CHAPITRE 22

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COMMENTAIRES 

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37.     Il lui dit : Tu aimeras IHVH-Adonaï, ton Elohîms, de tout ton cœur, de tout ton être et de toute ton intelligence. 

 

  • Il lui dit : Tu aimeras IHVH-Adonaï, ton Elohîms : Rabbi Yeshoua de Natzeret, loin d’être chrétien et trinitaire, a déclaré voir dans le Chéma Israël, la mitsva la plus importante de toute la Torah.

 

Écoute, Israël ! l'Éternel, notre D.ieu, est le seul Éternel. Tu aimeras l'Éternel, ton D.ieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Et ces commandements, que je te donne aujourd'hui, seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. Tu les lieras comme un signe sur tes mains et ils seront comme des fronteaux entre tes yeux. Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes. (Devarim 6 :4-9)

 

 

  • de tout ton cœur : signifie que le cœur est empli d’amour pour D.ieu. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 9)

 

COMMENTAIRE N°1

 

Continuons dans les commentaires du Likouté Amarim.  

 

L’intérieur du cœur sera pavé d’amour mais en outre, l’amour ne sera pas simplement à la surface du cœur : le cœur sera également plein de cet amour qui l’emplira dans sa totalité et il sera de surcroît débordant, c’est-à-dire que l’amour atteindra également la partie gauche du cœur et les facultés émotionnelles de l’âme animale. Dans les termes du Tanya : cet amour se répandra pour faire plier la sitra a’hara, notamment l’élément des "mauvaises eaux" qui est dans l’âme animale, c’est-à-dire l’appétit des plaisirs qui émane de la klipat noga, ainsi qu’il est dit : Tu aimeras D.ieu de tout ton cœur avec tes deux penchants, le bon et le mauvais. Le mauvais penchant, c’est-à-dire l’instinct de désir de l’âme animale peut donc, lui aussi, parvenir à l’amour du divin, et tel est le projet.  (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 9)

 

 

  • de tout ton être : signifie que l’amour se répand au-delà du cœur, pour imprégner tous les membres du corps ; par exemple, le pied même marche avec zèle pour accomplir une mitsva. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 9)

 

 

  • et de toute ton intelligence : signifie que l’amour pour D.ieu est tel que l’on est disposé à faire preuve de méssirout néfech, du sacrifice de soi dénué de toute fin personnelle. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 9)

 

 

 

 

 

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38.     Tel est le plus grand et le premier des ordres. 

 

 

  • Tel est le plus grand et le premier : comme nous l’avons précisé dans le verset précédent, Rabbi Yeshoua de Natzeret, loin d’être chrétien et trinitaire, a déclaré voir dans le Chéma Israël, la mitsva la plus importante de toute la Torah.

 

 

  • des ordres : cela fait référence aux 613 mitsvot de la Torah de Moshé.  

 

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40.     À ces deux ordres sont suspendus toute la tora et les inspirés.

 

 

  • À ces deux ordres sont suspendus toute la tora : car l’amour est la racine de l’accomplissement des 248 commandements positifs : ils en découlent et n’ont pas de vraie substance en son absence… En effet, celui qui aime D.ieu et désire s’attacher à lui, accomplit ses commandements comme un devoir envers un ami particulièrement cher, avec plaisir et zèle, et de tout son être. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 4)

 

 

  • et les inspirés : et en effet, selon le Tanya, toutes les combinaisons de lettres de la Torah, des Prophètes et des Hagiographes, sont une expression de la volonté et de la sagesse divine, unies dans une parfaite unité avec D.ieu lui-même. Ainsi, celui qui étudie la Torah, les Prophètes ou les Hagiographes, s’unit avec la volonté et la sagesse divine. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 2)

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43.     Il leur dit : Et comment David, dans le souffle, l’appelle-t-il Adôn ? Il dit.

 

 

  • Il leur dit : Et comment David, dans le souffle : inspiré par le Rouah Hakodesh.

