CHAPITRE 15

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COMMENTAIRES 

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1.     Certains descendent de Iehouda. Ils enseignent les frères et disent : Si vous ne vous faites pas circoncire selon la coutume de Moshè, vous ne pouvez pas être sauvés.

 

  • Certains descendent de Iehouda. Ils enseignent les frères et disent : ces Juifs Messianiques étaient influencés par l’école de Beit Shammaï [courant pharisien extrêmement strict du Second Temple]. 

 

COMMENTAIRE N°1

Beit Hillel et Beit Shammaï ?

Pour comprendre l’ensemble du Concile Nazaréen de Jérusalem, il nous faut absolument comprendre le contexte qui était présent en Israël. 

Hillel était un Sage et dirigeant religieux ayant vécu à Jérusalem au temps du roi Hèrôdès et de l'empereur Auguste. Hillel était considéré comme l'une des plus importantes figures de l'histoire Juive, au tournant des Zougot et des Tannaïm, les Docteurs de la Mishna. Il est le fondateur, d'après le Talmud, de l'une des deux plus grandes écoles d'interprétation rabbinique de la Torah : Beit Hillel.  Cette école a pour principe qu'on n'édicte pas de décrets, si la majorité ne peut pas le supporter… 

Le nom de Hillel est toujours associé à celui d'un autre Sage, celui de Shammaï. Les deux personnages sont souvent en opposition, d'abord par leurs caractères respectifs mais également par leurs approches de la halakha et de la Torah.

Hillel est décrit comme l'homme patient, aimant, avec une grande capacité d'accueil et d'humanité ; l'image qui nous est donnée de Shammaï, en revanche, est celle d'un homme irascible, strict et rigoureux.

Le Talmud lui-même nous a enseigné de nous compoter comme Hillel.

Soyez doux comme Hillel et point vif comme Shammaï. (Shabbat 30b)

À l’époque de Yeshoua, on trouvera alors deux façons de pensée en Israël : la vision plus confiante et plus optimiste de Hillel et celle plus méfiante et plus rigoriste de Shammaï.

Shammaï fut élu vice-président du Sanhédrin lorsqu'Hillel en était le Nassi. À la mort d’Hillel, Shammaï [vers l’an 20] en a pris la succession et comme aucun vice-président ne fut réélu, il eut l'ascendant total sur la politique et la religion en Eretz Israël. Dans le Traité Shabbat 17a, on raconte que la période pendant laquelle il promulgua ses 18 ordonnances est aussi mal vue que le jour où le veau d'or fut construit ! Quant au Traité Erouvin 13b, c’est également affirmé qu'une voix céleste a annulé la légalité de ses décisions au bénéfice de celle d’Hillel.

Pendant trois ans, Beit Shammaï et Beit Hillel n'étaient pas d'accord. Ceux-ci ont dit : La halakha est conforme à notre opinion et ceux-ci ont également dit : La halakha est conforme à notre opinion. En fin de compte, une voix divine a émergé et a proclamé : les deux avis sont les paroles du D.ieu vivant. Cependant, la halakha sera tranchée selon l'avis de Beit Hillel. (…) La Guemara demande : Puisque ces paroles et celles-ci sont les paroles du D.ieu vivant, pourquoi Beit Hillel a-t-il eu le privilège d’avoir la halakha établie conformément à leur opinion ? La raison en est qu'ils étaient agréables et indulgents, faisant preuve de retenue lorsqu'ils étaient affrontés et lorsqu'ils enseignaient la halakha, ils enseignaient à la fois leurs propres déclarations et les déclarations de Beit Shammaï. De plus, lorsqu'ils ont formulé leurs enseignements, ils ont d’abord donné la priorité aux enseignements de Beit Shammaï a contrario des leurs, et ce par respect pour Beit Shammaï. (Erouvin 13b)

Lorsque s'accrut le nombre de talmidim de Shammaï et d’Hillel, qui n'avaient pas suffisamment profité des enseignements de leurs Maîtres, les divergences d'opinion se multiplièrent en Israël et l'on put croire qu'au lieu d'une seule Torah, il y en avait deux...

À partir du moment où les disciples de Shammaï et Hillel ont grandi en nombre (…) la dispute a proliféré parmi le peuple Juif et la Torah est devenue comme deux Torot différentes. (Sanhédrin 88b)

 

En effet, les talmidim de Shammaï étaient partisans de la résistance et préconisaient de s'écarter le plus possible des non-Juifs tandis que les talmidim d’Hillel étaient des pacifistes convaincus... Il y eut donc deux tendances : l'une sévère, celle de Shammaï et portée à tout considérer comme impur ; l'autre, celle d’Hillel, plus conciliante et portée à l'indulgence.

Prenons pour exemple, le Traité Shabbat 31a traitant de l’approche de Shammaï avec les non-Juifs.

Un idolâtre vint devant Shammaï et lui demanda : Combien de sortes de loi avez-vous ? Deux : une Torah Écrite et une Torah Orale. J'accepte la première, reprit le non-Juif mais je refuse l'autre. Reçois-moi dans le Judaïsme, à cette condition que tu ne m'enseigneras que la Torah Écrite.  Shammaï l'injuria et le congédia avec une semonce. L'idolâtre se rendit chez Hillel, avec le même vœu. Le Maître acquiesça. Le premier jour, il lui enseigna aleph, beith, guimel, daleth ; le deuxième jour, il recommença mais dans un ordre différent. Mais tu me l'as appris hier, dans un autre ordre, dit le non-Juif. Tu t'es donc fié à moi ? dit Hillel. N'était-ce pas te fier à la Torah Orale ? Un autre non-Juif vint devant Shammaï et lui dit : Je me ferai Juif mais il faut que tu m'enseignes toute la Torah, pendant que je me tiendrai sur un seul pied. Shammaï le renvoya, en le frappant de la règle qu'il tenait en sa main. L'idolâtre s'adressa ensuite à Hillel, avec le même souhait et le Maître lui dit : Ce que tu n'aimes pas qu'on te fasse ne le fais pas à autrui. C'est toute la Torah, le reste n'est que commentaire : va et apprends-le. (Shabbat 31a)

Plusieurs convertis se sont réunis en un seul endroit et ils ont dit : L'impatience de Shammaï a cherché à nous chasser du monde, la patience de Hillel nous a amenés sous les ailes de la Shekhina. (Shabbat 31a)

 

 

  • Si vous ne vous faites pas circoncire selon la coutume de Moshè : selon la Torah, en référence à la mitsva de la brit mila.  

 

 

  • vous ne pouvez pas être sauvés : il faut savoir que les membres de Beit Shammaï considéraient que seul un Juif [ou un converti] circoncis pouvait hériter du Olam Haba, les non-Juifs [ou les non-circoncis] n’avaient donc pas, selon leur interprétation de la Torah, la vie éternelle… Ces proushim faisaient dépendre le salut divin de la mitsva de la circoncision [des œuvres de la loi] au détriment de l’œuvre expiatrice du Mashiah [de la grâce].

 

Vous êtes, non sous la Torah mais sous la grâce. (Romains 6 :14)

Ce n'est pas par les œuvres de la Torah que l'homme est justifié mais par la foi en Yeshoua, nous aussi nous avons cru dans le Mashiah Yeshoua, afin d'être justifiés par la foi dans le Mashiah et non par les œuvres de la Torah, parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la Torah. (Galates 2 :16)

 

COMMENTAIRE N°2

Pour mieux comprendre la situation, voici un enseignement talmudique à ce sujet.

Rabbi Eliézer a dit : Il est écrit : Les méchants seront renvoyés dans le monde des ténèbres, toutes les nations qui oublient D.ieu. (Téhilim 9 :18). Les méchants seront renvoyés vers le monde inférieur, ce sont les pécheurs du peuple Juif car seuls les pécheurs sont condamnés au monde inférieur. Tous les non-Juifs qui oublient D.ieu : ce sont les pécheurs des nations, du fait qu'il est écrit : toutes les nations, il est évident qu'aucun des non-Juifs n'a de part dans le Olam Haba. C'est la déclaration de Rabbi Eliézer. Rabbi Yéhochoua lui a dit : Il est dit seulement : tous les non-Juifs qui oublient D.ieu. Au contraire, les méchants seront renvoyés au monde des ténèbres et qui sont-ils ? Ce sont tous les non-Juifs qui oublient D.ieu. Les non-Juifs qui craignent D.ieu ont une part dans le Olam Haba. (Sanhédrin 105a)

Selon la Guémara : pour Rabbi Eliézer, de l'école de Beit Shammaï, un goy [un non-Juif] non circoncis n'avait donc pas de part dans le Olam Haba. Néanmoins, pour Rabbi Yéhochoua, de l'école d'Hillel, seuls les plus méchants n'avaient pas de part au Olam Haba. 

 

Selon cette interprétation, on comprend aisément que certains proushim de Beit Shammaï n’ont pas aimé certaines décisions de la Kéhila, influencée principalement par Beit Hillel, leur école opposante…

 

En fait, le conflit entre Hillel [école de tous les véritables Nazaréens] et Shammaï a perduré malgré le fait, qu’ils soient morts. Ce sont maintenant leurs "talmidim" ou leurs "héritiers" spirituels… Bien évidemment, tout comme le Mashiah et les autres Apôtres, Shaoul était un partisan de l’école d’Hillel : miséricorde, shalom, amour, etc…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2.     Et c’est un conflit et une discussion non minime de Paulos et de Bar-Naba contre eux. Ils décident que Paulos, Bar-Naba et quelques autres d’entre eux monteraient à Ieroushalaîm vers les envoyés et les anciens au sujet de cette dispute.

 

  • Et c’est un conflit et une discussion non minime : au contraire, c’était un débat vraiment sérieux et risquant d’ailleurs, d’être une source de conflits et de divisons.

