LES LOIS DE

PURETÉ FAMILIALE

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LES LOIS DE PURETÉ FAMILIALE

 

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RÉSUMÉ

 

Une des obligations fondamentales de la Torah consiste en l'accomplissement des lois de pureté familiale. Les lois de pureté familiale, appelées « taharat hamishpa'ha », englobent de nombreuses règles dont celles concernant la nidda.

 

Le mot « nidda » signifie littéralement « séparée », c’est une période durant laquelle, la femme mariée est considérée comme « fermée » et ce, pour toute la durée de ses menstruations. Lors de cette période, le couple doit s’abstenir d’avoir des rapports sexuels ainsi que de tous contacts physiques. La vie conjugale ne pourra reprendre que lorsque la femme s’immergera dans un bain rituel, appelé le mikvé.

En fait, il faut savoir que dès l'instant où une femme constate un écoulement de sang provenant de sa cavité vaginale, quelle qu’en soit la quantité, elle devient nidda. Cet état de nidda se prolongera jusqu'à ce que la femme effectue bien toutes les étapes décrites dans la Loi Juive. En effet, tant qu’elle n’est pas passée au mikvé, la femme restera « nidda » et ce, même si elle n'a plus ses règles ou d’écoulements de sang.

Voici les trois règles à respecter au minimum pour le couple :

 

  1. ne pas dormir dans le même lit,

  2. ne pas regarder les parties du corps qui sont censées être cachées,

  3. ne pas parler de « grivoiseries », et s'abstenir de frivolités.

 

À noter que tous les contacts physiques « affectifs » entre les époux sont interdits par la Torah, et tous les contacts physiques « non-affectifs » sont interdits par ordonnance rabbinique.

 

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LA PÉRIODE DE NIDDA

 

La période de « nidda » dure 12 jours au minimum :

  1. les 5 premiers jours,

  2. suite au « hefsek tahara », on débutera le compte de 7 jours de netteté (chiva neki’im).

 

  • LES CINQ PREMIERS JOURS,

 

Les premiers jours, la femme devient touma (impure, ou « fermée ») dès qu’elle observe un écoulement sanguin provenant de son utérus dans l’une des situations suivantes : soit la femme ressent l’écoulement sanguin, soit la femme constate un écoulement sanguin sur ses vêtements. À ce moment-là, la femme devient « touma » pendant 5 jours. Si les écoulements sanguins durent plus longtemps, la période de nidda s’allonge également. Pendant ce temps, le couple a toujours l’interdiction d’avoir des rapports sexuels et doit s’abstenir de tous contacts physiques.

 

  • LE HEFSEK TAHARA,

 

Lorsque les 5 jours sont écoulés, la femme doit faire des vérifications vaginales. Ces vérifications vaginales se font à l'aide de petits morceaux de tissus blancs, vendus généralement dans les mikvés. Ils sont appelés « ed » qui signifie en hébreu « témoin ».

 

La première vérification s'appelle le « hefsek tahara » ; ensuite, vient le « mokhe dakhouk » (c’est lorsque la femme se place le « ed » pendant environ 20 minutes). En effet, une fois le « hefsek tahara » validé, nos Maîtres ont recommandé à la femme de procéder à une vérification supplémentaire qui va parachever ce « hefsek ». Il consiste en une introduction interne et profonde d’un tissu témoin qui va s’y trouver durant toute la période de « ben hashmashot », c’est-à-dire la période qui sépare le coucher du soleil de la tombée de la nuit. Le but de cette étape est de prouver que l’utérus est bel et bien refermé et que la vérification du « hefsek tahara » n’était pas qu’un indice momentané mais qu’effectivement plus aucune goutte de sang ne s’est écoulée entre cette vérification et la tombée de la nuit. Comme nous l’avons compris, la femme devra donc s’introduire un tissu témoin dans son vagin et le laissera depuis le coucher du soleil jusqu’à la sortie des étoiles, durant environ 20 minutes.

 

Pour information, si une femme n'a pas de « ed », de tissus-témoins, elle peut utiliser un tissu blanc classique : mouchoir en tissu (pas en papier car il risquerait de se déchirer !), serviette ou linge de corps. Cependant ce tissu doit être blanc mais ni crème, ni beige.

 

La femme se met en position comme pour l’introduction d’un tampon. Elle enroule le tissu témoin autour de l’index puis elle l’introduit dans le conduit vaginal aussi profondément que possible. Elle effectue un mouvement circulaire dans les coins et recoins en appuyant délicatement sur la paroi vaginale puisque un simple essuyage est insuffisant. Normalement, cet examen est censé être totalement indolore.

 

Si l’examen est concluant et qu’il n’y a plus de trace de sang, la femme peut commencer le décompte des « 7 jours de netteté ».

