CHAPITRE 5

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COMMENTAIRES 

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17.     Se lèvent le grand desservant et ceux qui sont avec lui, le parti des Sadouqîm. Ils sont pleins de zèle.

  • Se lèvent le grand desservant : le Cohen Gadol.

  • et ceux qui sont avec lui, le parti des Sadouqîm : les tzedoukim [sadducéens].

  • Ils sont pleins de zèle : du grec "zelos"…

 

Voici la définition du mot grec "zelos" :

  • agitation de l'esprit,

  • une rivalité sérieuse,

  • jalousies : sentiment d'envie à l'égard de quelqu'un qui possède ce que l'on n'a pas ou ce que l'on voudrait avoir ; cela s'accompagne souvent d'hostilité,

  • zèle amer.

Les Juifs, voyant la foule, furent remplis de jalousie et ils s'opposaient à ce que disait Shaoul, en le contredisant et en l'injuriant. (Actes 13 :45)

COMMENTAIRE N°1

 

Il faut savoir que le Créateur du monde surveille chacun avec minutie, jusqu’au plus petit détail, selon la réparation de chacun, la racine de son âme, ses réincarnations et l’achèvement de sa mission dans ce monde. Chacun peut comprendre que des détails innombrables séparent un homme de son prochain, comme nos Sages l’enseignent : Au même titre que leurs visages diffèrent, leurs vues diffèrent. Il s’ensuit que dans le monde, chacun possède un cheminement personnel et spécifique ; chacun doit suivre sa voie avec foi, sans dévisager quiconque et à plus forte raison sans être jaloux de lui. (…) Toute jalousie que l’homme éprouve dans ce monde, doit l’éveiller à comprendre combien il est éloigné de son authentique finalité, que ses aspirations ne concernent que ce monde-ci, l’entraînant à vouloir toujours plus et à envier ce que possède son prochain. Le succès d’autrui lui fait mal au cœur. Il jalouse la voiture de l’autre, son appartement, son argent, sa sagesse, etc… (…) Le manque de foi en est la cause car celui qui possède la foi est heureux de son lot, ne jalouse pas ce qui appartient à autrui et n’est jamais désolé de ses manques, il sait que chacun possède sa propre mission et sa propre épreuve. (…) Celui qui possède la foi, accepte la providence avec joie, il ne jalouse personne et s’occupe de son travail spécifique, avec les instruments qu’Hashem lui a donné. (Rav Shalom Arush)

 

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34.     Mais quelqu’un se lève dans le sanhédrîn, un Paroush du nom de Gamliél. C’est un enSeigneur de la tora respecté de tout le peuple. Il ordonne de faire sortir les hommes un moment.

 

  • Mais quelqu’un se lève dans le sanhédrîn, un Paroush du nom de Gamliél : Rabban Gamliel étant traditionnellement considéré comme le petit-fils de Hillel. En effet, Gamliel était une forte autorité du Judaïsme pharisien de l’époque et un Tanna de la Mishna. Il fut président du Sanhédrin à la mort de Shammaï, tâche reprise également par son fils, Rabbi Shimon ben Gamliel I.

 

 

  • C’est un enSeigneur de la tora respecté de tout le peuple : Gamaliel détient une réputation dans la Mishna pour être l’un des plus grands Maîtres dans toutes les annales du Judaïsme.

COMMENTAIRE N°1

Quand Rabban Gamaliel l’Ancien est mort, la gloire de la Torah s’est éteinte et la pureté et l’abstinence ont disparu. (Mishna Sotah 9 :15) 

Gamaliel l’Ancien était tant estimé qu’il reçut le titre de "Rabban" au lieu du simple titre de "Rabbi" : ce titre honorifique était nettement supérieur.

Parmi les Mishnayot qui lui sont attribuées, citons : Prends-toi un maître, éloigne-toi du doute et ne donne pas la dîme par approximation. (Pirké Avot 1 :16) 

Selon certaines données historiques, Rabban Gamliel serait mort vers l’an 50 soit environ 20 ans avant la destruction du Second Temple.

 

 

  • Il ordonne de faire sortir les hommes un moment : cela fait référence aux talmidim du Rabbi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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35.     Il leur dit : Hommes d’Israël, soyez sur vos gardes pour ce que vous allez faire à ces hommes.

 

  • Il leur dit : Hommes d’Israël : le paroush Gamliel s’est adressé aux saducéens comme il est dit : Cependant le Cohen Gadol et tous ceux qui étaient avec lui, savoir le parti des sadducéens, se levèrent, remplis de jalousie, mirent les mains sur les Apôtres, et les jetèrent dans la prison publique. (Actes 5 :17-18).

