LES LOIS ALIMENTAIRES
LA KASHEROUT

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LES LOIS ALIMENTAIRES : LA KASHEROUT

 

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RÉSUMÉ

 

La kasherout désigne l’ensemble des lois alimentaires Juives, dont la source pourra être retrouvée dans la Torah ; elle est l'un des piliers du Judaïsme puisque selon nos Maîtres, lorsqu’on mange, on nourrit également notre âme.

 

 

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LE VOCABULAIRE

 

  • Kasherout : les lois alimentaires détaillées dans le Sefer Vayikra.

  • Kasher : apte à la consommation.

  • Taréf : ce sont les viandes qui sont non conformes d’un point de vue halakhique ; en termes plus simples, elles ne sont pas kashers.

  • Névéla : bête abattue autrement que par la chrita, elle n’est pas kasher.

  • Tahor : pur,.

  • Tahmé : impur.

  • Chrita : abattage rituel en conformité avec la Torah.

  • Chorét : celui qui procède à l'abattage rituel.

  • Bodék : celui qui vérifie la conformité de l'animal après la chrita.

  • Machguia’h : contrôleur de kasherout.

  • Bassari : un aliment à base de viande.

  • ‘Halavi : un aliment à base de lait.

  • Parvé : un aliment neutre (comme du pain, des légumes, etc…).

  • Yayin : le vin.

  • Batel Bérov : l’expression « batel bérov » fait référence à la quantité d’un aliment annulée par sa majorité.

  • Batel Béchichim : l’expression « batel béchichim » fait plutôt référence à la quantité annulée par 1/60ème.

  • Bichoul nokhri, ou Bichoul goy : ces expressions font référence aux aliments cuisinés par un non-Juif.

 

 

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LES ALIMENTS KASHERS

 

De façon générale, l'animal doit obligatoirement être abattu selon la chrita pour être kasher. Pour cela, l'animal doit être en bonne santé extérieurement et intérieurement ; autrement, celui-ci n'est plus considéré comme kasher. Nous avons également l’interdiction de consommer le sang et le nerf sciatique.

 

  • Les viandes : une bête est kasher et apte à la chrita lorsqu'elle rumine et que ses sabots sont fendus.

 

  • Les volailles : une bête est kasher lorsqu'il ne s'agit pas d'un animal prédateur. En effet, il doit s’agir d'un animal ayant la patte palmée, un gésier ou un ergo (comme le poulet, le canard ou la dinde, etc.).

 

  • Les poissons et les fruits de mer : une bête est kasher lorsqu'elle dispose de nageoires et d'écailles solidement fixées (comme le saumon, le thon, le hareng, la daurade, la truite, ou encore la morue). Les fruits de mer sont « tahmé » et ne peuvent pas être consommés. Notons que les œufs d'un poisson non kasher sont également interdits (comme le caviar !).

 

  • Les produits laitiers : seuls les produits provenant de bêtes tahor (pures) sont consommables. Ceux-ci doivent être achetés dans un commerce kasher et doivent avoir fait l'objet d'une surveillance rabbinique ; la plupart de ces produits kashers sont généralement appelés « ‘halav Israël ».  A priori, il faut ainsi consommer du lait « surveillé », c'est-à-dire du lait qui a été trait et mis en bouteille sous la surveillance d'un Juif. Cependant, certains avis permettent le lait « non surveillé » dans les pays où la réglementation est stricte. Pour les fromages, pour les yaourts et le beurre, il faudra se référer à la « liste des produits kashers » du consistoire.