 

 

  • de Paulos et de Bar-Naba : ce concile de Jérusalem organisé allait traiter du moyen de justification devant D.ieu ; en l’occurrence, du moyen d'entrée dans le Olam Haba. La circoncision, dont il est question dans ce Concile n’est pas la mitsva en elle-même mais plutôt ce qu'elle représente dans l’optique de la vie éternelle ! Clairement, Shaoul souhaite faire comprendre aux proushim de Beit Shammaï et même aux Apôtres, que la circoncision [les œuvres de la Torah] n’a pas à être pas notre code d’entrée pour le Olam Haba, seul le sacrifice expiatoire du Mashiah [l’attachement au Tsadik, la grâce] est capable de nous en faire hériter…  

On pouvoir alors apparaître deux "grande familles" de justification :

 

  • la justification par les œuvres, inspirée de Beit Shammaï [comme l’œuvre de la circoncision].

  • la justification par la émouna, inspirée de Beit Hillel [par le mérite du Tsadik Yeshoua].

 

 

  • contre eux : ces Juifs Messianiques sont certainement, les Juifs connus pour avoir été appelés le groupe des Evionim/Ébionites par les premiers pères de l’église catholique : en effet, selon certaines données historiques, les Ébionites étaient assez hostiles à l’Apôtre Shaoul.

Ceux qui sont appelés Ébionites reconnaissent que le monde a été fait par Dieu mais leurs opinions concernant le Seigneur ne sont pas similaires à celles des Cérinthiens et des Carpocrates. Ils utilisent l’Évangile de Matthieu seulement et ils rejettent l’Apôtre Paul, en disant qu’il était un apostat vis-à-vis de la loi. En ce qui concerne les Écrits prophétiques, ils tentent de les expliquer soigneusement. Ils pratiquent la circoncision et persévèrent dans les coutumes qui sont en conformité avec la loi ; ils mènent un mode de vie judaïque et révèrent Jérusalem comme la maison de Dieu. (Irénée de Lyon, Contre les hérésies I, 26)

 

COMMENTAIRE N°1

 

En fait, certains des proushim ancrés profondément dans les doctrines de Beit Shammaï faisaient partie du cercle proche de Yaakov HaTsadik comme cela est précisé dans la Lettre aux Galates.

Mais lorsque Kéfa vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il était répréhensible. En effet, avant l'arrivée de quelques personnes envoyées par Yaakov, il mangeait avec les non-Juifs et quand elles furent venues, il s'esquiva et se tint à l'écart, par crainte des circoncis. (Galates 2 :11-12)

 

 

  • Ils décident que Paulos, Bar-Naba et quelques autres d’entre eux : comme on peut le constater, il y avait d’autres talmidim ayant le même avis qu’eux concernant leur approche ‘hassidique de la Torah.

 

COMMENTAIRE N°2

Comme au temps apostoliques, il existe des Juifs Messianiques [croyants en la messianité de Yeshoua] ne reconnaissant pas le message de Shaoul comme étant un message de Torah, l’accusant au contraire, de l’avoir aboli [tout comme pour Yeshoua]. Certains se demandent alors : Avons-nous une preuve que le Mashiah l'a réellement choisi et envoyé et qu'il ne s'agissait pas, au sujet de la vision de Damas, d'une hallucination, d’un démon ou d'un mensonge pour se donner du crédit ? Or, il faut tout d’abord savoir que l’Apôtre Shaoul a reçu un message divin particulier comparable à celui de la ‘Hassidout d’aujourd’hui notamment, concernant notre lien avec le Tsadik ; chez Shaoul, il s’agit des termes de la foi et de la grâce… En effet, par exemple, pour la ‘Hassidout Breslev, les notions de l’attachement au Tsadik sont prioritaires sur les œuvres de la Torah tout comme pour Shaoul.

Voici un exemple des enseignements sur le sujet : Le rapprochement et l'attachement au Tsadik véritable représentent le fondement de tous les fondements et la racine de toutes les racines, cela surpasse tout. (Torah n°143 du Likouté Moharan I) ou encore : On peut ne peut décrire ce mérite qui surpasse tous les mérites. L'essentiel de la grandeur d'un homme, dans ce monde, réside, dans son attachement au Tsadik véritable et dans son rapprochement avec le Tsadik. (Likouté Halakhot Matana 4-8) et dans le même élan : Celui qui n'est pas attaché et proche du vrai Tsadik, tout son service est seulement semblable à celui qui fait des contorsions et imite son prochain, comme un singe à visage humain car il n'y a réellement de service divin que celui qui est accompli grâce au vrai Tsadik. (Si’hot Haran 111).

 

Comme nous pouvons le constater, cet enseignement de s’attacher au Tsadik se retrouve énormément dans ses Écrits et principalement, dans ceux de Yohanan. En revanche, cet enseignement n’était clairement pas connu ou reçu par certaines personnes de l’entourage de Yaakov [nommés les Ébionites selon les témoignages patristiques] et c’est d’ailleurs, pour cela qu’il naîtra plusieurs tensions dans la communauté Nazaréenne. Comme l’histoire des Tsadikim l’a prouvé, le fait que Shaoul est pu ouvrir la voie dans ce sens n’est pas mauvais ; l’enseignement de l’attachement au Tsadik étant remis au goût du jour dans le Judaïsme de notre génération, principalement par les enseignements de Rabbi Na’hman de Breslev ayant d’ailleurs déclaré : ma Torah est celle du Mashiah et étant également reconnu par certains, comme le Tsadik de la génération. Bizarrement, dans nos Écrits Nazaréens, c’est Shaoul, accusé d’avoir aboli la Torah qui l’a instauré le plus ; sans taper sur les autres Apôtres, bien au contraire, cette idée n’est pas autant présente… Par conséquent, celui qui rejette Shaoul, rejette une partie du message ‘hassidique du Judaïsme et également du mouvement Nazaréen. De plus, au-delà de ce sujet concernant le Tsadik, il est clair que Shaoul n’a jamais aboli la Torah comme il est écrit : Hommes frères, je suis paroush, fils de paroush. (Actes 23 :6) ou encore : sans avoir rien fait contre le peuple ni contre les coutumes de nos pères. (Actes 28 :17). Ici, le Rabbi de Tarse précise que non seulement il n'a rien fait contre la Torah mais même contre une simple coutume, il n'a pas levé le petit doigt…

Pour revenir au sujet de la vision de Damas, l’hallucination n’est vraiment pas envisageable étant donné qu’elle fut acceptée clairement par absolument tous les Apôtres. En effet, l’objection s’impose d’elle-même comme une évidence : Que ferait un homme aux hallucinations dans un Concile de Jérusalem avec le frère de Yeshoua et ses talmidim, remplis du Rouah Hakodesh ? Comment un homme aux hallucinations pourrait-il avoir une quelconque influence pour nécessiter la présence de tout un Concile et exciter l’opposition de plusieurs autres Juifs Messianiques ? (Actes 15 :1-2). Comment un homme aux hallucinations pourrait-il avoir le soutien de Bar-Naba, un homme extrêmement apprécié aux yeux des Apôtres ? (Actes 4 :36). De plus, c’est également ce même Bar-Naba qui s’est porté garant pour Shaoul comme il est dit : Alors Bar-Naba, l'ayant pris avec lui, le conduisit vers les Apôtres et leur raconta comment sur le chemin Shaoul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé et comment à Damas il avait prêché franchement au nom de Yeshoua. (Actes 9 :27) et encore : La main du Seigneur était avec eux et un grand nombre de personnes crurent et se convertirent au Seigneur. Le bruit en parvint aux oreilles des membres de la Kéhila de Jérusalem et ils envoyèrent Bar-Naba jusqu'à Antioche. Lorsqu'il fut arrivé et qu'il eut vu la grâce de D.ieu, il s'en réjouit et il les exhorta tous à rester d'un cœur ferme attachés au Seigneur. Car c'était un homme de bien, plein du Rouah Hakodesh et de foi. Et une foule assez nombreuse se joignit au Seigneur. Bar-Naba se rendit ensuite à Tarse, pour chercher Shaoul et l'ayant trouvé, il l'amena à Antioche. Pendant toute une année, ils se réunirent aux assemblées de la Kéhila et ils enseignèrent beaucoup de personnes. (Actes 11 :21-26).

Arrêtons-nous un instant avec ces passages car plusieurs points essentiels et clés nous sont présentés : non seulement, Bar-Naba, confirme la vision de Shaoul et l’agrée tout en la confirmant auprès des autres Apôtres mais en plus de cela, Shaoul avait déjà commencé ses prédications dites "pauliniennes" ; par conséquent, ses prédications ne dérangent apparemment ni Bar-Naba puisqu’il va le chercher jusqu’à Tarse mais à ce sujet, il n’y a absolument aucune réprimande des Apôtres lors du Concile ; le débat ne portant que sur la circoncision, la conversion ou encore le rôle du Tsadik dans le cadre de notre justification mais en aucun cas, sur les prédications de Shaoul d’autant plus qu’il enseignait en compagnie de Bar-Naba… Qu’enseignaient-ils ? Ce fameux Bar-Naba aurait-il également aboli la Torah en compagnie de Shaoul ? Si oui, pourquoi ne sont-ils repris à ce sujet lors du Concile ? Et pourquoi Bar-Naba s’il est rempli du Rouah Hakodesh va-t-il chercher Shaoul, un détracteur des lois toraïques ? Au vue de ces multiples références, il est clair qu’il est totalement absurde de considérer Shaoul comme un apostat à la Torah.

De plus, il est bien précisé dans les Actes : Il allait et venait avec eux dans Jérusalem et s'exprimait en toute assurance au nom du Seigneur. (Actes 9 :28). Comment un homme ayant eu des hallucinations pourrait-il non seulement, convaincre Bar-Naba mais également les Apôtres et marcher avec assurance dans Jérusalem ou encore prêcher ouvertement des délires psychiques ou encore démoniaques ? Il va sans dire que les anti-pauliniens, s’ils rejettent Shaoul doivent également rejeter Bar-Naba et s’ils refusent, doivent tout simplement rejeter absolument une grande partie voire tout le Livre des Actes.

Autrement dit, comment un homme ayant le projet d’abolir la Torah pourrait-il marcher librement dans Jérusalem et s’exprimait en toute assurance au nom du Mashiah ? En fait, ce n’est pas le cas puisqu’il est dit :  La Kéhila était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie, s'édifiant et marchant dans la crainte du Seigneur, et elle s'accroissait par l'assistance du Rouah Hakodesh. (Actes 9 :31). En termes plus simples, les Apôtres dont Yaakov, Shimon Kéfa, etc… étaient en paix avec Shaoul.

