CHAPITRE 6

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COMMENTAIRES 

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3.     Mais toi, en exerçant ta justification, que ta gauche ne sache pas ce que ta droite fait.

 

 

  • Mais toi, en exerçant ta justification : le Rabbi parle de la tsédaka, traduit généralement par "la charité" en français.

 

 

  • que ta gauche ne sache pas ce que ta droite fait : selon les dires du Mashiah, il est toujours préférable de donner la tsédaka de manière discrète plutôt qu’aux yeux de tous et comme l’a également enseigné Rabbi Eléazar : Celui qui donne la Tsédaka en cachette est plus grand que Moshé Rabbénou. Dans le même élan, Rabbi Na’hman de Breslev a également dit : ​La grandeur du miracle consister à se manifester avec discrétion. (Sefer Hamidot)

COMMENTAIRE N°1

Pour mieux comprendre les paroles du Rabbi, nous pourrons nous inspirer des enseignements du Rav Emmanuel Boukobza.

Qu’est-ce que la tsniout ? C’est un terme que l’on traduit un peu hâtivement par pudeur vestimentaire, en sous-entendant par-là que ce ne sont que les femmes qui sont concernées… Pourtant, la tsniout est un thème bien plus vaste et concerne autant les femmes que les hommes. Le Prophète Mikha ne nous interpella-t-il pas en ces termes : Qu’est-ce qu’Hashem attend de toi ? Que tu marches modestement, humblement avec ton D.ieu ; en hébreu, hatsné’a lékhet ‘im Hashem Elohékha. (Mikha 6 :8).

L’expression "hatsné’a lékhét ‘im Hashem Elohékha" demande à être étudiée. Comme vous l’avez deviné, le verbe "hatsné’a" est de la même famille que "tsniout" ; ainsi, on comprend aisément que marcher modestement avec D.ieu signifie en réalité, qu’il faut se comporter avec pudeur dans nos rapports avec Hashem.

Selon l’explication la plus courante, cela signifie qu’il ne faut pas étaler sur la place publique notre proximité avec Hashem. Or, cela peut aussi vouloir die que même nos comportements cachés doivent être conformes à la volonté d’Hashem.

Selon les enseignements du Rav Tsvi Raz d’Hidabroot, la tsniout de l’être humain se manifeste dans différents domaines : dans ses actions, dans sa manière d’être, dans sa façon de parler et dans sa manière de se vêtir… L’homme qui est doté de cette qualité qu’est la tsniout, se reconnaît à son comportement plein de grâce et de modestie. De la même façon, l’homme prétentieux et orgueilleux ne pourra pas cacher ce mauvais trait de caractère qui se révèlera à travers toutes ses actions, ses comportements, ses paroles et son apparence extérieure.

Ainsi, à la lumière de ces enseignements rabbiniques, on comprend que la tsniout doit imprégner le parcours de la vie de l’homme, sa maison, sa démarche physique et son rapport aux autres. Cette vertu fondamentale incite l’homme à intérioriser ses actions et non pas à agir comme certains, dont toutes les actions visent à attirer l’attention du public. Ceci est d’autant plus vrai dans le domaine du sacré, où les mitsvot et les bonnes actions de l’homme doivent être réalisées sans arrière-pensée et sans désir de récolter des honneurs [kavana lichma]. Si ces actions sont réalisées "pour la galerie" alors, elles peuvent en venir à en perdre toutes valeurs… C’est pourquoi, il est toujours préférable de donner la tsédaka de manière discrète plutôt qu’aux yeux de tous. De la même manière, le fait de s’appliquer scrupuleusement dans les mitsvot, comme pour Shabbat ou la kasherout, n’a de valeur que dans la mesure où les motifs de ce comportement sont purs et dénués de recherche des honneurs.

Ils font toutes leurs actions pour être vus des hommes. Ainsi, ils portent de larges tefillin et ils ont de longs tzitzits à leurs vêtements ; ils aiment la première place dans les festin, et les premiers sièges dans les synagogues ; ils aiment à être salués dans les places publiques et à être appelés par les hommes : Rabbi, Rabbi. (Matityahou 23 :5-7)

 

 

 

 

 

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6.     Mais toi, quand tu pries, entre dans ta cellule, ferme ta porte et prie ton père qui est dans le secret. Et ton père, le voyant du secret, te le rendra.

 

 

  • Mais toi, quand tu pries : le Mashiah fait référence au fait de prier avec nos propres mots [en hitbodedout].   

 

COMMENTAIRE N°1

 

Selon le Rambam, tous les hommes ont toujours priaient avec seulement leurs propres mots [hitbodedout] et dans le même élan, Rabbi Na’hman de Breslev a confirmé : Bien sûr, il existe des hommes spirituellement valables même s’ils ne pratiquent pas l’hitbodedout mais je les qualifie d’affolés et de perturbés, et lorsque soudain viendra le Mashiah, ils auront l’esprit embrouillé et confus. Cependant, celui qui adopte cette sainte pratique qu’est la hitbodedout ressemblera à un homme après son sommeil, qui a l’esprit calme et serein. Ainsi en sera-t-il de l’esprit de l’homme qui se consacre à l’hitbodedout, calme et posé, sans agitation ni troubles. (Si’hot Haran 228)

