CHAPITRE 5

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COMMENTAIRES 

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1.     Et, voyant les foules, il monte sur la montagne et s’assoit là. Ses adeptes s’approchent de lui.

 

  • Et, voyant les foules, il monte sur la montagne et s’assoit là : et comment enseigne-t-on aux disciples ? Le Maître s’assoit à la tête et les disciples sont assis autour de lui, de sorte qu’ils puissent tous voir le Maître et écouter ses paroles. Le maître ne doit pas siéger sur un siège alors que ses élèves sont assis sur le sol. Plutôt, tous sont assis sur le sol ou tous sont assis sur des sièges. Autrefois, le Maître était assis et les élèves debout mais avant la destruction du second Temple, tous ont pris l’habitude d’enseigner à leurs talmidim assis. (Mishné Torah du Rambam, Talmud Torah, chap.4)

 

  • Ses adeptes s’approchent de lui : cela fait référence aux talmidim du Rabbi. 

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9.     En marche, les faiseurs de paix ! Oui, ils seront criés fils d’Elohîms.

 

 

  • En marche, les faiseurs de paix : la vie qu’Hashem nous a offerte dans le Tsadik, doit éveiller en nous un désir de nous détourner du péché et un désir d’œuvrer pour un monde de paix ; un monde ou régneraient la prospérité, la santé et la justice pour tous…

COMMENTAIRE N°1

Rabbi Yossé le Galiléen a dit : Grande est la paix car au moment où le Roi Messie se dévoilera aux Israélites, il ne commencera que par la paix comme il est enseigné : Qu'ils sont beaux sur les montagnes, les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui annonce la paix. (Yeshayahou 52 :7). (Dérekh Eretz Zouta, Perek HaShalom)

 

 

  • Oui, ils seront criés fils d’Elohîms : l'importance de travailler individuellement et collectivement vers un monde meilleur, sera vitale pour tous talmidim de Yeshoua et nous définira comme de véritables enfants de D.ieu actifs et présents pour le bien-être de toute la Création.

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13.     Vous, vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fou, avec quoi le saler ? Il n’est plus assez fort pour rien, sinon pour être jeté dehors et piétiné par les hommes.

 

 

  • Vous, vous êtes le sel de la terre : les talmidim du Rabbi sont appelés "le sel de la terre" car ils donnent du "goût" au monde.

 

COMMENTAIRE N°1

Le sel adoucit le goût de la viande. (Bérakhot 5a)

Le sel absorbe le sang de la viande et permet de la rendre apte pour la consommation. Tout ceci est comparable au peuple d’Israël : par la Torah et les mitsvot, nous "absorbons" les impuretés spirituelles du monde et nous lui donnons du goût… En revanche, si nous trébuchons dans notre mission, comment le monde pourrait-t-il être délivré ? 

 

 

  • Mais si le sel devient fou, avec quoi le saler : mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ? Comme nous l’avons vu plus haut, par la Torah et les mitsvot, nous "absorbons" les impuretés spirituelles du monde. En revanche, si nous trébuchons dans notre mission, comment le monde pourrait-t-il être délivré ? 

 

 

  • Il n’est plus assez fort pour rien : comme nous l’avons également vu, dans un langage spirituel, les talmidim de Yeshoua sont le "sel de la terre" mais si ce sel même, ve­nait lui aussi à perdre sa saveur, alors il deviendrait une ma­tière fade et inutile… 

 

 

  • sinon pour être jeté dehors et piétiné par les hommes : la seconde partie de cette parole pourtant extrêmement valorisante au premier abord, est ter­rible car Rabbi Yeshoua ne dit pas que cela ar­ri­vera à ses talmidim mais il en sup­pose la pos­si­bi­lité et par conséquent, nous demande de veiller à toujours apporter de la "saveur" spirituel au monde.

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14.     Vous, vous êtes la lumière de l’univers ; une ville située sur une montagne ne peut être cachée.

 

 

  • Vous, vous êtes la lumière de l’univers : en effet, les talmidim brillent car ils cherchent à refléter la lumière de leur Rabbi, également appelé "lumière du monde" dans l’Évangile de Yohanan.

 

Yeshoua leur parla de nouveau et dit : Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. (Yohanan 8 :12)

 

COMMENTAIRE N°1

 

Nous pouvons comparer cet enseignement avec la fête de ‘Hanoukka, fête Juive avec allumage de bougies.

 

À une époque, les Grecs, ennemis d’Israël ont voulu éteindre la lumière du peuple Juif, au sens propre comme au sens figuré. Certaines des mitsvot de la Torah ont failli disparaître, comme la circoncision ou encore le Shabbat car pour les Grecs, comme pour les chrétiens de nos jours, ils ne comprenaient pas la raison de toutes ces mitsvot… En effet, les Grecs ne comprenaient pas tout ce qui dépassait leur entendement, leur logique ; pour eux, les mitsvot n'avaient aucune raison d'être pratiqué. Encore aujourd'hui, les ennemis d'Israël physiques et spirituels en veulent à sa Torah et le peuple Juif doit continuer à se battre pour pouvoir la pratiquer car la Torah est également la lumière du monde.

 

Car le précepte est une lampe et l'enseignement une lumière, et les avertissements de la correction sont le chemin de la vie. (Mishlei 6 :23)

Le souffle de l'homme est une lampe de l'Éternel ; il pénètre jusqu'au fond des entrailles. (Mishlei 20 :27)

Et Rachi de commenter : Tout comme la lumière éclaire l'univers à jamais, ainsi le mérite de la Torah se maintient-il éternellement en faveur de l'homme. Quant au mérite de l'accomplissement d'un commandement, il est temporaire, à l'image de la lumière d'une bougie. Autre explication : l'injonction du père est une bougie. Quiconque se conforme à l'ordre de son père [et de D.ieu] est comparable à une personne qui saisit une lampe pour éclairer un lieu obscur. Ayant égaré un objet à cet endroit, il pourra le retrouver grâce à cette lumière.

Ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier. (Téhilim 119 :105)

Ainsi, à la lumière de ces courtes explications, on comprend qu’un homme qui étudiera la Torah et la pratiquera, tout en ayant reçu le Rouah Hakodesh du Mashiah, deviendra une lumière et pourra éclairer les autres dans leurs ténèbres… En effet, l'accomplissement d'un commandement permet d'allumer une lumière dans notre être et le Rouah Hakodesh est aussi notre huile, permettant à notre bougie de brûler… De plus, dans la Torah elle-même, il était ordonné à Aharon d'allumer chaque jour les lumières de la Ménorah du Tabernacle. Or, cette tente était une représentation symbolique de l'homme, signifiant par là qu'il doit, chaque jour, s'efforcer de marcher dans la sanctification en allumant son âme par ses actes !

 

En conclusion, comme le dit le Rabbi de Natzeret, nous sommes telle une lampe posée sur une table et nous devons éclairer tous ceux qui se trouvent dans la maison [dans le monde]. De plus, comme évoqué dans le verset précédent, nous sommes également le "sel" qui donnons du goût aux aliments.

 

Alors continuons de nous battre et d’avancer béézrat Hashem !

 

 

  • une ville située sur une montagne ne peut être cachée : certaines villes sont or­di­nai­re­ment bâ­ties sur le som­met ou le pen­chant d’une mon­tagne ; peut-être Yeshoua en avait-il une de­vant les yeux ? Qu’il mon­trait de la main ? Quoi qu’il en soit, cette image est extrêmement profonde : la vie d’un homme de Torah ne peut et ne doit pas être ca­chée au monde ; au contraire, elle doit briller tout comme une ville située sur une montagne ne peut pas être cachée.

