuses et graves accusations, qu'ils n'étaient pas en état de prouver. (Actes 25 :7).


Shaoul a également déclaré qu'Hananyah était un homme pieux parce qu'il observait la Torah comme il est dit : Or, un nommé Hananyah, homme pieux selon la Torah et de qui tous les Juifs demeurant à Damas rendaient un bon témoignage, vint se présenter à moi. (Actes 22 :12).

 

Shaoul, lui-même, a aussi déclaré : Je t'avoue bien que je sers le D.ieu de mes pères selon la voie qu'ils appellent une secte, croyant tout ce qui est écrit dans la Torah et dans les Prophètes. (Actes 24 :14) et même selon sa doctrine de la justification par le Tsadik, il ira jusqu’à dire : Anéantissons-nous donc la Torah par la foi ? Loin de là ! Au contraire, nous confirmons la Torah. (Romains 3 :31).

 

Shaoul prenait aussi plaisir à la Torah comme il est dit :  Car je prends plaisir à la Torah de D.ieu, selon l'homme intérieur. (Romains 7 :22) et déclare également être esclave de la Torah comme il est dit : Ainsi donc, moi-même, je suis par l'entendement esclave de la Torah de D.ieu. (Romains 7 :25). En plus de tout cela, Shaoul incitera même Timotheos à utiliser comme un bon Juif, la Torah pour enseigner comme il est dit : Nous n'ignorons pas que la Torah est bonne, pourvu qu'on en fasse un usage légitime. (1 Timotheos 1 :8).

 

À noter également que Shaoul a utilisé la Torah pour se défendre devant un Cohen Gadol comme il est dit : Alors Shaoul lui dit : D.ieu te frappera, muraille blanchie ! Tu es assis pour me juger selon la Torah et tu violes la Torah en ordonnant qu'on me frappe ! (Actes 23 :3). Comment peut-il se défendre avec une chose ayant été aboli ? Dans ce même passage, Shaoul s’est également repenti d’avoir involontairement enfreint la Torah, citant justement la loi comme il est dit : Et Shaoul dit : Je ne savais pas, frères, que ce fût le Cohen Gadol car il est écrit : Tu ne parleras pas mal du chef de ton peuple. (Actes 23 :5). Pourquoi se repentir d’une Torah abolie en Jésus-Christ ? Ce serait complétement contradictoire !  En vérité, Shaoul a toujours continué de pratiquer la Torah et d’ailleurs, il a toujours pratiqué les fêtes dont Pessa’h comme lui-même l’a souligné : Célébrons donc la fête, non avec du vieux ‘hametz, non avec un ‘hametz de malice et de méchanceté mais avec les matsot de la pureté et de la vérité. (1 Corinthiens 5 :8).

 

Concernant la communauté Nazaréenne de Colosses, il est également présenté plusieurs niveaux de pratique toraïque parmi les Nazaréens d’origine non-Juive notamment dans la kasherout, dans le respect du Shabbat ou encore des fêtes : Que personne donc ne vous juge au sujet de la kasherout ou au sujet d'une fête, de Rosh Hodesh ou des Shabbats. (Colossiens 2 :16). Comment pourrions-nous nous juger sur des lois abolies et non pratiquées ? Tout ceci est largement suffisant pour prouver que Shaoul n’a jamais aboli la Torah mais n’oublions pas non plus toutes les fois où Shaoul cite la Torah tout en enseignant, prouvant largement toutes ces connaissances Juives : Shaoul cite Devarim 19 :15 : une affaire sera jugée par deux ou trois témoins (2 Corinthiens 13 :1) ; Shaoul cite Vayikra 19 :18 : Aime ton prochain comme toi-même (Galates 5 :14) ; Shaoul cite Devarim 5 :16 : Honore ton père et ta mère. (Ephésiens 6 :2) ; etc… Et n’oublions pas non plus que Shaoul est resté jusqu'au bout passionnément attaché au peuple qui est le sien, à cette nation qui défie l'histoire et qui continue à le faire aujourd’hui encore comme nous l’avons déjà souligné : Je souhaiterais être moi-même anathème et séparé du Mashiah, pour mes frères, ceux de ma race, selon la chair. Eux qui sont Israélites, à qui appartiennent l'adoption filiale ; la gloire, les alliances, la législation, le culte et les promesses ; et aussi les Patriarches, et de qui est issu le Mashiah selon la chair. (Romains 9 :3-5).

 

Pour mieux comprendre tout cet antisémitisme et tout ce maboul autour des Écrits Nazaréens, il nous faut mieux discerner notre ennemi commun : Bavel [Babylone] appelé également Edom.

 

Puis un des sept anges qui tenaient les sept coupes vint et il m'adressa la parole, en disant : Viens, je te montrerai le jugement de la grande prostituée qui est assise sur les grandes eaux. C'est avec elle que les rois de la terre se sont livrés à l'impudicité et c'est du vin de son impudicité que les habitants de la terre se sont enivrés. Il me transporta en esprit dans un désert. Et je vis une femme assise sur une bête écarlate, pleine de noms de blasphème, ayant sept têtes et dix cornes. Cette femme était vêtue de pourpre et d'écarlate et parée d'or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d'or, remplie d'abominations et des impuretés de sa prostitution. Sur son front était écrit un nom, un mystère : Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre. Et je vis cette femme ivre du sang des saints et du sang des témoins de Yeshoua. Et, en la voyant, je fus saisi d'un grand étonnement. (Révélation 17 :1-6)

 

Bavel [Babylone] était une ville antique de Mésopotamie. Cette ville a connu une apogée durant le règne de Nevoukadnetsar où elle fut la capitale d'un grand royaume dominant sur toute la basse Mésopotamie et même au-delà… Il s'agissait d'une des plus vastes cités au monde, Bavel était un empire colossal.

 

Oracle sur Babylone, révélé à Yeshayahou, fils d'Amotz. (…) Et Babylone, l'ornement des royaumes, la fière parure des Chaldéens sera comme Sodome et Gomorrhe, que D.ieu détruisit. Elle ne sera plus jamais habitée, elle ne sera plus jamais peuplée ; l'Arabe n'y dressera point sa tente et les bergers n'y parqueront point leurs troupeaux. (Yeshayahou 13 :1-20)

 

Comme cela est relaté dans le Livre de la Révélation, Yohanan nous parle d'une autre Babylone [spirituel et non matérielle] et l’Apôtre du Mashiah précisera également un détail important : elle est appelée "la grande" … Yohanan a vu une gigantesque domination incomparable avec tous autres empires dans le monde. Combien la puissance d’Edom est grande et chaotique !

