QUELQUES PERSONNAGES DU ROMAN CLÉMENTIN 

 

PAUL DE TARSE, PUIS SIMON LE MAGE ET MARCION

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Parmi les fausses doctrines que les clémentines dénoncent, est mentionné l’opposition à la Loi mosaïque prêchée par « l’homme ennemi » ; cette expression fait référence à Paul, considéré par le Roman comme étant l’incarnation même du Satan. En effet, selon les pseudo-clémentines, le grand péché de Paul est de refuser la prédication "mosaïque" de Pierre.

 

Or, pour commencer, il est important de préciser que comme nous pouvons déjà le constater, cette interprétation des textes contredit les propos de Pierre lui-même dans les Écrits Nazaréens : « Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Paul vous l'a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée. C'est ce qu'il fait dans toutes les Lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Écritures, pour leur propre ruine. » (2 Pierre 3 :15-16) ; nous pouvons clairement constater que pour Pierre, l’Apôtre Paul n’est pas un « homme ennemi » mais au contraire, un « homme sage » simplement mal compris par certains de ses adeptes.

 

Dans la Lettre de Pierre à Jacques, « l’homme ennemi » [Paul] est accusé d’avoir défini Pierre comme un homme professant en public la fidélité à la Torah alors qu’en privé, Pierre enseignerait une autre doctrine bien plus "ouverte" comme il est dit : « Car certains parmi les nations ont rejeté la prédication conforme à la Torah qui était la mienne, pour adopter un enseignement contraire à la Torah les sornettes de « l’homme ennemi ». Et cela, de mon vivant : Certains ont entrepris de travestir mes paroles par des interprétations artificieuses pour abolir la Torah, en prétendant que moi-même, je pensais ainsi, même si je ne le proclamais pas ouvertement. Loin de moi pareille attitude ! » (Lettre de Pierre à Jacques 2 :5-7). Selon les spécialistes, une allusion subtile au conflit d’Antioche pourrait être perçue dans cet épisode ; ce conflit est décrit dans la Lettre aux Galates où effectivement, Paul reproche à Pierre d’avoir agi à l’encontre de ses convictions en se détachant, sous l’influence des « partisans de la circoncision » proches de Jacques, des premiers adhérents non-Juifs.

 

Dans les Reconnaissances, selon plusieurs avis, « l’homme ennemi » correspond sans nul doute à Paul, et tous les discours sur la supériorité de la connaissance directe de Jésus que possède Pierre sur les visions et les révélations de Simon le Mage, pourraient certainement constituer un sous-entendu destiné à dénigrer l’épisode de la "conversion" de Paul sur le chemin de Damas. (cf. Actes 22) Toutefois, il est intéressant de constater que P. Piovanelli, un spécialiste de l’histoire du Judaïsme de la période du Second Temple et des origines du christianisme, est d’avis que les Homélies et les Reconnaissances ne visent pas directement Paul étant donné que selon lui, son nom n’est jamais mentionné explicitement, puis parce que les allusions faites à son sujet n’ont pas gêné les lecteurs et les traducteurs, ni même Rufin (12). Il semblerait donc que nous puissions considérer l’hypothèse selon laquelle, certains judéo-chrétiens du 2nd siècle auraient "fait mine" de dénigrer Paul simplement pour ruiner l'argumentaire marcionite de l'abrogation de la Torah [étant donné que celui-ci est basée principalement sur la lecture des Épitres pauliniennes].

 

