CHAPITRE 5

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COMMENTAIRES 

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29.     Lévi fait pour lui un grand festin dans sa maison. Il y avait une foule nombreuse de gabelous et d’autres personnes, qui s’étendaient à table avec eux.

 

 

  • Lévi fait pour lui un grand festin dans sa maison : un grand repas, un grand banquet.

 

  • Il y avait une foule nombreuse de gabelous : du grec "telones"…

Voici la définition du mot grec "telones" :

  • un collecteur de taxes et d'impôts,

  • un péager : personne qui perçoit un péage, une taxe ; c’est un droit perçu pour le passage de personnes, d’animaux, de marchandises, etc… Les péagers étaient une classe du peuple détestée par les Juifs mais aussi par les autres, à cause de leur manière de faire leur travail et de leur rudesse,

  • un publicain : adjudicataire de l'État pour la perception des impôts, les publicains étaient vraiment impopulaires,

  • un loueur : comme un bailleur moderne, soit une personne qui consent à une autre, la location d’un bien, en vue d’un salaire,

  • un gabelou : un employé de la douane.

Les proushim virent cela et ils dirent à ses talmidim : Pourquoi votre Rabbi mange-t-il avec les publicains et les gens de mauvaise vie ? (Matityahou 9 :11)

 

  • et d’autres personnes, qui s’étendaient à table avec eux : les gens de mauvaise vie ; plus précisément, cela fait référence aux Juifs simples et non instruits du peuple (en hébreu, les améi haaretz).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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36.     Il leur dit aussi cet exemple : Nul ne déchire un morceau d’un vêtement neuf pour l’ajouter à un vieux vêtement. Sinon, bien sûr ! et le neuf est déchiré, et avec le vieux la pièce du neuf ne s’harmonise pas.

 

 

  • Il leur dit aussi cet exemple : cette parabole.

 

  • Nul ne déchire un morceau d’un vêtement neuf : selon les clés du Pirké Avot, on pourra comprendre plutôt facilement que le Mashiah Yeshoua fait référence à son nouvel enseignement.

 

COMMENTAIRE N°1

En effet, nous pouvons comparer cette parabole du Rabbi avec les enseignements du Pirké Avot.

Elicha ben Abouyah dit : Celui qui étudie la Torah lorsqu’il est un enfant, avec quoi peut-il être comparé ? Avec de l’encre écrite sur un papier neuf et celui qui étudie la Torah durant un âge avancé, avec quoi peut-il être comparé ? Avec de l’encre écrite sur un papier usagé. Rabbi Yossé bar Yehoudah de Kfar Habavli dit : Celui qui apprend la Torah des jeunes, avec quoi peut-il être comparé ? Avec celui qui mange des raisins aigres [qui ne sont pas mûrs], ou qui boit du vin au pressoir… Mais celui qui apprend la Torah des personnes âgées, avec quoi peut-il être comparé ? Avec celui qui mange des raisins mûrs ou qui boit du vin vieux. Rabbi Méïr dit : Ne regarde pas le récipient, mais ce qu’il contient : il est des récipients neufs qui contiennent du vin vieux et des récipients vieux qui ne contiennent pas de vin nouveau. (Pirké Avot 4 :20)

Notre passage du Pirké Avot compare différents types d'enseignants, de talmidim et d'enseignements. Dans le texte de la Mishna, les ustensiles contenant le vin ne sont pas des institutions, ni des mouvements religieux, ni des enseignements. Ces ustensiles sont des individus… Le vin est l'enseignement consommé ou contenu chez ces individus.

On comprendra ainsi, la parabole de Yeshoua :

  • le vêtement neuf : des talmidim n'ayant jamais été instruits.

  • le vêtement vieux : des talmidim ayant été précédemment instruits.

  • les outres neuves : des talmidim n'ayant jamais été instruits.

  • les outres anciennes : des talmidim ayant été précédemment instruits.

  • le vin nouveau : le nouvel enseignement de Yeshoua.

  • le vin vieux : les anciens enseignements (d’une dimension moins profonde).

En gros, il est difficile de partager des enseignements nouveaux à de vieux talmidim déjà instruits dans la Tora… Au contraire, ces choses sont destinés à de nouveaux talmidim. S'il partage des nouveautés, il se peut que l'enseignement nouveau soit rejeté, au mieux, les instruits seront renouvelés ; néanmoins, ce n’est pas le but recherché. En effet, cela sera toujours nettement différent de celui qui nait et grandit dans les enseignements d’un Rabbi… Par exemple, les Apôtres devaient naître dans la Torah du Mashiah et non dans celles des proushim : les Apôtres étaient des récipient neufs, aptes à recevoir un habit neuf et du vin nouveau. On comprendra également que les enseignements contenus dans les Écrits Nazaréens sont ainsi, des ‘hiddoushim extrêmement profonds et toujours d’actualité !