 

Puis il me dit : Je vais t'apprendre, ce qui arrivera au terme de la colère car il y a un temps marqué pour la fin. Le bélier que tu as vu et qui avait des cornes, ce sont les rois des Mèdes et des Perses. Le bouc, c'est le roi de Javan, la grande corne entre ses yeux, c'est le premier roi. Les quatre cornes qui se sont élevées pour remplacer cette corne brisée, ce sont quatre royaumes qui s'élèveront de cette nation mais qui n'auront pas autant de force. À la fin de leur domination, lorsque les pécheurs seront consumés, il s'élèvera un roi impudent et artificieux. Sa puissance s'accroîtra mais non par sa propre force ; il fera d'incroyables ravages, il réussira dans ses entreprises, il détruira les puissants et le peuple des saints. A cause de sa prospérité et du succès de ses ruses, il aura de l'arrogance dans le cœur, il fera périr beaucoup d'hommes qui vivaient paisiblement et il s'élèvera contre le chef des chefs mais il sera brisé, sans l'effort d'aucune main. Et la vision des soirs et des matins, dont il s'agit, est véritable. Pour toi, tiens secrète cette vision car elle se rapporte à des temps éloignés. Moi, Daniel, je fus plusieurs jours languissant et malade ; puis je me levai et je m'occupai des affaires du roi. J'étais étonné de la vision et personne n'en eut connaissance. (Daniel 8 :19-27)

 

Daniel est l'un des Neviim les plus précis du Tanakh, il voyait très clair et selon ce texte, on voit pourtant qu'il y a une large différence entre la vision et la compréhension… Pourquoi pourrions-nous donc prétendre comprendre ce qui a été caché à Daniel ? Tout simplement parce qu'il est écrit : cette vision concerne une époque éloignée et cette époque est bel et bien, la nôtre ! Nous sommes la dernière génération avant le dévoilement du Mashiah Yeshoua.

 

  • Un roi au visage dur et expert en énigmes surgira : le Malbim et Abravanel, deux grands Maîtres d’Israël, y voient une référence au pouvoir exercé par l'église romaine. Ses rois [les papes] passent pour être des déchiffreurs en énigmes car ils ont la capacité de résoudre les contradictions entre ce qui est écrit dans la Bible et leur doctrine.

 

  • Il accomplira d'extraordinaires dévastations : les Romains ont conquis le monde par de grandes victoires. Abravanel et le Malbim traduisent : L'église romaine détruira les merveilles de la Torah car ils la dénigreront complétement [Ancien Testament, le débat entre la loi et la grâce, etc..].

 

  • Il aura le cœur rempli d'arrogance : le mot "melekh" fait référence à l'empire romain et non à un roi particulier, la valeur numérique de Rome étant 256 et celle du mot "arrogant" de 257 : Rome a pratiquement atteint le summum de l'arrogance. Cependant, comme le dit Daniel, il sera brisé sans aucune intervention extérieure. L'église catholique romaine se détruira d'elle-même… Nous avons effleuré le sujet de Bavel mais maintenant, étudions la notion de "la mère des prostituées" car cette expression est plutôt étrange et nécessite une explication. 

 

Sur son front était écrit un nom, un mystère : Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre. (Révélation 17 :2)

 

Qu'est-ce qu'une mère ? Par définition simple, une mère est une personne qui a reçu la capacité de donner la vie, c'est une personne physique ou morale ayant donné un engendrement, ou enfanté quelque chose, c'est à dire : ayant fait des petits. Il y a diverses manières d'engendrer ou d'enfanter, cela peut aussi être effectué par le biais de la pensée, de la parole ou de l'action. Par exemple, dans le domaine professionnel, un grand groupe industriel peut engendrer des "petits" appelés "franchises" ou "associations" et ceux-ci auront toujours une attache ou un lien avec ce que l'on appelle la "maison mère" … Or, les franchises, même si elles sont moindres que leur mère, n'en restent pas pour autant séparées ou indépendantes.  

 

Qu’est-ce qu’une prostituée ? Une prostituée est une personne qui s'adonne à différentes personnes ou sur le plan spirituel, à différentes idéologies… Par définition simple, la prostituée est celle qui se détourne de celui à qui elle était préposée, c'est à dire que toute femme est bien évidemment, préposée à un homme mais si cette femme se détourne et se dirige auprès d'un autre ou de plusieurs autres, alors c'est ce que l'on nomme la prostitution... Le mot "prostituée" ou "prostitution" vient du mot grec "porneia" généralement traduit par : infidélité et/ou impudicité [ayant donné aussi le mot "pornographie" en français].  Au niveau spirituel, tous les hommes sont préposés et prédisposés à recevoir la vérité de la Torah d’Israël, la source véritable et absolue mais lorsque les hommes se détournent et s'adonnent à d'autres forces qu’Hashem alors c'est au niveau spirituel que l'homme se livre à la prostitution et cela est encore bien plus grave…

 

Selon ces deux définitions, nous comprenons alors que "la mère des prostituées" représente une idéologie maîtresse qui s'est corrompue en se livrant à l'infidélité et à l'immoralité ; par ce comportement, elle a engendré une descendance remplie de souillures et d'abominations. Comme nous l’avons compris, l’église catholique romaine est appelée "la mère des prostituées" car elle a engendré la chrétienté : le protestantisme, le milieu baptiste, le milieu adventiste, le milieu évangélique et tous leurs dérivés ; la religion chrétienne contient le plus grand nombre de dénominations au monde… Toutes ces dénominations, bien que prostituées dans leur source originelle se sont, certes, toujours plus rapprochées de la vérité biblique des Évangiles Juifs mais sont, malheureusement, restées forcément influencées par le milieu catholique, soit l’incarnation d’Essav par excellence, selon les secrets de la Torah.

 

Après cela, je vis descendre du ciel un autre ange, qui avait une grande autorité ; la terre fut éclairée de sa gloire. Il cria d'une voix forte, disant : Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande ! Elle est devenue une habitation de démons, un repaire de tout esprit impur, un repaire de tout oiseau impur et odieux, parce que toutes les nations ont bu du vin de la fureur de son impudicité et que les rois de la terre se sont livrés avec elle à l'impudicité et que les marchands de la terre se sont enrichis par la puissance de son luxe. Et j'entendis du ciel une autre voix qui disait : Sortez du milieu d'elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés et que vous n'ayez point de part à ses fléaux. Car ses péchés se sont accumulés jusqu'au ciel et D.ieu s'est souvenu de ses iniquités. (Révélation 18 :1-5)

 

Mais l'Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s'attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons (1 Timotheos 4 :1)

 

Vous ne pouvez boire la coupe du Seigneur et la coupe des démons ; vous ne pouvez participer à la table du Seigneur et à la table des démons. (1 Corinthiens 10 :21)

 

