CHAPITRE 15

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COMMENTAIRES 

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1.     S’approchent alors de Iéshoua‘ des Peroushîm et des Sopherîm de Ieroushalaîm. Ils disent :

 

 

  • S’approchent alors de Iéshoua‘ : plusieurs proushim et soferim sont venus demander au Rabbi pourquoi ses talmidim transgressaient-ils la tradition des anciens, en prenant leurs repas sans avoir fait netilat yadaim ?

 

  • des Peroushîm et des Sopherîm de Ieroushalaîm : les proushim et les soferim voient quelques-uns de ses talmidim prendre leurs repas avec des mains impures, c'est-à-dire, non lavées. Or, les proushim et tous les Juifs ne mangent pas sans s'être lavé soigneusement les mains, conformément à la tradition des anciens. (Marcos 7 :2-3)

 

COMMENTAIRE N°1

Quoi qu’il en soit, cette tradition honorée par Yeshoua et par certains de ses talmidim n’a rien de mauvais en soi puisqu’ils l’ont tout simplement respecté…

De plus, il est important de noter qu’à l'époque du Mashiah, la halakha de faire netilat yadaim n'avait pas encore été liée pour tout le peuple (Shabbat 15a) ; ainsi, les quelques talmidim du Rabbi qui ne l'avaient pas fait avant leur repas n'étaient pas en tort.

 

 

  • Ils disent : pourquoi tes talmidim transgressent-ils la tradition des anciens ? Car ils ne font pas netilat yadaim, quand ils prennent leurs repas. (Matityahou 15 :2)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2.     Pourquoi tes adeptes transgressent-ils la tradition des Anciens ? Oui, ils ne se lavent pas les mains avant de manger le pain. 

 

 

  • Pourquoi tes adeptes transgressent-ils la tradition des Anciens : la tradition de faire "netilat yadaim" avant de manger.

 

COMMENTAIRE N°1

L’ordonnance de netilat yadaim avant de consommer un repas accompagné de pain, est une institution de nos Maîtres et dépend de plusieurs raisons : nous devons tout d’abord savoir qu’à notre époque, nous avons tous le statut d’impurs par impureté mortuaire, puisque chacun d’entre nous a un jour été en présence d’un mort, ou a touché un jour une personne qui aurait elle-même été en présence d’un mort. Or, lorsque le peuple d’Israël possédait les cendres de la vache rousse et qu’il était possible de se purifier d’une impureté mortuaire, de nombreuses personnes au sein du peuple Juif veillaient scrupuleusement à ce que leurs affaires personnelles ainsi que leurs aliments restent purs ; en particulier, les Cohanim qui sont mis en grade par la Torah afin que tous leurs aliments soient purs, sans le moindre contact avec une impureté. Ainsi, puisque les mains sont mobiles et entrent en contact avec toutes choses, lorsque les Cohanim s’apprêtaient à consommer leur repas, à l’époque où l’on était vigilant sur l’impureté et la pureté comme nous l’avons expliqué, ils devaient au préalable se laver les mains afin de ne pas rendre la térouma impure par leur contact. Afin que cet usage entre facilement dans les mœurs des cohanim, nos Maîtres élargirent cette institution à l’ensemble du peuple d’Israël et ils décrétèrent que chaque Juif devait se laver les mains avant de consommer du pain. De notre époque, même si les cohanim ne consomment plus la térouma, cette institution est maintenue en vigueur afin que les cohanim gardent le réflexe de consommer en état de pureté lorsque le Temple sera reconstruit, rapidement et de nos jours. Il existe une autre raison à l’institution de netilat yadaim avant le repas : il s’agit tout simplement de la propreté et effectivement, il faut savoir que c’est la volonté d’Hashem que l’on se comporte avec propreté car la propreté amène à la pureté et la pureté amène à la sainteté ; c’est pour cela que nos Maîtres ont également instauré netilat yadaim avant le repas, afin que l’homme ne mange pas avec des mains sales… (Rav David ‘Hanania Pinto)

Or, il faut savoir qu’à l'époque du Second Temple, l’institution de "netilat yadayim" n'était réellement qu'une tradition [minhag] selon la Tossefta, bien que certains Maîtres la percevait comme une mitsva déorayta [positive]. De toute façon, cette tradition honorée par Yeshoua et par certains de ses talmidim n’a rien de mauvais puisqu’ils l’ont tout simplement respecté !

Ainsi, le problème n’est donc pas la tradition de netilat yadaim en soi mais bien l’attitude de certains proushim…

 

  • Oui, ils ne se lavent pas les mains avant de manger le pain : les talmidim de Yeshoua n’ont pas fait "netilat yadaim" (l’ablution des mains) avant de manger… Or, il est intéressant de remarquer que ce sont les talmidim du Rabbi qui n’ont pas fait netilat yadaim contrairement à lui. En effet, beaucoup de chrétiens et de messianiques voient dans tout ce chapitre le rejet de la tradition rabbinique par Yeshoua mais contrairement à ses talmidim, Yeshoua s'est conformé à la tradition des anciens puisque ses agissements ne font l'objet d'aucune critique…  

COMMENTAIRE N°2

L’Évangile de Marcos est plus précis que celui de Matityahou concernant ce chapitre. En effet, il rapporte que ce sont seulement "quelques talmidim" qui prirent leurs repas avec des mains impures, c'est-à-dire, non lavées. (Marcos 7 :2). Comme nous l’avons précisé plus haut, afin d’éviter tout malentendu avec la halakha actuelle, il faut également rappeler qu’à l’époque de Yeshoua, cette pratique n’avait pas encore été rendue obligatoire pour tout le peuple Juif : l’ablution avant de manger est facultative, l'ablution après le repas est obligatoire. (Tossefta Bérakhot 7 :14)

Néanmoins, si notre Rabbi n’est pas accusé d’avoir enfreint netilat yadaim dans ce passage, il l’est dans l’Évangile de Loucas au chap. 11…

Pendant que Yeshoua parlait, un paroush le pria de dîner chez lui. Il entra et se mit à table. Le paroush vit avec étonnement qu'il ne s'était pas lavé avant le repas. (Loucas 11 :37-38)

 

Pour certains chrétiens et messianiques, ceci est la preuve du rejet de la tradition pharisienne par Yeshoua. Cependant, lisons la suite du passage…

 

Mais le Seigneur lui dit : Vous, proushim, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et à l'intérieur vous êtes pleins de rapine et de méchanceté. 4Insensés ! celui qui a fait le dehors n'a-t-il pas fait aussi le dedans ? (Loucas 11 :39-40)

 

Pourquoi parler du lavage de la coupe alors qu’il est parlé d’une ablution des mains ? Le Talmud nous rapporte que les proushim eux-mêmes étaient divisés quant à la question de ce qu’il fallait laver en premier : les mains ou la coupe ? Pour Beit Shammaï, qui était d’avis qu’une coupe dont l’extérieur était sale, rendait impure le liquide qu’elle contenait, c’était l’extérieur qu’il fallait nettoyer premièrement. Or, pour Hillel, l’état extérieur de la coupe n’avait aucune conséquence sur la pureté du liquide, c’était l’intérieur qu’il fallait laver en premier. (Bérakhot 52a-b). Ce désaccord avait des conséquences pratiques et par conséquent, la Mishna (Bérakhot 8 :2) rapporte que les proushim de Beit Shammaï étaient d’avis qu’il fallait nettoyer ses mains avant de toucher la coupe et de verser le vin, afin de ne le rendre impur ; et pour les proushim de Beit Hillel, il fallait d’abord verser le vin avant de se laver les mains !

 

L’on comprend ainsi que Yeshoua s’est conformé à la pratique de Beit Hillel, le Rabbi s’est bien lavé les mains mais seulement au moment du repas, après que le vin fut servi… La paroush qui l’a invité, suivait les directives de Beit Shammaï et était de ceux qui se lavaient les mains avant de servir le vin… À la lumière de ses explications, il est aisé de comprendre que la controverse ne portait pas sur l’ablution des mains mais sur un débat qui opposait Hillel et Shammaï… Ainsi, on comprend mieux pourquoi, il est fait mention par la suite du lavage de la coupe qui, à première vue, semblait totalement être étrangère au contexte…

 

COMMENTAIRE N°3

En complément de tous ces explications, il faut savoir qu’à l'époque du Second Temple, l’institution de "netilat yadayim" n'était réellement qu'une tradition (minhag) selon la Tossefta, bien que certains Maîtres la percevait comme une mitsva déorayta (positive).

Selon la Guémara, il aurait fallu attendre la second moitié du 1er siècle pour que la tradition de l’ablution des mains avant de manger soit acceptée universellement dans le Judaïsme. (Shabbat 14b-15a). Or, même si elle n’était pas observée par tous les Juifs, l’ablution des mains avant de manger semble avoir été la norme chez certains rabanim et leurs talmidim, qui comme en atteste la Tossefta, prenaient leurs repas dans un état de pureté rituelle. (Tossefta Démai 2 :2). Selon Rabbi Ovadia de Bartenoura dans son commentaire sur la Mishna Hagigah, les proushim sont ceux qui mangent leur nourriture dans un état de pureté rituelle et c’est également ce que dit le Rambam : les proushim sont ceux qui mangent de la nourriture ordinaire dans un état de pureté rituelle. (Commentaire sur la Mishna Hagigah). Comme en atteste l’Évangile de Marcos, Yeshoua et certains de ses talmidim étaient donc de ceux qui observaient cette tradition pharisienne !  Pour information, il faut savoir que les Juifs esséniens qui étaient plus encore plus strictes, ne prenaient aucun repas sans s’être lavé tout le corps. (Flavius Josèphe, Antiquités Juives II : 8 :5). Contrairement aux Esséniens, Yeshoua était un Paroush et suivait les directives pharisiennes. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3.     Il répond et leur dit : Pourquoi, vous aussi, transgressez-vous la misva d’Elohîms à cause de votre tradition ?

