QUELQUES PERSONNAGES DU ROMAN CLÉMENTIN 

 

JACQUES, LE CHEF DE L’ÉGLISE DE JERUSALEM

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Jacques est considéré par la littérature clémentine comme la colonne du véritable judéo-christianisme, et comme une colonne de la saine doctrine apostolique. En effet, il suffit de le constater dans les Homélies, notamment lorsque Pierre donne à Jacques, le titre de « Seigneur et Évêque de la Sainte Église » ou encore lorsque Clément, également dans sa Lettre, le nomme « Évêques des évêques ». Dans les Reconnaissances, Jésus lui-même désignera Jacques comme étant son digne successeur. (Reconnaissances 1, 43). À la lumière de toutes ces informations, il est aisé de conclure que pour le Roman pseudo-Clémentin, Jacques est considéré comme le Chef de « l’Église Mère » de Jérusalem et par conséquent, de l’Église en général. Sur ce point, le Livre des Actes rejoint complétement la littérature clémentine comme il est dit : « Lorsqu'ils eurent cessé de parler, Jacques prit la parole et dit : Hommes frères, écoutez-moi ! » (Actes 15 :13) ; l’Évangile de Thomas également comme il est dit : « Les disciples dirent à Jésus : Nous savons que tu nous quitteras : Qui se fera grand sur nous ? Jésus leur dit : Au point où vous en serez, vous irez vers Jacques le Juste ; ce qui est du Ciel et de la terre lui revient. » (Évangile de Thomas, Loggion 12)

 

D’un point de vue doctrinal, la communauté de Jérusalem guidée par Jacques (Reconnaissances 1, 66, 2 ; 70, 3) enseigne que l’unique différence entre le Judaïsme et le "christianisme" naissant est la seule reconnaissance de Jésus comme Messie d’Israël. (Reconnaissances 1, 43, 2 ; 1, 68, 2).

 

En fait, le rejet de la croyance en Jésus de la part des Juifs, ont conduit les responsables de l’Église de Jérusalem à s’ouvrir vers les non-Juifs. (Reconnaissances 1, 43, 2 ; 63, 2 ; 64, 2). Néanmoins, il convient de préciser que selon la littérature clémentine, outre une ouverture sur le monde non-Juif, la communauté Nazaréenne de Jérusalem continue à discuter avec les Juifs, et en gagne même beaucoup à leur cause (Reconnaissances 1, 66, 2) au point où leur succès commence même à inquiéter les différents prêtres : « Était-il le Prophète annoncé par Moïse, le Messie éternel ? Car c’est sur ce point seul, semble-t-il, qu’il y a divergence entre nous qui croyons en Jésus et les Juifs incroyants. » (Reconnaissances 1, 43, 1-2)

 

En conclusion, si la "foi en Jésus" est la seule différence entre les Nazaréens de Jérusalem et les autres Juifs, il est évident que les uns et les autres partagent une même fidélité à la Torah ; dans les Reconnaissances, nous apprenons que « l’Église du Seigneur constituée à Jérusalem, considérablement multipliée, s’accroissait sous la conduite de Jacques, qui avait été ordonné Évêque par le Seigneur et l’administrait par de très sages dispositions. » (Reconnaissances 1, 43, 3)