CHAPITRE 7

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COMMENTAIRES 

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1.     Oui, celui-ci, Malki-Sèdèq, roi de Shalèm, grand desservant d’Él ‘Éliôn, qui avait rencontré Abrahâm revenant du combat contre les rois, l’a béni.

 

 

  • Oui, celui-ci, Malki-Sèdèq, roi de Shalèm : citons le Rav Dayan : « Malkitsedek est mentionné dans le Sefer Béréshit ; selon nos Sages, il s'agit de Chem, soit le fils le plus méritant de Noa'h. (Rachi et Ramban sur Béréshit 14 :18). Il était Roi [melekh/malki] du lieu où des années plus tard, fut construit le Beth Hamikdach, soit la « maison d’Hashem » représentant la justice [tsédek]. (Talmud Nédarim 32b ; Targoum Yonathan sur Béréshit 14 :18). » (Rav Gabriel Dayan)

 

 

  • grand desservant d’Él ‘Éliôn : Malkitsedek représente selon le contexte, le Mashiah dans son rôle de « Cohen Gadol » [choisi par Hashem] étant donné qu’il n’était pas Cohen d’un point de vue halakhique [en effet, la Torah n’avait pas encore été donnée, et Aaron n’avait pas encore été élu Cohen Gadol par Hashem !]. En d’autres termes, le Rabbi tout comme Malkitsedek, ne sont pas des « cohanim » [d’un point de vue halakhique] et pourtant, dans les mondes supérieurs, les deux ont exercé cette fonction ; le Mashiah l’exerçant bien évidemment, encore de nos jours. En fait, comme nous l’avons compris, l’auteur utilise la « kéhouna » [prêtrise] de Malkitsedek pour justifier celle instaurée par Hashem sous la Brit Hadasha.  

 

 

  • qui avait rencontré Abrahâm : comme il est relaté dans le Sefer Béréshit : « Après qu'Avram fut revenu vainqueur de Kedorlaomer et des rois qui étaient avec lui, le roi de Sodome sortit à sa rencontre dans la vallée de Schavé, qui est la vallée du roi. Malkitsedek, Roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était Cohen du D.ieu Très Haut. Il bénit Avram, et dit : Béni soit Avram par le D.ieu Très Haut, Maître du Ciel et de la terre ! Béni soit le D.ieu Très Haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains ! Et Avram lui donna la dîme de tout. » (Béréshit 14 :17-20)

 

 

  • revenant du combat contre les rois, l’a béni : et aujourd’hui, tout comme Malkitsedek a béni Avraham Avinou, nous sommes bénis par le Mashiah depuis les mondes supérieurs comme il est également enseigné : « Qui les condamnera ? Le Mashiah est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de D.ieu, et il intercède pour nous ! » (Romains 8 :34) ou encore : « Si donc vous êtes ressuscités avec le Mashiah, cherchez les choses d'en haut, où le Mashiah est assis à la droite de D.ieu. » (Colossiens 3 :1)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2.     lui à qui Abrahâm avait dîmé la dîme de tout. Son nom est d’abord interprété : Roi de justice, et ensuite : Roi de Shalèm, c’est-à-dire : Roi de paix.

 

 

  • lui à qui Abrahâm avait dîmé la dîme de tout : l’auteur fait comprendre qu’Hashem a élevé Rabbi Yeshoua au-dessus de Moshé Rabbénou, et même au-dessus des Patriarches. À ce sujet, nous avions déjà cité un Midrash évoquant la supériorité du Rabbi comme il est dit : « Il s’élèvera plus haut qu’Avraham, il grandira plus que Moshé et il sera placé très haut, plus haut que les anges du service divin. » (Yalqout Shimoni sur Yeshayahou 52 :13) mais nous en avons, également un exemple dans un autre Midrash comme il est dit : « Les Pères du monde, Avraham, Its’hak et Yaakov se lèveront dans le futur au mois de Nissan et lui diront : Ephraïm, Mashiah, notre Justice ! Même si nous sommes tes pères, tu es plus grand que nous car tu as porté les fautes de nos enfants. Et des mesures cruelles, qui ne sont venues, ni sur les premiers, ni sur les derniers, sont venues sur toi. Les nations te ridiculisèrent et te tournèrent en dérision pour Israël. Tu t’es assis dans les ténèbres et dans le noir, et tes yeux n’ont pas vu la lumière ; ta peau s’attacha à tes os, ton corps a séché comme du bois, tes yeux s’assombrirent par le jeûne et ta force s’est desséchée. (Téhilim 22 :15). Tu as subi tout ça pour les fautes de nos enfants ! Veux-tu que nos enfants profitent des bonnes choses que le Saint Béni soit-Il a destiné à Israël ? Ou peut-être leur en veux-tu en raison des souffrances que tu as enduré à cause d’eux et en raison du fait qu’ils t’emprisonnèrent en maison de captivité ? Et il leur répondra : Pères du monde ! Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait uniquement pour vous et pour vos enfants, pour votre gloire et leur gloire, pour qu’ils profitent des bonnes choses que le Saint Béni soit-Il a destiné à Israël ! Les Pères du monde lui diront alors : Ephraïm, Mashiah, notre Justice, que ta pensée soit consolée, comme tu as consolé la pensée de ton Maître ainsi que nos pensées. Rabbi Shimon ben Pazi a dit : Lorsque ce moment viendra, le Saint Béni soit-Il élèvera le Mashiah jusqu’aux Cieux des Cieux et répandra sur lui, la lumière de sa gloire devant les peuples du monde. » (Pesiqta Rabbati 162) 

 

 

  • Son nom est d’abord interprété : Roi de justice : dans le même élan, il est enseigné au sujet du Mashiah par Yeshayahou HaNavi : « La justice sera la ceinture de ses flancs, et la fidélité la ceinture de ses reins. » (Yeshayahou 11 :5) ou encore : « Alors le Roi régnera selon la justice, et les princes gouverneront avec droiture. » (Yeshayahou 32 :1) 

 

 

  • et ensuite : Roi de Shalèm, c’est-à-dire : Roi de paix : comme il est enseigné par le Rambam au sujet de la « future paix » que le Mashiah va instaurer : « Qu'il ne te vienne pas à l'esprit qu'à l'époque du Mashiah sera annulée quelque chose dans la marche du monde, ou que sera changée la nature de la Création : le monde continuera selon sa nature, et ce qui est dit par Yeshayahou : Le loup habitera avec le mouton et la panthère avec l'agneau paîtra. » est une parabole et une allégorie, dont le sens est qu'Israël résidera en paix parmi les méchants du monde, comparés au loup et à la panthère ; ainsi qu'il est dit « Le loup des steppes les pillera, la panthère guette leur ville. » Alors tous retourneront à la Torah de vérité, et cesseront de voler et de détruire. Ils vivront paisiblement des choses permises, avec Israël. » (Mishné Torah du Rambam, Hilkhot Melakhim, chap. 12)

 

 

 

 

 

 

 

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3.     sans père, sans mère, sans généalogie, sans en-tête de jours ni fin de vie, mais assimilé à Bèn Elohîms, il demeure le desservant en pérennité.