 

  • Il répond et leur dit : Pourquoi, vous aussi : le Mashiah va dénoncer l’attitude de certains proushim et soferim.

 

  • transgressez-vous la misva d’Elohîms : le commandement de D.ieu.

 

  • à cause de votre tradition : au profit de votre tradition citée dans le verset suivant, sur le manque d'honneur des parents…

 

Il leur répondit : Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de D.ieu au profit de votre tradition ? Car D.ieu a dit : Honore ton père et ta mère ; et : Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort. Mais vous, vous dites : Celui qui dira à son père ou à sa mère : Ce dont j'aurais pu t'assister est une offrande à D.ieu, n'est pas tenu d'honorer son père ou sa mère. Vous annulez ainsi la parole de D.ieu au profit de votre tradition. (Matityahou 15 :3-6)

 

COMMENTAIRE N°1

 

Rabbi Yeshoua de Natzeret ne condamne pas les prescriptions rabbiniques comme celle de netilat yadaim, qu’il a lui-même observé mais le fait de prétendre ne plus pouvoir intervenir après qu’un homme ait fait le vœu de consacrer la totalité de ses biens à D.ieu afin d’éviter d’honorer ses parents, c'est-à-dire de les assister matériellement…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4.     Oui, Elohîms a dit : Glorifie ton père et ta mère ; et encore : Qui médit de père ou mère est mis à mort. 

 

 

  • Oui, Elohîms a dit : Glorifie ton père et ta mère : comme cela est relaté dans la Torah de Moshé.

 

Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l'Eternel, ton D.ieu, te donne. (Shemot 20 :12)


Honore ton père et ta mère, comme l'Eternel, ton D.ieu, te l'a ordonné, afin que tes jours se prolongent et que tu sois heureux dans le pays que l'Eternel, ton D.ieu, te donne. (Devarim 15 :16)

 

 

  • et encore : Qui médit de père ou mère est mis à mort : comme cela est également relaté dans la Torah de Moshé.

 


Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort. (Shemot 21 :17)


Si un homme quelconque maudit son père ou sa mère, il sera puni de mort ; il a maudit son père ou sa mère : son sang retombera sur lui. (Vayikra 20 :9)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5.     Mais vous, vous dites : Qui dit au père ou à la mère : ce qui, de mon bien, aurait pu t’être utile, je l’ai offert en présent pour Elohîms.

 

 

  • Mais vous, vous dites : de façon erronée.

 

 

  • Qui dit au père ou à la mère : le Mashiah parle des parents.  

 

 

  • ce qui, de mon bien, aurait pu t’être utile : ce dont j'aurais pu t’assister [d’un enfant envers ses parents].

 

 

  • je l’ai offert en présent pour Elohîms : je l’ai offert en don, en offrande au Maître du monde. Or, au lieu d’honorer leurs parents en les assistant matériellement, certains Juifs faisaient l’inverse et délaissaient les commandements divins relatés dans le verset précédents sous prétexte de vraiment servir Hashem.  

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour le coup, Rabbi Yeshoua de Natzeret est en accord avec le Talmud.

 

Qu'en est-il si un fils prête serment en ces mots : toute assistance financière venant de moi est interdite à mon père ? Rabbi Yaakov bar Aha et Rabbi Shmouel bar Na’hman dirent au nom de Rabbi Yonathan : nous obligeons le fils à assister le père. (Yéroushalmi, Nedarim 29b)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6.     il n’a pas à glorifier son père ou sa mère. Vous annulez ainsi la parole d’Elohîms à cause de votre tradition.

 

 

  • il n’a pas à glorifier son père ou sa mère : comme nous l’avons vu au verset précédent, au lieu d’honorer leurs parents en les assistant matériellement, certains Juifs faisaient l’inverse et délaissaient les commandements divins relatés dans le verset précédents sous prétexte de vraiment servir Hashem.  

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour mieux comprendre tout ce passage, nous pourrons nous inspirer de la Jewish Encyclopedia de 1906.   

 

Il est cependant expressément déclaré par Rabbi Eliezer que si un vœu porte atteinte à l'honneur dû au père ou à la mère, la bonne procédure est de tenter de convaincre celui qui l'a fait qu'il n'a pas suffisamment évaluer les conséquences de son acte, puis de dissoudre le vœu ; d'autres, cependant, étaient dissidents, estimant que l'honneur de D.ieu devait être considéré en premier (Ned. ix. 1). Contre cela, Rabbi Méïr déclare (Ned. Ix. 4) que partout où un vœu est fait qui enfreint les lois de l'humanité, le vœu doit être dissous par le Sage. Ainsi, le code mishnaïque montre que l'exemple cité dans le Nouveau Testament est, au lieu d'un reproche de pharisaïsme, une justification de l'esprit humain qui prévaut parmi les rabbanim ; peut-être que Jésus n'avait en tête que la classe rigoureuse d'enseignants. (Korban, Jewish Encyclopedia, texte intégral non édité de l'Encyclopédie Juive de 1906)

 

 

  • Vous annulez ainsi la parole d’Elohîms à cause de votre tradition : et par cette attitude, ces Juifs ne respectaient plus les commandements de la Torah, en ayant détourné leurs principales intentions.

 

COMMENTAIRE N°2

 

Lorsque Yeshoua condamne les traditions, il ne s’agit pas, comme l’enseigne les milieux chrétiens, de la Torah orale ou de la tradition rabbinique. En effet, le Mashiah n’a pas parlé une fois contre celle de netilat yadaim, l’ayant lui-même observé mais il s’est levé contre les interprétations erronées de certains Juifs qui prétendaient ne plus pouvoir intervenir après qu’un homme ait fait le vœu de consacrer la totalité de ses biens à D.ieu afin d’éviter d’honorer ses parents, c'est-à-dire de les assister matériellement…

 

 

COMMENTAIRE N°3

 

Et comme nous l’avons cité au verset précédent, Rabbi Yeshoua de Natzeret est en accord avec le Talmud.

 

Qu'en est-il si un fils prête serment en ces mots : toute assistance financière venant de moi est interdite à mon père ? Rabbi Yaakov bar Aha et Rabbi Shmouel bar Na’hman dirent au nom de Rabbi Yonathan : nous obligeons le fils à assister le père. (Yéroushalmi, Nedarim 29b)

 

COMMENTAIRE N°4

 

Yeshoua, en condamnant les pratiques qui annulent la parole de D.ieu, n’a pas critiqué tout le rabbinisme, puisqu’il était d’accord avec les rabanim modérés mais seulement les interprétations de certains groupes de l’époque plus rigoureux.

 

L’expression "vous annulez la parole de D.ieu par votre tradition" ou plutôt "vous abandonnez le commandement de D.ieu pour établir vos propres commandements" (version Syriaque) est en accord total le Talmud Bavli qui enseigne que Jérusalem n’a été détruite que "parce qu’ils ont établis leurs propres lois au-dessus des lois" de la Torah. (Baba Metsia 30b)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7.     Hypocrites ! Il a bien été inspiré par vous, Iesha‘yahou, en disant.

 

 

  • Hypocrites : pour le Mashiah, cette attitude est totalement inappropriée… Cela est en conformité avec l’enseignement de nos Maîtres.  

La disposition de certains cœurs les pousse à aimer le monde et ses convoitises ; ils utilisent les pratiques du service de D.ieu comme des pièges pour obtenir des avantages matériels. Ils acceptent la Torah extérieurement mais pas intérieurement, avec leur langue et non avec leur cœur. De telles personnes, il est dit : On parle paisiblement à son voisin avec sa bouche mais dans son cœur, il l'attend en embuscade. (Yrmeyahou 9 :7). De plus, avec la bouche et les lèvres, ils m'honorent mais leur cœur est loin de moi. (Yeshayahou 29 :13). (Ba’hya ibn Pekuda, Les devoirs du cœur, Traité 3, 4 :46)

 

  • Il a bien été inspiré par vous, Iesha‘yahou, en disant : dans le chap. 29.

 

Le Seigneur dit : Quand ce peuple s'approche de moi, il m'honore de la bouche et des lèvres mais son cœur est éloigné de moi et la crainte qu'il a de moi n'est qu'un précepte de tradition humaine. (Yeshayahou 29 :13)

 

COMMENTAIRE N°1

 

Quand Yeshayahou prophétisait ainsi, il parlait cer­tai­ne­ment avant tout des Juifs de son temps. Or, le Mahsiah n’­hé­site pas à l’ap­pli­quer à certains proushim de sa génération. Par conséquent, cela nous permet de mieux discerner le pouvoir et l’impact d’une parole prophétique, celle-ci est valable dans tous les temps tan­dis que, pour Yeshayahou, elle s’ac­com­plis­sait dans le temps pré­sent ! Comment réagirons-nous face à ce verset dans notre génération ? Qui est aujourd’hui visé par la parole du Prophète ?

 
 
 
 
 
 
 

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8.     Ce peuple me glorifie de ses lèvres, mais leur coeur est loin de moi.

 

 

  • Ce peuple me glorifie de ses lèvres : certains Juifs honorent D.ieu de la bouche par des bénédictions, des téfilot, etc… et pourtant le cœur n’en pense pas moins ! C’est de l’hypocrisie !

 

COMMENTAIRE N°1

 

Voici un commentaire de Ba’hya ibn Pekuda sur ce passage.

 

Quand on prie avec sa langue mais que son esprit est distrait dans une matière autre que la prière, sa prière sera comme un corps sans âme ou comme une coquille sans fruit car son corps est présent mais son esprit n'est pas avec lui. De sa prière, il est dit : Autant ce peuple s'approche de sa bouche et de ses lèvres qui m'honorent mais son cœur est loin de moi, et sa crainte de moi est un commandement d'hommes. (Yeshayahou 29 :13). (Ba’hya ibn Pekuda, Les devoirs du cœur, Traité 8, 3 :59)

 

COMMENTAIRE N°2

 

Et du Orkhot ‘Haim L'HaRosh.

