CHAPITRE 2

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COMMENTAIRES 

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1.     Quand se remplit le jour de Shabou’ot, ils étaient tous ensemble dans le même lieu.

 

 

  • Quand se remplit le jour de Shabou’ot : la fête Juive de Shavouot, de Matan Torah.

COMMENTAIRE N°1

La fête de Shavouot commémore l’événement le plus important de l’histoire Juive : le don de la Torah au Mont Sinaï… Cette révélation divine fut un événement spectaculaire pour tout le peuple Juif.

Et l'Éternel vous parla du milieu du feu ; vous entendîtes le son des paroles mais vous ne vîtes point de figure, vous n'entendîtes qu'une voix. Il publia son alliance, qu'il vous ordonna d'observer, les dix commandements et il les écrivit sur deux tables de pierre. (Devarim 4 :12-13)

Le mot "Shavouot" signifie "semaines" en raison des "sept semaines" qui ont précédé le don de la Torah au Sinaï. Ce don fut un événement spirituel d’une grande portée, qui marqua l’essence de l’âme Juive pour l’éternité. Tel un mariage entre le divin et Israël, Hashem fit un serment d’alliance perpétuelle avec nous et de notre côté également, nous lui avons juré une fidélité éternelle. 

Chaque année, lors de la fête de Shavouot, nous renouvelons notre acceptation de ce cadeau divin : D.ieu nous "redonne" la Torah et nous lui "renouvelons" notre fidélité. En effet, les Sages d’Israël enseignent que les fêtes de l’Eternel ne sont pas de simples commémorations mais bien au contraire, elles sont véritablement la répétition d’événements passés durant cette période de l’année. Chaque année, durant la fête de Shavouot, le don de la Torah est ainsi, complétement renouvelé !

Comme nous l’avons compris, c’est pendant cette période de sainteté que le Rouah Hakodesh est descendu sur les talmidim de Yeshoua.

Le jour de Shavouot, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres et se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis du Rouah Hakodesh et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer. (Actes 2 :1-4)

 

COMMENTAIRE N°2

Le Mashiah Yeshoua est mort et ressuscité, nous sommes donc officiellement rentrés dans la période de la grâce de la Brit Hadasha, manifestée au travers du Mashiah. Pourtant, les Apôtres font encore Shavouot, une fête du Tanakh…

Trois fois par année, tu célébreras des fêtes en mon honneur. (…) Tu observeras la fête de la moisson, des prémices de ton travail, de ce que tu auras semé dans les champs. (Shemot 23 :14-16)

Nous pouvons donc déclarer avec fermeté : les fêtes de l’Éternel ne sont pas "abolies" par la grâce de D.ieu… Non ! Pour les chrétiens, Shavouot est également appelée "Pentecôte" : nous avons reçu le Rouah Hakodesh lors de cette fête… Pentecôte est une fête Juive appelée la fête de Shavouot ! 

 

 

  • ils étaient tous ensemble dans le même lieu : réunis, dans une parfaite communion fraternelle.

 

COMMENTAIRE N°3

Le don de la Torah, lors de Shavouot, a été accordé au Am Israël car le peuple était dans l’unité, tel un seul homme avec un seul cœur. L’unité dont il est question ici, n’est pas une unité de façade politique ou sociale ; c’est une unité des cœurs, émanant de l’intérieur et qui peut nous permettre de trouver grâce aux yeux de D.ieu et de recevoir sa Torah unique... Ainsi, les Apôtres étaient exactement dans ce même schéma, d’amour, de fraternité et d’amitié.

Que nous puissions à Shavouot toujours renforcer l’unité de notre peuple, dans ce même objectif ! Amen.

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3.     Leur apparaissent des langues, comme de feu ; elles se partagent et se posent une sur chacun d’eux.

 

 

  • Leur apparaissent des langues, comme de feu : comme cela est relaté dans le Livre de Yrmeyahou.

 

Ma parole n'est-elle pas comme un feu, dit l'Éternel et comme un marteau qui brise le roc ? (Yrmeyahou 23 :29)

 

COMMENTAIRE N°1

Ses ardeurs sont des ardeurs de feu, une flamme de l'Éternel. (Shir HaShirim 8 :6)

 

Selon les termes du verset Shir HaShirim 8 :6 : ses étincelles sont des étincelles de feu, une flamme divine. Ainsi, de son vivant, le Tsadik distribue la vie avec la plus grande flamme. C’est pour cela qu’il peut continuer à le faire après avoir quitté ce monde. (Tanya et commentaires, Iguéret HaKodesh, chap. 27)

 

COMMENTAIRE N°2

Le Livre de l’Exode se termine par le verset : Car une nuée divine couvrait le Tabernacle durant le jour et le feu y brillait la nuit, aux yeux de toute la maison d’Israël dans tous leurs voyages. (Shemot 40 :38). Le mot "feu" fait allusion à la Torah, ainsi qu’il est écrit : Dans sa droite, une loi de feu. (Devarim 33 :2). Les Sages ont dit que le feu désignait toujours la Torah. (Mekhilta Yitro 19 :18 ; Midrash Cho’her Tov 16 :7). (David ‘Hanania Pinto)

 

COMMENTAIRE N°3

Comme nous l’avons vu, Shavouot commémore Matan Torah. Cet épisode est rapporté dans le Sefer Shemot aux chapitres 19 et 20 principalement. 

Un lien avec entre Matan Torah et Matan Rouah Hakodesh ? 