Certains chrétiens se sont donc laissés séduire jusqu'à boire à la coupe des démons, ils boivent les paroles mensongères et s’enivrent du vin de l'iniquité [de la violation de la Torah]. La table des démons est une table où la nourriture qui y est servie n'est que mensonge, remplie d'animaux impurs, de faux enseignements de choses abominables qui sont tout, sauf des aliments qui donnent de la vitalité… On doit clairement, choisir entre la table démoniaque de Jésus ou la sainte table du Mashiah Yeshoua car le mélange conduit à l'ivresse, l'ivresse conduit à la folie et la folie mène à la mort… De plus, il est enseigné : Car celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même. (1 Corinthiens 11 :2). Par conséquent, celui qui mange et boit indignement sans discerner, c'est celui qui se laisse séduire par de douces paroles mensongères, lui faisant croire qu’il prend part à la table du Seigneur mais le problème c'est que le non-converti, c'est-à-dire, celui qui ne respecte pas les mitsvot de la Torah n'a aucune part et n’a absolument aucune place à la table du Mashiah… Or, certaines personnes au nom de Jésus-Christ, l’idole de Rome, s'installent à la table du Mashiah Yeshoua et dénigre la Torah. Comment est-ce possible ? Les chrétiens ont forcé le passage pour manger et boire ce qui ne leur appartenait pas, cela s'appelle du vol et c'est pourquoi ces personnes boivent et mangent un jugement contre eux-mêmes… Toutes ces choses sont terribles.   

 

La paracha Toledot nous parle de la naissance des enfants de Its’hak et de Rivka : Yaakov et Essav. Or, il est extrêmement intéressant d’analyser l’influence édomite et antisémite des chrétiens contre la Torah en lien avec le personnage d’Essav.

 

Ensuite sortit son frère, dont la main tenait le talon d'Essav et on lui donna le nom de Yaakov. Its’hak était âgé de soixante ans, lorsqu'ils naquirent. (Béréshit 25 :26)

 

Le talon d’Essav signifie que Essav n’aura même pas terminé sa période de domination que l’autre, Yaakov se dressera pour lui reprendre le pouvoir. (Rachi)

En complément de Rachi, les Maître d’Israël nous enseignent que l'histoire humaine est divisée en trois périodes de 2000 ans chacune : 2000 ans de tohu-bohu [une époque éloignée de la Torah, de la chute d'Adam à Avraham] puis 2000 ans de Torah [d'Avraham à l'époque de la Mishna] et enfin, 2000 ans d'époque messianique [temps propice à la venue du Mashiah ben David] comme il est dit : Le monde durera 6000 ans : 2000 ans de tohu et bohu, 2000 ans de Torah puis 2000 ans de jours messianiques. (Avoda Zara 9a)

Toujours en complément à ce qui précède, nos Maîtres nous enseignent qu'en réalité, le serpent dans le Gan Eden n'était qu'une monture, tel un "cheval"… Or, lorsqu’on parle d’une monture, on parle forcément d’un chevauchant ! Le démon chevauchant est appelé [ne pas prononcer le nom] Samaël dans le Judaïsme, il est l'ange d'Essav/Edom [le monde occidental chrétien/romain].

Selon cette révélation de nos Maîtres, la puissance spirituelle d’Edom remonterait ainsi, au niveau même de la faute d’Adam Harichon… Maintenant, chose extrêmement étonnante, la guématria du "nahash" [le serpent en hébreu, soit 358] est la même que celle du mot "Mashiah" [358 également] … Que faut-il comprendre de toutes ces choses ? Quelle est cette folie ? Le Mashiah serait-il un serpent ?

Israël a connu quatre exils durant son histoire : l'exil de Bavel, des Mèdes et des Perses, de la Grèce et le dernier, celui d’Edom [de Rome]. Le dernier est annoncé comme le plus long et dure depuis environ 2000 ans, soit toute l'époque propice à la venue du Mashiah ben David comme nous l’avons vu, selon la Guémara. Par conséquent, ces derniers 2000 ans appartiennent donc à Edom, ayant reçu "tout pouvoir" dans le Olam Hazeh comme l’ont enseigné nos Maîtres. En effet, comme on le sait, Essav a hérité du Olam Hazeh [de ce monde] tandis que Yaakov a hérité du Olam Haba [du monde futur].

 

Nous savons que nous sommes de D.ieu et que le monde entier est sous la puissance du Satan. Nous savons aussi que le Fils de D.ieu est venu et qu'il nous a donné l'intelligence pour connaître le Véritable et nous sommes dans le Véritable, en son Fils, le Mashiah Yeshoua. (1 Yohanan 5 :19-20)

 

L’ange Essav "chevauche alors le Satan" ou dans d’autres termes, Essav "chevauche le nahash" ou encore selon la guématria, l’ange d’Essav "chevauche le Mashiah"… Néanmoins, comme nous l’a rapporté Rachi, nous avons une promesse : au temps de la délivrance finale, Yaakov va saisir le talon d’Essav [Bavel/Rome/l’église catholique romaine/le monde occidental] pour le détruire !  

Or, comment nos Maîtres appellent-ils la période de la délivrance finale ? La Torah Orale parle de la période du "talon du Mashiah" : cela signifie qu'Israël, aux temps de la fin, va saisir le talon qui est le nahash/mashiah chevauché par Edom et lui "arracher" la royauté ! Yeshoua sera ainsi, le Mashiah d’Israël écrasant l’idole du faux Messie catholique romain du nom de Jésus-Christ…

Plus simplement, plus Israël arrache le Mashiah au monde occidental chrétien, en redonnant au Rabbi Yeshoua de Natzeret une place de Juif kasher, plus le "talon d'Edom" se déchire pour bientôt s’écrouler totalement et alors Israël deviendra une véritable lumière des nations.

 

Jusqu'à ce que la ruine et ce qui a été résolu fondent sur le dévastateur. (Daniel 9 :27)

 

La fin des Romains [Essav] qui ont détruits Jérusalem sera leur anéantissement total par le Roi Messie annoncé. (Rachi)

 

Moshé est venu et a accompli sa mission quand il s’est avancé devant Pharaon, sur l’ordre de D.ieu et lui a dit : Ainsi parle le Seigneur, le D.ieu d’Israël : Renvoie mon peuple ! À cet instant, notre libérateur s’est vraiment manifesté … De la même façon, ce n’est que lorsque le Mashiah viendra devant le pape [l’incarnation de l’idolâtrie essavique] pour lui dire : Renvoie mon peuple, que l’on pourra dire qu’il est venu. (Propos de Na’hmanide)


Le christianisme d'Edom a aboli la Torah et s’est pris pour le nouvel Israël. Or, il est temps que Yaakov, le peuple d'Israël, se lève et le détruise également, théologiquement et idéologiquement.

 

Voici également une prophétie de nos Maîtres.