Ne mangez ou ne buvez jamais rien sans faire les bénédictions appropriées avant et après avec autant de zèle que possible ! Comprenez la signification de la bénédiction. Couvrez-vous la tête en mentionnant le nom de D.ieu et fermez les yeux. En faisant une bénédiction ou en priant Dieu, ne soyez pas comme il est dit : De leur bouche et de leurs lèvres, ils m'ont honoré mais leur cœur était éloigné de moi. (Yeshayahou 29 :13). (Orkhot ‘Haïm L'HaRosh 3: 1)

 

  • mais leur coeur est loin de moi : honorer D.ieu de la bouche tan­dis que le cœur reste finalement étran­ger à toute com­mu­nion avec lui, c’est ce qui consti­tue l’hypocrisie que Yeshoua re­proche aux proushim [leurs cœurs n’étaient pas totalement purs devant D.ieu] … À plus forte rai­son en sera-t-il ainsi, si ce culte ou cet honneur re­pose, non sur la vé­rité di­vine mais sur des commandements détournés par l’homme !

 

COMMENTAIRE N°3

 

Examinons également les commentaires de Rabbi Na’hman de Breslev sur le sujet.

 

Quel est le service du cœur ? C'est la prière (Taanit 2a). Car la prière est l'aspect de la Royauté de David, comme il est écrit : Je suis prière. (Téhilim 109 : 4). Et la prière, dans l'ensemble, dépend du cœur… On devrait y consacrer tout son cœur, afin que ce ne soit pas sous l'aspect : et ils m'honorent de leurs lèvres mais leur cœur est loin de moi. (Yeshayahou 29 :13). C'est parce que la prière du cœur est l'aspect de la révélation de sa Royauté dans l'espace vacant, dans les attributs et dans les mondes. (Torah n°49 du Likouté Moharan I)

 

 

COMMENTAIRE N°4

 

Voici également le commentaire de la Mishna Berurah concernant ce passage.

 

Comme l’enseignent nos Maîtres dans le Traité Bérakhot, il ne faut pas jeter une bénédiction de sa bouche mais plutôt se concentrer et la faire calmement. Et c'est le langage utilisé dans le Sefer Ha’Hinoukh au chap. 46 : Quand on se lave les mains, lorsqu’un fait une bénédiction etc… et qu’elle est "à l'aise" dans notre bouche, chaque individu doit concentrer son cœur envers leur Créateur, qui lui fait une bonté merveilleuse, lui a donné des fruits ou du pain pour en bénéficier et lui a ordonné de faire des mitsvot. Et il ne devrait pas agir comme des individus qui font les choses par habitude et laissent les mots quitter leur bouche sans aucune considération ; cela amène D.ieu à se fâcher contre son peuple. Et il nous a repris par la main de Yeshayahou : Parce que ce peuple s'est approché de moi ; de leur bouche et de leurs lèvres ils m'honorent mais leur cœur ils tirent loin de moi. (Yeshayahou 29 :13). Et voyez plus loin, à quel point la punition est terrible. (Mishna Berurah 5 :1)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9.     Ils me rendent un culte vain. Les enseignements qu’ils enseignent ne sont que préceptes humains.

 

 

  • Ils me rendent un culte vain : celui qui, dans son esprit, ne s'attache pas réellement au Saint Béni soit-Il, même quand il pense qu'il le sert, en réalité, il se rebelle contre lui… C'est l'intention du Prophète : de leur bouche et de leurs lèvres ils m'honorent mais leur cœur est loin de moi. (Yeshayahou 29 :13) (…) ce qui compte le plus, ce n'est pas l'acte de la mitsva ou le claquement des lèvres mais l'intention du cœur !  (Darashos HaRan 6 :18)

 

 

  • Les enseignements qu’ils enseignent ne sont que préceptes humains : le Saint Béni soit-Il dit à Yeshayahou : voyez comment les actes de mes enfants sont simplement extérieurs, ils y adhèrent seulement comme une personne adhère et pratique une coutume de ses ancêtres ; ils entrent dans ma maison et me récitent des prières provenant des coutumes de leurs pères mais ils ne le font pas de tout leur cœur… Ils se lavent les mains, récitent la brakhah puis rompent le pain et récitent le Hamotsi ; ils boivent et récitent la brakhah par habitude. Quand ils récitent les brakhot, ils n'ont aucune intention réelle de me louer… Par conséquent, sa colère était féroce et il a juré par son grand nom de détruire la sagesse de leurs sages qui le connaissent et le louent encore superficiellement, sans sincérité comme il est écrit par la suite : C'est pourquoi je ferai encore plus et la sagesse de leur sages seront perdus. (Yeshayahou 29 :14). Par conséquent, nos Sages nous ont mis en garde à ce sujet et ont dit : Remplissez vos obligations pour le Créateur. (Kitzour Choul’han Aroukh 6 :1)

 

COMMENTAIRE N°1

Pour mieux approcher la kavana de Yeshoua, il nous faut également nous inspirer des enseignements du Rav Ifra’h.

 

Pourquoi certains demeurent éloignés de la Torah ? Car il faut savoir que les mitsvot et les lois de la halakha sont des cadres généraux. Au niveau anatomique, elles représentent le corps de l’individu. Prenons l’exemple d’une Soukka, celle-ci respecte certaines mesures et n’est construite qu’à un certain moment de l’année ; il s’agit d’un corps de mitsva. La parole est, quant à elle, la touche personnelle que nous apportons à notre service divin. Si les mitsvot représentent le corps, la parole correspond à l’âme qui l’habite. À ce titre, citons le fameux verset : mon âme est sortie en parlant. Parler, c’est faire vivre l’âme ! C’est extraire cette touche personnelle, c’est extraire notre créativité dans le service divin. Telle est la raison pour laquelle certains d’entre nous abandonnent le service divin. Ils n’y voient que des successions d’injonctions et ordres en tous genres… Si seulement ils savaient qu’il ne s’agissait que d’un cadre général et que leur touche personnelle était plus que bienvenue ! Parlez à Hashem, faites vibrer l’étincelle qui est en vous ! Trouvez votre lien personnel avec la Torah ! Faites à votre sauce, tout en restant dans le cadre ! (Rav Avraham Ifra’h) 

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10.     Il appelle la foule et leur dit : Entendez et comprenez !

 

 

  • Il appelle la foule et leur dit : le Rabbi va revenir à la question des proushim posée au début du chapitre, à laquelle il n’a pas encore répondu. Or, cette réponse n’est tout d’abord pas liée avec netilat yadaim en soi mais au contraire, il va s’agir d’un enseignement général et c’est pourquoi, le Mashiah s’est tourné vers la foule... Par cette attitude, il montre également à ses opposants qu’il ne les juge pas dignes de son enseignement, parce que leur cœur n’était pas finalement pas sincère devant Hashem. 

 

  • Entendez et comprenez : le but étant d’être attentif aux enseignements du Rabbi.

 

COMMENTAIRE N°1

La chemiat haozen, littéralement "l’écoute avec ses oreilles" est une écoute concentrée et attentive qui s’accompagne d’une meilleure compréhension et permet une mise en pratique de ce qui a été transmis par l’orateur. En somme, il faut travailler sa concentration afin d’écouter avec force les paroles de la Torah et de celles du Tsadik.

Ainsi le Midrash Shmouel nous enseigne : Applique-toi à écouter les paroles de tes Maîtres de peur de passer à côté d’une perle. Les paroles du Tsadik pénètrent le cœur et transcendent l’être lorsqu’elles sont écoutées attentivement…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11.     Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui contamine l’homme, mais c’est ce qui sort de la bouche qui contamine l’homme

 

 

  • Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui contamine l’homme : la nour­ri­ture, même lorsqu’elle est prise avec des mains qui n’ont pas été pu­ri­fiées par des ablu­tions, ne peut souiller mo­ra­le­ment l’homme… Tout dépend du cœur [de la kavana] ! Dans cette dé­cla­ra­tion, Yeshoua a en vue certains traditions Juives détournés et non les pres­crip­tions de la Torah re­la­tives aux ali­ments purs ou im­purs… Les chrétiens utilisent ce verset et en tordent le sens afin de pouvoir profiter d’un bon jambon-beurre ! Quelle folie !

 

COMMENTAIRE N°1

De plus, lorsque Yeshoua affirme que "ce n’est pas ce qui entre dans la bouche" qui souille l’homme, gardons également à l’esprit que Yeshoua était Juif et discutait ici avec des Juifs. Et que mangent les Juifs ? De la viande kasher et certainement pas du jambon cru avec des crevettes ! Rabbi Yeshoua de Natzeret parle ici de nourriture kasher et pour les Juifs du 1er siècle, les animaux interdits par la Torah ne sont pas plus de la nourriture que ne l’est un chien ou une chauve-souris pour un européen…

Comme le déclare un auteur dans une étude "l’Éternel est mon docteur" : le contexte culturel est d’une grande importance. Il est très facile aujourd’hui de découvrir la culture de différents pays et nous savons que la nourriture fait partie intégrante de la culture, nous pouvons ainsi découvrir par exemple, que l’on mange du serpent au Vietnam, du chien en Chine, du rat en Thaïlande, du singe au Congo, etc… Est-ce pour autant que nous, européens, considérons ces animaux comme de la nourriture ? Trouvons-nous ce type d’animaux dans nos boucheries ou au supermarché ? Non. Pourquoi ? La raison est simple : nous ne considérons pas le chien, le rat, ou le singe comme de la nourriture. Nous devons donc nous rendre à l’évidence que lorsque Yeshoua et ses talmidim parlaient de nourriture dans les Écrits Nazaréens, ils faisaient référence à la nourriture de leur culture, c’est-à-dire de la nourriture kasher... 