Nous rejoignons ainsi, l’avis de N. Kelley ayant déclaré qu’une partie du programme polémique des Reconnaissances est dirigée contre Marcion et ses disciples, notamment à cause de l’influence des communautés marcionites dans la Syrie de l’Antiquité tardive (13). F. S. Jones partage également ce point de vue, en spécifiant que derrière la figure de Simon le Mage ne se cache pas seulement Paul mais toutes les figures anti-Juives dont Marcion. A. Salles, quant à lui, refuse de voir derrière Simon le Mage d’autres adversaires ; il considère que l’auteur du Roman, s’est attaqué à Simon lui-même et à plus fortes raisons, à la secte des simoniens (14). En effet, il est aussi important de démontrer que les pseudo-clémentines s’acharnent principalement contre Simon le Mage, un personnage également présent dans le Livre des Actes comme il est dit :  « Il y avait auparavant dans la ville un homme nommé Simon, qui, se donnant pour un personnage important, exerçait la magie et provoquait l'étonnement du peuple de la Samarie. »  (Actes 8 :9). P. Piovanelli a le mérite de prendre tout cela en considération et clarifie : Le personnage de Simon a été réutilisé, au fur et à mesure du Roman afin de réfuter, par son intermédiaire, les incarnations successives d’un "paulinisme" que les porteurs des traditions clémentines jugeaient bien trop radical ; à savoir, les théologies marcionites, gnostiques, manichéennes ou peut-être même celles liées avec l’orthodoxie nicéenne (15). En effet, comme on le sait, Marcion entend se fonder uniquement sur l’Écriture mais ne considère que l’Évangile selon Luc et les Épîtres pauliniennes comme valides ; il élimine absolument tout ce qui se rapporte à la Bible hébraïque. La doctrine de Marcion rompt complétement avec la tradition Juive : du contraste absolu qu'il décèle dans les Épîtres de Paul, entre la Loi Juive et l'Évangile de la grâce, ce dualiste gnostique conclut à l'existence de deux principes divins. Marcion dénie ainsi, la continuité entre la Bible hébraïque et va jusqu’à distinguer le D.ieu Créateur [de l’Ancien Testament] et le D.ieu de bonté apparu dans l'Évangile.

 

Voici également l’avis de l'historien Karl Evan Shuve sur le sujet : La doctrine des fausses péricopes des Homélies semble avoir été façonnée pour réfuter les doctrines de Marcion en particulier, dont les antithèses cherchaient à établir une distinction entre le D.ieu proclamé des Écritures Juives et le « D.ieu chrétien » révélé par le Christ. Autre exemple, puisque le marcionites protestaient contre les judéo-chrétiens qu'un D.ieu qui « aime la graisse, les sacrifices, les offrandes et les libations » ne peut être en même temps « autosuffisant, saint, pur et parfait » (Homélies 2, 44) ; les Homélies rétorquèrent que D.ieu n'a jamais ordonné les sacrifices et qu'il s'agit d'ajouts postérieurs à la Torah. 

 

En fait, le problème soulevé par la littérature clémentine contre Paul, selon le bibliste F. Manns, réside dans le fait qu’au deuxième siècle, les communautés chrétiennes furent secouées par les doctrines de Marcion, lequel se présentait comme étant « le nouveau Paul » dans le rejet de la Torah ; il est connu que Marcion s’est appuyé sur les Épîtres pauliniennes pour casser complétement le Judaïsme. F. Manns va jusqu’à penser que les critiques contre Paul visent en fait Marcion. (Les Pseudo-Clémentines, Homélies et Reconnaissances, État de la question, F. Manns) et selon toute vraisemblance, le Livre des Actes [étant pro-paulinien et pro-Torah] écrit par Luc donne du crédit à cette logique de lecture étant donné qu’il est stipulé : « Je suis Juif, reprit Paul. » (Actes 21 :39) ou encore : « Je t'avoue bien que je sers le D.ieu de mes pères selon la voie qu'ils appellent une secte, croyant tout ce qui est écrit dans la Torah et dans les Prophètes. » (Actes 24 :14) ou encore : « C'est pourquoi fais ce que nous allons te dire. Il y a parmi nous quatre hommes qui ont fait un vœu ; prends-les avec toi, purifie-toi avec eux et pourvois à leur dépense, afin qu'ils se rasent la tête. Et ainsi tous sauront que ce qu'ils ont entendu dire sur ton compte est faux mais que toi aussi tu te conduis en observateur de la Torah. » (Actes 21 :23-24)

 