 

  • sans père, sans mère : dans ce cas précis, l’auteur fait volontairement « une impasse » sur la Torah Orale afin de mieux exposer ses différents enseignements [lesquels seront basés exclusivement sur la Torah Écrite]. En effet, comme nous l’avons vu, il est enseigné par certains de nos Maîtres que Malkitsedek était l’un des fils de Noa’h présents lors du déluge. Néanmoins, il paraît assez clair qu’Hashem a en quelques sortes, « voilé » ce personnage dans le Sefer Béréshit pour de bonnes raisons. C’est également l’avis du Zohar puisque selon les Écrits, il est enseigné : « Malkitsedek est l’ange Mikaël. » (Zohar ‘Hadash, Lekh Lekha). De plus, il est aussi intéressant de relever que la littérature ésotérique attache énormément de mystère à ce personnage et à sa fonction. En effet, dans un des Livres apocryphes de ‘Hanokh, il est désigné comme étant né de Sophonim, la femme de Nir, lequel serait le frère de Noa’h. À noter que Malkitsedek joue aussi un rôle important dans les Téhilim du Roi David puisqu’il détient selon toute vraisemblance, une « kéhouna » éternelle. (Téhilim 110 :4). Étant donné le contexte messianique de ce Psaume, on en viendrait même à se demander si ce fameux Malkitsedek n'était pas un être hors du temps, peut-être un « malakh haut gradé » comme Mikaël ? En soi, cela expliquerait également son caractère très mystérieux pour la plupart des commentateurs. Selon certaines sources, parmi les manuscrits retrouvés de Qumran, on retrouverait également deux personnages opposés : Malkitsedek (« Roi de Justice ») et Malkirasha (« Roi d’impiété ») qui représentent d'une certaine manière, l'opposition entre les forces du bien et les forces du mal. (4Q280, 4Q401 et 11Q13.). Conclusion, bien qu’il puisse bien s’agir de Chem, soit l’un des fils de Noa’h ; il n’en demeure pas moins que ce personnage est assez énigmatique sur lequel, il y a matière à discuter.

 

 

  • sans généalogie : en effet, lorsqu’on se « concentre » sur la Torah Écrite seulement [en dehors de la tradition Juive], il n’est fait absolument aucune mention d’un Malkitsedek et ce, dans toutes les différentes généalogies du Sefer Béréshit, ou encore dans les autres Livres de la Torah. Cet homme apparaît d’un « seul coup », et bénit le Tsadik de sa génération. Comme nous l’avons précisé plus haut, lorsqu’on fait une impasse sur la probabilité qu’il s’agisse de Chem, Malkitsedek est un homme vraiment étonnant et mystérieux.

 

 

  • sans en-tête de jours ni fin de vie : la Torah Écrite ne présente en aucune façon, la naissance de Malkitsedek et encore moins, la mort de ce dernier ; en soi, d’un point purement scripturaire, Malkitsedek est un être « éternel » tout comme le Mashiah [lequel était présent au moment de la Création du monde !] comme nous l’avions déjà précisé dans nos précédents commentaires :  « L'âme du Messie a précédé la Création du monde, elle est la racine de toutes les âmes d'Israël. Tout le monde entier a été créé pour ce Tsadik. C'est avec l'âme de ce Tsadik qu'Hashem a pris conseil pour créer le monde. Il est garant auprès du Saint Béni soit-Il, de réparer le monde. » (Les sept piliers et fondements de la foi, Éditions Keren Rabbi Israël). Et ailleurs, il est également enseigné : « Je suis l’aleph et le tav, le commencement et la fin. À celui qui a soif je donnerai de la source de l'eau de la vie, gratuitement. » (Révélation 21 :6)

 

 

  • mais assimilé à Bèn Elohîms : Malkitsedek est pour l’auteur de cette Lettre, comme pour tous les Nazaréens, comparable au Mashiah. En effet, le rôle présenté Malkitsedek par la Torah est vraiment messianique : Malkitsedek est un Tsadik ; il porte les titres de « Roi de Justice » et de « Roi de Paix » ; il bénit Avraham Avinou lequel était pourtant le Tsadik de sa génération ; il marche tout en étant accompagné de pain et de vin (Matityahou 26) ; et contre tout attente, les Téhilim du Roi David nous parlent de sa future « kéhouna » … Beaucoup trop de détails pointent vers Yeshoua. 

 

  • il demeure le desservant en pérennité : comme cela a été souligné par l’auteur, la « prêtrise » de Malkitsedek d’un point de vue scripturaire, n’a jamais été arrêtée par Hashem [puisque nous n’avons pas connaissance de la mort de ce dernier !] ; en d’autres termes, elle préfigurée celle du Rabbi. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4.     Contemplez ! Qu’il est grand, celui-là à qui Abrahâm a donné la dîme de tout le butin, lui, le patriarche !

 

 

  • Contemplez : le but étant de comprendre les allusions « messianiques » cachées dans la Torah.

 

 

  • Qu’il est grand : l’auteur parle bien évidemment, de Malkitsedek mais au travers de ce personnage, il fait clairement référence au Mashiah lequel est considéré comme « le plus grand Tsadik parmi tous les autres Tsadikim ».

 

 

  • celui-là à qui Abrahâm a donné la dîme de tout le butin : l’auteur souligne non seulement l’humilité d’Avraham Avinou mais également, sa sainte soumission.  Dans la tradition Juive, relevons également l’existence de ce Midrash : « Hashem dit à Avraham : Tout le temps où tes enfants s’occuperont de la Torah et des sacrifices, ils seront sauvés du Guey-Hinnom et des nations. » (Psikta déRav Cahana)

 

 

  • lui, le patriarche : au sujet d’Avraham, il est enseigné dans le Zohar : « Le matin, quand Avraham vit le soleil briller à l’est, il pensa : c’est D.ieu ! C’est lui le Roi qui m’a créé. Et il lui destina ses prières toute la journée. Le soir, lorsqu’il vit le soleil se coucher et la lune briller, il dit : C’est sûrement elle qui domine aussi le D.ieu auquel j’ai adressé mes prières ce matin, c’est elle qui a le dessus. Et toute la nuit, il pria la lune. Le matin suivant, il vit que l’obscurité disparaissait et que la lumière apparaissait du côté est. Assurément, il y a au-dessus un Roi qui les dirige. Lorsqu’Hashem vit avec quelle volonté il le recherchait, il se dévoila et se mit à lui parler ». (Zohar I, 86a) et par Rachi : « Avraham Avinou fit renaître de nombreuses âmes, en les faisant entrer sous les ailes de la Shekhina. Sarah en fit de même et rapprocha de nombreuses femmes du service d’Hashem. » (Rachi sur Béréshit 12 :5)

 

 

 

 

 

 

 

 

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5.     Ceux des fils de Lévi qui ont reçu le sacerdoce ont reçu l’ordre, selon la tora, de dîmer le peuple, leurs propres frères. Ils sont, eux aussi, sortis des reins d’Abrahâm.

