LES LOIS DU SHABBAT

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LES LOIS DU SHABBAT

 

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INTRODUCTION

 

Date : du vendredi soir au samedi soir.

 

Le Shabbat est le jour le plus important de la semaine et l’un des piliers de la religion Juive. Il signifie « retrait » ou « repos ». Comme nous l’a enseigné la Torah, D.ieu a cessé, au septième jour, tous les travaux qu’il avait effectué les six jours précédents. Ce jour est « saint » et supérieur à tous les autres jours de la semaine. Celui-ci est entièrement consacré à la vie spirituelle, d’où l’interdiction d’y effectuer le moindre travail.

 

Le Shabbat constitue également le premier signe d’alliance entre Hashem et le peuple Juif. Conformément à l'ordre divin, nous cessons ainsi, le jour du Shabbat tout travail (en hébreu : mélakha) comme D.ieu l'a fait le septième jour de la Création. Par le mot « mélakha », il ne faut pas simplement entendre l'effort physique mais plutôt « toute action interdite » par la Torah. En effet, D.ieu n'a pas cessé de faire des activités fatigantes mais il a mis fin, le jour du Shabbat, à ses activités créatives. Cette idée centrale nous permet de comprendre que l'ensemble des travaux interdits, leurs dérivés et les défenses rabbiniques qui en découlent constituent un système cohérent que l'on doit bien étudier afin de connaître la volonté de D.ieu.

 

Respecter le Shabbat offre également à l’homme un supplément d’âme. Et comment s’appelle cette âme supplémentaire ? La « néchama yitera », qui arrive le vendredi soir

 

 

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LES TRAVAUX INTERDITS (AVOT MÉLAKHOT ASSOUROT)

 

Les 39 catégories d’activité énumérées dans le Traité Shabbat sont les activités interdites le Shabbat (sous peine de profaner la sainteté du jour !).

 

Elles définissent la notion de mélakha (« activité », « tâche » ou « besogne ») s’appliquant aussi (avec quelques exceptions !) aux fêtes Juives appelées « Yom Tov ». Ces mélakhot (pluriel de mélakha) sont appelées « avot » (littéralement : « pères ») et donnent lieu à des sous-catégories, appelées « toledot » (littéralement : « descendances »), correspondant à des travaux interdits du fait de leur proximité avec les mélakhot.

 

 

 

1) Zoré‘a – Planter.

 

Le Shabbat, il est interdit de faire pousser un élément végétal, soit de planter pendant Shabbat, de tailler des arbres afin qu’ils poussent mieux, ou encore de greffer des arbres.  On enseigne même dans la Guémara, dans le Traité Moed Katane que celui qui arrose pendant Shabbat, est condamnable puisque l’eau contribue à la pousse des graines et des arbres. En effet, la mélakha de semer, ou de planter (zoréa’) englobe absolument tout ce qui pourrait causer une croissance végétale. Il s’agit comme nous l’avons dit, de poser des semences, de planter des pousses, de greffer un arbre ou de le marcotter. En fait, toute action qui a pour effet d’améliorer la croissance de branches ou de fruits, etc… est interdite par la Torah. À noter qu’on peut transgresser Shabbat même si une « plantation » ne produit pas de résultats ; par exemple, si on laisse simplement tomber une graine ou un noyau sur le sol. En effet, puisque la graine pourrait germer et produire un arbre ou une plante, laisser tomber une simple graine est considéré comme un acte de plantation.

 

Conclusion, pour éviter d’enfreindre le Shabbat, retenons qu’il est clairement interdit d’arroser de l’herbe, de tailler les arbres, de désherber (pour favoriser la croissance des plantes), de répandre des pesticides et ou des engrais. Nous n’avons pas le droit de mettre en marche un système d’arrosage automatique, et nous n’avons pas non plus le droit de déplacer des plantes pour les mettre au soleil (pour favoriser leur croissance).

 

 

2) ‘Horèch – Labourer.

 

La mélakha de labourer (‘horech) est celle par laquelle on prépare un terrain afin d’y cultiver des espèces végétales. Le labour consiste à creuser des sillons dans le sol, ou des trous, afin de pouvoir y planter des semences ou repiquer des plants. 

 

De façon plus concrète, il est interdit de désherber des plantes ; de verser de l’eau sur le sol pour adoucir la terre et ainsi, la rendre plus fertile ; de niveler le sol en remplissant un trou ou en enlevant des pierres et des cailloux ; de mettre de l’engrais ; de ratisser le gazon ou encore de gratter sa chaussure contre le sol. En effet, même le simple fait de gratter le sol avec sa chaussure ou une chaise lourde est considéré comme ‘horech. De même, si l’on creuse un petit trou, on enfreint l’interdit de labourer puisqu’il est possible d’y semer une graine ; dans le même élan, il est interdit de creuser un trou dans de la terre d’un simple pot de fleurs, ou d’enfoncer un objet dans la terre d’un tel pot car, en l’enfonçant, on ferait un creux susceptible d’accueillir une semence. Toujours dans le même élan, nos Sages ont interdit de déplacer, du pied, de la terre ou du sable, ou d’y donner des coups de pied car ce serait permettre à la terre d’être plus friable et d’en aplanir les creux. 

 

 


3) Kotsèr – Moissonner, Récolter.

 

Dans l’interdit de « kotser » est inclue l’activité de moissonner la récolte, comme du blé ou de l’orge ; de vendanger des vignes ; de cueillir des olives, ou des dattes, ou bien des figues, ou tout simplement cueillir tout élément végétal. Par conséquent, pendant Shabbat, il ne faut pas sentir un fruit possédant un bon parfum. Néanmoins, des arbres ou des plantes qui n’ont pas de fruits mais qui dégagent seulement un bon parfum, il est permis de les sentir pendant Shabbat. En fait, s’il est clairement interdit de sentir l’odeur d’un fruit encore attaché à l’arbre ; cette restriction ne s’étend pas aux fleurs car on peut profiter pleinement d’une fleur en la sentant et ce, bien qu’elle demeure rattachée au sol. S’agissant des fruits, en revanche, on peut être tenté de les cueillir et de les manger.

 

Cependant, il est important de relever ici qu’au sujet d’une branche détachée d’un arbre sur laquelle se trouveraient des fruits, il serait clairement permis de les arracher de la branche puisqu’elle n’est plus rattachée à sa « source de croissance ». De ce fait, on comprend pourquoi il est évidemment permis d’arracher des raisins d’une grappe lors d’un Shabbat puisque la grappe n’est plus rattachée à sa racine.

 

Le Talmud de Jérusalem comprend que l’interdit de « kotser » peut également s’appliquer aux humains et aux animaux. Par exemple, tondre la laine d’un mouton enlèverait selon le Talmud, la laine de « sa source de croissance » comme le fait d’ailleurs, de se couper les cheveux et les ongles. La halakha n’accepte pas cette définition dans son analyse finale, et bien que la tonte de la laine et la coupe des ongles soient interdites le Shabbat, elles appartiennent à la catégorie de « gozez » (tondre) plutôt qu’à celle de « kotser ».

 

Quoi qu’il en soit, pour éviter d’enfreindre Shabbat, retenons le fait qu’il est interdit de soulever un pot de fleurs du sol puisque « la plante tire sa nourriture du sol » et que finalement, c’est comme si on le détachait « de sa source de croissance ». Il est aussi interdit de secouer un arbre pour en faire tomber les fruits, de faire usage des arbres comme le fait de grimper sur un arbre, de s’asseoir ou encore de s’appuyer dessus. Placer un objet sur un arbre est également interdit. Si une personne a laissé un objet sur un arbre, elle ne doit pas le retirer le jour du Shabbat. Comme nous l’avons compris, il est aussi interdit de cueillir des fleurs, et de jouer dans une cabane dans les arbres.

 

Il est également interdit de manger des fruits tombés d’un arbre le jour du Shabbat, le problème ici est que l’on risquerait ensuite d’en cueillir les fruits tout en ramassant ceux qui sont à terre.

