CHAPITRE 13

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COMMENTAIRES 

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2.     Comme ils célébraient la liturgie pour l’Adôn et jeûnaient, le souffle sacré dit : Séparez pour moi Bar-Naba et Shaoul, pour l’œuvre à laquelle je les appelle. 

  • Comme ils célébraient la liturgie pour l’Adôn et jeûnaient : l’expression utilisée par Chouraqui traduit certainement dans le même sens que les expressions utilisés dans les autres versions bibliques : Comme ils célébraient le culte du Seigneur et qu'ils jeûnaient. (Actes 13 :2) ou encore : Comme ils vaquaient au service du Seigneur et qu'ils jeûnaient.

 

 

  • le souffle sacré dit : cela fait référence au Rouah Hakodesh.   

 

 

  • Séparez pour moi Bar-Naba et Shaoul : comme nous le verrons tout au long du Livre des Actes, les deux Apôtres seront associés et compagnons dans leur Avoda Hashem.

 

 

  • pour l’œuvre à laquelle je les appelle : de là on comprend que Bar-Naba a également rejoint en grande partie, le ministère de Shaoul parmi les non-Juifs.

COMMENTAIRE N°1

L’Apôtre Shaoul a reçu un message divin particulier comparable à celui de la ‘Hassidout d’aujourd’hui notamment, concernant notre lien avec le Tsadik ; chez Shaoul, il s’agit des termes de la foi, de la justification, de l’Esprit et de la grâce… En effet, par exemple, pour la ‘Hassidout Breslev, les notions de l’attachement au Tsadik sont prioritaires sur les œuvres de la Torah tout comme pour Shaoul.

Voici un exemple des enseignements sur le sujet : Le rapprochement et l'attachement au Tsadik véritable représentent le fondement de tous les fondements et la racine de toutes les racines, cela surpasse tout. (Torah n°143 du Likouté Moharan I) ou encore : On peut ne peut décrire ce mérite qui surpasse tous les mérites. L'essentiel de la grandeur d'un homme, dans ce monde, réside, dans son attachement au Tsadik véritable et dans son rapprochement avec le Tsadik. (Likouté Halakhot Matana 4-8) et dans le même élan : Celui qui n'est pas attaché et proche du vrai Tsadik, tout son service est seulement semblable à celui qui fait des contorsions et imite son prochain, comme un singe à visage humain car il n'y a réellement de service divin que celui qui est accompli grâce au vrai Tsadik. (Si’hot Haran 111).

 

Comme nous pouvons le constater, cet enseignement de s’attacher au Tsadik se retrouve énormément dans ses Écrits et principalement, dans ceux de Yohanan. En revanche, cet enseignement n’était clairement pas connu ou reçu par certaines personnes de l’entourage de Yaakov [certains Ébionites selon les témoignages patristiques] et c’est d’ailleurs, pour cela qu’il naîtra plusieurs tensions dans la communauté Nazaréenne.

Comme l’histoire des Tsadikim l’a prouvé, le fait que Shaoul est pu ouvrir la voie dans ce sens n’est pas mauvais ; l’enseignement de l’attachement au Tsadik étant remis au goût du jour dans le Judaïsme de notre génération, principalement par les enseignements de Rabbi Na’hman de Breslev ayant d’ailleurs déclaré : ma Torah est celle du Mashiah et étant également reconnu par certains, comme le Tsadik de la génération.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9.     Alors Shaoul, appelé aussi Paulos, rempli du souffle sacré, le fixe et dit :

 

 

  • Alors Shaoul, appelé aussi Paulos : nom grec de l’Apôtre Shaoul.

 

COMMENTAIRE N°1

Les Nazaréens sont souvent, confrontés aux fausses interprétations chrétiennes : D.ieu [par la vie en Christ] aurait modifié le nom d'une figure importante de l’Église primitive, en l’occurrence, celle de "Saint Paul"…

Alors Shaoul, appelé aussi Paulos, rempli du Rouah Hakodesh. (Actes 13 :9)

Beaucoup l’ont interprété avec la pensée d’Edom :

  • Shaoul : un [méchant] Juif, persécuteur de la gentille petite Église chrétienne naissante… 

  • Paul : un [bon] Juif converti au christianisme, ‘hass véshalom.

