CHAPITRE 22

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COMMENTAIRES 

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3.     Il dit : Je suis un homme, un Iehoudi, né à Tarse en Cilicie, élevé dans cette ville, instruit aux pieds de Gamliél. J’ai reçu l’enseignement de la tora de nos pères dans toute sa précision, plein de zèle pour Elohîms, comme vous l’êtes tous aujourd’hui.

 

 

  • Il dit : Je suis un homme, un Iehoudi : circoncis le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benyamin, hébreu né d'hébreux ; quant à la Torah, paroush ; quant au zèle, persécuteur de la Kéhila ; irréprochable, à l'égard de la justice de la Torah. (Philippiens 3 :5-6)

 

 

  • né à Tarse en Cilicie : région historique d'Anatolie et ancienne province romaine, située actuellement en Turquie.

 

 

  • élevé dans cette ville : Jérusalem.

 

 

  • instruit aux pieds de Gamliél : Rabban Gamliel étant traditionnellement considéré comme le petit-fils de Hillel. En effet, Gamliel était une forte autorité du Judaïsme pharisien de l’époque et un Tanna de la Mishna. Il fut président du Sanhédrin à la mort de Shammaï, tâche reprise également par son fils, Rabbi Shimon ben Gamliel I.

 

COMMENTAIRE N°1

Comme nous le savons, Rabbi Shaoul de Tarse était un érudit en Torah.

J’étais plus avancé dans le Judaïsme que beaucoup de ceux de mon âge et de ma nation, étant animé d'un zèle excessif pour les traditions de mes pères. (Galates 1 :14)

De plus, comme cela est décrit, l’Apôtre Shaoul fut instruit aux pieds de Gamliel.

Shaoul dit : Je suis Juif, né à Tarse en Cilicie mais j'ai été élevé dans cette ville-ci, et instruit aux pieds de Gamliel dans la connaissance exacte de la Torah de nos pères, étant plein de zèle pour D.ieu, comme vous l'êtes tous aujourd'hui. (Actes 22 :2-3)

En effet, Gamaliel détient une réputation dans la Mishna pour être l’un des plus grands Maîtres dans toutes les annales du Judaïsme.

Quand Rabban Gamaliel l’Ancien est mort, la gloire de la Torah s’est éteinte et la pureté et l’abstinence ont disparu. (Mishna Sotah 9 :15) 

Gamaliel l’Ancien était tant estimé qu’il reçut le titre de "Rabban" au lieu du simple titre de "Rabbi" : ce titre honorifique était nettement supérieur.

Parmi les mishnayot qui lui sont attribuées, citons : Prends-toi un maître, éloigne-toi du doute et ne donne pas la dîme par approximation. (Pirké Avot 1 :16) 

Avec tout cela, cela n’est donc pas étonnant de voir un Shaoul complétement autonome… La révélation de l’identité de Yeshoua accompagnée de cette éducation religieuse lui a donc totalement suffi pour comprendre tout l’enseignement de la Brit Hadasha. Le cas des autres Apôtres étaient totalement différents car ils n’avaient forcément reçu d’instruction toraïque et faisaient partie, pour la plupart, du ‘am hareetz. 

Lorsqu'ils virent l'assurance de Kéfa et de Yohanan, ils furent étonnés, sachant que c'étaient des hommes du peuple sans instruction et ils les reconnurent pour avoir été avec Yeshoua. (Actes 4 :13)

 

  • J’ai reçu l’enseignement de la tora de nos pères dans toute sa précision : l’Apôtre Shaoul parle de la Torah Écrite et de la Torah Orale. 

 

 

  • plein de zèle pour Elohîms, comme vous l’êtes tous aujourd’hui : dans le sens où, l’Apôtre Shaoul était également zélé pour persécuter les hérétiques comme il est enseigné : quant au zèle, persécuteur de la Kéhila ; irréprochable, à l'égard de la justice de la Torah. (Philippiens 3 :6)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8.     Je réponds et dis : Qui es-tu, Adôn ? Il me dit : Moi, je suis Iéshoua‘ le Nazoréen, que tu persécutes. 

 

Les traductions lambdas du chap. 9 du Livre des Actes sont assez différentes concernant ce verset.

 

Il répondit : Qui es-tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Yeshoua que tu persécutes. Il te serait dur de regimber contre les aiguillons. (Actes 9 :5)

 

 

  • Je réponds et dis : Qui es-tu, Adôn : le mot Adon peut être traduit par "Seigneur" ou "Maître" : on l’emploie pour parler d’un grand homme, en l’occurrence, du Mashiah Yeshoua ou du Roi David.  

Notre Seigneur David ne le sait pas. (1 Melakhim 1 :11)

 

 

  • Il me dit : Moi, je suis Iéshoua‘ le Nazoréen, que tu persécutes : le Nazaréen, Tsadik et Mashiah d’Israël.