De la même façon que nous ne considérons pas certains animaux comme de la nourriture, il a semblé bon à l’Eternel, notre Créateur, de nous enseigner ce que lui, dans toute sa sagesse, considère comme étant de la nourriture adéquate pour le corps qu’il nous a créé… C’est la raison pour laquelle, le chap. 11 du Sefer Vayikra débute par : "Voici les animaux que vous mangerez" et ce même chapitre se termine également par "afin que vous distinguiez l’animal qui se mange et celui qui ne se mange pas" ...  Cela parait plutôt clair ! L’Éternel, notre divin Docteur du corps et de l’âme s’est donné la peine de nous donner des prescriptions et des ordonnances, alors suivons-les !

Analysons également la réaction des proushim, ils étaient déjà scandalisés par le fait que les talmidim ne s’étaient pas lavé les mains... Imaginons que Yeshoua aurait déclaré que le saucisson était pur, quelle aurait été la réaction de ce type de pharisien ? Le Rabbi se serait fait lapider par les proushim et par ses talmidim Juifs… De plus, si Yeshoua avait fait une telle déclaration, il aurait aboli le chap. 11 du Sefer Vayikra et il aurait été coupable de mort légalement d’après la Torah… De plus, lorsque Yeshoua fut condamné à mort par le Sanhédrin, personne n’est venu l’accuser d’avoir aboli un quelconque commandement sur la kasherout. Or, l’argument aurait largement justifiable mais il n’est jamais apparu…

De plus, afin de compléter tous ces propos, posons-nous encore et toujours les bonnes questions ; après la résurrection du Mashiah et après même avoir été immergé dans le Rouah Hakodesh, comment se fait-il que l’Apôtre Shimon Kéfa refuse de manger la nourriture impure dans la vision de la nappe ? (Actes au chap. 11). En effet, si Yeshoua avait déclaré toute nourriture pure, pourquoi tous les talmidim [Shaoul inclus] sont-ils d’accord avec les interdits alimentaires d’Actes 15 ? Tous les talmidim auraient-ils subitement oubliés ou négligés les enseignements de Yeshoua déclarant soi-disant pure toute nourriture ? Ou alors, aussi invraisemblable que cela puisse paraître pour les chrétiens, Yeshoua ne l’a jamais fait !

De plus, Yeshoua réprimandait les proushim d’avoir supprimé les commandements de D.ieu au profit des commandements d’hommes ; alors comment Yeshoua aurait-il pu ensuite abolir des commandements divins, en déclarant les interdits alimentaires du Sefer Vayikra abolis ? Cela ferait de lui non seulement un hypocrite mais aussi un faux prophète !

Le Sefer Devarim au chap. 13 nous met, justement, en garde contre tout prophète qui parlerait de se révolter contre l’Eternel ou essaierait de nous pousser hors de la voie où l’Eternel notre D.ieu nous a prescrit de marcher… Alors faisons attention au Jésus chrétien car il n’est pas du tout le Mashiah contrairement à notre Tsadik, Rabbi Yeshoua de Natzeret.

Avec un minimum d’analyse, tout en prenant en compte le contexte culturel, nous voyons avec une grande clarté que Yeshoua n’a jamais enseigné l’abolition des lois alimentaires et pour cause, les lois alimentaires regorgent de bénédictions spirituelles. La nourriture, comme le démontre aujourd’hui la science, impacte directement notre âme et la Torah nous révèle également qu’elle impacte aussi notre compréhension et notre croissance spirituelle ! Alors mangeons kasher et kashérisons les Évangiles détournés par la chrétienté !  

 

 

COMMENTAIRE N°2

Afin de rajouter du poids à la fausse doctrine chrétienne, certaines versions, comme la Second 21, ajoutent la phrase suivante à la fin du verset 19 du chap. 7 de l’Évangile de Marcos : ainsi, il déclarait purs tous les aliments. (Marcos 7 :19). Or, cette dernière phrase est à mettre à la poubelle parce qu’elle n’exprime que la pensée d’Edom ! Elle a été détournée par les chrétiens afin d’abroger les lois alimentaires du Sefer Vayikra chap. 11 et du Sefer Devarim chap. 14. C’est une pure et simple trahison qui égare davantage ceux qui sont mal affermis, au mépris total de ce solennel avertissement donné par le Seigneur lui-même : Vous n’ajouterez rien à ce que je vous prescris et vous n’en retrancherez rien mais vous observerez les commandements de l’Eternel, votre D.ieu, tels que je vous les prescris. (Devarim 4 :2) et aussi : Si quelqu’un y ajoute quelque chose, D.ieu le frappera des fléaux décrits dans ce Livre. (Révélation 22 :18)

Toutes les autres versions de la Bible sont plus fidèles au texte et ont simplement : cela n’entre pas dans son cœur mais dans son ventre, puis s’en va dans les lieux secrets, qui purifient tous les aliments. (Bible de Louis Segond). Le mot grec qui a été traduit par "purifiant" est "katarizon" qui peut aussi signifier " éliminer" …  (strong’s 2511). Il ne s’agit donc nullement de rendre pure une nourriture impure, ce qui irait contre la Torah… Le Rabbi parle tout simplement du processus qui consiste à éliminer la nourriture par les voies naturelles…

Cependant, cette traduction populaire de Marcos au chap. 7 est embarrassante par certains aspects. Premièrement, comment Yeshoua peut-il légitimement déclaré purs tous les aliments alors qu’Hashem, dans sa miséricorde, a fait une distinction entre les aliments qui sont purs et ceux qui sont impurs ? Yeshoua peut-il renverser les lois établies par le Maître du monde ? De plus, il y a quelques problèmes supplémentaires à cette interprétation chrétienne. Si Yeshoua avait déclaré que tous les aliments étaient purs, cela le disqualifierait en tant que Mashiah puisque ses enseignements seraient contraires à la foi d’Israël… Renverser les lois du Sefer Vayikra serait s'écarter considérablement de la volonté divine ! Or, bien évidemment, notre Rabbi n’a jamais fait une telle chose…

Abordons donc ce texte avec une toute nouvelle approche.

Après avoir efficacement réprimandé les proushim pour leurs traditions annulant les commandements de D.ieu, Yeshoua va-t-il lui-même faire volte-face et également annuler les lois contenues dans le Sefer Vaykra ? Je m’excuse auprès de certains chrétiens qui sont victimes des manigances d’Essav mais c’est tout simplement débile… De toute façon, si Yeshoua avait fait une telle chose, il ne faut pas trembler de le dire mais il ne pourrait en aucun cas, être le Mashiah d’Israël, celui des chrétiens, pourquoi pas mais pas celui des Juifs. Or, les oracles de D.ieu ont été confiés au peuple d’Israël (Romains 3 :2) et le salut [la yéchoua] vient des Juifs. (Yohanan 4 :22).

Ainsi, dans ce passage, comme nous l’avons compos, Yeshoua explique simplement qu’il faut prendre garde à l’impureté des cœurs, il ne parle pas du tout de la pureté telle qu'elle est comprise dans le Sefer Vayikra pour les aliments. En gros, il dit : Quoique vous mangiez, cela entre dans votre métabolisme, cela ne va pas se déposer dans votre cœur [car cela vient de l’extérieur] … Cependant, ce qui provient du cœur tels que les pensées mauvaises, l'immoralité sexuelle, le vol, le meurtre, l'adultère, l'avarice, la méchanceté, la tromperie, l'obscénité, l'envie, la calomnie, l'arrogance et la folie, tout cela rend l’homme impur de l’intérieur ! Ainsi, rien de ce qui vient de l'extérieur ne peut rendre une personne impure en soi. En réalité, être impur signifie avoir un cœur impur et le chemin pour s’approcher de la sainteté est de changer notre cœur !

Autrement dit, le Mashiah n’a donc fait que répondre aux proushim sur le fait que manger de la nourriture kasher, avec des mains non lavées ne souille personne ! Au lieu de cela, le Mashiah met plutôt en avant l'idée selon laquelle, cela n’entre pas dans le cœur mais dans le ventre pour aller ensuite, aux lieux secrets, ce qui purifie tous les aliments. (Marcos 7 :19). Cela signifie, que les aliments passent dans le système digestif et s'en vont vers la sortie opposé à celle par laquelle, ils ont été ingérés… Il n’y a rien qui n’aille au-delà dans ce passage.

 

Certains traducteurs imprégnés de la pensée édomite ont rendu les termes : ce qui purifie tous les aliments, comme étant un commentaire et traduisent par "Jésus déclarait donc que tous les aliments peuvent être mangés" … Néanmoins, les mots "Jésus déclarait donc" n'apparaissent pas dans le texte grec. Le traducteur les a volontairement rajoutés, afin que cette phrase ait un sens plus chrétien... Le texte grec déclare littéralement : "purifie tous les aliments" et comme nous l’avons vu, Rabbi Yeshoua n'est pas en train de renverser ou d'annuler la Torah, il est en train de parler de se rendre aux toilettes.

 

COMMENTAIRE N°3

À la lumière de toutes ces précédentes explications, il est forcé de constater que Rabbi Yeshoua de Natzeret n’a jamais modifié les mitsvot de la Torah, dont la kasherout.

Or, concernant l’expression utilisée "ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui contamine l’homme mais c’est ce qui sort de la bouche qui contamine l’homme" a l’air d’être en contradiction avec un avis du Ram’hal, un des plus grands Maîtres d’Israël.

En effet, dans "Le Sentier de la Rectitude" Rabbi Moshé Haïm Luzzato, le Ram’hal précise : Les aliments interdits introduisent la souillure dans le cœur et l’âme de l’homme au point d’en chasser et d’en éloigner la sainteté divine. "Vous contacteriez la souillure" dans Vayikra 11 :43 [venitmetem] est en hébreu l’homonyme de "vous seriez bouchés’ [venitamtem]. Le péché en effet "bouche" le cœur de l’homme car il en chasse la connaissance véritable et l’esprit de sagesse qu’Hashem donne à ses fidèles. Aussi, l’homme dans cet état devient semblable à la bête, prisonnier de la matière, plongé dans les plaisirs grossiers de ce monde. Les défenses alimentaires sont à cet égard plus importantes encore que les autres car l’aliment défendu, pénétrant dans le corps de l’homme y devient la chair de sa chair.