 

  • Les insectes et reptiles : tous ces animaux sont tahmé (impurs). Il existe toutefois une exception : le miel est consommable malgré le fait que l'abeille ne le soit pas. Questions intéressantes, quelle précaution doit-on prendre avant de manger une cerise ? Il faut s’assurer qu’elle ne contient pas d’insectes. Et quelle précaution doit-on prendre avant de manger de la salade ? Il faut vérifier, feuille par feuille, qu’elle ne contient pas d’insectes non plus, la tremper dans de l’eau savonneuse et la rincer abondamment sous un jet d’eau puissant. En fait, il faut savoir que la Torah est d'une sévérité extrême quant à la consommation d'insectes, de crustacés et d’autres reptiles, plus encore qu'elle ne l'est concernant la consommation de cadavres d'animaux ou de mammifères impurs. Ceci est incontestable lorsqu’on effectue une comparaison sommaire des interdits encourus. En effet, celui qui consomme, par exemple, un morceau de porc d'un volume d'une olive contrevient à un seul interdit explicitement spécifié dans la Torah. En revanche, celui qui mange des reptiles terrestres, comme des fourmis par exemple, contrevient simultanément à cinq interdits distincts, six dans le cas d'insectes.

 

  • Les œufs : un œuf est kasher lorsqu'il est blanc, ovale et ne contient pas de sang. Si on trouve une tache de sang, l’œuf sera interdit à la consommation sauf s'il s'agit d'un « œuf vierge », c'est-à-dire d’un œuf qui ne provient pas d'une reproduction sexuée. Dans ce cas, il suffit de retirer les taches de sang puis le reste de l’œuf restera permis à la consommation. Question intéressante, peut-on cuire 4 œufs ensemble ? Non. Il faudra toujours les faire cuire en nombre impair car si l’un d’eux n’est pas conforme, il serait annulé par la majorité restante. Autre question, comment faire si l’on souhaite cuire des œufs dans leur coquille ? Nos Sages ont émis là une autorisation spéciale : vu que l’immense majorité des œufs ne sont pas touchés par l’interdit du sang, ils permettent de faire cuire des œufs dans leur coque bien que cela empêche concrètement leur vérification. Il va sans dire que si après l’avoir cuit et coupé, on découvre du sang dans l’œuf, on ne le consommera pas.

 

  • Le vin : celui-ci doit également être kasher pour être consommé.

 

Cependant, il est important de relever que le vin kasher est également interdit sous certaines conditions :

 

  1. si un non-Juif a réellement touché le vin, ou nous en a servi. En effet, si un non-Juif nous a versé du vin, le vin qui se trouve dans le verre est interdit. Si ce non-Juif est un idolâtre, tout le reste de la bouteille sera interdit mais si c’est un croyant « non idolâtre », seul le vin qui est dans le verre est interdit.

  2. si un non-Juif a soulevé une bouteille de vin ouverte et l'a secouée. Toutefois, si la bouteille était fermée, et qu'il l'a secoué ou simplement soulevé, le vin est permis à la consommation.

  3. toutes ces conditions envers les non-Juifs sont aussi applicables aux Juifs n’étant pas religieux.

 

À noter que du vin kasher qui a été pasteurisé (le vin mévouchal), n'est pas concerné par l'interdiction de nos Sages, et peut être versé et déplacé par un non-Juif. En effet, un tel vin n'étant pas suffisamment « noble » pour être offert en libations lors des cultes idolâtres, n'a pas été inclus dans le décret de nos Sages. 

 

  • Le pain : nos Sages ont interdit de consommer du pain confectionné par des non-Juifs car on craint que cela n'entraîne un trop gros rapprochement social. La décision des Sages concerne principalement le pain qu'un non-Juif fabrique chez lui pour ses propres besoins. Par contre, si le pain est fabriqué dans une boulangerie de non-Juifs en diaspora, où il y a un magasin et une clientèle, et si de plus, il n'y a pas de boulangerie kasher dans le secteur, celui-ci sera autorisé. En effet, dans ce cas, il n'y a pas de risque de proximité puisque le non-Juif est occupé à servir sa clientèle. D'autre part, le pain étant un aliment indispensable à l'homme, les Sages ont été moins stricts à ce sujet et ont donc autorisé le pain fabriqué dans une boulangerie non-kasher en vertu du principe que l'on ne prend pas de mesures que le peuple n'est généralement pas capable d'assumer. Néanmoins, il faudra vérifier auprès d'un Rav s'il existe une boulangerie dans laquelle, le four est allumé par un Juif. Et ce n'est que s'il n'existe pas une telle boulangerie dans les environs que l'on pourra acheter dans une autre boulangerie.