 

COMMENTAIRE N°1

Comme au temps apostoliques, il existe des Juifs Messianiques [croyants en la messianité de Yeshoua] ne reconnaissant pas le message de Shaoul comme étant un message de Torah, l’accusant au contraire, de l’avoir aboli [tout comme pour Yeshoua]. Certains se demandent alors : Avons-nous une preuve que le Mashiah l'a réellement choisi et envoyé et qu'il ne s'agissait pas, au sujet de la vision de Damas, d'une hallucination, d’un démon ou d'un mensonge pour se donner du crédit ? Or, il faut tout d’abord savoir que l’Apôtre Shaoul a reçu un message divin particulier comparable à celui de la ‘Hassidout d’aujourd’hui notamment, concernant notre lien avec le Tsadik ; chez Shaoul, il s’agit des termes de la foi et de la grâce… En effet, par exemple, pour la ‘Hassidout Breslev, les notions de l’attachement au Tsadik sont prioritaires sur les œuvres de la Torah tout comme pour Shaoul.

Voici un exemple des enseignements sur le sujet : Le rapprochement et l'attachement au Tsadik véritable représentent le fondement de tous les fondements et la racine de toutes les racines, cela surpasse tout. (Torah n°143 du Likouté Moharan I) ou encore : On peut ne peut décrire ce mérite qui surpasse tous les mérites. L'essentiel de la grandeur d'un homme, dans ce monde, réside, dans son attachement au Tsadik véritable et dans son rapprochement avec le Tsadik. (Likouté Halakhot Matana 4-8) et dans le même élan : Celui qui n'est pas attaché et proche du vrai Tsadik, tout son service est seulement semblable à celui qui fait des contorsions et imite son prochain, comme un singe à visage humain car il n'y a réellement de service divin que celui qui est accompli grâce au vrai Tsadik. (Si’hot Haran 111).

 

Comme nous pouvons le constater, cet enseignement de s’attacher au Tsadik se retrouve énormément dans ses Écrits et principalement, dans ceux de Yohanan. En revanche, cet enseignement n’était clairement pas connu ou reçu par certaines personnes de l’entourage de Yaakov [nommés les Ébionites selon les témoignages patristiques] et c’est d’ailleurs, pour cela qu’il naîtra plusieurs tensions dans la communauté Nazaréenne. Comme l’histoire des Tsadikim l’a prouvé, le fait que Shaoul est pu ouvrir la voie dans ce sens n’est pas mauvais ; l’enseignement de l’attachement au Tsadik étant remis au goût du jour dans le Judaïsme de notre génération, principalement par les enseignements de Rabbi Na’hman de Breslev ayant d’ailleurs déclaré : ma Torah est celle du Mashiah et étant également reconnu par certains, comme le Tsadik de la génération. Bizarrement, dans nos Écrits Nazaréens, c’est Shaoul, accusé d’avoir aboli la Torah qui l’a instauré le plus ; sans taper sur les autres Apôtres, bien au contraire, cette idée n’est pas autant présente… Par conséquent, celui qui rejette Shaoul, rejette une partie du message ‘hassidique du Judaïsme et également du mouvement Nazaréen. De plus, au-delà de ce sujet concernant le Tsadik, il est clair que Shaoul n’a jamais aboli la Torah comme il est écrit : Hommes frères, je suis paroush, fils de paroush. (Actes 23 :6) ou encore : sans avoir rien fait contre le peuple ni contre les coutumes de nos pères. (Actes 28 :17). Ici, le Rabbi de Tarse précise que non seulement il n'a rien fait contre la Torah mais même contre une simple coutume, il n'a pas levé le petit doigt…

Pour revenir au sujet de la vision de Damas, l’hallucination n’est vraiment pas envisageable étant donné qu’elle fut acceptée clairement par absolument tous les Apôtres. En effet, l’objection s’impose d’elle-même comme une évidence : Que ferait un homme aux hallucinations dans un Concile de Jérusalem avec le frère de Yeshoua et ses talmidim, remplis du Rouah Hakodesh ? Comment un homme aux hallucinations pourrait-il avoir une quelconque influence pour nécessiter la présence de tout un Concile et exciter l’opposition de plusieurs autres Juifs Messianiques ? (Actes 15 :1-2). Comment un homme aux hallucinations pourrait-il avoir le soutien de Bar-Naba, un homme extrêmement apprécié aux yeux des Apôtres ? (Actes 4 :36). De plus, c’est également ce même Bar-Naba qui s’est porté garant pour Shaoul comme il est dit : Alors Bar-Naba, l'ayant pris avec lui, le conduisit vers les Apôtres et leur raconta comment sur le chemin Shaoul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé et comment à Damas il avait prêché franchement au nom de Yeshoua. (Actes 9 :27) et encore : La main du Seigneur était avec eux et un grand nombre de personnes crurent et se convertirent au Seigneur. Le bruit en parvint aux oreilles des membres de la Kéhila de Jérusalem et ils envoyèrent Bar-Naba jusqu'à Antioche. Lorsqu'il fut arrivé et qu'il eut vu la grâce de D.ieu, il s'en réjouit et il les exhorta tous à rester d'un cœur ferme attachés au Seigneur. Car c'était un homme de bien, plein du Rouah Hakodesh et de foi. Et une foule assez nombreuse se joignit au Seigneur. Bar-Naba se rendit ensuite à Tarse, pour chercher Shaoul et l'ayant trouvé, il l'amena à Antioche. Pendant toute une année, ils se réunirent aux assemblées de la Kéhila et ils enseignèrent beaucoup de personnes. (Actes 11 :21-26).