Au premier abord, ce commentaire du Ram’hal semble être en opposition avec ce que le Mashiah enseigne car selon Yeshoua, les "aliments" que l’on mange n’ont pas d’effet sur l’âme et le cœur.

Néanmoins, Rabbi Yeshoua parle de "nourriture" selon la définition Juive du terme (donc pas d’animaux impurs) non lavé alors que le Ram’hal parle d’animaux interdits. Il cite en effet le Sefer Vayikra au chap. 11 dont le contexte concerne les animaux purs et impurs.

Ainsi, les aliments permis par la Torah, même non lavés, ne font qu’affecter au pire notre pureté rituelle [selon Yeshoua] mais manger un animal impur peut affecter la pureté du cœur autant que la pureté rituelle [selon le Ram’hal].

Et effectivement, le Mashiah parle d’un aliment pur mais non lavé et non d’un aliment impur. Or, comme cela est enseigné dans la Torah : un aliment impur rend "abominable" notre personne (Vayikra 2 :25) et produit certainement un effet négatif sur le cœur en le bouchant comme Rabbi Moshé Haim Luzzato le précise.

 

 

  • mais c’est ce qui sort de la bouche qui contamine l’homme : et comme le Mashiah va le préciser, la bouche est liée au cœur. Ainsi, le cœur étant mauvais, la bouche va mal parler et l’homme deviendra impur aux yeux d’Hashem. 

 

Mais ce qui sort de la bouche vient du cœur et c'est ce qui souille l'homme. Car c'est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages et les calomnies. Voilà les choses qui souillent l'homme mais manger sans s'être lavé les mains, cela ne souille point l'homme. (Matityahou 15 :18-20)

 

 

COMMENTAIRE N°4

 

Pour mieux comprendre les propos du Rabbi, nous allons nous inspirer d’une histoire ‘hassidique. Un personnage est extrêmement intéressant.

 

S’agirait-il de notre Mashiah bien-aimé ?

 

Un jour, un Rav engagea son disciple, Rabbi Bounam, à partir en voyage ; sans rien demander de plus, l’élève s’en fut ; il sortit de la ville en compagnie de quelques autres ‘hassidim et alla dans un village vers midi, ils s’arrêtèrent à l’auberge où un patron, heureux d’avoir de pieux personnages chez lui, les invita à déjeuner. Rabbi Bounam s’installa dans la salle d’auberge, tandis que ses compagnons allaient fouiner un peu partout s’inquiétant de savoir si la viande était pure, qui était le cho’het et si l’on avait pris soin de bien la saler, etc…  Alors de derrière la poêle, se leva un homme dont les vêtements étaient loqueteux et qui tenaient encore son bâton de voyageur à la main. Il dit : Ah ! Là, vous autres, les ‘hassidim, vous faites toutes sortes d’embarras pour la pureté de ce que vous mettez dans votre bouche mais vous vous tracassez un peu moins de la pureté de ce qui sort ! Rabbi Bounam voulu répondre mais le voyageur, tel Elyahou, avait déjà disparu… Rabbi Bouman comprit alors pourquoi son Maître l’avait envoyé sur les routes. (Martin Buber, Les récits ‘hassidiques, Tome 2, p. 203-204)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12.     Alors les adeptes s’approchent et lui disent : Sais-tu que les Peroushîm, en entendant cette parole, ont trébuché ? 

 

 

  • Alors les adeptes s’approchent : pour lui parler en privé.

 

 

  • et lui disent : Sais-tu que les Peroushîm : ont été scandalisés des paroles qu'ils ont entendues de ta bouche ?

 

 

  • en entendant cette parole, ont trébuché : et ainsi, les prophéties s’accomplissent…

 

Et la délivrance s'est retirée et le salut se tient éloigné car la vérité trébuche sur la place publique et la droiture ne peut approcher. (Yeshayahou 59 :14)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13.     Il répond et dit : Toute plante que mon père des ciels n’a pas plantée sera déracinée.

 

 

  • Il répond et dit : Toute plante que mon père des ciels : cette image concerne-t-elle les proushim ou doctrines de com­man­de­ments d’­hommes ? La pre­mière hypothèse pa­rait la moins probable étant que Yeshoua a enseigné : Les soferim et les proushim sont assis dans la chaire de Moshé. Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent mais n'agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas. (Matityahou 23 :2-3)

 

  • n’a pas plantée sera déracinée : toute doc­trines, toutes œuvres, toutes déviances, toutes lois, toutes interprétations, toutes convictions qu’Hashem n’a pas im­plan­tées de lui-même par sa divine volonté, est des­ti­née à être arrachée ! La fin du mouvement saducéen, do­miné par ses chefs corrompus, ne l’a-t-elle pas prouvé ? Où sont-ils ? Ainsi, de la même façon, le christianisme d’Edom disparaitra de lui-même…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14.     Laissez-les ! Ils sont des guides aveugles ; et quand un aveugle guide un aveugle, ils tombent ensemble dans une fosse. 

 

 

  • Laissez-les ! Ils sont des guides aveugles : ils sont incapables d’enseigner le peuple, étant donné qu’ils sont eux-mêmes aveugles.  

 

COMMENTAIRE N°1

 

On peut comparer les propos de Yeshoua avec ceux de Ibn Ezra.

 

Les faux prophètes en Israël étaient comme des veilleurs aveugles pendant le jour et comme des chiens muets pendant la nuit, qui ne peuvent pas garder la maison et ne sont d'aucune utilité. (Ibn Ezra)

 

Ceux qui conduisent ce peuple l'égarent et ceux qui se laissent conduire se perdent. (Yeshayahou 9 :16)

 

 

 

  • et quand un aveugle guide un aveugle, ils tombent ensemble dans une fosse : ce principe spirituel est enseigné par Shlomo HaMelekh.

 

Celui qui égare les hommes droits dans la mauvaise voie tombe dans la fosse qu'il a creusée mais les hommes intègres héritent le bonheur. (Mishlei 28 :10)

 

COMMENTAIRE N°2

 

Cette expression fait également référence au concept de Bilam, lorsqu’on regarde les commentaires du Midrash Bamidbar Raba.

 

Et celui qui égare les hommes droits dans une mauvaise voie tombera dans sa propre fosse. (Mishlei 28 :10) ; ce verset fait référence au concept de Bilam car au début, les hommes se sont comportés avec convenance mais à cause de ses paroles de Bilam, ils se sont dévergondés en matière sexuelle. (…) Bilam le méchant se leva et égara les hommes dans l'impudicité mais comme il a égaré les autres, il s’est lui-même égaré. Par le conseil même qu'il a donné, lui-même est tombé… En effet, le Saint Béni soit-Il l'a égaré, comme indiqué dans : Il élève les nations et les détruit. (Iyov 12 :23). (Bamidbar Rabah 20 :9)

 
 
 
 
 
 
 

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15.     Petros répond et lui dit : Explique-nous l’exemple. 

 

 

  • Petros répond et lui dit : Shimon Kéfa était certainement reconnu comme le pilier de tous les Apôtres, conformément au choix du Mashiah. (Matityahou 16 :18). Kéfa est constamment nommé en premier dans les Écrits Nazaréens, il parlera toujours au nom du groupe et il prendra également l’initiative de nommer un remplaçant à Yéhouda lorsque Yeshoua ne sera plus là. En plus de cela, Shimon prêchera aussi en public pour Shavouot et par ce biais, 3000 Juifs se tourneront vers le Seigneur…

 

Et moi, je te dis que tu es Kéfa et que sur cette pierre je bâtirai ma Kéhila et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. (Matityahou 16 :18-19)

En ces jours-là, Kéfa se leva au milieu des frères, le nombre des personnes réunies étant d'environ cent vingt. (Actes 1 :15)

Voici les noms des douze Apôtres. Le premier, Shimon appelé Kéfa. (Matityahou 10 :2)

Quand ils furent arrivés, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient d'ordinaire ; c'étaient Kéfa, Yohanan, Yaakov. (Actes 1 :13)

Après avoir entendu ce discours, ils eurent le cœur vivement touché et ils dirent à Kéfa et aux autres Apôtres : Hommes frères, que ferons-nous ? Kéfa leur dit : Faites téchouva et que chacun de vous soit immergé au nom du Mashiah Yeshoua, pour le pardon de vos péchés et vous recevrez le don du Rouah Hakodesh. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre D.ieu les appellera. Et, par plusieurs autres paroles, il les conjurait et les exhortait, disant : Sauvez-vous de cette génération perverse. Ceux qui acceptèrent sa parole furent immergés et, en ce jour-là, le nombre des talmidim s'augmenta d'environ trois mille âmes. (Actes 2 :37-41)

 

 

  • Explique-nous l’exemple : la parabole, afin de connaître le secret contenu dans ses enseignements.

 

 

 

 

 

 

 

 

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16.     Il dit : Êtes-vous aussi à ce point sans discernement ?

 

 

  • Il dit : Êtes-vous aussi : vous mes chers talmidim.  

 

 

  • à ce point sans discernement : du grec "asunetos"…

Voici la définition du mot grec "asunetos" :

  • inintelligent : qui manque d'intelligence, 

  • action de ne pas comprendre un sujet, un fonctionnement, etc…

  • mauvaise faculté pour apprécier sainement les choses,

  • stupide : qui manque d'intelligence, de jugement, de réflexion.

 

Il leur dit : Vous aussi, êtes-vous donc sans intelligence ? Ne comprenez-vous pas que rien de ce qui du dehors entre dans l'homme ne peut le souiller ? (Marcos 7 :18)

 

 

 

 

 

 

 

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17.     Ne réalisez-vous pas que tout ce qui entre dans la bouche descend dans le ventre et de là est chassé dehors ?

