CHAPITRE 4

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COMMENTAIRES 

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18.     Ils les appellent et leur enjoignent une fois pour toutes de ne plus souffler mot et de ne plus enseigner au nom de Iéshoua.

 

  • Ils les appellent et leur enjoignent : cela fait référence aux Apôtres, Shimon Kéfa et Yohanan.  

 

 

  • une fois pour toutes : définitivement.  

 

 

  • de ne plus souffler mot et de ne plus enseigner au nom de Iéshoua : les Apôtres n’avaient plus le droit de parler du Mashiah ou encore de diffuser ses enseignements car cela dérangeait les autorités Juives…

 

COMMENTAIRE N°1

Pour mieux comprendre cette ordonnance du Sanhédrin, nous pourrons nous inspirer de la biographie plus moderne du Rav Its’hak Lichtenstein.

Il n’avait pas encore 20 ans quand il devint Rabbin et après avoir desservi pendant plusieurs années différentes communautés dans le nord de la Hongrie, Its’hak Lichtenstein s’installa finalement à Tapio Szele. Il y resta pendant presque quarante ans, travaillant sans cesse durement et généreusement pour le bien de son peuple.

Un jour, un melamed, un instituteur d’une des écoles Juives de son quartier, lui montra une Bible en allemand. En tournant les pages, les yeux du Rav Lichtenstein tombèrent sur le nom de Jésus Christ. Il devint furieux et réprimanda sèchement le melamed d’avoir un tel livre en sa possession et lui ordonna d’aller se laver les mains. Dans sa rage, il lança la Bible à travers la pièce où elle tomba derrière d’autres livres sur une étagère ; elle y resta, poussiéreuse et oubliée pendant trente et quelques années...

Au cours d’une vague furieuse d’antisémitisme dans la pittoresque petite ville hongroise de Tisza Elsar, située sur la Theiss, douze Juifs et une Juive furent jetés en prison, accusés d’avoir tué une petite fille chrétienne afin d’utiliser son sang dans des buts rituels. Comme dans tous les autres cas où une accusation si diabolique était portée contre des Juifs, l’accusation du sang à Tisza Eslar fut en fin de compte prouvée fausse et sans fondement. Il vint à l’esprit du Rav Its’hak Lichtenstein qu’il devait y avoir quelque chose dans les enseignements du Nouveau Testament qui excitait l’inimitié envers les Juifs et en fouillant dans ses livres, il tomba sur la Bible allemande que trente ans plus tôt, il avait jetée avec colère. Il la ramassa et avec hésitation, l’ouvrit et l’examina attentivement ; son état d’esprit à cette époque se révèle le mieux dans sa publication, dans laquelle il écrit : Ils m’ont beaucoup affligé depuis ma jeunesse, qu’Israël le dise maintenant ! (Téhilim 129 :1). Il n’y a pas besoin d’une longue explication pour montrer que, dans ces quelques mots, le Psalmiste résume les expériences et les chagrins amers que nous, au moins la génération aînée, avons souffert depuis notre jeunesse, livrés aux mains des populations des non-Juifs qui nous entouraient. Comme les impressions des premiers moments de la vie s’ancrent profondément en nous et comme ces dernières années, je n’ai pas encore eu de raisons de les modifier, il n’est pas étonnant que j’en sois venu à penser que le Christ lui-même était le fléau et la malédiction des Juifs, la cause de nos chagrins et de nos persécutions. Je suis arrivé à l’état adulte dans cette conviction et j’ai vieilli en l’entretenant. Je ne connaissais aucune différence entre le véritable christianisme et celui qui ne l’est que de nom ; de la source même du christianisme, je ne savais rien… D’une manière assez étrange, ce fut l’horrible accusation du sang de Tisza Eslar qui m’amena pour la première fois à lire ce que les non-Juifs appellent le Nouveau Testament. Ce jugement sortit tous nos ennemis de leurs endroits cachés et une fois de plus, comme dans les temps anciens, le cri se fit à nouveau entendre : Mort aux Juifs ! La fureur était excessive et parmi les meneurs de la révolte, il y en avait beaucoup qui se servaient du nom du Christ comme d’un manteau pour couvrir leurs actions abominables. Ces pratiques méchantes d’hommes qui portaient le nom du Christ seulement pour poursuivre leurs desseins mauvais, soulevèrent l’indignation de quelques chrétiens authentiques, notamment celle du Professeur Franz Delitzsch de l’Université de Leipzig ; avec une plume de feu et une voix de sévère remontrance, ils dénoncèrent la colère menteuse des antisémites. Dans des articles écrits par Franz Delitzsch pour la défense des Juifs, j’ai souvent rencontré des passages où l’on parle du Christ comme de quelqu’un qui apporte la joie à l’homme, le Prince de la paix et le Sauveur ; son message était prôné comme un message d’amour et de vie pour tous les hommes. J’étais surpris et en croyais à peine mes yeux, quand je trouvai dans un coin caché, le livre que quelques trente années auparavant, j’avais dans ma colère arraché des mains d’un instituteur Juif. J’ouvris le livre, en tournai les pages et lus. Comment puis-je exprimer l’impression que je ressentis ? On ne m’avait pas dit la moitié de la grandeur, de la puissance et de la gloire de ce Livre, jusqu’alors un Livre scellé pour moi. Tout paraissait si nouveau et pourtant il me fit du bien, comme la vue d’un vieil ami qui a déposé ses vêtements poussiéreux et usés par le voyage et apparaît en habit de fête, comme un marié en vêtement de noces ou une mariée ornée de ses bijoux.

