CHAPITRE 3

Le chapitre est complet, tous les versets sont disponibles

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COMMENTAIRES 

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1.     En ces jours arrive Iohanân, l’immergeur. Il crie dans le désert de Iehouda.

 

 

  • En ces jours arrive Iohanân, l’immergeur : cela fait référence au fils de Zekharia, Yohanan HaMatbil dont le nom signifie "D.ieu fait miséricorde" en hébreu.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Zekharia et Elishéva [l’oncle et la tante de Rabbi Yeshoua] avaient un fils, Yohanan ; celui-ci décida de suivre les traces de ses parents afin de servir également le Maître du monde. En effet, comme on le verra tout au long des Évangiles, Yohanan reçu plusieurs révélations surnaturelles et prophétiques, tout en vivant dans le désert à la recherche de D.ieu.

 

Et du temps des cohanim Anan et Caïapha, la parole de D.ieu fut adressée à Yohanan, fils de Zekharia, dans le désert. (Loucas 3 :2)

 

Dans le chap. 3 de l’Évangile de Loucas, on peut constater de façon plus concrète que nous sommes face à un grand homme de D.ieu, étant donné que nous lisons cette expression : la parole de D.ieu fut adressée à Yohanan dans le désert. En effet, si vous n'êtes pas familier avec le Tanakh, vous ne saisirez jamais cette poignante introduction de Loucas sur Yohanan ; l’expression "la parole du Seigneur fut adressée" est souvent utilisée lorsqu'on parle d’un Prophète. En d'autres termes, Loucas relie Yohanan au merveilleux groupe d'hommes connus sous le nom de "Neviim" en utilisant cette phrase toute particulière.

 

Selon les normes modernes de notre génération, Yohanan serait un fou reclus, exclu et ultra-orthodoxe car comme on le sait, Yohanan avait un vêtement de poils de chameau, une ceinture de cuir autour des reins et se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. (Matityahou 3 :4). De plus, comme cela nous est également précisé, il s’est abstenu de vin tout sa vie (Loucas 7 :33) indiquant ainsi, qu’il était soumis à un vœu de naziréat. Cet homme était un homme sérieux dans sa relation avec D.ieu, il a cherché le Maître du monde de toutes ses forces de la même manière que tous les Prophètes Juifs et c’est pourquoi, Yohanan avait un message spécial pour Israël… Or, ce message était également le même message que tous les Prophètes avant lui : Repentez-vous !

 

En hébreu, le mot pour "repentir" est "téchouva" traduit par le fait de "revenir vers D.ieu" ou encore de faire un demi-tour face à nos fautes : la téchouva est une expérience profondément spirituelle et déchirante. En effet, celui qui fait "téchouva" renonce à ses voies anti-bibliques afin de revenir sur le chemin de la pureté et de la sainteté selon la Torah.

 

En signe d’un changement intérieur exigé par la téchouva, Yohanan plongeait dans l’eau [notion du mikvé dans le Judaïsme] ceux qui désiraient sincèrement transformer leurs vies… Ainsi, comme on le sait, il faisait ça dans le Jourdain.

 

À noter que beaucoup dans la chrétienté universelle ont interprété tous ces passages des Évangiles comme si Yohanan avait introduit la notion du "baptême" dans le monde mais bien évidemment, ce n’est pas le cas car Yohanan HaMatbil n'a présenté le baptême à personne ; l’immersion est et a toujours été une pratique courante dans le Judaïsme depuis fort longtemps et ce, pour de nombreuses raisons différentes. Par exemple, l’immersion [le mikvé] est toujours selon le Judaïsme, une partie intégrante du processus de conversion lorsqu'un non-Juif émet le souhait de se convertir au Judaïsme…

 

Évidemment, il est important de noter que l'expérience de l’immersion en elle-même n'est pas magique, elle est symbolique car la vraie repentance [avec la confession] ne peut se faire que dans le cœur d’une personne. L'immersion symbolise plutôt le lavage spirituel extérieur qui se mérite par la véritable téchouva sincère, à l’intérieur de notre cœur.

 

Beaucoup de Juifs dans les premiers chapitres des Évangiles, ont été émus par le message de Yohanan lorsqu'il a appelé le peuple d’Israël à la téchouva. Beaucoup ont été lavés par D.ieu de leurs péchés et réunis avec lui, notamment pour accueillir le Mashiah. Ainsi, lorsque nous lisons l’histoire de Yohanan, nous ne lisons pas les premières étapes du christianisme, nous lisons la continuité du Tanakh et du message prophétique lié à la sanctification permanente du peuple de D.ieu.

 

Nous sommes en train de voir un aperçu de l'appel d’un Prophète Juif du premier siècle à revenir à la Torah et dont le rôle était d'encourager tout Israël à vivre une vie juste et influencée par Hashem. Le message a toujours été le même des Prophètes jusqu’à Yohanan et ce sera également celui de Yeshoua après lui : Repentez-vous !

 

Dès ce moment Yeshoua commença à prêcher et à dire : Repentez-vous car le Royaume des Cieux est proche. (Matityahou 4 :17)

 

 

 

  • Il crie dans le désert de Iehouda : du grec "kerusso" …

 

Voici la définition du mot grec "kerusso" :

  • publier : rendre une annonce publique, la faire connaître officiellement ; de nos jours, cela peut être par voie d'affichage, d'impression, via internet, etc…

  • prêcher : annoncer la parole de D.ieu sous forme de sermon,

  • crier : pousser des cris sous l'effet d'un appel divin ou d'une sensation spirituelle intense,

  • proclamer ouvertement tel un héraut : dans les milieux grecs et romains, il s’agissait par exemple d’un messager chargé de porter les ordres du roi, de partager diverses annonces dans les assemblées et/ou de déclarer la guerre.

Cette Bonne Nouvelle du Royaume sera prêchée [kerusso] dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin. (Matityahou 24 :14)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2.     et dit : Faites retour : oui, il est proche, le royaume des ciels.

 

 

  • et dit : Faites retour : Yohanan HaMatbil proclame au peuple d’Israël de "faire téchouva" en hébreu.

 

COMMENTAIRE N°1

Qu’est-ce que la téchouva ? Pour faire simple, la téchouva en français, c’est la repentance, c’est le fait d’abandonner sa faute et de se résoudre à ne jamais récidiver, comme il est dit : Que le pervers abandonne sa voie. (Yeshayahou 55 :7) ; l'appel à la repentance a toujours été et sera toujours l'un des messages centraux de la Torah et plus précisément, de tous les grands Prophètes. En réalité, il s’agit de la clé du succès dans la Avodat Hashem et c’est ce que souhaitait partager Yohanan HaMatbil comme il est dit : Yohanan parut, immergeant dans le désert et prêchant une immersion pour la téchouva, pour la rémission des péchés. (Marcos 1 :4) ou encore : Et il alla dans tout le pays des environs du Jourdain, prêchant une immersion pour la téchouva, pour la rémission des péchés. (Loucas 3 :3) 

Le Judaïsme, la religion de Yohanan HaMatbil et de Yeshoua, enseigne que la vraie repentance [téchouva] est un moyen efficace pour retrouver la paix intérieure. En effet, la repentance sincère est véritablement tout ce qui est recommandé par la Bible pour retrouver le bon chemin, c’est l'une des principales façons dont l'homme peut se rapprocher de D.ieu.