 
 
 
 

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17.     Ne pensez pas que je sois venu détruire la tora ou les inspirés. Je suis venu non pas détruire, mais accomplir.

 

 

  • Ne pensez pas que je sois venu détruire la tora ou les inspirés : Jésus n’a jamais voulu fonder une autre école ou une autre religion, il n’avait pas la moindre notion du mouvement religieux qui est venu à l’existence, bien plus tard en son nom… Lorsque qu’il a déclaré ces paroles, il n’était, en aucun cas, en train d’abandonner le Judaïsme. En réalité, Jésus ne prêche aucune doctrine étrange ou non familière, il s’aligne strictement avec les deux écoles principales pharisaïques. (Rav Elie Benamozegh)

 

COMMENTAIRE N°1

 

Continuons dans les commentaires de rabanim concernant Yeshoua. 

 

La représentation que fait le Nouveau Testament de Jésus, suggère qu’il était un Juif hautement nationaliste et respectueux de la loi ainsi qu’un homme avec de fortes préoccupations éthiques. Comme beaucoup d’illustres rabanim dans le Judaïsme, il voyait l’amour du prochain comme étant l’exigence principale de la religion. Bien que plusieurs chrétiens aient l’impression qu’il s’opposait à l’emphase du Judaïsme concernant la loi, en réalité, Jésus critiquait quiconque préconisait de l’abandonner. N’imaginez pas que je suis venu pour abolir la Torah ou les Prophètes, déclara-t-il à ses premiers disciples. Je vous le dis solennellement, jusqu’à ce que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul point, ni un petit trait, ne disparaitra de la Torah jusqu’à ce que son but soit atteint… Le but de la Torah, est bien entendu, la reconnaissance mondiale de D.ieu. (…) Jésus conclut son message avec un avertissement sévère : Ainsi, l’homme qui enfreint ne serait-ce que le moindre des commandements et qui enseignera aux autres à faire de même sera considéré comme étant le moindre dans le Royaume des cieux. (Matityahou 5 :17-19). (…) Dans les dernières décennies plusieurs érudits Juifs ont eu la tendance à le voir comme étant l’un des premiers à déclarer être le Messie, et qui tenta de débarrasser la Judée de ses oppresseurs romains. Cependant, aucun érudit Juif ne croit que Jésus avait prévu de fonder une nouvelle religion… La plupart des déclarations attribuées à Jésus dans le Nouveau Testament sont conformes aux enseignements Juifs. Ceci, bien sûr n’est point surprenant, puisqu’en général Jésus pratiquait le Judaïsme Pharisaïque (rabbinique). (Rabbi Yossef Telushkin, Jewish Literacy, p. 126-128)

 

 

  • Je suis venu non pas détruire, mais accomplir : il est utilisé ici une terminologie hébraïque ; ainsi, les mots que nous lisons ne sont pas à comprendre comme les chrétiens les comprennent... En effet, l’expression "je suis venu" est un idiome hébraïque indiquant une intention et/ou un objectif. En paraphrasant, cela donnerait : Mon intention, en tant qu'enseignant de la Torah, n'est pas de détruire les commandements, mal enseigner leur pratique mais au contraire, de l’accomplir, de vous montrer comment et dans quel esprit mettre ces commandements en pratique ! Rabbi Yeshoua, contrairement aux pensées chrétiennes, est entrain de sublimer la Torah !

 

COMMENTAIRE N°2

 

La seule question qui devrait être posée est la suivante : que voulait dire Yeshoua par "je suis venu accomplir" la Torah ? En effet, comme "Jésus-Christ" a accompli la Torah, certains chrétiens pensent qu'il est inutile pour eux de la suivre… En d'autres termes, selon leur raisonnement, si "Jésus-Christ" a accompli la Torah pour nous, par conséquent, la Torah est supposée être accomplie en nous, par notre foi ? Or, ce raisonnement n’est pas biblique. En fait, l’Apôtre Shaoul lui-même s’est levé contre cette folle interprétation dans la Lettre aux Nazaréens de Rome : Annulons–nous donc la Torah par la foi ? Loin de là ! Au contraire, nous confirmons la Torah. (Romains 3 :31)

 

Dans le chap. 5 de l’Évangile de Matityahou, le mot "accomplir" en grec est le mot "pleroo" et ce mot pourrait être traduit par "terminer" ; littéralement, il signifie aussi "rendre parfait, remplir à pleine mesure" et d’un autre côté, nous pourrions aussi le traduire par "satisfaire, accomplir, achever" … Au sens spirituel, Rabbi Yeshoua a donc achevé la véritable tâche demandée à tout homme dans ce monde, soit le fait même de répondre aux justes exigences de la Torah. Concernant le sens plus littéral, Yeshoua est venu parfaire la Torah, en nous montrant pleinement sa véritable signification ! En effet, le Rabbi faisait ressortir le meilleur de tous les commandements. Notez qu’à aucune reprise Yeshoua nous dit "avoir aboli" quelconque lois et précise même le contraire : Je ne suis pas venu pour abolir ! En réalité, Yeshoua donnait aux commandements un sens plus profond en les remplissant jusqu’à ras bord de vérités divines ! Il faisait ressortir leurs significations profondes afin que nous puissions les vivre pleinement avec la bonne kavana et par conséquent, pour qu’Hashem puisse accomplir sa volonté parfaite dans nos vies.

 

D'ailleurs, la suite du chapitre nous le confirme puisque Yeshoua reprend quelques commandements de la Torah comme l'interdit d'adultère, de meurtre, etc… en les expliquant plus profondément. Comme on le sait, Rabbi Yeshoua était plus proche de l'école d'Hillel que de celle de Shammaï, tout en étant singulier dans certaines positions. Par exemple, le Rabbi nous rapporte qu'un homme ne doit pas divorcer de sa femme sauf pour cause d'infidélité, alors qu'Hillel était beaucoup plus souple sur le sujet et permettait à des hommes de divorcer de leurs femmes pour des motifs bien moins graves.

 

En fait contre quoi Yeshoua s'est-il levé ? Tout simplement contre la façon d'observer les commandements ; l’Évangile de Matityahou au chap. 23 en est un très bon exemple ! En effet, dans ce chapitre, Rabbi Yeshoua reprend sévèrement un groupe de proushim sur leur façon d'observer la Torah car ils font tout pour se mettre en avant, ils mettent des tefillin plus grosses, des tzitzits plus longs, ils font de longues prières en public et font aussi de la tsédaka à la vue de tous, etc… 

 

Je suis venu non pour abolir mais pour accomplir. Assurément, le terme "accomplir" signifie "achever, dans le sens d'amener à la perfection" … Il n’a pas le sens que lui donne trop souvent les chrétiens, à savoir qu’elle a été rendue obsolète. Il s’agit au contraire, d’accomplir de telle manière à perfectionner une fondation sur laquelle bâtir davantage. (Christianity’s Jewish Heritage, West Sussex : Angel Press, 1988, p.8).

 

Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n'entreront pas tous dans le Royaume des cieux mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux.  Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé par ton nom ? N'avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? Et n'avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité. (Matityahou 7 :21-23)

 

Regardons également Matityahou 7 :21-23, le mot grec traduit par "iniquité" est "anomia" : ce mot signifie "absence de loi" … N’est-ce pas fou ? Par conséquent, nous devrions lire "retirez–vous de moi, vous qui ne suivez pas la Torah" … C’est plutôt dingue ! Une fois de plus, les traducteurs n’ont pas respecté la traduction originale, ce qui donne un tout autre sens au verset… Ainsi, chaque croyant devrait se laisser guider et instruire par le Rouah du Mashiah pour pratiquer au mieux la Torah. En effet, nous devrions tous, de manière honnête, Juifs et non-Juifs, nous efforcer de comprendre l'ensemble de la révélation qu’Hashem nous a donnée au travers de la Torah et des mitsvot et de la pratiquer avec la bonne kavana.   