Récemment, j’ai entendu dans une prédication : Tout comme Saul le persécuteur peut devenir Paul l’Apôtre, Dieu nous fait grâce. Lors d’un examen, l’un de mes étudiants a écrit : C’est Saul, qui a été renommé Paul, le messager principal de l’Évangile. Un membre d’Église m’a un jour demandé : Attends… tu veux dire que Jésus n’a pas modifié le nom de Saul en Paul sur le chemin de Damas ? (Témoignage d’un certain Greg Lanier)

Une telle compréhension est totalement erronée.

Pour commencer, dans la Torah, il est connu qu’Hashem puisse modifier le nom de ses serviteurs, comme c’est le cas pour deux de nos patriarches : Avram pour Avraham et Yaakov pour Israël. Or, en lisant rapidement [et/ou superficiellement] le Livre des Actes, il semble s’être passé quelque chose de similaire avec l’Apôtre Shaoul… Cependant, il n’y a absolument aucun argument pour soutenir cette théorie.

 

D’ailleurs, voici plusieurs arguments pour la réfuter :

  • Shaoul est toujours appelé "Shaoul" même après avoir été immergé au nom du Mashiah Yeshoua. 

‘Hananyah sortit et, lorsqu'il fut arrivé dans la maison, il imposa les mains à Shaoul, en disant : Shaoul, mon frère, le Seigneur Yeshoua, qui t'est apparu sur le chemin par lequel tu venais, m'a envoyé pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli du Rouah Hakodesh. Au même instant, il tomba de ses yeux comme des écailles, et il recouvra la vue. Il se leva, et fut immergé et, après qu'il eut pris de la nourriture, les forces lui revinrent. Shaoul resta quelques jours avec les talmidim qui étaient à Damas. Et aussitôt il prêcha dans les synagogues que Yeshoua est le Fils de D.ieu. Tous ceux qui l'entendaient étaient dans l'étonnement et disaient : N'est-ce pas celui qui persécutait à Jérusalem ceux qui invoquent ce nom et n'est-il pas venu ici pour les emmener liés devant les cohanim ? Cependant Shaoul se fortifiait de plus en plus et il confondait les Juifs qui habitaient Damas, démontrant que Yeshoua est le Mashiah. (Actes 9 :17-22)

  • Le Rouah Hakodesh l’a appelé "Shaoul" pour le mettre à part… 

Pendant qu'ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu'ils jeûnaient, le Rouah Hakodesh dit : Mettez-moi à part Bar-Naba et Shaoul pour l'œuvre à laquelle je les ai appelés. (Actes 13 :2)

Dans le Livre des Actes, le passage en faveur de "Paul" intervient lorsque Shaoul s’éloigne de Jérusalem pour ses voyages missionnaires… Ce changement subtil apparait officiellement en Actes 13 : Paul et ses compagnons, s’étant embarqués à Paphos.

Paulos et ses compagnons, s'étant embarqués à Paphos, se rendirent à Perge en Pamphylie. Yohanan se sépara d'eux et retourna à Jérusalem. (Actes 13 :13)

Dans tous les Écrits Nazaréens, l’Apôtre Shaoul est ainsi, nommé à la fois "Shaoul" et "Paul" et nulle part, nous ne voyons que "Shaoul le tyran fut renommé en Paul, le gentil chrétien" … Toutes ses interprétations ont pour unique but de renforcer la doctrine de l’antisémitisme chrétien, ainsi que la doctrine de l’abolition de la pesante loi Juive.

Moi, circoncis le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Binyamin, Hébreu né d'Hébreux ; quant à la Torah, paroush. (Philippiens 3 :5)

Le nom "Shaoul" était apparenté au nom du premier Roi d’Israël également issu de la tribu de Binyamin, à laquelle Shaoul appartenait... "Paulos" [Paul, en français] était simplement un nom usuel grec, dérivé d’un patronyme latin "Paulus"… Cela n’était pas du tout inhabituel pour un Juif originaire de Tarse, la capitale d’une province romaine de Cilicie, d’avoir deux noms : un nom Juif et un nom usuel.

Je suis Juif, reprit Shaoul, de Tarse en Cilicie, citoyen d'une ville qui n'est pas sans importance. Permets-moi, je te prie, de parler au peuple. (Actes 21 :39)

Je suis Juif, né à Tarse en Cilicie mais j'ai été élevé dans cette ville-ci et instruit aux pieds de Gamliel dans la connaissance exacte de la Torah de nos pères, étant plein de zèle pour D.ieu, comme vous l'êtes tous aujourd'hui. (Actes 22 :3)

En effet, bien des Juifs parlant le grec du temps de Shaoul possédaient un nom hébreu et un nom usuel grec hellénisé. D’ailleurs, même de nos jours, certains Juifs n’ont-ils pas un nom français et un nom hébreu ; parfois, le plus utilisé étant même le nom français ?