 

  • Les fruits : tous les fruits frais ne provenant pas d'Israël sont autorisés, sauf si l'on sait qu'ils ont été récoltés durant l'une des quatre premières années de l'arbre. Dans le doute, on n'a pas besoin de vérifier. Pour les fruits confits, secs, surgelés ou en conserve, il faudra se référer à la « liste des produits kashers » du consistoire. Autre point important, il faut vérifier dans les fruits (et les légumes) l'absence d'insectes comme de vers puisque ceux-ci ne sont pas toujours facilement détectables. À noter également que certains fruits et légumes ont été classés comme quasi-inconsommables, car leur vérification est quasiment impossible comme c'est le cas de la figue (certains l’autorise!). En soi, il faudra être vigilant et appliquer scrupuleusement les lois de vérification.

 

  • Les légumes : les légumes frais sont tous permis, à condition d'avoir vérifié l’absence d'insectes et de vers. Pour les légumes non-frais (en conserve, en barquette, cuits sous vide, etc…), il faudra se référer à la « liste des produits kashers » du consistoire.

 

 

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L’INTERDIT de « BASSAR BE’HALAV »

Notons également l’interdiction de mélanger et de consommer du lait et de la viande ensemble. En effet, cette interdiction est de 3 sortes : il est interdit de cuisiner et/ou de consommer du lait et de la viande ensemble, il nous est aussi interdit de « faire cuisiner » du lait et de la viande par un tiers, et il est également interdit de tirer profit d’un tel mélange. À la lumière de ce qui vient d'être dit, il apparaît clairement qu'un Juif ne pourra travailler dans un restaurant non-kasher. En effet, il sera inexorablement contraint d'y cuisiner de tels mélanges. Il lui est donc strictement interdit d'y travailler, même s'il est certain de ne pas avoir à goûter lui-même les plats cuisinés.

 

  • QUELQUES DÉTAILS SUPPLÉMENTAIRES,

 

Il est permis de consommer de la viande après avoir bu du lait à condition de se rincer la bouche, de manger quelque chose (de parvé) et de se laver les mains, avant de consommer de la viande. Cependant, il faudra attendre 6h, si l'on veut prendre du lait après de la viande.  Celui qui, par inadvertance, commencerait à consommer du lait avant la fin des 6h, et s'en aperçoit soudain, devra s'arrêter immédiatement de manger. À noter également que si l'on a simplement goûté d'un plat carné (bassari) avec le bout de la langue, sans rien avaler, il n'est pas nécessaire d'attendre 6h. 

 

Comme nous l’avons précisé, après avoir consommé des aliments lactés ('halavi), il convient de manger un aliment parvé (neutre) quelconque, puis de se rincer la bouche. On pourra alors consommer de la viande normalement. Cette règle concerne les fromages dits « durs », en tranches, ou de la pizza par exemple. En ce qui concerne une boisson lactée en revanche, il n'est pas nécessaire de manger quelque chose pour se nettoyer la bouche, il suffira de la rincer en buvant un liquide.

 

Autre point important, lorsqu'une personne qui a mangé préalablement de la viande, est saisie d'un doute sur le fait de savoir si les 6h nécessaires se sont écoulées, elle sera habilitée à consommer du lait immédiatement, car cette interdiction n'est que d'ordre rabbinique. On obéit ainsi à la règle qui stipule que lorsqu'un doute survient concernant un interdit d'ordre rabbinique, on tend à se montrer permissif.