 

De plus, il est important de relever un point intéressant : si Yeshoua est accusé d’avoir aboli la Torah, il faut savoir que le Mashiah doit faire exactement le contraire… Autrement dit, si Yeshoua avait réellement aboli la Torah, il ne pourrait pas prétendre au Trône de David. Comment pourrait-il d’être l’envoyé d'Hashem, tout en détruisant sa Parole ?

 

Comme nous l’avons évoqué, le Yeshoua que le christianisme professe n'est pas le véritable Yeshoua Juif. En effet, ce "Jésus chrétien" a été totalement dépouillé, déjudaïsé et se trouve bien loin du Yeshoua Juif qui a vécu, il y a plus 2000 ans et qui reviendra très bientôt sur cette terre en tant que Roi d'Israël et des nations. Cette vérité étant rappelée, penchons-nous encore davantage sur la relation qu'avait Yeshoua avec la Torah et les coutumes de nos pères.

 

Les termes "abolir" et "accomplir" utilisés dans Matityahou au chap. 5 sont également des mots utilisés dans la terminologie hébraïque, plus particulièrement chez les proushim. En effet, si un Sage d'Israël interprétait mal la Torah, un autre pouvait parfaitement lui dire : tu détruis la Torah ; inversement, en interprétant bien, il lui aurait dit : tu accomplis la Torah. Il s'agit ni plus ni moins que de méthodes d'interprétations ; ainsi, si vous pouviez faire un voyage dans le temps et revenir à l'époque de Yeshoua et de ses talmidim, si vous leur disiez "merci d’avoir aboli la Torah, nous n'avons plus à accomplir tous ces commandements pesants" et bien sachez qu’ils vous regarderaient bizarrement, en ayant du mal à croire que vous êtes censés être leur descendance spirituelle !

 

COMMENTAIRE N°3

Voici les propos clairs du Rambam à ce sujet, dans son Mishné Torah.

 

Il est clair et explicite dans la Torah que cette Loi est immuable : aucune modification, diminution ou ajout ne peut y être fait, comme il est dit : Tout ce commandement que je vous prescris, observez-le exactement, sans y rien ajouter, sans en retrancher rien ; il est aussi dit : Mais les choses révélées importent à nous et à nos enfants à jamais, mettre en pratique toutes les paroles de cette Doctrine. Tu apprends donc que tous les préceptes de la Torah nous incombent à jamais. De même, il est dit : Elle est un statut éternel pour vos générations et il est aussi dit : Elle n’est pas dans le Ciel. Tu apprends donc qu’un Prophète n’a pas le droit maintenant de faire une innovation dans la Loi Écrite ou Orale ; c’est pourquoi, si un homme, non Juif ou Juif, montre un signe ou un miracle et dit que D.ieu l’a envoyé pour ajouter une mitsva ou retrancher une mitsva, ou pour interpréter un certain commandement autrement que la tradition le rapporte de Moshé, ou dit que les commandements ordonnés au peuple Juif ne sont pas éternels mais sont liés à une certaine époque, c’est un Prophète mensonger car il vient démentir la prophétie de Moshé. (…) En effet, Lui, Béni soit-Il, a ordonné à Moshé, que cette Loi soit immuable pour nous et nos enfants, et D.ieu n’est pas un homme pour mentir. (…) S’il en est ainsi, pourquoi est-il dit dans la Torah : Je leur susciterai un Prophète du milieu de leurs frères, tel que toi ? Quelle est donc la fonction de ce Prophète ? Ce Prophète ne vient pas établir une nouvelle religion mais ordonner de suivre les préceptes de la Torah et mettre en garde le peuple de ne pas transgresser celle-ci, comme dit le dernier d’entre eux : Souvenez-vous de la Torah de Moshé, mon esclave. Et de même, s’il donne un ordre concernant ce qui est facultatif, il incombe de l’écouter et celui qui n’obéit pas est passible de mort par le Ciel, comme il est dit : Et alors, celui qui n’obéira pas aux paroles du Prophète, qu’il énonce en mon Nom, c’est moi qui lui en demanderai compte. (Mishné Torah du Rambam, Yessodei HaTorah, chap. 9)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18.     Amén, oui, je vous dis : tant que les ciels et la terre ne seront pas passés, pas un yod, pas un signe de la tora ne passera que tout n’advienne.

 

  • Amén, oui, je vous dis : ceci est une tournure de phrase souvent utilisée par Yeshoua.

COMMENTAIRE N°1

Le Talmud, dans le Traité Shabbat nous enseigne que la formule "en vérité" signifie qu’une sentence à force de loi, qu’elle s'impose comme une halakha. Parfois, elle peut également désigner une halakha léMoshé miSinaï, une Loi Orale provenant de notre tradition (voir Rachi sur Soukkah 32a). Ainsi, lorsque Yeshoua parle en disant : en vérité je vous le dis, le Rabbi énonce une halakha ayant force de loi et c'est la raison pour laquelle, il est écrit que des Juifs étaient étonnés car il "parlait avec autorité" contrairement aux autres rabanim, ce qui signifie que le Rabbi liait et déliait des halakhot ; le Mashiah était donc un possek halakha, un Juif qui tranche la loi dans un sens ou dans un autre.

 

 

  • tant que les ciels et la terre ne seront pas passés : puisque D.ieu a créé les cieux et la terre à travers sa Torah, sa destruction ou son "abolition" impliquerait que tout ce qu’ils contiennent, soit tout l’univers serait détruit. Ainsi, tous les commandements divins doivent être mis en pratique et aucun d’entre eux, même celui qui semble être le moindre ne doit être négligé !

 

 

  • pas un yod, pas un signe de la tora ne passera que tout n’advienne : car dans la loi de D.ieu, tout a un but et une signification. Rien de superflu. Le moindre mot, la lettre même la plus insignifiante y a sa raison d’être ; bien que cette raison, quelque fois profonde, puisse nous échapper. (Rabbi Elie Soloweyczyk, dans La Bible, le Talmud et l’Evangile sur Matiyahou 5:18, p.198) et quand bien même toutes les nations de la terre s'uniraient pour déraciner un mot de Torah, elles en seraient incapables. (Vayiqra Rabah 19 :2)

COMMENTAIRE N°2

Pourquoi le Rabbi mentionne-t-il spécifiquement le yod, la plus petite lettre de l’alphabet hébreu ? Nous pourrons nous inspirer d’un Midrash pour mieux comprendre le choix du Mashiah.