 

  • Ceux des fils de Lévi qui ont reçu le sacerdoce : le Rav Gabriel Dayan nous partage les différentes missions des Léviim :  « Les Léviim étaient chargés de : monter la « garde » autour du Beth Hamikdach ; d’ouvrir et fermer les portes au début et à la fin de la journée ; de chanter au moment de l’offrande de certains sacrifices, accompagnés d’instruments de musique ; d’aider les Cohanim dans le service des korbanot (2 Divré Hayamim 30 :17 ; 35 :11) ; de nettoyer l’enceinte de la ‘azara (Rachi sur Talmud Erkhine 13b) ; de purifier le Beth Hamikdach lorsqu’une source d’impureté s’y trouvait. (1 Divré Hayamim 23 :28) ; de gérer les trésors du Beth Hamikdach et d’assurer la bonne gestion des biens nécessaires à la bonne marche des différents services ; et à l’époque, dans le désert, les Léviim étaient également chargés de démonter et de monter le Mishkan, et de le transporter (Bamidbar 1 : 50-51) ; et pour finir, de réparer les ustensiles du Beth Hamikdach. (Bamidbar 4 :26). » (Rav Gabriel Dayan)

 

 

  • ont reçu l’ordre, selon la tora, de dîmer le peuple : comme il est dit : « Je donne comme possession aux fils de Lévi toute dîme en Israël, pour le service qu'ils font, le service de la tente d'assignation. » (Bamidbar 18 :21) ou encore : « Tu parleras aux Léviim, et tu leur diras : Lorsque vous recevrez des enfants d'Israël la dîme que je vous donne de leur part comme votre possession, vous en prélèverez une offrande pour Hashem. » (Bamidbar 18 :26)

 

 

  • leurs propres frères : en référence aux Juifs comme il est écrit : « Et il dit au peuple, aux habitants de Jérusalem, de donner la portion des sacrificateurs et des Léviim, afin qu'ils observassent fidèlement la Torah d’Hashem. » (2 Divré Hayamim 31 :4) ou encore : « Lorsque tu auras achevé de lever toute la dîme de tes produits, la troisième année, l'année de la dîme, tu la donneras au Lévite, à l'étranger, à l'orphelin et à la veuve ; et ils mangeront et se rassasieront, dans tes portes. » (Devarim 26 :12)

 

 

  • Ils sont, eux aussi, sortis des reins d’Abrahâm : comme on le sait, la tribu de Lévi est l’une des « douze » tribus d’Israël [celles-ci ayant été engendrées par Avraham Avinou, Its’hak et Yaakov]. Concernant notre génération, le Rav Dayan précise : « De nos jours, celui qui porte le nom [de famille] « Lévi » monte au Sefer Torah après le Cohen, et lui verse de l’eau sur les mains avant la Birkat Cohanim. ; il reçoit également le maasser richon d’une récolte ayant poussé en Israël. Néanmoins, certains ne souhaitent pas donner le maasser richon aux Léviim puisqu’il n’est pas certain qu’ils s’agissent vraiment de Léviim. » (Rav Gabriel Dayan)  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6.     Mais lui, qui n’est pas de leurs généalogies, a dîmé Abrahâm, il a béni le titulaire des promesses.

 

 

  • Mais lui, qui n’est pas de leurs généalogies : tout comme Rabbi Yeshoua de Natzeret, Malkitsedek n’était pas de la tribu de Lévi et pourtant, il avait bien été ordonné « Cohen » par Hashem. En fait, selon une prophétie de Zekharia, le Mashiah sera bien relié au monde de la kéhouna comme il est dit : « Tu lui diras : Ainsi parle l'Éternel des armées : Voici, un homme, dont le nom est germe, germera dans son lieu, et bâtira le Temple de l'Éternel. Il bâtira le Temple de l'Éternel ; il portera les insignes de la majesté ; il s'assiéra et dominera sur son trône, il sera Cohen sur son trône, et une parfaite union régnera entre l'un et l'autre. » (Zekharia 6 :12-13)

 

 

  • a dîmé Abrahâm : et ce, tout comme les Léviim ont reçu d’Hashem de « dîmer » les autres Juifs.

 

 

  • il a béni le titulaire des promesses : Avraham Avinou lequel avait reçu de nombreuses promesses d’Hashem.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7.     Or, sans conteste, le moindre est béni par le meilleur.

 

 

  • Or, sans conteste : on pourra s’inspirer des propos du Rambam pour mieux comprendre le principe exposé par l’auteur de cette Lettre : « C’est que celui qui est élevé est contrôlé par un supérieur. L’expression « en dessous du niveau de l’autre » n’a en réalité, aucune connotation spatiale, comme l’on dirait d’un homme siégeant plus haut qu’un autre. Au contraire, son sens est purement spirituel, comme l’on dirait de deux Sages, dont l’un dépasse l’autre en sagesse, qu’il est au-dessus du niveau de l’autre, ou comme l’on dirait d’une cause, qu’elle est supérieure. » (Mishné Torah, Yessodei HaTorah, chap. 2)

 

 

  • le moindre est béni par le meilleur : comme nous l’avons compris, l’auteur enseigne clairement que le Mashiah était plus grand qu’Avraham Avinou. Cela permet d’ailleurs, de mieux comprendre les paroles du Rabbi comme il est dit : « Les Juifs lui dirent : Tu n'as pas encore cinquante ans, et tu as vu Avraham ! Yeshoua leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Avraham fût, je suis. » (Yohanan 8 :57-58).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8.     Ici, ce sont des hommes mortels qui perçoivent les dîmes ; mais là, il est attesté que celui qui les reçoit vit.