Pour preuve, tous ces épisodes font aussi référence à ce passage : Trois ans plus tard, je montai à Jérusalem pour faire la connaissance de Kéfa et je demeurai quinze jours chez lui. Mais je ne vis aucun autre des Apôtres, si ce n'est Yaakov, le frère du Seigneur. (Galates 1 :18) et au sujet des communautés de Judée, il est dit : Or, j'étais inconnu de visage aux communautés de Judée qui sont dans le Mashiah ; seulement, elles avaient entendu dire : Celui qui autrefois nous persécutait annonce maintenant la foi qu'il s'efforçait alors de détruire. Et elles glorifiaient D.ieu à mon sujet. (Galates 1 :22-24). En termes plus simples, non seulement, Shaoul a souhaité se rapprocher des talmidim du Mashiah mais en plus de ça, les communautés Nazaréennes glorifiaient D.ieu à son sujet.

Contrairement aux dires des anti-pauliniens, Shaoul n’était donc pas un électron libre mais au contraire, a bien souhaité rencontrer les Apôtres pour en savoir plus concernant Yeshoua mais également pour échanger sur leurs diverses interprétations et missions respectives. Autrement dit, Shimon Kéfa n’aurait jamais reçu un homme ayant des intentions d’abolir la Torah et certainement que lors de cet entretien de plus de quinze jours, Shimon a parlé de Yeshoua et de son projet pour les-non Juifs à Shaoul ; entendre cette injonction : Allez, faites de toutes les nations des talmidim, les immergeant en mon nom et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. (Matityahou 28 :19-20).

 

 

  • monteraient à Ieroushalaîm vers les envoyés : les Apôtres mais principalement vers Yaakov HaTsadik, étant le chef de la Kéhila Nazaréenne comme cela est enseigné dans l’Évangile de Toma : Ses talmidim dirent à Yeshoua ; Nous savons que tu nous quitteras. Qui alors nous dirigera ? Il leur répondit : Au point où vous serez arrivés, vous irez vers Yaakov HaTsadik car le ciel et la terre sont apparus pour lui. (Toma 1 :12).

 

  • et les anciens au sujet de cette dispute : afin d’éviter les querelles et les divisions ; d’autant plus que le Rabbi avait laissé des instructions claires : Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes talmidim, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. (Yohanan 13 :34-35)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5.     Mais certains du parti des Peroushîm, qui ont adhéré, se lèvent et disent : Il faut les circoncire et leur enjoindre de garder la tora de Moshè. 

 

  • Mais certains du parti des Peroushîm : comme nous l’avons vu au premier verset, cela fait référence aux proushim de l’école de Beit Shammaï, ayant également reconnu la messianité de Yeshoua.

 

 

  • qui ont adhéré : en Yeshoua… Or, ces proushim ne vivaient pas conformément aux instructions ‘hassidiques requis concernant notre relation avec le Tsadik comme il est logiquement enseigné : On peut ne peut décrire ce mérite qui surpasse tous les mérites. L'essentiel de la grandeur d'un homme, dans ce monde, réside, dans son attachement au Tsadik véritable et à son rapprochement du Tsadik. (Likouté Halakhot Matana 4-8). En effet, au lieu de tout centrer sur Yeshoua, ils faisaient dépendre l’éternité d’un homme de la mitsva de la circoncision [des œuvres de la loi] au détriment l’œuvre expiatrice du Tsadik [de la grâce].

 

 

  • se lèvent et disent : Il faut les circoncire : et d’ailleurs, pourquoi sont-ils appelés le "parti de la circoncision" ? Car les membres de Beit Shammaï considéraient que seul un Juif [ou un converti] circoncis pouvait hériter du Olam Haba ; les non-Juifs [ou les non-circoncis] n’avaient donc pas, selon leur interprétation de la Torah, la vie éternelle…

COMMENTAIRE N°1

Pour mieux comprendre la situation, voici un enseignement talmudique à ce sujet.

Rabbi Eliézer a dit : Il est écrit : Les méchants seront renvoyés dans le monde des ténèbres, toutes les nations qui oublient D.ieu. (Téhilim 9 :18). Les méchants seront renvoyés vers le monde inférieur, ce sont les pécheurs du peuple Juif car seuls les pécheurs sont condamnés au monde inférieur. Tous les non-Juifs qui oublient D.ieu : ce sont les pécheurs des nations, du fait qu'il est écrit : toutes les nations, il est évident qu'aucun des non-Juifs n'a de part dans le Olam Haba. C'est la déclaration de Rabbi Eliézer. Rabbi Yéhochoua lui a dit : Il est dit seulement : tous les non-Juifs qui oublient D.ieu. Au contraire, les méchants seront renvoyés au monde des ténèbres et qui sont-ils ? Ce sont tous les non-Juifs qui oublient D.ieu. Les non-Juifs qui craignent D.ieu ont une part dans le Olam Haba. (Sanhédrin 105a)

Selon la Guémara : pour Rabbi Eliézer, de l'école de Beit Shammaï, un goy [un non-Juif] non circoncis n'avait donc pas de part dans le Olam Haba. Néanmoins, pour Rabbi Yéhochoua, de l'école d'Hillel, seuls les plus méchants n'avaient pas de part au Olam Haba. 

 

Selon cette interprétation, on comprend aisément que certains proushim de Beit Shammaï n’ont pas aimé certaines décisions de la Kéhila, influencée principalement par Beit Hillel, leur école opposante…

 

 

  • et leur enjoindre de garder la tora de Moshè : le contexte nous prouve clairement que la question est plutôt de savoir si oui ou non, pour entrer dans le Gan Eden, les Nazaréens d’origine non-Juive devaient-ils vraiment se faire circoncire, pratiquer de façon "légaliste" toute la Torah, la halakha, etc… ?  Or, il est enseigné : que ce n'est pas par les œuvres de la Torah que l'homme est justifié mais par la foi en Yeshoua parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la Torah. (Galates 2 :16) ou encore : Tous ceux qui s'attachent aux œuvres de la Torah sont sous la malédiction car il est écrit : Maudit est quiconque n'observe pas tout ce qui est écrit dans le Livre de la Torah et ne le met pas en pratique. (Galates 3 :10)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9.     Il n’a pas fait de distinction entre nous et eux ; il a purifié leurs cœurs par l’adhérence.

 

  • Il n’a pas fait de distinction entre nous et eux : en Yeshoua comme il est enseigné : Il n'y a ici ni non-Juif ni Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni libre mais le Mashiah est tout et en tous. (Colossiens 3 :11). En effet, il n'y plus aucune différence entre les créatures à partir du moment où elles sont liées au Tsadik, qui est accessible à chacun… De plus, il est aussi enseigné par les Rabanim que le Mashiah ne vient pas que pour le peuple Juif : par définition, il vient pour le monde entier ; le message du Judaïsme étant à la fois spécifique et universel. (Rav Israël Goldberg)

 

 

  • il a purifié leurs cœurs par l’adhérence : comme l’enseigne Shimon Kéfa, les Nazaréens d’origine non-Juive ont été purifiés tout comme les Juifs par l’intermédiaire de leur émouna en Yeshoua ; sous-entendu, les Juifs sont sous le même pied d’égalité que les non-Juifs en ce qui concerne le principe de l’attachement au Tsadik. De toute façon, pour le Saint Béni soit-Il, tous sont égaux à ses yeux : femme, esclave, riche ou pauvre. (Shemot Rabah 21 :4)

 

COMMENTAIRE N°1

On pourra également s’inspirer d’un enseignement du Rav Avraham Ifra’h, un Maître de la Hassidout Breslev pour mieux comprendre la pensée de l’Apôtre Shimon Kéfa.  

Le Mashiah ne peut se révéler que dans un contexte de reconnaissance du nom d’Hashem. À cette condition s’en ajoute une supplémentaire : celle d’une reconnaissance collective... En d’autres termes, tous doivent reconnaître Hashem : humains, animaux, végétaux, Juifs, non-Juifs, petits ou grands, hommes ou femmes. En effet, si Mashiah ne se dévoilait uniquement par le mérite d’une élite, qu’adviendrait-il des autres êtres ? Ceux-ci sont bien vecteurs d’un message divin, puisqu’ils sont créés. N’ont-ils pas leur mot à dire ? N’ont-ils aucune reconnaissance à fournir ? Mashiah n’est pas le privilège d’un groupe, il est porteur d’un message universel qui se doit d’être accepté de tous. (Rav Avraham Ifra’h)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10.     Maintenant donc, pourquoi éprouvez-vous Elohîms, en imposant sur le cou des adeptes un joug que nous-mêmes ni nos pères n’avons eu la force de porter ?

 

  • Maintenant donc, pourquoi éprouvez-vous Elohîms : dans le sens où, ces proushim s’opposaient à la volonté du Maître du monde d’ouvrir autant les portes de la Torah aux non-Juifs.

 

 

  • en imposant sur le cou des adeptes : cela fait référence aux Nazaréens d’origine non-Juive.

 

 

  • un joug : cela fait référence au légalisme prêchée par Beit Shammaï souhaitant imposer la circoncision et une pratique vraiment poussée de la Torah, de la halakha, etc… aux Nazaréens d’origine non-Juive. Or, chez Beit Hillel, il existe un principale selon lequel, on n'édicte pas de décrets, si la majorité ne peut pas le supporter ; de là, on comprend mieux l’injonction de Yaakov : C'est pourquoi je suis d'avis qu'on ne crée pas des difficultés à ceux des non-Juifs. (Actes 15 :19). Néanmoins, il est aussi important de préciser que ce concile de Jérusalem traite aussi du moyen de justification devant D.ieu ; en l’occurrence, du moyen de notre entrée dans le Olam Haba. La circoncision, dont il est question dans ce Concile ne sera alors pas la mitsva en elle-même mais plutôt ce qu'elle représente dans l’optique de la vie éternelle !