 

 

  • Ne réalisez-vous pas que tout ce qui entre dans la bouche : le Rabbi souhaite créer un contraste entre l’extériorité et l’intériorité du cœur de l’homme. En d’autres termes, manger avec des mains non lavées ne peut souiller davantage un individu s’il est déjà impur de l’intérieur, voilà ce que Yeshoua souhaite enseigner à ses opposants hypocrites…

 

  • descend dans le ventre et de là est chassé dehors : par les voies naturelles aux toilettes.

 

 

 

 

 

 

 

 

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18.     Mais ce qui sort de la bouche provient du cœur et cela contamine l’homme.

 

 

  • Mais ce qui sort de la bouche provient du cœur : ce principe est repris dans le chap. 12 de l’Évangile de Matityahou.

 

Car c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle. (Matityahou 12 :34)

 

COMMENTAIRE N°1

Pour mieux comprendre les enseignements du Mashiah, nous pourrons nous inspirer des enseignements du Rav Avraham Ifra’h.

La Guemara Avoda Zara rapporte que le cœur exerce une influence sur la vision des yeux. En d’autres termes, si le cœur désire une chose, les yeux seront portés vers cette chose. Si un individu cherche un travail, ses yeux repèreront les moyens d’en trouver un. Si ses désirs de cœur laissent à désirer, malheureusement sa vision laissera elle aussi, à désirer… Puisque le cœur est aux commandes, le service divin de chaque individu commence par le travail sur le cœur. (…) Et puisque le cœur exerce une influence sur la vision, les yeux ne voient pas de façon objective. La conséquence ? Il n’y a pas de vraie réalité mais simplement des réalités de cœur. Il n’y a aucune réalité objective, absolue mais simplement des interprétations. C’est la raison pour laquelle, il est impératif de ne pas laisser pénétrer les mauvaises pensées au sein du cœur. Lorsque les yeux du cœur sont troublés, la vision l’est à son tour et la réalité également. A contrario, lorsque le cœur est animé par des étincelles de vérité, la vision et la réalité esquissent les plus belles toiles… C’est également la raison pour laquelle, il est strictement défendu d’écouter de la médisance. Lorsque les oreilles entendent des paroles de lachon hara, ces dernières perforent le cœur et la vision de la personne dont on a entendu de la médisance est faussée. Il sera extrêmement pénible de garder une opinion favorable sur celle-ci. Pourtant, s’agit-il d’une nouvelle personne ? A-t-elle changé en l’espace d’un instant ? Nullement. C’est sans doute la raison pour laquelle nos Sages précisent au sujet du ayin hatov [l’œil de l’individu bienveillant] qu’il s’agit d’une qualité bien au-delà de la sagesse ou de la bonté. Enfin, il est impossible de traiter de la sagesse du cœur sans évoquer l’attachement aux véritables Tsadikim. Un individu qui s’inclut dans un Tsadik est littéralement propulsé dans son potentiel d’intégration de la vérité. Un cœur attaché à un Tsadik, c’est un cœur qui connaît la vérité. C’est un cœur qui ne peut facilement être berné et ce, peu importe les actes de son propriétaire. (Rav Avraham Ifra’h) 

 

  • et cela contamine l’homme : car c'est du dedans, c'est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. 2Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et souillent l'homme. (Marcos 7 :21-23)

 

COMMENTAIRE N°2

Dans les Écrits Pseudo-Clémentins, une collection d’œuvres "judéo-chrétiennes" basées sur plusieurs traditions remontant au 1er siècle, Shimon Kéfa résume plutôt bien la doctrine du Mashiah concernant le sujet : notre Rabbi réprimanda quelques-uns des proushim et des soferim, qui semblaient être meilleurs que les autres et qui s’étaient séparés du peuple, en les appelant "hypocrites" car ils purifiaient seulement ces choses qui étaient vues des hommes mais laissaient souillés et sordides leurs cœurs que D.ieu seul sondait. De ce fait, il dit à quelques-uns mais pas à tous : Malheur à vous, soferim et proushim hypocrites ! Parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat et qu’au dedans ils sont pleins de rapine et d’intempérance. Paroush aveugle ! Nettoie premièrement l’intérieur de la coupe et du plat, afin que l’extérieur aussi devienne net… Car en vérité, quand l’esprit est purifié par la lumière de la connaissance, quand ce dernier est clair et pur, alors il est nécessaire de prendre soin de ce qui est externe à l’homme, à savoir sa chair, pour qu’elle soit aussi purifiée. Mais quand ce qui est externe, à savoir la purification de la chair est négligé, il est certain qu’aucun soin n’est procuré à la pureté de l’esprit et à la propreté du cœur. Ainsi, celui qui est propre à l’intérieur le sera sans doute également à l’extérieur mais celui qui est propre à l’extérieur ne l’est pas toujours de l’intérieur. (Reconnaissances Pseudo-Clémentines 6 :11)

Ceci est d’ailleurs, en conformité avec les enseignements du Rambam.

La propreté des habits, le nettoyage du corps et le débarrassage de la saleté constituent également un des buts de la Torah mais seulement après la purification des actes et du cœur. (…) Il serait extrêmement malsain pour quelqu’un de s’efforcer de laver son apparence extérieure en se lavant et en nettoyant ses vêtements tout en étant voluptueux et sans retenue dans les aliments et la luxure. Ceux-là sont décrits par Yeshayahou comme ceux qui se sanctifient et se purifient au milieu des jardins, l’un après l’autre, qui mangent de la chair de porc. (Yeshayahou 66 :17). Ils paraissent propres à l’extérieur mais leurs cœurs se soumettent à leurs désirs et à la jouissance corporelle et ceci n’est pas le but de la Torah. Car le but principal de la Torah est de diminuer la luxure de l’homme et de laver son apparence extérieure après qu’il ait purifié son intérieur… Ceux qui lavent leurs corps et nettoient leurs vêtements alors qu’ils restent impurs de leurs mauvaises actions et de leurs mauvais attributs, sont décrits par Shlomo comme : la génération qui se prétend pure et qui ne s’est pas lavée de ses souillures ! La génération aux yeux démesurément hautains et au regard altier ! (Mishlei 30 :11-12) (Guides des Égarés du Rambam, 3 :33)

 

COMMENTAIRE N°3

 

Pour mieux comprendre les paroles du Mashiah, nous pourrons également nous inspirer du Likouté Amarim.

 

Le lieu de résidence de l’âme animale dérivée de la klipat noga dans chaque Juif, se manifeste principalement dans le cœur car, comme il a été expliqué dans les chapitres précédents, l’âme animale est essentiellement émotionnelle et le siège des émotions est le cœur. Plus précisément, la demeure de l’âme animale est dans le ventricule gauche, qui est empli de sang, ainsi qu’il est dit : car le sang est l’âme (néfech). L’âme animale réside donc dans le ventricule empli de sang : le ventricule gauche. Et c’est pourquoi, étant donné que l’âme animale réside dans le cœur, tous les désirs, la vantardise, la colère et autres émotions similaires se situent dans le cœur. Et du cœur, ils se propagent dans tout le corps et s’élèvent également au cerveau dans la tête, pour y penser, y méditer et s’ingénier en ce qui les concerne pour obtenir satisfaction, tout comme le sang prend sa source dans le cœur, circule du cœur vers tous les membres et s’élève aussi vers le cerveau dans la tête. De même, l’âme (néfech) présente dans le sang demeure dans le cœur et se propage à travers tous les membres du corps. Ainsi, le cerveau de l’âme animale (c’est-à-dire ses facultés intellectuelles) au lieu de gouverner le cœur, lui est un instrument pour réaliser ses passions. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 9)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19.     Oui, du coeur sortent ruminations criminelles, meurtres, adultères, puteries, vols, faux témoignages, blasphèmes.

 

 

  • Oui, du coeur sortent ruminations criminelles : de l’expression grec "poneros dialogismos"…

Voici la définition de cette expression :

  • les mauvaises pensées d'un homme s’entretenant avec lui-même,

  • une mauvaise pensée, une raisonnement intérieur mauvais,

  • les ruminations criminelles,

  • les desseins pervers,

  • etc…

 

Car c'est du dedans, c'est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres. (Marcos 7 :21)

 

COMMENTAIRE N°1

 

Nos Sages enseignent que les méchants sont sous le contrôle de leur cœur et que leur cœur n’est aucunement sous leur contrôle, ils sont incapables de réfréner les désirs de leur cœur, parce que celui-ci échappe complètement à la domination de leur esprit. Si les méchants perdent la capacité de maîtriser leur cœur, comment l’Écriture peut-elle dire qu’accomplir la Torah et les commandements avec le cœur est très proche pour tout un chacun ? Rabbi Chnéour Zalman répond : La Torah ne parle pas de ces morts, c’est-à-dire de ces méchants qui sont considérés comme morts de leur vivant. Car il est effectivement impossible pour les méchants de commencer à servir D.ieu, c’est-à-dire observer les commandements avec amour et crainte de D.ieu sans se repentir au préalable sur le passé, pour briser les klipot (les écorces du mal) créées par leurs fautes, qui forment un rideau de séparation entre eux et leur Père dans les Cieux. Comment les klipot peuvent-elles être brisées ? Par un cœur brisé et l’amertume de l’âme pour ses fautes. Comme il est écrit dans le Zohar, à propos du verset : Les sacrifices à D.ieu, c’est un esprit brisé, un cœur brisé, etc… Cela veut dire que par un cœur brisé, l’esprit d’impureté de la sitra a’hara est brisé, et ceci est le sacrifice offert au Nom divin. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 17)

 

 

  • meurtres : du grec "phonos"…

Voici la définition du mot grec "phonos" :

  • homicide : tuer ou manifester la volonté de tuer,

  • meurtre : homicide volontaire.

  • massacre : action de massacrer, de tuer des gens sans défense ou fait de mettre à mal, d'accabler de coups un adversaire,    

  • assassinat : homicide commis avec préméditation.