 

 

  • Ici, ce sont des hommes mortels qui perçoivent les dîmes : puisque les Léviim sont également corruptibles [comme tous les autres hommes !] et doivent ainsi, mourir pour leurs fautes [contrairement au Mashiah lequel n’est jamais tombé dans le péché].

 

 

  • mais là, il est attesté que celui qui les reçoit vit : en d’autres termes, la « kéhouna » de Malkitsedek [comparable avec celle du Mashiah] est encore « effective » puisque le Rabbi est ressuscité d’entre les morts et peut désormais, assurer « une nouvelle expiation » en faveur du peuple comme il est dit : « D.ieu l'a ressuscité, en le délivrant des liens de la mort, parce qu'il n'était pas possible qu'il fût retenu par elle. » (Actes 2 :24) ou encore : « Mais celui qu’Hashem a ressuscité n'a pas vu la corruption. » (Actes 13 :37)

 

 

 

 

 

 

 

 

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9.     Pour ainsi dire, par l’intermédiaire d’Abrahâm, même Lévi, celui qui perçoit les dîmes, a été dîmé.

 

 

  • Pour ainsi dire : selon un angle de la vérité divine. 

 

 

  • par l’intermédiaire d’Abrahâm : la position prise par Avraham Avinou envers Malkitsedek a également lié ses descendants, soit les Juifs en général. En d’autres termes, tous les Juifs doivent se soumettre au Rabbi lequel fut élu Mashiah d’Israël tout comme Avraham Avinou s’est soumis autrefois, au Cohen Malkitsedek.

 

 

  • même Lévi, celui qui perçoit les dîmes, a été dîmé : si Avraham Avinou s’est « incliné » devant Malkitsedek et lui a payé « la dîme », les Léviim le firent aussi « en Avraham » dont ils ne sauraient récuser l’héritage. De nos jours, chaque Juif dont les Léviim, est appelé pour « vivre » [de façon personnelle] l’acte de soumission effectué par Avraham envers le Mashiah [caché sous les traits de Malkitsedek].

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10.     car il était alors dans les reins du père, quand Malki-Sèdèq l’a rencontré.

 

 

  • car il était alors dans les reins du père : comme nous l’avons déjà souligné dans le commentaire précédent, Lévi était présent au travers d’Avraham Avinou lequel était finalement, le représentant des « douze » tribus d’Israël.

 

 

  • quand Malki-Sèdèq l’a rencontré : personnage complétement inconnu et mystérieux [d’un point de vue scripturaire], la grandeur de Malkitsedek et les traits de « sa kéhouna » sont clairement placés comme étant plus excellents [en contraste avec celle des Léviim].

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11.     Si donc la perfection se trouvait dans le sacerdoce des Benéi Lévi, par lequel le peuple a été soumis à la tora, quel besoin était-il qu’un autre desservant se lève selon l’ordre de Malki-Sèdèq et non pas selon l’ordre d’Aarôn ?

 

 

  • Si donc la perfection : et effectivement, n’est-il pas enseigné dans la Guémara : « Quarante ans avant la destruction du Temple, le tirage au sort n'est pas venu dans la main droite, ni le ruban de couleur rouge n'est devenu blanc, et la lampe occidentale [de la Ménorah] n'a plus brûlée et les portes du Temple s'ouvraient d'elles-mêmes, jusqu'à ce que Rabban Yohanan Ben Zakkai les réprimanda, disant : Temple ! Temple ! Pourquoi veux-tu nous alarmer ? Je sais que tu seras détruit, car Zekharia ben Ido a déjà prophétisé à ton sujet : « Liban, ouvre tes portes, et que le feu dévore tes cèdres ! » (Zekharia 11 :1). » (Yoma 39b)

 

 

  • se trouvait dans le sacerdoce des Benéi Lévi : le Temple et bien évidemment, la kéhouna était complétement méprisé par certains Juifs, dont principalement les Saducéens [comme Caïapha] lesquels étaient, les principaux Cohanim de l’époque. 

 

 

  • par lequel le peuple a été soumis à la tora : comme on le sait, la Torah est principalement basée sur la kéhouna des Léviim. Or, comme l’auteur souhaite nous l’enseigner dans cette Lettre : la Torah a également prophétisé une kéhouna [par l’intermédiaire de Malkitsedek] supérieure et incorruptible : celle du Mashiah [puisque celle d’Aaron fut dénigrée]. 

 

 

  • quel besoin était-il qu’un autre desservant se lève : le « nouveau » Cohen Gadol [dans les mondes supérieurs] étant Rabbi Yeshoua.

 

 

  • selon l’ordre de Malki-Sèdèq : dans ces versets et les suivants, se trouvent développés et appliqués au Mashiah les traits de la kéhouna « selon l’ordre de Malkitsedek » prophétisée par le Roi David.

 

 

  • et non pas selon l’ordre d’Aarôn : la kéhouna des Léviim n’était pas le but final des desseins d’Hashem puisque une autre kéhouna [selon l’ordre de Malkitsedek] était prophétisée dans les Téhilim comme il est dit : « Hashem l'a juré, et il ne s'en repentira point : Tu es Cohen pour toujours, à la manière de Malkitsedek. » (Téhilim 110 :4).  Nous pouvons également citer Shaoul lequel a déclaré : « Le Mashiah est le but de toute la Torah. » (Romains 10 :4) ; en d’autres termes, la kéhouna du Mashiah dans les mondes supérieurs permet de combler l’ensemble des « défaillances » constatées par celle des Léviim.    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12.     Oui, le sacerdoce étant changé, le changement de tora se produit aussi nécessairement.

 

 

  • Oui, le sacerdoce étant changé : l’expiation parfaite n’est plus entre « les mains des Léviim » mais bien, entre « les mains du Mashiah » lequel s’est sacrifié pour chacun d’entre nous comme il est dit : « En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce. » (Éphésiens 1 :7) ou encore : « Ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est dans le Mashiah Yeshoua. » (Romains 3 :24) ou encore : « Il s'est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres. » (Titus 2 :14)

 

 