 

Un enfant qui a mangé préalablement de la viande a le droit, d'après la halakha stricte, de manger des aliments lactés au bout d’une heure seulement. On s'efforcera donc d'éduquer un garçon dès l’âge de 12 ans et une fille dès 11 ans, à attendre les 6h d'attente règlementaires. Ceci afin qu'ils s'habituent en vue de ce qui leur sera obligatoire peu de temps après. De même, un malade, même dont la vie n'est pas en danger, ou une femme se trouvant dans le mois suivant son accouchement, peut consommer du lait 1h après avoir mangé de la viande, puisque nos Sages n'ont pas décrété cette interdiction à l'égard d'un malade. Ils veilleront toutefois à bien nettoyer leurs dents de la moindre trace de viande. De même en est-il pour une femme qui allaite et qui doit, de ce fait, boire du lait : on lui permet de n'attendre qu’une heure, même au-delà de 30 jours après l'accouchement.

 

Il est interdit de consommer de la viande lorsque du lait est posé sur la même table. De même, consommer un plat lacté si de la viande est déjà disposée sur la table est interdit. Cette ordonnance de nos Sages a été instituée afin d'éviter que, par inadvertance, nous prenions l'un d'entre eux et que nous le consommions en même temps que l'autre.

 

Lorsque deux personnes désirent manger ensemble, l'un du lait l'autre de la viande, il leur est interdit de manger à la même table, de peur que l'un ne propose de son plat à l'autre, qui risque d'en manger par inadvertance. Néanmoins, si ces deux personnes mettent entre elle un objet quelconque, inhabituel, que l'on ne pose pas d'ordinaire sur une table pendant un repas, elles pourront alors manger sur la même table viande et lait. En effet, cet objet étant insolite, nos Sages considèrent qu'il fera de facto office de rappel, signe distinctif qui permettra aux protagonistes de rester naturellement vigilants.

 

  • CONCERNANT LA VAISSELLE,

 

Dans un réfrigérateur, il n'est pas nécessaire de faire une séparation entre les produits lactés et les produits carnés. Il est permis de les placer côte à côte sur une même étagère. On veillera néanmoins, à ce qu'ils ne se touchent pas et qu'ils soient chacun enveloppés séparément.

 

Nous devons aussi disposer de vaisselles distinctes pour le lait et la viande. En revanche, il est permis de laver ensemble les deux vaisselles dans une même machine à laver.

 

Il convient de prévoir deux bavoirs distincts pour les nourrissons, l'un pour les repas de viande et l'autre pour les repas de lait puisqu'il arrive fréquemment que de la nourriture s'étale dessus. Il se peut donc qu'un peu de fromage reste collé puis que de la viande s'y dépose, et le bébé risque de les manger ensemble.

 

Dans le cas d'un four de cuisine possédant deux plaques de cuisson, on réservera l'une exclusivement aux plats de lait (‘halavi), l'autre uniquement aux plats de viande (bassari). On fera de même pour tous les types de moules. Toutefois, si on ne dispose que d'une seule plaque sur laquelle on a cuit des aliments à base de viande (bassari), et que l'on souhaite ensuite y cuire un plat à base de lait (‘halavi), on devra au préalable attendre 24h, puis on nettoiera consciencieusement le four de toutes les particules et résidus de graisse adhérant aux parois. On allumera ensuite le four pendant 30mn à très haute température, afin de finir d'éliminer les éventuelles traces restantes d'aliments. Une fois ce processus terminé, on pourra y cuire des aliments 'halavi.

 

Il est possible, si on le souhaite, de réchauffer dans un seul four à micro-onde des aliments 'halavi et bassari. En fait, il convient au préalable de réserver ce four essentiellement à un type d'aliments au choix (bassari par exemple), dans lequel il sera permis de réchauffer ou cuire ces plats à découvert. Toutefois, lorsque l'on souhaitera réchauffer un plat lacté ('halavi), on veillera à le recouvrir soigneusement de film alimentaire ou à le placer dans une boîte totalement hermétique et ce, sans aucune ouverture.