Ma parole n'est-elle pas comme un feu, dit l'Éternel et comme un marteau qui brise le roc ? (Yrmeyahou 23 :29)

Une béraïta de la Yeshiva de Rabbi Yichmaël a enseigné : Et comme un marteau il brise le roc en éclats, on peut alors comprendre : Chacune des paroles sorties de la bouche d’Hashem s'est divisée en 70 langues. (Shabbat 88b)

Les paroles prononcées par le Créateur au Sinaï étaient visibles, elles étaient matérialisées sous la forme d’un feu… Un feu comme le feu du parler en langues : le feu du Rouah Hakodesh !

Tout le peuple vit la voix. (Shemot 20 :15)

Ma parole n'est-elle pas comme un feu ?  (Yrmeyahou 23 :29)

Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. (Actes 2 :3)

Dans un premier temps, Hashem a donné la Torah en 70 langues au Am Israël : le but du peuple était d’éclairer le monde par la Torah et de conduire les nations dans la connaissance du D.ieu Créateur.  Dans un sens, Israël a échoué… Cependant, la Brit Hadasha en Yeshoua était censée renouveler ce vœu intérieur d’Hashem…

La Kéhila Nazaréenne a donc reçu le Rouah Hakodesh pour propager le nom du Mashiah, le salut au monde ! Hashem a alors renouvelé l’Alliance de Moshé pour accentuer la puissance du témoignage d’Israël et a donc permis le don du parler en langues !

Matan Rouah Hakodesh :

  • le don du parler en langues a été donné aux talmidim de Yeshoua afin qu’ils puissent effectuer plusieurs tikounim dans le monde.

 

  • l’exercice du parler en langues purifie les nations et rapproche les nations d’Hashem.

En effet, le don du parler en langues appelle au Réveil mondial des consciences : le Réveil développe de grandes considérations dans les cœurs… Le pécheur, Juif ou Grec, est pris d’une profonde repentance, celle-ci lui brise le cœur et le pousse dans une profonde humilité lui permettant d’annihiler son péché. Outre la téchouva, la émouna est aussi renouvelée, les talmidim ou futurs talmidim seront remplis d’une charité ardente pour les âmes. Ils soupireront au salut du monde entier ! Ils seront en agonie pour tels ou tels individus qu’ils voudraient voir sauvés, pour leurs amis, leurs parents, leurs ennemis, etc… Ils supplieront l’Eternel avec des cris et des larmes, d’avoir pitié d’eux et de sauver leurs âmes du Guey-Hinnom. Un réveil brise le pouvoir du monde et du péché… Les âmes sont touchées et prennent un nouvel élan vers Hashem, ils ont de nouveaux avant-goûts de la gloire future, un nouveau désir de s’unir avec la Torah : le charme du monde est détruit et le pouvoir du Satan abattu. La Kéhila réveillée obtient le salut des pêcheurs, obtient la repentance, obtient le rafraîchissement, obtient le changement du monde : chez les libertins les plus abandonnés, chez les femmes de mauvaise vie, chez les ivrognes et les impies, chez toutes sortes d’individus dépravés… Les portions les plus corrompues de la société s’adoucissent, s’apprivoisent et apparaissent comme d’aimables échantillons de la beauté d’un cœur sanctifié.

Le "don des langues terrestres" fut une expérience nouvelle tout comme le "don des langues célestes" mais pourtant, ces notions ne sont pas indifférentes au Judaïsme. En effet, certains Maîtres d’Israël connaissaient le langage des arbres, des anges ou encore des démons…

 

Shlomo HaMelekh parlait également lui-même le langage des animaux. 

 

Hashem est apparu dans un rêve au Roi Shlomo et lui a demandé : Que veux-tu ? Shlomo a répondu : Je te demande la sagesse. Hashem lui a alors répondu : Puisque tu m’as demandé la sagesse, tu auras la sagesse et la richesse. Aussitôt Shlomo se réveilla et c’était un rêve… Rabbi Yits’hak a enseigné : Au même moment, Shlomo savait ce que voulait dire le braiment de l’âne et lorsqu’un oiseau pépiait, il comprenait aussi ce que voulait dire le gazouillis. (Shir HaShirim Raba 1 :9) 

 

Un passage du "Testament de Job" évoque le parler en langue des anges… Ce texte apocryphe Juif, écrit en grec, date de l’époque du Second Temple. Les derniers chapitres de ce livre [ch. 46-52] racontent comment les filles de Job chantent des hymnes dans la langue des anges. Les termes grecs employés pour décrire cette expérience sont proches de ceux employés par l’auteur du Livre des Actes des Apôtres lorsqu’il parle du parler en langues. La famille de Job aurait entendu les filles de celui-ci raconter les grandeurs de D.ieu. Même expression avec la Pentecôte et avec l’épisode chez Corneille ! Les filles de Job auraient donc parlé dans la langue des anges, une langue sensée être inaccessible au commun des mortels… (Timothée Minard, un Docteur en Théologie Protestante Évangéliste)

 

  • elles se partagent et se posent une sur chacun d’eux : individuellement… Le Rouah Hakodesh permet d’exprimer notre véritable potentiel personnel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4.     Ils sont tous remplis du souffle sacré. Ils commencent à parler en d’autres langues, selon ce que le souffle leur donne d’énoncer.

 

 

  • Ils sont tous remplis du souffle sacré : du Rouah Hakodesh du Mashiah.

 

À Shavouot, lorsque nous recevons la Torah, nous sommes capables de recevoir une nouvelle vitalité. (Torah n°267 du Likouté Moharan I)

 

 

  • Ils commencent à parler en d’autres langues : les langues de diverses nations.

 

 

  • selon ce que le souffle leur donne d’énoncer : par l’intermédiaire du Rouah Hakodesh.