Par conséquent, lorsque Shaoul a commencé son ministère apostolique parmi les non-Juifs, ce fut naturel pour l’auteur des Actes, de commencer à le nommer exclusivement par un nom grec car comme on le sait, les non-Juifs de l’époque parlaient principalement le grec ; ce qui était une manière de les rapprocher de la Torah et d’Israël.

On pourrait aussi préciser le fait que le double nom de l’Apôtre n’est pas non plus, un phénomène unique. En effet, d’autres personnages des Écrits Nazaréens avaient également un autre nom [ou un surnom] et ce même, si les circonstances étaient différentes : Yossef, appelé Bar-Naba ou encore Shimon, appelé le Noir…

Yossef, surnommé par les Apôtres Bar-Naba, ce qui signifie fils d’encouragement, Lévite, originaire de Chypre. (Actes 4 :36)

Il y avait dans la communauté d'Antioche des Prophètes et des Docteurs : Bar-Naba, Shimon appelé le Noir, (…) et Shaoul. (Actes 13 :1)

 

 

  • rempli du souffle sacré : du Rouah Hakodesh.

 

 

  • le fixe et dit : avec autorité.

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23.     De sa semence, Elohîms a suscité la promesse d’un sauveur pour Israël : Iéshoua.

 

  • De sa semence : comme il est dit : L'Éternel a juré la vérité à David, il n'en reviendra pas ; je mettrai sur ton trône un fruit de tes entrailles. (Téhilim 132 :11) ou encore : Voici, les jours viennent, dit l'Eternel, où je susciterai à David un germe juste ; il régnera en Roi et prospérera, il pratiquera la justice et l'équité dans le pays. (Yrmeyahou 23 :5).

 

COMMENTAIRE N°1

 

Comme on le sait et comme l’enseigne Rabbi Na’hman dans le ‘Hayé Moharan, Rabbi Yeshoua de Natzeret, incluait en lui, la dimension du Mashiah ben Yossef et du Mashiah ben David [deux venues pour deux dévoilements différents].

 

 

COMMENTAIRE N°2

 

Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Yeshoua criaient : Hosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les lieux très hauts ! (Matityahou 21 :9)

 

Plusieurs fois dans les Écrits Nazaréens, nous entendons également les foules s’écriaient "Hosanna au Fils de David" et effectivement pour la plupart des gens, cette expression n’est pas tellement importante mais celle-ci est pourtant, porteuse d’un sens extrêmement fort d’un point de vue Juif ! Le titre "Fils de David" figure dans les prophéties du Tanakh pour désigner le Mashiah promis.

 

Quand tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes pères, j'élèverai ta postérité après toi, celui qui sera sorti de tes entrailles et j'affermirai son règne. Ce sera lui qui bâtira une maison à mon nom et j'affermirai pour toujours le trône de son royaume. Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils. (…) Ta maison et ton règne seront pour toujours assurés, ton trône sera pour toujours affermi. Nathan rapporta à David toutes ces paroles et toute cette vision. (2 Shmouel 7 :12-16)

 

Question simple, comment Yeshoua peut-il être le Mashiah et le "Fils de David" alors qu’ils n’ont pas du tout vécu à la même époque ? La réponse est très simple, il faut tout simplement comprendre que Yeshoua est l’accomplissement de la prophétie concernant le trône davidique ; c’était la pensée des Apôtres dont celle de Matityahou lorsqu’il a écrit : Généalogie du Mashiah Yeshoua, fils de David, fils d'Avraham. (Matityahou 1 :1). En effet, la généalogie donné dans l’Évangile de Matityahou nous prouve que les Apôtres croyaient clairement qu’Hashem avait enfanté Yeshoua comme Mashiah, en tant qu’humain, étant descendant direct de David HaMelekh au travers de Yossef.

 

Comme pouvons également le voir dans d’autres récits, Rabbi Yeshoua est également appelé "Seigneur, Fils de David" par des hommes et des femmes, cherchant la miséricorde divine ou la guérison, comme la femme dont la fille était tourmentée par un démon.