C'est pourquoi je suis d'avis qu'on ne crée pas des difficultés à ceux des non-Juifs qui se convertissent à D.ieu mais qu'on leur écrive de s'abstenir des souillures des idoles, de l'impudicité, des animaux étouffés et du sang. Car, depuis bien des générations, Moshé a dans chaque ville des gens qui le prêchent, puisqu'on le lit tous les jours de Shabbat dans les synagogues. (Actes 15 :19-21)

 

Voici donc la décision prise pour les non-Juifs :

  • Être immergé au nom de Yeshoua.

  • Garder une base de la Torah : l’interdiction de sang, l'immoralité et l’idolâtrie.

  • Respecter la mitsva du Shabbat car comme cela est relaté, les Nazaréens d’origine non-Juive devaient apprendre "le reste" des mitsvot de la Torah tous les Shabbatot dans les synagogues.

 

La base de la Torah, pour un Nazaréen d’origine non-Juive, sera donc d’abord d’être lié avec le Tsadik Yeshoua [par l’immersion] comme cela est enseigné dans le milieu de la ‘Hassidout : Le rapprochement et l'attachement au Tsadik véritable représentent le fondement de tous les fondements et la racine de toutes les racines, cela surpasse tout. (Torah n°143 du Likouté Moharan I). Or, concernant la circoncision pour le converti, elle devra donc se réaliser dans une suite logique de son parcours [et non comme un impératif pour accéder au Olam Haba].

 

  • que nous-mêmes ni nos pères n’avons eu la force de porter : comme il est enseigné : nous avons déjà prouvé que tous, Juifs et non-Juifs, sont sous l'empire du péché, selon qu'il est écrit: Il n'y a point de juste, pas même un seul ; nul n'est intelligent, nul ne cherche D.ieu ; tous sont égarés, tous sont pervertis ; il n'en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul ; leur gosier est un sépulcre ouvert ; ils se servent de leurs langues pour tromper ; ils ont sous leurs lèvres un venin d'aspic ; leur bouche est pleine de malédiction et d'amertume ; ils ont les pieds légers pour répandre le sang ; la destruction et le malheur sont sur leur route ; ils ne connaissent pas le chemin de la paix ; la crainte de D.ieu n'est pas devant leurs yeux. (Romains 3 :9-18)

 

COMMENTAIRE N°1

Les chrétiens utilisent souvent ce verset pour prouver que Shimon Kéfa lui-même reconnaissait le joug divin de la Torah comme étant insaisissable ; le but de ce message christianisé étant finalement, de soutenir la théorie selon laquelle, la Torah est impossible à pratiquer et qu’Hashem pour nous soulager, l’aurait donc aboli par grâce... Au regard du contexte, des versets qui précèdent et de ceux qui suivent, il est tout à fait clair que ni Shimon Kéfa, ni le reste des Apôtres n'ont enseigné cet apostasie ou une forme quelconque de noa’hisme primitif. Même Shaoul, qui selon la même pensée chrétienne apostasie et enseigne l'apostasie de la Torah [alors qu'il continue à porter des korbanot au Temple et à se vanter du titre de pharisien dans les Actes] ira jusqu'à dire : mais l'observation des commandements de D.ieu est tout. (1 Corinthiens 7 :19). En réalité, le problème de ce Concile n'est évidemment pas avec la Torah qu'ils observaient et pratiquaient eux-mêmes, ni même avec le Judaïsme.  

Comme nous l’avons expliqué, le Concile s'oppose plutôt à une doctrine populaire du Ier siècle reconnu par certains Juifs Messianiques issu du mouvement pharisien de Beit Shammaï selon laquelle : Aucun non-Juif, non-circoncis selon la Torah de Moshé, n’aura de part dans le Olam Haba. (Rabbi Eliezer dans la Tossefta, Sanhédrin 13,2) et en conséquence, que la face d'Hashem ne peut se tourner sur des non-Juifs tant qu'ils ne sont pas circoncis… Pour commencer, le Concile, principalement, par l’intermédiaire de Shimon Kéfa et de Yaakov HaTsadik rectifie cette fausse allégation lorsqu’il déclare : Et D.ieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage, en leur donnant le Rouah Hakodesh comme à nous. (Actes 15 :8). En fait, les anciens ne s'opposent ni à la Torah ni à la conversion des non-Juifs au Judaïsme, bien au contraire, puisqu'ils l'enseignent eux-mêmes comme l'indique le verset 21 du chapitre 15 du Livre des Actes mais plutôt à la doctrine selon laquelle, les non-circoncis ne peuvent pas mériter les faveurs du Créateur (Tossefta Sanhédrin 13 :2) ; selon laquelle, les non-circoncis ne peuvent pas accéder au Olam Haba sans la circoncision et selon laquelle, il est impératif pour les non-Juifs de commencer à pratiquer toute la Torah d’emblée. Par conséquent, les Apôtres exigent du candidat qu'il commence d'abord par observer les choses simples et qu'il s’immerge [dans le nom de Yeshoua] avant de recevoir la circoncision. En conclusion, D.ieu ne fait aucune distinction entre circoncis et incirconcis mais l’importance, c’est leur foi dans le Tsadik ; celle-là même qui conduit à observer la Torah pour ne pas la transgresser ! 

Contrairement aux avis de certains proushim, la circoncision n'a pas la fonction d'ouvrir les portes du Olam Haba, quoiqu'elle demeure une grande mitsva et qu'elle reste obligatoire [comme le reste] peu importe l'âge… Imitions Avraham Avinou dont nous sommes censés être de la "postérité" spirituelle … Or, comment pouvons-nous être ses fils si nous ne l'imitons pas ? (Yohanan 8 :39). Les non-Juifs, sous décisions apostoliques, se convertiront mais en leur temps, progressivement car l'imposition d'une observance strict et brutale est un joug qu'ils ne peuvent supporter, comme d'autres avant eux. Pour mieux comprendre, il suffit de comparer avec les Juifs Nazaréens d’origine non-Juive de notre génération ? Sont-ils tous prêts pour perdre leur prépuce et manger kasher dès demain ? Non, c’est évident… Chaque chose en son temps ; le plus important étant notre lien avec le Tsadik comme il est enseigné : Le rapprochement et l'attachement au Tsadik véritable représentent le fondement de tous les fondements et la racine de toutes les racines, cela surpasse tout. (Torah n°143 du Likouté Moharan I) ou encore : On peut ne peut décrire ce mérite qui surpasse tous les mérites. L'essentiel de la grandeur d'un homme, dans ce monde, réside, dans son attachement au Tsadik véritable et à son rapprochement du Tsadik. (Likouté Halakhot Matana 4-8).

De plus, le Livre des Actes dit "un joug" et non "le joug" supposant qu'il en existe plusieurs ; il est donc clair que ce joug-là n'est pas la Torah… Le Saint Béni soit-Il, dans sa Torah, nous enseigne même qu'elle n'est pas au-delà de nos moyens, ni hors de notre atteinte (Devarim 30 :12) et dans le même élan, Yohanan déclare que l'amour de D.ieu consiste à garder ses mitsvot et que ses mitsvot ne sont pas pénibles. (1 Yohanan 5 :3). Déclarer, comme le font les chrétiens, que le "joug que ni nous, ni nos pères n'avons supporté" est la Torah revient à faire de Shimon Kéfa un contradicteur de la Torah mais également de l’Évangile, selon lequel Zekharia et Elishéva, les parents de Yohanan HaMatbil étaient justes devant D.ieu, observant d'une manière irréprochable tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur. (Loucas 1 :6).

Les premiers Nazaréens d’origine non-Juive allaient donc se convertir, comme l’a ordonné le Concile de Jérusalem mais ils ne recevaient tout simplement pas la circoncision avant d'avoir reçu le Tsadik. Par l’intermédiaire de leur foi en Yeshoua, ils recevraient la circoncision sauf si celle-ci leur était imposée par ceux qui voulaient qu'ils se justifient par elle… En termes plus simples, ils n'ont pas reçu la circoncision dans l'espoir d'être sauvés par elle ; ce qui annulerait, comme l’explique Shaoul dans les Galates, le don qu'ils ont reçu de D.ieu ; entendre, le pardon offert par la mort expiatoire du Tsadik. Pour ce faire, ils allaient dans les synagogues chaque semaine pour écouter la "saine doctrine" de la Torah et observaient le Shabbat comme il est dit : Car, depuis bien des générations, Moshé a dans chaque ville des gens qui le prêchent, puisqu'on le lit tous les jours de Shabbat dans les synagogues. (Actes 15 :21).  Il n'y a aucune abolition ni de la Torah, ni de la circoncision ; prétendre une telle chose c'est contredire ce que disent les Apôtres eux-mêmes…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11.     Mais c’est par le chérissement de l’Adôn Iéshoua’ que nous adhérons pour être sauvés de la même façon qu’eux. 

 

  • Mais c’est par le chérissement de l’Adôn Iéshoua’ : la grâce, la bonté ou l’amour du Mashiah.

 

 

  • que nous adhérons : comme cela est enseigné dans la ‘Hassidout, que le Tsadik distribue la émouna.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Au sujet de l’expression contenue dans le verset des Téhilim : Quel est l’homme qui désire la vie ? (Téhilim 34 :13). Rabbi Chnéour Zalman souligne que le moyen d’obtenir la vie est l’attachement au Tsadik. Également selon les termes du verset : l’existence de mon Maître sera liée au faisceau de la vie. (1 Shmouel 25 :29). Or, le Tsadik est l’intermédiaire qui relie à D.ieu et c’est pour cette raison qu’il peut distribuer ce faisceau de vie. (Tanya et commentaires, Iguéret Kodesh, chap. 27)

 

 

  • pour être sauvés de la même façon qu’eux : les Juifs et les non-Juifs sont sauvés, délivrés, etc… par leur émouna dans les mérites de Yeshoua [au détriment de tous mérites personnels] selon le principe ‘hassidique de l’attachement au Tsadik.

