CHAPITRE 12

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COMMENTAIRES 

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9.     S’éloignant de là, il vient dans leur synagogue.

 

 

  • S’éloignant de là : selon l’Évangile de Matityahou, ce serait en ce même jour de Shabbat que le Mashiah se rendit dans la synagogue de ceux qui avaient accusé ses talmidim, Marcos laisse plutôt la date incertaine mais Loucas nous précise que ce fut un autre Shabbat comme il est dit : Il arriva, un autre jour de Shabbat, que Yeshoua entra dans la synagogue et qu'il enseignait. Il s'y trouvait un homme dont la main droite était sèche. (Loucas 6 :6) ; les trois Évangiles dits synoptiques placent ces deux faits à la suite l’un de l’autre parce qu’ils souhaitent simplement nous partager les enseignements du Rabbi sur le Shabbat.

 

 

  • il vient dans leur synagogue : et à ce sujet, il est enseigné : Si Yeshu [Jésus] revenait aujourd'hui, il préférerait mourir que de rentrer dans une église ! Yeshu irait à la synagogue avec nous ! Il était Juif comme moi ! Il mangeait kasher, portait les tefillins, était circoncis et respectait le Shabbat ! Si les non-Juifs n'avaient pas récupérés ses enseignements, il serait resté parmi nous. (Rav Haïm Dynovisz)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12.     Un homme est combien plus précieux qu’un mouton ! C’est pourquoi il est permis, le shabat, de faire du bien. 

 

 

  • Un homme est combien plus précieux qu’un mouton : de nos jours, cela parait cohérant mais pour certains proushim ; leurs attitudes, leurs façons de pensée, etc… prétendaient le contraire.

 

  • C’est pourquoi il est permis, le shabat, de faire du bien : selon ce contexte, de guérir un malade.

 

COMMENTAIRE N°1

 

La raison pour laquelle la vie prévaut sur les autres interdits est, comme l’expliquent nos Sages à propos de la profanation du Shabbat pour une personne en danger : Profane pour lui un Shabbat afin qu’il puisse observer d’autres Shabbats ! Quand le traitement médical d’un patient nécessite un acte normalement interdit le Shabbat, la Torah stipule que l’on doit profaner le Shabbat pour le soigner de sorte qu’il puisse vivre et observer le Shabbat ultérieurement. Le précepte du Shabbat n’est donc pas transgressé à cause d’un facteur extérieur. C’est pour le Shabbat même (pour que le patient puisse, par la suite, observer le Shabbat) que l’on profane ce Shabbat.

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14.     Les Peroushîm sortent et tiennent conseil contre lui pour le perdre.

 

 

  • Les Peroushîm sortent et tiennent conseil contre lui : comme on le sait, il s’agissait principalement des proushim de Beit Shammaï.

 

 

  • pour le perdre : pour le faire périr.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Nous pourrons nous inspirer des enseignements ‘hassidiques du Centre Breslev du Rav Avraham Ifra’h pour mieux comprendre ces comportements.

 

Grâce à la sainteté de ses paroles, le Tsadik peut convaincre les âmes les plus égarés à revenir vers Hashem. De sa bouche se diffuse dans le monde une grande lumière qui permet de rapprocher les éloignés, de convertir ceux qui désirent se joindre au peuple Juif ; en définitif, de réveiller le monde à la téchouva.

 

Néanmoins, Rabbi Nathan nous apprend, malheureusement, que se sont précisément les hommes qui représentent le plus grand obstacle à la diffusion de cette lumière dans le monde.

 

L’obstacle est d’autant plus grand lorsque l’opposition s’habille dans des "Sages" de la Torah, à l’image de Zimri, grand érudit en Torah qui s’opposa à Moshé Rabbénou. Zimri, vint railler ce dernier avec une madianite à ses côtés, en arguant que selon ses interprétations de la Torah, cette dernière lui était permise, afin de justifier son comportement inacceptable.


Rabbi Nathan nous apprend que venger l’honneur d’Hashem, comme l’a fait Pin’has avec Zimri sans qu’on le lui ordonne, consiste dans notre génération à résister devant les attaques des opposants de la vérité qui voilent d’une façon ou d’une autre la lumière du Tsadik.

 

Dans chaque génération vivent des hommes et des femmes qui, à la manière de Pin’has se battent pour dévoiler la lumière de la vérité, malgré les attaques et l’opposition… Grâce à ces hommes et ces femmes qui se sacrifient dans l’ombre du Tsadik et qui accomplissent des actions saintes (…) se dévoile une lumière de vérité dans le monde qui fait disparaitre l’hérésie et les modes de penser pervers de la surface du globe.