 

Et voici, une femme cananéenne, qui venait de ces contrées, lui cria : Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David ! Ma fille est cruellement tourmentée par le démon. (Matityahou 15 :22)

 

Note importante : la femme cananéenne n’est pas une Juive mais elle est ici, la représentation de toutes les nations, de tous les non-Juifs recevant la guérison par l’intermédiaire du Mashiah ben David.  

 

Le titre "ben David" qu’ils lui attribuent tous témoignent de leur foi en lui ; en l’appelant de cette façon, ces Juifs affirment qu’ils voient en Yeshoua, le Mashiah attendu par le Am Israël et comme nous pouvons le voir, cette reconnaissance leur apporte la pleine guérison !

 

D’ailleurs, lorsqu’ils entendaient le peuple appeler "fils de David" Yeshoua, certains religieux corrompus comprenaient également la signification de ce titre mais contrairement au peuple, ils étaient tellement aveuglés par leur orgueil, qu’ils ne pouvaient même pas reconnaître leur Roi en face d’eux... Quelle tristesse ! Alors, lorsqu’ils ont entendu le peuple acclamer Yeshoua comme Mashiah ben David, ils ont comploté de le faire périr… En effet, plus d’une fois, Rabbi Yeshoua allait être couronné comme le Melekh HaMashiah par le peuple mais les dirigeants de l’époque en ont décidé autrement ! 

 

  • Elohîms a suscité la promesse d’un sauveur pour Israël : Iéshoua : si Yeshoua n’était pas le descendant de David et n’était pas né à Bethléhem comme il est dit : Et toi, Bethléhem Ephrata, petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui dominera sur Israël et dont l'origine remonte aux temps anciens, aux jours de l'éternité. (Mikha 5 :2) ; il n’aurait jamais pu être le Mashiah et il n’aurait même pas pu prétendre être candidat à la messianité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24.     Face à sa venue, Iohanân avait crié d’avance une immersion de retour pour tout le peuple d’Israël.

 

 

  • Face à sa venue, Iohanân avait crié d’avance : cela fait référence au fils de Zekharia, Yohanan HaMatbil dont le nom signifie "D.ieu fait miséricorde" en hébreu.

 

 

  • une immersion de retour pour tout le peuple d’Israël : un mikvé dans le but de se purifier et en signe de téchouva.

 

 

COMMENTAIRE N°1

 

Zekharia et Elishéva [l’oncle et la tante de Rabbi Yeshoua] avaient un fils, Yohanan ; celui-ci décida de suivre les traces de ses parents afin de servir également le Maître du monde. En effet, comme on le verra tout au long des Évangiles, Yohanan reçu plusieurs révélations surnaturelles et prophétiques, tout en vivant dans le désert à la recherche de D.ieu.

 

Et du temps des cohanim Anan et Caïapha, la parole de D.ieu fut adressée à Yohanan, fils de Zekharia, dans le désert. (Loucas 3 :2)

 

Dans le chap. 3 de l’Évangile de Loucas, on peut constater de façon plus concrète que nous sommes face à un grand homme de D.ieu, étant donné que nous lisons cette expression : la parole de D.ieu fut adressée à Yohanan dans le désert. En effet, si vous n'êtes pas familier avec le Tanakh, vous ne saisirez jamais cette poignante introduction de Loucas sur Yohanan ; l’expression "la parole du Seigneur fut adressée" est souvent utilisée lorsqu'on parle de prophétie. En d'autres termes, Loucas relie Yohanan au merveilleux groupe d'hommes connus sous le nom de "Neviim" en utilisant cette phrase toute particulière.

 

Selon les normes modernes de notre génération, Yohanan serait un fou reclus, exclu et ultra-orthodoxe car comme on le sait, Yohanan avait un vêtement de poils de chameau, une ceinture de cuir autour des reins et se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. (Matityahou 3 :4). De plus, comme cela nous est également précisé, il s’est abstenu de vin tout sa vie (Loucas 7 :33) indiquant ainsi, qu’il était soumis à un vœu de naziréat. Cet homme était un homme sérieux dans sa relation avec Hashem, il a cherché le Maître du monde de toutes ses forces de la même manière que tous les Prophètes Juifs et c’est pourquoi, Yohanan avait un message pour Israël… Or, ce message était le même message que tous les Prophètes avant lui pour Israël : Repentez-vous !