  • le changement de tora se produit aussi nécessairement :  en l’absence du Temple et durant le temps de l’exil, c'est aujourd’hui la kéhouna du Mashiah [et non plus la kéhouna des Léviim !] qui justifie les siens, et qui permet l’absolution de l’ensemble de nos fautes comme il est dit : « Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé D.ieu, mais en ce qu'il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés. » (1 Yohanan 4 :10). Par conséquent, cela nécessite forcément une réadaptation de la Torah ; par exemple, le Judaïsme actuel vit également ce « changement » puisque les Rabanim considèrent que les « prières liturgiques » ont remplacé les sacrifices quotidiens comme il est enseigné par le Rav Dayan : « Les prières quotidiennes, Cha’harit et Min’ha, ont été instaurées en remplacement du korban hatamid du matin et de l’après-midi. (Brakhot 26b ; Choul'han ‘Aroukh ; Ora’h ‘Haïm 98 :4). La prière d’Arvit a quant à elle, été instaurée en remplacement de l’offrande des graisses de certains sacrifices n’ayant pas été réalisée en journée et qui se faisait durant la nuit. (Brakhot 26b ; Rambam, Hilkhot Téfila 1 :6 ; Tour-Ora’h ‘Haïm, chap. 235). » (Rav Gabriel Dayan). Dans le même élan, le Rabbi de Loubavitch explique, quant à lui, que bien que le pardon et l'effacement de la faute ne s’obtiennent que par les sacrifices ; malgré tout, aujourd'hui étant donné que nous sommes dans l'impossibilité d'en apporter, une téchouva complète est suffisante. (Likouté Si'hot 18). De plus, il faut savoir que le mot « changer » utiliser dans ce passouk signifie plutôt « transférer » [metathesis] en grec. En d’autres termes, cela signifie simplement qu’Hashem a transféré la kéhouna des Léviim vers celle de Malkitsedek [au travers du Mashiah] ; et de ce fait, les lois de la Torah liées aux sacrifices doivent obligatoirement être aussi « transférées » sous l’autorité du Tsadik puisque : « Sans effusion de sang, il n'y a pas de pardon. » (Hébreux 9 :22) et comme on le sait, Rabbi Yeshoua a versé son sang [comme Mashiah ben Yossef] pour nos fautes. En soi, la Torah et les mitsvot sont inchangées, nous faisons simplement face à une réadaptation [messianique] de la kéhouna puisque celle des Léviim n’était plus efficace (Yoma 39b) et en l’absence du Temple, nos fautes ne pouvaient être pardonnées. 

 

 

 

 

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13.     Oui, celui dont cela est dit, fait partie d’une autre tribu dont personne n’avait approché l’autel.

 

 

  • Oui, celui dont cela est dit : en référence au Rabbi.

 

 

  • fait partie d’une autre tribu : selon une prophétie de Yaakov Avinou, le Mashiah devait sortir de la tribu de Yéhouda comme il est dit : « Le sceptre ne s'éloignera point de Juda, ni le bâton souverain d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne le Schilo, et que les peuples lui obéissent. » (Béréshit 49 :10) et de la famille de David comme il est dit : « En ce jour, le rejeton d'Yichaï sera là comme une bannière pour les peuples ; les nations se tourneront vers lui, et la gloire sera sa demeure. » (Yeshayahou 11 :10)

 

 

  • dont personne n’avait approché l’autel : la tribu de Yéhouda n’étant pas habilitée pour exercer la kéhouna au sein du Temple comme il est dit : « C'est un souvenir pour les enfants d'Israël, afin qu'aucun étranger à la race d'Aaron ne s'approche pour offrir du parfum devant Hashem et ne soit comme Kora’h et comme sa troupe, selon ce qu’Hashem avait déclaré par Moshé. » (Bamidbar 16 :40) ou encore : « L'homme que je choisirai [Aaron] sera celui dont la verge fleurira, et je ferai cesser de devant moi les murmures que profèrent contre vous les enfants d'Israël. » (Bamidbar 17 :5)

 

 

 

 

 

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14.     Oui, il est évident que notre Adôn s’est levé de Iehouda, tribu dont Moshè n’a rien dit à propos des desservants.

 

 

  • Oui, il est évident que notre Adôn s’est levé de Iehouda : la généalogie de Yeshoua étant détaillée dans les Écrits Nazaréens comme il est dit : « Généalogie du Mashiah Yeshoua, fils de David, fils d'Avraham. » (Matityahou 1 :1) ou encore : « Fils d'Adam, fils de D.ieu. » (Loucas 3 :38)

 

 

  • tribu dont Moshè n’a rien dit à propos des desservants : car il s'agit de la tribu des Rois, et non celle des Cohanim.

 

 

 

 

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15.     Cela est surabondamment évident si, à la similitude de Malki-Sèdèq, surgit un autre desservant.

 

 

  • Cela est surabondamment évident si, à la similitude de Malki-Sèdèq : Rabbi Yeshoua, tout comme Malkitsedek dans le Sefer Béréshit, apparaît comme Cohen selon la puissance d’une « vie impérissable » notamment par sa résurrection. En effet, la vie éternelle dans laquelle il est entré par ses mérites infinis, est une vie sur laquelle le Satan, la mort et la faute n’ont plus de puissance. En d’autres, sa kéhouna ne peut être que parfaite.

 

 

  • surgit un autre desservant : en référence au Mashiah lequel a hérité d’une kéhouna [dans les mondes supérieurs] plus excellente, et bien plus efficace.  En effet, ce passouk confirme la pensée principale de cette Lettre et établit qu’il y a bien une réadaptation de la kéhouna : le « nouveau » Cohen Gadol [selon la ressemblance de Malkitsedek] exerce une kéhouna certes mystérieuse, mais pourtant spirituelle et parfaite, fondée sur la seule miséricorde d’Hashem comme il est dit : « La puissance de D.ieu nous a sauvés, et nous a adressé une sainte vocation, non à cause de nos œuvres, mais selon son propre dessein, et selon la grâce qui nous a été donnée dans le Mashiah Yeshoua avant les temps éternels. » (2 Timotheos 1 :9)

 

 

 

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16.     qui le devient, non selon la tora d’un commandement de chair, mais par le dynamisme d’une vie indestructible.

 

 

  • qui le devient, non selon la tora d’un commandement de chair : un « commandement de chair » car concernant la kéhouna, tout dépend de la lignée dite « charnelle » d’Aaron HaCohen. Bien évidemment, ce n’est pas la Torah, ‘hass véchalom, qui est considérée par l’auteur comme étant « charnelle » puisqu’il est enseigné par un de nos Shli’him : « Nous savons, en effet, que la Torah est spirituelle ; mais moi, je suis charnel, vendu au péché. » (Romains 7 :14)

 

 

  • mais par le dynamisme d’une vie indestructible : l’auteur continue de relever le contraste frappant qu’il y a entre les bases sur lesquelles reposent les deux prêtrises : d’un côté, nous avons la puissance d’une ordonnance charnelle [via la lignée d’Aaron] et de l’autre, la puissance spirituelle d’une vie éternelle dans le Olam Haba pour tous Nazaréens [via la résurrection du Rabbi].

 

 

 

 

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17.     Oui, c’est attesté : Tu es desservant en pérennité selon l’ordre de Malki-Sèdèq.