 

Il est aussi interdit de faire usage d’un animal, ou de monter un animal le jour du Shabbat. La principale préoccupation ici est que lorsqu’on monte à cheval, il serait largement possible de casser la branche d’un arbre. Bien que cette préoccupation se pose seulement s’agissant d’animaux qui peuvent être montés, les Sages ont interdit l’utilisation de tous les animaux le Shabbat pour éviter toute confusion quant aux animaux interdits et autorisés.

 

 


4) Me‘amèr – Rassembler, Mettre en gerbe.

 

Toujours sur le thème d’action qui se rapporte à des travaux agricoles, lier ou rassembler des produits issus du sol, est interdit le jour de Shabbat.  Par exemple, il est interdit de rassembler des bouts de bois dans le jardin pour en former un tas, de ramasser les fruits tombés d’un arbre et de les placer (ensemble) dans un panier. Des décrets rabbiniques ont étendu cette action de « méamer » à toute action de collecte d’objets, même d’origine non végétale.

 

 

5) Dach – Battre.

 

L’une des activités interdites est celle de « dach » qui constitue à dissocier, à séparer la récolte (comme du blé, ou de l’orge) de la paille et des épis. Plus généralement, « dash » est l’idée de retirer un aliment (ou un liquide) de son contenu d’origine.

 

Exemple, le dérivé de l’interdiction de « dach » est l’interdiction « soh’ett » (de presser) puisque lorsqu’on presse un fruit, on sépare « le jus de son fruit » comme lorsqu’on bat le blé, et cette activité est interdite par la Torah. En fait, la Torah en elle-même, n’interdit que de presser des olives et des raisins mais les autres fruits sont interdits au pressage par nos Maîtres, qui ont décrétés de ne pas presser les autres fruits de peur d’en arriver à presser les olives et les raisins. En effet, selon la Torah, il est interdit de presser des raisins pour obtenir leur jus, et des olives pour obtenir leur huile. Néanmoins, l’interdit de presser ne s’applique que lorsque le but est clairement d’extraire le jus du fruit afin de le boire ; mais si le but premier est d’ajouter du goût à un plat, il devient permis de presser des fruits au-dessus de ce plat puisque alors le pressurage n’a pas pour effet de créer une boisson mais simplement d’extraire le jus du sein d’un aliment pour le transférer vers un autre aliment. Par conséquent, il est permis de presser des raisins sur un mets, un citron sur une salade de légumes, une orange sur des carottes râpées. Autre exemple, si l’on veut presser un citron pour en faire une citronnade, on ne pressera pas le citron au-dessus de l’eau mais on le pressera plutôt sur un sucre et ce, de façon à ce que tout le jus soit absorbé ; on considèrera ainsi, que l’on extrait un comestible pour le transférer vers un autre comestible, ce qui n’est donc pas interdit.

 

Pour mieux comprendre le concept de « dash », on pourrait aussi relever qu’il est par exemple, interdit de traire une vache puisque le lait est contenu dans la mamelle, et le simple fait de « tirer le lait » de celle-ci n’est pas autorisé. De même, il est permis à une femme d’allaiter son bébé mais il est toraïquement interdit de verser le lait dans un récipient.

 

Il est également interdit de piler de la glace, ou de tout simplement décongeler puisque transformer des substances congelées en liquides serait comparable au fait de presser des fruits pour leur jus, ce qui est un interdit. Il est cependant permis de mettre de la glace dans une boisson car la glace qui fond au fur et à mesure, n’est pas perceptible en tant qu’entité distincte.

 

Il est aussi interdit d’essorer des vêtements, ou d’essorer depuis un tissu (comme d’une serviette). L’éponge pour la vaisselle est également interdite.

 

 


6) Zoré – Vanner.

 

 


7) Borèr – Trier.

 

L’un des travaux interdits que l’on rencontre le plus fréquemment pendant Shabbat est l’interdit de « borer ». Une sainte obligation incombe donc à chaque Juif de maitriser parfaitement les principes relatifs aux règles de l’interdit de « trier » car l’on peut très facilement se heurter, ‘hass véchalom, à un travail interdit par la Torah puisque nous rencontrons ce travail très fréquemment.

 

Toute forme de tri qui est interdite par la Torah concerne un tri entre deux espèces : l’une appelée « oh’el » (aliment) et l’autre « péssolett » (déchet). En termes plus simples, celui que l’on désire manger est considéré comme « l’aliment » alors que les autres, ceux que l’on ne souhaite pas manger sont considérés comme le « déchet ». Par exemple : si nous avons dans une assiette, des pépites noires et des pépites blanches mais que sur le moment, on ne désire manger que les pépites blanches ; et que de ce fait, on sépare et on extrait toutes les pépites noires pour les placer ailleurs ; il est clair que cet acte est qualifiable de « trier » puisque la personne ne veut pas manger de pépites noires. En d’autres termes, si l’on a une assiette dans laquelle se trouvent deux sortes d’aliments mélangés, comme des pépites noires et des pépites blanches ; si l’on ne désire que l’une des deux espèces, il est absolument interdit d’extraire « le déchet » en laissant dans l’assiette seulement l’aliment désiré.

 

L’interdiction de trier pendant Shabbat n’existe selon la Torah que lorsque cette activité est réalisée de la façon courante et ordinaire. Cependant, il est permis de trier lorsque trois conditions sont réunies :

  • 1) Il doit s’agir d’un aliment,

 

Par conséquent, dans l’exemple que l’on a cité, une personne qui a deux sortes de pépites ; si elle ne désire que les blanches, même s’il lui est interdit de prendre les pépites noires et de les mettre de côté, il lui est néanmoins permis de prendre les pépites blanches et de les manger car ce procédé n’est pas une façon ordinaire de trier mais une façon de manger puisqu’on tri « l’aliment » du déchet, et non le contraire. Autre exemple, une personne qui mange un plat de riz mélangé avec des petits pois, il lui est permis de prendre le riz à la main et de le manger puisque l’on prend « l’aliment » du déchet. Or, rejeter les petits pois pour favoriser le riz aurait été un tri interdit par la Torah.  

 

  • 2) l’aliment est trié pour une consommation immédiate (30 mn max !),

 

Si on tri à la main un aliment d’un déchet et qu’on le fait dans l’intention de le consommer plus tard, on transgresse un interdit par la Torah. Par conséquent, si l’on prend les pépites blanches (celles que l’on désire !) et qu’on les met de côté pour les manger 30 mn plus tard, on est condamnable pour profanation du Shabbat.

 

  • 3) le tri doit être effectué à la main,

 

Néanmoins, une fourchette ou une cuillère peuvent également être utilisées car ce sont des ustensiles utilisés pour manger.

 

Autre information importante, « borer » n’est un problème que lorsque tous les composants sont vraiment mélangés. Si un élément est clairement discernable et se démarque, même s’il se trouve avec quelque chose d’autre, il peut être sélectionné. Par exemple, on peut retirer les œufs de l’eau dans laquelle ils ont été bouillis, ou retirer à la cuillère des morceaux de pommes de terre d’une soupe car dans les deux cas, l’aliment désiré est clairement distinct du liquide avec lequel il est mélangé et n’est donc pas considéré comme étant « mélangé » au regard de l’interdit de « borer ».

 

Une autre méthode de « borer » autorisée consiste à retirer l’élément indésirable avec certains des éléments désirés. Exemple, si je dois retirer un corps étranger d’un verre d’eau, je peux le faire en prenant soin de prendre un peu de liquide dans ma cuillère ; et de ce fait, il n’y aura pas de tri.

 

Voici d’autres exemples qu’il faudrait éviter concernant cet interdit : ne pas retirer les cuillères d’une pile de fourchettes, ne pas retirer les arêtes d’un poisson, ne faut pas trier des jouets qui ont été mélangés, et ne pas réorganiser des livres qui ont été placés au hasard sur une étagère.