 

Il est impossible de recevoir la Torah sans s’être préalablement immergé dans le mikvé de Shavouot d’où provient une pureté d’un endroit très élevé qui correspond à la 50ème porte de la sainteté. Par cette immersion, l’homme reçoit dans une grande bonté d’Hashem une lumière et une sainteté provenant du souffle du Mashiah. (Likouté Halakhot de Rabbi Nathan)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6.     Comme cette voix surgit, une grande multitude se réunit, stupéfaite parce que chacun les entend parler dans son propre dialecte.

 

 

  • Comme cette voix surgit : les différentes voix des Apôtres, désignées comme "une voix" unique.  

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour mieux comprendre le concept exposé dans le Livre des Actes, nous pourrons nous inspirer du Likouté Amarim.

 

Comme dit le Talmud dans le Traité Sanhédrin, un certain hérétique dit à Rabban Gamliel : Vous dites que la Shekhina repose sur chaque assemblée de dix. Combien de Shekhina avez-vous ?  Rabban Gamliel lui répondit par l’analogie de la lumière du soleil qui pénètre à travers plusieurs fenêtres... C’est une lumière unique qui traverse la multitude des fenêtres. Ainsi lorsque la lumière brille à travers des vitraux de teintes différentes prend-elle l’apparence de la couleur des vitraux. Pour autant, la lumière elle-même demeure inchangée. Les seules différences n’existent qu’aux yeux de ceux qui la reçoivent.  Il en est de même quant aux différentes formes de manifestation de la Shekhina. C’est une lumière unique qui demeure sans qu’aucune modification ne l’atteigne ; la différence ne réside que dans la manière dont elle est reçue. Et l’homme avisé comprendra. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 35)

 

 

  • une grande multitude se réunit : la foule.

 

  • stupéfaite parce que chacun les entend parler dans son propre dialecte : dans leurs langues respectives.

 
 
 
 

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22.     Hommes d’Israël, entendez ces paroles ! Iéshoua’ le Nazoréen, l’homme manifesté par Elohîms auprès de vous, par des pouvoirs, des prodiges et des signes qu’Elohîms a faits par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes.

 

 

  • Hommes d’Israël, entendez ces paroles : recevez-les avec émouna [avec foi].

 

 

  • Iéshoua’ le Nazoréen : comme on le sait, Rabbi Yeshoua de Natzeret était surnommé par le public Juif : le Nazaréen ; Yeshoua HaNotzri en hébreu.

 

COMMENTAIRE N°1

L’Apôtre Matityahou explique : il vint demeurer dans une ville appelée Natzeret, afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par les Prophètes : Il sera appelé Nazaréen. (Matityahou 2 :23).

 

Matityahou fait certainement référence aux prophéties de Yeshayahou HaNavi comme il est dit : Puis un rameau sortira du tronc d'Yichaï et un rejeton naîtra de ses racines. L'Esprit de l'Éternel reposera sur lui : Esprit de sagesse et d'intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l'Éternel. (Yeshayahou 11 :1-2)

Dans ce cas précis, il est important d’expliquer pourquoi, il s’agit des prophéties de Yeshayahou HaNavi… En effet, dans ce verset, Matityahou prétend que Yeshoua a accompli une prophétie des Neviim et qu’en conséquence, le Mashiah sera appelé "le Nazaréen" [HaNotzri, en hébreu]. Or, lorsque vous cherchez la source de cette prophétie dans le Tanakh, vous n'en trouverez pas car elle n’existe pas ; du moins, elle n’existe pas d’un point vue purement littéral...

Matityahou est un Juif et parle comme un Juif ; c’est pourquoi, il fait une interprétation midrashique Juive d’un verset de Yeshayahou HaNavi.

Pour information, un Midrash est une méthode Juive d’interprétation qui cherche à répondre aux questions religieuses, pratiques et/ou théologiques en cherchant minutieusement les significations des mots, des phrases, des versets et/ou des thèmes dans les Écritures. Autrement dit, c’est une méthode herméneutique d’exégèse biblique. Or, longtemps réduit à une dimension folklorique et apparemment naïve, le Midrash connaît un regain d’intérêt lorsque des commentateurs redécouvrent derrière des exégèses apparemment extravagantes, plusieurs parallèles avec la Bible. 

Dans cet Évangile, comme nous l’avons dit, Matityahou utilise une méthode midrashique pour étayer cette déclaration : le Mashiah sera appelé le Nazaréen. En fait, la clé pour comprendre réside dans le mot "Natzeret" … En effet, le mot racine pour "Natzeret" est "netzer" ce qui signifie également la branche, le sarment ou dans d’autres versions, le rejeton comme c’est le cas dans Yeshayahou. Par conséquent, Matityahou relie le mot racine "netzer" au Mashiah, la "branche/sarment" d’Yichaï, du Roi David…

Puis un rameau sortira du tronc d'Yichaï et un rejeton naîtra de ses racines. (Yeshayahou 11 :1)

Un rejeton ou une branche, un "netzer" [lié au Notzri, au Nazaréen en français] naîtra des racines d’Yichaï… Le Mashiah Yeshoua est alors ce fameux "Nazaréen/Notzri" de la lignée de David et également celui qui vient de Natzeret ; voilà pourquoi Matityahou utilise cette prophétie de Yeshayahou pour parler du Rabbi. 