 

Par exemple, le Roi David lui-même priait : Lave-moi minutieusement de mon iniquité et purifie-moi de mon péché. (Téhilim 51 :2) ou encore : Purifie-moi avec l’hysope et je serai pur. (Téhilim 51 :7) ; regardons également le Prophète Yrmeyahou ayant imploré de nombreuses fois le Am Israël de faire téchouva : Lave ton cœur du mal, ô Jérusalem, afin que tu sois sauvé. (Yrmeyahou 4 :14) et de là, il est aisé de comprendre que le message de repentance de Yohanan était le même message que tous les autres Prophètes Juifs. Pourquoi ? Car la repentance fonctionne et rapproche de D.ieu, elle permet de recevoir la délivrance totale, individuellement comme collectivement. 

 

Maintenant, posons-nous sérieusement la question : le Mashiah Yeshoua est-il en accord avec le fait que la repentance soit un moyen efficace pour retrouver le pardon et la paix auprès d’Hashem ? Nous le lisons dans l’Évangile de Matityahou dans lequel, il est dit : Repentez-vous car le Royaume des Cieux est proche. (Matityahou 4 :17) et dans le même élan, Loucas nous enseigne également que Yeshoua a proclamé à tout Israël qu’il y avait plus de joie dans le Ciel pour un pécheur qui se repentait que pour plus de quatre-vingt-dix-neuf justes qui ne se repentaient pas. (Loucas 15 :7)

 

Quel est le but de tous ces messages de téchouva ? C’est que la repentance est une vérité éternelle, un moyen efficace de retrouver le bon chemin ! Puissions-nous tous l’emprunter. Amen.

 

  • oui, il est proche, le royaume des ciels : cette expression fait référence au Royaume du Mashiah, destiné à régner sur Israël et sur les nations comme il est dit : L'Éternel sera Roi de toute la terre ; en ce jour-là, l'Éternel sera le seul Éternel et son Nom sera le seul Nom. (Zekharia 14 :9)

 

 

 

 

 

 

 

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3.     C’est bien lui qu’annonce Iesha‘yahou l’inspiré, quand il dit : Voix d’un crieur dans le désert : préparez la route de IHVH-Adonaï, rectifiez ses sentiers. 

 

 

  • C’est bien lui qu’annonce Iesha‘yahou l’inspiré : comme il est dit : Une voix crie : Préparez au désert le chemin de l'Éternel, aplanissez dans les lieux arides une route pour notre D.ieu. Que toute vallée soit exhaussée, que toute montagne et toute colline soient abaissées ! Que les coteaux se changent en plaines et les défilés étroits en vallons ! Alors la gloire de l'Éternel sera révélée et au même instant toute chair la verra car la bouche de l'Éternel a parlé. (Yeshayahou 40 :3-5)

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour information, s’ils ne sont pas lus à la lumière du Tanakh, rien n'a de sens dans les Écrits Nazaréens… En effet, si vous lisiez ce passage pour la toute première fois et que vous n'aviez aucun lien avec la chrétienté universelle ou le Judaïsme, comment sauriez-vous de quoi parle Matityahou ? Qui sont les Prophètes ? Qui est l’inspiré ? Qui est le messager ? Qui est Yeshayahou ? Comment une voix divine est-elle capable d’interpeller un homme dans le désert ?

 

Dans ces versets, Matityahou parle de Yohanan HaMatbil en s'appuyant sur les Prophètes présents dans le Tanakh pour prouver ce qu'il avance : cet homme est le fameux "crieur" prophétisé par Yeshayahou des années auparavant.  En d'autres termes, s'il n'y a pas de Prophètes sur lesquels compter, l’argument de Matityahou n’a plus aucun sens car ce sont les paroles des Prophètes qui donnent à Matityahou de la crédibilité et tout le poids de ces affirmations. En fait, dans un sens, Matityahou nous dit : S'il vous plaît, écoutez ce que je vous dis ! Pourquoi ? Parce que les Prophètes l'ont dit ! Par conséquent, pour comprendre ce que Matityahou cherche à nous dire, nous devons étudier ce que les Prophètes ont déclaré devoir arriver.

 

Où peut-on trouver les Prophètes ? Dans le Tanakh… Et qui sont les Prophètes ? C’étaient des serviteurs d’Hashem extraordinaires, des personnes qui faisaient partie intégrante du peuple Juif et qui étaient, par-dessus tout, des amoureux de la Torah. Ils guidaient les gens, les reprenaient et les réconfortaient ; ils étaient la lumière du monde. Hashem leur communiquait sa volonté et ses voies au travers de rêves, de visions ou encore "face à face" comme pour Moshé Rabbénou. En voici quelques-uns, que leurs mérites nous accompagnent et nous protègent, amen : Avraham, Its’hak, Yaakov, Moshé, Sarah, Myriam, Yéhochoua, Dévora, Shmouel, David, Shlomo, Elyahou, Elicha, Yrmeyahou, Daniel, etc…

 

Dans ce verset, Matityahou utilise les prophéties de Yeshayahou HaNavi et voit en Yohanan HaMatbil, leur parfait accomplissement… En soi, Matityahou identifie un précurseur messianique, appelé Yohanan, dont le témoignage n'est validé que par la Torah et les Prophètes. En fin de compte, sans la Torah et les Prophètes, Matityahou n’a pas de base sur laquelle s’appuyer ; combien le Tanakh doit être au centre de notre vie comme c’était le cas pour tous les Apôtres !  

 

 

  • quand il dit : Voix d’un crieur dans le désert : généralement, le terme grec utilisé dans les Écrits Nazaréens pour "crieur" est "kerux" … 

 

Voici la définition du mot grec "kerux" :

 

  • crieur : officier public proclamant les annonces officielles d'édits royaux,

  • héraut :  personne annonçant une événement remarquable,

  • ambassadeur : représentant personnel d’un roi pour une mission donnée, dans plusieurs pays,

  • prédicateur : celui qui prêche, qui annonce la parole de D.ieu dans diverses assemblées.

 

C'est pour cet Évangile que j'ai été établi prédicateur [kerux] et Apôtre, chargé d'instruire les non-Juifs. (2 Timotheos 2 :11)

 

 

 

  • préparez la route de IHVH-Adonaï : dans ce contexte, cela fait référence au plan d’Hashem bientôt dévoilée au travers du Mashiah Yeshoua.

 

 

 

  • rectifiez ses sentiers : toujours dans le contexte de Yohanan, cela fait référence au fait de crier au Am Israël de faire téchouva [de faire repentance].

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4.     Or lui-même, Iohanân, a son vêtement en poil de chameau, une ceinture de peau sur sa hanche. Sa nourriture : sauterelles et miel sauvage.

 

 

  • Or lui-même, Iohanân, a son vêtement en poil de chameau : tout comme Elyahou HaNavi au sujet duquel le Tanakh peut témoigner : C'était un homme vêtu de poil et ayant une ceinture de cuir autour des reins. Et le Roi dit : C'est Elyahou, le Thischbite. (2 Melakhim 1 :8).