À ce sujet, il est également intéressant que constater que le Livre des Actes, contrairement aux revendications ébionites clémentines, nomme Paul comme "chef de la secte des Nazaréens" comme il est dit : « Nous avons trouvé cet homme, qui est une peste, qui excite des divisions parmi tous les Juifs du monde, qui est chef de la secte des Nazaréens. » (Actes 24 :5). En effet, en complément de tous ces témoignages, le bibliste F. Manns s’est permis de conclure que les Nazaréens nous sont connus par Épiphane (Pan 18 ; 20, 3 ; 29, 6, 1 et 29, 19, 5) et par Jérôme (Les hommes illustres, 3) ; ce groupe utiliserait l’Évangile de Matthieu en hébreu, continue d’observer la Torah et croit à la résurrection des morts. Pour Jérôme, toujours selon F. Manns, les Nazaréens reconnaissaient l’apostolat et les Écrits de Paul ; leur exégèse sur le chap. 9 d’Ésaïe distinguait deux étapes dans l’évangélisation : « La première allant du Christ auprès des Juifs eut pour effet de les délivrer des erreurs des traditions judaïques, la seconde est l’œuvre de Paul ayant prêché l’Évangile aux païens, ce qui a éclairé le monde entier. ». Pour F. Manns, aux dires des témoignages patristiques, certains Nazaréens pro-Torah ne se seraient donc jamais permis d’appeler Paul « l’homme ennemi ».

 

À ce stade, il convient de conclure qu’à quelques exceptions près, la pratique des judéo-chrétiens de mouvance Nazaréenne, ébionite ou encore elkasaïte ne se distinguent nullement des autres Juifs mais force est de constater que le « ministère particulier » de Paul parmi les non-Juifs n’était pas reconnu comme "valable" parmi toutes les communautés judéo-chrétiennes. En effet, l’hostilité envers Paul de Tarse est un trait bien connu de certains groupes judéo-chrétiens, dont les ébionites (Irénée de Lyon, Contre les hérésies, 1, 26, 2) ou encore les elkasaïtes (Eusèbe de Césarée, Histoire Ecclésiastique, Livre III, 27). En conséquence, il n’est donc pas étonnant de voir que la littérature clémentine refuse à Paul, le droit d’exercer son apostolat et ce, sous prétexte que l’Apôtre n’aurait pas connu Jésus selon la chair ; elle n’hésite donc pas à contester la valeur de ses visions. (cf. Actes 9)

 

À noter que selon O. Cullmann, Paul est effectivement un ennemi des judéo-chrétiens mais il précise également : Ces milieux continuent la tradition de ceux qui du vivant de l’Apôtre, avaient déjà essayé de ruiner son œuvre. (O. Cullmann, Le problème littéraire et historique du Roman Pseudo-Clémentin) et ces propos vont dans le même sens que la Lettre aux Galates : « Et cela, à cause des faux frères qui s'étaient furtivement introduits et glissés parmi nous, pour épier la liberté que nous avons dans le Mashiah Yeshoua, avec l'intention de nous asservir. » (Galates 2 :4) ou encore dans les Actes : « Paul et Barnabas eurent avec eux un débat et une vive discussion. » (Actes 15 :2)

 

Cependant, il est également intéressant de constater que cette littérature clémentine romanesque vient contredire Clément lui-même dans son Épître [apocryphe] aux Corinthiens lequel, témoigne positivement non seulement de Pierre mais également de Paul comme il est dit : « Oui, regardons les saints Apôtres : Pierre, victime d'une injuste jalousie subit non pas une ou deux mais de nombreuses épreuves, et après avoir ainsi rendu son témoignage, il s'en est allé au séjour de la gloire, où l'avait conduit son mérite. C’est par suite de la jalousie et de la discorde que Paul a montré quel est le prix de la patience : chargé sept fois de chaînes, exilé, lapidé, il devint héraut du Seigneur au levant et au couchant, et reçut pour prix de sa foi une gloire éclatante. Après avoir enseigné la justice au monde entier, jusqu'aux bornes du couchant, il a rendu son témoignage devant les autorités et c'est ainsi qu'il a quitté ce monde pour gagner le lieu saint, demeurant pour tous un illustre modèle de patience. » (1 Clément 5 :3-7) ou encore : « Reprenons la Lettre du bienheureux Apôtre Paul. Que vous a-t-il écrit dans les commencements de l'Évangile ? » (1 Clément 47 :1-2) ; pour Clément, Paul est non seulement un véritable héraut du Seigneur mais il reçut pour prix de sa foi, une gloire éclatante jusque dans le monde futur car, par son intermédiaire, la justice de l’Évangile fut enseignée au monde entier.