Voici, je ferai venir mon serviteur, le germe. (Zekharia 3 :8)

Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, où je susciterai à David un germe juste ; il régnera en Roi et prospérera, il pratiquera la justice et l'équité dans le pays. (Yrmeyahou 23 :5)

Dans ces deux versets précédemment cités, deux des Prophètes les plus célèbres d'Israël utilisent également le mot "branche/germe" comme titre pour parler du Mashiah. Cependant, dans ces versets, ils utilisent un mot différent pour branche/germe, il s’agit du mot "tzema’h" en hébreu … Or, il faut savoir que "netzer" et "tzema’h" sont synonymes ; ils signifient dans un sens, la même chose. Matityahou, en utilisant l'exégèse midrashique, relie le Mashiah à "netzer" et "tzema’h" ; tout cela également relié à la ville de Natzeret et au nom "Nazaréen/Notzri" attribué à Yeshoua… En réalité, l’Apôtre Matityahou dit à ses lecteurs que les Prophètes ont utilisé un code pour identifier le Mashiah dans le mot "netzer" ou "tzema’h" : une branche, un germe qui sortira de la lignée de David. En l’occurrence, il s’agit de Yeshoua, nommé le Nazaréen [HaNotzri]. 

À noter que l’expression "Rabbi Yeshoua de Natzeret" est aujourd’hui une façon vraiment Juif de l'appeler [le nom du Rabbi + une ville bien précise] comme c’est le cas chez les ‘habad lorsqu’il parle du "Rabbi de Loubavitch" ou encore chez Breslev avec "Rabbi Na’hman de Breslev" ou encore même chez les mitnagdim avec le "Gaon de Vilna" …

 

 

  • l’homme manifesté par Elohîms auprès de vous : comme il est dit : Yeshoua leur répondit : Je vous l'ai dit et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi. (Yohanan 10 :25) ou encore : Quand même vous ne me croyez point, croyez à ces œuvres, afin que vous sachiez et reconnaissiez que le Père est en moi et que je suis dans le Père. (Yohanan 10 :38) ou encore : Croyez-moi, je suis dans le Père et le Père est en moi ; croyez du moins à cause de ces œuvres. (Yohanan 14 :11).

 

  • par des pouvoirs, des prodiges et des signes qu’Elohîms a faits par lui : nul besoin de s’étaler sur les miracles du Mashiah Yeshoua étant donné qu’il est dit à son sujet : Yeshoua a fait encore beaucoup d'autres choses ; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qu'on écrirait. (Yohanan 21 :25)

 

  • au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes : et en effet, nous avons reçu ce témoignage des Apôtres : J'ai parlé ouvertement au monde ; j'ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le Temple, où tous les Juifs s'assemblent et je n'ai rien dit en secret. (Yohanan 18 :20) ou encore : Vous êtes venus, comme après un brigand, avec des épées et des bâtons, pour vous emparer de moi. J'étais tous les jours assis parmi vous, enseignant dans le Temple et vous ne m'avez pas saisi. (Matityahou 26 :55)

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24.     Mais Elohîms l’a relevé ; il a délié pour lui les douleurs de la mort, parce qu’il n’était pas possible qu’il soit dominé par elle.

 

 

  • Mais Elohîms l’a relevé ; il a délié pour lui les douleurs de la mort : cette affirmation confirme une pensée du Talmud. En effet, la Guémara parle de la potentialité qu’un Mashiah puisse venir du monde des morts ; elle précise même qu’il pourrait s’agir de Daniel ou d’un Tsadik du "calibre" de Daniel. 

 

Si le Mashiah est parmi les vivants, c'est une personne comme Yéhouda HaNassi, réputé pour sa sainteté, sa piété et sa connaissance de la Torah. Si le Mashiah est parmi les morts, c'est une personne comme Daniel, l'homme bien-aimé. (Sanhédrin 98b)

 

COMMENTAIRE N°1

Un lien avec cette Guémara pourra être retrouvée dans les Évangiles, étonnamment par le Mashiah lui-même.

Le Cohen Gadol se leva et lui dit : Ne réponds-tu rien ? Qu'est-ce que ces hommes déposent contre toi ? Yeshoua garda le silence. Et le Cohen Gadol, prenant la parole, lui dit : Je t'adjure, par le D.ieu vivant, de nous dire si tu es le Mashiah, le Fils de D.ieu. Yeshoua lui répondit : Tu l'as dit. De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l'homme assis à la droite de la puissance de D.ieu et venant sur les nuées du ciel. Alors le Cohen Gadol déchira ses vêtements, disant : Il a blasphémé ! Qu'avons-nous encore besoin de témoins ? Voici, vous venez d'entendre son blasphème. Que vous en semble ? (Matityahou 26 :62-65)

En effet, Yeshoua étant Mashiah s’est associé lui-même aux prophéties [chap. 7] du Livre de Daniel. Clairement, Yeshoua savait qu’il allait mourir mais cela ne l’a pas empêché de déclarer d’une certaine façon : Même si vous me tuez, comme vous le savez, on enseigne qu’un Mashiah, appelé Daniel, se réveillera d’entre les morts et selon la prophétie, on me reverra sur les nuées du ciel…

Lorsque la Guémara parle de Daniel, on pourrait ainsi comprendre qu’elle parle, par l’intermédiaire d’un code [le Mashiah dont parle Daniel] :  le Fils de l’homme [Yeshoua] viendra [d’entre les morts] pour recevoir une domination éternelle !

