CHAPITRE 10

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COMMENTAIRES 

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3.     Vers la neuvième heure du jour, il voit clairement en vision un message d’Elohîms qui entre vers lui et dit : Cornelius !

 

 

  • Vers la neuvième heure du jour : environ 15h, soit au moment de Min’ha.

 

COMMENTAIRE N°1

 

De nos jours, le peuple d'Israël prie au minimum trois fois par jour : le matin [Cha’harit], l'après-midi [min’ha] et le soir [Arvit] ; la téfila existant depuis la Création d'Adam… Pour information, dans le Tanakh, au milieu de tous les Prophètes, nous voyons qu'il existait également déjà des lieux fixes pour la prière, avant l'exil de Babylone. Le Roi David dira par exemple :  Le soir, le matin et à midi, je soupire et je gémis et il entendra ma voix. (Téhilim 55 :17) et au Livre de Daniel de rajouter : Lorsque Daniel sut que le décret était écrit, il se retira dans sa maison, où les fenêtres de la chambre supérieure étaient ouvertes dans la direction de Jérusalem et trois fois le jour il se mettait à genoux, il priait et il louait son D.ieu, comme il le faisait auparavant. (Daniel 6 :10) ; la notion exprimée par l’expression "comme il le faisait auparavant" montre donc bien que cette tradition existait bien avant Babylone et cela rejoint ainsi de façon parfaite, les Téhilim du Roi David.

 

Il est important de repréciser l’importance des enseignements du Rambam sur ce sujet car selon lui, tous les hommes ont toujours priaient [hitbodedout] avec seulement leurs propres mots, tous les hommes incluant donc le Roi David, tous les Patriarches et tous les Neviim, etc…

 

Dans les Écrits Nazaréens, il est également dit : Kéfa et Yohanan montaient ensemble au Temple, à l'heure de la prière : c'était la neuvième heure. (Actes 3 :1) ; la neuvième heure correspond à environ 15h, soit le temps du sacrifice quotidien au Temple, au moment de la prière de Min’ha. Il est également fort probable que Cornelius priait au moment de Min’ha comme il est dit : Vers cette neuvième heure, je priai dans ma maison. (Actes 10 :3) ou encore concernant Kéfa, il est aussi enseigné : Kéfa monta sur le toit vers la sixième heure pour prier. (Actes 10 :9). 

 

Par conséquent, il faut savoir que Cha’harit, Min’ha et Arvit sont trois moments clés dans une journée propices, spirituellement, à l’exaucement. Avraham, qui a accompli toute la Torah avant qu'elle ne soit donnée (Béréshit 26 :5) priait également à ces moments et à ce sujet, il est rapporté au nom de Rabbi Yossé ben Rabbi 'Hanina : les prières ont été instituées par les Patriarches. (Bérakhot 26b) ; les Patriarches tous comme les Apôtres en leur temps, avaient donc compris que ces moments étaient spéciaux et dans le même élan, nos Sages ont fixé les prières du Sidour [Livre de prières] sur ce même modèle.

 

Néanmoins, il convient toujours de repréciser que lorsque le peuple d’Israël a reçu la Torah et les commandements par l’intermédiaire de Moshé Rabbénou, il a notamment reçu le commandement de prier. Or, lorsque le peuple d’Israël a reçu l’ordonnance de prier, il n’a reçu aucun Livres de prières accompagnant cette ordonnance, ni le Livre des Psaumes du Roi David, ni le Likouté Téfilot de Rabbi Nathan, ni rien… Alors de quelle prière s’agissait-il ? On parle alors d’une prière [hitbodedout] où l’homme prie D.ieu avec ce qu’il a dans son cœur. Ainsi à cette époque, les enfants d’Israël, depuis Moshé Rabbénou jusqu’à Ezra HaSofer, c’est-à-dire pendant presque mille ans, faisaient tous hitbodedout ! Chacun priait quand il le voulait, le temps qu’il souhaitait, dans sa propre langue maternelle, c’était la prière de l’époque ! Le Rambam, l’un des plus grands décisionnaires l’a lui-même écrit, la prière que D.ieu nous a ordonné est tout simplement celle qui consiste à lui parler. Rabbi Na’hman a dit : Tout le chemin que je vous ai enseigné, c’est le chemin que nos ancêtres ont eux-mêmes traversé. Ceci nous donne déjà un regard complétement différent sur l’origine de la hitbodedout. Aujourd’hui, nous avons les Livres de prière et nous avons l’obligation de réciter la prière du matin, de l’après-midi et celle du soir ; on récite également les Psaumes grâce à D.ieu et toutes autres sortes de prières mais cela ne nous enlève pas l’obligation de réaliser cette heure d’hitbodedout qui concerne bien sûr tous les êtres de la terre car elle concerne les hommes, les femmes, les enfants, les Juifs, les non-Juifs, le monde entier car chaque être humain est le fils du Créateur de l’univers et lorsqu’il le souhaite, il peut lui parler. (Rav Shalom Arush)