Lorsque le Saint Béni soit-Il, donna la Torah à Israël, il y inséra des commandements positifs et négatifs, et en donna aussi au roi, comme il est dit : Il ne se multipliera pas des chevaux, il ne se multipliera pas des femmes, de peur que son cœur ne se détourne. (Devarim 17 :16-17.) Or, Shlomo se leva et s’interrogea : Pourquoi est-ce que le Saint Béni soit-il, a commandé : Il ne se multipliera pas des femmes ? N’est-ce pas tout simplement afin que son cœur ne se détourne pas ? Eh bien, je multiplierais les femmes et je garderais mon cœur qui ne détournera pas. À cet instant, le petit yod du mot "yarbéh" (multipliera) s’éleva dans les hauteurs et se prosterna devant le Saint Béni soit-Il et lui dit : Maître du monde ! N-as-tu donc pas dit qu’aucune lettre de la Torah ne serait annulée ? Voici maintenant Shlomo s’est levé et m’a annulée. Qui sait ? Aujourd’hui, il a annulé une lettre, peut-être que demain il en annulera une autre jusqu’à ce que toute la Torah soit annulée ! Le Saint Béni soit-Il, répondit : Shlomo et un millier comme lui passeront mais le plus petit trait de lettre ne sera pas effacé. (Shemot Rabah 6 :1)

Selon Devarim 17 :18, le Roi d’Israël devait écrire une rouleau tout entier de la Torah et dans cette histoire, on voit que Shlomo désirait avoir beaucoup de femmes ; ainsi, il entreprit d’effacer un "yod" de la Torah et de le remplacer par un "alef" … Sa nouvelle version du verset disait donc : Il se multipliera des femmes et son cœur ne se détournera pas. Or, en effaçant le yod, une si petite lettre, Shlomo a complètement changé le sens de la phrase. Un enseignement à en tirer, c’est que la Parole de D.ieu ne devrait pas être considérée comme manipulable ; elle est éternelle et immuable !

 

 

COMMENTAIRE N°3

Il est plus facile que le ciel et la terre passent, qu'il ne l'est qu'un seul trait de lettre de la Torah vienne à tomber. (Loucas 16 :17)

Pour information, Rabbi Yeshoua n’enseignait pas en grec mais en araméen ou en hébreu ; ainsi, le "yod" en hébreu est l’équivalent d’un "iota" en grec et le mot "kotz" fait référence à "une épine" d’où l’expression d’un trait de lettre…


Que veut donc dire le Mashiah en parlant d’épine ? Comme nous l’avons dit, cela fait vraisemblablement référence aux petits traits de l’hébreu pouvant transformer une lettre en une autre et par conséquent, changer le sens d’un mot ou même d’une phrase.

Yeshoua est en train de faire référence aux prescriptions très strictes des soferim/scribes sur l’écriture de la Torah en hébreu. Une seule erreur dans l’écriture d’une lettre pouvait rendre invalide tout le rouleau de la Torah et le sofer/scribe devait tout recommencer…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19.     Aussi, l’homme qui détruit une de ces misvot, la moindre, et l’enseigne aux hommes, moindre sera-t-il appelé au royaume des ciels. Mais qui la fait et l’enseigne, celui-là sera appelé grand au royaume des ciels.

 

 

  • Aussi, l’homme qui détruit une de ces misvot : parmi les 613 mitsvot de la Torah de Moshé Rabbénou. (Makot 23b)

 

COMMENTAIRE N°1

Notre corps est un support avec une âme, constitué de 613 parties.  Ces 613 parties sont divisées en 365 et 248 : elles correspondent aux 365 veines et 248 organes du corps humain.

Pour information, la définition du mot "organe" donnée par la médecine est différente de celle donnée par la Torah. Par exemple, la phalange est considérée comme un organe par la Torah mais elle n’est pas considérée comme tel par la médecine. 

Comme le corps, l’âme est également composée de 613 "veines et organes spirituels" correspondants aux 613 mitsvot de la Torah de Moshé. (Makot 23b)

 

Pour faire simple, voici le fonction de l’âme : lorsqu’on met en application les mitsvot, nous permettons alors qu’une sainteté divine d’en haut soit envoyée dans nos veines et organes spirituels. 

 

Yeshoua lui répondit : Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon ? Un seul est le bon. Si tu veux entrer dans la vie, observe les mitsvot. (Matityahou 19 :17)

Nous allons ainsi, parler ici de deux axes différents : le monde matériel [le corps] et le monde spirituel [l’âme].

 

Les organes comme le cerveau, le cœur, les poumons, l'estomac ou le foie sont prépondérants pour le bon fonctionnement de notre corps humain. Au niveau de l’âme en lien avec les commandements, le processus est similaire : nous avons aussi de nombreuses mitsvot prépondérantes, elle peuvent être appelés les mitsvot "cerveau" : nous retrouvons la téfila en hitbodedout, l’étude de la Torah, le Shabbat, etc… La négligence de ces mitsvot prépondérantes entrainera la non-respiration, soit la mort de l’âme tout comme une maladie grave au cerveau entraînerait la mort du corps humain. Chaque dysfonctionnement d’une veine ou d’un organe déclenche forcément des conséquences qui pourront, ou non, toucher le corps entier. C’est encore une fois exactement le même principe dans le monde spirituel de l’âme ! Chacune des mitsvot respectées ou non-respectées auront un impact différent, en fonction de leurs importances, sur notre vie spirituelle !

 

 

  • la moindre, et l’enseigne aux hommes : la plus petite.

 

COMMENTAIRE N°2

Rabbi Yéhouda HaNassi nous a enseigné : Soyez prudent avec un commandement léger comme avec un commandement grave car vous ne connaissiez pas la récompense pour l'accomplissement des commandements. Aussi, considérez la perte qui peut être subie par l'accomplissement d'un commandement contre la récompense qui en résulte, et le gain qui peut être obtenu en commettant une transgression contre la perte qui en résulte. (Pirké Avot 2 :1)

Cette affirmation de Rabbi Yéhouda nous enseigne qu'il faut être prudent dans l'observance des commandements qui lui semblent "légers" tout comme il faut être prudent dans l'observance de ce qu'il considère comme des commandements "plus sérieux"…

Il y a une parabole intéressante donnée sur cette déclaration.

Rabbi Hiyya a enseigné en guise de parabole : Un roi a amené des ouvriers dans l'un de ses vergers mais ne les a pas informés à l'avance de la compensation pour les plantes respectives qu'ils cultiveraient. Car s'il leur avait donné cette information, chacun d'eux aurait cherché cette plante pour laquelle la compensation était généreuse et s'en serait occupée. En conséquence, seule une partie du travail dans le verger aurait été prise en charge et certains auraient été négligés…

COMMENTAIRE N°3

Nous pourrons nous inspirer d’une déclaration de Lévi ben Sissi dans le Talmud pour mieux comprendre l’importance d’une mitsva, aussi petite soit-elle !

Lévi ben Sissi prit un rouleau de la Torah et alla sur le toit et dit : Maître du monde ! Si j’ai annulé ne serait-ce une seule parole de ce rouleau de la Torah, qu’ils viennent contre nous et si non, qu’ils continuent leur chemin. (Talmud de Jérusalem, Taanit 3 :8)

 

 

  • moindre sera-t-il appelé au royaume des ciels : selon les paroles du Rabbi, celui qui supprimera l'un des plus petits commandements de la Torah et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le Royaume des cieux.

 

  • Mais qui la fait et l’enseigne : on parle toujours de la plus petite mitsva, à combien de plus fortes raisons pour la plus grande !

 

  • celui-là sera appelé grand au royaume des ciels : selon les paroles du Rabbi, celui qui supprimera l'un des plus petits commandements de la Torah et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le Royaume des cieux mais celui qui observera les mitsvot et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le Royaume des cieux. 

 

 

 

 

 

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20.     Oui, je vous dis: si votre justice n’abonde pas plus que celle des Sopherîm et des Peroushîm, vous n’entrerez pas au royaume des ciels.

 

 

  • Oui, je vous dis : si votre justice n’abonde pas plus : cela fait référence à notre pratique des mitsvot envers D.ieu et envers notre prochain ; celle-ci doit être supérieure à celles des soferim et des proushim hypocrites. En termes plus simples, le Mashiah demande de la sincérité, du cœur et de l’humilité dans la Avoda Hashem.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Les enseignements du Rambam sont extrêmement élevés, puissions-nous nous en inspirer afin de devenirs toujours plus proches d’Hashem et ainsi, surpasser l’hypocrisie religieuse dénoncée par le Mashiah.