Je regardai pendant mes visions nocturnes et voici, sur les nuées des cieux arriva quelqu'un de semblable à un fils de l'homme ; il s'avança vers l'Ancien des jours et on le fit approcher de lui. On lui donna la domination, la gloire et le règne ; tous les peuples, les nations et les hommes de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point et son règne ne sera jamais détruit. (Daniel 7 :9-14)

Caïapha étant Cohen Gadol et surtout un Juif sadducéen, n’a pas supporté cette révélation et a fait exécuter Yeshoua. De plus, les tzedoukim [sadducéens] ne croyaient pas en la résurrection des morts alors encore bien moins, en un Mashiah relevé d’entre les morts… 

Les tzedoukim disent qu'il n'y a point de résurrection et qu'il n'existe ni ange ni esprit, tandis que les proushim affirment les deux choses. (Actes 23 :8)

Ceci confirme également les enseignements du Rabbi : "tsadikim nikraïm haïm bémitatam" les tsadikim sont appelés vivants même dans leur mort…

Pour ce qui est de la résurrection des morts, n'avez-vous pas lu ce que D.ieu vous a dit : Je suis le D.ieu d'Avraham, le D.ieu d'Its’hak et le D.ieu de Yaakov ? D.ieu n'est pas D.ieu des morts mais des vivants. La foule, qui écoutait, fut frappée de l'enseignement de Yeshoua. (Matityahou 22 :31-32)

Mon bien-aimé est semblable à la gazelle. (Shir Hashirim 2 :9). Comme cette gazelle qui apparaît, est révélée, retourne et disparaît ; le premier rédempteur est apparu et a disparu. Rabbi Bérakhyaha a dit au nom de Rabbi Lévi : Comme le premier rédempteur, sera le dernier rédempteur. Le premier rédempteur est Moshé, qui s'est révélé à eux, est retourné et s'est caché d’eux. (Bamidbar Rabah 11 :2)

Sa royauté sera jetée pour un temps, comme le premier rédempteur, le dernier rédempteur [le Mashiah] sera caché, puis reviendra et sera révélé. (Yalqout Chimoni Ruth 2 :603)

Dans nos actions et dans nos prières, nous aidons Mashiah ben Yossef et en agissant ainsi de toutes nos forces, lorsque l'éveil vient d'en bas, nous réaliserons l'unité de Mashiah ben Yossef et de Mashiah ben David qui sont l'arbre de Yossef et l'arbre de Yéhouda. Au début, ils seront entre vos mains individuellement, puis ils seront unis dans ma main… L'unité des deux est le fondement de l'unité du Saint Béni soit-Il et la Shekhina, ainsi ce sera l'achèvement de la rédemption. (Yehezqel 37 :19). (…) La rédemption entière dépend de l'unification des deux morceaux de bois : le bois de Yossef et le bois de Yéhouda. Ce sont les deux Messies : Mashiah ben Yossef et Mashiah ben David ; au début, lorsque la rédemption commencera naturellement d'en bas, ce seront des individus séparés dans votre main mais ensuite, ils deviendront un dans ma main. (Yehezqel 37 :19). La main de D.ieu signifie, miraculeusement, à l'aide des nuées du ciel. (…) Les yeux du Seigneur ton D.ieu sont toujours là-dessus, du début de l'année jusqu'à la fin de l’année. (Devarim 11 :12) ; le mot "yeux" au pluriel fait référence aux deux meshi’him. Le début de l'année fait référence au Mashiah ben Yossef, la qualité du din et la fin de l'année fait référence au mois de la miséricorde, au Mashiah ben David, la qualité du ‘hessed. (…) Je susciterai un germe juste de David. (Yrmeyahou 23 :6). Un germe juste fait référence au premier Mashiah : le Mashiah ben Yossef. Comme le trône de David, comme expliqué ci-dessus, il prépare la voie au Mashiah ben David. Nous sommes obligés de prier (…) par conséquent, nous nous concentrons dans la Amida car on trouve les mentions de : "la pousse de David" et "élevez la corne du salut [keren Yeshoua]"… Tout ceci est révélé dans le mystère de l’expression "les cornes d'un bœuf [Yossef]"… À la fin de la bénédiction, il est alors dit : "matsmia’h keren yeshoua" qui, en guématria, équivaut à 741 soit la guématria de "Mashiah ben Ephraïm [Yossef]"…  (Enseignements du Kol HaTor)

Il a plu à l'Éternel de le briser par la souffrance... Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, il verra une postérité et prolongera ses jours ; l’œuvre de l'Éternel prospérera entre ses mains. (Yeshayahou 53 :10)

Dans le Gan Eden, un palais est appelé le "palais des fils de la maladie" ... Le Messie entre dans ce palais et rassemble chaque douleur et chaque châtiment d'Israël. Tout cela vient reposer sur lui et s'il ne les avait pas pris sur lui-même, aucun homme n'aurait été capable de porter les châtiments d'Israël pour la transgression de la Torah car il est écrit : Certainement ce sont nos maladies qu'il a portées. (Yeshayahou 53 :4). (Zohar II, 212a)

 

À propos du Mashiah, la Guémara demande : Quel est son nom ? (…) Son nom est le lépreux (…) ainsi qu'il est dit : Certes, ce sont nos maladies qu'il a portées et nos souffrances qu'il a subies et nous le considérions comme un lépreux, frappé par D.ieu, humilié. (Yeshayahou 53 :4). (Sanhédrin 98b)

 

Alors je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem, un esprit de grâce et de supplication et ils tourneront les regards vers moi, celui qu'ils ont percé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né. (Zekharia 12 :10)

Ce verset du Livre de Zekharia fait référence au Mashiah, comme cela est rapporté par un avis du Talmud.

Le pays sera dans le deuil, chaque famille séparément. Pourquoi sont-ils dans le deuil ? (…) L'un dit que cela se rapporte au Mashiah ben Yossef qui sera tué. (Soukkah 52a)

Mashiah ben Yossef : bien évidemment, il s’agit ici de Yeshoua ben Yossef.