 

Par contre, évidemment, si des saignements persistent, « la nidda » se prolonge encore pendant un jour. Il faudra alors refaire un examen le soir, et ainsi de suite…

 

 

  • LES SEPT JOURS DE NETTETÉ (CHIVA NEKI’IM),

 

À l’issue de la période des 5 jours et lorsque le « hefsek tahara » est concluant ; comme nous l’avons souligné, un décompte de 7 jours supplémentaires commence (soit 12 jours minimum en tout !). En effet, pendant ces 7 jours, la femme procèdera à d’autres vérifications journalières bien définies appelées « bedikoth ».

Cette période de 7 jours permet de vérifier que les écoulements sanguins ont bien cessés.

 

La période d’abstinence et de séparation du couple se poursuit donc toujours.

 

Pour information, toute vérification doit se faire en journée et ce, jusqu’au coucher du soleil.

En résumé, au total, la femme effectuera un minimum de trois « grosses » vérifications indispensables :

  1. le « hefsek tahara »,

  2. le lendemain, soit au début des 7 jours,

  3. le dernier des 7 jours.

Exemple concret : Mercredi, jour de l’arrêt de l’écoulement sanguin : première vérification de propreté réussie. Le lendemain, le jeudi : deuxième vérification. Le mercredi suivant en journée : troisième vérification, soit celle du septième jour (12 jours au total !).  Le mercredi même, après la tombée de la nuit, la femme peut aller s’immerger dans un mikvé et par la suite, retrouver son mari.

 

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LE MIKVÉ

Seule l’immersion de la femme dans un mikvé permet de mettre fin à la période de « nidda », et permet au couple de reprendre la vie conjugale.

Comme précisé plus haut, l’immersion au mikvé a lieu à la fin des « 7 jours de netteté », une fois la nuit tombée.

 

  • LA PRÉPARATION,

Avant l’immersion au mikvé, la femme effectuera une toilette complète destinée à éliminer tout élément susceptible d’entraver le contact direct du corps avec l’eau. Elle savonnera minutieusement toutes les parties de son corps ; les cheveux seront peignés, les ongles nettoyés, etc…

 

  • L’IMMERSION DANS LE MIKVÉ,

Ensuite, dans le bassin du mikvé, la femme se tiendra en position décontractée et s’immergera entièrement. Il faudra bien vérifier qu’aucun cheveu n’a surnagé. Pour cela, la présence d’une autre personne est nécessaire : une hôtesse du mikvé, appelée la « balanite », qui est à sa disposition.

 

En fait, une fois que la femme a fait sa toilette approfondie, la responsable du mikvé (la balanite) vérifie qu’aucun élément sur son corps n’empêche que l’immersion ne soit parfaitement kasher. Après quoi, la femme entrera dans le bassin d’eau chaude.

 

Après l’immersion, la femme se relève et prononce la bénédiction suivante :

« Baroukh ata Hashem Élokénou Melekh HaOlam, acher kidéchanou bemitsvotav, vetsivanou al hatévila »

De retour à la maison, la femme informe son mari que l’immersion au mikvé s’est bien passée. La vie conjugale peut alors reprendre.

 

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AUTRES INFOS

 

Selon la Torah, lorsqu’une femme accouche, elle devient « touma » et une période de nidda doit commencer. Si elle donne naissance à un garçon, la nidda dure 7 jours et pour une fille, 14 jours, à partir de la cessation des saignements postnataux.

 

Concernant les lois de « nidda », certains ont beaucoup de mal à comprendre l’importance de cette mitsva et pensent que la stabilité du couple est fragilisée par ces lois. Or, cette approche est selon nos Maîtres, totalement erronée puisque ce n'est qu'en vivant comme la Torah nous l'indique, que les époux arriveront à une véritable harmonie et à un amour parfait. En effet, étant donné que le physique est momentanément mis de côté durant la période où la femme est nidda, le couple a bien plus de facilité à découvrir les qualités et la personnalité de l’autre. Ainsi, lorsque cette période est bien utilisée, elle permet la création d'un lien profond qui ne sera pas affecté par la vie intime. Il ne faut pas vivre ces lois comme des privations car au contraire, elles sont une opportunité pour renforcer l'amour, le désir et la fidélité dans un couple.

 

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CONCLUSION (UN GROS RÉSUMÉ)

 

Combien compte-t-on de jours de « nidda » ?  12 jours (au minimum !).

 

  • 5 jours : le début du compte des 5 jours, soit lorsqu’on constate l’arrivée des menstrues.

 

  • le 5ème jour = « hefsek tahara »

 

  1. « Bedika » (premier examen) : avant le coucher du soleil lorsqu’il fait bien jour.

  2. Si ok : « mokhe dakhouk » (tissu témoin que l’on place dans le vagin pendant environ 20 minutes, du coucher du soleil à la tombée de la nuit)

  3. Si ok : début des « chiva neki’im » (des 7 jours de netteté). Cette période de 7 jours permet de vérifier que les écoulements sanguins ont bien cessés et comme souligné plus haut, la femme doit faire un examen (bedika) le 1er et le 7ème  jour au minimum.

 

  • à la fin du 12ème jour (au total), après la tombée de la nuit, la femme peut aller au mikvé.