 

Plus le Sage est grand et plus celui-ci doit être minutieux dans sa conduite, et agir au-delà de ce que la Torah exige de lui. De même, si le Sage est scrupuleux dans son comportement, doux dans sa conversation, agréable envers son prochain, aimable dans sa façon de le recevoir et ne réplique pas même lorsqu’il est humilié, est courtois même envers ceux qui le traitent avec dédain, intègre dans ses affaires, n’accepte pas volontiers l’hospitalité des ignorants et ne fréquente pas leur compagnie, et n’est vu qu’en train d’étudier la Torah, enveloppé de talith, couronné des tefillin, faisant toujours plus qu’il ne lui incombe sans toutefois se tenir trop à l’écart [de la vie sociale] et devenir esseulé si bien que tous le louent, l’aiment et aspirent à lui ressembler, il sanctifie le Nom de D.ieu. À son sujet, l’Écriture dit : Et Il m’a dit : Tu es Mon serviteur, Israël, par lequel, je suis glorifié. (Mishné Torah du Rambam, Yessodei haTorah, chap.5)

 

 

  • que celle des Sopherîm et des Peroushîm : étant remplie d’hypocrisie. 

 

 

  • vous n’entrerez pas au royaume des ciels : car Hashem n’est pas présent dans tout ce cinéma de sainteté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22.     Or, moi je vous dis : Qui brûle sans raison contre son frère est passible de jugement ; qui dit à son frère : Raqa, Vaurien, est passible du sanhédrin ; et qui lui dit : Fou ! est passible du feu de la Géhenne.

 

 

  • Or, moi je vous dis : il s’agit de l’enseignement du Mashiah, auquel, il faut être extrêmement attentif…

 

 

  • Qui brûle sans raison contre son frère est passible de jugement : la colère est un des péchés les plus graves de toute la Torah.

 

 

  • qui dit à son frère : Raqa, Vaurien, est passible du sanhédrin : et comme le dira plus tard le Mashiah, il est également passible du Guey-Hinnom. Cela correspond aux enseignements du Zohar : celui qui appellera son prochain racha (méchant) sera jeté dans la Géhenne. (Zohar, Shemot 122a).

 

COMMENTAIRE N°1

 

Rabbi Yonathan dit : Toutes sortes de manifestations du Guey-Hinnom s’abattent sur celui qui se met en colère comme il est écrit : Chasse la colère de ton cœur et éloigne le malheur de ta chair. (Qohelet 11 :10). Or, le malheur dont le texte parle n’est autre que le Guey-Hinnom, comme le précise un deuxième verset : l’Éternel a tout conçu dans un objectif spécifique, même le méchant pour le jour du malheur. (Mishlei 16 :4). (Nedarim 22a)

 

 

  • et qui lui dit : Fou ! est passible du feu de la Géhenne : cela correspond au Guey-Hinnom [l’enfer dans le Judaïsme].  

 
 
 
 
 

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30.     Si ta main droite te fait trébucher, coupe-la et jette-la loin de toi. Oui, il y a intérêt pour toi à perdre un de tes membres, plutôt que, de tout ton corps, t’en aller dans la Géhenne.

 

 

  • Si ta main droite te fait trébucher : le Rabbi fait référence aux fautes liées aux mains, comme la masturbation, le fait de voler ou encore comme le fait de frapper un homme avec nos poings, etc…  Bien qu’il eût certainement un péché particulier en tête, l’enseignement peut s’étendre sur plusieurs sujets. 

 

 

  • coupe-la et jette-la loin de toi : il faut se séparer du péché au point de s’en arracher la main.

 

 

  • Oui, il y a intérêt pour toi à perdre un de tes membres : dans l’idée d’être brisé ou d’avoir cassé notre corps pour la sainteté au point d’être considéré comme un manchot...

 

Le but d’avoir cassé notre corps étant également d’atteindre le Olam Haba ; cela fait ainsi, référence au bitoul total, en français, l’abandon, le sacrifice de soi par amour pour la sainteté divine.

 

 

COMMENTAIRE N°1

 

On peut comparer ces paroles du Mashiah au propos de nos maîtres dans la Guémara comme il est dit : Un roi et une reine étaient assis, et le roi disait que la viande d'un chevreau était supérieure en qualité tandis que la reine disait que c’était plutôt la viande d'un agneau qui était supérieure. Ils dirent : Qui peut prouver lequel a raison ? Le Cohen Gadol car il offre des sacrifices chaque jour, ce dernier est donc venu et fit un geste de dérision de la main en disant : Si le chevreau est supérieur, qu'il soit offert en sacrifice tamid ! Le roi dit : Puisqu'il ne craint pas la royauté, qu'on coupe sa main droite ! Le Cohen Issakhar donna alors un pot-de-vin et on lui coupa la main gauche. Mais le roi eut vent du subterfuge et lui coupa la main droite. À propos de cet incident, Rav Yossef disait : Béni soit le Miséricordieux, qui a infligé à Issakhar, homme du village de Barkaï, sa punition dans ce monde et non dans le Guey-Hinnom. (Pessa'him 57b)

 

  • plutôt que, de tout ton corps, t’en aller dans la Géhenne : Rabbi Yeshoua de Natzeret enseignait, en priorité, le chemin de la sainteté ; ainsi, selon ses dires, il vaut mieux finir manchot, que de s’abandonner totalement à la faute avec nos deux mains. En gros, il vaut mieux souffrir pour la sainteté que de se laisser aller au péché… Ceci nous montre combien le Mashiah était complétement détaché de la faute et avait développer en lui, la haine du péché. 

 

COMMENTAIRE N°2

 

La masturbation [en lien avec la main droite selon certains opinions] conduit au péché de "zéra lévatala" : de la semence en vain.

 

Le Choul'han Aroukh écrit que faire "zéra lévatala" est le péché le plus grave de toute la Torah ! Or, il est vrai qu'il existe des péchés bien plus graves que celui-ci mais il est enseigné de telle manière, pour que nous comprenions combien ce péché est grave. Certains disent que la majorité des malheurs qui arrivent dans le monde ne proviennent que des conséquences de ce péché. Et quelle est la définition du péché ? Le mot "péché" en hébreu, détient une connotation de "rater la cible" : la Torah nous dit que le but est d’être à l’image de D.ieu dans ce monde ; rater la cible, c’est donc manquer d’être comme lui. Alors la question se pose : en quoi l’acte de se masturber constitue-t-il un acte qui nous fait "rater la cible" envers Hashem ? La masturbation, c’est se donner à soi-même du plaisir sexuel, en entretenant dans ses pensées (ou par le regard) des images de nos fantasmes sexuels ou émotionnels.

 

Nous devons donc être clairs : la Torah défend l’acte sexuel en dehors du mariage. Ainsi, entretenir dans nos pensées le fait d’avoir des relations sexuelles conduit forcément au péché de convoitise car en réalité, nous fantasmons sur ce que nous n’avons pas : une femme ; a combien de plus fortes raisons, s’il s’agit d’une femme marié, etc… Convoiter est un péché et Yeshoua prêchera comme on le voit dans les Écrits Nazaréens sur le désir des yeux, qu’il va lier d’ailleurs, avec ce que nous faisons avec nos mains… Est-ce un hasard ?