Il relâcha celui qui avait été mis en prison pour sédition et pour meurtre, et qu'ils réclamaient et il livra Yeshoua à leur volonté. (Loucas 23 :25)

 

  • adultères : du grec "moicheia"…

Voici la définition du mot grec "moicheia" :

  • adultère : violation du devoir de fidélité entre époux.

Alors les soferim et les proushim amenèrent une femme surprise en adultère. (Yohanan 8 :3)

 

En plus, voici la définition du mot grec d’origine "moicheuo" :

  • commettre un adultère : violation du devoir de fidélité entre époux.

  • avoir une relation illicite avec une autre femme,

  • être débauché : qui se livre à la débauche ; noceur, viveur, libertin,

  • cela peut être également une idiome hébreu utilisé pour ceux qui sont amenés à l'idolâtrie à la suite de la sollicitation d'une femme [séduction] ou encore ceux qui mangent les choses consacrées aux idoles. 

Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. (Matityahou 5 :28)

 

  • puteries : du grec "porneia"…

Voici la définition du mot grec "porneia" :

  • la pornographie : la représentation de choses, de comportements obscènes dans le domaines cinématographique, littéraire ou autres domaines artistiques.

  • toutes formes d’obscénités. 

  • fornication : relations sexuelles en dehors du mariage…

  • relations sexuelles avec un proche parent, selon le Sefer Vayikra chap. 18…

  • relations sexuelles avec un divorcé, selon l’Évangile de Marcos chap. 11… 

  • impudicité : absence exagérée de discrétion et de pudeur.

  • infidélité : violation du devoir de fidélité entre époux, qui peut constituer une cause de divorce ou de séparation.

  • prostitution : le fait de livrer son corps aux plaisirs sexuels d'autrui pour de l'argent et d'en faire métier.

  • adultère : fait d'avoir volontairement des rapports sexuels avec une personne autre que son conjoint.

  • l’homosexualité : attirance sexuelle pour les personnes du même sexe.

  • la zoophilie : rapports sexuels d'un être humain avec un animal.

  • au sens métaphorique, le terme parle aussi du culte des idoles, de la souillure de l'idolâtrie, provenant d’une consommation de sacrifices offerts aux idoles.

Fuyez l'impudicité. Quelque autre péché qu'un homme commette, ce péché est hors du corps mais celui qui se livre à l'impudicité pèche contre son propre corps. (1 Corinthiens 6 :18)

Voici également la définition du mot dérivé en grec "porneuo" :

  • prostituer son corps en vue de la convoitise d'un autre…

  • se livrer à l'impudicité,

  • se livrer à une relation sexuelle illicite [en dehors du mariage] …

  • au sens métaphorique, être adonné à l'idolâtrie ou le fait de permettre à quelqu’un de nous conduire à l'idolâtrie.

Ne nous livrons point à l'impudicité, comme quelques-uns d'eux s'y livrèrent, de sorte qu'il en tomba vingt-quatre mille en un seul jour. (1 Corinthiens 10 :8)

Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses la femme Izevel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu'ils se livrent à l'impudicité et qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles. (Révélation 2 :20)

En plus, voici la définition du mot grec d’origine "porne" :

  • une femme prostituée qui vend son corps pour un usage sexuel,

  • une femme satisfaite d'une relation sexuelle illicite, pour le gain ou pour la luxure.

  • au sens métaphorique, pour parler d’une idolâtre ou de "Bavel" c'est-à-dire Rome, le siège principal de l'idolâtrie essavique [le catholicisme au nom de Jésus-Christ].

Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres du Mashiah ? Prendrai-je donc les membres du Mashiah, pour en faire les membres d'une prostituée ? (1 Corinthiens 6 :15)

Sur son front était écrit un nom, un mystère : Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre. (Révélation 17 :5)

Pour finir, voici la définition d’un autre mot grec d’origine "pornos" :

  • un homme qui prostitue son corps et le loue en vue de la convoitise d'un autre,

  • un homme qui se complaît dans la relation sexuelle illicite,

  • fornication : relations sexuelles en dehors du mariage…

  • impudicité : absence exagérée de discrétion et de pudeur.

Dehors les chiens, les enchanteurs, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres, et quiconque aime et pratique le mensonge ! (Révélation 22 :15)

 

COMMENTAIRE N°2

Les Sages ont dit que l’homme est très attiré par le vol et les relations sexuelles interdites. Tu ne trouveras aucune société, quelle que soit l’époque, dans laquelle des individus ne s’adonnent pas à ces pratiques. Les Sages ont ajouté : La majorité faute par le vol, la minorité faute par les relations interdites et tout le monde faute par la mauvaise langue de manière infinitésimale. C’est pour cela qu’il convient à l’homme de se contenir à ce sujet et de s’habituer à vivre dans une sainteté redoublé, d’avoir des pensées saines et un esprit ajusté afin de s’en prémunir. (Mishné Torah du Rambam, Hilkhot Issourei Biah, chap. 22)

 

COMMENTAIRE N°3

 

Je ne mettrai rien de mauvais devant mes yeux, je hais la conduite des pécheurs ; elle ne s'attachera pas à moi. (Téhilim 101 :3)

Le mot "porneia" est liée au concept moderne de la pornographie : vidéos, images ou écrits érotiques créés pour provoquer une excitation sexuelle.  Dans notre génération, la pornographie est partout... Il y a quelques années, il était difficile d’avoir du matériel pornographique mais maintenant, un simple clic de souris ou une touche de télécommande sont largement suffisants pour avoir accès à toute cette débauche… En effet, la débauche sexuelle est de plus en plus accentuée avec l’évolution de notre société. Nous avons corrompu la sexualité plus que tout autre domaine de la vie ! La grande majorité des recherches sur le web tournent autour de la pornographie et pour certains, c’est un mode de vie et une routine quotidienne…

Étant un fléau mondial, il est donc facile de tomber dans la faute de l'impureté sexuelle dénoncée dans les Écrits Nazaréens.

Que l'impudicité, qu'aucune espèce d'impureté, et que la cupidité, ne soient pas même nommées parmi vous. (…) Car, sachez-le bien, aucun impudique, ou cupide ; c'est-à-dire, idolâtre, n'a d'héritage dans le Royaume du Mashiah et de D.ieu. (Éphésiens 5 :3-5)

Partout où tu trouves de l’immoralité sexuelle ou de l’idolâtrie, une catastrophe générale s’abat sur le monde, détruisant indistinctement bons et mauvais. (Béréshit Rabah 26 :5)

Quand des pays, des régions, des villes entières sont contre la Torah, cela déclenche forcément des effusions de négativité : nous sommes liés avec ce monde et nos actions dans le bien comme dans le mal ont un impact sur la Création. En effet, nous avons de grandes forces : nous pouvons construire le monde ou, hass véchalom, le détruire…

Il existe des fautes qui engagent un processus de destruction, et parmi elles, on trouve les fautes sexuelles, comme il est dit : Dieu déteste la débauche. (Sanhédrin 106a)

Fuyez l'impudicité. Quelque autre péché qu'un homme commette, ce péché est hors du corps mais celui qui se livre à l'impudicité pèche contre son propre corps. (1 Corinthiens 6 :18)

Toutefois, pour éviter l'impudicité, que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari. (1 Corinthiens 7 :2)

L’expression de l’amour entre époux a malheureusement été remplacée par la convoitise, par une vie débridée et par une débauche insatiable. On retrouvera cette impudicité extrême dans la génération qui a précédé le déluge...

D.ieu regarda la terre, et voici, elle était corrompue ; car toute chair avait corrompu sa voie sur la terre. (Béréshit 6 :12)

Rabbi Yohanan a enseigné : cette génération accouplait les animaux domestiques avec les animaux sauvages, les animaux sauvages avec les animaux domestiques ; tous avec l'homme et l'homme avec tous. (Torah Témima, Béréshit 6 :12)

Ce qui arriva du temps de Noa’h arrivera de même à l'avènement du Fils de l'homme. (Matityahou 24 :37)

Dans notre génération, la pornographie présente plusieurs formes d’impudicité à l’extrême comme les actes homosexuels, les orgies, etc… La délectation de tels spectacles est une abomination pour D.ieu.

Ne savez-vous pas que les injustes n'hériteront point le Royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n'hériteront le Royaume de D.ieu. (1Corinthiens 6 :9-10)

 

Je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans le cœur. (Matityahou 5 :28)

La pornographie est une catastrophe qui détient une vision faussée de la réalité de la vie et de la sexualité. Elle présente, généralement, la femme comme une esclave sexuelle impatiente de répondre aux moindres désirs de l'homme et elle induit ainsi, des rapports faussés entre l'homme et la femme. En réduisant l'acte sexuel aux relations bestiales ayant pour but l'excitation et la satisfaction, la pornographie ôte aux rapports intimes, la dimension divine et saine de l’amour entre deux époux.

La pornographie est donc un fléau qui frappe mais qui en plus, engendre également une dépendance destructrice car elle nous pousse à être esclave de la corruption et de davantage de perversité ! Tout comme l’addiction pousse les toxicomanes à consommer de plus en plus, la pornographie entraîne celui qui la consomme de plus en plus loin dans la dépendance sexuelle et vers des fantasmes de plus en plus lointains… Il est évident qu’il est également interdit d’être dans un état de dépendance pour une chose contraire aux chemins de la Torah d’Israël.

Chacun est esclave de ce qui a triomphé de lui. (2 Kéfa 2 :19)

Maintenant, il est aussi évident que contrôler des envies puissantes et soudaines est un défi extrêmement grand, alors encourageons-nous car notre génération est la pire mais également la plus méritante : aucun de tous les grands hommes de Torah n’ont connu une telle abomination ; notre génération représentant la débauche sexuelle poussée dans le cas le plus extrême… Notons également qu’un désir ne fait pas de nous quelqu’un de mauvais, il faudra donc faire attention de ne pas nous retrouver submergés par des sentiments de culpabilité en raison de nos chutes. Il est plus important d'essayer de mettre tout notre cœur dans le but de nous améliorer et de devenir des meilleures personnes : celui qui combat, malgré les chutes incessantes et qui gagne la pornographie est un héros aux yeux d’Hashem. 

