CHAPITRE 3

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COMMENTAIRES 

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14.     Il en fait douze pour qu’ils soient avec lui, et pour qu’il les envoie clamer.

 

 

  • Il en fait douze pour qu’ils soient avec lui : cela fait référence aux douze Apôtres.

 

 

  • et pour qu’il les envoie clamer : du grec "kerusso" …

 

Voici la définition du mot grec "kerusso" :

  • publier : rendre une annonce publique, la faire connaître officiellement ; de nos jours, cela peut être par voie d'affichage, d'impression, via internet, etc…

  • prêcher : annoncer la parole de D.ieu sous forme de sermon,

  • crier : pousser des cris sous l'effet d'un appel divin ou d'une sensation spirituelle intense,

  • proclamer ouvertement à la manière d'un héraut : dans les milieux grecs et romains, il s’agissait par exemple d’un messager chargé de porter les ordres du roi, de partager diverses annonces dans les assemblées et/ou de déclarer la guerre.

Cette Bonne Nouvelle du Royaume sera prêchée [kerusso] dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin. (Matityahou 24 :14)

 

 

 

 

 

 

 

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21.     Les siens l’entendent ; ils sortent pour se saisir de lui. Oui, ils disent : Il est hors de sens !

 

 

  • Les siens l’entendent ; ils sortent pour se saisir de lui : afin de l’arrêter car le Mashiah suscitait beaucoup trop la division au goût de ses proches.

 

  • Oui, ils disent : Il est hors de sens : lorsque le Mashiah apparaîtra pour la première fois, il ne sera pas accepté par tous. Beaucoup éprouveront de doutes à son sujet parce qu'il ne sera pas conforme à leurs attentes. Certains le tourneront en dérision et diront que c'est un dérangé mental étant donné qu’il ne correspondra pas à la perception qu'ils en avaient eu. (Les Contes de Rabbi Na’hman : les Sept Mendiants [3ème Jour] ; Sia'h Sarfé Kodesh II :525)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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31.     Viennent sa mère et ses frères. Ils se tiennent dehors et l’envoient appeler.

 

 

  • Viennent sa mère et ses frères : dans le but de le reprendre et/ou de l’interpeller sur ses propos…  

 

 

  • Ils se tiennent dehors et l’envoient appeler : parce qu’ils pensaient certainement que Yeshoua avait perdu la raison comme il est dit dans un autre endroit : Les parents de Yeshoua, ayant appris ce qui se passait, vinrent pour se saisir de lui car ils disaient : Il est hors de sens. (Marcos 3 :21) ou encore : Car ses frères non plus ne croyaient pas en lui. (Yohanan 7 :5).

 

 

COMMENTAIRE N°1

Selon les Évangiles, Yaakov HaTsadik, le Rabbi de la communauté Nazaréenne (Toma 1 :12) n’a pas reconnu l’autorité de Yeshoua lorsqu’il était encore vivant comme il est dit : Car ses frères non plus ne croyaient pas en lui. (Yohanan 7 :5) ou encore : Comme Yeshoua s'adressait encore à la foule, voici, sa mère et ses frères, qui étaient dehors, cherchèrent à lui parler. (Matityahou 12 :46).

 

En conséquence, à la lumière de ces informations, on pourrait en conclure que selon les Évangiles, Yaakov HaTsadik n’était pas forcément tourné vers les notions d’attachement au Tsadik étant donné qu’il était lui-même le frère de Yeshoua et ne croyait pas en lui. On pourrait même se demander comment est-ce possible, lui qui était pourtant tellement proche du Mashiah ?

 

Au fil des années, Yaakov a bien reconnu la messianité de Yeshoua mais pour autant, il avait et ce bien qu’il soit compté, selon Flavius Joseph, parmi les Maîtres de Jérusalem, des "carences spirituels" au niveau de ses concepts ‘hassidiques… En fait, à un moment de sa vie, Yaakov HaTsadik s’est clairement demandé : la Torah de mon frère Yeshoua est-elle valable ? Fait-elle véritablement de lui, le Mashiah du Am Israël ? Avant de s’engager dans la messianité de son frère, Yaakov eut de nombreux doutes, ce qui implique forcément des carences dans sa foi dans le Tsadik, bien qu’encore une fois, il soit un Gaon dans la Torah...

 

En conclusion, Rabbi Yaakov était un grand Tsadik, un expert dans les mitsvot et dans la halakha et pourtant, il n'a pas réussi à atteindre un bitoul parfait avec Yeshoua lorsqu’il était encore en vie. Or, il est enseigné dans la ‘Hassidout : L’homme doit évacuer de lui toutes les sagesses et se dépouiller de son esprit comme s'il était entièrement dépourvu d'intelligence, à l'exception de ce qu'il reçoit du Tsadik et du Rav de vérité et tant qu'il reste chez lui un quelconque intellect personnel, l'homme n'est pas complet et il n'est pas attaché au Tsadik. (Torah n°123 du Likouté Moharan I).

 

Pour mieux comprendre tous ces principes, nous pourrons nous inspirer d’une histoire rapportée par le Rav Avraham Ifra’h.