 

 

  • l’appelle-t-il Adôn ? Il dit : Rabbi Yeshoua de Natzeret enseigne simplement ici qu’il est et sera plus grand que notre Patriarche et Maître, David HaMelekh comme cela est également enseigné dans un Midrash que le Mashiah s’élèvera plus haut qu'Avraham, il grandira plus que Moshé, il sera placé très haut, bien plus haut que tous les anges du service divin. (Yalqout Shimoni 2 :476 sur Yeshayahou 52 :13).

 

COMMENTAIRE N°1

 

Les chrétiens et même certains Juifs détournent ce verset afin de prouver dans ce cas précis, que Yeshoua aurait renié ici son lien biologique avec David car lui-même se considérait comme venu de D.ieu [dans le sens d’être un être divin] mais c’est faux, le Rabbi n’a jamais enseigné cette hérésie. Comme nous l’avons expliqué, le Rabbi voulait simplement enseigner que le Roi David lui-même se soumettra à sa Royauté et que bien qu’il soit son descendant, Yeshoua demeure supérieur comme un véritable père car le Mashiah par sa sagesse, sera le père de toute l’humanité, le seul berger, etc… D’ailleurs, cet enseignement rejoint la Guémara qui dit que dans l’avenir le Mashiah sera le Roi et David, son "second" lors des temps messianiques. (Sanhédrin 98b).

 

De plus, gardons à l’esprit que dans la culture sémitique et en général orientale, il ne revient pas aux aïeuls de rendre hommage aux descendants et ce peu importe leur grandeur. En fait, seul un décret divin élevant le Mashiah au rang de Fils de D.ieu et ordonnant à tous de l’honorer comme tel, permet ainsi d’expliquer pourquoi David, son ancêtre, a appelé Seigneur son descendant.

Concernant la soi-disant divinité de Yeshoua dans ce verset, nous pourrons nous référer aux avis du Rav Yéhouda Aryeh miModena sur ce sujet.