 

Rabbi Nathan rajoute que ceux qui s’investissent entièrement dans la Torah du Tsadik endurent beaucoup de souffrances, d’obstacles ainsi que de hontes… Cependant, s’ils tiennent dans cette épreuve, Hashem considérera leur abnégation comme un "Masse Pin’has" et ils auront ainsi le mérite de "venger la colère d’Hashem" et de recevoir le plus grand niveau d’alliance, celui du shalom.

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46.     Il parle encore aux foules ; et voici, sa mère et ses frères se tiennent dehors. Ils cherchent à lui parler.

 

 

  • Il parle encore aux foules : dans le but de les enseigner.

 

 

  • et voici, sa mère et ses frères se tiennent dehors. Ils cherchent à lui parler : parce qu’ils pensaient que Yeshoua avait perdu la raison comme il est dit dans un autre endroit : Les parents de Yeshoua, ayant appris ce qui se passait, vinrent pour se saisir de lui car ils disaient : Il est hors de sens. (Marcos 3 :21) ou encore : Car ses frères non plus ne croyaient pas en lui. (Yohanan 7 :5).

 

COMMENTAIRE N°1

Selon les Évangiles, Yaakov HaTsadik, le Rabbi de la communauté Nazaréenne (Toma 1 :12) n’a pas reconnu l’autorité de Yeshoua lorsqu’il était encore vivant comme il est dit : Car ses frères non plus ne croyaient pas en lui. (Yohanan 7 :5) ou encore : Comme Yeshoua s'adressait encore à la foule, voici, sa mère et ses frères, qui étaient dehors, cherchèrent à lui parler. (Matityahou 12 :46).

 

En conséquence, à la lumière de ces informations, on pourrait en conclure que selon les Évangiles, Yaakov HaTsadik n’était pas forcément tourné vers les notions d’attachement au Tsadik étant donné qu’il était lui-même le frère de Yeshoua et ne croyait pas en lui. On pourrait même se demander comment est-ce possible, lui qui était pourtant tellement proche du Mashiah ?

 

Au fil des années, Yaakov a bien reconnu la messianité de Yeshoua mais pour autant, il avait et ce bien qu’il soit compté, selon Flavius Joseph, parmi les Maîtres de Jérusalem, des "carences spirituels" au niveau de ses concepts ‘hassidiques… En fait, à un moment de sa vie, Yaakov HaTsadik s’est clairement demandé : la Torah de mon frère Yeshoua est-elle valable ? Fait-elle véritablement de lui, le Mashiah du Am Israël ? Avant de s’engager dans la messianité de son frère, Yaakov eut de nombreux doutes, ce qui implique forcément des carences dans sa foi dans le Tsadik, bien qu’encore une fois, il soit un Gaon dans la Torah...

 

En conclusion, Rabbi Yaakov était un grand Tsadik, un expert dans les mitsvot et dans la halakha et pourtant, il n'a pas réussi à atteindre un bitoul parfait avec Yeshoua lorsqu’il était encore en vie. Or, il est enseigné dans la ‘Hassidout : L’homme doit évacuer de lui toutes les sagesses et se dépouiller de son esprit comme s'il était entièrement dépourvu d'intelligence, à l'exception de ce qu'il reçoit du Tsadik et du Rav de vérité et tant qu'il reste chez lui un quelconque intellect personnel, l'homme n'est pas complet et il n'est pas attaché au Tsadik. (Torah n°123 du Likouté Moharan I).

 

Pour mieux comprendre tous ces principes, nous pourrons nous inspirer d’une histoire rapportée par le Rav Avraham Ifra’h.

 

Un jour, Rabbi Na’hman et ses talmidim se réunirent et étudièrent un passage du Talmud. Or, l’opinion de certains de ces talmidim divergeaient de celle de Rabbénou et parmi eux, figurait Rabbi Youdel. Rabbénou s’adressa à lui en ces termes : Reb Youdel, si je te prouve que tu as tort, acceptes-tu que je te donne une claque ? Rabbi Youdel, sûr de lui, acquiesça… Évidemment, par la suite, Rabbénou parvint à démontrer la justesse de son point de vue et donna une petite frappe sur la joue à son talmid, conformément à leur accord. Toutefois, Rabbi Youdel en fut heurté… Quelques jours plus tard, Rabbénou lui adressa les paroles suivantes : Te souviens-tu de ce moment où j’ai légèrement levé ma main sur toi ? Sache qu’à ce moment même, ta fille était souffrante et sur le point de périr. En agissant ainsi, j’ai pu soigner ta fille mais comme tu as conservé quelques sentiments négatifs, celle-ci ne guérira pas totalement et l’un de ses doigts demeurera paralysé. (Rapportée par le Rav Avraham Ifra’h)

L'enseignement prioritaire de cette vision ‘hassidique est donc de faire totalement confiance au Tsadik, que ce soit dans son étude de Torah, dans son approche de la halakha, dans sa façon de voir les choses, etc... Rabbi Youdel était un grand Tsadik, tout comme Yaakov dans les mitsvot et dans la halakha et pourtant, dans ce cas précis, il ne s’est pas soumis aux interprétations toraïques du Tsadik et de la même façon, ce fut exactement le même cas pour Yaakov avec Yeshoua.

