CHAPITRE 1

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COMMENTAIRES 

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1.     Tête de l’annonce de Iéshoua‘ messie bèn Elohîms.

 

 

  • Tête de l’annonce de Iéshoua‘ messie : commencement de l’Évangile du Mashiah Yeshoua.

 

 

  • bèn Elohîms : le Fils d’Hashem est identifié selon la Torah Orale de nos Maîtres comme faisant référence au Mashiah, le concept du "Fils de D.ieu" n’est encore une fois pas chrétien mais bien Juif.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour plus de précisons, voici certains Midrashim de nos Maîtres.

 

Où la Torah fait-elle mention du Mashiah ? Dans le Sefer Shemot comme il est dit : Israël est mon fils, mon premier-né. (Shemot 4 :22) et dans les Téhilim comme il est dit : Tu es mon fils, je t’ai engendré aujourd’hui. (Téhilim 2 :7). (Yalqout Chimoni 2 :621)


Dans les temps futurs, D.ieu parera le Mashiah d’une couronne et mettra sur sa tête le casque du salut, et placera sur lui la splendeur et la majesté, il l’ornera de vêtements de gloire et le placera sur une montagne élevée pour parler à Israël. Et de sa propre voix, le Mashiah lui-même annoncera : Ton salut est proche ! Et Israël lui répondra : Qui es-tu ? Et il dira : Je suis Ephraïm. Et Israël demandera : Es-tu celui que D.ieu nomme : Ephraïm mon premier-né, mon fils chéri ? (Yrmeyahou 31 :20) ; le Mashiah répondra par l’affirmative. (Otsar Midrashim, Mashiah, 393)

 

Comme on peut le constater, dans les Midrashim de nos Maîtres, le Mashiah est considéré comme étant le Fils chéri d’Hashem.

COMMENTAIRE N°2

De nombreuses fois également dans les Téhilim, le Mashiah est appelé le Fils d’Hashem ; le Talmud dans le Traité Soukka 52a confirme ses propos.

Au Mashiah ben David, destiné à être révélé rapidement et de nos jours, le Saint Béni soit-Il lui a dit : Demande-moi ce que tu veux et je te le donnerai !  Comme il est écrit : Je publierai le décret ; l’Éternel m’a dit : Tu es mon fils ! Je t’ai engendré aujourd’hui, demande-le-moi et je te donnerai les peuples comme héritage. (Téhilim 2 :7-8). (Soukka 52a)

Je publierai le décret ; l'Éternel m'a dit : Tu es mon fils ! Je t'ai engendré aujourd'hui. (Téhilim 2 :7)

 

Autre exemple.

 

D.ieu des armées, reviens donc ! Regarde du haut des cieux et vois ! Considère cette vigne ! Protège ce que ta droite a planté et le fils que tu t'es choisi ! (Téhilim 80 :14-15)

 

Et le sarment que ta droite a planté et le Roi Messie que tu as fait puissant pour toi. (Targoum Téhilim 80 :15-16 dans "The Psalms Targum" selon Edward M. Cook)

 

Comme on peut le constater, le Targoum Téhilim remplace le mot "fils" par "Roi Messie" … Dans le même élan, Ibn Yahya commente également sur ce Téhilim : de façon allégorique, cela fait référence au Mashiah car D.ieu l’a rendu fort physiquement et intellectuellement, afin qu’il puisse fortifier les esprits chancelants du peuple Juif exilé. (Kesuvim : Téhilim p. 350-351, Artscroll)

 

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3.     Voix d’un crieur dans le désert :  Préparez la route de IHVH-Adonaï, rectifiez ses sentiers ! 

 

 

  • Voix d’un crieur dans le désert : généralement, le terme grec utilisé dans les Écrits Nazaréens pour "crieur" est "kerux" … 

 

Voici la définition du mot grec "kerux" :

 

  • crieur : officier public proclamant les annonces officielles d'édits royaux,

  • héraut :  personne annonçant une événement remarquable,

  • ambassadeur : représentant personnel d’un roi pour une mission donnée, dans plusieurs pays,

  • prédicateur : celui qui prêche, qui annonce la parole de D.ieu dans diverses assemblées.

 

C'est pour cet Évangile que j'ai été établi prédicateur [kerux] et Apôtre, chargé d'instruire les non-Juifs. (2 Timotheos 2 :11)

 

 

  • préparez la route de IHVH-Adonaï : dans ce contexte, cela fait référence au plan d’Hashem bientôt dévoilée au travers du Mashiah Yeshoua.