 

À la lumière de toutes ces explications, il est aisé de comprendre que la hitbodedout a priorité sur les prières liturgiques et au Rav Avraham Ifra’h de préciser : La prière telle qu’elle figure dans nos Livres de prières a été instituée par nos Sages, il s’agit ainsi d’une obligation deRabbanan. A contrario, le Rambam statue que la hitbodedout, le dialogue et la prière avec Hashem dans notre langue natale, est une obligation émanant de la Torah. La pratique de la hitbodedout constitue la véritable supplication à Hashem en ce sens où elle émane de la Torah mais également parce qu’elle revêt une dimension individuelle, contrairement à la prière collective, que nous récitons à titre de peuple et en minyan. (Rav Avraham Ifra’h)

De plus, selon l’angle Nazaréen, si nous n’avons pas encore pris sur nous la mitsva de réciter les prières liturgiques Juives actuelles, il nous faut prier malgré tout au minimum hitbodedout (Matityahou 6 :6) et nous pouvons, selon la Didaké tout comme selon les Évangiles, rajouté le "Notre Père" comme il est dit : Voici comment vous devez prier : Notre Père. (Matityahou 6 :9) et par conséquent, il est aussi important de préciser que le "Notre Père" est une téfila qetsarah, soit une Amida en elle-même mais en version plus courte, comme le permettent certains avis dans la Mishna Bérakhot et la Guémara de Jérusalem en la commentant. En conséquence, selon certains avis Nazaréens, faire la Amida en plus du "Notre Père" pourraient être redondants ; chacun choisira alors ce qui lui est le plus agréable dans sa relation avec Hashem bien qu’il ait une belle kavana de se confirmer aux ordonnances Nazaréennes exclusivement. Pour les sources autorisant la récitation de la Amida en version courte au lieu des 18 bénédictions, nous pourrons nous inspirer des avis de Rabbi Yéhochoua et de Rabbi 'Akiva dans la Mishna Bérakhot 4 :3. Il est fort probable que les Nazaréens recitaient le Notre Père comme Amida, comme en atteste la prescription de la Didaké de le réciter debout trois fois par jour. (Didaké 8 :4). Il s’agit ici évidemment d’une simple manière de faire, un minhag de la communauté Nazaréenne ; l'important étant de garder la structure : louange, bénédiction, remerciement et de reprendre les sujets évoqués dans la Amida complète ; la prière du Mashiah étant un modèle parfait de cette structure. Comment le sait-on ? Car les talmidim de Yeshoua n'ont pas demandé "quoi dire" lorsqu'on prie mais juste ''comment" prier ? Le Rabbi a repris la structure de la Amida et l'a résumée pour enseigner que c'est de cette manière qu'il nous faut prier et pas nécessairement qu'il est obligatoire de reprendre les mêmes mots, bien que ce soit une possibilité…  Bien évidemment, tout comme pour Rabbi Na’hman et le Rambam, la priorité pour le Mashiah étant la hitbodedout selon l’Évangile de Matityahou.  

 

  • il voit clairement en vision : et de là, on comprend que Cornelius était un véritable Tsadik aux yeux d’Hashem pour mériter un tel prodige.  