 

Rav Acha au nom de Rabbi Chouna dit : dans l’avenir, Essav se revêtira de son Talith et s’assiéra parmi les Justes dans le Gan Eden et Hashem l’en sortira de là. Pourquoi ? Il est dit : Quand même tu fixerais ton aire aussi haut que celui de l’aigle et la placerais dans la région des étoiles, je t’en précipiterais, dit l’Éternel. (Ovadia 1 :4). De ce texte, il faut savoir que les étoiles sont une allusion aux Justes comme il est dit : et ceux qui auront dirigé la multitude dans le droit chemin comme les étoiles, à tout jamais. (Daniel 12 :3). (Nedarim 12, Yéroushalmi)

 

Comme nous pouvons le constater, dans le Talmud Yéroushalmi, il est parlé du Talith d’Essav : ceci est un code de la Torah Orale pour parler de la chrétienté car comme nous l’avons bien détaillé, celle-ci s’est prise pour le nouvel Israël…

 

Or, il convient maintenant d’annoncer de bonnes nouvelles car de plus en plus de Juifs adhèrent au véritable Tsadik, Rabbi Yeshoua de Natzeret et de plus en plus de personnes quittent le christianisme d'Edom pour revenir aux racines Juives des Évangiles, à la Torah authentique et aux mitsvot. De même que Yossef s'est dévoilé à ses frères pour montrer que malgré ses habits égyptiens, il était resté fidèle à toute la Torah, de même le Rabbi de Natzeret dira "ani Yeshoua" et montrera à ses frères Juifs qu’il n'a jamais abandonné la Torah, ni enseigné son abolition. (Matityahou 5 :17).   

 

Au travers de ce commentaire, le but était de montrer combien le christianisme avait fait de nombreux dégâts dans la compréhension des Écrits Nazaréens, combien au nom du Christ, ils ont fait de nombreux massacres… Certes, il est évident : tous les chrétiens ne sont pas comme cela. Baroukh Hashem ! Néanmoins, un chrétien restera le disciple du Christ Jésus et restera soumis aux influences d’Essav. Regardons Luther… Le protestantisme a amené, pour l’époque et le degré de révélation extérieure, une meilleure compréhension des Évangiles mais en fin de course, celui-ci s’est détourné du message de paix tant de fois prêché, au détriment du peuple d’Israël… Ceci est une grosse anomalie. Comment l’expliquer ? Il convient de déclarer avec certitude que la foi agissante demandée par Shaoul à Philèmôn, devait être opérée non seulement d’un point de vue moral mais également d’un point de vue toraïque !

 

Avançons dans la compréhension des Écrits Nazaréens, détournons-nous davantage de l’église catholique, détruisons l’antisémitisme et soumettons-nous à la Torah et aux Maîtres d’Israël afin d’hâter le retour du Mashiah Yeshoua et la guéoula. Amen.

 

 

  • en pleine connaissance de tout le bien en nous : par le Rouah Hakodesh, le Tsadik crée en nous de bonnes kavanot afin d’affermir davantage la Kéhila et à ce sujet, il est enseigné : Grâce au rapprochement au Tsadik, toutes nos prières, l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot prennent une autre dimension. (L’attachement au Tsadik véritable, Éditions Keren Rabbi Israël)

 

 

 

  • pour le messie : la pensée charitable conçue par l’Apôtre Shaoul n’a pas seulement en vue Onèsimos, auquel celle-ci profitera directement mais bien le Mashiah lui-même, qui sera glorifié par tout sentiment de miséricorde et par tout acte de pardon.

Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes talmidim, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. (Yohanan 13 :34-35)

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7.     Oui, j’ai grande joie et réconfort de ton amour, parce que, si les entrailles des hommes consacrés ont eu du répit, c’est par toi, frère.

 

 

  • Oui, j’ai grande joie et réconfort de ton amour : l’Apôtre Shaoul témoigne d’une grande confiance en Philèmôn et à ce sujet, il est enseigné que l’on pourra trouver chez son prochain beaucoup de qualités dépassant les siennes et ce, dans de nombreux domaines. (Méguila Esther selon le ‘Hafets ‘Haïm)

 

COMMENTAIRE N°1

Comment on peut le constater, la Lettre pour Philèmôn met également l’accent sur la courtoisie.

Il est bien évident qu’un Nazaréen doit être imprégné de sainteté par l’honnêteté, la franchise et la transparence qui sont à l’opposé de l’hypocrisie et de la flatterie, caractérisant tellement notre monde actuel. Néanmoins, il ne faut pas laisser la franchise dégénérer en rudesse de cœur, les droits d’autrui doivent être pris en considération et reconnus ; le Nazaréen doit donc s’exprimer avec des sentiments purifiés et avec courtoisie. Puissions-nous nous inspirer de la manière bienveillante dont Shaoul exprime son approbation de la grâce et du ‘hessed présents en Philèmôn.

 

 

  • parce que, si les entrailles des hommes consacrés : cela fait référence au fort intérieur [principalement l’âme et le cœur mais en soi, l’être tout entier] des Nazaréens.

 

 

  • ont eu du répit, c’est par toi, frère : Philèmôn soulageait la Kéhila Nazaréenne par des actes de bienveillance concrets et par toutes autres bonnes actions, ce talmid du Mashiah étant un homme rempli de ‘hessed.

 

COMMENTAIRE N°2

 

En réalité, Shaoul prépare et dispose le cœur de Philèmôn afin qu’il puisse recevoir la requête qu’il va lui adresser en faveur d’Onèsimos. Dans cet esprit de émouna, d’amour, de dévouement et de communion fraternelle, cette requête ne pourra pas être refusée…

Je rends continuellement grâces à mon D.ieu, faisant mention de toi dans mes prières, parce que je suis informé de la foi que tu as au Seigneur Yeshoua et de ta charité pour tous les saints. Je lui demande que ta participation à la foi soit efficace pour la cause du Mashiah, en faisant reconnaître en nous toute espèce de bien. J'ai, en effet, éprouvé beaucoup de joie et de consolation au sujet de ta charité car par toi, frère, le cœur des saints a été tranquillisé. C'est pourquoi, bien que j'aie dans le Mashiah toute liberté de te prescrire ce qui est convenable, c'est de préférence au nom de la charité que je t'adresse une prière, étant ce que je suis, Shaoul, vieillard et de plus maintenant prisonnier du Mashiah. (Philèmôn 1 :4-9)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8.     Aussi, bien que j’aie dans le messie toute hardiesse pour te commander ce qui convient.

 

 

  • Aussi, bien que j’aie dans le messie : dans la Kéhila.

 

 

  • toute hardiesse pour te commander : et effectivement, comme on le sait, l’Apôtre Shaoul était un dirigeant de la Kéhila Nazaréenne siégeant au Concile de Jérusalem. (Actes 15 :2)

 

COMMENTAIRE N°1

Comme nous l’avons déjà évoqué dans notre commentaire précédent, l’Apôtre Shaoul commence à introduire son intercession pour Onèsimos.