 

  • rectifiez ses sentiers : toujours dans le contexte de Yohanan, cela fait référence au fait de crier au Am Israël de faire téchouva [de faire repentance].

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4.     C’est Iohanân immergeant dans le désert. Il clame l’immersion du retour pour la rémission des fautes.

 

 

  • C’est Iohanân immergeant dans le désert : cela fait référence au fils de Zekharia, Yohanan HaMatbil dont le nom signifie "D.ieu fait miséricorde" en hébreu.

 

 

  • Il clame l’immersion du retour pour la rémission des fautes : un mikvé dans le but de se purifier et en signe de téchouva.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Zekharia et Elishéva [l’oncle et la tante de Rabbi Yeshoua] avaient un fils, Yohanan ; celui-ci décida de suivre les traces de ses parents afin de servir également le Maître du monde. En effet, comme on le verra tout au long des Évangiles, Yohanan reçu plusieurs révélations surnaturelles et prophétiques, tout en vivant dans le désert à la recherche de D.ieu.

 

Et du temps des cohanim Anan et Caïapha, la parole de D.ieu fut adressée à Yohanan, fils de Zekharia, dans le désert. (Loucas 3 :2)

 

Dans le chap. 3 de l’Évangile de Loucas, on peut constater de façon plus concrète que nous sommes face à un grand homme de D.ieu, étant donné que nous lisons cette expression : la parole de D.ieu fut adressée à Yohanan dans le désert. En effet, si vous n'êtes pas familier avec le Tanakh, vous ne saisirez jamais cette poignante introduction de Loucas sur Yohanan ; l’expression "la parole du Seigneur fut adressée" est souvent utilisée lorsqu'on parle de prophétie. En d'autres termes, Loucas relie Yohanan au merveilleux groupe d'hommes connus sous le nom de "Neviim" en utilisant cette phrase toute particulière.

 

Selon les normes modernes de notre génération, Yohanan serait un fou reclus, exclu et ultra-orthodoxe car comme on le sait, Yohanan avait un vêtement de poils de chameau, une ceinture de cuir autour des reins et se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. (Matityahou 3 :4). De plus, comme cela nous est également précisé, il s’est abstenu de vin tout sa vie (Loucas 7 :33) indiquant ainsi, qu’il était soumis à un vœu de naziréat. Cet homme était un homme sérieux dans sa relation avec Hashem, il a cherché le Maître du monde de toutes ses forces de la même manière que tous les Prophètes Juifs et c’est pourquoi, Yohanan avait un message pour Israël… Or, ce message était le même message que tous les Prophètes avant lui pour Israël : Repentez-vous !

 

En hébreu, le mot pour se repentir est "téchouva" traduit par le fait de "revenir vers D.ieu" ou encore de "faire un demi-tour face à nos fautes" : la téchouva est une expérience profondément spirituelle et déchirante. En effet, celui qui fait "téchouva" renonce à ses voies anti-bibliques afin de revenir sur le chemin de la pureté et de la sainteté selon la Torah.

 

En signe d’un changement intérieur exigé par la téchouva, Yohanan plongeait dans l’eau [notion du mikvé dans le Judaïsme] ceux qui désiraient sincèrement transformer leurs vies… Ainsi, comme on le sait, il faisait ça dans le Jourdain.

 

À noter que beaucoup dans la chrétienté universelle ont interprété tous ces passages des Évangiles comme si Yohanan avait introduit la notion du "baptême" dans le monde mais bien évidemment, ce n’est pas le cas car Yohanan HaMatbil n'a présenté le baptême à personne ; l’immersion est et a toujours été une pratique courante dans le Judaïsme depuis fort longtemps et ce, pour de nombreuses raisons différentes. Par exemple, l’immersion [le mikvé] est toujours selon le Judaïsme, une partie intégrante du processus de conversion lorsqu'un non-Juif émet le souhait de se convertir au Judaïsme…

 

Évidemment, il est important de noter que l'expérience de l’immersion en elle-même n'est pas magique, elle est symbolique car la vraie repentance [avec la confession] ne peut se faire que dans le cœur d’une personne. L'immersion symbolise plutôt le lavage spirituel extérieur qui se mérite par la véritable téchouva sincère, à l’intérieur du cœur.

 

Beaucoup de Juifs dans les premiers chapitres des Évangiles, ont été émus par le message de Yohanan lorsqu'il a appelé le peuple d’Israël à la téchouva. Beaucoup ont été lavés par D.ieu de leurs péchés et réunis avec lui, notamment pour accueillir le Mashiah. Ainsi, lorsque nous lisons l’histoire de Yohanan, nous ne lisons pas les premières étapes du christianisme, nous lisons la continuité du Tanakh et du message prophétique lié à la sanctification permanente du peuple de D.ieu.