 

 

  • Oui, c’est attesté : en effet, le Rabbi s’étant dévoilé dans toute sa sainteté et dans toute sa pureté, la mort n’a pas eu de « pouvoir » sur lui ; de ce fait, elle n’a plus non plus, de pouvoir sur les Nazaréens [lesquels sont pardonnés dans la kéhouna messianique de Malkitsedek et ce, même en l’absence du Temple !] comme il est dit : « Ô mort, où est ta victoire ? Ô mort, où est ton aiguillon ? » (1 Corinthiens 15 :55). En effet, Rabbi Yeshoua s’est bien donné « offrande » volontaire pour chacun de nous et à ce sujet, il est enseigné dans le Tanya : « Le décès d’un Tsadik accomplit des merveilles jusqu’au fin fond de la terre, il rachète les fautes de la génération, y compris celles qui ont été commises intentionnellement. » (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 28)

 

 

  • Tu es desservant en pérennité selon l’ordre de Malki-Sèdèq : la « kéhouna » du Mashiah est, comme l’a prophétisé le Roi David dans ses Téhilim, incluse dans l’éternité comme il est également enseigné par le Rabbi : « Je suis le premier et le dernier, et le vivant. J'étais mort ; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts. » (Révélation 1 :18) ; et celle-ci conduit le monde entier vers sa réparation.

 

 

 

 

 

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18.     Oui, il y a là l’annulation d’un commandement antérieur, en raison de sa faiblesse et de son inutilité. 

 

 

  • Oui, il y a là l’annulation d’un commandement antérieur : comme nous l’avons déjà souligné, ces propos rejoignent les paroles de la Guémara lorsqu’elle déclare ouvertement que le Temple et la kéhouna des Léviim avaient complétement cessé de fonctionner : « Quarante ans avant la destruction du Temple, le tirage au sort n'est pas venu dans la main droite, ni le ruban de couleur rouge n'est devenu blanc, et la lampe occidentale [de la Ménorah] n'a plus brûlée et les portes du Temple s'ouvraient d'elles-mêmes. » (Yoma 39b). En fait, pour mieux comprendre la pensée de notre auteur, nous pourrons nous inspirer des propos ‘hassidiques de Mendy Hecht sur Chabad.org comme il est dit : « Avec la destruction du deuxième Temple, D.ieu changea Son mode d’interaction avec l’univers. Jusqu’à la destruction, le Temple était la fenêtre sur D.ieu ; la spiritualité avait un foyer physique à Jérusalem. Avec la destruction, D.ieu retira temporairement le Temple de son emplacement géographique et le plaça en nous. Au lieu de voyager à Jérusalem, D.ieu voulait que nous le trouvions dans notre Jérusalem intérieure. À présent, nos corps sont nos Temples, nos âmes sont nos fenêtres, nos esprits sont nos cohanim, et nos pulsions animales sont nos sacrifices. Nous ne pouvons pas offrir de sacrifices physiques trois fois par jour, mais nous pouvons prier trois fois par jour. Nous ne pouvons pas assister aux services du Temple trois fois par jour, mais nous pouvons puiser dans nos âmes trois fois par jour. Nous ne pouvons pas compenser nos manquements en sacrifiant des animaux, mais nous pouvons sacrifier nos animaux intérieurs : nos hormones, nos convoitises, nos désirs et nos compulsions bestiales. Nous ne pouvons pas trouver D.ieu à Jérusalem, alors nous devons le trouver en nous. Si les temps du Temple furent principalement ceux où D.ieu descendait vers son monde, alors les temps de notre exil sont ceux où nous nous élevons, depuis l’intérieur de ce monde. Ensemble, ces deux expériences jettent les bases du troisième et dernier Temple, celles d’un âge qui synthétisera les deux directions de la spiritualité. Un âge où la présence de D.ieu dans nos cœurs, nos esprits et dans le monde physique sera intériorisée pour mettre au jour une toute nouvelle réalité : l’ère du Mashiah. » (Citation de Mendy Hecht dans Chabad.org)

 

 

  • en raison de sa faiblesse : lorsque le Second Temple existait encore, le Cohen Gadol, soit l’homme le plus « saint » du peuple Juif pénétrait le jour de Yom Kippour dans le Kodesh Hakodashim, soit le lieu le plus « saint » du Temple. En soi, nous avons trois « acteurs » de sainteté inimaginable : le Cohen Gadol, le jour de Yom Kippour et le Kodesh Hakodashim. Or, chose importante pour mieux comprendre cette Lettre, durant le Second Temple, le degré de sainteté des Cohanim [géré principalement par les Saducéens] se détériora considérablement et ce, notamment parce qu’ils s’étaient ralliés aux pouvoirs corrompus de Rome. En d’autres termes, la sainteté exigeait par la seule fonction d’être « Cohen Gadol », était méprisé au plus haut niveau. (Traité Yoma). Pire, selon plusieurs sources, c’était autrefois le plus offrant financièrement qui devenait Cohen Gadol ; non par son mérite spirituel [comme ce fut le cas pour Rabbi Yeshoua] mais bien parce qu’il avait payé « la charge » d’être Cohen Gadol !

 

 

  • et de son inutilité : puisque les Cohanim ne se sont pas assez sanctifiés, les fautes du peuple Juif n’étaient plus pardonnées. En effet, la « kéhouna » des Léviim du Second Temple [selon la Guémara] n’a malheureusement pas eu le mérite d’atteindre la sainteté du Mashiah lequel fut trouvé « parfait » devant Hashem comme il est : « Le Tsadik est saint parce qu’il se sépare, tout au long de son existence, des préoccupations du monde, afin de se consacrer au service de D.ieu. » (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 28)

 

 

 

 

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19.     La tora n’ayant rien amené à la perfection, un meilleur espoir est survenu, par lequel nous approchons d’Elohîms.

 

 

  • La tora : la Torah concernant la « kéhouna » de Lévi, et non la Torah de façon générale. N’est-il pas enseigné par Shaoul : « La Torah est sainte, et la mitsva est sainte, juste et bonne. » (Romains 7 :12) ou encore : « Anéantissons-nous donc la Torah par la foi ? Loin de là ! Au contraire, nous confirmons la Torah. ». Le Roi David précisera également : « La Torah d’Hashem est parfaite, elle restaure l'âme ; Le témoignage d’Hashem est véritable, il rend sage l'ignorant. » (Téhilim 19 :7)

 

 

  • n’ayant rien amené à la perfection : comme nous l’avons souligné dans le commentaire précédent, les choses étaient vraiment loin d’être parfaite... En effet, un fait déroutant se produisait constamment à l’époque du Second Temple : lorsqu’un Cohen Gadol [lequel était indigne de sa charge !] pénétrait dans le Kodesh Hakodashim, il était constamment tué par Hashem ! La vision du divin étant bien trop intense, et vu son faible degré spirituel, Hashem était dans l’obligation de lui ôter la vie. Or, cette tragédie se répéta plus de 200 fois durant l’existence de tout le Second Temple puisque selon la tradition Juive, c’est bien plus de 200 Cohanim Guédolim qui moururent.