 

 

  • un message d’Elohîms qui entre vers lui et dit : Cornelius : le Livre des Actes parle ici clairement d’une vision d’un messager céleste, soit d’un ange.

 

 

 

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10.     Et c’est, il a faim et désire manger. Tandis qu’ils préparent, c’est une extase sur lui.

 

 

  • Et c’est, il a faim et désire manger :  l’Apôtre Shimon Kéfa eut faim et souhaita manger ; Hashem lui accorde une révélation en fonction de ce désir.

 

D.ieu parle cependant, tantôt d'une manière, tantôt d'une autre. (Iyov 33 :14)

 

 

  • Tandis qu’ils préparent, c’est une extase sur lui : pendant qu'on lui préparait à manger, Shimon Kéfa tomba en extase et eut une vision.

 

COMMENTAIRE N°1

 

L’heure de la prière est un moment durant lequel brille "l’Intellect Sublime" [mo’hin degadlout] en haut, c’est un moment d’immense révélation dans les mondes supérieurs et ici-bas également, en ce monde physique ; l’heure de la prière est un moment propice à l’élévation spirituelle pour tout homme. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 12)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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34.     Petros ouvre la bouche et dit : Maintenant, je le sais vraiment : Elohîms ne charge les faces de personne.

 

 

  • Petros ouvre la bouche et dit : pour donner suite aux expériences spirituelles vécues par Cornelius.

 

 

  • Maintenant, je le sais vraiment : mamash [de façon réelle, authentique ; consciemment].

 

 

  • Elohîms ne charge les faces de personne : comme il est enseigné : car l'Eternel, votre D.ieu, est le D.ieu des dieux, le Seigneur des seigneurs, le D.ieu grand, fort et terrible, qui ne fait point acception des personnes. (Devarim 10 :17) ou encore pour le Saint Béni soit-Il, tous sont égaux à ses yeux : femme, esclave, riche ou pauvre. (Shemot Rabah 21 :4).

 

 

 

 

 

 

 

 

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37.     Vous-mêmes vous savez le mot qui s’est réalisé dans tout Iehouda, à commencer par la Galil, après l’immersion criée par Iohanân.

 

 

  • Vous-mêmes vous savez le mot qui s’est réalisé dans tout Iehouda : la Judée en français, est le nom historique et biblique d'une région montagneuse en Israël ; son nom vient de la tribu de Juda dont elle constituait le territoire.

 

 

  • à commencer par la Galil : région au nord d’Israël.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Il y a environ 2000 ans, un Rabbi de Galil, Rabbi Yeshoua de Natzeret se leva parmi le peuple d’Israël pour essayer d’enrayer la haine gratuite qui, selon nos Maîtres dans le Talmud, provoqua la destruction du Temple de Jérusalem. Fondant sa communauté orthodoxe sur la Torah Écrite et Orale que Moshé avait reçu sur le Mont Sinaï, il fut vendu par les saducéens à Rome et défiguré par les non-Juifs ; la Torah de Yeshoua fut abolie et ses enseignements pervertis par les chrétiens… Néanmoins, la lumière d’un Tsadik est éternelle et même au sein de l’obscurité, elle continue de briller et d’illuminer le monde. Depuis le début de l’exil d’Israël, cette lumière messianique pousse parmi les non-Juifs et en particulier chez Edom, le monde occidental chrétien. Chose fascinante, un Midrash enseigne que le Roi Messie sortira de chez eux selon le principe spirituel : tes destructeurs sortiront de toi. (Yeshayahou 49 :17) ; le monde vit aujourd’hui, le début de la restauration de toute choses prophétisée dans le chap. 3 du Livre des Actes. (Actes 3 :21). Le peuple Juif revient sur sa Terre, Jérusalem redevient la capitale éternelle indivisible des descendants de Yaakov et le Tsadik de vérité, le Roi Messie, Rabbi Yeshoua revient dans le giron du Judaïsme orthodoxe, de la Torah authentique d’Israël.

 

Qu’Hashem continue de nous bénir et d’ouvrir les portes de la guéoula en abondance !

