CHAPITRE 2

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COMMENTAIRES 

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1.     Quand Iéshoua‘ naît à Béit Lèhèm en Iehouda, dans les jours du roi Hèrôdès, voici, des mages du levant arrivent à Ieroushalaîm et disent.

 

 

  • Quand Iéshoua‘ naît à Béit Lèhèm en Iehouda : ceci fut prophétisé par Mikha comme il est écrit : « Et toi, Bethléhem Éphrata, petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui dominera sur Israël et dont l'origine remonte aux temps anciens, aux jours de l'éternité. » (Mikha 5 :2)  

 

  • dans les jours du roi Hèrôdès : au temps d’Hérodès le Grand, un des personnages historiques les plus importants de l'époque du Second Temple.

 

 

  • voici, des mages du levant arrivent à Ieroushalaîm et disent : ces mages sont des visiteurs figurant uniquement dans l'Évangile de Matityahou. Ayant appris la naissance de Yeshoua à Bethléhem, ils viennent de l'Orient, guidés par une étoile afin de rendre hommage au Roi des Juifs et lui apporter des présents d’une grande richesse symbolique : or, myrrhe et encens.

 

 

 

 

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2.     Où est-il, le nouveau-né, le roi des Iehoudîm ? Oui, nous avons vu son étoile au levant, et nous venons nous prosterner devant lui.

 

 

  • Où est-il, le nouveau-né, le roi des Iehoudîm : le Roi d’Israël.

 

 

  • Oui, nous avons vu son étoile au levant : cet épisode avec les mages est comparable avec celui de la naissance d’Avraham Avinou comme cela est relaté dans les commentaires du Meam Loez : « La nuit où naquit Avraham, les astronomes de Nimrod virent surgir à l'est une grande étoile parcourant les Cieux et avalant quatre étoiles aux quatre points cardinaux. Ne trouvant aucune explication à ce phénomène, ils comprirent qu'il s'agissait là d'un miracle… Ils comprirent qu'un enfant était né cette nuit-là, destinée à devenir célèbre de par le monde, à hériter du pays de Canaan et à tuer des rois. (…) Un garçon est né, destiné à dominer le monde présent et à venir. » (Meam Loez sur Béréshit 11 :31).

 

COMMENTAIRE N°1

 

Voici également le commentaire de Rachi sur la naissance de Moshé Rabbénou, le Mashiah de sa génération.

 

Le jour de la naissance de Moshé, ses astrologues avaient annoncé : Aujourd’hui est né leur Sauveur mais nous ne savons pas s’il est né chez les Égyptiens ou chez les Hébreux. Néanmoins, nous pouvons prédire qu’il sera frappé par l’eau. (Shemot Rabah ; Sanhédrin 101b). Et c’est pourquoi Pharaon a promulgué ce jour-là un décret qui visait aussi les Égyptiens ainsi qu’il est écrit : tout fils engendré, sans qu’il soit précisé : engendré des Hébreux. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que Moshé serait un jour puni à cause des eaux de Meriba. (Bamidbar 20 :13). (Rachi)

 

 

  • et nous venons nous prosterner devant lui : dans un esprit de soumission devant l’immensité de sa future autorité. 

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15.     Il reste là jusqu’à la mort d’Hèrôdès, pour que soit accompli ce qu’a dit IHVH-Adonaï par son inspiré : De Misraîm j’appelle mon fils. 

 

 

  • Il reste là jusqu’à la mort d’Hèrôdès : Hérodès le Grand, personnage connu d’un point de vue historique.  

 

 

  • pour que soit accompli ce qu’a dit IHVH-Adonaï par son inspiré : cela fait référence au Prophète Hoshéa comme il est dit : Quand Israël était jeune, je l'aimais et j'appelai mon fils hors d'Égypte. (Hoshéa 11 :1)

 

 

  • De Misraîm j’appelle mon fils : le Fils d’Hashem est identifié selon la Torah Orale de nos Maîtres comme faisant référence au Mashiah, le concept du "Fils de D.ieu" n’est encore une fois pas chrétien mais bien Juif. Dans ce cas précis, Rabbi Yeshoua de Natzeret est comparable au "Fils premier-né" tout comme Israël est nommé par ce nom dans le Tanakh.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour plus de précisons, voici certains Midrashim de nos Maîtres.