 

En hébreu, le mot pour se repentir est "téchouva" traduit par le fait de "revenir vers D.ieu" ou encore de "faire un demi-tour face à nos fautes" : la téchouva est une expérience profondément spirituelle et déchirante. En effet, celui qui fait "téchouva" renonce à ses voies anti-bibliques afin de revenir sur le chemin de la pureté et de la sainteté selon la Torah.

 

En signe d’un changement intérieur exigé par la téchouva, Yohanan plongeait dans l’eau [notion du mikvé dans le Judaïsme] ceux qui désiraient sincèrement transformer leurs vies… Ainsi, comme on le sait, il faisait ça dans le Jourdain.

 

À noter que beaucoup dans la chrétienté universelle ont interprété tous ces passages des Évangiles comme si Yohanan avait introduit la notion du "baptême" dans le monde mais bien évidemment, ce n’est pas le cas car Yohanan HaMatbil n'a présenté le baptême à personne ; l’immersion est et a toujours été une pratique courante dans le Judaïsme depuis fort longtemps et ce, pour de nombreuses raisons différentes. Par exemple, l’immersion [le mikvé] est toujours selon le Judaïsme, une partie intégrante du processus de conversion lorsqu'un non-Juif émet le souhait de se convertir au Judaïsme…

 

Évidemment, il est important de noter que l'expérience de l’immersion en elle-même n'est pas magique, elle est symbolique car la vraie repentance [avec la confession] ne peut se faire que dans le cœur d’une personne. L'immersion symbolise plutôt le lavage spirituel extérieur qui se mérite par la véritable téchouva sincère, à l’intérieur du cœur.

 

Beaucoup de Juifs dans les premiers chapitres des Évangiles, ont été émus par le message de Yohanan lorsqu'il a appelé le peuple d’Israël à la téchouva. Beaucoup ont été lavés par D.ieu de leurs péchés et réunis avec lui, notamment pour accueillir le Mashiah. Ainsi, lorsque nous lisons l’histoire de Yohanan, nous ne lisons pas les premières étapes du christianisme, nous lisons la continuité du Tanakh et du message prophétique lié à la sanctification permanente du peuple de D.ieu.

 

Nous sommes en train de voir un aperçu de l'appel d’un Prophète Juif du premier siècle à revenir à la Torah et dont le rôle était d'encourager tout Israël à vivre une vie juste et influencée par Hashem. Le message a toujours été le même des Prophètes jusqu’à Yohanan et ce sera également celui de Yeshoua après lui : Repentez-vous !

 

Dès ce moment Yeshoua commença à prêcher et à dire : Repentez-vous car le Royaume des cieux est proche. (Matityahou 4 :17)

 
 
 

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38.     Que cela soit donc bien connu chez vous, hommes frères : c’est par lui que la remise des fautes est annoncée pour vous. Pour tout ce dont vous n’avez pu être justifiés par la tora de Moshè.

 

 

  • Que cela soit donc bien connu chez vous, hommes frères : bien répandu, bien ancré et bien enseigné. 

 

 

  • c’est par lui que la remise des fautes est annoncée pour vous : comme cela est enseigné dans la ‘Hassidout Nazaréenne, le Mashiah Yeshoua nous a justifié devant Hashem et ainsi, nous a lavés de toutes nos transgressions toraïques.

 

COMMENTAIRE N°1

 

En effet, l’annonce de la Bonne Nouvelle est qu’Hashem a expié toutes nos fautes par l’intermédiaire du Mashiah comme il est enseigné : Tout comme la vache rousse apporte l’expiation, de même, la mort des Tsadikim apporte également l’expiation. Si la vache rousse a permis d’obtenir l’expiation de la faute la plus grave, celle du veau d’or, combien la mort du Tsadik a, elle aussi, une valeur expiatoire particulièrement profonde. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 28) ou encore que : Le décès d’un Tsadik accomplit des merveilles jusqu’au fin fond de la terre, il rachète les fautes de la génération, y compris celles qui ont été commises intentionnellement. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 28) ou encore dans le même élan que : La mort des Tsadikim est comme Yom Kippour : elle apporte le pardon pour les péchés d'Israël. (Vayikra Rabah 20).  

 

 

  • Pour tout ce dont vous n’avez pu être justifiés par la tora de Moshè : l’Apôtre Shaoul fait un contraste entre la Torah de Moshé connecté au Tsadik et la Torah de Moshé indépendante du Tsadik, notamment en lien avec la notion ‘hassidique d’un intercesseur auprès d’Hashem, implorant la miséricorde divine à l’égard de nos fautes [la justification].