 

COMMENTAIRE N°2

 

Un jour, Rabbi Na’hman de Breslev et Rabbi Nathan sortirent pour une longue promenade, ils s’assirent près d’un ruisseau et Rabbi Na’hman lui révéla un enseignement sur la valeur de la hitbodedout, la clé de tout rapprochement avec D.ieu. (Torah n°52 du Likouté Moharan). Le Rebbe lui a déclaré que l’on doit sortir dans les champs, après ‘Hatsot, lorsque tout le monde dort car c’est un moment propice pour s’épancher devant D.ieu, pour se purifier petit à petit de tous désirs matériels et pour affiner l’un après l’autre, tous ses traits de caractère.  Il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions, il faut aussi les exprimer.  En fait, en employant la parole pour formuler ses bonnes intentions, on inclut l’énergie indispensable qui permettra d’aboutir à l’action.  Inversement, si notre cœur est habité par de mauvais désirs, il faut surtout éviter de les exprimer ; la parole possède une formidable puissance de concrétisation, que ce soit pour le bien ou son contraire. Rabbi Nathan avait déjà découvert par lui-même la valeur de la hitbodedout dans la nature, aux premières heures après ‘Hatsot.  Or, lorsqu’il vit comment Rabbénou liait toutes les idées en une seule leçon magistrale, il en fut si émerveillé qu’il hurla : Je vais serpenter les rues et les marchés, et crier au monde entier : Pensez-vous à vos âmes ? Son émotion était si intense, que son âme était pratiquement en train de se pâmer.  Rabbénou dut le saisir pour le calmer et s’écria : Arrête ! Tu n’y arriveras pas de cette façon ! Personne sur terre n’est exclu de cette merveilleuse pratique : il suffit d’avoir encore un peu de cœur et une bouche ; le temps, on peut toujours le trouver…

 

 

  • entre dans ta cellule : dans ta "chambre" intérieure.

 

 

  • ferme ta porte : afin d’être complétement seul avec Hashem.

 

 

  • et prie ton père qui est dans le secret : cela témoigne de l’intimité entre nous et Hashem.    

 

COMMENTAIRE N°3

 

De nos jours, le peuple d'Israël prie au minimum trois fois par jour : le matin [Cha’harit], l'après-midi [Min’ha] et le soir [Arvit] ; la téfila existant depuis la Création d'Adam… Pour information, dans le Tanakh, au milieu de tous les Prophètes, nous voyons qu'il existait également déjà des lieux fixes pour la prière, avant l'exil de Babylone. Le Roi David dira par exemple :  Le soir, le matin et à midi, je soupire et je gémis et il entendra ma voix. (Téhilim 55 :17) et au Livre de Daniel de rajouter : Lorsque Daniel sut que le décret était écrit, il se retira dans sa maison, où les fenêtres de la chambre supérieure étaient ouvertes dans la direction de Jérusalem et trois fois le jour il se mettait à genoux, il priait et il louait son D.ieu, comme il le faisait auparavant. (Daniel 6 :10) ; la notion exprimée par l’expression "comme il le faisait auparavant" montre donc bien que cette tradition existait bien avant Babylone et cela rejoint ainsi de façon parfaite, les Téhilim du Roi David.

 

Il est important de repréciser l’importance des enseignements du Rambam sur ce sujet car selon lui, tous les hommes ont toujours priaient [hitbodedout] avec seulement leurs propres mots, tous les hommes incluant donc le Roi David, tous les Patriarches et tous les Neviim, etc…

 

Dans les Écrits Nazaréens, il est également dit : Kéfa et Yohanan montaient ensemble au Temple, à l'heure de la prière : c'était la neuvième heure. (Actes 3 :1) ; la neuvième heure correspond à environ 15h, soit le temps du sacrifice quotidien au Temple, au moment de la prière de Min’ha. Il est également fort probable que Cornelius priait au moment de Min’ha comme il est dit : Vers cette neuvième heure, je priai dans ma maison. (Actes 10 :3) ou encore concernant Kéfa, il est aussi enseigné : Kéfa monta sur le toit vers la sixième heure pour prier. (Actes 10 :9). 

 

Par conséquent, il faut savoir que Cha’harit, Min’ha et Arvit sont trois moments clés dans une journée propices, spirituellement, à l’exaucement. Avraham, qui a accompli toute la Torah avant qu'elle ne soit donnée (Béréshit 26 :5) priait également à ces moments et à ce sujet, il est rapporté au nom de Rabbi Yossé ben Rabbi 'Hanina : les prières ont été instituées par les Patriarches. (Bérakhot 26b) ; les Patriarches tous comme les Apôtres en leur temps, avaient donc compris que ces moments étaient spéciaux et dans le même élan, nos Sages ont fixé les prières du Sidour [Livre de prières] sur ce même modèle.