 

Or, qu’est-il également enseigné dans notre Sainte Torah ? Même si la notion d’un rejet clair n’est pas du tout présente chez Yaakov, qui a rejeté Yossef HaTsadik ? Comme l’enseigne le Rav Avraham Ifra’h, Yossef voulait rapprocher ses frères et leur a dit qu’il était le Tsadik de la génération mais ces derniers n’ont rien voulu entendre et l’on vendu en Égypte. Les fils de Yaakov n’étaient-ils pas des experts en étude de Torah, en mitsvot et en halakha ? N’étaient-ils tous pas de grands Prophètes au point d’ailleurs, où leurs prophéties nous dépasserait complétement ? Quel étaient leurs carences ? Elles étaient manifestes dans leur attachement au Tsadik… Dans le même élan, la Torah nous précise que les frères de Yossef se sont rendus en Égypte pour cause de famine et les Sages commentent ce verset en enseignant qu’il s’agissait, en réalité, d’une famine spirituelle. Ainsi, les frères de Yossef pensaient qu’ils pourraient retirer leur vitalité de leurs propres moyens mais ils commirent une véritable erreur. Sans l’attachement à Yossef, sans l’attachement au véritable Tsadik de la génération, la vitalité n’est plus ; le service d’Hashem le plus pur demeure incomplet. (Rav Avraham Ifra’h).

 

Tous ces enseignements nous prouvent que malgré toute l’immensité de notre Torah, la priorité est de se soumettre au Tsadik et ceci, nous permet de mieux comprendre les paroles de l'Apôtre Shaoul : Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l'excellence de la connaissance du Mashiah Yeshoua mon Seigneur, pour lequel j'ai renoncé à tout et je les regarde comme de la boue, afin de gagner le Mashiah. (Philippiens 3 :8). Et n’est-il pas aussi enseigné au sujet de Rabbi Nathan qu’il jeta également toute sa grandeur, toute sa sagesse et toutes ses compréhensions de Torah pour celles de Rabbi Na’hman ? Et n’est-il pas aussi enseigné qu’il abandonna tous ses acquis pour s’inclure dans les enseignements Breslev de son Maître ? Aurait-il lui aussi aboli la Torah ? Et bien oui et cette Torah, c’était la sienne ! C’est exactement l’attitude et le message de l’Apôtre Shaoul ; il voua sa vie entière, avec une abnégation totale, à servir son Maître, à propager sa Torah et sa lumière dans le monde tout comme Rabbi Nathan l’a fait avec Rabbi Na’hman.

 

En termes plus généraux, l’Apôtre Shaoul a regardé toutes ses acquis de Torah comme lui étant nuisibles car cela l’aurait empêché d’atteindre la véritable lumière du Tsadik de vérité et en effet, comme nous l’avons dit, la confiance de Yaakov dans ses mérites ou dans ces conceptions de la Torah, lorsque le Mashiah était encore en vie, lui cachait les trésors qu’Hashem voulait lui donner par les mérites parfaits du Tsadik. Or, il est enseigné dans la ‘Hassidout, qu’on doit négliger sa connaissance et ses propres idées, comme si on ne savait rien d'autre que ce que l'on reçoit du Tsadik et du Sage authentique. (Likouté Etsot de Rabbi Na’hman de Breslev, chap. Tsadik)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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47.     Quelqu’un lui dit : Voici, ta mère et tes frères se tiennent dehors. Ils cherchent à te parler. 

 

 

  • Quelqu’un lui dit : Voici, ta mère et tes frères se tiennent dehors : on est venu prévenir le Mashiah que ses parents et ses frères voulaient certainement, le reprendre…

 

 

  • Ils cherchent à te parler : comme précisé dans le commentaire précédent, parce qu’ils pensaient que Yeshoua avait perdu la raison comme il est dit dans un autre endroit : Les parents de Yeshoua, ayant appris ce qui se passait, vinrent pour se saisir de lui car ils disaient : Il est hors de sens. (Marcos 3 :21) ou encore : Car ses frères non plus ne croyaient pas en lui. (Yohanan 7 :5)