 

COMMENTAIRE N°1

 

Comme on le sait, Yohanan HaMatbil avait reçu l’Esprit d’Elyahou afin d’annoncer la venue du Mashiah Yeshoua comme il est dit : Il marchera devant D.ieu avec l'Esprit et la puissance d'Elyahou, pour ramener les cœurs des pères vers les enfants et les rebelles à la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur un peuple bien disposé. (Loucas 1 :17)

 

 

  • une ceinture de peau sur sa hanche : dans notre génération, Yohanan HaMatbil serait considéré comme un malade mental, un fou et un reclus de toutes normes de la société. Or, dans ce désert et dans cette éloignement mondain en vue de se sanctifier, il a reçu absolument toutes les forces nécessaires dont le Rouah Hakodesh, pour accomplir sa mission divine : celle d’annoncer le Mashiah.

 

COMMENTAIRE N°2

 

Afin de mieux comprendre l’attitude ou le comportement [en lien avec Elyahou HaNavi] de Yohanan HaMatbil, nous pourrons nous inspirer des propos du Rambam.

 

Un homme (…) s’il se sanctifie, se sépare de la multitude qui marche dans l’obscurité du temps, se dévoue et s’initie à n’avoir aucune pensée liée aux futilités du temps mais au contraire, que son esprit soit toujours orienté vers le Ciel et fixé en dessous du Trône de D.ieu pour comprendre les saintes et pures formes, et contemple la sagesse du Saint Béni soit-Il (…) prenant ainsi conscience de sa grandeur, le Rouah Hakodesh reposera immédiatement sur lui. Lorsque le Rouah Hakodesh reposera sur lui, son âme se mêlera au niveau des anges et il deviendra une autre personne. Il comprendra qu’il n’est plus comme auparavant, qu’il s’est élevé au-delà du niveau des autres hommes Sages comme il est dit, à propos de Shaoul : Tu prophétiseras avec eux, et tu deviendras un autre homme. (1 Shmouel 10 :6). (Mishné Torah du Rambam, Yessodei haTorah, chap. 7)

 

De ces propos du Rambam, on peut ainsi comprendre que Yohanan HaMatbil dans un désir de connexion profonde avec le Maître du monde et dans un esprit de consécration intense, s’est élevé jusqu’à développer en lui de façon parfaite, l’Esprit d’Elyahou HaNavi tout en devenant complétement un autre homme comme il est dit : si vous voulez le comprendre, c'est lui qui est l'Élyahou qui devait venir. (Matityahou 11 :14) ou encore : Je vous le dis, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n'y en a point de plus grand que Yohanan. (Loucas 7 :28)

 

 

  • Sa nourriture : sauterelles et miel sauvage : bien évidemment, les sauterelles mangés par Yohanan étaient kashers.

 

COMMENTAIRE N°3

 

La Torah mentionne, en les nommant, quatre espèces de sauterelles kashers, et spécifie les caractéristiques selon lesquelles on peut les reconnaître.

Ces caractéristiques sont quatre, elles aussi, et toutes indispensables pour que l'espèce soit kasher : il faut que la sauterelle ait quatre pattes, quatre ailes, des pattes articulées permettant le saut et enfin leurs ailes doivent couvrir la plus grande partie de leurs corps. Nos Sages du Talmud ont mentionné quelques autres caractéristiques supplémentaires qui aident à distinguer la sauterelle kasher de celle non kasher : la dimension de la tête, la présence ou l'absence de queue, etc... Toutefois, comme l'explique Rachi, nous ne pouvons plus être certains quant à la distinction précise des variétés kashers de celles non kashers, aussi n'en utilisons-nous aucun comme aliment.

Il est intéressant de noter que nos Maîtres avaient des connaissances étendues sur une grande variété de sauterelles, ils en avaient dénombré pas moins de huit cents espèces (Houlin 8b) mais seulement une dizaine sont nommées dans la Bible.

 

COMMENTAIRE N°4

 

Voici également les propos du Rav Avraham Garcia sur la consommation de sauterelles dans le Judaïsme actuel.

 

Comment peut-on reconnaître une sauterelle kasher d'une sauterelle non kasher ? Les signes témoignant qu'il s'agit d'une sauterelle kasher sont rapportés dans le Choul'han Aroukh. (Yoré Déa 85 :1). Elles ont quatre pattes et deux grandes pattes qui leur permettent de sauter, elles possèdent aussi quatre ailes, et les ailes recouvrent la majorité du corps de la sauterelle, et il faut être certain qu'elles se nomment "hagav" [sauterelle] et pas un autre nom. On m'a rapporté aussi que l'on peut apercevoir la lettre kaf sur l'abdomen des sauterelles kashers. Néanmoins, de nos jours, par manque de connaissance et de transmission de génération en génération, on s'abstient de consommer les sauterelles, même celles qui possèdent tous les signes. La seule communauté qui avait l'habitude d'en consommer jusqu'à dernièrement est la communauté marocaine. (Rav Avraham Garcia)

 
 
 
 
 

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5.     Alors ils sortent vers lui de Ieroushalaîm, de tout Iehouda, de tout le cirque du Iardèn.

 

 

 

  • Alors ils sortent vers lui de Ieroushalaîm, de tout Iehouda : Matityahou nomme tous ces lieux afin d’indiquer le grand nombre de personnes attirées par la prédication de Yohanan HaMatbil ; en d’autres termes, beaucoup parmi le peuple Juif ont reconnu sa grandeur et son Rouah Hakodesh.

 

 

  • de tout le cirque du Iardèn : le message de Yohanan HaMatbil fut intense et provoqua un immense réveil au sein du peuple Juif, dont les fruits ne se montreront permanents qu’en ceux qui, pressés par le sentiment de leurs péchés, s’attacheront au Mashiah afin d’hériter du Royaume de David.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6.     Ils sont immergés par lui dans le fleuve du Iardèn, en avouant leurs fautes.

 

 

  • Ils sont immergés par lui : au début des Évangiles, Yohanan HaMatbil baptisait-il les Juifs au nom de Yeshoua ? Non… Il préconisait simplement une immersion [un mikvé] dans de l’eau naturel, afin de conduire les Juifs dans le chemin de la téchouva ; l’idée de Yohanan était de purifier le Am Israël afin qu’ils puissent être disposés pour recevoir le Mashiah.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Le mot "baptême" vient du grec "baptizo" : plonger ou immerger dans l’eau, dans une idée de purification. En langage plus Juif, on pourra simplement parler d’une "tévilah" … En effet, dans ce contexte précis, il ne s’agissait pas de baptêmes chrétiens, comme nous l’entendons dans notre génération ! Le terme approprié serait plutôt une "tévilah" dans un mikvé ; en termes plus simples, le baptême chrétien n’est pas une invention du christianisme mais détient une racine dans le Judaïsme.

Voici une nouvelle traduction pour une meilleure compréhension des événements : Dans le monde chrétien, Jean-Baptiste baptisait… Dans le monde Juif, Yohanan HaMatbil immergeait les Juifs dans un mikvé.

Les choses sont complétements différentes…

 

COMMENTAIRE N°2

 

Comme l’enseigne le Judaïsme et comme l’enseignait Yohanan HaMatbil en son temps, l’immersion dans un mikvé peut être considérée comme un acte symbolique d’annulation de soi par lequel nous pouvons de nouveau nous rapprocher de D.ieu [avec de nouvelles intentions, plus nobles et renouvelées]. En lien avec tous ces concepts, l’immersion dans un mikvé peut largement être décrite comme une purification, une revitalisation mais aussi comme une renaissance de l’âme !