Aucune tentation ne vous est survenue qui n'ait été humaine, et D.ieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d'en sortir, afin que vous puissiez la supporter. (1 Corinthiens 10 :13)

 

 

  • vols : du grec "klope"…

Voici la définition du mot grec "klope" :

  • vol : action d’un voleur,

 

Car c'est du dedans, c'est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres, les vols. (Marcos 7 :21-22)

 

En plus, voici la définition du mot grec d’origine "klepto" :

  • voler : s'approprier quelque chose qui est le bien d'autrui par la ruse ou par la force,  

  • dérober : s’emparer furtivement de quelque chose, le voler,  

  • commettre un vol, un cambriolage chez quelqu'un,

  • prendre quelque chose à la dérobée, rapidement, subrepticement ou malgré les obstacles apparents,

  • léser sciemment quelqu'un, lui faire perdre de l'argent, lui faire payer trop cher quelque chose.

 
 
 
 
 

Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance. (Yohanan 10 :10)

 

 

  • faux témoignages : du grec "pseudomarturia"…

Voici la définition du mot grec "pseudomarturia" :

  • faux témoignages : action de témoigner faussement, de rapporter ce qu’on n’a pas vu ou entendu,

  • fausse déclarations et dépositions d'un témoin en justice,

  • textes, propos racontant des faits non-vécus.

Les principaux cohanim et tout le sanhédrin cherchaient quelque faux témoignage contre Yeshoua, suffisant pour le faire mourir. (Matityahou 26 :59) 

 

  • blasphèmes : du grec "blasphemia"…

Voici la définition du mot grec "blasphemia" :

  • discours impie et injurieux envers le divin, 

  • blasphème : parole ou discours qui outrage la divinité, la religion ou tout ce qui est considéré comme respectable ou sacré.

À noter que le blasphème est à distinguer du sacrilège : le premier consiste en paroles, le second en actes.

Et il se tint sur le sable de la mer. Puis je vis monter de la mer une bête qui avait dix cornes et sept têtes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème. (Révélation 13 :1)

En plus, voici la définition du mot grec d’origine "blasphemos" :

  • blasphématoire : qui contient ou constitue un blasphème, soit le fait d’avoir eu une parole ou un discours qui outrage la divinité, la religion ou tout ce qui est considéré comme respectable ou sacré.

  • parole abusive : parole qui est exagérée, qui dépasse une limite convenable,

  • parler en mal : lachon hara.

  • discours injurieux : qui constitue une injure, qui vise à offenser ou qui attente à la réputation.

 

Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d'orgueil, aimant le plaisir plus que D.ieu, ayant l'apparence de la piété mais reniant ce qui en fait la force. Éloigne-toi de ces hommes-là. (2 Timotheos 3 :1-5)

 

 

 

 

 

 

 

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20.     C’est cela qui contamine l’homme. Mais manger sans se laver les mains, cela ne contamine pas l’homme. 

 

 

  • C’est cela qui contamine l’homme : toutes les mauvaises moeurs du cœur, comme cela est enseigné dans le Tanya.

 

Le lieu de résidence de l’âme animale dérivée de la klipat noga dans chaque Juif, se manifeste principalement dans le cœur car, comme il a été expliqué dans les chapitres précédents, l’âme animale est essentiellement émotionnelle et le siège des émotions est le cœur. Plus précisément, la demeure de l’âme animale est dans le ventricule gauche, qui est empli de sang, ainsi qu’il est dit : car le sang est l’âme (néfech). L’âme animale réside donc dans le ventricule empli de sang : le ventricule gauche. Et c’est pourquoi, étant donné que l’âme animale réside dans le cœur, tous les désirs, la vantardise, la colère et autres émotions similaires se situent dans le cœur. Et du cœur, ils se propagent dans tout le corps et s’élèvent également au cerveau dans la tête, pour y penser, y méditer et s’ingénier en ce qui les concerne pour obtenir satisfaction, tout comme le sang prend sa source dans le cœur, circule du cœur vers tous les membres et s’élève aussi vers le cerveau dans la tête. De même, l’âme (néfech) présente dans le sang demeure dans le cœur et se propage à travers tous les membres du corps. Ainsi, le cerveau de l’âme animale (c’est-à-dire ses facultés intellectuelles) au lieu de gouverner le cœur, lui est un instrument pour réaliser ses passions. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 9)

 

 

  • Mais manger sans se laver les mains, cela ne contamine pas l’homme : sans faire netilat yadaim… En d’autres termes, manger avec des mains non lavées ne peut souiller davantage un individu s’il est déjà impur de l’intérieur, voilà ce que Yeshoua enseigne à ses opposants hypocrites.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Concernant netilat yadaim, il est important de noter qu’à l'époque, cette halakha n'avait pas encore été liée pour tout le peuple (Shabbat 15a) ; ainsi, les quelques talmidim du Rabbi qui ne l'avaient pas fait avant leur repas n'étaient pas en tort.

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22.     Et voici une femme, une Kena‘anit ; elle sort de ces frontières et crie. Elle dit : Matricie-moi, Adôn bèn David ! Ma fille va mal, par un démon. 

 

 

  • Et voici une femme, une Kena‘anit ; elle sort de ces frontières et crie : la femme cananéenne n’est pas une Juive mais elle est ici, la représentation de toutes les nations, de tous les non-Juifs recevant la guérison par l’intermédiaire du Mashiah ben David.  

 

 

  • Elle dit : Matricie-moi : la plupart des autres versions traduisent ainsi : Aie pitié de moi, Fils de David !

 

 

  • Adôn bèn David : cette expression désigne le Mashiah dans le langage du peuple Juif, qui croyait aux prophéties du Tanakh annonçant la naissance d’un libérateur issu de la famille du grand Roi d’Israël : David HaMelekh.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Yeshoua criaient : Hosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les lieux très hauts ! (Matityahou 21 :9)

 

Plusieurs fois dans les Écrits Nazaréens, nous entendons également les foules s’écriaient "Hosanna au Fils de David" et effectivement pour la plupart des gens, cette expression n’est pas tellement importante mais celle-ci est pourtant, porteuse d’un sens extrêmement fort d’un point de vue Juif ! Le titre "Fils de David" figure dans les prophéties du Tanakh pour désigner le Mashiah promis.

 

Quand tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes pères, j'élèverai ta postérité après toi, celui qui sera sorti de tes entrailles et j'affermirai son règne. Ce sera lui qui bâtira une maison à mon nom et j'affermirai pour toujours le trône de son royaume. Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils. (…) Ta maison et ton règne seront pour toujours assurés, ton trône sera pour toujours affermi. Nathan rapporta à David toutes ces paroles et toute cette vision. (2 Shmouel 7 :12-16)

 

Question simple, comment Yeshoua peut-il être le Mashiah et le "Fils de David" alors qu’ils n’ont pas du tout vécu à la même époque ? La réponse est très simple, il faut tout simplement comprendre que Yeshoua est l’accomplissement de la prophétie concernant le trône davidique ; c’était la pensée des Apôtres dont celle de Matityahou lorsqu’il a écrit : Généalogie du Mashiah Yeshoua, fils de David, fils d'Avraham. (Matityahou 1 :1). En effet, la généalogie donné dans l’Évangile de Matityahou nous prouve que les Apôtres croyaient clairement qu’Hashem avait enfanté Yeshoua comme Mashiah, en tant qu’humain, étant descendant direct de David HaMelekh au travers de Yossef.

 

Comme pouvons également le voir dans d’autres récits, Rabbi Yeshoua est également appelé "Seigneur, Fils de David" par des hommes et des femmes, cherchant la miséricorde divine ou la guérison, comme cette femme dont la fille était tourmentée par un démon ou encore comme Bar-Timaï.

 

Le titre "ben David" qu’ils lui attribuent tous témoignent de leur foi en lui ; en l’appelant de cette façon, ces Juifs affirment qu’ils voient en Yeshoua, le Mashiah attendu par le Am Israël et comme nous pouvons le voir, cette reconnaissance leur apporte la pleine guérison !

 

D’ailleurs, lorsqu’ils entendaient le peuple appeler "fils de David" Yeshoua, certains religieux corrompus comprenaient également la signification de ce titre mais contrairement au peuple, ils étaient tellement aveuglés par leur orgueil, qu’ils ne pouvaient même pas reconnaître leur Roi en face d’eux... Quelle tristesse ! Alors, lorsqu’ils ont entendu le peuple acclamer Yeshoua comme Mashiah ben David, ils ont comploté de le faire périr… En effet, plus d’une fois, Rabbi Yeshoua allait être couronné comme le Melekh HaMashiah par le peuple mais les dirigeants de l’époque en ont décidé autrement ! 

 

 

  • Ma fille va mal, par un démon : il s’agit d’un cas de possession démoniaque.

 

 

 

 

 

 

 

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26.     Il répond et dit : Il n’est pas bon de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiots.

 

 

  • Il répond et dit : Il n’est pas bon de prendre le pain des enfants : cela fait référence aux Juifs comme il est dit : Vous êtes les enfants de l'Éternel, votre D.ieu. (Devarim 14 :1)

 

 

  • et de le jeter aux chiots : le mot "chien" cité par le Mashiah doit être compris selon l’expression Juive comparant les non-Juifs idolâtres aux chiens... À ce sujet, il est même enseigné par nos Maîtres : le chien est supérieur à l'idolâtre. (Mekhilta) car de même qu'un chien est complétement bloqué par sa nature et ne peut évoluer spirituellement, de même un idolâtre est "bloqué" spirituellement dans ses conceptions erronées. Or, le chien lui est supérieur car il a été créé ainsi, c'est sa nature tandis que l'homme fait lui-même le choix de sa bassesse, ce qui est bien pire…