 

Nous sommes en train de voir un aperçu de l'appel d’un Prophète Juif du premier siècle à revenir à la Torah et dont le rôle était d'encourager tout Israël à vivre une vie juste et influencée par Hashem. Le message a toujours été le même des Prophètes jusqu’à Yohanan et ce sera également celui de Yeshoua après lui : Repentez-vous !

 

Dès ce moment Yeshoua commença à prêcher et à dire : Repentez-vous car le Royaume des cieux est proche. (Matityahou 4 :17)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5.     Tout le pays de Iehouda sort vers lui, et tous ceux de Ieroushalaîm ; ils sont immergés par lui dans le fleuve du Iardèn en avouant leurs fautes.

 

 

  • Tout le pays de Iehouda sort vers lui, et tous ceux de Ieroushalaîm : en référence au peuple d’Israël, lequel était composé de nombreux Juifs reconnaissant publiquement l’appel de Yohanan HaMatbil.

 

 

  • ils sont immergés par lui : au début des Évangiles, Yohanan HaMatbil baptisait-il les Juifs au nom de Yeshoua ? Non… Il préconisait simplement une immersion [un mikvé] dans de l’eau naturel, afin de conduire les Juifs dans le chemin de la téchouva ; l’idée de Yohanan était de purifier le Am Israël afin qu’ils puissent être disposés pour recevoir le Mashiah.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Le mot "baptême" vient du grec "baptizo" : plonger ou immerger dans l’eau, dans une idée de purification. En langage plus Juif, on pourra simplement parler d’une "tévilah" … En effet, dans ce contexte précis, il ne s’agissait pas de baptêmes chrétiens, comme nous l’entendons dans notre génération ! Le terme approprié serait plutôt une "tévilah" dans un mikvé ; en termes plus simples, le baptême chrétien n’est pas une invention du christianisme mais détient une racine dans le Judaïsme.

Voici une nouvelle traduction pour une meilleure compréhension des événements : Dans le monde chrétien, Jean-Baptiste baptisait… Dans le monde Juif, Yohanan HaMatbil immergeait les Juifs dans un mikvé.

Les choses sont complétements différentes…

 

COMMENTAIRE N°2

 

Comme l’enseigne le Judaïsme et comme l’enseignait Yohanan HaMatbil en son temps, l’immersion dans un mikvé peut être considérée comme un acte symbolique d’annulation de soi par lequel nous pouvons de nouveau nous rapprocher de D.ieu [avec de nouvelles intentions, plus nobles et renouvelées]. En lien avec tous ces concepts, l’immersion dans un mikvé peut largement être décrite comme une purification, une revitalisation mais aussi comme une renaissance de l’âme !

 

À noter que l’immersion peut également traduire l’abandon d’une forme d’existence pour atteindre une autre forme d’existence, infiniment supérieure ; ce fut le cas par exemple, pour le Mashiah lorsqu’il reçut l’âme messianique.

 

 

  • dans le fleuve du Iardèn : un mikvé naturel.

 

COMMENTAIRE N°3

 

Dans le Judaïsme, le mikvé représente la source de la pureté et de la sainteté. À ce sujet, il faut savoir que toutes réserves d’eau naturelles tel le Jourdain, océans, lacs approvisionnés, etc… sont des potentiels mikvés car ils contiennent des eaux d’origine divine et ont par conséquent, un pouvoir purificateur. Par exemple, dans un Midrash, on nous enseigne qu’Adam Harichon, à la suite de sa faute dans le Gan Eden, est allé se tremper dans un cours d’eau ; le concept d’immersion étant une partie intégrante du processus de téchouva. Ainsi, toutes les étendues d’eau considérées comme un mikvé selon la halakha, constituent la voie parfaite pour parvenir aux chemins de la kédoucha [de la sainteté].

 

Comme nous l’avons compris, Yohanan HaMatbil utilisait le fleuve du Jourdain, soit un fleuve naturel comme mikvé. Autres exemples dans la Torah, au moment de la révélation du Sinaï, tous les Juifs avaient reçu l’ordre de s’immerger, afin de se préparer à rencontrer D.ieu ; dans le désert également, le fameux puits de Myriam était un mikvé selon la tradition Juive.

 

Néanmoins, dans notre génération, certains coins d’eau peuvent être inaccessibles ou dangereux ; d’autres peuvent aussi causés des difficultés en raison du manque d’intimité. Par conséquent, les Juifs, pour combler ces carences, ont construit des mikvés, de véritables bassins d’eaux dans les synagogues ou autres, et ceux-ci sont d’ailleurs utilisés pour immerger les futurs convertis.