 

COMMENTAIRE N°2

 

Rabbi Shaoul de Tarse est ici très clair : l'étude et la pratique de la Torah continuent, tout en s'attachant au Tsadik et en prenant de sa vitalité. Dans le Livre du Tanya, il est expliqué qu'un Rabbi envoie une partie de son Esprit sur ses talmidim, afin de les guider et les amener à leur réparation. Ceci serait donc semblable à un mariage : le talmid est dégagé de sa petite justice et des malédictions engendrées par ses transgressions de la Torah, afin de s'abriter sous les mérites du Tsadik parfait, qui le conduit dans sa Torah et sa justice.

 

Ceci peut être relié aux enseignements du Likouté Moharan.

 

Grâce à l'attachement aux vrais Tsadikim, on accède de la sorte à une parfaite téchouva, au pardon des fautes, à l'adoucissement et à la suppression de tous les jugements ; l'union du Saint Béni Soit-Il et de sa présence est accomplie grâce à cela. (Torah n°91 du Likouté Moharan II)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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45.     Mais quand les Iehoudîm voient la foule, remplis de jalousie, ils contestent, en blasphémant, les dires de Paulos.

 

 

  • Mais quand les Iehoudîm voient la foule : le nombre d’adhérents en Yeshoua avait considérablement augmentait…

 

Lorsqu'ils sortirent, on les pria de parler le sabbat suivant sur les mêmes choses et, à l'issue de l'assemblée, beaucoup de Juifs et de prosélytes pieux suivirent Shaoul et Bar-Naba, qui s'entretinrent avec eux et les exhortèrent à rester attachés à la grâce de D.ieu. Le Shabbat suivant, presque toute la ville se rassembla pour entendre la parole de D.ieu. (Actes 13 :42-44)

 

COMMENTAIRE N°1

 

Le Tsadik de vérité possède une force d'attraction susceptible d'attirer à lui le monde entier, afin de le rapprocher du Saint Béni soit-Il et de la Torah. (Torah n°70 du Likouté Moharan I) 

 

 

  • remplis de jalousie : du grec "zelos"…

Voici la définition du mot grec "zelos" :

  • agitation de l'esprit,

  • une rivalité sérieuse,

  • jalousies : sentiment d'envie à l'égard de quelqu'un qui possède ce que l'on n'a pas ou ce que l'on voudrait avoir ; cela s'accompagne souvent d'hostilité,

  • zèle amer.

Cependant le Cohen Gadol et tous ceux qui étaient avec lui, savoir le parti des tzedoukim, se levèrent, remplis de jalousie. (Actes 5 :17)

 

COMMENTAIRE N°2

 

Il faut savoir que le Créateur du monde surveille chacun avec minutie, jusqu’au plus petit détail, selon la réparation de chacun, la racine de son âme, ses réincarnations et l’achèvement de sa mission dans ce monde. Chacun peut comprendre que des détails innombrables séparent un homme de son prochain, comme nos Sages l’enseignent : Au même titre que leurs visages diffèrent, leurs vues diffèrent. Il s’ensuit que dans le monde, chacun possède un cheminement personnel et spécifique ; chacun doit suivre sa voie avec foi, sans dévisager quiconque et à plus forte raison sans être jaloux de lui. (…) Toute jalousie que l’homme éprouve dans ce monde, doit l’éveiller à comprendre combien il est éloigné de son authentique finalité, que ses aspirations ne concernent que ce monde-ci, l’entraînant à vouloir toujours plus et à envier ce que possède son prochain. Le succès d’autrui lui fait mal au cœur. Il jalouse la voiture de l’autre, son appartement, son argent, sa sagesse, etc… (…) Le manque de foi en est la cause car celui qui possède la foi est heureux de son lot, ne jalouse pas ce qui appartient à autrui et n’est jamais désolé de ses manques, il sait que chacun possède sa propre mission et sa propre épreuve. (…) Celui qui possède la foi, accepte la providence avec joie, il ne jalouse personne et s’occupe de son travail spécifique, avec les instruments qu’Hashem lui a donné. (Rav Shalom Arush)

 

 

  • ils contestent, en blasphémant, les dires : par le biais d’insultes.