 

 

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L'IMMERSION DES USTENSILES (TÉVILAT KÉLIM)

 

Celui qui achète un ustensile de cuisine chez un non-Juif, que cela soit dans un commerce ou chez un particulier, devra tremper cet ustensile dans les eaux d'un mikvé.

 

Avant de tremper les ustensiles, il faudra nettoyer les ustensiles de toute impureté ou de toute étiquette qui pourrait constituer un écran entre l'eau du mikvé et l'ustensile au moment de l’immersion. De même, avant de les tremper, il faut bien les nettoyer et ôter toute saleté ou tâche de rouille. Toutefois, si cette rouille ne s'enlève pas au grattage, elle n'est pas considérée comme faisant séparation entre l'objet et l'eau.

 

À noter qu’il n'y a d'obligation de procéder à une immersion dans un mikvé que pour les ustensiles qui seront en contact direct avec la nourriture.

 

Avant l'immersion, on doit réciter la bénédiction « al tévilat kélim ».

 

« Baroukh ata Hashem Élokénou Melekh HaOlam, acher kidéchanou bemitsvotav, vetsivanou al tevilat kélim »

 

Pour plus de détails :

 

  • immersion (avec la bénédiction !) : ustensiles en métal, verre, pyrex et duralex,

  • immersion (sans la bénédiction !) : ustensiles en émail, aluminium,

  • pas d’immersion : ustensiles en porcelaine, argile, bois, pierre, plastique et nylon.

 

Attention, comme nous l’avons dit, il faut que toutes les parois de l'ustensile soient en contact avec l'eau (sans aucun écran !), en même temps. Il ne faudra donc pas attraper continuellement l'objet lorsqu'il est dans l'eau, afin qu'il y ait au moins un instant sans aucune séparation entre l'ustensile et l'eau.

 

Si l'on a plusieurs ustensiles à tremper, on ne récitera la bénédiction qu'une seule fois.

 

 

 

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LES PROCESSUS DE KASHÉRISATION

 

  • POUR KASHÉRISER LES VIANDES,

 

La viande doit être salée dans les 72 heures qui suivent son abattage, sauf si elle est congelée. Au-delà de ce délai, la kashérisation n'est possible que par la grillade. Plus concrètement, peut-on kashériser de la viande trois jours après l’abattage ? Oui, mais seulement par la grillade car le sang ne partirait pas avec un simple salage.

 

Les étapes pour kashériser une viande sont : rinçage, trempage, égouttage, salage, rinçage.

 

Voici le détail des différentes étapes :

  1. Rinçage : avant de saler la viande, on doit la rincer jusqu’à ce que l’eau soit transparente, tout en la frottant afin de la débarrasser des éventuels caillots de sang qui y sont collés à la surface.  

  2. Trempage : cette étape n’est pas obligatoire, mais elle est fortement conseillée. Elle consiste à laisser tremper la viande dans de l’eau à température ambiante (et non froide, ce qui aurait pour effet de la durcir !) pendant 30 min afin de l’attendrir et ainsi, faciliter l’extraction du sang.

  3. Égouttage : on laisse égoutter la viande dans une passoire, ou tout autre ustensile perforé permettant à l’eau excédentaire de s’évacuer. Cette étape est importante car, autrement, le sel appliqué sur la viande aurait pour seul effet d’absorber l’eau au lieu du sang.

  4. Salage : on sale le morceau de viande de chaque côté, en prenant soin de le recouvrir entièrement de sel. Concernant les volailles, elles doivent être salées de l’intérieur et de l’extérieur. On laisse la viande dégorger pendant 1h. En cas de nécessité, on pourra ne la laisser que 30 min ; le temps minimum obligatoire étant de 18 min.  

  5. Rinçage : suite au salage, on procédera de nouveau au rinçage de la viande, de sorte que l’eau redevienne transparente.