 

À noter que l’immersion peut également traduire l’abandon d’une forme d’existence pour atteindre une autre forme d’existence, infiniment supérieure ; ce fut le cas par exemple, pour le Mashiah lorsqu’il reçut l’âme messianique au moment de son immersion.

 

Dès que Yeshoua eut été immergé, il sortit de l'eau. Et voici, les Cieux s'ouvrirent et il vit l'Esprit de D.ieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici, une voix fit entendre des Cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection. (Matityahou 3 :16-17)

 

  • dans le fleuve du Iardèn : un mikvé naturel.

 

COMMENTAIRE N°3

 

Dans le Judaïsme, le mikvé représente la source de la pureté et de la sainteté. À ce sujet, il faut savoir que toutes réserves d’eau naturelles tel le Jourdain, océans, lacs approvisionnés, etc… sont des potentiels mikvés car ils contiennent des eaux d’origine divine et ont par conséquent, un pouvoir purificateur. Par exemple, dans un Midrash, il est enseigné qu’Adam Harichon, à la suite de sa faute dans le Gan Eden, est allé se tremper dans un cours d’eau ; le concept d’immersion étant une partie intégrante du processus de téchouva. Ainsi, toutes les étendues d’eau considérées comme un mikvé selon la halakha, constituent la voie parfaite pour parvenir aux chemins de la kédoucha [de la sainteté]. Comme nous l’avons compris, Yohanan HaMatbil utilisait le fleuve du Jourdain, soit un fleuve naturel comme mikvé.

 

Autres exemples dans la Torah, au moment de la révélation au Har Sinaï, tous les Juifs avaient reçu l’ordre de s’immerger afin de se préparer à rencontrer D.ieu ; dans le désert également, le fameux puit de Myriam était un mikvé selon la tradition Juive.

 

Néanmoins, dans notre génération, certains coins d’eau peuvent être inaccessibles ou dangereux ; d’autres peuvent aussi causés des difficultés en raison du manque d’intimité. Par conséquent, les Juifs, pour combler ces carences, ont construit des mikvés, de véritables bassins d’eaux dans les synagogues ou autres, et ceux-ci sont d’ailleurs utilisés pour immerger les futurs convertis.

 

  • en avouant leurs fautes : en confessant leurs péchés, procédé essentiel pour une véritable téchouva.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7.     Mais il voit nombre de Peroushîm et de Sadouqîm venir à lui pour l’immersion. Il leur dit : Engeance de vipères ! Qui vous a montré à fuir en face de la brûlure qui vient ?

 

 

  • Mais il voit nombre de Peroushîm et de Sadouqîm : cela fait référence aux pharisiens et aux saducéens, deux sectes Juives de l’époque du Second Temple. Pour information, Rabbi Yeshoua tout comme Shaoul, faisaient partie intégrante de la mouvance pharisienne [principalement influencée par Beit Hillel] comme il est dit : Shaoul, sachant qu'une partie de l'assemblée était composée de sadducéens et l'autre de pharisiens, s'écria dans le Sanhédrin : Hommes frères, je suis pharisien, fils de pharisien ; c'est à cause de l'espérance et de la résurrection des morts que je suis mis en jugement. (Actes 23 :6)

 

COMMENTAIRE N°1

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Le Rav séfarade David De Sola Pool, l’un des plus grands leaders des Juifs d’Amérique et l’un des chefs mondiaux des Juifs séfarades du 20ème siècle, a témoigné de la foi Juive pharisienne de Yeshoua.

En tant que Juif, Yeshu [Jésus] vécut une vie complètement Juive et il observa les prescriptions rituelles de la Torah… Selon la coutume de la Bible, il dénonça les pharisiens hypocrites et de mauvaise foi mais en parlant de ceux qui étaient authentiquement pieux, il dit : Les scribes et les pharisiens sont assis dans la chaire de Moshé. Faites donc et observez tout ce qu’ils vous disent. La foi que Yeshu prêchait et pratiquait était presque, sans exception, du Judaïsme pharisaïque. L’enseignement moral et la compréhension classique du pharisaïsme quant aux Écritures eut une profonde influence sur le Sermon sur la montagne. (The Eternal Flame, London, 1958, p.177)

Alors Yeshoua, parlant à la foule et à ses talmidim, dit : Les scribes et les pharisiens sont assis dans la chaire de Moshé. Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent mais n'agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas. (Matityahou 23 :1-3)

 

Selon l’approche de ce Rav séfarade, pour imiter Yeshoua, c’est simple ; il suffirait de mettre en pratique la Torah et d’écouter les pharisiens [les Rabanim] siégeant sur la chaire de Moshé.

 

 

  • venir à lui pour l’immersion : mais leurs cœurs n’étaient pas véritablement disposés pour faire téchouva. Que des religieux avides de popularité viennent pour voir un Prophète autour duquel se pressait la foule, les uns pour ne pas paraître indifférents ou impies, les autres par simple curiosité ; rien de plus naturel dans les cœurs hypocrites… Or, tout comme le Mashiah le fera par la suite, Yohanan HaMatbil pénétrait leurs mauvaises intentions et de là, nous pouvons comprendre ces paroles pleines de rigueur divine. 

 

 

  • Il leur dit : Engeance de vipères : le discours de Yohanan HaMatbil pourra être retrouvé dans le Targoum Jérusalem : Si Israël n'était que Sage, apprenant la Torah, ils comprendraient ce qui arriverait. En effet, quand Israël était rigoureux dans la Torah et observait les commandements, l'un d'eux en chassa mille, et deux d'entre eux en mirent dix mille en fuite mais parce qu'ils ont péché et irrité le Tout-Puissant, il les a laissés entre les mains de leurs ennemis. Parce que nous avons péché et que nous l'avons provoqué, nos adversaires sont devenus nos juges. Car les œuvres de ce peuple sont comme celles du peuple de Sodome et leurs pensées comme celles du peuple de Gomorrhe : leurs mauvaises œuvres les rendent désolées et leur deviennent amères. Car le poison de ce peuple est comme celui des serpents et leur méchanceté comme la tête des aspics et des reptiles cruels. N'est-ce pas la coupe du châtiment, mélangée et ordonnée pour les méchants, scellée dans mes trésors pour le Jour du grand Jugement ? La vengeance est à moi : (…) le jour de la destruction des méchants est proche du feu de Guey-Hinnom. Elle est préparée pour eux, et leur châtiment se ceint pour arriver. (Targoum de Jérusalem, Devarim 32)

 

 

  • Qui vous a montré à fuir en face de la brûlure qui vient : et le Targoum Yonathan poursuit : Voici comme l'amertume des serpents lorsqu’ils sortiront de leurs vins ; ainsi, sera la coupe amère de la malédiction qu'ils doivent boire au jour de leur châtiment, et cruelle comme la tête d'aspic. (Targoum de Yonathan, Devarim 32 :33)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8.     Faites donc un fruit qui vaille pour le retour.