Pendant deux ou trois ans, le Rav Its’hak Lichtenstein garda ses convictions enfermées dans son cœur. Cependant, il se mit à prêcher dans sa synagogue d’étranges et nouvelles idées qui à la fois intéressaient et étonnaient ses auditeurs. Finalement, il ne put plus se contenir. Dans sa drashah, lors d’un Shabbat, il mentionna la parabole des sépulcres blanchis (Matityahou 23) et admit ouvertement que son sujet était tiré du Livre intitulé : la "Brit Hadasha" que les non-Juifs appellent le "Nouveau Testament" et il parla de Yeshoua comme le Mashiah qui doit venir, le Sauveur d’Israël mais qui est jusqu’à présent, le Serviteur souffrant du Saint Béni soit-Il. Il inclut ses idées dans trois publications qui parurent l’une après l’autre rapidement et qui firent sensation parmi les Juifs, non seulement en Hongrie mais dans tout le continent européen. Et ce n’était pas étonnant ! Car voilà qu’un Rabbin âgé et respectable, encore en activité, sommait ses ouailles de se ranger sous la bannière de Yeshoua le Nazaréen ; le salut comme le Serviteur souffrant et le vrai Mashiah à venir.

Comme cela était inévitable, aussitôt que les autorités officielle Juives se rendirent compte de la signification de la position du Rav Its’hak Lichtenstein, une tempête de persécution s’abattit sur lui. Et celui qui, quelques semaines seulement auparavant était classé parmi leurs plus nobles chefs et professeurs, était maintenant décrit comme un déshonneur et un reproche. On l’accusa de s’être vendu aux missionnaires chrétiens. Certains même affirmèrent qu’il n’avait jamais écrit les pamphlets lui-même mais avait seulement été soudoyé pour y apposer sa signature. Il fut convoqué pour comparaître devant le Rabbinat à Budapest. Il obéit. En entrant dans la salle, il fut accueilli par le cri : Rétractez-vous ! Rétractez-vous ! Messieurs, répondit-il, je me rétracterai très volontiers si vous pouvez me convaincre que j’ai tort. Le Grand-Rabbin Kohn proposa un compromis : le Rav Its’hak Lichtenstein pouvait croire ce qu’il voulait, s’il acceptait de s’abstenir de prêcher le Mashiah. (Actes 4 : 18). Et quant à ses épouvantables pamphlets qu’il avait déjà écrits, le mal pouvait être réparé d’une manière très simple : la conférence des rabbanim rédigerait un document disant que le Rav Lichtenstein avait agi dans un accès de folie passagère. Le Rav Its’hak Lichtenstein répondit calmement mais avec indignation, que la proposition qu’on lui faisait était plutôt bizarre, puisque pour la première fois, il avait toute sa raison. Alors, ils lui demandèrent de renoncer à sa position de Rav et de se faire dûment baptiser. Il répondit qu’il n’avait pas l’intention de se joindre à une Église ; qu’il avait trouvé dans la Brit Hadasha, le véritable Judaïsme et qu’il voulait rester comme avant avec sa communauté. C’est ce qu’il fit et ceci en dépit de nombreuses persécutions et reproches accumulés contre lui.