 

  • POUR KASHÉRISER LE FOIE,

 

Le foie contient beaucoup de sang, c'est pourquoi son mode de kashérisation ne peut s'effectuer que par la grillade, qu'il s'agisse de foie de poulet ou autres.

 

Avant la grillade, il faut « inciser » le foie dans sa longueur et dans sa largeur, le saupoudrer légèrement de sel et le griller avec les incisions dirigées vers le bas et ce, afin de permettre au sang de s'écouler.

 

 

  • POUR KASHÉRISER LES USTENSILES,

 

Le processus par « hagala » : on fait chauffer de l'eau et au moment même où celle-ci est en ébullition, on y introduit complètement l'ustensile à kashériser, de manière à en extraire toute trace du goût des aliments interdits (il est bon de répéter cette action 3 fois de suite). On a pour habitude de le rincer ensuite à l'eau froide.

 

 

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LA CUISSON PAR UN NON-JUIF

 

Même si l'on est sûr que tous les aliments utilisés dans un restaurant sont strictement kashers, il est interdit de les manger puisque les ustensiles et la vaisselle utilisés, ont déjà servi à cuire ou consommer des aliments interdits. D’autre part, nos Sages ont interdit de consommer des plats préparés par un non-Juif (sauf lorsqu’un Juif a effectué une partie de la cuisson !). Cette loi a également pour but de nous préserver de l'assimilation.

 

Question pratique, peut-on avoir un cuisinier non-Juif chez soi ? Si oui, comment ? Normalement, il y a l’interdit du « bichoul goy » (cuisson par un non-Juif). Néanmoins, il est permis de consommer des aliments cuits par un non-Juif s’ils sont consommables « crus » avant d’être cuits. En fait, pour tout produit qui ne se mange pas cru, il faut participer à la cuisson (enfourner, allumer, retourner, etc…)

Pour plus de détails, on se rapportera aux halakhots sur le sujet.  

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LES SEPT LIQUIDES

 

Lorsque l'on mange un aliment humide, trempé dans un liquide, il est nécessaire de procéder à des ablutions au préalable, sans toutefois faire de bénédiction à leur issue. Notons que cette obligation ne s'applique que lorsque ces aliments ont été trempés et restent imbibés de l'un des sept liquides suivants : le lait (‘halav), l’eau (maïm), le sang (dam), la rosée (tal), le miel d'abeille (dvach dvorim), le vin et l’huile d’olive. De ce fait, celui qui mange des fruits humides après avoir été nettoyés sous l'eau, ou encore, celui qui trempe un morceau de pomme dans du miel, devra se laver les mains comme il se doit avant de les consommer.

 

Il existe trois conditions qui permettent d'exempter des ablutions préalables, et ce, dès que deux d'entre elles sont remplies :

  1. si les mains ne touchent pas le liquide directement mais uniquement un endroit de l'aliment qui est resté sec, ou que l'aliment est saisi avec une cuillère ou une fourchette,

  2. si l'on mange moins que la mesure d'un kazaïte (env. 27 grammes),

  3. si la boisson est cuite, ou si la nourriture est humide parce qu'elle est cuite ou marinée.

 

Exemple :  Celui qui mange un petit morceau de pomme qu'il a trempé dans du miel avec une fourchette sera exempt de procéder aux ablutions (netilat yadaim) préalables. En effet, les conditions 1 et 2 génèrent ici la dispense. 

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AUTRES INFOS

 

  • La viande hachée doit bien évidemment, être kashérisée avant d'être hachée. Néanmoins, question pratique, peut-on rendre kasher de la viande hachée ? La viande hachée peut effectivement être rendue kasher mais seulement par la grillade. Le salage ne suffit plus.

 

  • De nos jours, dans les boucheries kasher, la viande est déjà kashérisée.