Par conséquent, il est intéressant de remarquer quelles sont les supplications utilisées par Shaoul bien qu’il était en droit de faire usage de son autorité apostolique pour commander et donner des directives… En effet, Shaoul va présenter Onèsimos comme son fils spirituel, qui lui a été donné pendant son épreuve et son emprisonnement, une considération bien propre à émouvoir le cœur de Philèmôn.

 

Je te prie pour mon enfant, que j'ai engendré étant dans les chaînes, Onèsimos. (Philèmôn 1 :10)

 

 

  • ce qui convient : pour la cause du Mashiah [la réparation du monde].  

 

COMMENTAIRE N°2

L’avancée du véritable Évangile accentue la réparation du monde. D’ailleurs, il est intéressant de remarquer que la généalogie de Matityahou commence par les termes grecs "biblos genesos" : on pourrait le traduire par le Rouleau, le Livre de la Généalogie ou encore le Livre du Commencement… Ces mots sont intéressants car le but est d’adresser au lecteur, une allusion intentionnelle : une nouvelle Création commence par l’acceptation de l’Évangile, soit par le fait d’accepter Yeshoua comme étant le Mashiah d’Israël promis.

 

NOUVELLE CRÉATION = RÉPARATION DE LA CRÉATION SOUMISE AU PÉCHÉ

 

NOUVELLE CRÉATION = TIKOUN HAOLAM [RÉPARATION DU MONDE]

 

Chaque être humain reçoit un héritage biologique et spirituel. Par exemple, Adam et ‘Hava nous ont transmis par le péché, par leur désobéissance dans le Gan Eden un héritage corrompu. Par ce péché et cette désobéissance, la mort s'est étendue sur tous les hommes mais l’Évangile est présenté par Matityahou, comme un "biblos genenos" : un moyen pour tout redémarrer, un moyen pour enfanter de meilleurs fruits. Ces mots grecs sont plutôt intéressants car même si Matityahou cherche à démontrer la messianité de Yeshoua dans son Évangile, nous pourrions aussi voir dans cette expression, un message universel : un nouveau Béréshit, une nouvelle Création, un monde nouveau et renouvelé nous est offert par l’acceptation de l’Évangile, soit par le fait de se soumettre au Tsadik et Mashiah, Rabbi Yeshoua de Natzeret. 

 

Ainsi, à la lumière de ces explications, on comprend aisément que l’Évangile nous conduit vers un processus de réparation du monde. Or, ce tikoun haolam offert en Yeshoua, éveille un désir en nous, un désir de nous détourner du péché et un désir d’œuvrer pour un monde de paix ; un monde ou régneraient la prospérité, la santé et la justice pour tous… L'importance de travailler individuellement et collectivement vers un monde meilleur, sera vitale pour tous talmidim de Yeshoua et nous définira comme de véritables enfants de D.ieu actifs et présents pour le bien-être de toute la Création.

 

C’était la pensée de Shaoul pour Philèmôn. 

 

En effet, la motivation pour un monde meilleur et réparée est inspirée du cœur même de l’Évangile et sera influencé par le Rouah Hakodesh tout au long de notre vie. Par nos téfilot au nom de Yeshoua, par notre sanctification permanente et par nos mitsvot, Hashem répare et perfectionne le monde. Or, il est vraiment important de comprendre que ce monde brisé a besoin de réparation et par l’intermédiaire du Mashiah, nous aurons la dévotion personnelle et intérieure nécessaire pour œuvrer dans cet objectif.    

 

Comment influençons-nous le monde par nos choix moraux ? Comment participons-nous au tikoun haolam ? Chacun individuellement doit se poser et répondre à ces questions.

 

Hashem a créé l’homme et le monde avec un manque mais lui a aussi octroyé le principe de complétude en lui offrant l’Évangile. Par le Rouah du Mashiah, on trouvera comme une sorte de programme en nous : le désir de réparer et non pas de survivre, de manger, de procréer ou encore de se protéger comme chez les animaux ; au contraire, le Rabbi nous a insufflé le souffle sacré nécessaire pour arranger et réparer le monde ! Ce désir est inhérent pour un véritable Nazaréen. 

 

La Création, l’humanité elle-même, est séparée du divin... Épouser cet esprit d’unité par l’Évangile avec Hashem nous permet donc de nous dégager de cette séparation. De plus, le tikoun haolam proposé par l’Alliance Renouvelée en Yeshoua, c’est aussi l’espoir de partager un but commun ! Comme le déclare l’Apôtre Shaoul à Philèmôn, tout véritable Nazaréen devra manifester la gloire de D.ieu dans le monde et faire avancer l’humanité en général !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9.     à cause de l’amour, je supplie plutôt, tel que je suis, Paulos, un vieillard, et maintenant aussi un prisonnier du messie Iéshoua’.

 

 

  • à cause de l’amour : l’Apôtre Shaoul ne souhaitait pas donner d’ordre au nom d’Hashem à Philèmôn mais bien au contraire, il souhaitait éveiller en lui l’amour digne d’un véritable Nazaréen.

 

COMMENTAIRE N°1

L’Apôtre Shaoul, en tant qu’Apôtre et Maître de la Kéhila Nazaréenne, avait, comme nous l’avons vu plus haut, une autorité qui lui donnait le droit d’exiger l’obéissance de tous Nazaréens. En effet, Shaoul était un dirigeant de la Kéhila et par ce titre, bénéficiait du droit de commander. Il possédait une autorité, conférée par le Seigneur par laquelle, Shaoul pouvait largement déclarer : "Je veux qu’il en soit ainsi" et tous devaient se soumettre... Dans le cas de Philèmôn, Shaoul aurait pu se prévaloir de ce caractère d’autorité pour exiger la réintégration d’Onèsimos mais comme on peut le constater, il ne l’a pas fait… Se présente-t-il dans sa dignité d’Apôtre pour se faire obéir ? Se sert-il de ses droits ? Non, il est simplement Shaoul, prisonnier du Mashiah Yeshoua et un vieillard comme il est dit : Shaoul, prisonnier du Mashiah Yeshoua. (Philèmôn 1 :1) ou encore : Je suis, Shaoul, vieillard et de plus maintenant prisonnier du Mashiah Yeshoua. (Philèmôn 1 :9)

Shaoul évoque sa dépendance et sa faiblesse : il est prisonnier, chargé de chaînes et vieux... Or, ce n’est pas n’importe quel vieillard mais bien un vieillard affaibli par beaucoup de souffrances au nom de l’Évangile et par les soucis l’assiégeant chaque jour pour toutes les communautés Nazaréennes comme il est dit : Et, sans parler d'autres choses, je suis assiégé chaque jour par les soucis que me donnent toutes les communautés. (2 Corinthiens 11 :28)