Vous avez appris qu'il a été dit : Tu ne commettras point d'adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse et que ton corps entier ne soit pas jeté dans le Guey-Hinnom. Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse et que ton corps entier n'aille pas dans le Guey-Hinnom. (Matityahou 5 :27-30)

Le Mashiah prend comme référence la main droite ; ainsi, nous devons comprendre qu’il parle probablement de la masturbation.

Loin de tous fantasmes, la Torah nous apprend que la sexualité doit être vécue au sein d’une relation maritale. En effet, le sexe nous a été donné pour le bon plaisir de notre époux(se). Dans notre génération et finalement dans les autres également, cette réalité est tordue au point le plus haut : la sexualité est vécue pour un plaisir solitaire !

N’oublions pas, c’est pour la liberté que le Mashiah nous a libérés. Or, la masturbation nous rend esclaves de notre mauvais penchant et de nos désirs…  

 

Yéhouda prit pour Er, son premier-né, une femme nommée Tamar. Er, premier-né de Yéhouda, était méchant aux yeux de l'Eternel et l'Eternel le fit mourir. Alors Yéhouda dit à Onan : Va vers la femme de ton frère, prends-la, comme beau-frère et suscite une postérité à ton frère. Onan, sachant que cette postérité ne serait pas à lui, se souillait à terre lorsqu'il allait vers la femme de son frère, afin de ne pas donner de postérité à son frère. Ce qu'il faisait déplut à l'Eternel, qui le fit aussi mourir. Alors Yéhouda dit à Tamar, sa belle-fille : Demeure veuve dans la maison de ton père, jusqu'à ce que Schéla, mon fils, soit grand. Il parlait ainsi dans la crainte que Schéla ne mourût comme ses frères. Tamar s'en alla, et elle habita dans la maison de son père. (Béréshit 38 :6-11)

 

Au travers de l’épisode de Yéhouda et de Tamar, la Torah nous parle de la faute d’Onan qui a refusé d’assumer l’histoire familiale au travers de la loi du lévirat.

Il détruisait au sol : il "battait" dans l’intérieur du vagin et "vannait" en dehors. Rachi explique qu'Onan a gaspillé sa semence sur le sol et comme on peut le voir, c’est une chose qui ne plut pas au Maître du monde. Certes, la faute est également liée à la mitsva du lévirat mais il est bon de s’inspirer ici du comportement d’Hashem qui n’est pas pour le gaspillage de notre semence. 

 

D‘ailleurs, ce qui est phénoménale, c’est que l’épisode d’Onan a été liée au nom d’une pratique sexuelle appelée l’onanisme, qui est le nom commun pour désigner les pratiques masturbatoires. Est-ce un hasard ? Certainement pas…

Or, on voit que la Torah démontre aussi, en réalité, un champ plus large que l’activité masturbatoire en elle-même, puisqu’elle inclut d’abord les pratiques dites de "coït interrompu" … Le coït interrompu est une pratique sexuelle, une ancienne méthode de contraception : on retire le membre avant d’évacuer dans le vagin. Pour ce qui est donc du texte biblique, on ne trouvera pas réellement ici, une condamnation pour des plaisirs solitaires mais nous voyons bien que les enfants de Yéhouda, Er et Onan ont été tué parce qu'ils ont fait zéra lévatala [une émission de semence en vain].

Maintenant, étant donné que nous vivons une période complétement folle et une génération pervertie au plus haut point, il ne faut pas être dans la crainte car Hashem est miséricordieux et nous laissera toujours l'occasion de faire téchouva sur cette faute ! De plus, bien qu’il ne faut pas se complaire là-dedans, il faut également avoir pleinement conscience que le Mashiah est mort et a porté toutes nos fautes, comprenant bien évidemment, la faute de zéra lévatala. 

Comment combattre l’activité masturbatoire ?

  • L’oisiveté est la mère de tous les vices !

 

  • Le langage détient une influence sur la pensée : celui qui parle bien aura de bonnes pensées.

 

  • La vue influe également sur la pensée qui, elle-même, influe sur l'action…. Il nous faudra alors mettre des "stop" à nos yeux !

 

  • La tendance sexuelle existe et ce n'est pas une maladie personnelle ; il ne faut pas en avoir peur : comme l’enseignent nos Maîtres, Hashem a créé le Yetser Hara mais il a créé la Torah comme antidote. 

 

  • Attention aux dépendances : l'homme détient un membre petit, lorsqu’on l'affame, il devient repu mais lorsqu’on le contente, il en veut encore ! (Rabbi Yohanan)

 

  • La domination de cet instinct a une fin : le mariage ! Il faut tenir un peu de temps afin qu’Hashem puisse nous combler en nous accordant notre zivougue. 

 

  • Nous devons nous rassasier de paroles de Torah avant d’aller dormir ! En effet, celui qui étudie n’est plus le même homme car il est rempli de la Torah et du Rouah Hakodesh.

 

  • Celui qui récite le Chéma avant de dormir, les forces destructrices s’éloignent de lui !

 

  • Dormir dans la sim’ha, dans la émouna et la confiance en Hashem. Zéra lévatala n’est pas une finalité, Hashem nous donnera la victoire sur ce péché : nous ne devons pas pleurer sur nous-mêmes…     

 

  • Nous pouvons également dormir avec le talith katan car c’est l’armure du Juif ; celui-ci nous détournera de l’envie de fauter.

 

On dit aussi que la Torah est divisée en deux catégories de commandements : ceux qui concernent l'homme avec Hashem et ceux qui concernent l'homme avec son prochain. Cependant, nous pouvons également rajouter une troisième catégorie, celle qui concerne les rapports de l'homme avec lui-même. 

Or, le devoir de l'homme est de canaliser ses pulsions et de soumettre son corps au service divin. Malheureusement, la tentation est rude et surtout dans notre génération ! Si nous nous masturbons, nous ne sommes pas des monstres, nous sommes des êtres humains qui doivent simplement faire des efforts en vue d’une sainteté plus élevée.

Vous vous sanctifierez et vous serez saints car je suis l’Éternel, votre D.ieu. (Vayikra 20 :7)

Et quelle est la sainteté ? L’acte d'amour entre époux où l’on retrouve le respect de l'autre. Ainsi, la mitsva essentielle est le mariage et il nous faut prier dans ce sens.  


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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38.     Vous avez entendu qu’il a été dit : Oeil pour oeil et dent pour dent. 

 

 

  • Vous avez entendu qu’il a été dit : il est enseigné des hérésies concernant la loi toraïque du talion, notamment par les boethusiens : et additionnellement, les Boethusiens disaient : œil pour œil, dent pour dent : si quelqu’un faisait tomber la dent de son prochain, on fera tomber sa dent ; si quelqu’un aveuglait, l’œil de son prochain, on lui aveuglera son œil et ils seront égaux. (Méguilat Taanit, Scholion O)

 

  • Oeil pour oeil et dent pour dent : effectivement, il s’agit de la loi du talion relatée dans le Sefer Shemot.

 

COMMENTAIRE N°1

Mais s'il y a un accident, tu donneras vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, meurtrissure pour meurtrissure. Si un homme frappe l'œil de son esclave, homme ou femme et qu'il lui fasse perdre l'œil, il le mettra en liberté, pour prix de son œil. Et s'il fait tomber une dent à son esclave, homme ou femme, il le mettra en liberté, pour prix de sa dent. (Shemot 23 :23-27)

Avec l’essor du christianisme, l’expression "œil pour œil, dent pour dent" a nourri le mythe d’un Juif sanguinaire et violent. Or, rien n’est plus éloigné de la vérité ! En effet, comme on le sait, la Torah toujours dénoncé la vengeance personnelle et encouragé la réconciliation.