 

 

  • un meilleur espoir est survenu : la « kéhouna des Léviim » n’était plus considéré comme « kasher » aux yeux d’Hashem et de ce fait, nous avons dû passer par un autre chemin : celui du Mashiah lequel nous a justifié devant tous les Tribunaux Célestes. Tous les concepts de « la justification » sont également détaillés dans toutes les Lettres de Shaoul.

 

 

  • par lequel nous approchons d’Elohîms : et cet espoir, c’est notre attachement au Tsadik.

 

 

 

 

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20.     De plus, cela n’a pas été sans serment ; or les autres sont devenus desservants sans serment.

 

 

  • De plus, cela n’a pas été sans serment : comme il est dit : « Hashem l'a juré. » (Téhilim 110 :4). Et en effet, le Mashiah est le « Cohen Gadol » dont nous avions besoin : élevé dans les mondes supérieurs, il n’a pas besoin d’offrir tous les sacrifices exigés pour lui-même ou encore pour le peuple ; il s’est plutôt offert lui-même et ce, une fois pour toutes.

 

 

  • or les autres sont devenus desservants sans serment : la « kéhouna des Léviim » avait été établi simplement sur les ordres d’Hashem transmis sur le Mont Sinaï, et non par un « serment » supplémentaire. En fait, selon l’auteur, le « serment » divin accorde un impact plus grand aux promesses d’une Brit Hadasha par la « kéhouna » du Mashiah.

 

 

 

 

 

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21.     Mais, lui, il l’est avec serment, par la parole à lui dite : IHVH-Adonaï l’a juré, il ne le regrettera pas : Tu es desservant en pérennité.

 

 

  • Mais, lui, il l’est avec serment, par la parole à lui dite : comme nous l’avons compris, Rabbi Yeshoua a été établi « garant » d’une meilleure kéhouna et ce, par un serment d’Hashem.

 

 

  • IHVH-Adonaï l’a juré, il ne le regrettera pas : comme nous avons pu le constater, l’auteur continue de développer toutes ces doctrines « théologiques » sur les Téhilim du Roi David, qui sont présentés comme ayant été écrits sous l'inspiration du Rouah Hakodesh. Or, il est intéressant de relever qu'il les utilise dans une dynamique prophétique qui dépasse clairement ce que David aurait pu vouloir dire au premier abord. Et à ce sujet, n’est-il pas enseigné dans les Écrits Nazaréens : « Alors Yeshoua leur dit : O hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire tout ce qu'ont dit les Prophètes ! Ne fallait-il pas que le Mashiah souffrît ces choses, et qu'il entrât dans sa gloire ? Et, commençant par Moshé et par tous les Prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait. » (Loucas 24 :25-27)

 

 

  • Tu es desservant en pérennité : autrefois, les Cohanim étaient nombreux puisqu’ils s’agissaient d’homme « mortels » et de ce fait, ils devaient se succéder les uns aux autres. Or, le Mashiah étant ressuscité, est désormais un « unique » Cohen. En d’autres termes, il détient une kéhouna intransmissible : tout est stable et perpétuel.

 

 

 

 

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22.     Ainsi Iéshoua‘ est devenu le garant d’un meilleur pacte.

 

 

  • Ainsi Iéshoua‘ est devenu le garant : en montrant que le Rabbi donne un sens concret aux Écritures, l’auteur de cette Lettre souhaite prouver aux Nazaréens que le Tanakh n’est au fond, qu’une grande « parabole » du Mashiah nécessaire pour témoigner d'une réalité supérieure : celle d'Hashem présente en Yeshoua. De ce fait, en leur expliquant en détails, les particularités de la « kéhouna » des Léviim et ce, à la lumière de la Brit Hadasha ; l'auteur nous aide à mieux connaître le Mashiah, et à saisir sa supériorité infinie sur tous ceux qui l’ont précédé ; et à lui demeurer plus fidèlement attachés.

 

 

  • d’un meilleur pacte : l’alliance avec les Léviim nous a été donné comme une ombre face au soleil [de la Brit Hadasha] puisqu’elle a prophétisé en son essence, les bienfaits du Mashiah et nous a révélé l'ensemble de toutes les bontés d'Hashem : la miséricorde, le pardon des fautes, ou encore l'entrée puisque pardonné, dans l'héritage éternel du Olam Haba. Autrefois, si la « kéhouna » des Léviim en raison de leurs fautes, manquait d'efficacité pour purifier parfaitement les péchés du peuple et communiquer ainsi, une perfection spirituelle, ce n'est désormais plus le cas puisque le Mashiah a été envoyé dans le monde. En réalité, l'auteur veut également nous partager cette réalité ​spirituelle : la Torah et la « kéhouna » des Léviim ne peuvent pas transformer les personnes de l'intérieur sans la présence du Tsadik, celle-ci étant primordiale. En effet, c’est par le Tsadik de vérité que nous avons un contact plus intime avec D.ieu et justement, c’est encore par le Tsadik, que la Torah est capable de prendre une dimension supérieure.

 

 

 

 

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23.     Par surcroît, beaucoup sont devenus desservants, la mort les empêchant de durer.

 

 

  • Par surcroît, beaucoup sont devenus desservants : comme il est enseigné par le Rav Ron Chaya : « Dans le Traité Yoma, la Guémara nous rapporte que le Premier Temple a duré 410 ans pendant lesquels 18 Cohanim Guédolim ont exercé leur fonction. En revanche, il y a eu plus de 300 Cohanim Guédolim durant l’époque du Second Temple, soit pendant 420 ans. » (Rav Ron Chaya)

 

  • la mort les empêchant de durer : continuons dans les enseignements du Rav Ron Chaya : « Sur ces 420 ans, on doit déduire : les 80 ans où Rabbi Yohanan était Cohen Gadol ; les 40 ans où Shimon HaTsadik était Cohen Gadol ; les 10 ans où Yichmaël ben Pabi était Cohen Gadol ; et aussi les 11 ans où Rabbi ben ‘Harsom était Cohen Gadol. En d’autres termes, nous avons environ 280 ans pour 300 Cohanim Guédolim ; il s’avère donc qu’en moyenne, la majorité des Cohanim Guédolim ne finissait pas leur année. Le Talmud témoigne que la qualité spirituelle de la majorité était très bancale, et qu’à l’époque, le titre de Cohen Gadol se vendait au plus offrant, d’où cette hécatombe. » (Rav Ron Chaya)

 

 

 

 

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24.     Mais lui, par le fait qu’il dure en pérennité, il a un sacerdoce intransmissible.