 

 

  • après l’immersion criée par Iohanân : cela rejoint les déclarations de Yohanan HaMatbil comme il est dit : Il faut qu'il croisse et que je diminue. (Yohanan 3 :30)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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38.     comment Elohîms a messié Iéshoua’ de Nasèrèt avec le souffle sacré et la puissance. Il est passé sur terre en faisant le bien et en rétablissant tous ceux qui étaient sous la coupe de Satân. Oui, Elohîms était avec lui.

 

 

  • comment Elohîms a messié Iéshoua’ de Nasèrèt : l’onction du Rouah Hakodesh.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Dans ce contexte, il sera intéressant de comparer le Mashiah Yeshoua aux enseignements du Tanya sur Moshé Rabbénou.

 

Nos Sages dirent de Moshé : La Shekhina parlait à travers la gorge de Moshé. L’effacement de Moshé devant D.ieu était tel que les mots qu’il prononçait n’étaient rien d’autre que l’expression du verbe divin. La relation entre la gorge de Moshé et la Shekhina pouvait être comparée à celle de la gorge d’un homme à sa propre parole. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 34)


 

  • avec le souffle sacré et la puissance : la puissance divine émanait pleinement du Mashiah Yeshoua.

 

  • Il est passé sur terre en faisant le bien : cela fait référence aux bonnes actions de Yeshoua, tels ses guérisons, ses consolations, ses encouragements, ses enseignements, etc…

 

  • et en rétablissant tous ceux qui étaient sous la coupe de Satân : comme cela avait été prophétisé par Yeshayahou.

 

Yeshoua, revêtu de la puissance de l'Esprit, retourna en Galilée et sa renommée se répandit dans tout le pays d'alentour. Il enseignait dans les synagogues et il était glorifié par tous. Il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du Shabbat. Il se leva pour faire la lecture et on lui remit le Livre de Yeshayahou HaNavi. L'ayant déroulé, il trouva l'endroit où il était écrit : L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres ; il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés et pour publier une année de grâce du Seigneur. Ensuite, il roula le livre, le remit au serviteur et s'assit. Tous ceux qui se trouvaient dans la synagogue avaient les regards fixés sur lui. Alors il commença à leur dire : Aujourd'hui cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, est accomplie.  (Loucas 4 :14-21)

 

  • Oui, Elohîms était avec lui : cette expression a été également utilisée par Stephanos en lien avec Yossef HaTsadik, le personnage codé par excellence pour parler du Mashiah.

 

Mais D.ieu fut avec lui et le délivra de toutes ses tribulations ; il lui donna de la sagesse et lui fit trouver grâce devant Pharaon, roi d'Égypte, qui l'établit gouverneur d'Égypte et de toute sa maison. (Actes 7 :10)

 

L'Éternel fut avec lui. (Béréshit 39 :2)

 

L'Eternel fut avec Yossef et il étendit sur lui sa bonté. (Béréshit 39 :21)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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42.     Il nous a enjoint de le crier au peuple et d’en témoigner : oui, Elohîms l’a établi pour juge des vivants et des morts.

 

 

  • Il nous a enjoint de le crier au peuple : du grec "kerusso" …

 

Voici la définition du mot grec "kerusso" :

  • publier : rendre une annonce publique, la faire connaître officiellement ; de nos jours, cela peut être par voie d'affichage, d'impression, via internet, etc…

  • prêcher : annoncer la parole de D.ieu sous forme de sermon,

  • crier : pousser des cris sous l'effet d'un appel divin ou d'une sensation spirituelle intense,

  • proclamer ouvertement à la manière d'un héraut : dans les milieux grecs et romains, il s’agissait par exemple d’un messager chargé de porter les ordres du roi, de partager diverses annonces dans les assemblées et/ou de déclarer la guerre.

 

Cette Bonne Nouvelle du Royaume sera prêchée [kerusso] dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin. (Matityahou 24 :14)

 

  • et d’en témoigner : de nos bouches, ou encore par notre vécu et notre foi.