 

Néanmoins, il convient toujours de repréciser que lorsque le peuple d’Israël a reçu la Torah et les commandements par l’intermédiaire de Moshé Rabbénou, il a notamment reçu le commandement de prier. Or, lorsque le peuple d’Israël a reçu l’ordonnance de prier, il n’a reçu aucun Livres de prières accompagnant cette ordonnance, ni le Livre des Psaumes du Roi David, ni le Likouté Téfilot de Rabbi Nathan, ni rien… Alors de quelle prière s’agissait-il ? On parle alors d’une prière [hitbodedout] où l’homme prie D.ieu avec ce qu’il a dans son cœur. Ainsi à cette époque, les enfants d’Israël, depuis Moshé Rabbénou jusqu’à Ezra HaSofer, c’est-à-dire pendant presque mille ans, faisaient tous hitbodedout ! Chacun priait quand il le voulait, le temps qu’il souhaitait, dans sa propre langue maternelle, c’était la prière de l’époque ! Le Rambam, l’un des plus grands décisionnaires l’a lui-même écrit, la prière que D.ieu nous a ordonné est tout simplement celle qui consiste à lui parler. Rabbi Na’hman a dit : Tout le chemin que je vous ai enseigné, c’est le chemin que nos ancêtres ont eux-mêmes traversé. Ceci nous donne déjà un regard complétement différent sur l’origine de la hitbodedout. Aujourd’hui, nous avons les Livres de prière et nous avons l’obligation de réciter la prière du matin, de l’après-midi et celle du soir ; on récite également les Psaumes grâce à D.ieu et toutes autres sortes de prières mais cela ne nous enlève pas l’obligation de réaliser cette heure d’hitbodedout qui concerne bien sûr tous les êtres de la terre car elle concerne les hommes, les femmes, les enfants, les Juifs, les non-Juifs, le monde entier car chaque être humain est le fils du Créateur de l’univers et lorsqu’il le souhaite, il peut lui parler. (Rav Shalom Arush)

 

À la lumière de toutes ces explications, il est aisé de comprendre que la hitbodedout a priorité sur les prières liturgiques et au Rav Avraham Ifra’h de préciser : La prière telle qu’elle figure dans nos Livres de prières a été instituée par nos Sages, il s’agit ainsi d’une obligation deRabbanan. A contrario, le Rambam statue que la hitbodedout, le dialogue et la prière avec Hashem dans notre langue natale, est une obligation émanant de la Torah. La pratique de la hitbodedout constitue la véritable supplication à Hashem en ce sens où elle émane de la Torah mais également parce qu’elle revêt une dimension individuelle, contrairement à la prière collective, que nous récitons à titre de peuple et en minyan. (Rav Avraham Ifra’h)

De plus, selon l’angle Nazaréen, si nous n’avons pas encore pris sur nous la mitsva de réciter les prières liturgiques Juives actuelles, il nous faut prier malgré tout au minimum hitbodedout (Matityahou 6 :6) et nous pouvons, selon la Didaké tout comme selon les Évangiles, rajouté le "Notre Père" comme il est dit : Voici comment vous devez prier : Notre Père. (Matityahou 6 :9) et par conséquent, il est aussi important de préciser que le "Notre Père" est une téfila qetsarah, soit une Amida en elle-même mais en version plus courte, comme le permettent certains avis dans la Mishna Bérakhot et la Guémara de Jérusalem en la commentant. En conséquence, selon certains avis Nazaréens, faire la Amida en plus du "Notre Père" pourraient être redondants ; chacun choisira alors ce qui lui est le plus agréable dans sa relation avec Hashem bien qu’il ait une belle kavana de se confirmer aux ordonnances Nazaréennes exclusivement. Pour les sources autorisant la récitation de la Amida en version courte au lieu des 18 bénédictions, nous pourrons nous inspirer des avis de Rabbi Yéhochoua et de Rabbi 'Akiva dans la Mishna Bérakhot 4 :3. Il est fort probable que les Nazaréens recitaient le Notre Père comme Amida, comme en atteste la prescription de la Didaké de le réciter debout trois fois par jour. (Didaké 8 :4). Il s’agit ici évidemment d’une simple manière de faire, un minhag de la communauté Nazaréenne ; l'important étant de garder la structure : louange, bénédiction, remerciement et de reprendre les sujets évoqués dans la Amida complète ; la prière du Mashiah étant un modèle parfait de cette structure. Comment le sait-on ? Car les talmidim de Yeshoua n'ont pas demandé "quoi dire" lorsqu'on prie mais juste ''comment" prier ? Le Rabbi a repris la structure de la Amida et l'a résumée pour enseigner que c'est de cette manière qu'il nous faut prier et pas nécessairement qu'il est obligatoire de reprendre les mêmes mots, bien que ce soit une possibilité…  Bien évidemment, tout comme pour Rabbi Na’hman et le Rambam, la priorité pour le Mashiah étant la hitbodedout selon l’Évangile de Matityahou. 

 

 

  • Et ton père, le voyant du secret, te le rendra : en retour, Hashem nous bénira, nous comblera de bienfaits.

 

COMMENTAIRE N°4

Pour mieux saisir les paroles du Rabbi et la précision concernant l’hitbodedout, nous pourrons nous inspirer également des enseignements du Rav Avraham Ifra’h.