Si Shaoul, au lieu de se présenter dans sa faiblesse, avait imposé un devoir à Philèmôn, tout l’enseignement de cette magnifique humilité aurait été perdu… Shaoul était parfaitement libre d’user de ce droit vis-à-vis de Philèmôn mais pourtant, l’Apôtre du Mashiah a volontairement abandonné cette autorité afin de lui enseigner ce qu’il attendait véritablement de lui : la manifestation visible de sa bonté tant reconnue parmi la Kéhila. Or, si l’Apôtre Shaoul avait commandé à Philèmôn de recevoir son esclave fugitif, celui-ci n’aurait nullement donné essor à tous ses sentiments tant bien décrits dans cette Lettre. En effet, Philèmôn aurait, sans doute, obéi à Shaoul mais cette obéissance aurait pu ne rien changer à son cœur contenant peut-être un certain ressentiment envers Onèsimos…

Ainsi, Philèmôn, comme nous l’avons vu, connaissait bien la vertu du ‘hessed et le pratiquait mais l’Apôtre Shaoul l’engage ici à le manifester selon la difficulté présente.

Et Rava n'a-t-il pas dit : Quiconque supprime son honneur et pardonne à quelqu'un de lui avoir fait du tort, D.ieu pardonne tous ses péchés. (Yoma 87b)

La Lettre à Philèmôn est remplie d’amour du commencement à la fin.

 

  • je supplie plutôt, tel que je suis : dans l’idée d’éveiller de bons sentiments chez le Nazaréen, Philèmôn.

 

 

COMMENTAIRE N°2

Shaoul supplie Philèmôn… Lui, le grand Apôtre des non-Juifs, revêtu de la dignité d’un envoyé de D.ieu, dont la vie avait glorifié le Mashiah et incitait le respect… Comment est-ce possible ? Dans cette Lettre pour Philèmôn, comme nous l’avons vu, Shaoul n’est pas un Apôtre mais un vieillard et un prisonnier. Or, de façon générale, on a de la pitié pour un vieillard et on aime lui servir de soutien, et on a aussi de la commisération pour un prisonnier.  Ainsi, l’Apôtre Shaoul oublie toute sa dignité, il s’humilie aux pieds de Philèmôn…

Voici un extrait de la Lettre du Rambam, celle-ci nous permettra de mieux appréhender le concept de l’humilité dans notre vie.  

Écoute mon fils les remontrances de ton père et ne délaisse pas les instructions de ta mère. (Mishlei 1 :8) et prend l’habitude de toujours parler posément à chacun, en toutes circonstances. Tu éviteras ainsi la colère car c’est un défaut particulièrement grave auquel, succombent les hommes. Or, disent nos Sages : Toutes sortes de maux ont prise sur celui qui s’emporte car il est dit : chasse la colère de ton cœur et éloigne le malheur de ta personne. (Qohèleth 11 :10). Et qu’appelle-t-on malheur ? Ce sont les souffrances de l’enfer puisqu’il est dit : Et le mécréant lui aussi, au jour du malheur. (Mishlei 22 :3). Lorsque tu te seras débarrassé de la colère, tu t’appliqueras à acquérir la modestie, qui est la meilleure d’entre toutes les qualités comme il est dit : La crainte de D.ieu est le fruit de l’humilité (Mishlei 22 :4). C’est donc grâce à la modestie que tu acquerras la crainte de D.ieu puisque sans cesse, tu te rappelleras d’où tu viens et où tu finiras par aller, que tu n’es qu’un insecte et qu’une vermine tant que tu es vivant ; à plus forte raison, lorsque tu seras mort et devant qui tu devras finalement rendre des comptes, devant le Roi Tout Puissant comme il est dit : Le Ciel et tous les Cieux ne sauraient te contenir. (1 Melakhim 8 :27) ou encore : Est-ce que je ne remplis pas le Ciel et la terre ? déclare D.ieu. (Yrmeyahou 23 :24). C’est en méditant toutes ces pensées que tu viendras à craindre ton Créateur et à fuir le pêché car ce sont ces vertus qui te permettront d’apprécier ton lot. Lorsque tu auras appris à te laisser guider par la modestie, que tu te conduiras avec humilité envers tous et que tu redouteras les hommes et les fautes, l’esprit de D.ieu rayonnera sur toi et tu mériteras la vie dans le Olam Haba. À présent mon fils, il faut que tu te pénètres bien de l’idée que celui qui conçoit l’orgueil et se sent supérieur à autrui, se révolte en fait contre le règne de D.ieu en s’attribuant un apparat réservé à lui seul, comme il est dit : D.ieu règne, il est revêtu de majesté. (Téhilim 93 :1). D’ailleurs, de quoi l’homme pourrait-il s’enorgueillir ? De sa richesse ? C’est D.ieu qui appauvrit et qui accorde la richesse. (1 Shmouel 2 :7). De sa gloire ? Celle-ci n’appartient-elle pas à D.ieu seul comme il est dit : De Toi émanent richesse et honneur. (1 Divré Hayamim 29 :12). Comment pourrait-on dès lors se vanter d’une qualité qui revient à D.ieu ? De sa sagesse ? Il enlève la parole aux orateurs éprouvés et ôte le jugement aux vieillards. (Mishlei 12 :20). On voit bien que tout ceci ne fait aucune différence pour D.ieu car il humilie dans son courroux les arrogants et dans sa bienveillance, il élève les humbles : fais-toi donc humble, D.ieu te relèvera. Je vais donc t’expliquer comment tu dois te conduire pour acquérir l’humilité dans chacun de tes actes. Exprime-toi toujours avec retenue, baisse la tête, garde les yeux fixés au sol et le cœur tourné vers les Cieux. Ne regarde jamais ton interlocuteur droit dans les yeux, n’importe qui doit te sembler plus important que toi ! Si c’est un sage ou un riche, honore-le ; si c’est un miséreux et que tu es plus sage ou plus riche que lui, convaincs-toi que tu as plus tort que lui et qu’il possède plus de mérites que toi et que les fautes qu’il commet sont dues à l’ignorance alors que toi, tu les fait en pleine connaissance de cause. Rends-toi bien compte, dans toutes tes paroles, tous tes actes et toutes tes pensées, soit à tout moment, que tu te tiens, en cet instant même devant le Saint Béni soit-Il et que sa Shekhina est au-dessus de toi car sa gloire remplit l’univers : tes paroles seront donc empreintes d’humilité et de respect, comme celles d’un serviteur qui se tient auprès de son maître. Sache donc rester humble devant tous et si on t’interpelle, ne réponds pas à voix trop haute mais doucement, comme le ferait un esclave devant son maître. Veille particulièrement à étudier la Torah afin de pouvoir l’accomplir et lorsque tu auras achevé l’étude d’un texte, tu t’appliqueras à y trouver ce que tu peux en accomplir. Examine tes actes matin et soir : tu consacreras ainsi ton existence à te repentir. Détache ton cœur des pensées de ce monde pendant la prière et prépares-toi lorsque tu te tiens devant D.ieu : purifie tes pensées et réfléchis au sens des mots que tu prononces avant qu’ils ne franchissent le seuil de tes lèvres. Agis toujours ainsi, à tout propos, tous les jours de ta vaine existence et tu ne succomberas pas au péché. C’est ainsi que tu assureras la rectitude de tes paroles ainsi que de tes actes et de tes pensées ; ta prière sera pure, nette et claire : c’est à D.ieu qu’elle s’adressera et il l’agréera comme il est dit : Tu affermis leur cœur, tu leur prêtes l’oreille. (Téhilim 10 :17). Lis cette lettre une fois dans la semaine au moins, afin de l’accomplir et de suivre ses conseils pour te laisser guider par D.ieu constamment, afin de réussir dans tout ce que tu entreprendras et de mériter le Olam Haba réservé aux Tsadikim. Amen. Selah. (Iguéret HaRambam) 