 

 

  • oui, Elohîms l’a établi pour juge des vivants et des morts : comme il est dit : le Tsadik est lui-même la Cour céleste, il a le pouvoir de décréter le Gan 'Eden pour l'un et le Gey-Hinnom pour l'autre. (Sefer Hamidot Tsadik, 1 :54) ou encore : Tout pouvoir se trouve entre les mains du Tsadik et il peut faire tout ce qu'il veut. (Likouté Etsot, Tsadik, 1 :43)

 

 

 

 

 

 

 

 

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45.     Tous ceux qui adhèrent, ceux de la circoncision venue avec Petros, sont stupéfaits de ce que le don du souffle sacré se soit aussi répandu sur des goîm.

 

 

  • Tous ceux qui adhèrent, ceux de la circoncision venue avec Petros : pour ces Juifs Messianiques décrits dans ce passage, les non-Juifs non-circoncis n’avaient pas de part au Olam Haba ; il s’agissait d’une pensée de l’école de Beit Shammaï [courant pharisien extrêmement strict du Second Temple].

 

Ces hommes font certainement partis du groupe décrit dans le chap. 15 du Livre des Actes.

Quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères, en disant : Si vous n'êtes circoncis selon le rite de Moshé, vous ne pouvez être sauvés. (Actes 15 :1)

  • sont stupéfaits de ce que le don du souffle sacré : cela fait référence au Rouah Hakodesh.

  • se soit aussi répandu sur des goîm : les non-Juifs reçurent également le Rouah du Mashiah avec puissance.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pourquoi les non-Juifs ont-ils autant reçu du Mashiah ? Ceci au point de susciter l’étonnement des Nazaréens de l’école de Beit Shammaï ? Pour répondre, on pourra s’inspirer des enseignements Breslev du Rav Avraham Ifra’h : les personnes les plus éloignés ont toujours plus tendance à recevoir davantage du Tsadik que les personnes considérés comme plus "proches"…

Pour comprendre, revenons à Routh qui représente comme nous le dit, le Rav Ifra’h, "le chemin du retour" : Naomi après avoir perdu son mari Elimelekh et ses deux fils Ma’hlon et Kilyon rejeta ses deux belles-filles Routh et Orpa ; elle n’avait plus rien pour elles. Naomi leur demanda donc de partir et les embrassa. Pour Orpa, ce fut un baiser d’adieux mais Routh s’attacha par cette accolade au souffle de Naomi. Elle ne la quitta plus et devint un habit spirituel [levouch] de Naomi… Routh représente le converti et le baal téchouva.

Comme l’explique le Rav Avraham Ifra’h : Ces derniers n’ont rien, ils sont sans patrimoine spirituel et quand ils s’engagent, ils sont donc prêts à tout… Du fait qu’ils n’ont pas de passé de Torah, ils sont souvent intègres et peuvent recevoir un très grand levouch [habit spirituel] du Tsadik. Le religieux va, quant à lui, souvent prendre un levouch du Tsadik comme un manteau ou une chemise. Cependant, le converti ou le baal téchouva va tout prendre, le manteau, la chemise, les chaussettes, les chaussures, la cravate, etc…

Routh s’est dirigé vers Naomi seule, quand bien même elle était une princesse de Moav et avait beaucoup à perdre au niveau social ; elle avait donc une grande force dans son cœur et était déterminée. Naomi reconnut ainsi que c’était Hashem qu’il l’avait amenée à elle et consentit dès-lors de garder Routh auprès d’elle.

Rabbi Na’hman définit un élève qui n’est pas "agoun" comme un élève qui n’a pas d’éveil d’en bas. L’engagement de Routh était intime et solitaire, il n’avait pas d’aspect sociale, c’était donc la preuve de sa sincérité. Routh dit à Naomi que rien n’allait les séparer et elle s’inclut totalement en Naomi puis par la suite en Boaz [le Tsadik].

Le Rav Avraham Ifra’h poursuit dans l’enseignement Breslev : un homme peut devenir un habit du Tsadik mais pour cela, il ne doit pas venir à Ouman pour recevoir une bénédiction ou pour des ‘hidoushim de Torah ; on vient à Ouman pour devenir un levouch du Tsadik. On lui donne tout, on se soumet à lui complètement.