Par sa position officielle de Rav, il continua d’enseigner et de prêcher dans son district en citant la Brit Hadasha. C’était un touchant témoignage du solide attachement à sa propre communauté qui seule avait le pouvoir de réclamer sa démission. À vrai dire, il eut beaucoup de pressions à supporter ; certains membres de sa communauté et de la famille de sa femme furent complètement ruinés par la perte de leur commerce mais ils lui restèrent toujours attachés.

Vers cette époque, le Rav Its’hak Lichtenstein et ses écrits étaient devenus bien connus, et différentes organisations missionnaires et ecclésiales cherchaient ses services. La papauté aussi apprit l’existence et l’importance de cet homme, et un émissaire spécial envoyé par le pape visita Tapio Szele avec des offres tentantes pour le cas où le Rav accepterait d’entrer au service du Vatican. Le Rav Its’hak Lichtenstein avait une seule réponse pour tous : Je resterai parmi les miens. J’aime Yeshoua, mon Goël et Mashiah, je crois dans la Brit Hadasha mais je ne me sens pas poussé à devenir membre d’une église chrétienne. De même que le prophète Yrmeyahou, après la destruction de Jérusalem, préféra rester et se lamenter au milieu des ruines de la ville Sainte avec ce qui restait de ses frères, ainsi je resterai moi aussi parmi mes frères, comme un gardien à l’intérieur des murs, pour les avertir et les supplier de voir en Yeshoua, la véritable gloire d’Israël.

Finalement, sa santé étant très affectée par les nombreuses épreuves et chagrins qui s’abattaient sur lui, il démissionna de ses fonctions de Rav et s’installa à Budapest où il trouva une grande liberté d’action pour ses talents mais l’opposition était implacable. Il fut filé et même physiquement attaqué dans la rue. Son barbier fut soudoyé pour enlaidir sa très belle barbe. Son propriétaire surveillait de près tous ceux qui lui rendaient visite et faisait des rapports aux autorités rabbiniques. Mais, de même qu’un torrent arrêté dans sa course se creuse de nouveaux lits, de même il était sans cesse interviewé et amené à discuter avec des Juifs de toutes positions sociales.

"La sagesse crie et fait entendre sa voix dans la rue" (Mishlé 1 :20) écrivait-il à son ami de Londres, David Baron. Docteurs, professeurs d’université et officiels viennent chez moi. Beaucoup de familles haut placées viennent aussi nous visiter et condamnent la dure conduite du Rabbinat d’ici à mon égard. J’ai souvent de graves et importantes discussions avec des experts du Talmud et des rabbins qui désirent m’amener à un compromis ; cela vaut la peine de remarquer que beaucoup d’entre eux qui auparavant n’avaient aucune connaissance de la Brit Hadasha m’en ont ensuite demandé une copie. Pendant plus de vingt ans, le Rav Lichtenstein, en de nombreux endroits du Continent, rendit témoignage à la vérité comme il la voyait dans le Mashiah. À la fin, les tempêtes de la controverse, de la mésentente et de l’antagonisme, commencèrent à porter sur sa santé. Toutefois son esprit restait intrépide. Vers cette époque, il écrivit : Chers frères Juifs : j’ai été jeune et maintenant je suis vieux. J’ai atteint l’âge de quatre-vingts ans, âge dont le psalmiste parle (Ps. 90 : 10) comme étant la dernière période de la vie humaine sur terre. Alors que les gens de mon âge récoltent avec joie les fruits de leurs labeurs, moi je suis seul, presque abandonné, parce que j’ai élevé la voix en avertissement : Reviens, ô Israël, reviens vers le Seigneur ton D.ieu car tu as trébuché à cause de ton iniquité. Munis-toi de paroles de repentir et reviens vers le Seigneur. (Hoshéa 14 :2-3). Moi, Rav honoré pendant presque quarante ans, je suis maintenant dans ma vieillesse traité par mes amis comme si j’étais possédé d’un esprit mauvais (Yohanan 10 : 20) et par mes ennemis comme un proscrit. Je deviens le souffre-douleur des moqueurs qui me montrent du doigt. Mais tant que je vis, je veux me tenir sur ma tour de guet, bien que je puisse y être tout seul. Je veux écouter les paroles de D.ieu et scruter le temps où il reviendra vers Sion dans sa miséricorde, où Israël remplira le monde de son joyeux cri : Hoshanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hoshanna au plus haut des cieux ! Sans qu’on s’y attende, il tomba malade et ne fut alité que peu de temps. Comme il se rendait compte que sa fin approchait, il dit, en présence de sa femme et de l’infirmière : Présentez mes remerciements et mes salutations les plus chaleureux à mes frères et amis et à mes enfants... Bonsoir, mes ennemis, vous ne pouvez plus me faire de mal. Nous avons un seul D.ieu et un seul Père, nous qui sommes appelés ses enfants dans le ciel et sur la terre, et un seul Mashiah : Yeshoua qui a donné sa vie pour le salut des humains. Dans tes mains, je remets mon esprit.