 

COMMENTAIRE N°2

 

Le premier verset du chap. 15 du Livre des Actes nous montre clairement que la question qui fait débat n’est pas celle de savoir si les non-Juifs doivent obéir à la Torah, cela étant une évidence ; la question est plutôt de savoir si oui ou non, pour entrer dans le Gan Eden, les Nazaréens d’origine non-Juive devaient-ils vraiment se faire circoncire, pratiquer de façon "légaliste" toute la Torah, la halakha, etc… ? La réponse nous est donnée dans ce verset, lorsque Shimon Kéfa tranche et proclame ouvertement que c’est par la grâce du Seigneur Yeshoua que nous sommes sauvés selon le principe ‘hassidique de l’attachement au Tsadik comme il est enseigné : Le rapprochement et l'attachement au Tsadik véritable représentent le fondement de tous les fondements et la racine de toutes les racines, cela surpasse tout. (Torah n°143 du Likouté Moharan I). Ainsi, notre salut [notre entrée dans le Gan Eden] ne dépend plus de nos mérites personnels, de l’ensemble de nos mitsvot tel que la circoncision mais bel est bien du mérite du Tsadik, qui a reçu tout pouvoir pour juger les hommes ainsi qu’il est également enseigné que le Tsadik est lui-même la Cour céleste et qu’il a le pouvoir de décréter le Gan 'Eden pour l'un et le Gey-Hinnom pour l'autre. (Sefer Hamidot Tsadik, 1 :54) et que tout pouvoir se trouve entre les mains du Tsadik et qu’il peut faire ce qu'il veut. (Likouté 'Etsot, Tsadik, 1 :43)

 
 
 
 
 
 

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13.     Quand ils cessent de parler, Ia’acob répond et dit : Hommes frères, entendez-moi !

 

  • Quand ils cessent de parler, Ia’acob : cela fait référence au frère du Mashiah, Yaakov HaTsadik, le chef de la Kéhila Nazaréenne.

 

 

  • répond et dit : Hommes frères, entendez-moi : les Nazaréens ont le devoir d’être soumis aux directives de Yaakov comme cela est enseigné dans l’Évangile de Toma : Ses talmidim dirent à Yeshoua ; Nous savons que tu nous quitteras. Qui alors nous dirigera ? Il leur répondit : Au point où vous serez arrivés, vous irez vers Yaakov HaTsadik car le ciel et la terre sont apparus pour lui. (Toma 1 :12).

 

COMMENTAIRE N°1

 

C’est d’abord par le Livre des Actes que nous sont connues les actions de Yaakov dans les premiers temps de la Kéhila Nazaréenne. Les mentions de ses interventions sont peu nombreuses mais ont donné lieu à de nombreux commentaires, plus ou moins spéculatifs. Cependant, tous les commentateurs s’accordent pour constater que Yaakov HaTsadik occupait un rang très important dans la communauté "mère" de Jérusalem, et ce dès le début… On le voit de façon particulièrement nette à l’occasion, de ce que l’on nomme, le Concile de Jérusalem.

Au début de leur mission, les Apôtres évangélisaient dans le bon du terme, les gens qu’ils fréquentaient habituellement, comme on peut le constater avec Shimon Kéfa et Yohanan qui allaient au Temple. Autre exemple, quand les Apôtres allaient dans une ville, c’était d’abord à la synagogue ; ainsi, le message de la résurrection du Mashiah a donc d’abord été adressé aux Juifs. Or, petit à petit, les Apôtres franchirent les limites du Am Israël afin de s’adresser aussi aux non-Juifs comme le Mashiah l’avait également demandé.   

Allez, faites de toutes les nations des talmidim, les immergeant en mon nom et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. (Matityahou 28 :19-20)

Comme on le sait, le nombre des Nazaréens a rapidement augmenté et surtout, parmi ceux issus du paganisme. Les responsables de la Kéhila, dont Yaakov qui en était le dirigeant, se trouvèrent alors rapidement confrontés à une question urgente : quelle conduite tenir vis-à-vis des non-Juifs, qui souhaitaient se convertir et s’attachaient au Tsadik ? Fallait-il leur imposer de se faire circoncire et de suivre toutes les règles que tout Juif pieux se devait de respecter ?

Ainsi, le vrai problème qui s’est posé n’était pas de savoir si les non-Juifs devaient pratiquer la Torah mais s’ils devaient être circoncis selon la Torah, en vue d’être sauvés pour le Olam Haba [opinion de certains proushim inspirés de Beit Shammaï]. 

Quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères, en disant : Si vous n'êtes circoncis selon le rite de Moshé, vous ne pouvez être sauvés. (Actes 15 :1)  

Dans un discours décisif, l’Apôtre Shimon Kéfa [tout comme Shaoul] défendra l’idée que les non-Juifs sont sauvés par leur attachement au Tsadik et qu’on ne peut leur imposer la circoncision ; néanmoins, c’est le frère de Yeshoua, soit Yaakov HaTsadik qui fera la synthèse de ce Concile et qui prendra la décision finale.

Yaakov apparaît ainsi, comme le médiateur entre Shaoul et certains Nazaréens, plus rigoureux dans l’observance de la Torah. En citant le Prophète Amos, Yaakov replacera ce débat dans l’histoire de l’élection du peuple d’Israël. En effet, le dessein de D.ieu est que toutes les nations viennent à lui et soient rassemblées en lui, au travers de la lumière d’Israël ; pour Yaakov, la conversion des non-Juifs est l’accomplissement de cette prophétie d’Amos. En tant que chef des Nazaréens, Yaakov pense que son rôle est donc de continuer ce qu’a commencé Yeshoua, c’est-à-dire de continuer d’œuvrer pour la réparation d’Israël et du monde.  L’observance de la Torah étant le signe visible de l’appartenance au peuple élu et les différents préceptes étant la voie d’accès privilégiée vers Hashem, Yaakov n’envisage certainement pas que les Nazaréens d’origine non-Juive ne pratiquent pas la Torah ou même la circoncision… Cependant, ne souhaitant pas leur créer de difficultés en raison du contexte compliqué : haine gratuite, Yeshoua crucifié, persécutions, la prophétie du Mashiah concernant la destruction du Temple, etc… Yaakov n’envisage pas de leur imposer directement la brit mila ; il accepte donc les avis de Shaoul et de Shimon Kéfa et les soutiendra dans leur élan pour le Tsadik.

Conclusion de ce Concile, les Nazaréens d’origine non-Juive ont part au salut par l’attachement au Tsadik sans l’acte de la brit mila mais ils devront également, manifester leur appartenance au peuple d’Israël par l’observance de quatre préceptes minimum et aller apprendre sincèrement le reste dans les synagogues chaque Shabbat.

C'est pourquoi je suis d'avis qu'on ne crée pas des difficultés à ceux des non-Juifs qui se convertissent à D.ieu mais qu'on leur écrive de s'abstenir des souillures des idoles, de l'impudicité, des animaux étouffés et du sang. Car, depuis bien des générations, Moshé a dans chaque ville des gens qui le prêchent, puisqu'on le lit tous les jours de Shabbat dans les synagogues. (Actes 15 :19-21)

 

COMMENTAIRE N°2

Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. (Matityahou 18 :18)

Hashem a conditionné l'ensemble de la Création, de telle sorte qu'elle est tout entière soumise à la Torah et à ses Sages. (Rav Its’hak Zylberstein). Selon cet avis, l'univers tout entier évolue à la lumière des exigences de la halakha décrétées par les Maîtres d’Israël.

 

En effet, lorsqu’un Rabbi comme le fut Yaakov pour la Kéhila Nazaréenne, lie une halakha, Hashem met un "tampon de vérité" dessus et ainsi, les êtres inférieurs et supérieurs, les démons et les anges, les Juifs ou non-Juifs, sont tous soumis à cette loi spirituelle. La nature elle-même se met à évoluer en fonction de cette halakha ! En l’occurrence, nous sommes tous soumis aux décisions du Concile de Jérusalem : celles de Yaakov HaTsadik de Beit Yeshoua, inspiré de Beit Hillel. 

 

La base de la Torah, pour un Nazaréen, sera donc d’abord d’être lié avec le Tsadik Yeshoua [par l’immersion] comme cela est enseigné dans le milieu de la ‘Hassidout : Le rapprochement et l'attachement au Tsadik véritable représentent le fondement de tous les fondements et la racine de toutes les racines, cela surpasse tout. (Torah n°143 du Likouté Moharan I)

 

 

 

 

 

 

 

 

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19.     Ainsi je juge, moi, qu’il ne faut pas perturber ceux des goîm qui se tournent vers Elohîms.

 

  • Ainsi je juge, moi : Yaakov HaTsadik, chef de la Kéhila Nazaréenne.

 

 

  • qu’il ne faut pas perturber ceux des goîm qui se tournent vers Elohîms : il ne faut pas créer de difficultés aux non-Juifs ; bien au contraire, le but étant de leur faciliter le chemin vers Hashem, le Mashiah, la Torah et Israël.

 

COMMENTAIRE N°1

Pour mieux comprendre l’ordonnance de Yaakov HaTsadik, nous pourrons nous inspirer du Talmud. En effet, selon le Traité Sanhédrin, la source amalécite provient justement du refus de faciliter les conversions…

Timna a cherché à se convertir. Elle est venue voir Avraham, Its’hak et Yaakov mais ils ne l'ont pas acceptée. Elle est donc partie et est devenue la concubine d'Eliphaz, fils d'Essav ; elle a dit, se référant à elle-même : Il est préférable que je sois une servante pour cette nation qu’une femme noble pour une autre. Finalement, Amalek, fils d'Eliphaz, est sorti d'elle et cette tribu a affligé le peuple Juif. Quelle est la raison pour laquelle le peuple Juif a été puni par des souffrances infligées par Amalek ? C'est dû au fait qu'ils n'auraient pas dû la rejeter lorsqu'elle a cherché à se convertir. (Sanhédrin 99b)

 

COMMENTAIRE N°2

Pour mieux comprendre, inspirions-nous également d’autres références de la Torah Orale.

Rabbi Meir a dit : D'où vient-il que même un non-Juif qui s'engage dans l’étude de la Torah est considéré comme un Cohen Gadol ? Il est dérivé de ce qui est dit : Vous observerez donc mes statuts et mes ordonnances et si un homme le fait, il vivra par elles. (Vayikra 18 :5). La phrase "si des cohanim, des Lévites et des Israélites le font, ils vivront par elles" n'est pas énoncée ; on dit plutôt : Un homme, ce qui désigne l'humanité en général. Vous avez donc appris que même un non-Juif qui s'engage dans l’étude de la Torah est considéré comme un Cohen Gadol.  (Sanhédrin 59a)

La Torah a été donnée dans le désert, elle a été donnée entièrement de manière publique à un endroit que nul ne pouvait réclamer comme sien, de peur que si elle n’avait été donnée dans en Eretz Israël, les Juifs ne laissent pas les non-Juifs y avoir part. (Mekhilta sur Shemot 19 :2).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20.     Mais il faut seulement leur mander de s’éloigner des impuretés des idoles, de la puterie, de la chair étouffée et du sang.