 

 

  • Faites donc un fruit : produisez un fruit, une action, un bon sentiment, etc…

 

  • qui vaille pour le retour : digne d’une vraie téchouva.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour mieux comprendre l’injonction de Yohanan HaMatbil, nous pourrons nous inspirer des enseignements du Rambam comme il est dit dans le Mishné Torah : Qu’est-ce qu’un vrai repentir ? C’est lorsque le fauteur se retrouve dans la même situation qu’auparavant, avec l’opportunité de commettre la même faute et malgré tout, se refuse à elle du fait de sa téchouva. Comment cela s'applique-t-il concrètement ? S’il a eu des rapports interdits avec une femme et après un certain temps, se retrouve de nouveau isolé avec elle et alors qu’il éprouve le même sentiment d’amour, il s’abstient de transgresser, c’est un parfait repenti. (Mishné Torah du Rambam, Hilkhot Téchouva, chap. 2)

 

COMMENTAIRE N°2

 

Toujours pour mieux comprendre l’injonction pressante de Yohanan HaMatbil, nous pourrons nous inspirer également des enseignements du Talmud. 

 

Rav Adda bar Ahava a dit : Une personne qui commet une transgression, qui se confesse mais ne se repent pas de son péché, à quoi est-elle comparable ? À une personne qui tient dans sa main un animal rampant mort, la rendant rituellement impur et même si elle se plongeait dans toutes les eaux du monde, son immersion serait inefficace pour elle tant que la source de son impureté resterait dans sa main. Cependant, si elle jette l'animal de sa main, une fois qu'elle s'est immergée dans un bain rituel, l'immersion est effective immédiatement comme il est dit : Celui qui couvre ses transgressions ne prospérera pas mais celui qui les avoue et les abandonne obtiendra miséricorde. (Mishlei 28 :13) ; autrement dit, la confession seule est futile mais celui qui abandonne réellement ses transgressions recevra miséricorde. (Taanit 16a)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9.     Ne croyez pas dire en vous-mêmes : Pour père, nous avons Abrahâm. Oui, je vous dis : de ces pierres, Elohîms peut réveiller des fils à Abrahâm.

 

 

  • Ne croyez pas dire en vous-mêmes : en votre for intérieur. 

 

  • Pour père, nous avons Abrahâm : cela fait référence au mérite d’Avraham Avinou.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Non pas que le mérite d’Avraham Avinou ou de tous nos Patriarches soient insuffisants pour nous assurer le salut mais Yohanan HaMatbil cherchait des cœurs réellement repentants. Or, certains religieux mauvais, dans leur arrogance s’arrogeaient le titre de fils d’Avraham et s’imaginaient que leurs saintes origines remontant aux Patriarches suffisaient pour les sauver en dépit de toutes leurs mauvaises actions. Comment Yohanan aurait-il pu supporter autant d'hypocrisie ? Au contraire, ces chefs religieux salissaient la mémoire d’Avraham Avinou comme il est aussi enseigné par le Mashiah :  Ils lui répondirent : Notre père, c'est Avraham. Yeshoua leur dit : Si vous étiez enfants d'Avraham, vous feriez les œuvres d'Avraham. (Yohanan 8 :39)

 

 

  • Oui, je vous dis: de ces pierres, Elohîms peut réveiller des fils à Abrahâm : Yohanan HaMatbil souhaitait leur faire comprendre qu’Hashem est libre dans la dispensation de sa grâce. D.ieu a le pouvoir de rejeter certains hommes de son Royaume et de ces pierres, que Yohanan montrait au bord du Jourdain, en référence aux hommes les plus endurcis ou les plus méprisés, D.ieu est capable d’en faire de vrais enfants dignes de la foi d’Avraham Avinou et de les élever de façon bien plus parfaite que les soi-disant grands religieux en Torah.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10.     Déjà la hache est mise à la racine des arbres. Et voici : tout arbre qui ne fait pas de beau fruit est coupé et jeté au feu.

 

 

  • Déjà la hache est mise à la racine des arbres : cela fait référence au Jugement divin.

 

 

  • Et voici : tout arbre : dans ce contexte, cela fait référence aux Juifs mais au sens plus large, aux hommes comme il est dit : L'homme est un arbre des champs. (Devarim 20 :19)

 

 

  • qui ne fait pas de beau fruit est coupé et jeté au feu : retranché dans le Guey-Hinnom.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11.     Moi, je vous immerge dans l’eau, pour le retour. Mais vient après moi un plus fort que moi je ne vaux pas pour porter ses sandales. Lui, il vous immergera dans le feu du souffle sacré.

 

 

  • Moi, je vous immerge dans l’eau, pour le retour : cela fait référence aux notions du mikvé dans le Judaïsme.     

 

 

  • Mais vient après moi un plus fort que moi : Yohanan HaMatbil n’étant que le précurseur du Mashiah et à ce sujet, il est aussi dit au nom du Rabbi lui-même : Moi, j'ai un témoignage plus grand que celui de Yohanan car les œuvres que le Père m'a donné d'accomplir, ces œuvres mêmes que je fais, témoignent de moi que c'est le Père qui m'a envoyé. (Yohanan 5 :36)

 

 

  • ­je ne vaux pas pour porter ses sandales : par ce verset, nous pouvons constater l’extrême humilité de Yohanan HaMatbil.

 

 

  • Lui, il vous immergera dans le feu du souffle sacré : l’Évangile de Loucas parle également d’une immersion dans le feu [du Rouah Hakodesh].

 

COMMENTAIRE N°1

 

Bien qu’il s’agisse d’un feu spirituel [selon le Rouah du Mashiah] dans le cas présenté par Yohanan HaMatbil, on pourrait s’inspirer du Talmud afin de mieux comprendre la notion d’immersion dans le feu. En effet, celui-ci relate les notions d’une immersion dans le feu ; cette immersion est divine et est censé nous débarrasser de toutes formes d’impuretés, de toutes substances non kasher.

 

Un hérétique a dit au Rav Abbahu : Ton D.ieu est un prêtre, comme il est écrit : Qu'ils prennent pour moi une offrande [terouma]. (Shemot 25 :2) et la terouma est donnée aux prêtres [cohanim]. Il demanda de façon sarcastique : Quand il enterra Moshé, dans quel bain rituel a-t-il plongé ? Un prêtre qui contracte l'impureté d'un cadavre doit s’immerger pour pouvoir participer à des teroumot. Et si vous disiez qu'il a plongé dans l'eau mais n'est-il pas écrit : Qui a mesuré les eaux dans le creux de sa main ? (Yeshayahou 40 :12) ; si toutes les eaux du monde s'intègrent dans la paume de D.ieu, il ne pouvait donc pas s'immerger dedans. Rabbi Abbahu lui a dit : Il s’est immergé dans le feu comme il est écrit : Car voici, le Seigneur viendra en feu. (Yeshayahou 66 :15). L’hérétique lui a alors répondu : L'immersion dans le feu est-elle efficace ? Rabbi Abbahu lui a dit : La forme principale de l’immersion est en feu comme il est écrit, en ce qui concerne l'élimination des substances non kashers : Et tout ce qui ne peut aller au feu ; vous le ferez passer dans l'eau. (Bamidbar 31 :23) ; ceci indique que le feu purifie plus que l'eau. (Sanhédrin 39a)

 
 
 
 
 
 

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12.     La pelle est dans sa main. Il purifiera bien son aire, rassemblera son froment dans sa grange ; mais la glume, il la brûlera au feu inextinguible. 