 

COMMENTAIRE N°1

 

Le chap. 4 du Livre des Actes relatent que les sadducéens, mécontents de ce que les Apôtres annonçaient en la personne de Yeshoua, la résurrection des morts, les capturèrent mais furent ensuite obligés de les relâcher ne sachant comment les punir, à cause du peuple. (Actes 4 :21). En fait, si les Apôtres avaient violé la Torah ou enseigné à ne plus suivre les mitsvot comme le prétendent les chrétiens, la Torah aurait permis aux Sadducéens de les exécuter. Or, le Livre des Actes nous enseigne que les Sadducéens, qui étaient incapables de trouver un motif pour les punir, ne pouvaient rien faire contre eux ; ce qui implique clairement que les Apôtres sont restés fidèles à la Torah. De plus, le texte précise bien "à cause du peuple" car en réalité, la communauté Nazaréenne avait reçu la faveur d’une grande partie du Am Israël. (Actes 2 :47). Sachant que la masse du peuple, au Ier siècle, était d’obédience pharisienne et que les sadducéens furent obligés de se soumettre publiquement à la tradition pharisienne parce qu’autrement, le peuple ne les supporterait pas (Antiquités Judaïques 18 :1 :3-4 ; 13 :11 :6) ; cela montre qu’aux yeux du peuple et des proushim, les Apôtres n’étaient pas des renégats et donc que la prédication apostolique n’était pas contraire aux fondements de la foi pharisienne ; c’est d’ailleurs la raison pour laquelle Gamliel les défend devant le Sanhédrin.

 

Autre exemple, lorsque les sadducéens ont accusé Yaakov, le chef de la Kéhila Nazaréenne, d'avoir violé la Torah et l'exécutèrent illégalement vers l'an 63, les proushim protestèrent comme le relate l’historien Juif, Flavius Josèphe dans les Antiquités Judaïques. (Antiquités judaïques 20 :9 :1). Cet épisode montre que certains proushim ne considéraient pas Yaakov comme étant un hérétique et n'estimaient pas qu'il méritait la peine que lui infligèrent les sadducéens. Comme on peut donc le constater, les Apôtres gardaient donc en plus de leur foi en Yeshoua, la Torah soutenu par des croyances pharisiennes.

 

 

  • soyez sur vos gardes pour ce que vous allez faire à ces hommes : pour reprendre les commentaires forts pertinents de Hyam Maccoby, un écrivain Juif ayant étudié le Jésus historique, sur le sujet : Gamaliel était indubitablement un sympathisant des suiveurs de Jésus, dans le sens qu’il ne voyait pas en mal et pensait qu’ils pouvaient possiblement s’avérer qu’ils viennent de Dieu ; cependant, il n’aurait jamais eu une telle sympathie s’ils maintenaient les points de vue qui leurs sont attribués à eux et à Jésus par la croyance chrétienne tardive. (Hyam Maccoby, The Mythmaker, p. 54). 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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39.     Mais si c’est d’Elohîms, vous ne pourrez les détruire. Craignez de vous trouver en conflit avec Elohîms. Ils se laissent persuader par lui.

 

  • Mais si c’est d’Elohîms, vous ne pourrez les détruire : non seulement, Gamliel prend la défense des talmidim de Yeshoua devant le Sanhédrin (Actes 5 :34) mais en plus de cela, il ne rejetait pas l'éventualité que la prédication Nazaréenne soit d’origine divine.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour information, une tradition chrétienne (Clément d'Alexandrie, Recognitiones, 1 :65) prête à Gamliel une conversion secrète au mouvement Nazaréen avec un de ses fils. Tous deux auraient été immergés en même temps que Nikdamon par les Apôtres Shimon Kéfa et Yohanan.

 

 

  • Craignez de vous trouver en conflit avec Elohîms : car si le Rabbi de Natzeret est véritablement le Mashiah, vous allez rentrer en conflit avec Hashem comme il est enseigné dans la Hassidout : celui qui parle contre le Tsadik, c'est réellement comme s’il parlait contre le Saint Béni soit-Il ; il est en outre appelé hérétique. (Si’hot Haran 38)

 

COMMENTAIRE N°2

 

Compte tenu de ces paroles, il faut donner raison à Hyam Maccoby, un écrivain Juif ayant étudié, le Jésus historique, lorsqu’il dit à propos des Apôtres qu’ils étaient des Juifs orthodoxes dans toute leur manière de vivre, y compris la pratique de la circoncision et l’observance des lois diététiques, le Sabbat, les solennités, et le culte du Temple. La seule chose qui les différenciait des Juifs pharisiens ordinaires était leur croyance en Jésus comme le Messie et puisque cela n’impliquait pas la croyance que Jésus était une figure divine, cette doctrine était dans le seuil de la tolérance par les autres Juifs, beaucoup desquels avaient des croyances messianiques semblables concernant d’autres figures comme Judas le Galiléen ou Theudas. (Hyam Maccoby, The Mythmaker, p. 55)

 

 

  • Ils se laissent persuader par lui : car Gamliel était estimé de tout le peuple. (Actes 5 :34) et comme il est dit : Quand Rabban Gamaliel l’Ancien est mort, la gloire de la Torah s’est éteinte et la pureté et l’abstinence ont disparu. (Mishna Sotah 9 :15).