En soi, plus notre bitoul [notre soumission] envers le Tsadik est grand, plus le souffle du Tsadik passera…

Par exemple, Rabbi Nathan était devenu un levouch de Rabbi Na’hman, à tel point que le Rebbe, déclara au sujet des écrits de Torah de Rabbi Nathan : C’est sa main mais c’est mon cerveau.

Si nous voulons pleinement recevoir la Torah ou le Rouah du Tsadik, qu’on soit non-Juif ou un grand en Torah, il nous faut devenir un Levouch du Tsadik ; sinon, il n’y aura pas d’accès véritable à la Torah.

Une Torah vivante connectée avec du Rouah Hakodesh passe nécessairement par la soumission au Tsadik. Plus la personne est proche du Tsadik, plus il pourra recevoir un grand Levouch. C’est cela qui s’appelle une "conversion véritable" qui fait allusion à Routh et qui fera naître le Mashiah ben David.

 

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47.     Petros répond et dit : Quelqu’un peut-il empêcher d’immerger ceux-là ? Ils ont reçu le souffle sacré comme nous aussi.

 

 

  • Petros répond et dit : Quelqu’un peut-il empêcher d’immerger ceux-là : en Yeshoua et cela correspond aux enseignements suivants : Il n'y a ici ni non-Juif ni Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni libre mais le Mashiah est tout et en tous. (Colossiens 3 :11). En effet, il n'y plus aucune différence entre les créatures à partir du moment où elles sont liées au Tsadik, qui est accessible à chacun… Par conséquent, peut-on refuser l’immersion en Yeshoua aux non-Juifs ? En aucun cas ! Pour relier la pensée apostolique à notre génération, il faut savoir qu’il aussi enseigné aujourd’hui par les Rabanim que le Mashiah ne vient pas que pour le peuple Juif : par définition, il vient pour le monde entier ; le message du Judaïsme étant à la fois spécifique et universel. (Rav Israël Goldberg).

 

COMMENTAIRE N°1

On pourra également s’inspirer d’un enseignement du Rav Avraham Ifra’h, un Maître de la Hassidout Breslev pour mieux comprendre la pensée de l’Apôtre Shimon Kéfa. 

Le Mashiah ne peut se révéler que dans un contexte de reconnaissance du nom d’Hashem. À cette condition s’en ajoute une supplémentaire : celle d’une reconnaissance collective... En d’autres termes, tous doivent reconnaître Hashem : humains, animaux, végétaux, Juifs, non-Juifs, petits ou grands, hommes ou femmes. En effet, si Mashiah ne se dévoilait uniquement par le mérite d’une élite, qu’adviendrait-il des autres êtres ? Ceux-ci sont bien vecteurs d’un message divin, puisqu’ils sont créés. N’ont-ils pas leur mot à dire ? N’ont-ils aucune reconnaissance à fournir ? Mashiah n’est pas le privilège d’un groupe, il est porteur d’un message universel qui se doit d’être accepté de tous. (Rav Avraham Ifra’h)

 

  • Ils ont reçu le souffle sacré comme nous aussi : et il est aussi dit : Je prends à témoin les Cieux et la terre que tout être humain, Juif ou non-Juif, mâle ou femelle, esclave ou homme libre, peut mériter le Rouah Hakodesh. (Tana débé Élyahou Rabah 9)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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48.     Il impose de les immerger au nom de Iéshoua’ le messie. Alors ils le prient de demeurer avec eux quelques jours.

 

 

  • Il impose : étant une autorité apostolique et l’un des plus proches talmidim de Yeshoua.  

 

 

  • de les immerger au nom de Iéshoua’ le messie : comme il est enseigné : Yeshoua, s'étant approché, leur parla ainsi : Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des talmidim, les immergeant en mon nom. (Matityahou 28 :18-19)

 

 

  • Alors ils le prient de demeurer avec eux quelques jours : et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. (Matityahou 28 :20)