 


8) To’hen – Moudre.

 

L’interdit de « moudre » revient à fragmenter un objet en morceaux plus petits pouvant remplir un but nouveau ou meilleur. En effet, tout acte qui génère ce résultat est inclus dans le mélakha de « to’hen » comme c’est le cas pour le fait de couper des bûches en petits morceaux, le fait de découper des bandes de tissu d’un vêtement, le fait d’utiliser une rappe, le fait d’effriter un morceau de terre, ou encore le fait d’émincer des légumes. Toutes ces choses sont interdites le Shabbat.

 

Il paraît évident qu’il est aussi strictement interdit de moudre des épices pendant Shabbat. Néanmoins, il est permis de les moudre pour les besoins du repas de Shabbat, au moyen du manche d’un couteau (et non de la partie coupante), et à l’intérieur d’une assiette ordinaire (et non dans un bol avec un pilon) mais en aucun cas, au moyen des ustensiles destinés à moudre.

 

À noter cependant, qu’il n’est pas interdit de moudre des aliments qui ont déjà été moulus, puis qui ont été reformés de façon artificielle. Par exemple, il est permis d’écraser un biscuit puisque la farine qui en est l’ingrédient principal était auparavant sous forme de grains de blé qui ont été eux-mêmes moulus.

 

Il faut également savoir qu’à l’époque talmudique, les médicaments étaient généralement produits en broyant diverses herbes et plantes. Puisque ce processus implique clairement la mélakha de « to’hen », les autorités halakhiques ont interdit l’utilisation de la plupart des médicaments le Shabbat. Les maladies graves et les douleurs extrêmes n’ont jamais été incluses dans l’interdiction. Quand il s’agit de sauver la vie d’une personne, la prise de tout médicament nécessaire est non seulement autorisée mais obligatoire !

 

 


9) Méraked – Tamiser.

 

Cette mélakha nous rappelle celles de « borer » (trier) et « zoré » (vanner) car ici, il s’agit également de séparer ou de trier, par un autre moyen, des éléments mélangés afin de ne garder que ceux que l’on souhaite. En soi, « tamiser » renvoie à l’utilisation d’un ustensile, comme un tamis ou une passoire, pour trier des aliments.

 

 

10) Lach – Pétrir.

 

Comme on le sait, pétrir comporte invariablement deux étapes : a) verser le liquide dans la farine et b) mélanger la farine et l’eau ensemble pour en faire une pâte. En fait, cette mélakha englobe ici toutes les activités qui, comme le pétrissage, réunissent de petites particules en une seule masse à l’aide d’un liquide.

 

Par exemple, il sera interdit de mélanger de l’eau et du sable, et d’en faire des châteaux de sable. Dans le même élan, si l’on malaxe du sable dans de l’eau afin de faire des briques ou de boucher les trous d’un mur, on transgresse l’interdit de « lach ».

 

À noter qu’il est également interdit d’accomplir partiellement le travail de pétrissage ; de ce fait, il est même interdit de verser simplement de l’eau sur de la farine.

 


11) Bichoul – Cuire.

 

Le Shabbat, il est absolument interdit de cuire des aliments pour les rendre consommable ; en effet, nous devons préparer nos repas à l'avance (le jeudi ou le vendredi). Par conséquent, afin de maintenir les mets chauds pendant Shabbat, la solution la plus simple est donc de se servir d'une « plata », c'est-à-dire d’une plaque chauffante que l'on branche avant Shabbat.

 

À noter que si un aliment est cru (ou pas suffisamment cuit) avant Shabbat, il n’est pas possible de le placer sur la plaque électrique (sur la plata). En effet, il est strictement interdit de cuire sur une plaque électrique pendant Shabbat. Exemple, iil est interdit de placer pendant Shabbat, un morceau de pâte ou une casserole de lait pour les cuire sur la plata puisque ce geste constitue un interdit de « bichoul » selon la Torah. Néanmoins, s’il s’agit d’un plat solide déjà cuit depuis le jeudi ou le vendredi précédent Shabbat, ceci relève du principe selon lequel « il n’y a pas de nouvelle cuisson d’une chose déjà cuite » (cette loi traite uniquement des plats solides et non liquides !) : ce qui signifie que lorsqu’il s’agit d’un aliment déjà cuit, il n’y a aucun interdit à le remettre et à le cuire à nouveau sur la plaque électrique chauffante.  Il est ainsi, permis de chauffer sur la plata le jour du Shabbat. Cependant, comme précisé, il existe des aliments, même déjà cuits avant Shabbat, pour lesquels il est malgré tout question d’un interdit à titre de nouvelle cuisson. Entrent dans cette catégorie, tout aliment liquide, comme une soupe, du lait ou autre, et leur seul réchauffement pendant Shabbat constitue un interdit à titre de cuisson après cuisson.

 

Conclusion, sous quelles conditions est-il permis de poser un plat sur la plaque de Shabbat (pendant Shabbat) ?

 

  • la plaque doit être branchée avant Shabbat,

  • le plat doit être déjà cuit,

  • le plat ne doit pas contenir de liquide (sauce, ou jus) et ce, pour éviter une « cuisson après cuisson. »

 

Autre information : lorsqu’un plat solide contient du liquide (sauce, ou jus), ce plat peut être réchauffé Shabbat sur la plata à condition que le liquide soit en minorité par rapport à l’aliment solide.

 

En fait, il y a « cuisson » selon la Torah, lorsqu’une source de chaleur atteint 40-45° (précisément 43-44° degrés selon d’autre avis !) ; autrement dit, lorsqu’on « retire de façon instinctive » sa main en touchant un récipient. L’expression consacrée pour décrire ce principe est « yad solèdèt bo » : lorsque « la main est réfractaire ».

 

Il est également important de distinguer les différents récipients dans lesquels sont transvaser les aliments :

  • kéli richon (premier récipient) : ustensile qui se trouve en contact direct avec la source de chaleur (la plata).

  • kéli cheni (second récipient) : ustensile dans lequel, on transvase les aliments cuits, solides ou liquides. Ici, les aliments perdent de leur chaleur initiale, et on peut donc y ajouter de nouveaux aliments (sans risquer de les faire cuire !).

  • kéli chélichi (troisième récipient) : c’est l’ustensile (comme une assiette) dont nous nous servons pour manger, on peut également y ajouter de nouveaux aliments (toujours sans risquer de les faire cuire).

 

Exemple plus pratique concernant les différents ustensiles, comment fait-on un thé à Shabbat ? Il faut verser l’eau d’une marmite (premier récipient) ou d’un « coumcoum » dans un kéli chéni (second récipient) puis dans un kéli chélichi (troisième récipient) en enfin, y déposer le sachet de thé en dernier.

12) Gozèz – Tondre.

 

L’interdiction biblique de « gozèz » n’est transgressée que lorsqu’on utilise un instrument destiné à cet effet, comme une paire de ciseaux ou un coupe-ongles. Arracher des cheveux ou des poils à la main n’est pas la façon dont ils sont généralement retirés et ne constitue donc pas une transgression de « gozèz » d’ordre biblique. De même, se ronger les ongles n’est pas inclus dans l’interdiction car ce n’est pas la manière habituelle de se couper les ongles. Les Sages ont néanmoins interdit ces activités car elles ressemblent étroitement à l’interdiction biblique.

 

De ce fait, pour éviter d’enfreindre le Shabbat, il est interdit de se couper les cheveux, de se raser la barbe ou de s’épiler pendant Shabbat. Il est également défendu de se peigner ou de se démêler les cheveux puisque cela pourrait mener à en arracher. Cependant, on pourra se brosser à l'aide d'une brosse à poils doux (comme une brosse de bébé) et ce, à condition que l'on se brosse délicatement. Si malgré tout on s'arrache des cheveux, on s'abstiendra même d'une telle brosse.

 

Il est également interdit de se retirer des peaux mortes, des verrues ou des boutons puisque cela rentre en compte dans le cadre de la mélakha de « gozez ». Et pour retirer un pansement, notons qu’il faut essayer de le décoller avec de l’eau ou de l’huile.