Tu ne te vengeras point et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l'Éternel. (Vayikra 19 :18)

Contrairement aux interprétations chrétiennes, cette loi de "œil pour œil, dent pour dent" appelé également "la loi du talion" n’accorde aucun crédit à la vengeance personnelle, ni à la violence mais au contraire, elle a été donnée par le Maître du monde en vue de réparer un tort causé… En effet, Hashem serait-il capable d’encourager la vengeance au sein de son peuple, au point où si l’on me casse un dent, je vais la recasser à mon prochain ? Soyons sérieux…  La réparation est plutôt une sanction matérielle, comme une amende : pour prix d’un œil, d’une dent, etc…

En réalité, cette loi du talion prône, comme nous l’avons dit, la compensation et la réparation d’un dommage causé, afin de favoriser la paix entre celui qui l’a subi et celui qui l’a causé. Mais alors qu’est-ce que Yeshoua veut nous enseigner ? Évaluer le montant et la nature de la réparation appartient aux juges et non au peuple : c’est ici le message du Mashiah ! La vengeance et la rancune doivent totalement bannis de notre vocabulaire, au profit d’un maintien de bons rapports entre voisins.

Vous avez appris qu'il a été dit : œil pour œil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre. Si quelqu'un veut plaider contre toi et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Si quelqu'un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui. Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi. (Matityahou 5 :38-42)

Yeshoua remet la loi du talion dans son contexte : celle-ci ne doit pas apporter la vengeance et la rancune ; le fruit de cette loi doit être entre les mains des juges et non de notre justice personnelle, humaine et charnelle… Notre but doit être la recherche du shalom, du pardon et de la miséricorde.

 

De plus, le Mashiah condamnait les dérives et les mauvaises compréhensions de la Torah concernant cette loi. En effet, les boethusiens enseignaient : œil pour œil, dent pour dent, si un homme a assommé la dent de son prochain que sa dent soit aussi assommée, s’il a aveuglé l’œil de son prochain, que son œil soit aussi aveuglé. (Méguilat Taanit, Scholion O). Or, au contraire, il faut réparer le tort en donnant de son argent, comme il est dit : Si un homme frappe l’œil de son esclave, homme ou femme et qu'il lui fasse perdre l’œil, il le mettra en liberté, pour prix de son œil. (Shemot 21 :25) et cela est également précisé ailleurs : Œil pour œil, ce n'est pas l’œil mais la valeur de l’œil. (Baba Kama 83b)

 

On dit en argent mais peut-être qu’il s’agit-il effectivement de l’œil ? Hypothèse finalement rejetée car pour que la loi du talion soit validée au premier degré, il faudrait qu’un principe d’équivalence puisse être posé… Et imagine que l’œil de l’un soit grand et l’autre petit, pourrions-nous lui appliquer strictement la loi du talion ? Et imagine que celui qui a éborgné son prochain soit lui-même borgne, estropié ou manchot, pourrions-nous lui appliquer strictement la loi du talion ? (Baba Kama 84 a). Que se passerait-t-il alors si un aveugle arrachait l’œil d’un homme, ou si un manchot coupait la main d’un homme, ou qu’un un paralytique cassait la jambe d’un homme ? Comment appliquer le œil pour œil ? Ce n’est clairement pas possible… Ainsi, Yeshoua, loin de traiter les Juifs d’assassins, a simplement souhaité ramener le peuple au cœur de la Torah de Moshé : aimer notre prochain et lâcher toutes animosités vengeresses !

Cela correspond également aux enseignements des Apôtres.

Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés mais laissez agir la colère car il est écrit : A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur. (Romains 12 :19)

Car toute la Torah est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Galates 5 :14)

Insistons :  Si un homme frappe l’œil de son serviteur, homme ou femme et qu’il lui fasse perdre l’œil, il le mettra en liberté, pour prix de son œil. Et s’il fait tomber une dent à son serviteur, homme ou femme, il le mettra en liberté, pour prix de sa dent. (Shemot 21 :26-27). Et voici une petite réflexion intéressante de Rachi, qui explique bien mieux le concept : nos Maîtres ont expliqué qu’il ne s’agit pas d’une mutilation entraînant un défaut corporel mais d’une indemnisation en argent… En complément, il faut également savoir que la législation des Sages d’Israël préconisaient une compensation pécuniaire à cinq niveaux : du dommage lui-même, de la douleur physique, des frais médicaux, de l’interruption de l’activité professionnelle et du préjudice moral. La justice parfaite sera rendue par D.ieu en temps voulu ; l’homme est incapable de cette minutieuse justice ; ainsi, il se contentera de la compensation financière...

C’est ce qu’enseigne également les rabanim de notre génération.

La Torah Orale explique que œil pour œil, dent pour dent, etc… ne signifie pas, ‘hass véchalom, qu’on doit crever les yeux à celui qui a crevé les yeux de son prochain ; cela est ridicule… La Torah ordonne simplement de payer à la personne à qui on a crevé un œil, la valeur d’un œil. (Rav Ron Chaya)

Ainsi, on comprend qu’il ne s’agit pas de vengeance personnelle mais d’un principe de réparation instituée par Hashem.  Rabbi Yeshoua a donc insisté sur ce point et n’a eu de cesse d’enseigner à ne jamais répondre au mal par le mal, à ne jamais se venger et ce, même lorsqu’il s’agit de notre pire ennemi… Il faut fuir le mal et pardonner : c’est l’attitude prescrite par le Mashiah, laissant la vengeance à D.ieu seul, le seul capable d’accomplir une justice parfaite, de la meilleure façon et au temps convenable, après avoir déployé tous les moyens pour amener le fauteur à la repentance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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39.     Or moi je vous dis : ne vous opposez pas au criminel. Mais qui te gifle sur la joue droite, tourne aussi vers lui l’autre joue.

 

 

  • Or moi je vous dis : ne vous opposez pas au criminel : il ne faut entrer "en guerre" avec lui dans le mal, en nous comportant de la même façon. 

 

Ne dis pas : Je lui ferai comme il m'a fait, je rendrai à chacun selon ses œuvres. (Mishlei 24 :29)

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour mieux comprendre cette parole du mashiah, nous pourrons nous inspirer des enseignements du Rav Avraham Ifra’h.

 

Rav Avraham ben Rav Na’hman explique que l’attachement aux Tsadikim en général et à Rabbi Na’hman en particulier a la faculté de faire tomber les mécréants. D’ailleurs, afin de faire briller le mérite des Avot, Rabbi Na’hman nous enseigne qu’il faut entrer dans la prière et pour cela accepter les hontes et les humiliations des mécréants en sachant qu’elles ne viennent qu’afin que nous puissions couronner Hashem. Les Tsadikim refusent d’entrer dans la dispute et la controverse même si les mécréants salissent leur nom. Ainsi, Moshé Rabbénou ne répondit pas à Kora’h et Rabbi Na’hman et son élève Rabbi Nathan ne consentirent mot à leurs nombreux détracteurs… Au contraire, ils les jugèrent favorablement. Et Rabbi Na’hman nous apprend que la seule façon de juger favorablement les mécréants consiste à considérer qu’ils ne sont que le bâton de la colère d’Hashem et de ne pas répondre à leurs attaques. Cette attitude permet un très grand dévoilement de la sainteté de la Terre d’Israël qui comme nous l’avons déjà mentionné, provoque la chute des méchants de ce monde. Avraham ben Rav Na’hman rajoute que le mauvais œil du mécréant est comme un bras qui s’étend sur nous et nous écrase, contamine notre propre vision et provoque chez nous, par ricochet, un mauvais œil sur les autres, que D.ieu nous en préserve ! Le seul moyen d’échapper à ce mauvais œil contaminateur du mécréant et de considérer qu’il n’est que le bâton d’Hashem et de ne pas répondre à ses attaques. Il faut l’accepter et profiter de ces moments pour rentrer véritablement dans la prière. (Rav Avraham Ifra’h)

 

 

  • Mais qui te gifle sur la joue droite, tourne aussi vers lui l’autre joue : comme cela est enseigné par Yrmeyahou.

