CHAPITRE 16

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COMMENTAIRES 

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1.     Il gagne Derbé et Lystres, où voici un adepte du nom de Timotheos ; il est le fils d’une Judéenne qui a adhéré, mais d’un père hellène.

 

  • Il gagne Derbé et Lystres, où voici un adepte du nom de Timotheos : Timotheos était un Juif Nazaréen, issu d’un mariage mixte.

 

COMMENTAIRE N°1

La loi concernant la religion des enfants issus de mariages mixtes est mentionnée dans le chap. 7 du Livre de Devarim. (…) Cette loi est en vigueur partout dans le monde. Elle fait partie des 'houkim, des ordonnances divines comprenant les commandements et les lois dont les buts et le sens ne sont pas nécessairement perçus par l'entendement humain. Elles émanent directement de l'intelligence divine. Il est évident que l'impuissance de la raison humaine à les comprendre montre nos limites… Néanmoins, les commandements et les lois faisant partie de cette catégorie ne sont pas sans raisons, leur logique étant divine. Les plus grands hommes de notre peuple pouvaient en comprendre une partie ; certains de nos Maîtres donnent donc la raison suivante concernant cette loi : la Torah respecte vraiment l'être humain, elle prend en considération le moindre effort fourni par celui-ci. La maman a tellement souffert durant les 9 mois de gestation qu'on ne pourra pas lui retirer le nouveau-né, il est à elle. Elle a tellement contribué et coopéré dans la naissance en question, que la Torah lui fait cadeau du nourrisson. Ce dernier fera partie de son peuple et aura sa religion : à elle, totalement et entièrement. (Rav Gavriel Dayan)

 

  • il est le fils d’une Judéenne qui a adhéré : d’une Juive Nazaréenne.

 

  • mais d’un père hellène : d’un père non-Juif.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3.     Paulos le veut pour sortir avec lui. Il le prend et le circoncit à cause des Iehoudîm qui sont dans ces lieux : oui, ils savaient tous que son père était un Hellène.

 

  • Paulos le veut pour sortir avec lui : pour œuvrer dans la propagation de l’Évangile.

 

 

  • Il le prend et le circoncit à cause des Iehoudîm qui sont dans ces lieux : peut-être traduit également "en raison" des Juifs. 

 

COMMENTAIRE N°1

 

Timotheos était peut-être, méprisé étant incirconcis au milieu du peuple Juif. L’Apôtre Shaoul lui a alors, conseillé, de remédier à cela et de se faire circoncire.

 

Voici un avis rabbinique plus moderne concernant ce sujet, celui-ci viendra renforcer l’interprétation selon laquelle, Rabbi Shaoul n’a jamais aboli la Torah ou la circoncision mais l’a plutôt encouragé, comme dans ce cas-là.

 

Une personne Juive non-circoncise a tout à fait le droit et même le devoir, de pratiquer toutes les mitsvot. Elle peut également monter à la Torah sans problème. En général, ces personnes se retrouvent non-circoncises car leurs parents, ou la maman dans les cas de mariages mixtes, n'ont pas eu le courage de leur faire. Ils n'en sont donc en rien responsable. Par contre, il faut leur faire à tout prix comprendre l'urgence et l'extrême importance de se faire circoncire au plus vite. (Rav Avraham Kadoch)

 

 

  • oui, ils savaient tous que son père était un Hellène : un non-Juif.

 

COMMENTAIRE N°2

 

Comme nous l’avons dit plus haut, Timotheos était peut-être, méprisé par certains car étant Juif, il n’était pas encore circoncis ; d’autant plus que son père était un non-Juif.