 

COMMENTAIRE N°3

 

On pourra s’inspirer du Likouté Moharan pour mieux comprendre toutes les notions de jalousie liées aux enseignements du Tsadik.

 

La raison pour laquelle les gens sont éloignés du Tsadik et que tous ne sont pas attirés vers lui, résulte de la force centrifuge qui s’oppose à la force d’attraction des Tsadikim. Il y a des gens dont les paroles et les actions créent une déconnexion et obligent à s’éloigner du Tsadik de vérité. Le renforcement de la force centrifuge est causé principalement par l’orgueil, la suffisance et l’honneur ; l’homme craignant que son honneur soit mis à mal et qu’il soit méprisé quand il se rapprochera de la vérité. C’est pourquoi celui qui veut connaitre la pure vérité abaissera son esprit sincèrement, il se souviendra vraiment de son insignifiance et de sa bassesse ; de ce qui lui est arrivé depuis sa naissance et quand il ressentira vraiment sa bassesse, alors la vérité se dévoilera certainement à lui, la force d’attraction reprendra le dessus sur la force centrifuge et l’homme sera attiré avec un grand zèle chez le Tsadik de vérité. (Torah n°70 du Likouté Moharan I) 

 

 

  • de Paulos : nom grec de l’Apôtre Shaoul.

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46.     Alors Paulos et Bar-Naba parlent haut et disent : C’est d’abord à vous qu’il était nécessaire d’annoncer la parole d’Elohîms. Mais puisque vous la rejetez, vous jugez vous-mêmes que vous ne valez pas la vie en pérennité. Voici, nous nous tournerons vers les goîm.

 

 

  • Alors Paulos et Bar-Naba : les deux Apôtres du Mashiah.

  • parlent haut et disent : C’est d’abord à vous : aux Juifs.

  • qu’il était nécessaire d’annoncer la parole d’Elohîms : la Bonne Nouvelle de la délivrance finale dévoilée dans les enseignements du Mashiah.

 

 

  • Mais puisque vous la rejetez : comme on le sait, beaucoup de Juifs ont accepté mais ont également refusé la messianité de Yeshoua.

 

 

  • vous jugez vous-mêmes que vous ne valez pas la vie en pérennité : certains Juifs n’ont pas pris conscience du Gan Eden d’être connecté au Tsadik, Rabbi Yeshoua.

 

 

  • Voici, nous nous tournerons vers les goîm : les non-Juifs et dans le même élan, Rav Pappa a déclaré : ceci est conforme à l'adage que les gens racontent que lorsque qu’un bœuf court et tombe, que son propriétaire va et engage un cheval à sa place. Bien que le cheval soit un animal de qualité inférieure pour le travail par rapport au bœuf, lorsqu'il n'y a pas de bœuf disponible, un cheval devrait suffire… De même, après le péché du peuple Juif, c'est comme si le Saint Béni soit-Il, avait transféré leur importance aux non-Juifs. (Sanhédrin 98b)

 

COMMENTAIRE N°1

 

Selon un commentaire de Rabbi Yonathan ben Ouziel, Yeshayahou HaNavi nous a informé que si le peuple Juif était méritant, il serait capable d'accueillir le Mashiah, qui se révèlerait par la suite au reste du monde. En revanche, si le peuple Juif ne le mérite pas, les non-Juifs s'en apercevront en premier et nous déclareront : Voici ton salut qui vient ! (Propos de la Rabbanite Dévora Fastag)

 

COMMENTAIRE N°2

 

Il est possible que le Mashiah ben Yossef soit dévoilé au peuple Juif et que c'est ce dernier qui informera les nations du monde de son arrivée. Néanmoins, il existe également une potentialité contraire : le Mashiah se dévoilera d'abord aux nations du monde et ce sont ces derniers qui le diront par la suite au peuple Juif ; voici la raison de ce phénomène : si Israël est méritant, le Mashiah se dévoilera à lui d'abord mais sinon, ce sont les nations qui conduiront sa révélation... Puissions-nous nous renforcer afin que nous n'ayons pas besoin des nations du monde pour nous informer de l'arrivée du Mashiah ! Que D.ieu nous préserve d'une telle humiliation ! (Mikhtav MéEliyahou 4, P300)

 

COMMENTAIRE N°3

 

Le sceptre n'échappera point à Yéhouda, ni l'autorité à sa descendance, jusqu'à l'avènement du Shiloh, auquel obéiront les peuples. (Béréshit 49 :10)

 

Voici les commentaires de Rachi :

 

  • Shiloh : c’est le Mashiah car la Royauté lui a été donnée par David. (Béréshit Rabah 99 :8)

 

Selon Rachi, le mot "Shiloh" fait référence au Mashiah. Or, ce qui est extraordinaire, c’est que dans l’hébreu, en prenant les lettres de l'expression "Shiloh, auquel obéiront les peuples" nous trouvons le nom de Yeshoua.  