 

 

  • La pelle est dans sa main. Il purifiera bien son aire : le van [ou la pelle selon les différentes traductions] était utilisé pour séparer la balle du grain, lorsqu’on avait battu le blé. L’aire représente ici le Am Israël, le Mashiah selon les paroles de Yohanan HaMatbil, avait été élu par Hashem afin d’exécuter ses jugements. En effet, la racaille saducéenne, les rigueurs pharisiennes, etc… étaient de trop en Israël et le Mashiah devait y mettre fin.

 

 

  • rassemblera son froment dans sa grange : en référence aux Juifs authentiques et remplis de sincérité envers Hashem et sa Torah.

 

 

  • mais la glume, il la brûlera : tout au long de la Bible, le feu représente les notions de Jugement ou encore de purification.

 

 

  • au feu inextinguible : en référence au Guey-Hinnom comme il est dit : Les pêcheurs d’Israël (…) descendent dans le Guey-Hinnom et y sont punis pendant douze mois. (Rosh Hashana 17a) et il est également enseigné ailleurs dans la Torah Orale : Quant aux hérétiques et aux apostats, aux traditeurs et aux épicuriens, et à tous ceux qui ont renié la Torah, et à tous ceux qui se sont séparés de la Communauté, et à tous ceux qui ont nié la Résurrection des morts, et à tous ceux qui ont péché et fait pécher plusieurs autres comme Yarovéam et A’hav, et à tous ceux qui ont inspiré l'épouvante sur la terre des vivants (…) le Gey-Hinnom se refermera sur eux et il y seront jugés pour des générations et des générations comme il est dit : Vous sortirez et vous verrez. (Yeshayahou 66 :24) ; le Shéol cessera mais eux ne cesseront pas, comme il est dit : et leur ombre se consumera au Shéol. (Téhilim 49 :15). (Tossefta Sanhédrin 13 :3-5)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13.     Alors Iéshoua‘ arrive de Galil au Iardèn, vers Iohanân, pour être immergé par lui.

 

 

  • Alors Iéshoua‘ arrive de Galil au Iardèn : comme il est enseigné dans la Torah Orale : La lumière du Mashiah sera d'abord révélée en Galilée. (Zohar 119a)

 

 

  • vers Iohanân, pour être immergé par lui : dans une autre version moins connue des Évangiles, il est renseigné un verset intéressant : Voici, la mère du Seigneur et ses frères lui dirent : Yohanan immerge pour la rémission des fautes, allons et immergeons-le par lui. Mais il leur dit : En quoi ai-je fauté pour que j'aille me faire immerger par lui ? À moins que ce que je viens de dire soit la faute de l'ignorance. (Jérôme, contre Pélage 3.2)

 

 

 

 

 

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14.     Mais Iohanân l’en empêche et dit : Moi, j’ai besoin d’être immergé par toi, et toi tu viens à moi !

 

 

  • Mais Iohanân l’en empêche et dit : le Prophète d’Hashem avait vu par Rouah Hakodesh, la sainteté et la grandeur de Yeshoua.

 

 

  • Moi, j’ai besoin d’être immergé par toi : et l’on peut voir au travers de ces paroles, combien Yohanan HaMatbil était un homme humble, s’étant complétement effacé devant la sainteté du Mashiah.

 

 

  • et toi tu viens à moi : bien que Yeshoua n’avait pas goûté au péché. Ici, il est important de noter, et merveilleux de voir qu’au lieu d’apparaître dans l’éclat d’une quelconque gloire messianique, Rabbi Yeshoua descend complétement dans les niveaux inférieurs afin de se joindre aux pécheurs repentants et prendre place au milieu d’eux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15.     Iéshoua‘ répond et lui dit : Laisse donc maintenant. Oui, il nous convient d’accomplir toute justice. Alors il le laisse.

 

 

  • Iéshoua‘ répond et lui dit : Laisse donc maintenant : malgré les dires de Yohanan, Rabbi Yeshoua lui ordonne de l’immerger pour des raisons spirituelles messianiques et extrêmement profondes.

 

 

  • Oui, il nous convient d’accomplir toute justice : l’attachement au Tsadik consiste à la fois à s’attacher à son enseignement et à le développer, dans le cadre de l’enseignement qu’il délivre. Il nous enseigne ses voies pour que nous puissions suivre ses chemins. (Yeshayahou 2 :3). (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 27)

 

 

COMMENTAIRE N°1

Yohanan HaMatbil a été envoyé par Hashem afin de disposer les cœurs du Am Israël à la téchouva. Par conséquent, il avait reçu toute autorité divine pour accomplir sa mission : celle d’immerger les Juifs, afin qu’ils puissent parvenir aux chemins du repentir en vue de recevoir "de façon correcte" le Mashiah. Or, une question est légitime : si dans les Écrits Nazaréens, Rabbi Yeshoua est décrit comme un Tsadik n’ayant jamais péché, pourquoi a-t-il été immergé par Yohanan ?

Celui qui n'a point connu le péché, il l'a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de D.ieu. (2 Corinthiens 5 :21)

Plusieurs explications seront exposées.

Pour commencer, comme on peut le constater, Yohanan a refusé d’immerger Yeshoua… Pourquoi ? Car Yohanan cherchait la téchouva du peuple Juif et évidemment, le Prophète avait vu par son Rouah, combien Yeshoua était un Tsadik et n’en avait nul besoin ; au contraire, il lui rétorque même : c’est moi qui ait besoin d’être immergé par toi ! (Matityahou 3 :14) ; sous-entendu, tu es plus grand que moi et logiquement, c’est moi, le plus petit, qui aurait besoin que tu m’immerges pour ma téchouva !

Néanmoins, étonnamment, Yeshoua lui résiste et souhaite malgré tout, être immergé comme l’ensemble du peuple Juif ; il va ainsi, dans un premier temps, montrer l’exemple au Am Israël : un Tsadik aussi grand s’est immergé et moi, un vulgaire pêcheur, je ne le ferai pas ? En effet, même si Yeshoua n’avait pas encore reçu l’âme du Mashiah, il était connu pour sa piété et n’oublions pas, qu’il était également Rav et par conséquent, souhaitait montrer le chemin de la sainteté aux autres Juifs ; voilà pourquoi, il est dit : Laisse faire maintenant car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. Et Yohanan ne lui résista plus. (Matityahou 3 :15)

En complément de cette explication, nous devons voir également dans l’immersion du Rabbi, un changement profond dans sa vie… En effet, à la suite de ce mikvé, il délaissera une vie de simple charpentier [plus ou moins privée] au profit d’une vie totalement publique [par la réception de l’âme messianique] : le temps était venu pour Yeshoua d’entreprendre la mission qu’Hashem lui avait conférée depuis le début de la Création, soit la mission d’être le Roi d’Israël. Or, cette transformation s’est produite au moment précise de son immersion.