 

  • Mais il faut seulement leur mander de s’éloigner : du grec "apechomai"…

Voici la définition du mot grec "apechomai" :

  • se retenir : résister par un effort,

  • s'abstenir : éviter de faire quelque chose,

  • freiner ses envies,

  • se contenir : maîtriser, contrôler et réprimer ses sentiments et leurs manifestations extérieures.

Car il a paru bon au Rouah Hakodesh et à nous de ne vous imposer d'autre charge que ce qui est nécessaire, savoir, de vous abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés et de l'impudicité, choses contre lesquelles vous vous trouverez bien de vous tenir en garde. Adieu. (Actes 15 :28-29)

 

  • des impuretés des idoles : du grec "eidolon" …

Voici la définition du mot grec "eidolon" :

  • une image,

  • ce qui représente la forme d'un objet, réel ou imaginaire,

  • les ombres des défunts, les apparitions, spectres, fantômes, etc…

  • l'image d'un dieu païen,

  • un faux dieu.

C'est lui qui est le D.ieu véritable et la vie éternelle. Petits enfants, gardez-vous des idoles. (1 Yohanan 5 :21)

 

  • de la puterie : du grec "porneia"…

Voici la définition du mot grec "porneia" :

  • la pornographie : la représentation de choses, de comportements obscènes dans le domaines cinématographique, littéraire ou autres domaines artistiques,

  • toutes formes d’obscénités,

  • fornication : relations sexuelles en dehors du mariage…

  • relations sexuelles avec un proche parent, selon le Sefer Vayikra chap. 18 …

  • relations sexuelles avec un divorcé, selon l’Évangile de Marcos chap. 11… 

  • impudicité : absence exagérée de discrétion et de pudeur,

  • infidélité : violation du devoir de fidélité entre époux, qui peut constituer une cause de divorce ou de séparation,

  • prostitution : le fait de livrer son corps aux plaisirs sexuels d'autrui pour de l'argent et d'en faire métier,

  • adultère : fait d'avoir volontairement des rapports sexuels avec une personne autre que son conjoint,

  • l’homosexualité : attirance sexuelle pour les personnes du même sexe,

  • la zoophilie : rapports sexuels d'un être humain avec un animal,

  • au sens métaphorique, le terme parle aussi du culte des idoles, de la souillure de l'idolâtrie, provenant d’une consommation de sacrifices offerts aux idoles.

Fuyez l'impudicité. Quelque autre péché qu'un homme commette, ce péché est hors du corps mais celui qui se livre à l'impudicité pèche contre son propre corps. (1 Corinthiens 6 :18)

 

Voici également la définition du mot dérivé en grec "porneuo" :

  • prostituer son corps en vue de la convoitise d'un autre…

  • se livrer à l'impudicité,

  • se livrer à une relation sexuelle illicite [en dehors du mariage] …

  • au sens métaphorique, être adonné à l'idolâtrie ou le fait de permettre à quelqu’un de nous conduire à l'idolâtrie.

Ne nous livrons point à l'impudicité, comme quelques-uns d'eux s'y livrèrent, de sorte qu'il en tomba vingt-quatre mille en un seul jour. (1 Corinthiens 10 :8)

Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses la femme Izevel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu'ils se livrent à l'impudicité et qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles. (Révélation 2 :20)

En plus, voici la définition du mot grec d’origine "porne" :

  • une femme prostituée qui vend son corps pour un usage sexuel,

  • une femme satisfaite d'une relation sexuelle illicite, pour le gain ou pour la luxure,

  • au sens métaphorique, pour parler d’une idolâtre ou de "Bavel" c'est-à-dire Rome, le siège principal de l'idolâtrie essavique [le catholicisme au nom de Jésus-Christ].

Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres du Mashiah ? Prendrai-je donc les membres du Mashiah, pour en faire les membres d'une prostituée ? (1 Corinthiens 6 :15)

Sur son front était écrit un nom, un mystère : Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre. (Révélation 17 :5)

Pour finir, voici la définition d’un autre mot grec d’origine "pornos" :

  • un homme qui prostitue son corps et le loue en vue de la convoitise d'un autre,

  • un homme qui se complaît dans la relation sexuelle illicite,

  • fornication : relations sexuelles en dehors du mariage…

  • impudicité : absence exagérée de discrétion et de pudeur.

Dehors les chiens, les enchanteurs, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres, et quiconque aime et pratique le mensonge ! (Révélation 22 :15)

 

COMMENTAIRE N°1

Les Sages ont dit que l’homme est très attiré par le vol et les relations sexuelles interdites. Tu ne trouveras aucune société, quelle que soit l’époque, dans laquelle des individus ne s’adonnent pas à ces pratiques. Les Sages ont ajouté : La majorité faute par le vol, la minorité faute par les relations interdites et tout le monde faute par la mauvaise langue de manière infinitésimale. C’est pour cela qu’il convient à l’homme de se contenir à ce sujet et de s’habituer à vivre dans une sainteté redoublé, d’avoir des pensées saines et un esprit ajusté afin de s’en prémunir. (Mishné Torah du Rambam, Hilkhot Issourei Biah, chap. 22)

 

COMMENTAIRE N°2

 

Je ne mettrai rien de mauvais devant mes yeux, je hais la conduite des pécheurs ; elle ne s'attachera pas à moi. (Téhilim 101 :3)

Le mot "porneia" est liée au concept moderne de la pornographie : vidéos, images ou écrits érotiques créés pour provoquer une excitation sexuelle.  Dans notre génération, la pornographie est partout... Il y a quelques années, il était difficile d’avoir du matériel pornographique mais maintenant, un simple clic de souris ou une touche de télécommande sont largement suffisants pour avoir accès à toute cette débauche… En effet, la débauche sexuelle est de plus en plus accentuée avec l’évolution de notre société. Nous avons corrompu la sexualité plus que tout autre domaine de la vie ! La grande majorité des recherches sur le web tournent autour de la pornographie et pour certains, c’est un mode de vie et une routine quotidienne…

Étant un fléau mondial, il est donc facile de tomber dans la faute de l'impureté sexuelle dénoncée dans les Écrits Nazaréens.

Que l'impudicité, qu'aucune espèce d'impureté et que la cupidité, ne soient pas même nommées parmi vous. (…) Car, sachez-le bien, aucun impudique, ou cupide ; c'est-à-dire, idolâtre, n'a d'héritage dans le Royaume du Mashiah et de D.ieu. (Éphésiens 5 :3-5)

Partout où tu trouves de l’immoralité sexuelle ou de l’idolâtrie, une catastrophe générale s’abat sur le monde, détruisant indistinctement bons et mauvais. (Béréshit Rabah 26 :5)

Quand des pays, des régions, des villes entières sont contre la Torah, cela déclenche forcément des effusions de négativité : nous sommes liés avec ce monde et nos actions dans le bien comme dans le mal ont un impact sur la Création. En effet, nous avons de grandes forces : nous pouvons construire le monde ou, ‘hass véchalom, le détruire…

Il existe des fautes qui engagent un processus de destruction et parmi elles, on trouve les fautes sexuelles, comme il est dit : D.ieu déteste la débauche. (Sanhédrin 106a)

Fuyez l'impudicité. Quelque autre péché qu'un homme commette, ce péché est hors du corps mais celui qui se livre à l'impudicité pèche contre son propre corps. (1 Corinthiens 6 :18)

Toutefois, pour éviter l'impudicité, que chacun ait sa femme et que chaque femme ait son mari. (1 Corinthiens 7 :2)

L’expression de l’amour entre époux a malheureusement été remplacée par la convoitise, par une vie débridée et par une débauche insatiable. On retrouvera cette impudicité extrême dans la génération qui a précédé le déluge...

D.ieu regarda la terre, et voici, elle était corrompue car toute chair avait corrompu sa voie sur la terre. (Béréshit 6 :12)

Rabbi Yohanan a enseigné : cette génération accouplait les animaux domestiques avec les animaux sauvages, les animaux sauvages avec les animaux domestiques ; tous avec l'homme et l'homme avec tous. (Torah Témima, Béréshit 6 :12)

Ce qui arriva du temps de Noa’h arrivera de même à l'avènement du Fils de l'homme. (Matityahou 24 :37)

Dans notre génération, la pornographie présente plusieurs formes d’impudicité à l’extrême comme les actes homosexuels, les orgies, etc… La délectation de tels spectacles est une abomination pour D.ieu.

Ne savez-vous pas que les injustes n'hériteront point le Royaume de D.ieu ? Ne vous y trompez pas : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n'hériteront le Royaume de D.ieu. (1Corinthiens 6 :9-10)

 

Je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans le cœur. (Matityahou 5 :28)

La pornographie est une catastrophe qui détient une vision faussée de la réalité de la vie et de la sexualité. Elle présente, généralement, la femme comme une esclave sexuelle impatiente de répondre aux moindres désirs de l'homme et elle induit ainsi, des rapports faussés entre l'homme et la femme. En réduisant l'acte sexuel aux relations bestiales ayant pour but l'excitation et la satisfaction, la pornographie ôte aux rapports intimes, la dimension divine et saine de l’amour entre deux époux. La pornographie est donc un fléau qui frappe mais qui en plus, engendre également une dépendance destructrice car elle nous pousse à être esclave de la corruption et de davantage de perversité ! Tout comme l’addiction pousse les toxicomanes à consommer de plus en plus, la pornographie entraîne celui qui la consomme de plus en plus loin dans la dépendance sexuelle et vers des fantasmes de plus en plus lointains… Il est évident qu’il est également interdit d’être dans un état de dépendance pour une chose contraire aux chemins de la Torah d’Israël.