Le jour était lugubre ; il était huit heures du matin du vendredi 16 octobre 1908 quand le vieux Rav entra dans la présence de son Seigneur. Quelle différence il y avait entre son merveilleux esprit d’amour et de pardon, et l’esprit amer de ses ennemis !

J’ai pensé que la Brit Hadasha était impure, une source d’orgueil, de haine et la pire espèce de violence mais quand je l’ai ouverte, je me suis senti particulièrement et merveilleusement captivé par son message. Une gloire soudaine, une lumière a jailli dans mon âme. Je cherchais des épines et j’ai recueilli des roses ; j’ai découvert des perles au lieu de cailloux ; au lieu de haine, je découvrais l’amour ; au lieu de la vengeance, le pardon ; à la place de l’esclavage, la liberté ; au lieu de l’orgueil, l’humilité ; à la place de l’inimitié, la conciliation, au lieu de la mort, la vie, le salut, la résurrection et un trésor céleste. (Rav Its’hak Lichtenstein)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21.     Ils les menacent, puis ils les renvoient, ne trouvant pas comment les punir, à cause du peuple : tous glorifient Elohîms de ce qui s’est passé.

 

  • Ils les menacent, puis ils les renvoient : et sache que l’obstacle principal qui se dresse devant celui qui souhaite recevoir sa réparation chez le vrai Tsadik, c’est qu’on le repousse, on le détourne, on le trouble et on l’incite à renier le Tsadik en lui faisant croire qu’il n’y a rien de vrai et de réel en lui. Dans l’au-delà, les anges destructeurs et les forces du mal s’opposent farouchement au Tsadik, comme dans ce monde. L’essentiel, c’est de garder constamment cela à l’esprit, afin de ne pas se laisser tromper, de rester ferme dans son intention de se rendre uniquement chez le vrai Tsadik. Il est alors certain qu’on lui permettra de se rendre chez le Tsadik. (Enseignements Breslev du ‘Hayé Moharan)

 

 

  • ne trouvant pas comment les punir, à cause du peuple : le peuple étant en partie pro-Yeshoua et dans ce cas précis, pro-Apôtres en plus de leur émerveillement devant le miracle cité dans le Livre des Actes.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Le Livre des Actes relatent que les sadducéens, mécontents de ce que les Apôtres annonçaient en la personne de Yeshoua, la résurrection des morts, les capturèrent mais furent ensuite obligés de les relâcher ne sachant comment les punir, à cause du peuple… En fait, si les Apôtres avaient violé la Torah ou enseigné à ne plus suivre les mitsvot comme le prétendent les chrétiens, la Torah aurait permis aux Sadducéens de les exécuter. Or, le Livre des Actes nous enseigne que les Sadducéens, qui étaient incapables de trouver un motif pour les punir, ne pouvaient rien faire contre eux ; ce qui implique clairement que les Apôtres sont restés fidèles à la Torah. De plus, le texte précise bien "à cause du peuple" car en réalité, la communauté Nazaréenne avait reçu la faveur d’une grande partie du Am Israël. (Actes 2 :47). Sachant que la masse du peuple, au Ier siècle, était d’obédience pharisienne et que les sadducéens furent obligés de se soumettre publiquement à la tradition pharisienne parce qu’autrement, le peuple ne les supporterait pas (Antiquités Judaïques 18 :1 :3-4 ; 13 :11 :6) ; cela montre qu’aux yeux du peuple et des proushim, les Apôtres n’étaient pas des renégats et donc que la prédication apostolique n’était pas contraire aux fondements de la foi pharisienne.