 

En fait, drôle d’ironie pour les clémentines mais Paul lui-même parle également en bien de Clément ; les Écrits Nazaréens étant bien plus authentiques que le Roman Pseudo-Clémentin, nous préférons bien évidemment nous ranger sous cette "bannière" comme il est dit : « Et toi aussi, fidèle collègue, oui, je te prie de les aider, elles qui ont combattu pour l'Évangile avec moi, et avec Clément et mes autres compagnons d'œuvre, dont les noms sont dans le Livre de vie. » (Philippiens 4 :3)

 

Pour plus de détails au sujet de Paul, nous pouvons aussi remarquer que dans le Roman clémentin, Pierre refuse de considérer les « visions » comme étant une source de connaissance « valide » et conteste bien évidemment, le fait que Jésus serait apparu à Paul sur le chemin de Damas. (Homélies 17, 13-19). Néanmoins, il convient de préciser que la littérature clémentine oublie de fait, le portrait du véritable « Shimon Kéfa » des Écrits Nazaréens lequel paraît largement "pro-visions" notamment lorsqu’il se permet ouvertement de rapporter les prophéties de Joël : « Vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards auront des songes. » (Actes 2 :17) ou encore lorsque lui-même reçoit un enseignement depuis une vision du Saint-Esprit comme il est dit : « Et comme Pierre était à réfléchir sur la vision. » (Actes 10 :19) ou encore : « Pierre (…) s'imaginant avoir une vision. » (Actes 10 :19)

 

Nous pouvons ainsi, en conclure qu’à l’époque où le Roman clémentin est écrit, le déploiement de la philosophie paulinienne portée par Marcion touche les communautés judéo-chrétiennes ; les Homélies et les Reconnaissances considèrent donc que Simon le Mage, l’Apôtre Paul et Marcion portent en eux, la même hérésie dualiste. Néanmoins, cette interprétation est sujet à contradiction étant donné que dans le Livre des Actes, Shaoul est présenté comme étant un « collaborateur » fidèle de Yaakov (Actes 16 :4 ; Galates 2 :9) tandis que Simon le Mage est réellement décrit comme un hérétique : « Lorsque Simon vit que le Saint-Esprit était donné par l'imposition des mains des Apôtres, il leur offrit de l'argent. » (Actes 8 :18). En fait, l’animosité de la tradition pétrinienne à l’égard de Simon n’a d’égale que celle dont elle témoigne envers Marcion.

 

À noter que dans les clémentines, nous pouvons aussi retrouver certains conflits où Paul est directement visé par Pierre : « Tu as prétendu connaître Jésus plus exactement que moi, pour cette raison que tu as entendu sa parole dans une apparition. » (Homélies 17, 14, 2) ou encore : « Si quelqu’un voit une apparition, qu’il comprenne que c’est celle d’un démon mauvais. » (Homélies 17, 16, 6) ou encore : « Si donc notre Jésus a été connu de toi en se faisant voir par une vision, alors il s’est entretenu avec toi comme avec un adversaire, avec colère ; voilà pourquoi il a parlé au moyen de visions, de rêves ou encore de révélations venues de l’extérieur. » (Homélies 17, 19, 1). Or, malheureusement, cette romance clémentine rentre une nouvelle fois, en contradiction totale avec le Livre des Actes étant donné que pour rejeter la vision de Shaoul, il faudrait aussi rejeter ‘Hananyah un véritable Juif Nazaréen « pieux selon la Torah. » (Actes 22 :12) car n’est-ce pas ‘Hananyah qui a immergé Shaoul à la suite de la vision de Damas ? De plus, c’est aussi Barnabas qui s’est porté garant pour Paul comme il est dit : « Alors Barnabas, l'ayant pris avec lui, le conduisit vers les Apôtres et leur raconta comment sur le chemin Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé et comment à Damas il avait prêché franchement au nom de Jésus. » (Actes 9 :27) ou encore : « Barnabas se rendit ensuite à Tarse, pour chercher Saul et l'ayant trouvé, il l'amena à Antioche. Pendant toute une année, ils se réunirent aux assemblées de l’Église et ils enseignèrent beaucoup de personnes. » (Actes 11 :25-26)