Chacun est esclave de ce qui a triomphé de lui. (2 Kéfa 2 :19)

Maintenant, il est aussi évident que contrôler des envies puissantes et soudaines est un défi extrêmement grand, alors encourageons-nous car notre génération est la pire mais également la plus méritante : aucun de tous les grands hommes de Torah n’ont connu une telle abomination ; notre génération représentant la débauche sexuelle poussée dans le cas le plus extrême… Notons également qu’un désir ne fait pas de nous quelqu’un de mauvais, il faudra donc faire attention de ne pas nous retrouver submergés par des sentiments de culpabilité en raison de nos chutes. Il est plus important d'essayer de mettre tout notre cœur dans le but de nous améliorer et de devenir des meilleures personnes : celui qui combat, malgré les chutes incessantes et qui gagne la pornographie est un héros aux yeux d’Hashem. 

Aucune tentation ne vous est survenue qui n'ait été humaine et D.ieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d'en sortir, afin que vous puissiez la supporter. (1 Corinthiens 10 :13)

 

 

  • de la chair étouffée et du sang : de la viande non-kasher.

 

COMMENTAIRE N°3

Un Nazaréen d’origine non-Juive devra se soumettre au "minimum" tranché par notre Maître Yaakov, dont l’ordonnance de la chair étouffée : celle-ci fait référence au sang resté dans le corps de l'animal une fois mort. Ainsi, tout talmid du Mashiah devra donc, dès que cela est en son pouvoir, manger de la viande strictement kasher, qui a été vidée de son sang.

 

Pour information, ceci correspond aux ordonnances de la Didaké.

 

Si donc tu peux porter le joug du Seigneur tout entier, tu seras parfait mais, si tu ne le peux pas, fais ce que tu peux. Quant à la kasherout, porte ce que tu pourras mais abstiens-toi strictement de ce qui a été sacrifié aux idoles car c'est un culte rendu à des dieux morts. (Didaké 6 :1-2)

 

COMMENTAIRE N°4

Pour mieux comprendre les ordonnances de Yaakov HaTsadik, nous pourrons nous inspirer de la Didaké.

Quant à la kasherout, porte ce que tu pourras mais abstiens-toi strictement de ce qui a été sacrifié aux idoles car c'est un culte rendu à des dieux morts. (Didaké 6 :2)

Pour information, au niveau de la kasherout, en plus de manger de la viande strictement kasher, les Juifs ne mélangent pas le lait et la viande.  En effet, la Torah interdit qu’ils soient cuits ensemble.

Cette mitsva est relatée par 3 fois dans toute la Torah.

Tu ne feras point cuire un chevreau dans le lait de sa mère. (Shemot 23 :19)

Tu ne feras point cuire un chevreau dans le lait de sa mère. (Shemot 34 :26)

Tu ne feras point cuire un chevreau dans le lait de sa mère. (Devarim 14 :21)

Les Maîtres commentent dans la Guémara ’Houlin 114a : Une fois pour l’interdiction qu’ils soient cuits ensemble ; une fois pour l’interdiction qu’ils soient consommables ensemble et une fois pour l’interdiction de tirer un profit de ce mélange.

Néanmoins, selon une approche littéral, la Torah parle plutôt d’un chevreau cuit dans le lait maternel. Comment pouvons-nous alors comprendre l’interdiction d’un mélange entre la viande et le lait ?

Nous l’apprenons par la Torah Orale, les Maîtres d’Israël nous ont interdit de cuire et/ou de consommer de la viande et du lait ensemble, comme cela est relaté dans le Choul’han Aroukh : il est interdit, par décret rabbinique, de mélanger la viande et le lait.

Le Rambam compte également cet interdit comme l’un des 365 commandements négatifs de toute la Torah.

 

Quelles sont les raisons du telle mitsva ?

Généralement, toutes les explications données concernant cet interdit ne sont pas claires et suffisantes car ce commandement fait partie des ’houkim, des lois irrationnelles de la Torah comme le commandement de la vache rousse… Les Maîtres d’Israël ont également enseigné que ce sera seulement dans les temps futurs, qu’Hashem dévoilera au Am Israël les raisons de ce commandement. En effet, comme nous l’avons dit, l'interdiction de cuire en même temps le lait et la viande est considéré comme un ‘hok, une loi complétement dénuée de sens.

Malgré tout, certains ont tenté d’apporter plusieurs explications. 

 

Le lait est la représentation de la vie car celui-ci permet de nourrir les créatures fraîchement naissantes. Au contraire, la viande paraît être la représentation de la mort car celle-ci était vivante et maintenant, elle est morte… En soi, nous ne pouvons donc pas mélanger la vie et la mort, comme on ne peut pas mélanger la sainteté et le péché. La mort [ou le péché] doit disparaître totalement de nos vies sanctifiés !

À un niveau plus profond, chaque élément matériel détient une source spirituelle lui permettant d'exister. Par exemple, la viande provient d’une source d'énergie "morte" car il est obligatoire d’abattre un animal avant d’en consommer la viande ; en revanche, le lait provient de l'énergie "vie" et effectivement, on peut constater qu’il s’agit de la nourriture vitale de tous nouveau-nés et nul besoin d’abattre quoi que ce soit….  Ainsi, selon cette brève explication, mélanger ces deux aliments "court-circuiterait" les mondes spirituels. On comprendra donc aisément, comme nous l’avons dit plus haut, que ce commandement n’est pas compréhensible pour l’homme ; il s’agit simplement de la volonté parfaite et bienveillante d’Hashem à laquelle, il nous faut se soumettre.

Rabbénou Bayé écrit également que la viande et le lait cuits ensemble ont pour propriété d’obstruer le cœur de l’homme. D.ieu souhaitait donc qu’Israël n’est pas le cœur obstrué par ces aliments interdits ; au contraire, Hashem souhaitait voir le peuple méditer sur les voies de la Torah avec un corps sain, étant au maximum de leurs capacités.

Il prit encore de la crème et du lait, avec le veau qu'on avait apprêté et il les mit devant eux. Il se tint lui-même à leurs côtés, sous l'arbre. Et ils mangèrent. (Béréshit 18 :8)

 

Selon le Sefer Béréshit, Avraham Avinou aurait-t-il prit à contrepied tout cet enseignement en mélangeant du lait et du veau ? Pour commencer, à ce moment précis, la Torah n’avait pas encore été donnée au Har Sinaï ; ainsi, il n’était pas interdit comme aujourd’hui, de mélanger de la viande et du lait. En effet, sans ce principe, les patriarches auraient commis un bon nombre d’actions contraires aux voies de la Torah…

Par exemple :

  • Yaakov Avinou s’est marié avec deux sœurs.

  • Amram, le père de Moshé Rabbénou, s’est marié avec Yo’heved, sa tante.

 

Toutes ces actions ont eu lieu avant le don de la Torah, elles n’étaient donc pas encore formellement interdites… Si la Torah avait déjà été donnée, Moshé aurait dû être considéré comme un mamzer, ‘hass véchalom.

Néanmoins, concernant ce passage avec Avraham, plusieurs avis sont exposés, dont celui qui commente qu’Avraham a d’abord amené le beurre et le lait puis la viande ; ainsi, ils n’ont pas mangé les deux aliments ensemble mais séparément, comme cela est prôné par la halakha et effectivement, la Torah parle bien de crème et de lait avant l’apparition du veau. Selon cette interprétation, Avraham n’a donc pas transgressé l’interdit de cuire et/ou de consommer la viande et le lait ensemble car comme on le sait, question pratique, le Rav ‘Hisda a enseigné que si on a mangé de la viande, il nous est interdit de manger des produits lactés ; en revanche, si on a mangé des produits lactés, il nous est permis de manger de la viande. (‘Houlin 105a)

Certaines communautés ashkénazes attendent alors 3 heures pour consommer des produits lactés après avoir mangé de la viande, d’autres 4h et les séfarades 6 heures. Maintenant, pour les Nazaréens d’origine non-Juive, comme cela est rapporté dans la Didaké : quant à la kasherout, porte ce que tu pourras. (Didaké 6 :2)

 
 
 

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21.     Oui, depuis des âges anciens, Moshè, dans chaque ville, a des hérauts qui le crient, en le lisant dans les synagogues, chaque shabat. 

 

  • Oui, depuis des âges anciens : depuis des générations.  

 

 

  • Moshè, dans chaque ville : la Torah de Moshé est prêchée dans de nombreuses villes.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Lors de la fête de Shavouot, pour Matan Torah, nous lisons la Méguila de Routh car la "moavite" est le code et l’exemple parfait pour tous ceux qui acceptent la Torah, soit pour toutes conversions authentiques.

 

En effet, Routh n'était pas une convertie ordinaire…

 

Pour commencer, tous les êtres humains ont l'obligation, selon le Judaïsme, de vivre conformément aux 7 lois de Noa’h : ne pas blasphémer, ne pas commettre d'idolâtrie, ne pas tuer, ne pas voler, ne pas souiller le mariage, ne pas manger le membre d’un animal vivant et établir des tribunaux en vue d’une justice. 

 

Routh, originaire de Moav, était dans l’obligation de vivre avec ces lois mais ce qui est extrêmement intéressant, c’est que le nom "routh" en hébreu, est composé des lettres "resh, vav et tav" et détient une guématria de 606. Il suffit donc d’additionner 7 au nom de Routh et l’on obtient 613, soit le nombre des mitsvot de toute la Torah de Moshé. Qu’apprend-on de cet enseignement ? L'essence de Routh, l’énergie vitale de cette femme, fut la découverte et l’acceptation des 606 autres commandements… Ce qui fait de Routh, une Juive convertie par excellence !

 

Ainsi, pour un Nazaréen d’origine non-Juive, l’expérience de Routh vient nous rappeler que lorsqu’on accepte Yeshoua dans nos vies, nous devenons officiellement les talmidim du Mashiah et la vie d’un talmid n'est pas une réalité banale ; au contraire, celle-ci doit fermement être établie en rapport avec les 613 mitsvot de la Torah ! Avec l’aide du Rouah Hakodesh reçu, tout Nazaréen d’origine non-Juive devra donc "conquérir" les 613 mitsvot comme Yaakov HaTsadik nous l’a suggéré en déclarant que la Torah de Moshé était prêchée dans toutes les synagogues, lieu auquel, il est nécessaire d’aller chaque Shabbat afin de devenir de vrais "Routh" !