 

Autre exemple, arracher des plumes à un oiseau, ou à un mouton relève également de la mélakha de « tondre ». Néanmoins, il est évidemment permis d’arracher les plumes de la peau d’un poulet cuit. En effet, après la cuisson, le poulet est considéré comme un aliment, et l’interdit de « tondre » ne s’applique plus.

 

 

 


13) Melabèn – Lessiver, Blanchir.

 

La mélakha du « blanchiment » consiste à nettoyer de la laine ou du lin, et à les blanchir afin d’en faire des habits. Le dérivé de ce travail est « le lavage d’habits ».

 

L’interdiction de « melabèn » est transgressée par le simple fait de tremper un chiffon sale dans l’eau et ce, même sans le frotter ou sans enlever la tâche. En effet, il est aussi par exemple, interdit de mettre des vêtements sales d’un bébé dans de l’eau, même si l’on a l’intention de réaliser l’essentiel du lavage après Shabbat car dès que l’on fait tremper ces vêtements, ils se nettoient quelque peu. À noter que le trempage n’est problématique qu’avec des textiles absorbants comme les vêtements mais ne s’applique pas aux matières non absorbantes comme le caoutchouc ou le cuir.

 

En pratique, cela signifie que si un vêtement est souillé par de la saleté ou qu’il présente une tâche, il sera interdit de mettre du liquide sur la tâche pour la traiter. Dans le cas de matériaux non absorbants, comme des chaussures boueuses par exemple, on ne peut verser que de l’eau dessus, sans frotter ni les gratter.

 

Par extension, le jour du Shabbat, il ne faudra pas brosser un chapeau pour en enlever la poussière. Il est aussi interdit d’essorer un tissu humide. Et si on souhaite sécher de la vaisselle ou des verres, il faudra veiller à ce que l’eau qui imbibera le torchon ne coule pas. Autres cas pratiques, il faudra éviter d’utiliser une éponge classique pour laver la vaisselle, ou encore de prétraiter des vêtements avec un détachant.

 

Les Sages ont également interdit de faire un acte que d’autres personnes risqueraient de prendre pour une transgression d’un interdit. Par conséquent, si des vêtements se sont mouillés pendant Shabbat, on ne les étendra pas sur une corde ou sur quelque autre dispositif de ce genre mais on les placera plutôt dans un endroit où l’on n’a pas l’habitude d’étendre du linge, par exemple sur une chaise ou sur un cintre. En revanche, lorsque des vêtements ont été étendus avant Shabbat, il est permis de les laisser attacher pendant Shabbat.

 


14) Menapèts – Peigner.


15) Tsovéa – Teindre.

 

L’action de « teindre » est interdite le Shabbat, celle-ci comprend toutes les activités consistant à ajouter de la couleur à quelque chose pour améliorer son apparence. Peindre, colorer et teindre sont ainsi, tous des exemples de l’interdit de « tsovéa »

 

De nombreuses activités liées à l’alimentation devraient donc apparemment être interdites dans le cadre de l’interdiction de tsovéa. En effet, mettre un sachet de thé dans de l’eau chaude change clairement la couleur de l’eau. De ce fait, certaines autorités soutiennent que cela peut être un problème et suggèrent qu’au lieu de mettre le sachet de thé dans de l’eau chaude, on verse plutôt l’eau chaude sur le sachet de thé, ce qui a moins l’apparence de chercher à colorer l’eau. La plupart des autorités halakhiques, cependant, soutiennent que la coloration des aliments n’est pas un problème de tsovéa.

 

À noter qu’on ne transgresse l’interdiction biblique de « tsovéa » que lorsque la coloration est faite pour durer dans le temps. En soi, si elle disparaît ou s’efface facilement, c’est une transgression d’ordre rabbinique. Les cosmétiques pour femmes en sont un exemple classique : le fard à joues, le maquillage (sauf une simple poudre) et le rouge à lèvres s’estompent peu de temps après leur application et sont faciles à essuyer, ce qui signifie que leur application est une interdiction rabbinique. Évidemment, les femmes ne se verniront pas non plus les ongles Shabbat.

 

Outre le sujet du maquillage pour les femmes, il est interdit par la Torah de peindre des murs, des armoires, des ustensiles, de teindre des tissus ou des vêtements. Peu importe dans quelle couleur on le fait : dès lors que la couleur ajoute à la beauté, le travail devient interdit. Il est de même interdit par la Torah de cirer des chaussures Shabbat. En effet, même si le cirage est transparent, l’interdit s’applique car, par l’effet du cirage, les chaussures vont briller. 

 

Le Choul’han Aroukh soutient que « tsovéa » peut également être un problème même lorsque l’on n’a pas l’intention de colorer quelque chose, et même lorsque la coloration n’est pas souhaitée. Par exemple, si l’on a des mains colorées de fruit, de sang ou de quelque autre substance ; on devra, a priori, rincer d’abord ses mains à l’eau puis seulement ensuite les essuyer dans une serviette, afin de ne pas colorer ladite serviette. De même, quand du jus s’est renversé sur la nappe de la table, on ne l’enlèvera pas en l’étalant sur la nappe, car ce serait colorer la nappe. Malgré tout, on peut être indulgent en tout cela car, de l’avis de nombreux décisionnaires, quand la coloration s’analyse comme une salissure (likhloukh), elle n’est pas interdite.

 

De nos jours, les décisionnaires sont partagés quant au fait de savoir s’il est permis de tirer la chasse d’eau des toilettes quand un bloc désinfectant, colorant l’eau, est fixé dans la cuvette. Certains disent que, puisque la fonction essentielle du produit est de désinfecter, et que la couleur n’apparaît qu’incidemment, il est permis de tirer la chasse d’eau. En pratique, il est préférable d’utiliser un produit incolore, mais si l’on se trouve en un endroit où un bloc de produit colorant est fixé dans les toilettes, on est autorisé à tirer la chasse d’eau.

 

Tous les avis s’accordent également à dire que l’on n’a pas à craindre de se colorer les mains et la bouche lorsqu’on on mange des fraises ou d’autres aliments colorés, car ce n’est pas ainsi que l’on a l’usage de colorer la peau, et cette coloration se fait sur le mode de la salissure.

 


16) Tové – Filer.


17) Messèkh – Ourdir. 

 


18) ‘Ossé Baté Nirin – Construire des Lisses.

 


19) Orèg – Tisser.

 


20) Potse‘a Chné 'Houtine – Démêler.


21) Kochèr – Nouer.

 

Une Mishna de la fin du Traité Shabbat (73a) recense toutes les activités interdites pendant Shabbat, au nombre de 39 et parmi ces activités, nous retrouvons « nouer et dénouer ». Cela signifie donc que lorsqu’on confectionne un nœud pendant Shabbat, ou lorsqu’on dénoue un nœud pendant Shabbat, on commet une transgression à titre d’interdit au même titre que lorsqu’on allume un feu ou lorsqu’on plante des graines pendant Shabbat.

 

Il existe différents cas pratiques sur ce sujet, car tout nœud n’est pas interdit pendant Shabbat.

 

Les nœuds interdits par la Torah sont les nœuds destinés à perdurer, ou qui sont l’ouvrage d’un professionnel. En d’autres termes, il est interdit de confectionner un nœud que l’on n’a pas l’intention de dénouer dans les prochains jours. Et de même, il est également interdit de confectionner un nœud pendant Shabbat lorsqu’il s’agit d’un nœud qui requiert une certaine compétence pour le confectionner.