 

 

  • en avouant leurs fautes : en confessant leurs péchés, procédé essentiel pour une véritable téchouva.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9.     Et c’est en ces jours : Iéshoua‘ vient de Nasèrèt en Galil. Il est immergé par Iohanân dans le Iardèn.

 

 

  • Et c’est en ces jours : Iéshoua‘ vient de Nasèrèt en Galil : région du nord d’Israël.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Il y a environ 2000 ans, un Rabbi de Galil, Rabbi Yeshoua de Natzeret se leva parmi le peuple d’Israël pour essayer d’enrayer la haine gratuite qui, selon nos Maîtres dans le Talmud, provoqua la destruction du Temple de Jérusalem. Fondant sa communauté orthodoxe sur la Torah Écrite et Orale que Moshé avait reçu sur le Mont Sinaï, il fut vendu par les saducéens à Rome et défiguré par les non-Juifs ; la Torah de Yeshoua fut abolie et ses enseignements pervertis par les chrétiens… Néanmoins, la lumière d’un Tsadik est éternelle et même au sein de l’obscurité, elle continue de briller et d’illuminer le monde. Depuis le début de l’exil d’Israël, cette lumière messianique pousse parmi les non-Juifs et en particulier chez Edom, le monde occidental chrétien. Chose fascinante, un Midrash enseigne que le Roi Messie sortira de chez eux selon le principe spirituel : tes destructeurs sortiront de toi. (Yeshayahou 49 :17) ; le monde vit aujourd’hui, le début de la restauration de toute choses prophétisée dans le chap. 3 du Livre des Actes. (Actes 3 :21). Le peuple Juif revient sur sa Terre, Jérusalem redevient la capitale éternelle indivisible des descendants de Yaakov et le Tsadik de vérité, le Roi Messie, Rabbi Yeshoua revient dans le giron du Judaïsme orthodoxe, de la Torah authentique d’Israël.

 

Qu’Hashem continue de nous bénir et d’ouvrir les portes de la guéoula en abondance !

 

 

 

  • Il est immergé par Iohanân dans le Iardèn : le Jourdain en français, est un fleuve du Moyen-Orient, qui a donné son nom à la Jordanie et à la Cisjordanie.

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14.     Après que Iohanân eut été livré, Iéshoua‘ vient en Galil. Il clame l’annonce d’Elohîms.

 

 

  • Après que Iohanân eut été livré, Iéshoua‘ vient en Galil : comme il est dit : La lumière du Mashiah sera d'abord révélée en Galilée. (Zohar 119a)

 

 

  • Il clame l’annonce d’Elohîms : du grec "kerusso" …

 

Voici la définition du mot grec "kerusso" :

  • publier : rendre une annonce publique, la faire connaître officiellement ; de nos jours, cela peut être par voie d'affichage, d'impression, via internet, etc…

  • prêcher : annoncer la parole de D.ieu sous forme de sermon,

  • crier : pousser des cris sous l'effet d'un appel divin ou d'une sensation spirituelle intense,

  • proclamer ouvertement à la manière d'un héraut : dans les milieux grecs et romains, il s’agissait par exemple d’un messager chargé de porter les ordres du roi, de partager diverses annonces dans les assemblées et/ou de déclarer la guerre.

Cette Bonne Nouvelle du Royaume sera prêchée [kerusso] dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin. (Matityahou 24 :14)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24.     Il dit : Qu’y a-t-il entre nous et toi, Iéshoua‘ le Nazaréen ? Tu es venu nous perdre ! Je sais qui tu es : le consacré d’Elohîms ! 

 

 

  • Il dit : Qu’y a-t-il entre nous et toi, Iéshoua‘ le Nazaréen : comme on le sait, Rabbi Yeshoua de Natzeret était surnommé par le public Juif : le Nazaréen ; Yeshoua HaNotzri en hébreu. L’Apôtre Matityahou explique : il vint demeurer dans une ville appelée Natzeret, afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par les Prophètes : Il sera appelé Nazaréen. (Matityahou 2 :23).