 

Plusieurs chemins d’interprétation peuvent être empruntées :

 

  • certains Juifs pouvaient l’accuser que son père, étant non-Juif, avait une mauvaise influence sur lui ; or, l’Apôtre Shaoul souhaitant lui accorder plus de responsabilités dans la Kéhila Nazaréenne, lui demanda de se faire circoncire afin de démentir leurs propos…

 

  • certains Juifs pouvaient, malgré le bon témoignage de Timotheos, l’accuser de ne pas être un Juif authentique, étant né d’un mariage mixte [assimilation] ; il ne l’était que "de la chair" par sa mère mais la preuve est, qu’étant toujours incirconcis, il ne respectait pas vraiment la Torah pour ne prendre le temps de pratiquer la Brit Mila.

 

  • etc…

 

Dans tous les cas, comme il est dit qu’il était connu que son père était un non-Juif, les Juifs savaient également que sa mère était Juive, ce qui faisait de Timotheos un Juif également. Ainsi, Rabbi Shaoul le circoncit donc et contribua à une partie de sa téchouva.

 

COMMENTAIRE N°3

 

Dans un sens, ce passage pose problème car pour commencer, l’expression "à cause" paraît péjorative ; on dirait que l’Apôtre Shaoul a circoncit Timotheos juste pour ne pas scandaliser les Juifs mais qu'à la rigueur, il s'en serait bien passé s'ils n'étaient pas là… De plus, la fin du verset est étonnante : la Judaïté se transmet par la mère, on aurait dû donc lire "car tous savaient que sa mère était Juive" … Etant Juif par sa mère et les Juifs présents le sachant, Shaoul l’a donc circoncis ; cette façon de traduire aurait été plus simple et plus compréhensible.

 

Or, dans un premier temps, il faut savoir que l’expression "à cause de" peut se traduire également "en raison de" ; ce qui est déjà plus neutre. Pour la suite, le Tora Temima, sur le verset de Béréshit 17 :9 rapporte la Guémara suivante : D'où savons-nous qu'une circoncision accomplie par un non-Juif n'est pas valable ? Darou bar Papa a enseigné au nom de Rav : du verset "Et quant à toi, tu garderas mon Alliance. (Avodat Zara 27a). On peut donc mieux comprendre le Livre des Actes : l’Apôtre Shaoul a pris Timotheos et l’a circoncis en raison des Juifs présents qui l'avaient averti que son père était un Grec : il ne peut donc pas le circoncire, c'est à Shaoul de le faire ! Comme dit le Talmud ailleurs : le père a la responsabilité de circoncire son fils ! Voilà pourquoi le texte précise son "père" et non "sa mère" !

 

On pourrait alors rétorquer : pourquoi l’Apôtre Shaoul ne circoncis pas Titus comme il l’a fait pour Timotheos ? Titus n'était pas Juif contrairement à Timotheos. De plus, pour Timotheos, c'était une circoncision pour obéir à la mitsva de la Brit Mila tandis que pour Titus, certains voulaient le circoncire pour "être sauvé" … (Actes 15). Or, l’Apôtre Shaoul était contre cette circoncision que certains Proushim du parti de Beit Shammaï voulaient.

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6.     Ils passent en Phrygie et au pays des Galates : oui, le souffle sacré les empêchait de dire la parole en Asie.

 

  • Ils passent en Phrygie : la Phrygie est un ancien pays d'Asie Mineure, situé entre la Lydie et la Cappadoce, sur la partie occidentale du plateau anatolien, soit de l’actuelle Turquie dans un langage plus moderne.

 

 

  • et au pays des Galates : la Galatie est aussi une région d'Anatolie [autour de l'actuelle ville d’Ankara en Turquie] dont le nom vient d'un peuple celte ancien, appelé les Galates.

 

  • oui, le souffle sacré les empêchait de dire la parole en Asie : pour multiples raisons, le Rouah du Mashiah ne leur a pas permis d’annoncer l’Évangile dans cette contrée et de là, il nous est aisé de comprendre que c’est bien le Rouah du Mashiah qui dirigeait ses serviteurs dans leurs voyages et non leur propre esprit de sagesse ou encore de prudence.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7.     À leur venue en Mysie, ils se préparent à aller en Bithynie ; mais le souffle de Iéshoua’ ne le leur permet pas.