Le Mashiah fut donc retranché mais non pour lui-même car comme on le sait, Rabbi Yeshoua n’avait commis aucune faute ; il s’est livré en faveur des autres mais baroukh Hashem, nous le reverrons bientôt…

Voici, votre maison vous sera laissée déserte car je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez : Baroukh Haba Beshem Adonaï ! (Matityahou 23 :38-39)

 

 

  • parce qu’il n’était pas possible qu’il soit dominé par elle : selon les Écrits Nazaréens, le Tsadik porte le titre de "premier-né d’entre les morts" (Révélation 1 :5) afin de dévoiler sa supériorité totale sur tous les autres hommes mortels [par la faute] n’ayant lui-même jamais succombé au mal. Par la résurrection et par une vie de sainteté exemplaire, Rabbi Yeshoua a dominé et vaincu la mort comme cela avait été prophétisé par le Roi David : Car tu ne livreras pas mon âme au séjour des morts, tu ne permettras pas que ton bien-aimé voie la corruption. (Téhilim 16 :10)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30.     Or c’était un inspiré, il détenait le serment que lui avait fait Elohîms de faire siéger sur son trône un fruit de son flanc.

 

 

  • Or c’était un inspiré : selon nos Maîtres, David HaMelekh avait atteint la prophétie par Rouah Hakodesh.

 

 

  • il détenait le serment que lui avait fait Elohîms : comme il est dit : L'Éternel a juré la vérité à David, il n'en reviendra pas ; je mettrai sur ton trône un fruit de tes entrailles. (Téhilim 132 :11) ou encore : Ce sera lui qui bâtira une maison à mon nom et j'affermirai pour toujours le trône de son Royaume. (2 Shmouel 7 :13)

 

 

  • de faire siéger sur son trône un fruit de son flanc : cette promesse se réalisera pleinement au travers de Yeshoua lorsqu’il siégera comme Mashiah ben David de façon officielle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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31.     Aussi, le prévoyant, il a dit du relèvement du messie : Non, il n’a pas été abandonné au Shéol, et sa chair n’a pas vu la corruption.

 

 

  • Aussi, le prévoyant : par Rouah Hakodesh.

 

 

  • il a dit du relèvement du messie : cela fait référence à la résurrection du Mashiah.

 

 

  • Non, il n’a pas été abandonné au Shéol, et sa chair n’a pas vu la corruption : autrement dit, David étant mort et étant retourné à la poussière, ce n’est donc pas à lui-même qu’il se référait mais bien à quelqu’un d’autre, en l’occurrence au Saint, c’est-à-dire au Mashiah dont il pouvait dire qu’il s’agissait de sa propre chair étant donné que Yeshoua était issu physiquement de lui comme il est enseigné : né de la postérité de David, selon la chair. (Romains 1 :3).

 

COMMENTAIRE N°1

Un cas semblable d’interprétation peut être lue dans le Sefer de Hagaï qu’Abravanel commente de la manière suivante : Dans ce même temps, dit l’Éternel des armées, je te prendrai, Zéroubavel, fils de Shealtiel, mon serviteur, dit l’Éternel et te garderai comme un sceau car je t’ai choisi, dit l’Éternel des armées. (Hagaï 2 :23) ; la raison pour laquelle l’Éternel lui a dit qu’il le prendrait est parce que le Roi Messie serait de sa descendance, de la même manière qu’il est en Yehezqel 37 :28 : Et David mon serviteur sera leur prince pour l’éternité. Le Roi Messie est David et Zéroubavel en ce sens qu’il est issu de leur tronc. (Commentaire d’Abravanel sur Hagaï, chap. 2)

En conséquence, l’assertion selon laquelle David ne verra pas la corruption suppose, en outre, le retour du Mashiah davidique à la vie avant la décomposition de son corps : la résurrection de Yeshoua au troisième jour répond donc parfaitement à la prophétie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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32.     Ce Iéshoua’, Elohîms l’a fait lever, nous en sommes tous témoins.

 

 

  • Ce Iéshoua’, Elohîms l’a fait lever : en le ressuscitant des morts.

 

COMMENTAIRE N°1

Les Sages ont enseigné : Au Mashiah ben David, qu’il soit révélé rapidement et de nos jours, le Saint Béni soit-Il a dit : Demande-moi et je te donnerai tout ce que tu voudras, comme il est dit : Je raconterai le décret ; le Seigneur m'a dit : Tu es mon Fils, aujourd'hui je t'ai engendré, demande-moi et je te donnerai les nations pour héritage, et les extrémités de la terre pour possession. (Téhilim 2 :7–8). Une fois que le Mashiah ben David a vu que le Mashiah ben Yossef a été tué, il a dit au Saint Béni soit-Il : Maître du monde, je ne te demande que la vie ; que je ne subisse pas le même sort. Le Saint Béni soit-Il lui a alors répondu : La vie ? Avant même que tu n’aies énoncé cette demande, ton père David a déjà prophétisé sur toi à propos de ce sujet précis, comme il est dit : Il te demandait la vie, tu la lui as donnée, une vie longue pour toujours et à perpétuité. (Téhilim 21 :4). (Soukkah 52a)

Selon un angle Nazaréen, cette traduction et la traduction habituelle de cette Guémara n’est pas forcément exacte. La béraïta faisant du récepteur de la vie, le Mashiah ben David dirait en réalité "lorsque le Mashiah ben Yossef verra qu’il a été tué" et non "lorsqu’il verra que le Mashiah ben Yossef a été tué" et ainsi, il apparaît suffisamment clair que dans cette béraïta, c’est le Mashiah ben Yossef lui-même, également Mashiah ben David, qui, après avoir été exécuté, supplie le Maître du monde de la ressusciter conformément aux Évangiles.