 

COMMENTAIRE N°1

Matityahou fait certainement référence aux prophéties de Yeshayahou HaNavi comme il est dit : Puis un rameau sortira du tronc d'Yichaï et un rejeton naîtra de ses racines. L'Esprit de l'Éternel reposera sur lui : Esprit de sagesse et d'intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l'Éternel. (Yeshayahou 11 :1-2)

Dans ce cas précis, il est important d’expliquer pourquoi, il s’agit des prophéties de Yeshayahou HaNavi… En effet, dans ce verset, Matityahou prétend que Yeshoua a accompli une prophétie des Neviim et qu’en conséquence, le Mashiah sera appelé "le Nazaréen" [HaNotzri, en hébreu]. Or, lorsque vous cherchez la source de cette prophétie dans le Tanakh, vous n'en trouverez pas car elle n’existe pas ; du moins, elle n’existe pas d’un point vue purement littéral...

Matityahou est un Juif et parle comme un Juif ; c’est pourquoi, il fait une interprétation midrashique Juive d’un verset de Yeshayahou HaNavi.

Pour information, un Midrash est une méthode Juive d’interprétation qui cherche à répondre aux questions religieuses, pratiques et/ou théologiques en cherchant minutieusement les significations des mots, des phrases, des versets et/ou des thèmes dans les Écritures. Autrement dit, c’est une méthode herméneutique d’exégèse biblique. Or, longtemps réduit à une dimension folklorique et apparemment naïve, le Midrash connaît un regain d’intérêt lorsque des commentateurs redécouvrent derrière des exégèses apparemment extravagantes, plusieurs parallèles avec la Bible. 

Dans cet Évangile, comme nous l’avons dit, Matityahou utilise une méthode midrashique pour étayer cette déclaration : le Mashiah sera appelé le Nazaréen. En fait, la clé pour comprendre réside dans le mot "Natzeret" … En effet, le mot racine pour "Natzeret" est "netzer" ce qui signifie également la branche, le sarment ou dans d’autres versions, le rejeton comme c’est le cas dans Yeshayahou. Par conséquent, Matityahou relie le mot racine "netzer" au Mashiah, la "branche/sarment" d’Yichaï, du Roi David…

Puis un rameau sortira du tronc d'Yichaï et un rejeton naîtra de ses racines. (Yeshayahou 11 :1)

Un rejeton ou une branche, un "netzer" [lié au Notzri, au Nazaréen en français] naîtra des racines d’Yichaï… Le Mashiah Yeshoua est alors ce fameux "Nazaréen/Notzri" de la lignée de David et également celui qui vient de Natzeret ; voilà pourquoi Matityahou utilise cette prophétie de Yeshayahou pour parler du Rabbi. 

Voici, je ferai venir mon serviteur, le germe. (Zekharia 3 :8)

Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, où je susciterai à David un germe juste ; il régnera en Roi et prospérera, il pratiquera la justice et l'équité dans le pays. (Yrmeyahou 23 :5)

Dans ces deux versets précédemment cités, deux des Prophètes les plus célèbres d'Israël utilisent également le mot "branche/germe" comme titre pour parler du Mashiah. Cependant, dans ces versets, ils utilisent un mot différent pour branche/germe, il s’agit du mot "tzema’h" en hébreu … Or, il faut savoir que "netzer" et "tzema’h" sont synonymes ; ils signifient dans un sens, la même chose. Matityahou, en utilisant l'exégèse midrashique, relie le Mashiah à "netzer" et "tzema’h" ; tout cela également relié à la ville de Natzeret et au nom "Nazaréen/Notzri" attribué à Yeshoua… En réalité, l’Apôtre Matityahou dit à ses lecteurs que les Prophètes ont utilisé un code pour identifier le Mashiah dans le mot "netzer" ou "tzema’h" : une branche, un germe qui sortira de la lignée de David. En l’occurrence, il s’agit de Yeshoua, nommé le Nazaréen [HaNotzri]. 

À noter que l’expression "Rabbi Yeshoua de Natzeret" est aujourd’hui une façon vraiment Juif de l'appeler [le nom du Rabbi + une ville bien précise] comme c’est le cas chez les ‘habad lorsqu’il parle du "Rabbi de Loubavitch" ou encore chez Breslev avec "Rabbi Na’hman de Breslev" ou encore même chez les mitnagdim avec le "Gaon de Vilna" …

 

 

  • Tu es venu nous perdre ! Je sais qui tu es : le consacré d’Elohîms : comme cela est rapporté, les démons voyaient en Yeshoua, un véritable Tsadik consacré au divin, un véritable Saint, comparable au Saint Béni soit-Il lui-même... Or, dans le monde futur, on dira "kadosh" [saint] aux Tsadikim comme on pourrait le dire au Saint Béni soit-il, comme il est dit : les restes de Sion, les restes de Jérusalem seront appelés saints. (Yeshayahou 4 :3). (Bava Batra 75a)