 

  • pour l’ajouter à un vieux vêtement : toujours selon Rabbi Yeshoua et les clés du Pirké Avot, un nouvel enseignement ne doit pas être mélangé avec un vieux. Les ‘hiddoushim [les enseignements nouveaux] du Mashiah demandent des kélim, des récipients neufs [comme les Apôtres] afin de recevoir un nouvel habit [l’enseignement de Yeshoua]. 

 

  • Sinon, bien sûr ! et le neuf est déchiré : autrement, l’habit [l’enseignement] nouveau transmis par Rabbi Yeshoua perdrait toute valeur au milieu d’autres vieux habits [d’autres enseignements toraïques] ; or, l’engagement d’un talmid pour un Rabbi, en l’occurrence, celui des Apôtres pour Yeshoua doit être total.

 

  • et avec le vieux la pièce du neuf ne s’harmonise pas : comme nous l’avons compris, les vieux enseignements [comme ceux des proushim, etc…] et celui de Yeshoua n’étaient pas compatibles… Encore une fois, les ‘hiddoushim [les enseignements nouveaux] du Mashiah demandent des kélim, des récipients neufs [comme les Apôtres] afin de recevoir un nouvel habit [l’enseignement de Yeshoua]. Ceci est un langage spirituel codé.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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37.     Nul ne jette du vin nouveau dans de vieilles outres. Sinon, en effet, le vin nouveau fait craquer les outres. Il se répand, et les outres sont perdues.

 

  • Nul ne jette du vin nouveau dans de vieilles outres : comme précisé au verset précédent, selon les clés du Pirké Avot, on pourra comprendre plutôt facilement que le Mashiah Yeshoua fait référence à son nouvel enseignement qui ne peut pas être pleinement partagé avec des personnes déjà instruites dans la Torah. Au contraire, il faut des récipients neufs, comme les Apôtres, des personnes non instruites pour recevoir pleinement les ‘hiddoushim [les enseignements nouveaux] du Rabbi.

 

  • Sinon, en effet, le vin nouveau fait craquer les outres : autrement, le vin [l’enseignement] nouveau transmis par Rabbi Yeshoua perdrait toute valeur au milieu d’autres vieux habits [d’autres enseignements toraïques] ; or, l’engagement d’un talmid pour un Rabbi, en l’occurrence, celui des Apôtres pour Yeshoua doit être total : les kélim doivent être prêts pour recevoir un maximum de vin nouveau ; or, s’il y en avait déjà, le vin nouveau se mélangerait avec l’ancien et perdrait toute sa valeur…

 

  • Il se répand, et les outres sont perdues : comme nous l’avons compris, les vieux enseignements [comme ceux des proushim, etc…] et celui de Yeshoua n’étaient pas compatibles… Encore une fois, les ‘hiddoushim [les enseignements nouveaux] du Mashiah demandent des kélim, des récipients neufs [comme les Apôtres] afin de recevoir un nouvel habit [l’enseignement de Yeshoua]. Ceci est un langage spirituel codé.  

 

COMMENTAIRE N°1

 

Par exemple, il est bien stipulé dans le Tanya que l’attachement au Tsadik consiste à la fois à s’attacher à son enseignement et à le développer, dans le cadre de l’enseignement qu’il a délivré et qu’il ne faut pas s’en détourner… Comment pourrait-on mélanger l’abandon total au Tsadik et conserver de vieux enseignements ? À noter que le Tanya se base d’après le verset de Yeshayahou 35 :8 : Là s’ouvrira une voie qui sera appelée la voie sacrée. Personne d’impur ne la franchira. Celle-ci est tracée par le Tsadik et il suffit donc de la suivre, sans s’en détourner, sans le moindre écart. (Tanya et commentaire, Iguérot Kodesh, chap. 27)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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38.     Mais, un vin nouveau, il faut le mettre dans des outres neuves.

 

  • Mais, un vin nouveau : un nouvel enseignement, soit celui du Mashiah lui-même.

 

  • il faut le mettre dans des outres neuves : des récipients neufs, comme les Apôtres afin qu’ils puissent totalement s’imprégner de la Torah de leur Rabbi.  