 

Nos Maîtres ont décrété également un interdit lorsque le nœud n’est pas l’ouvrage d’un professionnel mais simplement destiné à perdurer. En d’autres termes, bien que les avis divergent, le Rav Eliahou écrit qu’un nœud destiné à durer plus d’un jour, c’est-à-dire 24 h, est interdit, par décret rabbinique mais moins de 24 heures, cela est permis. Le Rav Eliahou précise encore que tout dépend de l’intention de celui qui fait le nœud. S’il décide de laisser le nœud plusieurs jours c’est interdit, et s’il compte le dénouer avant moins de 24h, on autorise. En revanche, ce que l’on appelle « un nœud de cravate », nous dit le Rav Eliahou, n’est pas interdit. De plus, même si l’on souhaite que ce nœud dure plus de 24h, cela est permis.

 

De façon plus pratique, selon tous les avis, il est permis de confectionner le nœud des chaussures pendant Shabbat car un tel nœud n’est pas considéré comme un nœud professionnel, et de plus nous avons l’usage de le dénouer chaque soir lorsqu’on retire les chaussures avant d’aller dormir.

 

Concernant le nœud destiné à perdurer, les décisionnaires débattent plutôt au sujet d’un double nœud. En effet, lorsqu’on attache les chaussures, il est d’usage de faire un nœud, et ensuite une sorte de boucle. Mais si l’on fait un deuxième nœud sur le premier, le nœud devient plus résistant. Selon plusieurs décisionnaires, on peut l’autoriser car il n’est pas considéré comme un nœud professionnel. Néanmoins, il est juste de s’imposer la rigueur sur ce point et de ne pas faire le double-nœud.

 

Il est également interdit de sérer pendant Shabbat le nœud d’un tsitsit qui s’est relâché car cela peut se comparer à faire un double nœud. De plus, il y a matière à dire que le nouage d’un tsitsit représente l’œuvre d’un professionnel, et le tsitsit est généralement noué pour toujours, sans intention de le dénouer.

 

 


22) Matir – Dénouer.

La règle applicable au fait de dénouer est semblable à celle qui s’applique au fait de nouer : tout nœud que la Torah interdit de faire, elle interdit également de le défaire ; de même, quand les Sages interdisent de faire tel nœud, ils interdisent aussi de le défaire ; et inversement les nœuds qu’il est permis de faire, il est permis de les défaire.


23) Tofèr – Coudre.

 

Coudre est interdit le Shabbat, cela inclus également le fait de fixer deux objets distincts en utilisant un élément qui les maintient fermement ensemble, comme coller, épingler (sauf concernant les épingles de sûreté lesquelles sont autorisées) ou encore agrafer. En revanche, il est permis de joindre des feuilles au moyen d’un trombone, car celui-ci assemble les feuilles de manière extérieure, sans les relier de l’intérieur.

 

À noter que certaines activités ne sont pas incluses dans l’interdiction de « tofèr », bien qu’elles impliquent de réunir des éléments. Par exemple, il semblerait que le fait de boutonner une chemise soit autorisé puisque la jonction est toujours temporaire dans cet usage, et peut aisément être défaite ; ce qui les place dans une catégorie différente de celle de « tofèr ». La même logique peut être appliquée aux aimants, qui peuvent être utilisés le Shabbat.

 

Pour information, il est également interdit de tirer sur le fil d’une couture qui a commencé à se découdre.

 

 


24) Koréa – Découdre, Déchirer.

 

L’action de « korea » est une mélakha qui aide à la couture des vêtements. En effet, il arrive que, pour pouvoir réparer un vêtement, il faille le déchirer afin de le recoudre ; or quiconque déchire en vue de recoudre transgresse un interdit de la Torah.

 

De ce fait, si l’on coupe, afin de s’en servir, par exemple, des sacs en plastique ou des nappes en plastique attachés en rouleau, on transgresse un interdit de la Torah. De même, si l’on coupe du papier toilette pour l’utiliser, on transgresse cet interdit.

 

Plus de détails concernant le papier toilette : si l’on déchire le papier de façon inhabituelle, c’est un interdit rabbinique que l’on transgresse. En cas de nécessité, pour éviter une grande honte, nos Sages ont permis d’enfreindre leur propre interdit. Par conséquent, si l’on se trouve dans une situation où l’on n’a pas d’autre possibilité de s’essuyer que de déchirer du papier toilette, nos Sages permettent, en considération de l’honneur de l’homme et pour lui éviter un sujet de honte, de déchirer le papier de manière inhabituelle, par exemple en tirant le papier à l’aide de ses deux coudes ; et l’on déchirera à un endroit autre que celui où le papier est prédécoupé. 

 

Il est également interdit de décoller des feuilles qui ont été réunies par une agrafeuse.

 

Néanmoins, il est permis de déchirer un sachet contenant des produits alimentaires, de même qu’il est permis d’éplucher une orange afin de la manger, car le déchirement du sachet comme l’épluchage ne sont pas faits pour les besoins du sachet ni de l’écorce, mais pour atteindre le comestible qui se trouve à l’intérieur. 

 

 


25) Tsas – Capturer, Tendre des pièges.

 

Ce que la Torah interdit est d’attraper des espèces qu’il est courant d’attraper, bovins et ovins, animaux sauvages, oiseaux et poissons afin d’en manger la chair ou d’utiliser leur peau ; ou encore les perroquets, pour profiter de leur beauté. Celui qui attrape des espèces qu’il n’est pas d’usage d’attraper, telles que des mouches ou des insectes, enfreint seulement un interdit rabbinique. À noter qu’en cas de nécessité pressante, afin d’éviter une perte, ou que l’animal ne souffre, on peut s’appuyer sur les décisionnaires indulgents et attraper un animal. De même, il est permis de libérer une bête prise dans un piège car, s’il y a un interdit à chasser, il n’y a pas d’interdit à libérer un animal de son piège.

 

À noter qu’il est permis d’enfermer les animaux entièrement domestiqués tels que les vaches ou les chevaux car ils ne sont pas considérés comme étant libres même lorsqu’ils ne sont pas enfermés.

 

Les animaux ou reptiles qui peuvent causer de graves dommages à une personne peuvent être piégés le Shabbat, même s’ils ne constituent pas une menace immédiate. Piéger ces créatures n’est pas considéré comme une transgression biblique puisqu’on ne souhaite rien gagner en les piégeant.

 

 


26) Cho‘hèt – Égorger.

 

L’une des activités interdites pendant Shabbat est celle de « retirer la vie » (appelée « nétilat néchama »). Par exemple, faire la che’hita (l’abattage rituel) d’une bête pendant Shabbat pour en consommer la viande, est interdite. Or, ce n’est pas seulement l’abattage rituel (che’hita) qui est interdit mais bien tout procédé par lequel on peut ôter la vie à un animal, que ce soit en le frappant, en l’étranglant, etc… Celui-là même qui tue une petite fourmi transgresse un interdit ; de même, tirer un poisson de l’eau (puisqu’on le tue par ce moyen), c’est également enfreindre un interdit de la Torah.

 

De ce fait, si l’on est en train de marcher, et que des fourmis se trouvent sur son chemin, on passera par-dessus pour ne point les tuer car, si on les tuait, on enfreindrait un interdit. Néanmoins, si l’on se trouve dans un endroit tel qu’il n’y a pas d’issue autrement qu’en marchant sur les fourmis, il est permis d’aller son chemin puisque l’on n’a pas l’intention de les tuer ; il est toutefois recommandé, en un tel cas, de marcher sur les bords de ses chaussures, et de s’efforcer de ne pas tuer de fourmis.

 

De même, lorsqu’on trouve des insectes dans la cuvette des toilettes, et qu’il est raisonnable de penser que, si l’on tire la chasse d’eau, les insectes mourront, il est préférable lorsque c’est possible, d’attendre qu’ils quittent la cuvette en s’envolant ou en rampant. S’ils ne s’en vont pas, ou s’il est nécessaire de tirer la chasse d’eau pour l’honneur dû aux personnes, il sera permis de le faire.

 

Autre information, il est également permis de répandre de l’insecticide dans une pièce de la maison (à condition de ne pas viser directement un moustique). Ailleurs, nos Maîtres enseignent qu’il est aussi permis de tuer pendant Shabbat les poux qui se trouvent parfois dans nos cheveux. 