 

Les 7 lois de Noa’h [ou les halakhots minimum instaurées par Yaakov] nous permettent simplement de recevoir une première délivrance en Yeshoua, c’est notre "top départ" mais le processus de sanctification inspiré par la Torah, nous engage forcément vers l’ensemble des 613 mitsvot…

 

Recherchez (…) la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur. (Hébreux 12 :14)

 

Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la Torah ou les Neviim ; je suis venu non pour abolir mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la Torah un seul youd ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé. Celui donc qui supprimera l’une des plus petites mitsvot et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le Royaume des cieux mais celui qui les observera et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le Royaume des cieux. Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des soferim et des proushim, vous n'entrerez point dans le Royaume des cieux. (Matityahou 5 :17-20)

 

 

  • a des hérauts qui le crient : cela fait référence aux Rabanim, aux enseignants des lois de la Torah. Yaakov HaTsadik conseille donc aux Nazaréens d’origine non-Juive d’aller dans les synagogues afin qu’ils évoluent et marchent constamment dans la sanctification. 

 

 

 

  • en le lisant dans les synagogues, chaque shabat : au travers des enseignements des parashiot et des haftarot. 

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24.     Parce que nous avons entendu que quelques-uns des nôtres sont partis vous troubler et ébranler vos êtres par leurs paroles sans que nous les ayons mandatés.

 

  • Parce que nous avons entendu que quelques-uns des nôtres : comme nous l’avons vu au premier verset, cela fait référence aux proushim de l’école de Beit Shammaï, ayant également reconnu la messianité de Yeshoua.

 

 

  • sont partis vous troubler et ébranler vos êtres : troubler et ébranler les Nazaréens d’origine non-Juive comme il est enseigné : quelques-uns du parti des proushim, qui avaient cru, se levèrent, en disant qu'il fallait circoncire les non-Juifs et exiger l'observation de la Torah de Moshé. (Actes 15 :5). Or, il est enseigné par Rabbi Nahman que l’homme doit surtout s’éloigner des conseils des mécréants, contestataires et opposants à la vérité car leurs conseils sont la cause de tous les dommages et détériorations. Les conseils que l’homme reçoit des mécréants sont comparables à un mariage et union impurs avec eux à l’image du serpent sur lequel Hava a dit : Il m’a épousé. (Béréshit 3 :13). L’homme doit uniquement s’attacher aux Tsadikim véritables et à leurs talmidim car tous leurs conseils, sont entièrement une semence de vérité. (Les Conseils des Justes, inspiré du Likouté Moharan)

 

COMMENTAIRE N°1

Il faut savoir que les membres de Beit Shammaï considéraient que seul un Juif [ou un converti] circoncis pouvait hériter du Olam Haba, les non-Juifs [ou les non-circoncis] n’avaient donc pas, selon leur interprétation de la Torah, la vie éternelle… Ces Juifs ayant reconnu la messianité de Yeshoua mais malheureusement inspirés de Beit Shammaï faisaient dépendre le salut divin de la mitsva de la circoncision [des œuvres de la loi] au détriment de l’œuvre expiatrice du Mashiah [de la grâce].

Pour mieux comprendre la situation, voici un enseignement talmudique à ce sujet.

Rabbi Eliézer a dit : Il est écrit : Les méchants seront renvoyés dans le monde des ténèbres, toutes les nations qui oublient D.ieu. (Téhilim 9 :18). Les méchants seront renvoyés vers le monde inférieur, ce sont les pécheurs du peuple Juif car seuls les pécheurs sont condamnés au monde inférieur. Tous les non-Juifs qui oublient D.ieu : ce sont les pécheurs des nations, du fait qu'il est écrit : toutes les nations, il est évident qu'aucun des non-Juifs n'a de part dans le Olam Haba. C'est la déclaration de Rabbi Eliézer. Rabbi Yéhochoua lui a dit : Il est dit seulement : tous les non-Juifs qui oublient D.ieu. Au contraire, les méchants seront renvoyés au monde des ténèbres et qui sont-ils ? Ce sont tous les non-Juifs qui oublient D.ieu. Les non-Juifs qui craignent D.ieu ont une part dans le Olam Haba. (Sanhédrin 105a)

Selon la Guémara : pour Rabbi Eliézer, de l'école de Beit Shammaï, un goy [un non-Juif] non circoncis n'avait donc pas de part dans le Olam Haba. Néanmoins, pour Rabbi Yéhochoua, de l'école d'Hillel, seuls les plus méchants n'avaient pas de part au Olam Haba. 

 

Selon cette interprétation, on comprend aisément que certains proushim de Beit Shammaï n’ont pas aimé certaines décisions de la Kéhila, influencée principalement par Beit Hillel, leur école opposante…

 

Ce n'est pas par les œuvres de la Torah que l'homme est justifié mais par la foi en Yeshoua, nous aussi nous avons cru dans le Mashiah Yeshoua, afin d'être justifiés par la foi dans le Mashiah et non par les œuvres de la Torah, parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la Torah. (Galates 2 :16)

 

 

  • par leurs paroles sans que nous les ayons mandatés : ces proushim ont semé la pagaille dans les communautés Nazaréennes, en souhaitant imposer la circoncision aux non-Juifs.  

 

 

 

 

 

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28.     Le souffle sacré et nous-mêmes, nous avons cru bon de ne pas vous imposer d’autre charge que celles-ci, qui sont nécessaires.

 

  • Le souffle sacré et nous-mêmes : comme on le sait, les Apôtres étaient investis du Rouah Hakodesh, étant également le Rouah du Mashiah.

 

 

  • nous avons cru bon de ne pas vous imposer d’autre charge que celles-ci : l’interdiction des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés et de l'impudicité.

 

 

  • qui sont nécessaires : bonnes et excellentes, non seulement pour tous Nazaréens mais également pour la bonne entente de la communauté.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Les halakhot qui ont été tranchées par Yaakov HaTsadik, le chef de la communauté Nazaréenne ont force de loi dans les Cieux et sur la terre ; ceux qui refusent de s'y plier sciemment, par esprit de rébellion, n'ont aucune part dans la véritable Kéhila du Mashiah Yeshoua… Quant à tous ceux qui ont suivi le Rabbi au cours des âges, dans l'ignorance de la Torah et de sa vérité à cause des mensonges d'Edom et de l'obscurité qu'il propage, chacun sera jugé selon tous les paramètres qu'Hashem seul connaît, dans sa grande miséricorde.

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39.     Et c’est un paroxysme si grand qu’ils se séparent l’un de l’autre. Bar-Naba prend Marcos et part en bateau à Chypre.

 

  • Et c’est un paroxysme si grand : du grec "paroxusmos"…

Voici la définition du mot grec "paroxusmos" :

  • un dissentiment : différence, diversité ou désaccord dans les avis, les opinions de personnes entre elles,

  • une irritation : état de quelqu'un qui est irrité,

  • un paroxysme : le plus haut degré d’une douleur ou d’un sentiment.

 

Ce dissentiment fut assez vif pour être cause qu'ils se séparèrent l'un de l'autre. Et Bar-Naba prenant Marcos avec lui, s'embarqua pour l'île de Chypre. (Actes 15 :39)

  • qu’ils se séparent l’un de l’autre : le désaccord concernant Marcos engage leur séparation…

 

 

  • Bar-Naba prend Marcos et part en bateau à Chypre : dans un ayin hatov extraordinaire, Bar-Naba s’engagera pour Marcos et lui accordera une nouvelle chance…

 

COMMENTAIRE N°1

Afin d’imiter les voies de Bar-Naba et de mieux les comprendre, nous pourrons nous inspirer des enseignements du Rav Avraham Ifra’h en lien avec Pessah Chéni.

"Pessa’h Cheni" signifie littéralement "le deuxième Pessa’h" car celui-ci a lieu un mois après la fête. Quelle est la portée de cet événement de nos jours ? Pour le comprendre, il y a lieu de rappeler le contexte de la fixation de Pessa’h Cheni. À Pessa’h Cheni, les enfants d’Israël n’ayant pu offrir le korban Pessa’h demandèrent à Hashem de pouvoir leur donner une "seconde chance" et de l’offrir a posteriori. Après tout, le fait d’avoir été impurs ou absents d’Eretz Israël justifie-t-il de perdre l’opportunité de servir Hashem ?


Pessa’h Cheni fait ainsi office de rattrapage… Quel message en tirer ? Dans le domaine spirituel, les deuxièmes chances existent toujours. Elles ne dépendent que notre bonne volonté. De même que les enfants d’Israël prirent les devants et demandèrent à Hashem de leur offrir une chance de se rattraper, nous pouvons toujours nous rapprocher d’Hashem.


Aux yeux de notre créateur, le rapprochement est toujours possible. Personne ne trouvera porte close. Nous avons évolué dans une société occidentale, dont les fondements ne sont que logique cartésienne. D’après cette dernière, les trains ratés ne peuvent pas revenir…


Or, la logique divine obéit à un autre schéma : le retour est toujours possible. Là où la bonne volonté se fait sentir, Hashem ne peut balayer celle-ci du revers de la main. Là où la miséricorde humaine a des limites, celle d’Hashem n’en connaît aucune. Vouloir revenir à Hashem, même après de maintes transgressions, quoi de plus osé ? N’est-ce pas hypocrite ? Pourtant, du moment que la téchouva est sincère, les vannes du retour sont ouvertes… Le korban Pessa’h est ainsi plus grand que le premier car dans le cas du premier, les conditions font le sacrifice ; dans le cas du second, la volonté fait le sacrifice. Là où il y a dérogation spéciale, il y a attachement spécial… Dans la logique humaine, la dérogation ne s’obtient qu’une ou deux fois mais dans la logique d’Hashem, elle n’a pas limite. Osez revenir vers Hashem ! Ne soyez pas freinés ! Être timide avec Hashem, c’est le fruit du mauvais penchant, qui n’a de cesse de nous détourner de la bonté infinie d’Hashem… (Rav Avraham Ifra’h)