Que l'humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. (Philippiens 2 :3)

En complément de l’Iguéret HaRambam, nous pourrons également nous inspirer d’un enseignement du Pirké Avot : Celui qui rapporte une parole au nom de son auteur amène la rédemption au monde car il est dit : Esther le rapporta au roi au nom de Mordékhaï. (Pirké Avot 6 :6)

Mordékhaï eut connaissance de la chose et en informa la reine Esther, qui la redit au roi de la part de Mordékhaï. (Esther 2 :22)

Lorsqu’une personne ne dévoile pas la véritable identité de l’auteur d’une parole, celui-ci garde tous les mérites par orgueil et c’est pourquoi la délivrance ne vient pas ! Or, lorsqu’il annonce les choses au nom de celui qui a parlé, il fait preuve d’humilité et mérite ainsi la délivrance. On peut comprendre maintenant pourquoi la Méguila porte le nom d’Esther et non de Mordékhaï.

Humiliez-vous devant le Seigneur et il vous élèvera. (Yaakov 4 :10)

Comment Haman a-t-il pu faire passer un décret d’extermination sur le peuple Juif ? Et comment grâce aux Tsadikim, Mordékhaï et Esther, ce décret retomba directement sur le descendant d’Amalek ? Lorsque l’unité [echad] est dans le peuple Juif, son adversaire ne peut pas le dominer… En effet, au départ, Haman avait déclaré que le peuple Juif était "dispersé et éparpillé" et ainsi, il en avait déduit qu’il pouvait le vaincre. Pour contrer cette dispersion, Esther a dit : Va rassembler ! Avec la force de l’unité, la délivrance est donc arrivée. (Inspiré du ‘Hafets ‘Haïm)

Alors Haman dit au roi Arachvéroch : Il y a dans toutes les provinces de ton royaume un peuple dispersé et à part parmi les peuples, ayant des lois différentes de celles de tous les peuples et n'observant point les lois du roi. Il n'est pas dans l'intérêt du roi de le laisser en repos. (Esther 3 :8)

Esther envoya dire à Mordékhaï : Va, rassemble tous les Juifs. (Esther 4 :15-16)

Comme le ‘Hafets ‘Haïm nous l’enseigne et comme l’Apôtre Shaoul souhaite l’enseigner à Philèmôn, notre rapport dans la communauté doit être echad [un] et en réalité, ceci est une clé pour affronter nos adversaires. L’unité est le cœur de la communion fraternelle. Détruisons cela et nous arrachons le cœur du corps du Mashiah. Yeshoua a payé le prix pour le Am Israël et celui-ci vaut la peine d’être protégé… Une partie de notre responsabilité, c’est de protéger l’unité : ce sera notre force ! Nous n'avons pas été appelés pour chercher des comparaisons avec les autres, ni pour chercher des rivalités, ni pour nous critiquer mutuellement ; nous sommes une véritable famille et nous devons combattre les uns avec les autres.

Rendez-vous, par la charité, serviteurs les uns des autres. Car toute la Torah est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous ne soyez détruits les uns par les autres. (Galates 5 :13-15)

Si tu aimes ton prochain comme toi-même, je suis D.ieu parmi vous et je vous aime tous les deux ! Si tu ne l’aimes pas comme toi-même, je ne suis pas D.ieu au milieu de vous mais simplement une idole de votre imagination. (Méguila Esther selon le ‘Hafets ‘Haïm)

Le ‘Hafets ‘Haïm nous rapporte également une parabole fort intéressante afin d’illustrer tous ces propos :  Un homme extrêmement riche avait plusieurs fils, ils étaient des marchands avisés et savaient fort bien développer le commerce. Néanmoins, chacun convoitait la place de l’autre et souhaitait de toutes ses forces, le dépasser ! Un homme est venu et leur a déclaré : Pourquoi vous épuiser tellement chacun de votre côté ? Votre travail est sans fin ! Chacun de vous est avide de l’autre, comment cela va-t-il finir ? Il vaudrait mieux vous aimiez l’un l’autre, comme un homme qui aime tous les membres de son corps, sans avidité et sans haine. Alors vous serez tous aimés par votre père ! De plus, sa fortune vous reviendra un jour et elle sera largement suffisante pour vous-mêmes, vos enfants et tous vos descendants !

La société dans laquelle nous vivons est celle du paraître et de la performance, c’est celui qui paraîtra le plus fort, le plus beau, le plus intelligent, le "best" dans tous les domaines qui gagnera la course ; la société met sur un piédestal l’arrogant... Toutefois, voilé dans un semblant de maîtrise, l’arrogant est dans une grande souffrance : il ne pourra jamais vraiment exprimer "son vrai moi" ! En effet, comment être soi-même lorsqu’on est absorbé par le paraître ? L’humilité est une réelle liberté. La vérité nous occupe et oriente notre vie, elle nous permet d’être libre, de nous exprimer avec authenticité et tranquillité. L’homme humble qui détient la vraie confiance en soi est au-dessus de la médiocrité et il n’est jamais contraint de répondre à toutes formes d’attaques possibles.

Sois transportée d'allégresse, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici, ton Roi vient à toi ; il est juste et victorieux, il est humble et monté sur un âne, sur un âne, le petit d'une ânesse. (Zekharia 9 :9)

 

Autrefois, les gens importants chevauchaient un cheval mais les Écrits Nazaréens nous rapporte que le Mashiah Yeshoua, malgré toute sa grandeur, a chevauché un simple âne… Or, comme on le sait, l’âne est un signe d’humilité.