Comme nos Maîtres nous l’ont enseigné, Hashem se délecte de nos prières. Or, Rabbi Na’hman a précisé qu’Hashem éprouve davantage de bonheur à écouter des paroles d’hitbodedout. Quelle en est la raison ? Lorsque nous adressons une prière à Hashem, nous reconnaissons qu’il pourvoit à tous nos besoins et qu’il dirige le monde ; il en va de soi qu’il s’agit déjà, d’un certain niveau de proximité avec Hashem plus que louable. Néanmoins, lorsque nous formulons des paroles d’hitbodedout, nous dépassons ce niveau car nous émettons une volonté plus sincère de nous rapprocher d’Hashem. De plus, lorsque nous pratiquons l’hitbodedout, nous utilisons nos propres mots et il s’agit là d’une preuve de sincérité et d’authenticité. Trouver son propre langage, c’est d’ores et déjà une démarche personnelle, un investissement spirituel. En conclusion, dialoguer avec Hashem, c’est être en relation directe avec le patron ; c’est être pistonné, c’est-à-dire bénéficier d’une protection rapprochée. (Rav Avraham Ifra’h)

 

 

 

 

 

 

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10.     ton royaume vient, ton vouloir se fait, comme aux ciels sur la terre aussi.

 

 

  • ton royaume vient : le Mashiah nous demande d’intercéder afin qu’Hashem puisse se révéler dans ce monde. En effet, Hashem est Roi dans le Ciel, dans les mondes spirituels mais il est aussi indispensable qu’il le soit également dans ce bas-monde.

COMMENTAIRE N°1

Pour le Créateur, il paraît évident qu’il est plus facile de créer des choses spirituelles pourtant, D.ieu est plus investi et plus proche de ce qui est matériel, dans chaque instant et dans chaque détail de la Création. Il est aisé de comprendre ce concept car on sait qu’il faut déployer beaucoup plus de forces pour réaliser matériellement un projet que pour le concevoir. Par conséquent, le monde a été créé, davantage, pour dévoiler le kowah, la force de D.ieu plutôt que sa lumière. L’aboutissement du plan divin est le dévoilement de la Royauté de D.ieu avec une Terre, un État, un parlement, tout un peuple… et les mitsvot. (Rav Haïm Dynovisz) 

 

  • ton vouloir se fait, comme aux ciels sur la terre aussi : la volonté divine doit être exécutée sur la terre comme elle est exécutée dans le Ciel car cette volonté doit s’incarner, transformer et magnifier notre monde matériel.

COMMENTAIRE N°2

Voici les propos de Claude Duvernois, un pasteur, historien et théologien protestant, ayant acquis la nationalité israélienne et ayant vécu 54 ans à Jérusalem, sur ce verset.

Trop longtemps, l'Église s'est désintéressée de la paix et de la justice sur la terre comme au Ciel, au bénéfice de l'éternel séjour céleste, ce qui représente une vision grecque de la vie humaine et non pas la théologie biblique du Royaume… Cet ordre de lutter pour la paix dans la justice est non seulement un des mots d'ordre de Moïse et des Prophètes mais s'inscrit au cœur de la prière même du Christ : Que ton règne vienne sur la terre comme au Ciel ! Toute entière tournée vers le Ciel, bien que les pieds solidement campés sur terre, dans la puissance temporelle, l'Église a perdu de vue cette plaque tournante de la politique divine qu'est Jérusalem, jusqu'à l'avènement de ce règne messianique sur la terre. En d'autres termes, l'Église a oublié Sion et comme le Psaume l'avait prédit, sa droite s'est desséchée et son espérance a tari. Elle n'attend plus son Seigneur, elle est devenue une vierge égarée, somnolente et sans lumière pour trouver le chemin de l'Époux... Elle hurle avec les loups de ce siècle, elle flatte César et trop souvent encore, elle bénit ses croisades et ses armes. Aussi ne comprend-elle plus les destinées d'Israël, aussi est-elle déroutée devant la résurrection de Sion et s'offusque-t-elle lorsqu'on lui parle de "théologie sioniste" ... Théologie en fait qui est aussi la sienne, qui est celle du Christ et de saint Paul et non pas notre invention. Sur quelles bases reposent cette théologie ? Sur la fidélité impérissable de Dieu et des promesses faites aux Patriarches, au Prophètes, au Roi David et aux Apôtres. (Pasteur Claude Duvernoy, Le Sionisme de Dieu, 1976, 3e édition, Suisse, Action chrétienne pour Israël, p. 286.)

 

 

 

 

 

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22.     La lampe du corps, c’est l’oeil. Si donc ton oeil est intact, tout ton corps est lumineux.

 

 

  • La lampe du corps, c’est l’œil : avoir un bon œil, en hébreu, signifie être généreux.

 

 

  • Si donc ton oeil est intact, tout ton corps est lumineux : le Rabbi nous partage la plus grande mitsva/bénédiction contenue dans la Torah pour le bien de notre âme et de notre corps : la tsédaka.  

 

COMMENTAIRE N°1

 

La tsédaka peut s’exprimer sous diverses facettes comme par exemple, donner de notre argent aux plus démunis mais également en donnant notre temps, en apportant nos connaissances, nos conseils ou encore notre bonne humeur, notre sim’ha aux autres, etc… ! Ainsi, le secret est dans le "don" et lorsqu’on donne, on devient une véritable lumière dans ce monde ! 