 

Où la Torah fait-elle mention du Mashiah ? Dans le Sefer Shemot comme il est dit : Israël est mon fils, mon premier-né. (Shemot 4 :22) et dans les Téhilim comme il est dit : Tu es mon fils, je t’ai engendré aujourd’hui. (Téhilim 2 :7). (Yalqout Chimoni 2 :621)


Dans les temps futurs, D.ieu parera le Mashiah d’une couronne et mettra sur sa tête le casque du salut, et placera sur lui la splendeur et la majesté, il l’ornera de vêtements de gloire et le placera sur une montagne élevée pour parler à Israël. Et de sa propre voix, le Mashiah lui-même annoncera : Ton salut est proche ! Et Israël lui répondra : Qui es-tu ? Et il dira : Je suis Ephraïm. Et Israël demandera : Es-tu celui que D.ieu nomme : Ephraïm mon premier-né, mon fils chéri ? (Yrmeyahou 31 :20) ; le Mashiah répondra par l’affirmative. (Otsar Midrashim, Mashiah, 393)

 

Comme on peut le constater, dans les Midrashim de nos Maîtres, le Mashiah est considéré comme étant le Fils chéri d’Hashem.

COMMENTAIRE N°2

De nombreuses fois également dans les Téhilim, le Mashiah est appelé le Fils d’Hashem ; le Talmud dans le Traité Soukka 52a confirme ses propos.

Au Mashiah ben David, destiné à être révélé rapidement et de nos jours, le Saint Béni soit-Il lui a dit : Demande-moi ce que tu veux et je te le donnerai !  Comme il est écrit : Je publierai le décret ; l’Éternel m’a dit : Tu es mon fils ! Je t’ai engendré aujourd’hui, demande-le-moi et je te donnerai les peuples comme héritage. (Téhilim 2 :7-8). (Soukka 52a)

Je publierai le décret ; l'Éternel m'a dit : Tu es mon fils ! Je t'ai engendré aujourd'hui. (Téhilim 2 :7)

 

Autre exemple.

 

D.ieu des armées, reviens donc ! Regarde du haut des cieux et vois ! Considère cette vigne ! Protège ce que ta droite a planté et le fils que tu t'es choisi ! (Téhilim 80 :14-15)

 

Et le sarment que ta droite a planté et le Roi Messie que tu as fait puissant pour toi. (Targoum Téhilim 80 :15-16 dans "The Psalms Targum" selon Edward M. Cook)

 

Comme on peut le constater, le Targoum Téhilim remplace le mot "fils" par "Roi Messie" … Dans le même élan, Ibn Yahya commente également sur ce Téhilim : de façon allégorique, cela fait référence au Mashiah car D.ieu l’a rendu fort physiquement et intellectuellement, afin qu’il puisse fortifier les esprits chancelants du peuple Juif exilé. (Kesuvim : Téhilim p. 350-351, Artscroll)

 

COMMENTAIRE N°3

Il convient de préciser avec exactitude, que Matityahou n’ignorait pas que cette parole prophétique concernait Israël qu’Hashem dans sa miséricorde, appelle son Fils.  Pour mieux le comprendre, il suffit d’analyser plusieurs versets du Tanakh comme il est dit : Tu diras à Pharaon : Ainsi parle l’Éternel : Israël est mon fils, mon premier-né. (Shemot 4 :22) ou encore : Car je suis un père pour Israël et Éphraïm est mon premier-né. (Yrmeyahou 31 :9)

Comme nous l’avons vu, on lit également dans le Tanakh : Quand Israël était jeune, je l'aimais et j'appelai mon fils hors d'Égypte. (Hoshéa 11 :1). Or, cette touchante parole de l’Éternel est remise au goût du jour par Matityahou dans son Évangile. En effet, l’Apôtre du Rabbi de Natzeret est en train d’appliquer ce verset au Fils de D.ieu, soit au Mashiah appelé tout comme le Am Israël, le fils premier-né d’Hashem ; aussi dans un sens, n’est-ce là qu’une application symbolique, allusive et non l’accomplissement d’une prophétie directe.