Bien qu’il existe, bien évidemment, des objections rabbiniques sur cette interprétation, il est intéressant de relever le commentaire du Dav Shevui sur cette Guémara, estimant lui-même que dans ce passage, il pourrait éventuellement déceler des polémiques avec la chrétienté :  Il peut y avoir des connotations et des polémiques chrétiennes à ce Midrash car selon ce passage, le vrai Mashiah ne sera pas tué. (Daf Shevui sur Soukka 52a :6) 

Néanmoins, la version reprise dans le Yalqout Shimoni est plus remarquable encore en ce qu’elle applique au Mashiah ben Yossef, le Téhilim 2 qui a été initialement interprété comme ayant trait au Mashiah, appelé clairement "Fils de D.ieu" dont la version du Talmud de Babylone nous précise qu’il s’agit bien du Mashiah ben David. En effet, cette version ira jusqu’à dépeindre également le Mashiah ben Yossef comme étant le Shiloh, l’oint issu de Yéhouda, prophétisé dans le Sefer Béréshit au chap. 49.

Nos Sages ont enseigné : Le Saint Béni soit-Il a dit au Mashiah, qu’il se dévoile rapidement et de nos jours : Demande-moi ce que tu veux et je te le donnerai, comme il est dit : Demande-moi et je te donnerai les nations pour héritage. (Téhilim 2 :8). Rabbi Bérakhyah a dit au sujet de l’assemblée de Kora’h : Tu les briseras d’un sceptre de fer, comme le vase de potier, tu les mettras en pièces. (Téhilim 2 :9) ; il s’agit du Mashiah ben Yossef, un gouvernant par le bâton. Voilà pourquoi il est aussi dit : Le sceptre ne s’éloignera pas de Yéhouda jusqu’à ce que vienne le Shiloh. (Béréshit 49 :10). (Yalqout Shimoni sur le Nakh 621).

Et à nous de préciser que Rachi commente de cette façon : Shiloh fait référence au Roi Messie. Or, si nous prenons, en hébreu, les premières lettres de l'expression "Shiloh, auquel obéiront les peuples" nous trouvons le nom même de Yeshoua. Par conséquent, à la lumière de toutes ces explications, il est aisé de comprendre que selon une partie du Judaïsme, le Shiloh étant Yeshoua, est à la fois le Mashiah ben Yossef et le Mashiah ben David et c’est également l’avis de Rabbi Na’hman de Breslev lorsqu’il écrit dans le Hayé Moharan, qu’il existe un Tsadik qui réunit en lui, la dimension du Mashiah ben Yossef et du Mashiah ben David. De plus, il ne fait nul doute que selon la tradition que reprend présentement le Yalqout Shimoni, le Mashiah souffrant et le Roi Messie ne sont qu’un seul et même individu. C’est ce que nous confirme en ces termes le passage suivant : Rabbi Houna dit au nom de Rabbi Aha : Les souffrances sont partagées en trois parts : L’une pour David et les patriarches, l’une pour notre génération et l’une pour le Roi Messie, ainsi qu’il est écrit dans Yeshayahou au chap. 53 : Et c’est pour nos péchés qu’il a été meurtri et frappé pour nos transgressions. (Yalqout Shimoni sur Téhilim 2 :7). Le concept d’un seul Mashiah souffrant se rencontre également dans la Pesiqta Rabbati (p. 161-163, Edition de Vienne) qui appelle non seulement le Mashiah ben David, Ephraïm [issu de Yossef] mais voit également en lui, le rejeton de Yichaï prophétisé dans le chap. 11 de Yeshayahou. Dans le même élan, le dialogue de Justin avec Tryphon (89) atteste bien que les Juifs du premier et du deuxième siècle admettaient que les Écritures aient pu annoncer un seul Mashiah qui, avant de se manifester dans la gloire, souffrira et se fera bien tuer… Or, certains tout comme aujourd’hui, refusaient juste d’admettre qu’il s’agissait bien de Yeshoua et notamment car son exécution s’est faite par crucifixion, ce qui était considéré par la halakha pré-mishnaïque comme étant une offense à D.ieu.

Relevons également dans les Nistarot du Rashbi :  Le royaume impie régnera sur les Israélites [...] mais le Mashiah ben Yossef apparaîtra, et les fera monter à Jérusalem. Il construira le Temple, offrira des sacrifices et du feu venant du ciel descendra et consumera leur sacrifices [...] Et un roi impie se lèvera, son nom est Armilus. [...] Il fera la guerre au Mashiah ben Ephraïm [Yossef] [...] Et le Mashiah ben Ephraïm mourra et Israël pleurera sur lui [...] Après cela, le Saint Béni soit-Il dévoilera le Mashiah ben David mais les Israélites voudront le lapider et lui diront : Tu mens ! Le Mashiah s'est déjà fait tuer et il n'y aura plus d'autre Mashiah qui se lèvera. (Nistarot du Rashbi)

Il semble que d’après ce Midrash, le Mashiah ben Yossef est lui-même le Mashiah ben David, soit un seul Mashiah à part entière mais que s'il meurt, un autre devra prendre sa place, auquel cas, il y aurait deux Messies distincts… Là où c'est intéressant pour nous, Nazaréens, c'est lorsqu'il est rapporté qu'Israël considérera le Mashiah ben Yossef exécuté comme le véritable Mashiah. (Zekharia 12 :10). Ce Midrash, datant de plusieurs siècles, semble être une polémique contre l'idée d'un seul Mashiah et c'est ce qui expliquerait pourquoi, il reprendrait des traditions plus anciennes, évoquant deux modes d'avènement messianiques ou deux venues d'un seul Mashiah et les réinterprète comme se référant à deux Messies distincts. En essayant de prouver le contraire, il atteste néanmoins, paradoxalement de l'existence au sein du Judaïsme de la croyance dans un Mashiah, qui traversera une phase de souffrance et de mort.