 

COMMENTAIRE N°2

 

Rappelons également les enseignements précédents du Mashiah. ​

 

Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes (…)  lorsque vous donnez de la tsédaka (…) lorsque vous priez (…) et lorsque vous jeûnez. (Matityahou chap. 6)

Au travers de ces passages, le Mashiah enseigne trois clés fondamentales que tout Nazaréen se doit de pratiquer de la meilleure manière qui soit ; c’est trois clés sont la tsédaka, la prière et le jeûne (comparable avec la téchouva). Et quelle est la meilleure manière ? C’est de réaliser ces choses en secret et cet enseignement rabbinique du Mashiah est rappelé dans le Talmud en ces termes : la bénédiction réside dans ce qui est caché de l’œil. (Taanit 8b)

Or, il y a là une allusion extraordinaire… En hébreu, l'argent est "mamon" ; la prière est faite au travers de la voix "kol" et le jeûne/repentir "tsom" : chacun de ces mots a une valeur numérique de 136, égale au mot hébreu "soulame" l’échelle, renvoyant à l'échelle de Yaakov dans le Sefer Béréshit. Ainsi, cela signifie que si on veut monter vers Hashem et nous remplir de la lumière divine, il faut nous efforcer de nous améliorer dans ces trois domaines ! Par conséquent, les Nazaréens doivent donner plus d'argent aux pauvres et à ceux qui diffusent la Torah, ils doivent prier plus en hitbodedout et doivent se repentir chaque jour et bien évidemment, tout cela dans le secret !

 
 
 
 

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24.     Nul ne peut servir deux Adôn : oui, ou il hait l’un et aime l’autre, ou il s’attache à l’un et méprise l’autre. Vous ne pouvez servir Elohîms et Mamôn.

 

  • Nul ne peut servir deux Adôn : le Rabbi parle du dieu "mamon" afin de dénoncer toute idolâtrie Juive concernant l’argent … Nul ne peut servir plusieurs dieux, Hashem réclamant l’exclusivité.

 

 

  • oui, ou il hait l’un et aime l’autre : si tu aimes réellement Hashem, tu ne peux dédier ta vie aux richesses matérielles, business, profits, bénéfices, etc…

 

 

  • ou il s’attache à l’un et méprise l’autre : inversement, si tu aimes l’argent, tu ne peux pas véritablement aimer D.ieu.

 

 

  • Vous ne pouvez servir Elohîms et Mamôn : l’argent, en hébreu.

 

COMMENTAIRE N°1

Pour mieux comprendre ce concept, nous pourrons nous inspirer des cours du Rav Avraham Ifra’h.

Certains avaient l’habitude d’interroger Rabbi Na’hman quant aux manières de s’enrichir. Un jour, Rabbi Na’hman les rappela à l’ordre : Je tâche d’adoucir vos cœurs de pierre afin de vous élever dans votre service divin et vous ne pensez qu’à l’argent ?  Mais Rabbénou ne les laissait pas pour autant sans réponse, il leur répondit : Vous souhaitez vous enrichir ? Vous souhaitez avoir les moyens suffisants pour subvenir à vos besoins ? Cherchez votre but dans ce monde et la parnassa suivra. Occupez-vous du but et de là-haut, on s’occupera de vous donner les moyens.  Dès lors que vous trouvez le but, vous trouverez le moyen.  Pour quelle raison ? Parce qu’à partir du moment où l’on est sur la bonne route, on est à sa place et ainsi, on peut recevoir le flux divin. Alors, comment trouver son but, sa route ? Les moyens sont simples : hitbodedout, Tikoun HaKlali et ‘Hatsot. Voici les ingrédients magiques ! Hashem ne peut pas vous empêcher de réaliser votre mission ! Il vous a placé dans ce monde pour un but ! Malheur à celui à qui Hashem donne la réussite lorsqu’il se trompe d’objectif. Qu’a-t-il réussi ? À se tromper de façon parfaitement exemplaire ! Si Hashem vous envoie des difficultés, remerciez ! Celles-ci vous rappellent au but et si elles persistent, alors vous êtes sur le bon chemin, redoublez d’ingrédients magiques ! (Rav Avraham Ifra’h)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25.     C’est pourquoi je vous dis : ne vous inquiétez pas pour vos êtres: Que manger, que boire ? Ni pour votre corps : De quoi le vêtir ? L’être n’est-il pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?

 

 

  • C’est pourquoi je vous dis : il s’agit de l’enseignement du Mashiah, auquel, il faut être extrêmement attentif…

 

  • ne vous inquiétez pas pour vos êtres : ne vous inquiétez pas pour votre âme, dans le sens de s’inquiéter d’un point de vue moral.   

 

COMMENTAIRE N°1

L’inquiétude est le fléau de notre génération. Ainsi, utilisons les enseignements du Rav Avraham Ifra’h pour mieux comprendre les paroles du Mashiah.

Comment vais-je payer le loyer, les dettes ou les futures dépenses ? Comment vais-je réussir dans l’éducation de mes enfants ? Parviendrai-je un jour à me marier ? Et la santé ? Les soucis et les inquiétudes représentent des scénarios dénués de toute existence réelle, que nous écrivons sous l’effet de notre faculté à imaginer. En d’autres termes, notre faculté à imaginer nous conduit à écrire le scénario final de tous événements. Or, il y a un problème car le cerveau ne fait pas de distinguo entre l’imagination et la réalité ; c’est d’ailleurs la raison pour laquelle, nous nous piégeons dans les films que nous voyons ou ressentons lors d’émotions fortes...