 

COMMENTAIRE N°1

Les enseignements nouveaux doivent donc être enseignés à de nouveaux talmidim. Dans tout ce contexte, le Nazaréen Loucas a pris la peine de nous décrire ceci que les talmidim de Yeshoua étaient des pêcheurs, des collecteurs d'impôt, etc… Ils font la fête et boivent au lieu de jeûner et de prier... Pourquoi ? Car techniquement, ils ne font pas partie des talmidim pieux de la Galilée et apparemment, ils ne font pas non plus partie des talmidim qui, depuis l'enfance, suivaient les directives des Maîtres d’Israël. En effet, c’est bien connu que certains des talmidim de Yeshoua étaient des zélotes, comme Shim’ôn, d'autres n'étaient pas religieux au départ, peut-être des baalé téchouva, etc… En bref, tous n’avaient pas forcément été instruits pleinement par les Maitres d’Israël au départ et pourtant, Yeshoua se réjouit de cela car ils étaient encore enseignables, c’est eux les outres neuves destinés à recevoir la lumière du Mashiah !

Les proushim n'étaient pas tous des ennemis de Yeshoua, car beaucoup d'entre eux le respectaient… Dans ce contexte, le souci n'était pas Yeshoua mais le fait qu'ils ne comprenaient comment lui, un Rabbin élevé dans la kédoucha et dans la Torah Orale, pouvait-il prendre de tels talmidim ?

Ils lui dirent : Les talmidim de Yohanan, comme ceux des proushim, jeûnent fréquemment et font des prières, tandis que les tiens mangent et boivent. (Loucas 5 :33)

Ce verset pourrait être traduit par : Comment toi, le Rabbi qui prie, n'enseignes-tu pas à tes talmidim, le jeûne et la téfila ? Yeshoua répondit par la double parabole, et expliqua donc pourquoi, il n’avait pas choisi des talmidim parmi les plus raffinés et les plus éduqués du peuple, et pourquoi les gens de basse classe sociale étaient plus appropriés pour lui et pour les chemins de la Torah qu’il cherchait à préparer.  

La double parabole n'était donc pas une polémique contre la Torah de Moshé comme le prétende les chrétiens mais au bien contraire, il s’agissait tout simplement d’une explication sur le choix des talmidim de Yeshoua. En gros, Yeshoua était en train de dire aux proushim : comprenez, vous ne pouvez pas apprendre au vieux chien de nouveaux tours… Les talmidim qui ont étudié la Torah dans les écoles des Maîtres ou sous la tutelle de Yohanan, ont appris l'interprétation de la Torah selon leurs traditions et ainsi, ils ne seront pas réellement intéressés par une nouvelle approche. Les anciens ont des opinions bien formées et des jugements bien établis, ils considéreront l'éducation qu'ils ont reçue comme étant supérieure par rapport aux autres… Pour eux, le vin vieux sera agréable ! Ce n’est pas le but recherché par le Mashiah, il voulait des outres neuves.

Loucas reviendra un peu plus tard sur la non-éducation toraïque des talmidim de Yeshoua dans les Actes. 

Lorsqu'ils virent l'assurance de Kéfa et de Yohanan, ils furent étonnés, sachant que c'étaient des hommes du peuple sans instruction et ils les reconnurent pour avoir été avec Yeshoua. Mais comme ils voyaient là près d'eux l'homme qui avait été guéri, ils n'avaient rien à répliquer.  (Actes 4 :13-14)

Deux pêcheurs de poissons connus pour avoir été des ignorants, étaient désormais devant le grand Sanhédrin de l’époque… N’est pas magnifique ? Les deux Apôtres ont démontré la pleine étendue de l'éducation qu'ils reçurent sous la tutelle de Yeshoua et ils ont ainsi, pu exposer toute la puissance du Mashiah : ils étaient de nouveaux vêtements et de nouvelles outres…

Nous pouvons comparer cela avec notre génération : ceux qui ont été formatés par des enseignements chrétiens précédents ont du mal avec les chemins de la Torah ! Dans la parabole, Yeshoua n'a jamais dit : le vin ancien est mauvais, il a simplement dit qu’il détenait des leçons différentes de celles qu’il souhaitait inculquer… Les proushim n’ont donc pas répliqué car ils ont parfaitement compris le message enseigné par Yeshoua.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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39.     Qui a bu du vin vieux ne désire plus du nouveau : oui, il dit que le vieux est bon.

 

 

  • Qui a bu du vin vieux : cela fait référence à celui qui a déjà goûté à des enseignements de la Torah d’un Maître, comme les talmidim de Yohanan ou encore les talmidim des proushim, etc…

 

  • ne désire plus du nouveau : en effet, ces talmidim n’auront pas la même capacité de s’attacher aux enseignements nouveaux du Mashiah, puisqu’ils auront goûté aux enseignements d’un autre Maître ; ils seront dans la comparaison, l’analyse au lieu de tout avaler et boire d’un coup comme le feraient les Apôtres, des gens non instruits, etc…

 

  • oui, il dit que le vieux est bon : au lieu d’accepter l’enseignement nouveau, il pourrait se complaire dans un autre enseignement rabbinique !