 

À noter qu’il n’y a pas de lien entre l’interdit de capturer un animal pendant Shabbat et l’interdit d’abattre un animal pendant Shabbat. En d’autres termes, la personne qui capture un animal pendant Shabbat et l’abat aussi pendant Shabbat, transgresse deux interdictions de la Torah : l’une à titre de capturer un animal pendant Shabbat, et l’autre à titre d’abattre un animal.

 


27) Mafchit – Dépouiller, Dépecer.

 

On ne peut pas enlever la peau du poulet ou du poisson crus le Shabbat, car ce serait une transgression de l’interdit de mafchit. La peau du poulet cuit, cependant, peut être enlevée puisque la cuisson détache la peau et qu’elle est déjà un peu enlevée au moment où on vient la manger. Aussi, une fois l’animal cuit, il n’est plus considéré comme un animal mais comme un aliment, et la mélakha de mafchit ne s’applique pas aux aliments.

 

 


28) Me‘abèd – Tanner.

 

Selon Rachi, les actions associées au marinage et à la conservation des aliments sont interdites en raison de leur similitude avec le tannage.

 

 


29) Mema'hek – Racler, Lisser.

 

Cette action fait référence au fait de polir la surface d’une peau en supprimant les poils et les saillies. Dans le Mishkan, cette mélakha consistait par exemple, à gratter les peaux des béliers et du ta’hach pour les lisser et enlever tout excès de poils.

 

De la même façon, il est interdit de poncer du bois ou de nettoyer une casserole avec de la laine de fer pendant Shabbat, car ces actions servent à lisser la surface avec laquelle on travaille. Autre cas pratique, il est interdit d’aiguiser un couteau Shabbat.

 

Autre information, la mélakha de racler a aussi un dérivé : celui d’enduire (memaréa’h), ce qui consiste à étaler une matière et à la lisser de manière homogène, ou à en enduire un autre corps pour l’y étaler de manière homogène. Par conséquent, c’est enfreindre un interdit que d’étaler de la crème, ou encore d’appliquer de la pommade sur son corps. De même, il est interdit à ce même titre, d’étaler pendant Shabbat une crème sur le corps pour se protéger du soleil. Il est également interdit de cirer ses chaussures en y appliquant de la crème.

 

Pour plus de détails concernant le fait de passer de la crème Shabbat, il faut savoir que les décisionnaires se sont pas mal étendus. Comme nous l’avons compris, le problème principal est d’étaler sur la peau, ce qui est une interdiction de la Torah. Cependant certains décisionnaires nous enseignent que dans la mesure où toute la crème est étalée de sorte à être complètement absorbée dans la peau, il n'y a pas de problème de « memaréa’h' ». Ce problème n'existerait d'après eux que dans le cas où on souhaiterait étaler la crème et que celle-ci resterait légèrement à la surface de la peau. Néanmoins, même pour les décisionnaires qui le permettent, c'est uniquement dans un cas de maladie, ou pour un bébé souffrant par exemple d'irritations, etc… De ce fait, pour un simple confort ou bien-être, il n'y a pas lieu d'autoriser le fait d’étaler une crème. Par contre, si la crème est entièrement liquide, il n'y a pas de problème de « memaréa’h ». En soi, il est par exemple permis de s’appliquer sur le corps un liquide destiné à éloigner les moustiques. Cependant, comme nous l’avons compris, si le produit anti-moustiques est plus solide, il est interdit de s’en enduire le corps. 

 

Il est permis de se laver les mains avec un savon liquide. Par contre, on a l’usage d’être rigoureux à l’égard du savon solide ou pâteux. En effet, utiliser un savon solide ou pâteux ressemble au fait de racler (mema’heq) ; et au moment où l’on utilise un savon solide, on lisse sa surface ; et de même, au moment où l’on utilise un savon pâteux, on l’étale sur ses mains et sur son corps.

 

Un autre scénario dans lequel cela peut s’appliquer est celui du « brossage des dents » le Shabbat. Le Rav Moshé Feinstein enseigne que l’utilisation de dentifrice constitue l’action de « memaréa’h » et est interdite le jour de Shabbat. Le Rav Ovadia Yossef, cependant, l’autorise en se basant sur le raisonnement du Maguen Avraham, et souligne que le dentifrice n’est pas censé rester sur les dents puisqu’il est seulement appliqué pour aider à les nettoyer, après quoi il est expulsé de la bouche.

 

De nombreuses autorités halakhiques interdisent également l’utilisation d’un déodorant en stick le Shabbat car en les utilisant, on lisse leur surface. 

 

En général, l’interdit de « memaréa’h » ne s’applique pas à la nourriture puisque celle-ci est parfaitement comestible sans être étalée et que rien n’est accompli en l’étalant. Il est donc permis d’étaler de l’avocat ou du beurre sur du pain le Shabbat sans aucun problème. Cependant, si la nourriture est lissée à des fins esthétiques, comme un glaçage pour décorer un gâteau, cela est interdit car accompli dans un but qui n’est pas lié à la nourriture.

30) Messartèt – Tracer des traits, des lignes.

 

L’action de « messartet » se définit comme étant l’acte de tracer des lignes sur n’importe quel matériau afin de pouvoir découper celui-ci, ou écrire le long de ces lignes. De façon plus pratique, il est interdit de tracer des images à partir d’un livre de coloriage, ou encore d’utiliser une règle pour tracer des lignes sur une feuille de papier non lignée.

 

Il n’est en revanche, pas interdit de tracer avec son couteau des lignes sur un gâteau ou sur une peau d’orange pour les découper avec plus de précision. En effet, puisque l’interdit de découper (me’hatekh) ne s’applique pas aux aliments, l’interdit de tracer des traits ne s’y applique pas non plus.

 

 


31) Ma‘htèkh – Couper.

 

La mélakha de « me’hatekh » est l’acte de couper ou de déchirer quelque chose de manière précise, afin de rendre l’objet utilisable. Cette mélakha comprend donc des actions telles que découper une image, déchirer un papier le long de son pli, ou encore couper un matériau en ligne droite et régulière avec des ciseaux.

 

La nourriture n’est pas incluse, et l’on peut découper de la nourriture à une taille et une forme spécifique sans s’inquiéter.

 

À noter que nombreux sont ceux qui confondent la mélakha de « me’hatekh » (couper) avec celle de « koréa » (déchirer) et supposent qu’entre les deux, toute déchirure est interdite. Bien que leurs noms, couper et déchirer, semblent l’indiquer, ces deux mélakhot diffèrent l’une de l’autre à bien des égards et ont chacune des paramètres très spécifiques. Selon l’Admour HaZaken, « koréa » se limite à déchirer deux choses attachées l’une à l’autre, tandis que « me’hatekh » ne concerne que l’acte de couper d’une manière précise.

Pour respecter Shabbat, retenons donc qu’il est interdit d’utiliser des ciseaux pour découper ; de plier un grand papier en deux pour ensuite, le déchirer le long du pli ; ou encore de déchirer des feuilles de papier d’aluminium, d’essuie-tout ou de papier sulfurisé d’un rouleau.

 

 


32) Kotèv – Écrire.

 

Il est rabbiniquement interdit d’écrire des lettres sur de la buée qui s’est condensée sur une fenêtre ; il est de même interdit d’effacer de telles lettres. De la même façon, il est interdit d’inscrire des lettres dans le sable, ou de la cendre et de les effacer (mo’hek). Autre exemple pratique, il est interdit d’écrire un nom sur un gâteau avec du glaçage, de faire des dessins sur un tableau magnétique (ardoise magique, etc.), de construire des lego en forme de lettre, etc…

 

Il est également interdit de marquer un signe dans une feuille de papier, à l’aide de son ongle, dans le but de signaler qu’il y a, à l’endroit de cette incise, un passage important ou quelque erreur à corriger. En revanche, il est permis de plier le coin d’une page pour servir de rappel, car le but n’est pas ici de tailler un signe dans le papier : c’est le pli lui-même qui constitue le signe.