En réalité, dans le Judaïsme, outre un processus de purification par le biais de la téchouva, le mikvé est aussi connu pour nous sanctifier : la véritable définition du mot hébreu "kadosh"  n’est pas forcément "saint" mais plutôt "mis de côté" ou "consacré" pour une mission précise : servir D.ieu. En termes plus simples, l’immersion dans un mikvé entraîne un changement de statut, ou plus exactement, une élévation dans la vie d’un Juif… Ainsi, l’immersion dans le mikvé peut être considérée comme un acte symbolique d’annulation de soi nous permettant de nous unir de nouveau avec D.ieu [avec de nouvelles intentions, celles-ci ayant été complétement renouvelées]. L’immersion peut également traduire l’abandon d’une forme d’existence pour atteindre une autre forme d’existence, infiniment supérieure, ce fut le cas pour le Mashiah lorsqu’il reçut l’âme messianique. En lien avec tous ces concepts, l’immersion au mikvé pourrait donc être décrite comme une purification, une revitalisation mais aussi comme une renaissance et de là, on peut comprendre aisément qu’il s’agissait d’une élévation pour Yeshoua étant donné qu’il allait recevoir l’âme du Mashiah créée spécialement pour lui, et ce avant la fondation du monde. De plus, il est connu dans la tradition Juive, que les grand Tsadikim allaient dans les mikvé non pour faire téchouva mais simplement, pour se sanctifier et se purifier davantage. Par exemple, il est raconté que dès l’âge de 6 ans, Rabbi Na’hman se rendait régulièrement la nuit, seul, sur la tombe du Baal Chem Tov, avant de se tremper dans un mikvé glacé [en plein hiver]… À la lumière de ces explications, Rabbi Yeshoua de Natzeret, afin de recevoir cette âme messianique, s’est soumis aux eaux du mikvé non pour la téchouva mais pour l’élévation spirituelle, dans un souci d’accomplir la volonté d’Hashem avec pureté.

 

COMMENTAIRE N°2

Nous pourrons également nous inspirer des enseignements ‘hassidiques contenus dans le Tanya pour mieux comprendre l’attitude de Yeshoua : Le chemin a été tracé par le Tsadik et tous peuvent l’emprunter, la voie est nouvelle et elle correspond à la forme du service de D.ieu spécifique à chacun. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 27)

Étant les talmidim du Rabbi de Natzeret, nous pouvons également analyser l’immersion de Yeshoua et sa parole : il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste (Matityahou 3 :15) comme un chemin enseigné par le Tsadik, supérieur à celui de Yohanan HaMatbil…

Celui qui croira et qui sera immergé sera sauvé mais celui qui ne croira pas sera condamné. (Marcos 16 :16)

Expliquons : comme nous l’avons vu, l’immersion prêchée par Yohanan HaMatbil était une immersion en vue d’une purification, pour la téchouva du peuple Juif et non une immersion d’adhérence [ou de conversion] comme celle effectué dans le nom de Yeshoua. Or, via l’immersion au nom de Yeshoua, nous passons par deux processus : 

 

  • la téchouva, soit le message de Yohanan HaMatbil.

  • + l’engagement dans la foi Nazaréenne : en plus d’être un gage de conversion ou d’un chemin vers une nouvelle vie, l’immersion en Yeshoua, est aussi l’acte majeur par lequel on obtient la rémission totale de nos fautes passées [selon l’importance du sacrifice du Mashiah ben Yossef prophétisé par Yeshayahou dans le chap. 53]. De plus, celle-ci entraîne une démarche personnelle nous permettant d'intégrer la Kéhila Nazaréenne et d’accéder au Olam Haba non en vertu de nos mérites mais par l’intermédiaire de ceux du Tsadik. L'immersion en Yeshoua est donc une forme d'annihilation du fauteur [annihilation de nos mérites] en faveur de la perfection du Tsadik [pour une justification dans l'autre monde]. C'est une démarche personnelle nous incluant dans l'infini de D.ieu. Finalement, elle est donc d’un degré supérieur au mikvé classique [comme celui prêché par Yohanan]. Être immergé en Yeshoua, c’est changer totalement de vie et opérer un demi-tour complet sur son passé, afin de vivre une vie nouvelle via l’attachement au Tsadik, bien au-delà d’un simple mikvé.

Le Mashiah a aimé la Kéhila et s'est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier par la parole, après l'avoir purifiée par une immersion dans l’eau, afin de faire paraître devant lui cette Kéhila glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable mais sainte et irrépréhensible. (Éphésiens 5 :25-27)

 

 

  • Alors il le laisse : finalement, Yohanan immerge Yeshoua. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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16.     Ayant été immergé, vite, Iéshoua‘ remonte de l’eau. Et voici : les ciels s’ouvrent pour lui. Il voit le souffle d’Elohîms descendre comme une palombe ; il vient sur lui.

 

 

  • Ayant été immergé, vite, Iéshoua‘ remonte de l’eau : ces faits sont relatés dans les versets précédents.

 

Alors Yeshoua vint de la Galil au Jourdain vers Yohanan, pour être immergé par lui. Mais Yohanan s'y opposait, en disant : C'est moi qui ai besoin d'être immergé par toi et tu viens à moi !  Yeshoua lui répondit : Laisse faire maintenant car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. Et Yohanan ne lui résista plus. (Matityahou 3 :13-15)

 

 

  • Et voici : les ciels s’ouvrent pour lui. Il voit le souffle d’Elohîms : l’Esprit de D.ieu, en référence au Rouah HaMashiah présent depuis la Création du monde. (Béréshit 1 :2)  

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour commencer, il est important de savoir que l'âme du Mashiah a précédé la Création du monde car celle-ci existait dans la pensée de D.ieu avant même la Création du soleil, de la lune et des étoiles comme cela est relatée dans le Traité Pessa'him 54a. Selon le Judaïsme, cette âme supérieure, au moment fixé par Hashem, doit descendre dans le corps d’un descendant du Roi David ; ainsi, par cette onction divine, ce Mashiah [ce Oint] accomplira la grande mission de délivrer toute l’humanité.

 

Yeshayahou HaNavi dans ses prophéties, présentes dans le Tanakh, décrit parfaitement l’onction du prétendu Mashiah.

 

Puis un rameau sortira du tronc d'Yichaï et un rejeton naîtra de ses racines. L'Esprit de l'Éternel reposera sur lui : Esprit de sagesse et d'intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l'Éternel. (Yeshayahou 11 :1-2)

   

Comme l'âme d'Adam Harichon, l'âme supérieure du Mashiah est composée de toutes les âmes, elle est aussi connue sous le nom de "néchama klalit" … En effet, l'âme du Mashiah contient les âmes de toutes les générations et celle-ci est capable de leur apporter le plus grand tikoun nécessaire.

  

Pour obtenir plus de détails sur l'âme noble du Mashiah, nous pourrons nous inspirer du Sefer Béréshit comme il est dit : La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme et l'Esprit de D.ieu se mouvait au-dessus des eaux. (Béréshit 1 :2) et au sujet de ce verset, il est enseigné : L'Esprit de D.ieu plane, c'est l'Esprit du Mashiah comme il est dit : l'Esprit de l'Éternel repose sur lui. (Yeshayahou 11 :2) et quel mérite amène cet Esprit messianique à planer au-dessus des eaux ? C'est le mérite du repentir, comparable aux eaux comme il est dit : Versez votre cœur comme de l'eau devant la face de l'Éternel. (Eikha 2 :19). (Béréshit Rabah, chap. 2)

  

 

  • descendre comme une palombe ; il vient sur lui : l’Esprit de D.ieu dans ce contexte, est descendu sous la forme d’un oiseau ; en réalité, il s’agit de l’âme du Mashiah provenant d’un endroit extrêmement élevé et caché appelé le nid de l’oiseau, le "Kan Tsippor" en hébreu.