Pour mieux comprendre la pensée de Matityahou et son style d’écriture, on pourra s’inspirer d’un commentaire du Rachba.

Certains se méprennent et pensent que les Sages, de mémoire bénie, croyaient réellement que le sens qu'ils attribuaient à certains versets par leurs enseignements haggadiques était le sens véritable des versets. (…) Les Sages citent des versets comme "preuves" de leurs interprétations et donnent ainsi, l'impression qu'ils pensent que leurs explications constituent le sens véritable du verset. En vérité, ces interprétations ne sont que des moyens rhétoriques pour rappeler des idées nobles et importantes. (Le Rachba dans Pérouchei Aggadot)

 

De plus, il faut également savoir que selon nos Maîtres, le Roi et le peuple d’Israël ne font qu'un et ainsi, ce qui concerne l'un concerne forcément l'autre comme il est dit : À de nombreuses reprises, les Prophètes et les Sages ont parlé du peuple en évoquant le Mashiah, et ont parlé du Mashiah en évoquant le peuple car la génération est le dirigeant et le dirigeant est la génération. (Yechouot Méshiho 2 :2)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23.     Il y vient et s’établit dans une ville dite Nasèrèt, pour accomplir les dires de l’inspiré : Oui, il sera appelé Nazoréen.

 

 

  • Il y vient et s’établit dans une ville dite Nasèrèt : Natzeret est un village de Galil.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Il y a environ 2000 ans, un Rabbi de Galil, Rabbi Yeshoua de Natzeret se leva parmi le peuple d’Israël pour essayer d’enrayer la haine gratuite qui, selon nos Maîtres dans le Talmud, provoqua la destruction du Temple de Jérusalem. Fondant sa communauté orthodoxe sur la Torah Écrite et Orale que Moshé avait reçu sur le Mont Sinaï, il fut vendu par les saducéens à Rome et défiguré par les non-Juifs ; la Torah de Yeshoua fut abolie et ses enseignements pervertis par les chrétiens… Néanmoins, la lumière d’un Tsadik est éternelle et même au sein de l’obscurité, elle continue de briller et d’illuminer le monde. Depuis le début de l’exil d’Israël, cette lumière messianique pousse parmi les non-Juifs et en particulier chez Edom, le monde occidental chrétien. Chose fascinante, un Midrash enseigne que le Roi Messie sortira de chez eux selon le principe spirituel : tes destructeurs sortiront de toi. (Yeshayahou 49 :17) ; le monde vit aujourd’hui, le début de la restauration de toute choses prophétisée dans le chap. 3 du Livre des Actes. (Actes 3 :21). Le peuple Juif revient sur sa Terre, Jérusalem redevient la capitale éternelle indivisible des descendants de Yaakov et le Tsadik de vérité, le Roi Messie, Rabbi Yeshoua revient dans le giron du Judaïsme orthodoxe, de la Torah authentique d’Israël.

 

Qu’Hashem continue de nous bénir et d’ouvrir les portes de la guéoula en abondance !

 

 

  • pour accomplir les dires de l’inspiré : Matityahou fait certainement référence aux prophéties de Yeshayahou HaNavi comme il est dit : Puis un rameau sortira du tronc d'Yichaï et un rejeton naîtra de ses racines. L'Esprit de l'Éternel reposera sur lui : Esprit de sagesse et d'intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l'Éternel. (Yeshayahou 11 :1-2)

 

COMMENTAIRE N°2

Dans ce cas précis, il est important d’expliquer pourquoi, il s’agit des prophéties de Yeshayahou HaNavi… En effet, dans ce verset, Matityahou prétend que Yeshoua a accompli une prophétie des Neviim et qu’en conséquence, le Mashiah sera appelé "le Nazaréen" [HaNotzri, en hébreu]. Or, lorsque vous cherchez la source de cette prophétie dans le Tanakh, vous n'en trouverez pas car elle n’existe pas ; du moins, elle n’existe pas d’un point vue purement littéral...