 

Le fait d’apposer un cachet ou un tampon est également considéré comme un acte d’écriture, et peu importe que l’on tienne le cachet de la main droite ou de la gauche, puisqu’il est aisé d’apposer un cachet de l’une ou l’autre main. De même, faire fonctionner une machine à imprimer, une photocopieuse, envoyer un fax, sont des activités interdites par la Torah puisque, par elles, des lettres ou formes signifiantes sont écrites. Il est aussi interdit de saisir des lettres sur un ordinateur. De même, il est interdit d’en faire la sauvegarde.

 

Les Sages ont également décrété qu’il ne fallait pas faire de business ou même en parler, le jour du Shabbat justement de peur que cela n’entraîne à écrire. Ils ont également imposé des restrictions sur le prêt d’objets le jour du Shabbat, car on pourrait être tenté de noter les détails du prêt.

 

 

 


33) Mo‘hèk – Effacer.

 

Essentiellement, « mo’hek » est le contraire de « kotev » (écrire), et les mêmes paramètres s’appliquent. Exemple pratique, le fait d’enlever de la cire ou des tâches qui masquent un mot dans un livre est également considéré comme « mo’hek » ; dans la mesure où les mots sont à présent lisibles, on considère qu’ils ont été effacés et réécrits.

 

Il est également interdit d’essuyer un tableau blanc, de déchirer un emballage sur lequel sont imprimés des mots, ou d’effacer des mots écrits de façon incorrecte.

 

 


34) Boné – Construire.

 

Il est interdit de créer ou de modifier une construction permanente, ou encore d’ouvrir un parapluie car cela s’apparente à la construction d’un toit. Toutes les constructions, destructions et réparations sont interdites le Shabbat (il est même interdit de former des boules de neige !).

 

L’interdit inclut bien évidemment, la construction de clôtures, de poteaux, de maisons ou d’abris. Autre exemple, paver un chemin avec des dalles ou creuser un trou dans le sol pour y ranger des objets sont également considérés comme relevant de « boné » car ces actions rendent l’espace apte à un usage constructif. Dans le même élan, l’interdit inclus de nombreuses réparations typiques faites dans un logement, comme fixer une poignée de porte, planter un clou dans le mur ou remettre une porte sur ses gonds. De même, revisser quelque chose qui s’est détaché est considéré comme « boné ».

 

À noter que lorsqu’un objet est assemblé pour être utilisé pendant une courte période et qu’il sera démonté avant la fin du Shabbat, il est possible de dire que le « boné » n’est pas du tout transgressé.  C’est un argument utile pour permettre aux enfants de jouer avec des lego et des jeux de construction qui sont généralement démontés peu de temps après avoir été construits. Une autre raison de les y autoriser est le fait que leur mode d’utilisation habituel est d’être construit puis défait. Chaque fois qu’une chose fonctionne de cette manière, elle n’est pas considérée comme une mélakha.

 

 


35) Sotèr – Démolir, Démonter.

 

Toute chose dont l’exécution est interdite au titre de la mélakha de construire, la Torah interdit également de la détruire, au titre de la mélakha de démolir (soter). Exemple, il est interdit de démolir afin de reconstruire d’une meilleure façon, ou de creuser une fosse dans la terre afin d’y poser des fondations, ou encore de percer un trou dans un mur afin d’y fixer une vis. De façon encore plus pratique, il est par exemple interdit de retirer une moustiquaire d’une fenêtre, de dévisser un miroir fixé au mur, ou encore de démonter une tente.

 

 

 


36) Mav‘ir – Allumer un feu.

 

Celui qui allume un feu quelconque transgresse un interdit de la Torah, si cet acte répond à une nécessité. Peu importe qu’il ait allumé ce feu en frottant l’une sur l’autre des pierres à feu, ou bien en s’aidant d’une loupe qui concentre fortement les rayons du soleil vers de la paille, ou bien encore en utilisant une allumette, ou l’électricité. Peu importe aussi que le feu brûle au moyen d’huile, d’essence ou de courant électrique : dès lors que l’on a pour intention de produire du feu, et que l’on en produit, on transgresse l’interdit de la Torah.

 

De ce fait, il est interdit de faire du feu, de déclencher un circuit électrique ou électronique. De la même façon, il est interdit d’éteindre. On ne peut donc pas allumer/éteindre une ampoule électrique, utiliser sa voiture, son téléphone, son ascenseur, ou son ordinateur Shabbat. Cependant, il est autorisé de programmer une minuterie la veille du Shabbat afin que les lumières s'allument et s'éteignent aux moments voulus.

 

Concernant l’ampoule du réfrigérateur, celle-ci doit être retirée avant Shabbat car elle s’allume dès que l’on ouvre l’appareil. Si on a oublié d’effectuer ce geste, un enfant de moins de 13 ans (ou un non-Juif) peut l’effectuer à notre place.

Par ailleurs, les portes de certains immeubles, hôtels ou établissements publics ne s'ouvrent qu'à l'aide d'un système magnétique ou électrique, et leur utilisation est interdite le Shabbat. Dans ces situations, il faudra attendre qu'une personne non-Juive utilise cette entrée afin que l'on ne soit pas amené à déclencher des systèmes électriques.

Nos Sages ont également interdit de se laver le corps à l’eau chaude (même si l’eau a été chauffée la veille !). Néanmoins, il est autorisé de se laver à l'eau froide le Shabbat. Il est cependant défendu de nager ou de se baigner dans la mer. Le Shabbat, il est également interdit d'essorer. Il ne faudra donc pas tordre une serviette humide, ni même laver de la vaisselle avec une éponge ou un torchon. Pour cet effet, on utilisera une brosse ou tout objet à fibres dures. De même, on n'utilisera pas une serviette humide car on risquerait de l'essorer. L'utilisation du savon solide est interdite durant le Shabbat (on emploiera du savon liquide).

 

 


37) Mekhabé – Éteindre.

 


38) Maké Bépatich – Donner le dernier coup de marteau.

 

Parmi les dérivés de cette mélakha, on trouve la réparation d’ustensiles abîmés, ou le fait d’apporter des améliorations à des ustensiles dont la fabrication est terminée.

 

 


39) Hotsaa – Sortir, Transporter un objet.

 

L’interdit de transporter un objet le Shabbat se décompose en deux parties : 

  1. l’interdit de sortir un objet du domaine privé au domaine public,

  2. l’interdit de déplacer un objet dans le domaine public sur une distance de plus de 4 amot (environ 2 mètres).

Comme nous l’avons précisé, il est donc interdit de transporter des objets d’un domaine privé à un domaine public et vice versa, sauf lorsqu’il s’agit de nos vêtements (puisqu’ils font partis de notre corps). À noter que tous les accessoires vestimentaires peuvent également être transportés (montres, bijoux, chapeaux).

Cependant, s'il existe un Erouv, il est permis de transporter. Le Erouv est une procédure qui permet de considérer un domaine public comme une domaine privé, et autorise de ce fait le port d'objets.

L'interdiction de porter concerne tous les objets, même les objets de culte que l'on a besoin pour la synagogue (excepté Yom Tov !). Aucun objet ne peut donc être porté, et c'est pour cela qu'il faudra s'habituer à vérifier ses poches avant le Shabbat, et avant de sortir d'une propriété privée pendant Shabbat. Exemple, une clef ne peut être transportée qu'avec une ceinture spéciale Shabbat.

 

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LES OBJETS INTERDITS DE DÉPLACEMENT (MOUKTSÉ)

 

Nos Sages ont également interdit de déplacer certains objets le Shabbat. Cet interdit s'appelle « l'interdit de mouktsé » et les objets concernés sont appelés « les objets mouktsé ». Voici donc les principales catégories de mouktsé :

1) Tout objet servant à un travail interdit le Shabbat. Par exemple, un stylo, un appareil électrique, des outils, des allumettes, des billets de banque, un marteau, etc... Ces objets ne peuvent être déplacés, sauf si on a besoin de « leur endroit » ou si l'on veut les utiliser pour un travail permis (par exemple, on pourra utiliser un marteau pour casser des noix, ou encore utiliser des ciseaux pour ouvrir un sachet alimentaire).