 

Autre exemple, lorsque les sadducéens ont accusé Yaakov, le chef de la Kéhila Nazaréenne, d'avoir violé la Torah et l'exécutèrent illégalement vers l'an 63, les proushim protestèrent comme le relate l’historien Juif, Flavius Josèphe dans les Antiquités Judaïques. (Antiquités judaïques 20 :9 :1). Cet épisode montre que certains proushim ne considéraient pas Yaakov comme étant un hérétique et n'estimaient pas qu'il méritait la peine que lui infligèrent les sadducéens. Comme on peut donc le constater, les Apôtres gardaient donc en plus de leur foi en Yeshoua, la Torah soutenu par des croyances pharisiennes.

 

 

  • tous glorifient Elohîms de ce qui s’est passé : car il est manifeste pour tous les habitants de Jérusalem qu'un miracle signalé a été accompli par eux. (Actes 4 :16) et l'homme qui avait été l'objet de cette guérison miraculeuse était âgé de plus de quarante ans. (Actes 16 :22).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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36.     Iosseph, que les envoyés avaient appelé Bar-Naba, en traduction : Fils du Réconfort, un homme du clan de Lévi, né à Chypre

 

  • Iosseph, que les envoyés avaient appelé Bar-Naba : comme cela est décrit, Yossef était un Lévi, originaire de l'île de Chypre ; il fut surnommé Bar-Naba par les Apôtres.

COMMENTAIRE N°1

Dans les Écrits Nazaréens, Bar-Naba apparaît bien avant l’Apôtre Shaoul.

La multitude de ceux qui avaient cru n'était qu'un cœur et qu'une âme. Nul ne disait que ses biens lui appartinssent en propre mais tout était commun entre eux.  Les Apôtres rendaient avec beaucoup de force témoignage de la résurrection du Seigneur Yeshoua. Et une grande grâce reposait sur eux tous. Car il n'y avait parmi eux aucun indigent : tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu'ils avaient vendu et le déposaient aux pieds des Apôtres ; l'on faisait des distributions à chacun selon qu'il en avait besoin. Yossef, surnommé par les Apôtres Bar-Naba, ce qui signifie fils d'exhortation, Lévite, originaire de Chypre, vendit un champ qu'il possédait, apporta l'argent et le déposa aux pieds des Apôtres. (Actes 4 :32-37) 

Ainsi Yossef, surnommé par les Apôtres Bar-Naba était comme nous l’avons vu, un Lévite originaire de Chypre.

Bar-Naba, dans un désir de consécration pour le Mashiah, avait vendu un de ces champs afin de faire fructifier la communauté Nazaréenne naissante. Nous découvrons également qu’il était originaire de la diaspora. 

Bar-Naba était vraiment être apprécié des Apôtres car ils l’avaient surnommé "fils d’encouragement" ou "fils d’exhortation" afin de faire ressortir son ‘hessed. Bar-Naba est donc ici présenté, avec soin, comme une personne bienveillante et généreuse : un exemple tout à fait positif pour la Kéhila de Jérusalem.

Cette personnification positive continue lors d’une nouvelle apparition dans les Écrits Nazaréens, décrite dans le chap. 9 du Livre des Actes.

Alors Bar-Naba, l'ayant pris avec lui, le conduisit vers les Apôtres et leur raconta comment sur le chemin Shaoul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé et comment à Damas il avait prêché franchement au nom de Yeshoua. (Actes 9 :27)

Comme cela est relaté, Bar-Naba jouera un rôle d’intermédiaire très important en faveur de Shaoul, fraichement talmid du Mashiah Yeshoua. En effet, l’intercession de Bar-Naba en faveur de Shaoul, jusqu’alors connu pour être un persécuteur de la Kéhila, ne saurait être minimisée… Quand personne d’autre ne lui faisait confiance, Bar-Naba a vu en Shaoul, par l’intermédiaire du ayin hatov, une personne remplie de potentiel et il a pris le risque de l’introduire parmi les Apôtres et les autres talmidim.