Tu ne verras jamais dans les Évangiles que Yeshu [Jésus] s’est appelé D.ieu mais qu’il s’est considéré comme un homme. (…) Il s’est toujours désigné comme un "fils d’homme" et "homme" en plusieurs endroits ; il a toujours attribué sa puissance et son importance à son Père qui est dans les Cieux. (…) J’ai lu un récit, qui circule et qui se trouve en la possession d’un individu de notre peuple, qui relate les péchés de jeunesse de Yeshu [Jésus] et ceux qu’il a fait dans sa vie, comment est-ce qu’il a fait pour accomplir des miracles, jusqu’au jour de sa mort, etc… Il est clair que le tout n’est qu’un mensonge, qui a été composé par un homme qui s’est opposé à lui et dont l’intention était de le diffamer. Ce récit est une honte pour tout enfant d’Israël qui y croit pour n’importe quelle raison. De ce que j’ai compris de nos Livres et de ceux des chrétiens, j’ai dérivé ce principe, qui, à mon sens est exacte et qui est telle que si j’avais moi-même vécu dans la même génération que lui et étudiait à ses côtés : Saches qu’il y eut, parmi les Juifs de l’époque, vers la fin de l’ère du Second Temple, plusieurs sectes, lesquelles reconnaissaient toutes la Torah de Moshé mais qui étaient divisée quant à son interprétation et à l’interprétation de ses commandements. Il y avait, parmi elles, les scribes et les pharisiens, qui sont nos Sages et desquels est issue la Mishna ; il y eut aussi les sadducéens, les boethusiens, les esséniens et d’autres encore… Flavius Josèphe, de même que Carlo Sifinio, dans son ouvrage intitulé, Republica Hebraeorum, mentionne certaines d’entre elles. De toutes ces mouvances, le Nazaréen a choisi la véridique et a suivi tous les enseignements de nos Sages, aussi bien en ce qui concerne les croyances que la pratique ; il croyait qu’elles étaient toutes reçues de Moshé. Et c’est ce qui transparaît clairement dans l’Évangile de Matityahou où il dit à ses talmidim : Sur le siège de Moshé, sont assis les scribes et les pharisiens. Faites tout ce qu’ils vous diront mais ne faites pas selon leurs actions. (Matityahou 23 :2-3). On voit qu’il a reconnu non seulement la Loi Écrite mais aussi la Loi Orale dans ce qu’il considérait comme reçue de Moshé. (…) Si son intention était de changer, ne serait-ce qu’une petite chose dans la Torah, jamais personne n’aurait accepté de l’écouter et tout le monde l’aurait persécuté. Voilà pourquoi, il a toujours affirmé l’actualité de la Torah, comme lorsqu’il dit : Je ne suis pas venu abolir la Torah mais pour l’accomplir. (Matityahou 5 :17). Il dit aussi que le ciel et la terre passeront mais une seule lettre de la Torah ne passera pas. (Loucas 16 :17). Il y eut, néanmoins, quelques éléments [de la tradition pharisienne] qu’il ne considérait pas comme des lois orales données à Moshé au Sinaï [halakhot le-Moshé mi-Sinaï] ni comme des traditions qu’ont hérité les anciens mais comme leurs propres inventions, auxquelles il commença à s’opposer et à dénoncer. (…) Et lorsque les pharisiens entendirent que cet homme de basse condition et qui n’était pas encore d’âge mûre s’opposa à eux sur certaines choses, ils s’inquiétèrent et craignirent que cela se transforme en une nouvelle secte qui dénature la Torah, à l’instar des sadducéens, des boethusiens et d’autres ; ils commencèrent alors à s’informer sur lui et à s’opposer à ses dires et à ses agissements. (…) Or, il ne fait pour moi aucun doute, que le Nazaréen n’a jamais osé se prétendre D.ieu ou une partie de D.ieu, comme le croient de nos jours les chrétiens à son sujet. Comme on peut en juger de sa manière d’agir et de ses paroles, il ne lui est jamais venu à l’esprit de se faire D.ieu. (…) Il savait très bien que s’il se faisait D.ieu, ou se disait être une partie du D.ieu d’en haut, comme le dirent plus tard ceux qui croient maintenant en lui, même la masse du peuple Juif l’aurait lapidé sans même l’amener devant le Tribunal. En effet, puisqu’il voulait être perçu comme plus qu’un Prophète et un homme de D.ieu, afin de s’élever à tous les niveaux et de l’emporter face à la controverse avec les scribes et les pharisiens, il s’est décrit comme étant le Fils de D.ieu. De cette manière, il aurait été élevé aux yeux de toute la masse du peuple et aurait été considéré, non plus comme plus grand que tous ceux qui sont nés de femmes, que tous les Prophètes et même plus grand que Moshé Rabbénou mais comme plus grand que les anges eux-mêmes car un fils est plus grand auprès d’un Père qu’un serviteur et un ministre. (…) En se disant Fils de D.ieu, il se prétendait ainsi plus grand que tous ceux-là. (…) Avec cette appellation, ses talmidim et ceux qui crurent en lui l’ont élevé plus haut que tous les Prophètes et les anges d’en haut, de même que la masse du peuple. (…) C’est également par cette description qu’il échappa à la condamnation du Sanhédrin, ou des Juges, qui étaient en ces temps-là, en disant qu’il n’avait pas l’intention de s’attribuer la divinité. Lis, s’il te plaît, ce que relate à ce sujet l’Évangile de Yohanan, au dixième chapitre : Mes brebis écoutent ma voix, etc… Moi et le Père nous sommes un. Ils ramassèrent de nouveau des pierres pour le lapider. Yeshu [Jésus] leur répondit : J’ai fait devant vous beaucoup de bonnes œuvres venant de mon Père, pour laquelle me lapidez-vous ? Les Juifs lui répondirent : Ce n’est pas pour une bonne œuvre que nous te lapidons mais pour un blasphème parce que toi, un homme, tu te fais D.ieu. Yeshu [Jésus] leur répondit : N’est -il pas écrit dans votre Torah : Vous êtes des dieux ? Si la Torah appelle dieux ceux à qui la Parole de D.ieu a été adressée et si l’Ecriture ne peut être anéantie, comment dites-vous à celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde : Tu blasphèmes car j’ai dit que je suis le Fils de D.ieu ? (Yohanan 10 :27-36). Ainsi, il dit à chaque fois que le Père l’a envoyé, qu’il le connaît, qu’il lui a donné et non qu’il l’a [littéralement] engendré ni qu’il est le Père lui-même mais dans le sens du verset : Vous êtes des dieux et des fils du Très Haut. (Maguen Vaherev du Rav Yéhouda Aryeh miModena 3 :8-10)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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45.     Si donc David l’appelle : Adôn, comment est-il son fils ? 