 

  • À leur venue en Mysie : selon Xavier de Planhol, un membre de l’Academia Europaea, la Mysie est une province du nord-ouest de l'Asie Mineure, la Mysie englobe la partie septentrionale des côtes de la mer Égée, la partie occidentale des côtes sud de la mer de Marmara et enserre la Troade. Cette province doit son nom au peuple antique des Mysiens, autochtones refoulés peu à peu dans l'intérieur par les villes grecques éoliennes de la côte. Parmi les villes principales de la Mysie figurent Bergama, l'ancienne Pergame (52 000 habitants en 2000) et Balikesir (215 400 habitants en 2000).

 

 

  • ils se préparent à aller en Bithynie : la Bithynie est une région historique de l'Asie mineure située sur la côte nord, entre le détroit du Bosphore, la Propontide, le Pont Euxin, la Paphlagonie et bornée au sud par la Galatie et la Phrygie.

 

 

  • mais le souffle de Iéshoua’ ne le leur permet pas : comme précisé au verset précédent, pour multiples raisons, le Rouah du Mashiah ne leur a pas permis d’annoncer l’Évangile dans cette contrée et de là, il nous est aisé de comprendre que c’est bien le Rouah du Mashiah qui dirigeait ses serviteurs dans leurs voyages et non leur propre esprit de sagesse ou encore de prudence.

 

COMMENTAIRE N°1

Dans ce passage, il est bien précisé l’Esprit de Yeshoua [Rouah HaYeshoua] … Est-ce aussi l’Esprit de D.ieu ? Est-ce un Esprit différent ? En réalité, il faut savoir que le concept est exactement le même car l’Esprit du Mashiah est également appelé "l’Esprit de D.ieu" comme cela est enseigné par nos Maîtres sur le Sefer Béréshit.  

La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme et l'Esprit de D.ieu se mouvait au-dessus des eaux. (Béréshit 1 :2)

En effet, le Baal HaTourim a magnifiquement rapporté que l’Esprit qui planait au-dessus des eaux était en réalité, l’Esprit du Mashiah comme l’indique la valeur numérique de la phrase "vérouah elohim méra’héfet" : l’Esprit de D.ieu planait [1034] étant équivalente à la phrase "vézohi rou’ho chel melekh Mashiah" et c’est l’Esprit du Roi Messie…

Dans le même élan, Rabbi Na’hman de Breslev va détailler cette notion d’Esprit messianique dans le Likouté Moharan.

L’essence du Rouah est reçue du Tsadik, du Rav de la génération, comme c’est écrit dans : Et le Rouah de D.ieu planait au-dessus de la surface des eaux. (Béréshit 1 :2). C'est la Torah (Tikouné Zohar 36) et les Tsadikim sont liés à la Torah ; c'est pourquoi l'essence du Rouah est avec eux. (Torah n°8 du Likouté Moharan I)

Maintenant, l'aspect du Mashiah réside sur les visages de la Torah, c'est-à-dire les Livres saints qui révèlent le vrai visage de la Torah. C'est là que l’Esprit du Mashiah plane, comme c’est écrit dans : Et le Rouah de D.ieu planait au-dessus de la surface des eaux. (Béréshit 1 :2). Le Rouah de D.ieu, cela fait allusion au Rouah du Mashiah. (Zohar I, 240a). Celui-ci plane au-dessus de la surface de l'eau et l'eau connote la Torah. (Torah n°32 du Likouté Moharan II)

Et le Rouah de D.ieu planait au-dessus de la surface des eaux. (Béréshit 1 :2) ; c'est lorsqu’on étudie la Torah car l'eau connote la Torah. Ainsi, le Rouah de D.ieu qui est le Rouah Hakodesh plane et s'étend au-dessus de lui, il puise alors un souffle de vitalité. En effet, sans la Torah, il est impossible de vivre, comme il est écrit : Sans les lobes des poumons qui attisent le cœur, le cœur consommerait tout le corps. (Tikouné Zohar 13, p. 28a). Or, les poumons sont associés à l'eau (Zohar III, Raaya Mehemna, p 218b) et l'eau connote la Torah. (Torah n°78 du Likouté Moharan I)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8.     Ils traversent la Mysie et descendent à Trôas.