Les Écrits Nazaréens veulent donc relever la véritable bienveillance de cet homme, ainsi que sa maturité et son discernement spirituel. Bar-Naba croyait qu’Hashem était un véritable D.ieu de grâce, le D.ieu de toutes secondes chances…

C’est semble-t-il sa bienveillance caractéristique qui l’a aussi poussée à réintroduire Marcos dans le ministère.

Quelques jours s'écoulèrent, après lesquels Shaoul dit à Bar-Naba : Retournons visiter les frères dans toutes les villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir en quel état ils sont. Bar-Naba voulait emmener aussi Yohanan, surnommé Marcos mais Shaoul jugea plus convenable de ne pas prendre avec eux celui qui les avait quittés depuis la Pamphylie et qui ne les avait point accompagnés dans leur œuvre. Ce dissentiment fut assez vif pour être cause qu'ils se séparèrent l'un de l'autre. Et Bar-Naba, prenant Marcos avec lui, s'embarqua pour l'île de Chypre. Shaoul fit choix de Sila et partit, recommandé par les frères à la grâce du Seigneur. Il parcourut la Syrie et la Cilicie, fortifiant les communautés. (Actes 15-36-41)

Alors que Yohanan, appelé aussi Marcos, avait déjà abandonné la troupe et que Shaoul n’en voulait plus pour cette raison, Bar-Naba était prêt à prendre un nouveau risque important pour une personne a priori, si peu digne de confiance et si peu recommandable.

Le ayin hara a une facette néfaste et destructrice, cette facette est celle du mauvais regard qu’un individu peut entretenir sur la vie de ses pairs. En d’autres termes, il ne s’agit pas d’envier les bienfaits dont l’autre jouit mais de passer au crible ses défaillances et ses zones d’ombre. Chaque individu recèle un bon et un mauvais côté. À nous d’orienter notre regard vers le bon côté. À nous de partir en quête de l’étincelle de lumière qui est en l’autre car celle-ci est l’expression de la divinité de l’individu. Rabbi Na’hman va même plus loin : le regard positif que nous exerçons sur nos pairs éveille le bien qui est en eux et permet de rétablir leur connexion à Hashem. Comment parvenir à voir le bien chez les autres ? Le travail commence chez soi. C’est à ce titre que Rabbi Na’hman répétait à plusieurs reprises cette nécessité de faire "azamra" de procéder à l’énumération de nos qualités afin de nous encourager au quotidien. Comment élever l’autre lorsque nous ne sommes pas en mesure de nous apprécier tels que nous sommes ? Osons nous focaliser sur le bien qui est en nous et ainsi, osons nous focaliser sur le bien qui est en l’autre ! (Rav Avraham Ifra’h)

Sous l’influence de cette ayin hatov, Bar-Naba se focalisait sur le potentiel des gens bien davantage que sur leurs lacunes. Ainsi, comme il l’avait fait pour Shaoul, il le faisait de nouveau pour Marcos.

Comme dit précédemment, Rabbi Na’hman de Breslev, dans le Likouté Moharan, nous enseigne qu’il faut toujours rechercher les points positifs chez autrui, chez soi et dans chaque situation ; lorsqu’on se comporte ainsi on réveille une positivité qui était cachée et on lui donne la possibilité de s’exprimer. Selon cette facette, Bar-Naba a donc contribué au réveil de la véritable personnalité enfouie de l’Apôtre Shaoul ou encore de Marcos… En effet, au départ, Bar-Naba fut, dans son souci de voir constamment le bien, impressionné par le gros potentiel de Shaoul ; c’est d’ailleurs ce même Shaoul qu’il est allé chercher, jusqu’à Tarse, afin qu’il vienne l’aider dans son ministère au sein de la communauté Nazaréenne naissante d’Antioche…

Bar-Naba se rendit ensuite à Tarse, pour chercher Shaoul et, l'ayant trouvé, il l'amena à Antioche. Pendant toute une année, ils se réunirent aux réunions de la communauté et ils enseignèrent beaucoup de personnes. Ce fut à Antioche que, pour la première fois, les talmidim furent appelés les meshi’him. (Actes 11 :25-26)