 

 

  • nous en sommes tous témoins : le Mashiah étant apparu aux Apôtres comme il est dit : C'était déjà la troisième fois que Yeshoua se montrait à ses talmidim depuis qu'il était ressuscité des morts. (Yohanan 21 :14) ou encore : Après qu'il eut souffert, il leur apparut vivant et leur en donna plusieurs preuves, se montrant à eux pendant quarante jours et parlant des choses qui concernent le Royaume de D.ieu. (Actes 1 :3).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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36.     Que toute la maison d’Israël le pénètre donc avec certitude : Adôn lui-même et Messie, Elohîms l’a fait ce Iéshoua’ que vous, vous avez crucifié. 

 

 

  • Que toute la maison d’Israël le pénètre donc avec certitude : l’Apôtre Shimon Kéfa proclame avec puissance la messianité de Yeshoua.  

 

 

  • Adôn lui-même et Messie, Elohîms l’a fait ce Iéshoua’ : Hashem a fait Seigneur et Mashiah Yeshoua, en lui accordant l’âme messianique… Ces faits sont relatés dans le chap. 3 de l’Évangile de Matityahou.

 

 

  • que vous, vous avez crucifié : ces fait sont relatés dans le chap. 15 de l’Évangile de Marcos. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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38.     Petros leur dit : Faites retour ! Que chacun d’entre vous se fasse immerger au nom de Iéshoua’ le messie pour la remise de ses fautes : vous recevrez en don le souffle sacré.

 

 

  • Petros leur dit : Faites retour : faites téchouva !

 

COMMENTAIRE N°1

Voici une histoire géniale du Rav Mendel de Kotzk, celle-ci nous permettra de comprendre pourquoi l’Apôtre Shimon Kéfa cherche, tout de suite, la téchouva du Am Israël.

Lorsqu'un disciple du Rav Shlomo Leib de Lentshno est venu rendre visite au Rav Mendel, ce dernier lui dit : Shalom à votre Maître, le Rav Shlomo Leib. J’ai une grande affection pour lui. Mais pourquoi pleure-t-il constamment pour qu’Hashem envoie le Mashiah ? Pourquoi ne pleure-t-il pas pour Israël afin qu’ils se tournent vers D.ieu et alors le Mashiah viendrait certainement ? N’est-ce pas ce que D.ieu a dit à Moshé : Pourquoi me pries-tu ? Parle aux enfants d'Israël et qu'ils avancent ! (cf. Martin Buber, Contes de ‘Hassidim, p. 287).

 

  • Que chacun d’entre vous se fasse immerger au nom de Iéshoua’ le messie : cela fait référence au mikvé au nom du Mashiah Yeshoua ; ce mikvé, étant la continuité de celui instauré par Yohanan HaMatbil.

 

  • pour la remise de ses fautes : pour le pardon des fautes, Rabbi Yeshoua s’étant, dans un premier temps, dévoilé comme Mashiah ben Yossef, en vue de l’expiation des fautes du Am Israël comme cela avait prophétisée par Yeshayahou HaNavi.

 

 

  • vous recevrez en don le souffle sacré : cela fait référence au Rouah Hakodesh. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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41.     Ils accueillent sa parole et se font immerger. Ce jour-là environ trois mille personnes s’ajoutent.

 

 

  • Ils accueillent sa parole et se font immerger : beaucoup de Juifs s’engageaient pour Yeshoua et intégraient la Kéhila Nazaréenne.

 

 

  • Ce jour-là environ trois mille personnes s’ajoutent : les 3000 âmes font référence au 3000 âmes mortes lors de l’épisode du veau d’or. Ainsi, on peut comprendre qu’Hashem, par l’intermédiaire du Tsadik, répare la faute du veau d’or.

 

COMMENTAIRE N°1

Pour mieux comprendre le lien entre le Tsadik et la faute du veau d’or, on pourra s’inspirer des enseignements du Rav Avraham Ifra’h. 

Les clash, nous les retrouvons aisément dans les médias, afin de faire du buzz mais il est un immense clash qui date de plus de 3000 ans, dont la puissance fut telle qu’elle en vint presque jusqu’à menacer l’histoire de la survie du peuple Juif. Il s’agit du clash entre le peuple Juif et Hashem au moment de la faute du veau d’or. Hashem était dans l’obligation de clasher son peuple, à défaut, qu’en serait-il de la justice divine ? Mais la preuve qu’Hashem est infiniment bon et miséricordieux réside dans le fait qu’il attendait de Moshé de tendre une bouée de secours aux enfants d’Israël.  Hashem, ton peuple a été 210 ans en Égypte, qu’attendais-tu d’un peuple d’esclaves en pays idolâtre qui n’a accepté ta Torah que sous la contrainte ? Que diront les Égyptiens en découvrant que ton peuple fut anéanti ? Si Moshé pris la défense des enfants d’Israël auprès d’Hashem, il s’adressa aussi à eux en parallèle afin de les réprimander, en leur rappelant la gravité de leur erreur. Mi-figue mi-raisin ? Il n’en est rien… Seul Moshé pouvait faire cela. Jouer avec deux versants de la réalité, la pitié et la rigueur, afin de faire régner le shalom et de protéger le peuple Juif. À la manière de Moshé, le Tsadik de la génération nous rappelle sans cesse à l’ordre mais plaide notre cause auprès d’Hashem. À l’image d’un avocat qui prendrait la défense du plus grand meurtrier du pays, Rabbénou s’élance vers Hashem afin d’implorer sa pitié et sa miséricorde. Plus nous nous rapprochons du Tsadik, plus nous serons blanchis. Plus nous nous renforçons dans notre attachement au Tsadik, plus notre conscience s’éveille. Soudain, nous nous rendons compte que nous sommes passés près de terribles dangers, de véritables chimères spirituelles. Seul un Tsadik HaEmet a pu guider nos pas vers une téchouva dans un monde qui semble avoir perdu tout esprit. (Rav Avraham Ifra’h)