 

  • Ils traversent la Mysie : comme précisé au verset précédent, selon Xavier de Planhol, un membre de l’Academia Europaea, la Mysie est une province du nord-ouest de l'Asie Mineure.

 

 

  • et descendent à Trôas : la Troade [en grec ancien et en latin : Troas] est une ancienne région historique du nord-ouest de l'Asie mineure [présentement en Turquie].

 

Selon les linguistes, son nom viendrait du hittite Taruisa (R. S. P. Beekes, Etymological Dictionary of Greek, Brill, 2009, p. 1511) mais les spécialistes du monde hittite le contestent ; autre avis, son nom pourrait également venir de Tros, le héros éponyme de Troie dans la mythologie grecque. En effet, selon Joachim Latacz, dans la région de Troas se trouverait l'ancienne cité grecque de Wilusa, entrée dans la mythologie grecque sous le nom grec de Ilion, bien plus connue sous le nom de Troie. (Joachim Latacz, Troy and Homer : Towards a Solution of an Old Mystery, Oxford University Press 2004).

 

Selon d’autres sources, la région est aussi parfois appelée Teucrie du nom de son premier roi, Teucros de Phrygie.

Quoi qu’il en soit concernant son origine, la Troade [ou Troas] était l'une des sous-régions de la Mysie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25.     Vers minuit, Paulos et Silas prient et chantent Elohîms. Les prisonniers les écoutent.

 

  • Vers minuit : du grec "mesonuktion"…

Voici la définition du mot grec "mesonuktion" :

  • minuit : cela fait ainsi, référence au moment précis de ‘Hatsot dans le Judaïsme.

 

Veillez donc car vous ne savez quand viendra le maître de la maison, le soir, pour ‘Hatsot, au chant du coq ou le matin ; craignez qu'il ne vous trouve endormis, à son arrivée soudaine. (Marcos 13 :35-36)

 

  • Paulos et Silas prient et chantent Elohîms : comme le faisait David HaMelekh, l’Apôtre Shaoul et Sila se sont levés pour ‘Hatsot, ont prié et loué Hashem afin d’obtenir multiples bénédictions.

COMMENTAIRE N°1

Le Rav Zeira a déclaré : Jusqu'à ‘Hatsot, David somnolait comme un cheval, comme un cheval somnole mais ne dort jamais profondément… À partir de ‘Hatsot, il gagnait la force d'un lion. Rav Ashi a dit : Jusqu'à ‘Hatsot, David étudiait la Torah, comme il est écrit : Je me suis levé et j'ai pleuré, j'espérai en ta parole ; à partir de ‘Hatsot, il se livrait à des chants et à des louanges, comme il est écrit : À minuit, je me lève pour te remercier. (Bérakhot 3b)

 

COMMENTAIRE N°2

Dans le Judaïsme actuel, il est bien connu que les talmidim de Rabbi Na’hman de Breslev se lèvent pour ‘Hatsot, moment fixé 6h après la sortie des étoiles. En effet, selon les enseignements de la ‘Hassidout Breslev, nous sommes dans la cinquantième porte de l’impureté dans laquelle, il n’est possible d’en sortir que par l’intermédiaire de la miséricorde d’Hashem ; miséricorde divine s’étant concrétisée de manière totale par la venue au monde du Tsadik Rabbi Na’hman. Ceci devrait être également le point de vue tout Nazaréen authentique, la Torah et les conseils de Rabbi Na’hman étant extrêmement proches de la pensée Nazaréenne de l’époque et accordant à tous, Juifs et non-Juifs, la force et l’envie de faire téchouva et de se rapprocher vers Hashem.