 

La haine clémentine contre Paul cherche à l’établir comme « l’adversaire » par excellence de Pierre et surtout de Jacques, le frère de Jésus. En effet, le Roman Pseudo-Clémentin va même jusqu’à témoigner qu’un « homme ennemi » [avant de voir Jésus sur le chemin de Damas] aurait persécuté Jacques, et aurait même chercher à le tuer. À ce sujet, il est stipulé : « Un homme ennemi pénétrant alors dans le Temple avec quelques autres, peu nombreux, se mit à crier et à dire : Que faites-vous, hommes d’Israël ? Pourquoi vous laissez-vous entraîner si facilement ? Pourquoi vous précipitez-vous sous la conduite d’hommes misérables, bernés par un magicien ? Il s’agit d’un blasphème contre l’Esprit qui ne peut être pardonné. Et alors qu’il tenait ces propos mais que, à l’ouïe des répliques du dirigeant Jacques, il se sentait en état d’infériorité, il se mit à exciter le peuple et à provoquer des désordres afin que les gens ne pussent même pas entendre ce qui se disait. Il se prit donc à tout jeter dans la confusion par ses clameurs, à bouleverser ce qui avait été arrangé à grand-peine et, en même temps, à accuser les prêtres, à les enflammer par ses vitupérations et ses reproches et, comme un fou, à exciter chacun au meurtre, en disant : À quoi jouez-vous ? Pourquoi hésitez-vous ? Pourquoi, hommes paresseux et inertes, ne tombons-nous pas sur eux à bras raccourcis pour les mettre tous en pièces ? Et après avoir proféré ces paroles, saisissant le premier un brandon sur l’autel, il donna le signal du massacre. Ce que voyant, tous les autres, à leur tour, furent pris d’une folie semblable ; (…) il se produit une débandade confuse, au cours de laquelle « l’ennemi en question » assaillit Jacques et le précipita du haut des marches [préfiguration de la mort de Jacques précipité vers l’an 62] ; puis, le croyant mort, il renonça à s’acharner davantage sur lui. Nos amis cependant, le relevèrent et l’emportèrent car ils étaient plus nombreux et plus vaillants que leurs ennemis. » (Reconnaissances 1, 70, 1-71, 1)

 

En complément de toutes ces informations, il est aussi enseigné au nom des clémentines que Gamaliel étant devenu Nazaréen, discrédita également Paul : « Notre ennemi avait reçu une mission du Grand Prêtre Caïphe : il devait poursuivre tous ceux qui croyaient en Jésus et aller tout droit à Damas, muni des lettres de Caïphe afin d’utiliser là-bas aussi le concours des incroyants pour anéantir les fidèles ; s’il devait se hâter vers Damas, c’était surtout parce que le Grand Prêtre croyait que Pierre s’y était réfugié. » (Reconnaissances 1, 71, 3-4). À noter qu’une nouvelle fois, le but est d’enfoncer Paul et de contredire le Livre des Actes lequel, témoigne que Paul était un disciple de Gamaliel, un des plus grands Maîtres d’Israël comme il est dit : « Je suis Juif, né à Tarse en Cilicie mais j'ai été élevé dans cette ville-ci, et instruit aux pieds de Gamaliel dans la connaissance exacte de la Torah de nos pères, étant plein de zèle pour D.ieu, comme vous l'êtes tous aujourd'hui. » (Actes 22 :3)