 

 

  • Si donc David l’appelle : Adôn : le mot Adon peut être traduit par "Seigneur" ou "Maître" : on l’emploie pour parler d’un grand homme, en l’occurrence, du Seigneur Yeshoua ou encore du Roi David.  

 

  • comment est-il son fils : le Mashiah souhaite enseigner qu’il détient, par autorité céleste, la véritable Royauté de David. Par conséquent, le Roi David aussi grand soit-il, se soumettra au commandement du Roi Messie et ce, bien qu’il soit son ascendant et c’est pourquoi, lui-même l’appelle "Seigneur" dans les Téhilim.

 

COMMENTAIRE N°1

Comme nous l’avons précisé dans les commentaires précédents, cet enseignement rejoint la Guémara qui dit que dans l’avenir le Mashiah sera le Roi et David, son "second" lors des temps messianiques.

Rav Yéhouda rapporte au nom de Rav : Le Saint Béni soit-Il, est destiné à établir un autre David pour le peuple Juif en tant que Mashiah, comme il est dit : Ils serviront l'Éternel, leur D.ieu et David, leur Roi, que je leur susciterai. (Yrmeyahou 30 :9). Il n'est pas dit : J'ai établi mais j’établirai indiquant par là que le nom du futur Roi sera également David. Rav Pappa a dit à Abaye : Mais n'est-il pas écrit : Et mon serviteur David sera leur prince pour toujours. (Yehezqel 37 :25). Est-ce que cela veut dire que le Roi David lui-même régnera sur le peuple Juif ? Abaye a déclaré : Ils gouverneront en tandem un comme empereur et un autre comme vice-roi ; le Mashiah sera le Roi et David sera commandant son second. (Sanhédrin 98b)

 

COMMENTAIRE N°2

Voici également un complément d’éclaircissements dans le Midrash Tan’houma, permettant de démontrer que le Mashiah n’a seulement enseigné ici, qu’il est et sera plus grand que notre Patriarche et Maître, David HaMelekh. En effet, le lien est étroit car le Midrash précise que le Mashiah est une "grande montagne" comparé à son ascendant, Zéroubavel.

Cantique des degrés. Je lève les yeux vers les montagnes. (Téhilim 121 :1) ; et c’est celui dont il est dit : Qui es-tu, grande montagne, devant Zéroubavel ? Une simple plaine. (Zekharia 4 :7) ; il s’agit du Mashiah ben David. Et pourquoi est-il appelé grande montagne ? Car il est plus grand que les Pères, comme il est dit : Voyez, mon serviteur prospère ; il s'élève, grandit et est placé très haut. (Yeshayahou 52 :13). Oui, il s’élève plus haut qu’Avraham, il grandit plus que Its’hak et il est placé plus haut que Yaakov. (…) C’est pourquoi il est dit : Qu’es-tu grande montagne ? Et de qui est-il issu ? De Zéroubavel. (Midrash Tan’houma, Paracha Toledot 27 :14)