Les conseils principaux de Rabbi Na’hman de Breslev sont ‘Hatsot, la pratique de la hitbodedout et la lecture des Téhilim, conseils qui provenaient du Roi David, soit du Mashiah lui-même.

Vers ‘Hatsot, Shaoul et Sila priaient et chantaient les louanges de D.ieu. (Actes 16 :25)

Le premier jour de la semaine, nous étions réunis pour rompre le pain. Shaoul, qui devait partir le lendemain, s'entretenait avec les talmidim et il prolongea son discours jusqu'à ‘Hatsot. (Actes 20 :7)

Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. (Matityahou 6 :6)

Entretenez-vous par des Téhilim. (Éphésiens 5 :19)

Le Roi David ne ratait jamais un ‘Hatsot dont il connaissait précisément le point de départ, soit 6 heures après la tombée des étoiles, grâce au vent du nord qui soufflait dans sa harpe à ce moment précis comme c’est écrit dans le Likouté Moharan : une harpe était suspendue au-dessus du lit de David et au moment de ‘Hatsot, elle jouait seule. (Torah n° 54 du Likouté Moharan I). Les nombreuses heures qu’il passa à s’isoler pour parler à D.ieu [hitbodedout] donnèrent naissance aux Téhilim qui contiennent les cinquante portes de la kédoucha. D’ailleurs, le Tikoun HaKlali, le secret révélé au monde par Rabbi Na’hman pour la réparation de l’alliance est composé de dix Téhilim du Roi David.

Or, une question se pose, comment est-ce possible que Shaoul et Sila se sont levés au moment précis de ‘Hatsot, Rabbi Na’hman de Breslev n’étant pas encore venu au monde pour encourager fermement cette pratique ? En réalité, comme nous l’avons dit, ‘Hatsot étant un concept pratiqué par le Roi David lui-même, celui-ci devait forcément être enseigné et mis en pratique également par Yeshoua, le Mashiah étant le prototype parfait de David HaMelekh ; ainsi, si David était réveillé pour ‘Hatsot, Rabbi Yeshoua, selon un angle messianique, se devait de l’être également… Or, y a-t-il des versets bibliques qui viennent renforcer cette interprétation ? Pour commencer, ce chap. 16 du Livre des Actes nous encourage à voir la grâce d‘Hashem manifestée lors de ces moments, les prisonniers se sont sauvés et notre ami, le geôlier et sa famille furent immergés plutôt rapidement dans le nom de Yeshoua. Mais qu’en est-il du Rabbi lui-même ? Dans Loucas 6 :12, il est écrit que Yeshoua se rendait sur les montagnes pour prier et qu’il y passait toute la nuit ; de là, on comprend aisément que les téfilot "nocturnes" n’avaient aucun secret pour notre Rabbi.   

Veillez donc car vous ne savez quand viendra le maître de la maison, le soir, pour ‘Hatsot, au chant du coq ou le matin ; craignez qu'il ne vous trouve endormis, à son arrivée soudaine. (Marcos 13 :35-36)

Or, ce qui est intéressant, c’est qu’au travers des Écrits Nazaréens, il n’est pas déclaré ouvertement qu’il faut se lever à ‘Hatsot mais étrangement, comme cela est rapporté dans l’Évangile de Marcos, le Mashiah nous annonce clairement que nous ne connaissons pas le temps de son retour mais qu’a contrario, il ne faut pas qu’il ne nous trouve endormis… Dans ce cas, pourquoi Rabbi Yeshoua ne donne que des temps où nous sommes susceptibles de dormir, soit le soir, à ‘Hatsot ou au petit matin ? Les paroles de Yeshoua étant souvent codées et révélatrices de profonds secrets de la Torah, ne nous inviterait-il pas, en réalité, à nous lever pour ‘Hatsot ? Ceci rejoindrait parfaitement le point de vue Breslev de Rabbi Na’hman sur le sujet : la principale dévotion d'un Juif est de se lever pour réciter le Tikoun ‘Hatsot (La Sagesse de Rabbi Na’hman, 301) et cela nous permettrait également de comprendre l’attitude de Shaoul et Sila, à se lever, bien que prisonniers et récemment fouettés, pour ‘Hatsot. 