Alors comment ne pas sombrer dans nos délires imaginaires ? Comment pallier cette situation ? Allo, docteur Na’hman ? Et en effet, Rabbi Na’hman enseigne que deux instruments permettent de lutter contre les affres de l’imagination : la joie et la musique.

Comment être joyeux ? Tout d’abord, le simple fait d’entretenir la conscience que le Tsadik nous porte sur ses épaules, nous répare et nous conduit vers notre destinée, suffit pour être heureux… Malgré tout, le monde tentera toujours de nous faire croire que notre existence est vouée à l’échec. Or, la conscience en l’existence des Tsadikim véritables suffit à insuffler de la vitalité dans notre âme et notre corps afin d’échapper aux écueils de ce monde. Grâce à l’attachement aux Tsadikim véritables, nous sommes propulsés vers Hashem et notre connexion à l’infini s’en trouve renforcée… De plus, comme nous l’avons dit, la joie a cette vertu de nous libérer de l’emprise de l’imagination négative sur notre intellect. Quelle en est la raison ? En fait, de la même manière que la tristesse conduit à l’imagination négative, la joie reconnecte l’individu à son Créateur et le protège de celle-ci. C’est aussi la raison pour laquelle, la tribu de Levi était la seule tribu épargnée par l’esclavage… En effet, celle-ci avait le secret des chants permettant de se connecter à Hashem et de demeurer dans la joie. De fait, elle ne pouvait pas sombrer dans les affres de l’imagination ! Alors prenons garde à la tristesse ! Nous le dirons et le redirons : le véritable danger pour notre foi résulte de la tristesse qui est susceptible de découler d’une épreuve, et non dans l’épreuve en elle-même ! La joie n’est pas optionnelle, c’est une obligation ! La joie est un traitement préventif que nous devons obligatoirement nous administrer afin de nous préserver de la pire maladie de l’âme qui est la tristesse…

L’une des autres clefs afin de nous extraire des dangers de l’imagination négative consiste également de se lever à ‘Hatsot et de dialoguer avec Hashem.

Et si l’une de vos connaissances a sombré dans la tristesse, l’une des solutions consiste à prier pour elle et de demander à Hashem et aux véritables Tsadikim de lui venir en aide.

 

 

  • Que manger, que boire ? Ni pour votre corps : De quoi le vêtir : ne vous inquiétez pas de ce que vous mangerez ou boirez ; ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus… 

 

 

  • L’être n’est-il pas plus que la nourriture : l’âme [la vie dans l’homme] n'est-elle pas plus que la nourriture ?

 

 

  • et le corps plus que le vêtement : le corps est également plus important que le vêtement [l’extérieur].

 

 

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28.     Pourquoi vous inquiéter du vêtement ? Remarquez les amaryllis des champs, comme elles croissent sans peiner ni filer.

 

 

  • Pourquoi vous inquiéter du vêtement : il faut savoir que la parnassa [la subsistance] de chacun dépend de son niveau de confiance, bitah'on en D.ieu, le Saint Créateur. Et la confiance s’obtient grâce à la émouna et c’est pourquoi, une personne qui a des difficultés dans sa parnassa doit concentrer toutes ses forces pour acquérir la émouna et le bitah’on. Selon la émouna, chacun doit savoir que D.ieu nourrit toutes ses créatures des œufs de poux aux cornes des buffles et à plus forte raison les hommes. Nos Sages nous enseignent : Celui qui donne la vie donne la nourriture avec, c'est à dire, que celui qui a la foi que D.ieu lui donne la vie, doit aussi avoir la foi, que, tant que D.ieu voudra le faire vivre, il lui donnera de quoi vivre. (…) C'est pourquoi, la personne qui a une foi complète, selon laquelle D.ieu veille sur lui, s'occupe de lui et de sa parnassa, a aussi une confiance parfaite en D.ieu. Et il est sûr et certain qu'une telle personne n'a et n’aura aucun souci avec sa parnassa car il sait, que ce n'est pas sa tâche de se soucier de sa parnassa mais que c'est la tâche du Créateur, et il n’est pas nécessaire de souligner que D.ieu remplit bien évidemment sa tâche à la perfection. Le signe incontestable de l'homme qui a la confiance en D.ieu, est qu'il ne pense jamais à l'argent et il est sûr qu'il ne s’en soucie pas. Et s’il advient un manque quelconque dans sa parnassa, il sait très bien que ce manque est la volonté de D.ieu et donc, il n'accuse personne à ce sujet. (Rav Shalom Arush)

 

 

  • Remarquez les amaryllis des champs : le Tsadik nous invite ici à prendre du temps pour contempler la Création : regarder les oiseaux, observer les amaryllis des champs et dans tout cet ensemble, de considérer l’amour et la grandeur d’Hashem.

 

 

  • comme elles croissent sans peiner ni filer : comme nous l’enseigne le Mashiah, les oiseaux ne font ni semailles, ni moisson et ils trouvent bien de quoi manger, et les amaryllis resplendissent de beauté ; à combien de plus fortes raisons en sera-t-il pour l’homme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29.     Or je vous dis : même Shelomo dans toute sa gloire n’était pas vêtu comme l’un d’eux.