Matityahou est un Juif et parle comme un Juif ; c’est pourquoi, il fait une interprétation midrashique Juive d’un verset de Yeshayahou HaNavi.

Pour information, un Midrash est une méthode Juive d’interprétation qui cherche à répondre aux questions religieuses, pratiques et/ou théologiques en cherchant minutieusement les significations des mots, des phrases, des versets et/ou des thèmes dans les Écritures. Autrement dit, c’est une méthode herméneutique d’exégèse biblique. Or, longtemps réduit à une dimension folklorique et apparemment naïve, le Midrash connaît un regain d’intérêt lorsque des commentateurs redécouvrent derrière des exégèses apparemment extravagantes, plusieurs parallèles avec la Bible. 

Dans cet Évangile, comme nous l’avons dit, Matityahou utilise une méthode midrashique pour étayer cette déclaration : le Mashiah sera appelé le Nazaréen. En fait, la clé pour comprendre réside dans le mot "Natzeret" … En effet, le mot racine pour "Natzeret" est "netzer" ce qui signifie également la branche, le sarment ou dans d’autres versions, le rejeton comme c’est le cas dans Yeshayahou. Par conséquent, Matityahou relie le mot racine "netzer" au Mashiah, la "branche/sarment" d’Yichaï, du Roi David…

Puis un rameau sortira du tronc d'Yichaï et un rejeton naîtra de ses racines. (Yeshayahou 11 :1)

Un rejeton ou une branche, un "netzer" [lié au Notzri, au Nazaréen en français] naîtra des racines d’Yichaï… Le Mashiah Yeshoua est alors ce fameux "Nazaréen/Notzri" de la lignée de David et également celui qui vient de Natzeret ; voilà pourquoi Matityahou utilise cette prophétie de Yeshayahou pour parler du Rabbi.  

Voici, je ferai venir mon serviteur, le germe. (Zekharia 3 :8)

Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, où je susciterai à David un germe juste ; il régnera en Roi et prospérera, il pratiquera la justice et l'équité dans le pays. (Yrmeyahou 23 :5)

Dans ces deux versets précédemment cités, deux des Prophètes les plus célèbres d'Israël utilisent également le mot "branche/germe" comme titre pour parler du Mashiah. Cependant, dans ces versets, ils utilisent un mot différent pour branche/germe, il s’agit du mot "tzema’h" en hébreu … Or, il faut savoir que "netzer" et "tzema’h" sont synonymes ; ils signifient dans un sens, la même chose. Matityahou, en utilisant l'exégèse midrashique, relie le Mashiah à "netzer" et "tzema’h" ; tout cela également relié à la ville de Natzeret et au nom "Nazaréen/Notzri" attribué à Yeshoua… En réalité, l’Apôtre Matityahou dit à ses lecteurs que les Prophètes ont utilisé un code pour identifier le Mashiah dans le mot "netzer" ou "tzema’h" : une branche, un germe qui sortira de la lignée de David. En l’occurrence, comme nous l’avons compris, il s’agit de Yeshoua, le Nazaréen [HaNotzri].  

 

  • Oui, il sera appelé Nazoréen : en hébreu, on prononce le "Notzri" [le Nazaréen] … Comme nous l’avons vu, il s’agit d’une expression Juive plutôt travaillée, une sorte de mélange de "Natzeret" de "netser/le germe" ou encore de "notser/le gardien de la Torah" … Quoi qu’il en soit, tout ceci est un jeu de mot midrashique typiquement Juif pour parler du Rabbi.

 

De toute façon, l’expression "Rabbi Yeshoua de Natzeret" est aujourd’hui une façon vraiment Juif de l'appeler [le nom du Rabbi + une ville bien précise] comme c’est le cas chez les ‘habad lorsqu’il parle du "Rabbi de Loubavitch" ou encore chez Breslev avec "Rabbi Na’hman de Breslev" ou encore même chez les mitnagdim avec le "Gaon de Vilna" …