Les traductions chrétiennes, ne connaissant aucun code de la Torah, ont traduit l’expression grecque "mesonuktion" par "au milieu de la nuit" mais comme nous l’avons vu, ce mot grec représente le minuit Juif, soit le moment précis de ‘Hatsot… Par l’intermédiaire des conseils de Rabbi Na’hman de Breslev, nous pouvons y décoder une invitation de Yeshoua ou même celle de l’auteur des Actes, à nous lever à ‘Hatsot afin d’en goûter les nombreuses bénédictions.   De plus, pour davantage nous familiariser avec ces enseignements, réanalysons l’angle Breslev messianique sur le sujet…

Lorsqu’on s’éveille à ‘Hatsot, tout disparaît. La lumière du Mashiah éclaire les cœurs. (…) Le cœur a entendu le son de la harpe de David, elle scande avec douceur l’agréable mélodie qui panse l’âme. Ô, monde de fous, tu pourras continuer à parler, crier, nous ne sommes pas dupes. Nous avons entendu le son de la harpe de David. Nous sommes plus que jamais attachés à l’Esprit du Mashiah. (Rav Avraham Ifra’h) 

Comme nous pouvons le constater, selon les enseignements Breslev, ‘Hatsot nous relie avec le Mashiah. N’est-ce pas merveilleux ? Yeshoua n’aurait-il jamais été au courant, lui ou ses talmidim, de cet enseignement extraordinaire et si profond ? La chose est impensable, d’autant plus que, comme nous l’avons vu, Yeshoua parle d’un potentiel retour au moment de ‘Hatsot, là où il nous demande justement de ne pas être endormis… Au-delà même de ça, ne connaissons-nous pas les enseignements qui rapportent que le Mashiah viendra comme un voleur pendant la nuit ? Pourquoi une nouvelle fois, est-il précisé pendant la nuit ? Pourquoi parler de nuit, de soir, de minuit ou encore de petit matin ? Laissez-nous dormir ! Or, il est aussi enseigné que ‘Hatsot possède le pouvoir de la rédemption finale ; regardons également l’avis du talmid de Rabbi Na’hman sur le sujet : Tout comme l'exil, la Rédemption finale commencera à ‘Hatsot et elle sera engendrée par le mérite de ceux qui se lèvent à 'Hatsot. (Likouté Halakhoth, Hachkamath Haboker, 1 :15). Comme nous le savons, la plupart des gens préfèrent passer une nuit calme sans être dérangés mais c'est un luxe qu'un Juif pieux ne peut s'offrir dans ce monde ; il doit briser son sommeil au milieu de la nuit, afin de prêter l'oreille à un cri, que peu d'entre nous entendent, parce qu'un monde sauvage l’étouffe, c’est le cri de la Shekhina "exilée" dans la confusion de ce monde.