 

Il présentera la joue à celui qui le frappe, il se rassasiera d'opprobres. (Eikha 3 :30)  

 

 

 

 

 

 

 

 

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43.     Vous avez entendu qu’il a été dit : Aime ton compagnon et hais ton ennemi. 

 

 

  • Vous avez entendu qu’il a été dit : par les sectes déviantes, comme celle des boethusiens.

 

 

  • Aime ton compagnon et hais ton ennemi : concernant le passage dans Matityahou, le "haïr ton ennemi" est un ajout du Rabbi pour dénoncer ce que certaines sectes de l'époque enseignaient comme les zélotes à propos des romains ou encore les saducéens et les boethusiens ; la citation de la Torah est simplement "aime ton prochain" … Rabbi Yeshoua mettait l’accent sur l’amour dans un Judaïsme remplie de haine gratuite, soit la cause même de la destruction du Second Temple selon nos Maîtres.  

 

COMMENTAIRE N°1

Prenons l’exemple d’un Sage qui s’exclame sur la violence de certains pour mieux comprendre le contexte : Malheur à moi, à cause de la maison de Boéthus, malheur à moi ! A cause de leurs verges [car ils sont inhumains et violents : Matityahou 23 :34] ; malheur à moi, à cause de la maison de ‘Hanin, malheur à moi ! A cause de leur murmures [car ils accusent faussement et mènent les innocents devant le tribunal : Matityahou 26 :60] ; malheur à moi, à cause de la maison de Kathros, malheur à moi ! A cause de leur plumes [de Scribes, car ils annulent la Torah par leurs interprétations erronées : Matityahou 22 :29] ; Malheur à moi, à cause de la maison de Yichmaël, le fils de Phabi, malheur à moi ! À cause de leur poings [car ils sont violents et frappent les innocents : Matityahou 26 :67]. Car ils sont principaux sacrificateurs et leurs fils des trésoriers du Temple, et leurs gendres des dépositaires, et leurs disciples battent le peuple avec des bâtons. (Pessa’him 57a) 

Et additionnellement, les Boethusiens disaient : œil pour œil, dent pour dent : si quelqu’un faisait tomber la dent de son prochain, on fera tomber sa dent ; si quelqu’un aveuglait, l’œil de son prochain, on lui aveuglera son œil et ils seront égaux. (Méguilat Taanit, Scholion O)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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44.     Or moi je vous dis : aimez vos ennemis, priez pour vos persécuteurs.

 

 

  • Or moi je vous dis : aimez vos ennemis : dans le sens, d’être miséricordieux et de les juger favorablement.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour mieux comprendre ce concept, on pourra s’inspirer du Likouté Moharan de Rabbi Na’hman de Breslev.

Lorsqu'une personne rencontre une opposition, elle ne doit pas prendre position contre son ennemi (…) car cela amène son ennemi à atteindre son but. Au contraire, il est juste qu'il les juge favorablement et fasse pour eux tout le bien... C'est l'aspect de : Que mon âme soit comme la terre pour tout le monde. (Bérakhot 17a) car la terre, tout le monde lui marche dessus mais pourtant, elle nous fournit tous les biens : nourriture, boisson, or, argent et pierres précieuses ; tout vient de la terre. Ainsi, même s'ils s'opposent à lui et cherchent son mal, il doit faire pour eux tout le bien, comme la terre. De même, il ne faut pas prendre position contre ses ennemis, travailler contre eux car c'est l'aspect de creuser comme l'ennemi, ce qui leur permet d'atteindre plus facilement leur objectif. Cependant, au moyen de l'aspect de la terre, l'aspect de : Que mon âme soit comme la terre, il renverse le plan de ses ennemis, comme expliqué ci-dessus. Ensuite, celui qui creuse une fosse y tombera. (Mishlei 26 :27). (Torah n°277 du Likouté Moharan I)

 

  • priez pour vos persécuteurs : qu’Hashem soit miséricordieux et leur accorde une issue pour faire téchouva.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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48.     Ainsi, vous, soyez intègres comme votre père des ciels est intègre.

 

  • Ainsi, vous, soyez intègres : cela fait référence au fait de se sanctifier constamment dans l’intégrité, dans l’honnêteté, dans la droiture, dans l’humilité, etc… concepts représentés dans chacune des facettes de la Torah.

 

COMMENTAIRE N°1

 

La sanctification du corps, c'est-à-dire le raffinement du corps est un préalable pour atteindre la sainteté de l'esprit et pour se rapprocher de D.ieu. Ceci est réalisé en se séparant des expériences physiquement agréables même lorsque celles-ci sont permises, comme nous le savons d'après la déclaration de nos Sages : Si vous souhaitez vous sanctifier, faites-le en vous abstenant de ce qui est permis. (Yévamot 20b). Il existe différents types de sainteté mais tous affinent le corps, l'empêchent d'être quelque chose de grossier et permettent à la personne qui est ainsi sanctifiée d'atteindre la maîtrise de l'esprit sur la matière. (Shenei Luchot HaBerit, Torah Shebikhtav, Vayakhel, Pekudei, Torah Ohr 83)

 

COMMENTAIRE N°2

 

Pour information, nous n’avons pas besoin d’être des grands Tsadikim pour nous sanctifier ou pour devenir totalement intègres, il nous faut tout simplement investir des efforts en vue de se rapprocher tous les jours un peu plus d’Hashem [chacun selon son niveau].

 

C’est également ce qu’ont dit nos Sages sur le sujet : Quand un homme se sanctifie un peu ici-bas, on le sanctifie grandement d’en-haut. Même par une infime soumission de la sitra a’hara ici-bas, la gloire de D.ieu et sa sainteté sont élevés grandement en-haut. Et de cette sainteté en-haut, une sainteté supérieure s’épanche sur l’homme ici-bas, pour lui prêter concours d’une aide abondante et puissante dans son service de D.ieu, comme expliqué précédemment, lorsqu’un homme se sanctifie dans une petite mesure ici-bas, on le sanctifie grandement d’en haut et on l’aide à chasser la sitra a’hara de son cœur, peu à peu ; ainsi, même en son cœur, les attraits de la sitra a’hara disparaîtront. L’expression "vous serez saints" qui se lit littéralement comme un ordre "vous devrez être saints" (Vayikra 20 :6) peut également être comprise dans le sens d’une promesse : c’est-à-dire qu’il finira par être "saint" et "séparé" véritablement de la sitra a’hara. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 27)

 

  • comme votre père des ciels est intègre : Rabbi Yeshoua de Natzeret partagera ici bien en avance, le principe qu’énoncera des années plus tard Rachi : en effet, dans la Torah Orale, le commandement "d’aimer l'Éternel, notre D.ieu et de marcher dans toutes ses voies" est clarifiée comme suit : Comme D.ieu est appelé miséricordieux, toi aussi sois miséricordieux ; comme D.ieu est appelé compatissant, toi aussi sois compatissant ; comme D.ieu est appelé Juste ; toi aussi sois juste ; comme D.ieu est appelé pieux, toi aussi sois pieux. (Rachi sur Devarim 11 :22)