 

Voici également d’autres enseignements de nos Maîtres sur le sujet.

 

Celui qui voudra prendre le dessus sur son prochain, qui ne le respectera pas et qui agira contre lui, sera châtié par Hashem. (Méguila Esther selon le ‘Hafets ‘Haïm)

 

Celui qui marche (…) d'une manière arrogante, même quatre coudées, c'est comme s'il repoussait les pieds de la Shekhina comme il est écrit : Le monde entier est plein de sa gloire. (Yeshayahou 6 :3). Celui qui marche d'une manière arrogante montre un manque de respect pour la gloire et l'honneur de D.ieu qui l'entoure, il chasse ainsi D.ieu de cet endroit. (Bérakhot 43b)

Ne t'élève pas devant le roi et ne prends pas la place des grands. (Mishlei 25 :6)

Pour la façon de s’asseoir, il sera également préconisé d’avoir une place parmi les modestes et non parmi les gens importants.

Car quiconque s'élève sera abaissé et quiconque s'abaisse sera élevé. (Loucas 14 :11)

Rechercher l’humilité est un processus de sanctification, celle-ci prépare la voie de l’homme, lui retirera de nombreuses embûches et le conduira vers de grands bonheurs…

Akabyah ben Mahalalel a dit : Notez bien trois choses et vous n'entrerez pas dans la faute : sachez d'où vous venez, où vous allez et devant qui vous êtes destinés à rendre compte. D'où viens-tu ? D'une goutte putride. Où allez-vous ? Dans un lieu de poussière, de ver et d'asticot. Devant qui êtes-vous destinés à rendre compte ? Devant le Roi des rois, le Saint Béni soit-Il. (Pirké Avot 3 :1)

Et l'Éternel l'entendit. Or, Moshé était un homme fort humble, plus qu'aucun homme sur la face de la terre. (Bamidbar 12 :3)

Moshé examinait, intégrait et trouvait une belle qualité chez chacun, étant donné qu’un homme n’est pas comme un autre… En effet, l’unique donnée commune des hommes, c’est qu’une qualité toute spéciale et personnelle pourra être trouvée chez chacun. (Rabbi Its’hak de Volojine)

L’humilité nous dispose à apprendre de chacun et même de personnes simples, c’est une qualité pour laquelle, l’homme doit être un véritable extrémiste comme cela est également par le Rambam : Il y a certains traits de caractère par rapport auxquels, il est défendu de suivre le chemin du milieu. Au contraire, il convient de fuir un extrême pour l’autre. Telle l’arrogance : il ne convient pas simplement d’être modeste mais d’être extrêmement humble. C’est la raison pour laquelle, il est dit de Moshé qu’il était fort modeste, non simplement modeste… Nos Sages nous ont donc ainsi exhortés : Sois très humble. Et ils ont même dit : Que soit mis au ban celui qui a même un brin d’orgueil. (Mishné Torah du Rambam, Hilkhot Déot, chap. 2)

 

  • Paulos, un vieillard : au moment de cette Lettre, l’Apôtre Shaoul était d’un âge avancé.  

 

 

  • et maintenant aussi un prisonnier du messie Iéshoua’ : comme nous l’avons vu, l’Apôtre Shaoul a, certainement, écrit cette Lettre lorsqu’il était en prison. 

 
 
 
 

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10.     et je te supplie pour mon enfant que j’ai engendré dans les liens, Onèsimos.

 

 

  • et je te supplie pour mon enfant : les talmidim d’un Rabbi sont appelés ses "enfants" comme cela est enseigné dans la ‘Hassidout : les talmidim sont appelés "enfants" et ceci permet de mesurer leur proximité avec leur Rabbi. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 27)

 

COMMENTAIRE N°1

 

Le Rambam décrit également les disciples d’un Sage comme étant également ses enfants.

L’obligation de perpétuer la Torah n’est pas limitée aux fils et petits-fils ; en fait, il incombe à chaque Sage du peuple Juif d’enseigner la Torah à des disciples, bien qu’ils ne soient pas ses enfants comme il est dit : Tu les enseigneras à tes fils. Néanmoins, par la tradition orale, les Sages nous ont enseigné : tes fils, ce sont aussi tes disciples car les disciples sont également appelés, les fils du Sage. (Mishné Torah du Rambam, Talmud Torah, chap. 1) 

 

 

  • que j’ai engendré : par l’annonce de l’Évangile.

 

COMMENTAIRE N°2

 

Quiconque fait entrer une créature sous les ailes de la Shekhina, on lui tient compte comme s'il l'avait créée, façonnée et amenée au monde. (Tossefta Horayot 2 :7)

 

Nous pouvons également rapprocher cette parole de nos Maîtres des propos de l’Apôtre Shaoul présents dans la Lettre aux Nazaréens de Corinthe comme il est dit : Car quand vous auriez dix mille maîtres dans le Mashiah, vous n'avez cependant pas plusieurs pères, puisque c'est moi qui vous ai engendrés dans le Mashiah Yeshoua par l'Évangile. (1 Corinthiens 4 :15)

 

COMMENTAIRE N°3

 

Reish Lakish a déclaré : Quiconque enseigne la Torah au fils d'un autre, le verset lui attribue le mérite d'avoir formé cet étudiant comme il est dit : Et Avram a pris Saraï, sa femme (…) et les âmes qu'ils ont formées à Charan. (Béréshit 12 : 5) (Sanhédrin 99b)

Dans le même élan, nous pourrons rapprocher cette parole de nos Maîtres des propos de l’Apôtre Shaoul présents dans la Lettre aux Nazaréens de Galatie comme il est dit : Mes enfants, pour qui j'éprouve de nouveau les douleurs de l'enfantement, jusqu'à ce que le Mashiah soit formé en vous. (Galates 4 :19)

 

 

  • dans les liens : en prison.

 

COMMENTAIRE N°4

 

Cette courte Lettre fut probablement composée au même moment et dans les mêmes circonstances que les Lettres aux Colossiens, aux Éphésiens et aux Philippiens formant toutes, les Lettres dites "de la captivité" dans lesquelles, l’auteur mentionne à chaque fois qu’il est enchainé comme il est dit : Priez en même temps pour nous, afin que D.ieu nous ouvre une porte pour la parole, en sorte que je puisse annoncer le mystère du Mashiah, pour lequel je suis dans les chaînes. (Colossiens 4 :3) ou encore : À cause de cela, moi Shaoul, le prisonnier du Mashiah pour vous non-Juifs... (Éphésiens 3 :1) ou encore : Il est juste que je pense ainsi de vous tous, parce que je vous porte dans mon cœur, soit dans mes liens, soit dans la défense et la confirmation de l'Évangile, vous qui tous participez à la même grâce que moi. (Philippiens 1 :7)

 

Onèsimos et Shaoul