Chose également intéressante dans les Évangiles, quel reproche le Mashiah fait-il à ses talmidim dans le jardin de Gethsémané ? Nos Maîtres, les Apôtres, étaient complétement endormis… Quel est le reproche fait aux vierges folles ? Elles s'assoupirent et s'endormirent ; or, au milieu de la nuit, on cria : Voici l'époux, allez à sa rencontre ! Encore au milieu de la nuit, n’est-ce pas troublant ? De plus, dans Matityahou au chap. 25 où est rapporté cette parabole, l’expression "au milieu de nuit" est reliée au mots grecs "mesos" et "nux" ... Chose fabuleuse, le minuit Juif traduit en grec par "mesonuktion" vient d'un composé des mots grecs "mesos" et "nux" … De plus, quand est-ce que Moshé, autre image du Mashiah, a délivré le peuple hors d’Égypte ? C'était le milieu de la nuit et le Seigneur fit périr tout premier-né dans le pays d'Egypte.  (Shemot 12 :29). Le "point" invisible de 'Hatsot marqua le moment où se fit la Rédemption de tout le peuple Juif et comme nos Maîtres l’ont enseigné : le schéma de la rédemption finale s’exécutera sur le schéma de la rédemption des Juifs en Egypte… En fait, tout au long de l'histoire Juive, nous voyons que 'Hatsot était un instant béni, un moment propice aux miracles… Ainsi, 'Hatsot est un moment de grâce, il marque le début de la Rédemption ; c'est quelque chose que peuvent vraiment ressentir ceux qui veulent bien s'y préparer ; 'Hatsot a un pouvoir unique, qui lui est propre, ce moment de faveur est bien plus qu'une simple occasion de dormir : c'est une occasion unique de rectification spirituelle.

Puissions-nous nous réveiller et réveiller l’esprit messianique en chacun de nous car dans le Judaïsme, celui qui se lève régulièrement pour 'Hatsot est considéré comme un tsadik, un fil de grâce est tendu au-dessus de lui pour l'épargner de tous accusateurs. Il est considéré comme membre de la Cour du Roi. Sa subsistance lui est assurée. Il porte le titre de "craignant D.ieu" aimant le Roi et de "fils du Saint Béni soit-Il" … Nul ne dit du mal de lui. C'est à lui que s'applique le verset : L'Éternel est proche de ceux qui l’invoquent. Il est attaché au Olam Haba et le Saint Béni soit-Il et tous les Tsadikim du Jardin d'Eden écoutent sa voix… Le Zohar écrit également qu'à ‘Hatsot, la grâce divine se révèle pour annuler toutes les sentences rigoureuse ; il en résulte qu’en récompense, son âme s'élèvera à un moment de faveur. (Sidour du Chelah). Outre ses nombreuses autres vertus, le fait de se lever pour étudier la Torah à ‘Hatsot contribue à maitriser complètement le mauvais penchant. Nos Sages enseignent : Si quelqu'un vient te tuer, lève-toi et tue-le le premier. (Sanhédrin 72a). En d'autres termes, si le Satan vient pour te tuer, la seule façon de le tuer est le fait de se lever pour ‘Hatsot… (Ma'avar Yabok 43). La prière après 'Hatsot est dotée du même pouvoir. Lève-toi et tue-le le premier par la prière. (Tikouné Zohar 9).

Actuellement, outre notre prière personnelle, un rituel de prière du Ari Hakadosh est utilisé pour ‘Hatsot ; celui-ci a été accepté par toutes les communautés du peuple Juif et se nomme : le Tikoun ‘Hatsot. Il est souhaitable à toute personne qui craint Hashem, de réciter ce Tikoun ‘Hatsot chaque nuit, selon le rituel composé par le Ari Hakadosh ; ce rituel est composé de 2 parties : le Tikoun Ra’hel et le Tikoun Léa. Tel a été l’usage de tout temps, à travers les communautés d’Israël, de se lever pour l’heure précise de ‘Hatsot afin d’épancher des prières et supplications sur la perte du Beit HaMikdash.

Puissions-nous nous réveiller et assister au retour du Mashiah. Toute personne qui s’afflige sur Jérusalem, méritera de voir sa réjouissance !

 

  • Les prisonniers les écoutent : au sens spirituel, les prisonniers représentent les captifs interpellés et libérés par la miséricorde divine manifestée dans le monde au moment de ‘Hatsot.