 

Un jour, Rabbi Na’hman et ses talmidim se réunirent et étudièrent un passage du Talmud. Or, l’opinion de certains de ces talmidim divergeaient de celle de Rabbénou et parmi eux, figurait Rabbi Youdel. Rabbénou s’adressa à lui en ces termes : Reb Youdel, si je te prouve que tu as tort, acceptes-tu que je te donne une claque ? Rabbi Youdel, sûr de lui, acquiesça… Évidemment, par la suite, Rabbénou parvint à démontrer la justesse de son point de vue et donna une petite frappe sur la joue à son talmid, conformément à leur accord. Toutefois, Rabbi Youdel en fut heurté… Quelques jours plus tard, Rabbénou lui adressa les paroles suivantes : Te souviens-tu de ce moment où j’ai légèrement levé ma main sur toi ? Sache qu’à ce moment même, ta fille était souffrante et sur le point de périr. En agissant ainsi, j’ai pu soigner ta fille mais comme tu as conservé quelques sentiments négatifs, celle-ci ne guérira pas totalement et l’un de ses doigts demeurera paralysé. (Rapportée par le Rav Avraham Ifra’h)

L'enseignement prioritaire de cette vision ‘hassidique est donc de faire totalement confiance au Tsadik, que ce soit dans son étude de Torah, dans son approche de la halakha, dans sa façon de voir les choses, etc... Rabbi Youdel était un grand Tsadik, tout comme Yaakov dans les mitsvot et dans la halakha et pourtant, dans ce cas précis, il ne s’est pas soumis aux interprétations toraïques du Tsadik et de la même façon, ce fut exactement le même cas pour Yaakov avec Yeshoua.

 

Or, qu’est-il également enseigné dans notre Sainte Torah ? Même si la notion d’un rejet clair n’est pas du tout présente chez Yaakov, qui a rejeté Yossef HaTsadik ? Comme l’enseigne le Rav Avraham Ifra’h, Yossef voulait rapprocher ses frères et leur a dit qu’il était le Tsadik de la génération mais ces derniers n’ont rien voulu entendre et l’on vendu en Égypte. Les fils de Yaakov n’étaient-ils pas des experts en étude de Torah, en mitsvot et en halakha ? N’étaient-ils tous pas de grands Prophètes au point d’ailleurs, où leurs prophéties nous dépasserait complétement ? Quel étaient leurs carences ? Elles étaient manifestes dans leur attachement au Tsadik… Dans le même élan, la Torah nous précise que les frères de Yossef se sont rendus en Égypte pour cause de famine et les Sages commentent ce verset en enseignant qu’il s’agissait, en réalité, d’une famine spirituelle. Ainsi, les frères de Yossef pensaient qu’ils pourraient retirer leur vitalité de leurs propres moyens mais ils commirent une véritable erreur. Sans l’attachement à Yossef, sans l’attachement au véritable Tsadik de la génération, la vitalité n’est plus ; le service d’Hashem le plus pur demeure incomplet. (Rav Avraham Ifra’h).

 

Tous ces enseignements nous prouvent que malgré toute l’immensité de notre Torah, la priorité est de se soumettre au Tsadik et ceci, nous permet de mieux comprendre les paroles de l'Apôtre Shaoul : Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l'excellence de la connaissance du Mashiah Yeshoua mon Seigneur, pour lequel j'ai renoncé à tout et je les regarde comme de la boue, afin de gagner le Mashiah. (Philippiens 3 :8). Et n’est-il pas aussi enseigné au sujet de Rabbi Nathan qu’il jeta également toute sa grandeur, toute sa sagesse et toutes ses compréhensions de Torah pour celles de Rabbi Na’hman ? Et n’est-il pas aussi enseigné qu’il abandonna tous ses acquis pour s’inclure dans les enseignements Breslev de son Maître ? Aurait-il lui aussi aboli la Torah ? Et bien oui et cette Torah, c’était la sienne ! C’est exactement l’attitude et le message de l’Apôtre Shaoul ; il voua sa vie entière, avec une abnégation totale, à servir son Maître, à propager sa Torah et sa lumière dans le monde tout comme Rabbi Nathan l’a fait avec Rabbi Na’hman.

 

En termes plus généraux, l’Apôtre Shaoul a regardé toutes ses acquis de Torah comme lui étant nuisibles car cela l’aurait empêché d’atteindre la véritable lumière du Tsadik de vérité et en effet, comme nous l’avons dit, la confiance de Yaakov dans ses mérites ou dans ces conceptions de la Torah, lorsque le Mashiah était encore en vie, lui cachait les trésors qu’Hashem voulait lui donner par les mérites parfaits du Tsadik. Or, il est enseigné dans la ‘Hassidout, qu’on doit négliger sa connaissance et ses propres idées, comme si on ne savait rien d'autre que ce que l'on reçoit du Tsadik et du Sage authentique. (Likouté Etsot de Rabbi Na’hman de Breslev, chap. Tsadik)

 

 

 

 

 

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32.     Une foule est assise autour de lui. Ils lui disent : Voici ta mère, tes frères, et tes sœurs ; ils sont dehors et te cherchent. 

 

 

  • Une foule est assise autour de lui : car le Rabbi était en train d’enseigner une partie du peuple.

 

 

  • Ils lui disent : Voici ta mère, tes frères, et tes sœurs : selon les Évangiles, il s’agit de Myriam, Yaakov, Yossef, Shimon et Yéhouda comme il est dit : N'est-ce pas le fils du charpentier ? N'est-ce pas Myriam qui est sa mère ? Yaakov, Yossef, Shimon et Yéhouda, ne sont-ils pas ses frères ? (Matityahou 13 :55). Dans une autre endroit, il est également précisé que Yeshoua avait des sœurs comme il est dit : et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? Et il était pour eux une occasion de chute. (Marcos 6 :3)

 

 

  • ils sont dehors et te cherchent : comme précisé dans le commentaire précédent, parce qu’ils pensaient que Yeshoua avait perdu la raison comme il est dit dans un autre endroit : Les parents de Yeshoua, ayant appris ce qui se passait, vinrent pour se saisir de lui car ils disaient : Il est hors de sens. (Marcos 3 :21) ou encore : Car ses frères non plus ne croyaient pas en lui. (Yohanan 7 :5).