Arrêtons-nous un instant avec ces passages car plusieurs points essentiels et clés nous sont présentés : non seulement, Bar-Naba, confirme la vision de Shaoul et l’agrée tout en la confirmant auprès des autres Apôtres mais en plus de cela, Shaoul avait déjà commencé ses prédications dites "pauliniennes" ; par conséquent, ses prédications ne dérangent apparemment ni Bar-Naba puisqu’il va le chercher jusqu’à Tarse mais à ce sujet, il n’y a absolument aucune réprimande des Apôtres lors du Concile ; le débat ne portant que sur la circoncision, la conversion ou encore le rôle du Tsadik dans le cadre de notre justification mais en aucun cas, sur les prédications de Shaoul d’autant plus qu’il enseignait en compagnie de Bar-Naba… Qu’enseignaient-ils ? Ce fameux Bar-Naba aurait-il également aboli la Torah en compagnie de Shaoul ? Si oui, pourquoi ne sont-ils repris à ce sujet lors du Concile ? Et pourquoi Bar-Naba s’il est rempli du Rouah Hakodesh va-t-il chercher Shaoul, un détracteur des lois toraïques ? Au vue de ces multiples références, il est clair qu’il est totalement absurde de considérer Shaoul comme un apostat à la Torah.

De plus, il est bien précisé dans les Actes : Il allait et venait avec eux dans Jérusalem et s'exprimait en toute assurance au nom du Seigneur. (Actes 9 :28). Comment un homme ayant eu des hallucinations pourrait-il non seulement, convaincre Bar-Naba mais également les Apôtres et marcher avec assurance dans Jérusalem ou encore prêcher ouvertement des délires psychiques ou encore démoniaques ? Il va sans dire que les anti-pauliniens, s’ils rejettent Shaoul doivent également rejeter Bar-Naba et s’ils refusent, doivent tout simplement rejeter absolument une grande partie voire tout le Livre des Actes.

Autrement dit, comment un homme ayant le projet d’abolir la Torah pourrait-il marcher librement dans Jérusalem et s’exprimait en toute assurance au nom du Mashiah ? En fait, ce n’est pas le cas puisqu’il est dit :  La Kéhila était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie, s'édifiant et marchant dans la crainte du Seigneur, et elle s'accroissait par l'assistance du Rouah Hakodesh. (Actes 9 :31). En termes plus simples, les Apôtres dont Yaakov, Shimon Kéfa, etc… étaient en paix avec Shaoul.

Pour preuve, tous ces épisodes font aussi référence à ce passage : Trois ans plus tard, je montai à Jérusalem pour faire la connaissance de Kéfa et je demeurai quinze jours chez lui. Mais je ne vis aucun autre des Apôtres, si ce n'est Yaakov, le frère du Seigneur. (Galates 1 :18) et au sujet des communautés de Judée, il est dit : Or, j'étais inconnu de visage aux communautés de Judée qui sont dans le Mashiah ; seulement, elles avaient entendu dire : Celui qui autrefois nous persécutait annonce maintenant la foi qu'il s'efforçait alors de détruire. Et elles glorifiaient D.ieu à mon sujet. (Galates 1 :22-24). En termes plus simples, non seulement, Shaoul a souhaité se rapprocher des talmidim du Mashiah mais en plus de ça, les communautés Nazaréennes glorifiaient D.ieu à son sujet.

Contrairement aux dires des anti-pauliniens, Shaoul n’était donc pas un électron libre mais au contraire, a bien souhaité rencontrer les Apôtres pour en savoir plus concernant Yeshoua mais également pour échanger sur leurs diverses interprétations et missions respectives. Autrement dit, Shimon Kéfa n’aurait jamais reçu un homme ayant des intentions d’abolir la Torah et certainement que lors de cet entretien de plus de quinze jours, Shimon a parlé de Yeshoua et de son projet pour les-non Juifs à Shaoul ; entendre cette injonction : Allez, faites de toutes les nations des talmidim, les immergeant en mon nom et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. (Matityahou 28 :19-20).