 

COMMENTAIRE N°2

 

La plupart des informations sur les Juifs "Nazaréens" et d'autres groupes de croyants Juifs en Rabbi Yeshoua comme les Evionim proviennent des pères de l'église romaine, de Flavius Josèphe ou encore d’autres historiens. Or, le mot "Evionim" signifie "les pauvres" ou "les nécessiteux" : certains talmidim de Yeshoua était appelés de cette façon, en plus du terme "Nazaréens" souvent employé. (Actes 24 :5). En effet, pour information, la majorité des Nazaréens/Evionim (termes souvent associés par les historiens) croyaient dans un Yeshoua humain, conception qui horripilait les pères de l'église chrétienne. Autrefois, tout était plus ou moins synonymes, Nazaréens, Evionim, Chrétiens/Messianiques, etc… mais rapidement, les scissions sont arrivées et "chrétien" a désigné de plus en plus, les non-Juifs croyant en Yeshoua et plus tard, les adeptes du christianisme ; le terme "messianique" a plus ou moins disparu tandis qu’au contraire, les termes Nazaréens/Evionim ont toujours désigné les Juifs de Torah attachés au Mashiah. Aujourd'hui, malheureusement, le terme "Nazaréen" est repris un peu n'importe comment… Par exemple, il existe des "Nazaréens" avec leurs propres calendriers, leurs propres conceptions et celles-ci n'ont plus rien à voir avec les véritables Nazaréens de l'époque, etc… Or, les véritables talmidim de Yeshoua étaient orthodoxes dans leurs croyances et leurs pratiques, étant observateurs de la Torah, des mitsvot et faisaient partie intégrante du peuple Juif.

Pour revenir au sujet principal, concernant l’immersion et l'onction de Yeshoua ayant reçu l'âme supérieure du Mashiah, Irénée de Lyon a témoigné au sujet de la foi dite "ébionite" :  selon cette foi, Jésus n'est pas né d'une vierge mais il était le fils de Joseph et de Marie, de la même manière que tous les hommes. Or, il aurait été simplement plus droit et plus sage que tous ; ainsi, au moment de son baptême, le Christ [le Messie] serait descendu sur lui sous la forme d'une colombe. De là, Jésus a proclamé le Père et fait des miracles. (Irénée de Lyon)

 

Comme on peut le constater, la croyance des "Evionim" des "pauvres" Juifs croyants en Yeshoua concernant l'immersion du Rabbi de Natzeret était celle-ci : la candidature du Mashiah fonctionne comme un éveil par le bas, c’est au candidat [au descendant du Roi David] de faire descendre l'âme messianique supérieure par l’intermédiaire de ses mérites… En gros, pour les premiers Juifs Nazaréens/Evionim, le Rabbi de Galil, par ses innombrables mérites et bonnes actions, a fait descendre l’âme messianique depuis Kan Tsippor.

 

Pour compléter ces propos, dans le débat entre Justin et Tryphon le Juif ; Tryphon a témoigné : Il me semble qu'ils [les Nazaréens/Evionim] affirment qu'il [Yeshoua] était d'origine humaine et a été oint comme le Mashiah, ceci est une doctrine beaucoup plus crédible que la vôtre. Nous, les Juifs, nous attendons tous que le Mashiah soit effectivement, un homme d’origine humaine. (Chutes, 74) 

 

Ces interprétations Nazaréennes font écho aux avis des Maîtres d’Israël. En effet, pour comparer, voici la description du Mashiah selon le Ari Zal.

 

Le Mashiah naîtra de l'homme et de la femme comme tout autre être humain. Il sera très juste et accomplira de nombreuses actions méritoires, s'élevant ainsi constamment ; ses efforts l'amèneront finalement à un niveau très élevé d’où il sera capable de recevoir sa Yé’hida, l'âme unique qui a été préparée pour lui avant la Création du monde. Il réalisera alors que c’est lui [le Mashiah] et quelle sera sa mission, et sera doté par le Ciel du pouvoir d'accomplir sa tâche. (Le Ari Zal)

 

Regardons également l’avis du Rav Ron Chaya.

 

L’âme du Mashiah a été créée lorsque toutes les âmes ont été créées, elle a été créée de façon extrêmement parfaite et haute. Elle se trouve actuellement au paradis, dans un endroit du nom de Kan Tsippor, le "nid de l’oiseau" en français. Quand viendra le moment, Hashem choisira quel Tsadik sera le Mashiah et l’âme du Mashiah qui est dans le paradis descendra et s’investira dans son corps ; à ce moment-là, ce Tsadik sera investi de pouvoirs très grands et il accomplira les missions du Mashiah. Or, il est clair que d'autre part, il aura dû acquérir une perfection par son propre travail ; indépendamment de la venue de l’âme du Mashiah qui ne sera pas encore en lui. (Rav Ron Chaya)

 

Concernant le lien avec la palombe ou la colombe selon les différentes traductions, comme nous l’avons déjà dit, il est enseigné dans le Judaïsme que l'âme du Mashiah habite dans un palais céleste appelé Kan Tsippor ; ce lieu est un lieu secret où personne ne peut entrer sauf le Mashiah car c’est dans ce lieu, que l'âme du Mashiah attend que son heure soit venue.

 

Dans le Judaïsme, l'oiseau est également un terme utilisé pour parler de la Shekhina [la Présence divine] qui enveloppera le Mashiah. Également très intéressant, le Or Ha’Haïm explique que l'un des noms du Mashiah est justement Tsippor. (Or Ha’Haïm, Paracha Metzorah)

 

Voici également des enseignements du Zohar.

  

Un palais est connu comme étant "le nid d'oiseau" en raison du Mashiah, qui a son "nid" dans l'arbre le plus élevé du palais. (Zohar II, 8a-9a)

 

Se réveillera le Roi Messie qui sortira du Jardin d’Eden, de l’endroit appelé Kan Tsippor et apparaitra en terre de Galilée. (…)  Tous ceux qui s’engagent dans la Torah se réuniront à lui et seront appelés fils, et ils sont peu dans le monde. Par le mérite des enfants qui peuvent étudier, la force du Mashiah augmentera ; ce sont les poussins dont il est écrit : de jeunes oiseaux ou des œufs sur lesquels est assise la mère. (Zohar, Shemot 7b)

 

 

 

 

 

 

 

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17.     Et voici, une voix des ciels dit : Celui-ci est mon fils, mon aimé, en qui j’ai mon gré. 

 

  • Et voici, une voix des ciels dit : une voix céleste, littéralement "la fille d'une voix" en hébreu.

 

 

  • Celui-ci est mon fils, mon aimé, en qui j’ai mon gré : selon les Téhilim du Roi David, en témoignage au Mashiah comme il est aussi enseigné dans les milieux ‘hassidiques : Le Mashiah qui a enduré ce qu'il a enduré depuis la Création du monde et a souffert ce qu'il a souffert, D.ieu finira par lui dire : Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd'hui. (Téhilim 2 :7). (Torah n°61 du Likouté Moharan II)