CHAPITRE 11

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COMMENTAIRES 

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25.     Quand vous êtes debout pour prier, remettez, si vous avez quoi que ce soit contre quelqu’un, pour que votre père des ciels, lui aussi, vous remette vos chutes.

 

 

  • Quand vous êtes debout pour prier : le terme "debout" nous conduit dans la notion de la Amida, également connu sous le nom du Chemoné 'Esré.

 

COMMENTAIRE N°1

 

En effet, comme cela est enseigné dans le Judaïsme, il existe une règle particulière à la ‘Amida : celle-ci doit se réciter "debout" car en se tenant debout, on manifeste une disponibilité totale, de la tête aux pieds, à l’égard de la prière. De plus, le fait d’être debout est une expression de révérence et de crainte à l’égard du Roi de l’univers.

 

Durant la ‘Amida, on doit joindre également nos jambes, de manière qu’elles paraissent former une jambe unique. La raison en est que l’écartement des jambes reflète le côté matériel de l’être humain ; il représente également la course, à la poursuite des affaires de ce monde. Aussi, les cohanim, lorsqu’ils montaient à l’autel, marchaient de façon à accoler le talon du pied droit au gros orteil gauche et inversement ; de la même façon, pendant la ‘Amida, nous nous abstenons d’écarter les jambes. De plus, la jonction des jambes, au point que celles-ci semblent être une jambe unique, représente le rassemblement de nos forces réalisatrices, pour mettre ces forces au service exclusif de D.ieu et manifester que nous n’avons qu’une volonté, celle de nous tenir en prière devant lui. Nos Sages ont appris cela de l’exemple des anges, au sujet desquels il est dit : Leurs jambes sont une jambe rectiligne. (Yehezqel 1 :7) ; c’est-à-dire que leurs jambes sont accolées l’une à l’autre, au point qu’elles semblent n’en constituer qu’une seule.

 

COMMENTAIRE N°2

 

Néanmoins, bien qu’il s’agisse peut-être d’une forme de la Amida dans ce contexte, nous pourrons nous inspirer des cours du Rav Avraham Ifra’h pour engager nos cœurs en priorité, vers la hitbodedout, qui demeure une obligation de la Torah. Ceci est bien évidemment, en conformité avec les enseignements du Mashiah Yeshoua, qui doit d’ailleurs, dévoiler toute la puissance de la hitbodedout dans le monde comme cela est enseigné dans la Hassidout.

Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. (Matityahou 6 :6)

La prière telle qu’elle figure dans nos Livres de prières a été instituée par nos Sages, il s’agit ainsi d’une obligation derabanane. À contrario, le Rambam statue que la hitbodedout, le dialogue et la prière avec Hashem dans notre langue natale, demeure une obligation émanant de la Torah. La pratique de la hitbodedout constitue la véritable supplication à Hashem en ce sens où elle émane de la Torah mais également parce qu’elle revêt une dimension individuelle, contrairement à la prière collective, que nous récitons à titre de peuple et en minyane.


De fait, pour quelle raison les Sages ont-ils institué les trois prières journalières et non la pratique de la hitbodedout, si cette dernière résulte d’une obligation émanant de la Torah ? Nos Sages ont institué les trois prières journalières de peur qu’elles ne tombent dans l’oubli, notamment du fait des exils du peuple Juif… Quant à la pratique de la Hitbodedout, celle-ci est un socle si important du service divin que nous pouvons supputer que nos Sages n’ont pas dû trouver nécessaire de l’insérer dans les Livres de prières. Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, il est fondamental de s’adonner à la pratique de la hitbodedout. Il existe une raison supplémentaire pour laquelle, celle-ci est capitale dans le service divin : puisqu’il s’agit d’une conversation dans notre langue maternelle, celle-ci a une rythmique particulière, au-delà des accents, à l’image d’une chanson. D’ailleurs, chaque langue possède sa propre musicalité et lorsque nous faisons hitbodedout, les mots ont notre propre sonorité, notre propre rythme. Nous devenons des musiciens, à l’image de David et sa harpe car l’hitbodedout est une prière conforme à notre intériorité. (Rav Avraham Ifra’h) 

COMMENTAIRE N°3

 

Pour mieux comprendre le lien entre le terme debout et la Amida, ou tout simplement la téfila ; nous pourrons nous inspirer de plusieurs passages du Talmud.

 

Et d'où savons-nous qu'Avraham Avinou a fixé un endroit pour la prière ? Car il est écrit : Avraham s'est levé de bon matin, vers l'endroit où il s'était tenu debout. (Béréshit 19 :27). Et l'expression : "se tenir debout" ne désigne rien d'autre que la prière, car il est dit : et Pinh’as se tint debout et pria. (Téhilim 106 :30). (Bérakhot 6b)

 

Une béraïta conforme à Rabbi Yossé ben Rabbi ‘Hanina enseigne : Avraham a institué la prière de Cha’harit, comme il est dit : et Avraham s'est levé de bon matin, vers l'endroit où il s'était tenu debout. (Béréshit 19:27). Et l'expression "se tenir debout" ne désigne rien d'autre que la prière, car il est dit : et Pinh’as se tint debout et pria. (Téhilim 106 :30). Its’hak institua la prière de min’ha, comme il est dit : et Its’hak sortit pour parler dans le champ vers le soir. (Béréshit 24 :63) et "parler" ne signifie rien d'autre que la prière, comme il est dit : "devant Hashem, il déverse sa parole. (Téhilim 102 :1). Yaakov a institué la prière d'Arvit, comme il est dit : et il atteignit l'endroit et il passa la nuit là-bas. (Béréshit 28 :11) et "atteindre" ne signifie rien d'autre que la prière, comme il est dit : et toi, ne prie pas pour ce peuple, n'élève pas pour eux un cri et une prière, ne m'atteint pas. (Yrmeyahou 7 :16). (Bérakhot 26b).

 

 

  • remettez, si vous avez quoi que ce soit contre quelqu’un : selon les directives du Mashiah, il est absolument interdit de prier Hashem tout en ayant de la rancœur, de la haine, etc… contre toute autre enfant d’Hashem.

 

On peut comparer cette injonction avec d’autres paroles du Rabbi dans les Évangiles.

 

Si donc tu présentes ton offrande à l'autel et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'autel et va d'abord te réconcilier avec ton frère ; puis, viens présenter ton offrande. Accorde-toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu'il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l'officier de justice et que tu ne sois mis en prison. (Matityahou 5 :23-25)

 

 

  • pour que votre père des ciels, lui aussi, vous remette vos chutes : en effet, Hashem agit mida kenegued mida, mesure pour mesure ; si nous pardonnons aux autres, Hashem nos pardonnera également.