 

  • Nous devons acheter des produits avec une hachga'ha, ce qui signifie que l'emballage doit comporter un tampon (ou une inscription) d'une surveillance rabbinique reconnue, certifiant la surveillance. Par ailleurs, les indications alimentaires ne sont pas toujours valables pour la fête de Pessa’h durant laquelle, il faut s'abstenir de toute trace de 'hametz. Nous devrons donc posséder des produits avec une hachga'ha précisant « kasher léPessa’h ».

 

  • En France, de nombreuses denrées alimentaires sont introuvables avec une hachga'ha. Il est alors possible de se servir dans les supermarchés non-Juifs selon la « liste des produits kashers » du Consistoire. Comme nous l’avons compris, cette liste fait l'inventaire des « produits kashers » se trouvant disponible sur le marché. Elle est publiée à nouveau chaque année, et il est important de se référer à la dernière édition, car les compositions peuvent être modifiées à chaque instant.

 

  • Un œuf dans le ventre d’une poule est-il « bassari » ou « ‘halavi » ? L’œuf dans le ventre, est considéré comme « bassari », soit comme un aliment à base de viande. Par contre, quel est le statut d’un œuf pondu ? Est-il « bassari » ou « ‘halavi » ? Ni l’un, ni l’autre, l’œuf est considéré comme parvé, soit comme un aliment neutre.

 

  • Il est interdit de consommer du poisson en même temps que de la viande ou de la volaille, afin de ne pas risquer, selon nos Maîtres, de contracter une pathologie de type lépreuse. Ainsi, on veillera d'abord à se rincer la bouche et les mains après avoir consommé du poisson, puis on mangera quelque chose (de parvé), avant de pouvoir consommer de la viande.

 

  • La majorité des Juifs d'obédience séfarade ont également acceptés l'interdiction émise par Rabbi Yossef Caro de ne pas consommer du poisson et du lait ensemble, ceci pouvant provoquer un danger sanitaire grave.  Néanmoins, le Rav Chalom Messas tranche que ceux qui ont l’habitude de s’interdire le mélange de poisson et de laitages devront perpétuer leur coutume et ceux qui se le permettent, peuvent continuer à agir de la sorte. En fait, même l’avis le plus rigoureux reconnaît que les communautés habituées à consommer du poisson et du lait ensemble pourront continuer à agir de la sorte. Cette injonction n'a pas été reconnue du tout par les communautés ashkénazes. De fait, elles ne sont soumises à aucune restriction à ce sujet et peuvent, à loisir, consommer tout plat cuit comportant du poisson et du lait. 

  • Toute personne qui possède une « forte crainte D.ieu » s'abstiendra également de consommer du foie gras et ce, à cause du processus qui consiste à « gaver » les oies. En effet, le processus de « gavage » des oies contre leur gré, soulève plusieurs problèmes halakhiques. 

  • Il existe deux types de viande sur le marché : la viande « halak » (glatt kasher) et la viande « kasher » ; ces différences sont apparus il y a environ 200 ans, selon les coutumes ashkénazes et les coutumes séfarades. Ces différences créèrent une situation trouble puisque certaines bêtes abattues qu'interdisait Rabbi Yossef Caro (séfarade), étaient permises par le Rama (ashkénaze) ! Le Grand Rabbin d’Eretz Israël de l'époque, Rabbi Yaakov Chaoul Elishar décida alors que sur les bêtes déclarées permises par Rabbi Yossef Caro (séfarade), il serait apposé le label « halak » alors que sur les bêtes déclarées autorisées par le Rama (ashkénaze), serait apposé le simple label « kasher ». Les séfarades furent alors appelés à n'acheter que de la viande « halak » puisque la viande estampillée « kasher » était considérée comme « taref » (inaptes à la consommation) aux yeux de Rabbi Yossef Caro. Notons que de nos jours, de nombreux Juifs ashkénazes orthodoxes ont ainsi, pris sur eux de n'acheter que de la viande « halak ».