 

 

  • Or je vous dis : même Shelomo dans toute sa gloire : le Mashiah a utilisé l’exemple de Shlomo car comme cela est enseigné dans le Judaïsme au travers au Tanakh, Shlomo fut le Roi le plus riche du monde.

 

 

  • n’était pas vêtu comme l’un d’eux : le fait que la beauté des lys et de la Création par extension soit comparée avec Shlomo HaMelekh est là aussi un détail significatif relevant l’importance de l’enseignement du Mashiah : ne vous inquiétez de rien, Hashem pourvoira en toutes choses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30.     Si Elohîms habille ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et demain sera jetée au four, combien plus vous-mêmes, nains de l’adhérence !

 

 

  • Si Elohîms habille ainsi l’herbe des champs : selon l’exemple des amaryllis.

 

 

  • qui existe aujourd’hui et demain sera jetée au four : comme on le sait, les plantes apparaissent pour un temps avant de s’éteindre complétement contrairement aux hommes, appelés par le Maître du monde à vivre éternellement. Or, ce que le Tsadik souhaite nous montrer, c’est que notre Père et Créateur bien-aimé, a pris soin, en faisant la nature, de s’assurer que les plantes et les animaux pourraient avoir à leur disposition ce dont ils auraient besoin le temps de leur vie.

 

 

  • combien plus vous-mêmes, nains de l’adhérence : l’homme est le sommet de la Création divine et celui-ci est bien évidemment, supérieur à tous les animaux et à toutes les plantes du monde. En soi, lorsqu’Hashem a pensé à la beauté et au bien-être des plantes, combien plus aura-t-il pensé à faire les choses de telle manière que l’homme puisse avoir ce dont il a besoin !  

 

 

 

 

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31.     Aussi ne vous inquiétez pas en disant : Que mangerons-nous ? ou : Que boirons-nous ? ou : Comment nous vêtirons-nous ?

 

 

  • Aussi ne vous inquiétez pas en disant : en fait, il s’avère que celui qui possède une foi parfaite qu’Hashem Béni soit-Il pourvoit à sa subsistance, n’a aucune inquiétude puisqu’il sait que ce n’est pas son rôle de s’inquiéter de sa subsistance mais que c’est le rôle du Créateur, et le Créateur remplit bien évidemment son rôle. (Rav Shalom Arush)

 

 

  • Que mangerons-nous ? ou : Que boirons-nous ? ou : Comment nous vêtirons-nous : tous ces sujets traitent de la parnassa, de la subsistance de l’homme.

 

COMMENAIRE N°1

 

Continuons dans les enseignements du Rav Shalom Arush au sujet de l’inquiétude et de la subsistance afin de mieux comprendre les paroles du Mashiah.

 

L’homme doit savoir que l’essentiel c’est la foi et la confiance en Hashem, et si vraiment un homme a la foi et est confiant, à chaque fois qu’il fera un sourire à Hashem, il recevra sa parnassa ! C’est pour cela que je souris beaucoup parce qu’à chaque fois que je souris, je reçois de l’argent ! Mais si un homme n’a pas cette confiance en Hashem, il va devoir fournir un effort pour cela… Il devra avant toutes choses, faire des prières et avant tout effort, demander à Hashem : Toi, qui peut tout, Maître du monde, donne-moi une parnassa de façon simple, facile et que je ne me retrouve pas à investir toute ma vie pour trouver ma parnassa. L’homme pense de manière erronée : C’est à moi de trouver la parnassa et je dois me battre pour cela. Une fois, j’ai voyagé avec un chauffeur de taxi, on a discuté et il me raconta qu’il travaillait de 6h du matin jusqu’à 22h tous les jours. Je lui dis : Quoi, mais qu’est-ce que tu me racontes là ? et il me dit : Que voulez-vous que l’on fasse, il faut bien vivre. Je lui dis : Tu as raison, il faut vivre mais quand est-ce qu’il te reste du temps pour vivre ? L’homme se ment de lui-même et pense c’est "avec ma force et mon bras, c’est grâce à mes efforts" comme si Hashem ne savait pas nourrir, donner la subsistance à chacun. Alors l’homme travaille du lever du jour jusqu’au coucher du soleil et montre ainsi concrètement qu’il n’a pas du tout la foi que c’est Hashem qui lui donne la parnassa ; il montre qu’il croit que ses moyens de subsistance ne viennent que de ses efforts personnels. L’homme doit dire merci tous les jours à Hashem : Merci de m’avoir donné une parnassa  et également demander : Donne-moi une parnassa avec moins d’heures de travail. Les gens qui ont écouté ces conseils et qui ont continué à travailler tout en priant, Hashem leur a envoyé des miracles pour qu’ils travaillent moins. Il est vrai que dans certaines situations, certains doivent travailler beaucoup durant un temps donné mais il est certain que Hashem peut changer toutes situations.  Pour donner un exemple, un des étudiants de notre Yeshiva avait accumulé beaucoup de dette et a été obligé d’aller travailler. Il partit alors travaillait dans une banque et à la pause déjeuner, il ne mangeait pas et priait pendant plus d’une demi-heure : Merci Hashem de ma situation, ais pitié de moi, que je n’ai pas besoin de travailler toute la journée à la banque ! Il a fait cela pendant plusieurs mois et Hashem lui a envoyé des miracles ; ce grand hassid, a reçu une épreuve l’obligeant à quitter les bancs de l’étude mais il a accepté cette situation avec amour. Il avait la foi qu’Hashem peut tout faire et a donc commencé à prier sur cela tous les jours jusqu’à ce qu’Hashem l’ait sorti du problème. Un homme doit prier constamment le Créateur, pour qu’il ait un minimum d’effort à fournir pour subvenir à ses besoins. (Rav Shalom Arush)

 

 

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34.     Aussi ne vous inquiétez pas de demain : demain s’inquiétera de lui-même. À chaque jour suffit sa peine.