 

 

 

Le mot "Shiloh" peut être également traduit par "le Pacifique" : cela nous rappellera le shalom manifesté dans la vie de Yeshoua et toute la générosité qu’il a dévoilée pour le bien d’autrui.

 

À ce stade, il est également intéressant de rappeler que les lettres hébraïques détiennent une valeur numérique mais également un sens. Par exemple, le aleph peut représenter le bœuf, le beith peut représenter la maison ou l’intériorité, etc… Ainsi, dans le nom de Yeshoua, on retrouvera :

 

  • le "yod" : la main de D.ieu.

  • le "shin" une lettre détenant 3 branches : Hashem, Yeshoua et le Rouah Hakodesh.

 

Note importante : malgré l’association de trois acteurs dans le dévoilement de la divinité, nous ne parlons pas du tout de la trinité dans cette étude. Pour mieux appréhender cette association décrite au travers de la lettre shin, il sera nécessaire d’étudier la ‘Hassidout Breslev décrivant de façon parfaite l’unité entre Hashem, le Tsadik et la Shekhina. 

 

  • le "vav" : le clou, représentant la crucifixion du Mashiah [ben Yossef].

  • le "ayin" : l’œil ou le regard, détenant une guématria de 70 afin de nous montrer qu’au travers du sacrifice de Yeshoua, Hashem a accordé de nombreux bienfaits aux non-Juifs et cela correspond ainsi, au secret du verset cité plus haut : Shiloh, auquel obéiront les peuples. (Béréshit 49 :10)

 

 

 

 

 

 

 

 

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48.     Les goîm l’entendent et sont dans le chérissement. Ils glorifient la parole de l’Adôn. Tous ceux qui sont fixés pour la vie en pérennité adhèrent.

 

 

  • Les goîm l’entendent et sont dans le chérissement : les non-Juifs sont heureux d’entendre la Bonne Nouvelle prêchée par les Apôtres.

 

COMMENTAIRE N°1

 

On pourra s’inspirer du Likouté Moharan pour mieux comprendre la grandeur du Mashiah se dévoilant aux personnes les plus éloignées d’Hashem, soit les non-Juifs.

 

Étant donné qu'il est difficile pour le Rabbi de descendre vers son élève, la plupart des Tsadikim ne parviennent pas à dévoiler leur propre élévation et lorsqu'ils s'en vont, ils emportent avec eux leur lumière. Il ne demeure plus qu'une faible lueur qui s'amenuise avec le temps, pour ne se manifester qu'en de rares occasions. Néanmoins, lorsque le Tsadik s'est dévoué, voir sacrifié pour transmettre son essence au plus faible, lorsqu'il a réussi l'exploit de descendre jusqu'aux plus bas degrés, au sein du pire des pires, pour le ressusciter et de lui redonner courage, alors un tel Tsadik ne disparaît jamais ! Ce Tsadik est la beauté, la splendeur et la grâce de ce monde et lorsque cette beauté et cette splendeur se révèlent à tous, et que le Tsadik gagne en notoriété, alors les yeux de l’humanité se dessillent. (Torah n°67 du Likouté Moharan II, le Sidour de Rabbénou)

 

 

  • Ils glorifient la parole de l’Adôn : cela fait référence au message transmis par les Apôtres, soit l’Évangile.

 

 

  • Tous ceux qui sont fixés pour la vie en pérennité adhèrent : comme nous le savons, les non-Juifs étaient destinés à recevoir par l’intermédiaire du Mashiah, un lien étroit avec Hashem et la vie éternelle dans l’autre monde ; tout ceci était caché dans les prophéties de Zekharia comme il est dit : Ainsi parle l'Éternel des armées : En ces jours-là, dix hommes de toutes les langues des nations saisiront un Juif par le pan de son vêtement et diront : Nous irons avec vous, car nous avons appris que D.ieu est avec vous. (Zekharia 8 :23)

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