Le bien qui réside dans chacun de nous est dissimulé. De ce fait, nous ignorons nos véritables capacités et nos inimaginables forces ! Rabbi Na’hman traite de ce sujet dans son conte sur le fils du roi et de la servante qui furent échangés. Le fils du roi qui vit parmi les servants sent qu’une voix intérieure l’interpelle, lui murmure que, quelque part au fond de son âme, un trésor est enfoui, une pépite est ensevelie sous les piles de sous-estime de soi. Le potentiel ne demande qu’à émerger, sous peine d’être asphyxié. Ce printemps de la vie est particulièrement caractéristique de la période de l’adolescence mais malheureusement, certains passent par cette phase plus tardivement et découvrent leur potentiel à 65 ans, à leur retraite, une fois les obligations de la vie derrière eux. Comment faire fleurir le potentiel de notre adolescent ou de n’importe quel adulte qui découvre son potentiel ? En entretenant un regard positif sur eux ! Sachez qu’en ayant un regard positif sur les gens, vous allez les transfigurer et vous enrichir. En ce sens, l’amitié est quelque chose de fondamental. C’est grâce aux amis que nous prenons conscience du bien qui est en nous. Notre famille nous aime sans condition mais nos amis nous prouvent que nous avons des qualités qui méritent que le monde se lie à nous par choix. (Rav Avraham Ifra’h)

Les deux amis Nazaréens, Shaoul et Bar-Naba, voyageront toujours ensemble et s’entendront toujours très bien, malgré cette dispute relatée concernant Marcos. Les deux furent soudés dans le ministère et dans l’annonce de l’Évangile. Shaoul deviendra clairement le porte-parole du groupe et le principal prédicateur mais ceci ne semblera ni gêner, ni affecter Bar-Naba décrit également comme un Apôtre du Mashiah.

Les Apôtres Bar-Naba et Shaoul. (Actes 14 :14)

Il est donc fort probable que ces deux hommes formaient, tout au long de leur périple missionnaire, une belle équipe, soudée, allant de succès en succès… Clairement, Shaoul et Bar-Naba étaient deux personnes aux tempéraments peut être différents mais tous deux, purent démontrer d’une belle et forte complémentarité.

 

  • en traduction : Fils du Réconfort : Bar-Naba était vraiment être apprécié des Apôtres car ils l’avaient surnommé "fils d’encouragement" ou "fils d’exhortation" [du réconfort] afin de faire ressortir son grand ‘hessed.

 

COMMENTAIRE N°2

Pour commenter les Écrits Nazaréens avec un peu d’humour, on s’aperçoit que Bar-Naba était en réalité, un des premiers Breslevers, de l’histoire.

Rabbi Na’hman a affirmé : J’ai à ma connaissance des paroles d’encouragement si puissantes que si j’en venais à les communiquer, elles vous ôteraient tout libre arbitre. Puisqu’une parole d’encouragement ôte tout libre arbitre, cela signifie que le libre arbitre réside dans le fait d’ignorer cette parole d’encouragement. Cela signifie alors que le siège du libre arbitre réside dans le fait de s’encourager ou de se décourager ! En d’autres termes, ce qui va décapsuler mon potentiel, c’est l’encouragement. Ce n’est ni mon assiduité, ni mon intelligence. Mes amis, l’encouragement, c’est le point principal sur lequel nous devons nous exercer car tout dépend de cela. En conséquence, le mauvais penchant va œuvrer précisément sur ce point-là : tout sera toléré par lui, pourvu que le manque de confiance en nous se propage dans tout notre être. Ne sous estimez pas cette notion d’encouragement : passer à côté revient à passer à côté de la Torah tout entière. Qui peut servir Hashem sans avoir confiance en lui ? Sans avoir confiance en son Créateur ? De ce fait, de la même façon que nous avons appris à lire, écrire, faire du vélo, nous allons apprendre à nous encourager… Alors, comment procéder ? Peu importe ce qui vous encourage, du moment que l’effet désirable est obtenu. Qu’il s’agisse d’images, de cours, du jeu d’instruments, cela n’a aucune importance, pourvu que vous soyez encouragés. Mes chers amis, faites attention, veillez à votre niveau d’encouragement. Cela implique une hermétisation vis-à-vis des individus qui vous adresseraient des paroles blessantes. Malheureusement, il peut même s’agir de vos proches. Gardez-vous d’écouter leurs paroles blessantes. (Rav Avraham Ifra’h)

 

  • un homme du clan de Lévi, né à Chypre : Bar-Naba était originaire de la diaspora.