 

  • Aussi ne vous inquiétez pas de demain : le Juif n’est pas soucieux de son avenir ; au contraire, il vit libre car sa subsistance est le fruit de sa confiance en la Providence divine. (Rav Avraham Ifra’h)

 

 

  • demain s’inquiétera de lui-même : en fait, lorsqu’un individu prend pleinement conscience que chaque jour amène une solution, il peut alors avoir la certitude que son problème trouvera tout simplement une solution aussi. (Rav Avraham Ifra’h)

 

COMMENTAIRE N°1

Nous pouvons largement continuer dans les enseignements du Rav Avraham Ifra’h afin de mieux comprendre la véritable pensée du Mashiah. 

Savez-vous quelle est la cause du désespoir ? La croyance erronée que ce monde n’évolue pas et qu’il est condamné à l’inertie la plus absolue... À ce titre, vous remarquerez que lorsque vous dialoguez avec une personne désespérée, la principale cause de sa tristesse n’est pas tant le mal en lui-même mais plutôt la perspective qu’il n’y a aucune solution et que de ce fait, il est éternel… Or, le monde est en constante évolution. Chaque jour amène sa vitalité et son changement, les progrès médicaux en sont un exemple probant. De plus, les jours passent et ne se ressemblent pas ! Par conséquent, le désespoir n’est que le fruit de notre imagination… Un problème se dresse ? Patience ! Patience ! La solution est en route ! (Rav Avraham Ifra’h)  

 

COMMENTAIRE N°2

Voici également une histoire rapportée par le Rav Avraham Ifra’h.

Rabbi Yohanan Spector était un illustre Breslever d’une érudition et d’une humilité spectaculaire. Lorsque le ‘Hazon Ich avait besoin de corrections sur ses ouvrages, il faisait appel à lui et ensuite, confiait directement les corrections de Rabbi Yohanan à l’imprimeur, sans même procéder à une seconde lecture. Un jour, Rabbi Spector dut marier sa fille. Hélas, sa situation financière étant précaire, la date du mariage approcha sans que le moindre préparatif ne pût être réalisé. Quelques jours avant le mariage, la mariée fit part de ses inquiétudes à son père. Or, Rabbi Yohanan lui répondit avec assurance : Hashem nous viendra en aide… Le même jour, un Juif allemand se rendit dans la vieille ville, avec une bourse de tsédaka dans ses bagages ; voilà des années que ce dernier mettait de l’argent de côté afin de donner une somme importante à la tsédaka… Or, arrivé dans la vieille ville, il adressa ces mots à Hashem :  Je donnerai cet argent au premier Juif que je rencontrerai. Et qui fut ce premier Juif ? Rabbi Yohanan Spector… Mais à la vue de Rabbi Yohanan, celui-ci eut un doute et de ce fait, il partit prendre conseil auprès d’un Rav, le Rabbin Zonenfeld. Une fois la situation exposée, Rabbi Zonenfeld lui adressa les mots suivants : Tu as trouvé la meilleure personne à laquelle donner. Essav a beaucoup mais Yaakov a tout ! (Rav Avraham Ifra’h)

 

  • À chaque jour suffit sa peine : les paroles du Mashiah sont comparables avec celle de Rabbi Na’hman de Breslev, qui nous a enseigné une règle fondamentale dans le service divin : il ne faut se concentrer que sur aujourd'hui...

Car il est notre D.ieu et nous sommes le peuple de son pâturage, le troupeau que sa main conduit... Oh ! Si vous pouviez écouter aujourd'hui sa voix ! (Téhilim 95 :7)

Que ce soit en ce qui concerne ses moyens de subsistance et ses besoins personnels, il ne faut surtout pas penser au lendemain (…) et il faut absolument, ne rien considérer au-delà de ce jour et de ce moment précis. Car lorsqu’une personne veut entrer dans le service divin, cela lui semble être un lourd fardeau et il ne peut pas supporter une telle charge… Cependant, lorsqu'une personne considère qu'elle n'a que ce jour-là pour faire face, elle n’y verra plus aucun fardeau. De plus, une personne ne devrait pas tergiverser en disant : Je vais commencer demain ; demain, je prierai plus attentivement et avec le bon enthousiasme ; de même, pour les autres dévotions, etc…. Car en réalité, le monde d'une personne ne se compose que du présent et du moment présent, demain est un monde complétement différent... Aujourd’hui ! Si vous tenez compte de sa voix ; plus précisément, c’est aujourd’hui ! Comprenez cela. (Torah n°272 du Likouté Moharan I)