 

2) Des objets qui, du fait de leur valeur (précieuse) ou de leur fragilité, ne sont utilisés que pour leur usage. Par exemple un carnet de chèques, des factures, des lettres ou traites commerciales qui sont rigoureusement conservées par un propriétaire, un passeport, un certificat de naissance, des bibelots en cristal, des billets de banque, ou encore une carte de transport en commun, etc… Un couteau réservé à l’abattage rituel (la che’hita) ou à la circoncision (la mila) entre dans cette catégorie d’objets. Il en est de même pour de nombreux appareils électriques : appareil photo, ordinateur, perceuse ou visseuse électrique, fer à repasser, machine à coudre, ou autres appareils qui sont soigneusement conservés. Néanmoins, un ventilateur électrique, un appareil auditif (utilisé par les malentendants) ou une couverture chauffante (électrique) ne sont pas considérés comme des objets de valeur même s’ils sont branchés à l’électricité et sont actuellement en marche.

 

3) Des objets qui ne sont ni des ustensiles, ni comestibles comme des pierres, des fleurs dans un vase, du sable, des aliments crus (qui ne se mangent que cuits !), des objets brisés comme un bol cassé, etc… Les écorces, les épluchures et les os qui ne sont pas consommables par un animal entrent aussi dans cette catégorie d’objets ; on peut citer par exemple, les écorces de noix, de cacahuètes, les noyaux d’olives ou encore les coquilles d’œufs. De ce fait, si on désire débarrasser une table sur laquelle se trouvent des écorces, des coquilles ou des os non consommables (qu’il est interdit de déplacer), il est possible de secouer la table ou la nappe pour la jeter à terre. Et l’on pourra alors les balayer ou les ramasser à l’aide d’une pelle. Mais si une grande quantité de détritus non consommables s’est accumulée à table et que cet amoncellement engendre une sensation de dégoût, il est permis de les déplacer même avec sa propre main (sans intermédiaire). Il est cependant plus pratique de déposer du pain (ou de la nourriture consommable) dans un ustensile avant d’y jeter les détritus non consommables, de manière à déplacer l’ensemble de l’ustensile en fin de repas. À noter que si ces écorces, ces noyaux ou ces os sont consommables par un animal, il est permis de les déplacer et de les retirer de la table : tel est le cas pour les épluchures de pomme ou d’orange, les noyaux de pastèque, les os tendres, ou les miettes.

 

4) Des objets qui ont servi, à l'entrée du Shabbat, comme support à un objet mouktsé. (Par exemple, un plateau qui a servi de support pour les bougies à l'entrée de Shabbat).

 

5) Des objets ayant changés d’état pendant Shabbat (nolad). Par exemple, une pomme tombée d’un arbre, un œuf pondu, etc...

 

6) Des objets ou des aliments ayant le statut de mouktsé à l'entrée du Shabbat reste mouktsé et ce, même s'il perd son statut mouktsé durant Shabbat. Exemple : un habit bien mouillé qui sèche durant Shabbat.

 

Les principales raisons de « l'interdit de mouktsé » sont de nous empêcher de transporter par mégarde des objets dehors, de nous éviter de plonger dans une atmosphère profane, et d'éviter que l'on utilise l'objet pour des travaux interdits.

 

Certains objets peuvent toutefois être déplacés :

  • pour les besoins de Shabbat avec « un chinouï » (un changement)

  • si l’objet est utilisé pour effectuer un travail permis. Exemple, comme nous l’avons dit, nous pouvons prendre un marteau pour casser une noix car « manger » est permis Shabbat.

 

 

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L’HONNEUR DU SHABBAT

Tel un mariage, il faudra revêtir une belle tenue, habillée et noble, et l'a réservée uniquement pour Shabbat. On prendra aussi une bonne douche à l'eau chaude juste avant Shabbat. Si l'on doit se couper les cheveux, on le fera également le vendredi en l'honneur de ce saint jour. De même, on se coupera les ongles, on se taillera la barbe, et nous nous préparerons tels des fils et filles de Roi.

 

Nos Maîtres disent qu'il n'y a de joie à un repas de fête qu'avec de la viande et du vin. Dans la mesure de ses possibilités, on achètera donc une bonne viande (kasher) et un bon vin (rouge de préférence) pour les repas (le vin/jus de raisin étant indispensables pour le kiddoush du vendredi soir et du samedi matin). C'est une bonne coutume également de manger du poisson le vendredi soir. Cependant, le Shabbat est un jour de joie, et si une personne n'aime ni la viande, ni le poisson, elle mangera ce qui lui fait plaisir (oneg Shabbat).

 

Nous avons également l'obligation de faire trois repas : un le vendredi soir, le deuxième le Shabbat matin/midi, et le troisième durant l'après-midi, avant le coucher du soleil. Il existe également un quatrième repas appelé « mélavé malka » (« le raccompagnement de la Reine ») qui se prend après la fin du Shabbat. Il est obligatoire de manger du pain au moins aux deux premiers repas de Shabbat. Si possible, l'on en mangera également aux troisième et quatrième (mais cela n'est pas obligatoire !). On prendra ses repas dans la joie, si possible en famille, avec des amis et/ou des membres de notre communauté.

 

Il faudra également réserver une partie du Shabbat pour l'étude de la Torah, sachant que cette-dernière a une valeur infinie.

 

 

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AUTRES INFOS

 

  • Combien de bénédictions trouve-t-on dans la Amida de Shabbat ? Il y a 7 bénédictions.

  • Peut-on faire la vaisselle Shabbat ? On peut laver la vaisselle pendant Shabbat pour les besoins du jour. Par exemple, lorsqu’il reste encore un repas à faire. Mais après la séouda chilihit, on ne lave pas la vaisselle. Les ustensiles destinés à boire, on peut les laver durant toute la journée, car on est susceptible de boire à n’importe quel moment de la journée.

  • Quand chanter « Lékha Dodi » ? À l’office de Shabbat, le vendredi soir.

 

  • Qu’ajoute-t-on dans la « Birkat Hamazon » Shabbat ? Et dans le « Meen Chaloch » Shabbat ? Lors de Shabbat, on ajoute : « rétsè véha’halitsènou » et « ourstè véha’halitsènou ».

  • Quand doit-on prélever la « ‘halla » ? La « ‘halla » doit être prélevée au moment de la fabrication de la pâte. Généralement, le vendredi après-midi, avant de mettre le pain à cuire.

 

Pour les bénédictions,

  1. il faut faire la bénédiction, si la pâte pèse 1,560 kg, 

  2. il n’est pas nécessaire de faire une bénédiction, si la pâte pèse moins de 1,560 kg,

  3. il ne faut pas faire le prélèvement si la pâte pèse moins de 1,2 kg.

  • Quels doivent être les soucis principaux d’un Juif qui choisit un nouvel appartement ? S’il est possible d’y faire Shabbat, que ce ne soit pas loin de la synagogue et qu’on puisse y mettre une mezouza.

 

 

  • Par quel mot commence le kiddoush du vendredi soir ? Du samedi midi ? 

       Vendredi : « Yom hachichi »

       Samedi : « Vechamérou » 

 

  • Comment fait-t-on le kiddoush du vendredi soir et du samedi midi si on n’a pas de vin ?

       le vendredi soir : sur le pain.

       le samedi midi : jus de raisin, ou sur de l'alcool

  • Et sur quoi peut-on faire la havdala a défaut de vin ?

       le samedi soir : jus de raisin, alcool ou bière, sinon faire la bénédiction sur la bougie et les senteurs ; et reporter la                 bénédiction sur le vin au dimanche (possibilité de la reporter jusqu’au mardi !)