 

  • Mais lui : en référence au Mashiah.

 

  • par le fait qu’il dure en pérennité : comme nous l’avons déjà souligné, le Rabbi ayant remporté une « pleine » victoire contre le péché, a « trompé » la mort et en conséquence, s’est inclus de façon parfaite dans les mondes supérieurs [et dans l’éternité]. 

 

  • il a un sacerdoce intransmissible : puisque la mort d’un Tsadik et notamment, du « Mashiah ben Yossef » lui-même comme « victime » expiatoire pour les péchés de son peuple, n’a pas son pareil comme il est dit : « C'est lui qu’Hashem a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient, victime propitiatoire, afin de montrer sa justice. » (Romains 3 :25) ou encore : « Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. » (1 Yohanan 2 :2)

 

 

 

 

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25.     Par là, il peut donc sauver en totalité ceux qui approchent d’Elohîms par lui, puisqu’il est toujours vivant afin d’intercéder pour eux.

 

 

  • Par là, il peut donc sauver en totalité : de façon parfaite.

 

 

  • ceux qui approchent d’Elohîms par lui : ces notions ont été développées plus tard chez les ‘hassidim : il s’agit du principe de l’attachement au Tsadik.

 

 

  • puisqu’il est toujours vivant afin d’intercéder pour eux : comme il est enseigné : « Le Tsadik qui a quitté le monde matériel peut avoir un rôle d’intercesseur en demandant à D.ieu d’accorder sa bénédiction aux hommes, afin que les requêtes qu’ils formulent soit exaucées. » (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 27)

 

 

 

 

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26.     Oui, il nous fallait un tel grand desservant, sacré, innocent, sans souillure, éloigné des fautes, plus élevé que les ciels.

 

  • Oui, il nous fallait un tel grand desservant : un véritable « Cohen Gadol », soit un Tsadik digne d’une telle fonction [contrairement aux Saducéens lesquels l’avaient complétement dénigré !].

 

  • sacré : du grec « hosios » signifiant : le fait d’être non souillé par le péché, ou le fait d’être libre de toutes formes de méchanceté. Le mot grec peut également décrire un homme observant scrupuleusement les obligations morales contenues dans les Écritures comme il est dit : « Qui ne craindrait, Hashem, et ne glorifierait ton nom ? Car seul tu es Saint [hosios]. Et toutes les nations viendront, et se prosterneront devant toi, parce que tes jugements ont été manifestés. » (Révélation 15 :4) ou encore : « C'est pourquoi il dit encore ailleurs : Tu ne permettras pas que ton Saint [hosios] voie la corruption. (Actes 13 :35)

 

  • innocent : du grec « akakos » signifiant : simple, innocent, inoffensif ; le mot grec peut aussi témoigner d’un homme honnête n’ayant aucune fraude, ou artifice en lui comme il est dit : « Car certains ne servent point le Mashiah notre Seigneur, mais leur propre ventre ; et, par des paroles douces et flatteuses, ils séduisent les coeurs des simples [akakos]. » (Romains 16 :18)

 

  • sans souillure : le Rabbi n’ayant jamais succombé aux plaisirs de ce monde, ou aux diverses tentations du Satan. En d’autres termes, ses vêtements sont toujours restés « blancs » et propres de toutes fautes comme il est dit : « Qu'en tout temps tes vêtements soient blancs, et que l'huile ne manque point sur ta tête. » (Qohèleth 9 :8)

 

  • éloigné des fautes : des transgressions de la Torah comme il est dit : « Quiconque pèche transgresse la Torah, et le péché est la transgression de la Torah. » (1 Yohanan 3 :4)

 

  • plus élevé que les ciels : le Rabbi ayant été élevé au rang hiérarchique le plus élevé : comme Tsadik mais également comme Roi d’Israël. En fait, cette Lettre retentit comme un « appel de phare » pour chacun d’entre nous puisqu'elle invite tous ses destinataires à rentrer pleinement dans les rangs du Mashiah et à persévérer car, rappelle-t-elle, le Rabbi de Natzeret est supérieur à tous les Tsadikim du Tanakh ; et son œuvre expiatoire est plus excellente que tous les sacrifices autrefois apportées selon la « kéhouna » des Léviim. 

 

 

 

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27.     Celui-là n’a pas, comme les grands desservants, la nécessité quotidienne d’offrir des sacrifices, d’abord pour leurs propres fautes, ensuite pour celles du peuple : cela, il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même.

 

  • Celui-là n’a pas, comme les grands desservants : un nouvel argument présente une nouvelle fois encore, l’excellence suprême de la « kéhouna » du Mashiah sur celle des Léviim. Autrefois, les Cohanim Guédolim étaient élus parmi les hommes mais étaient dans l’infirmité, comme ceux d’ailleurs pour lesquels, ils étaient établis. En d’autres termes, tous les hommes étaient sous « l’emprise de la faute » et de ce fait, les Cohanim Guédolim avaient le devoir d’offrir des sacrifices, d’abord pour leurs propres péchés, puis pour ceux du peuple. Or, nous sommes désormais, sauvés par le sacrifice du Mashiah lequel s’est offert pour nous une fois pour toutes. Par conséquent, nous pouvons aujourd’hui, nous approcher d’Hashem dans son Temple Céleste, soit dans un endroit où absolument rien d’impur, ni de souillé, ne peut entrer ; nous étions autrefois considérés comme des pécheurs mais par le sacrifice parfait du Mashiah, nous sommes maintenant sanctifiés [par ses mérites] et sauvés comme il est dit : « Mais D.ieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, le Mashiah est mort pour nous. » (Romains 5 :8)

 

  • la nécessité quotidienne d’offrir des sacrifices : comme il a été enseigné dans les chapitres précédents : « En effet, tout Cohen Gadol pris du milieu des hommes est établi pour les hommes dans le service de D.ieu, afin de présenter des offrandes et des sacrifices pour les péchés. Il peut être indulgent pour les ignorants et les égarés, puisque la faiblesse est aussi son partage. Et c'est à cause de cette faiblesse qu'il doit offrir des sacrifices pour ses propres péchés, comme pour ceux du peuple. » (Hébreux 5 :1-3)

 

  • d’abord pour leurs propres fautes : puisque tous sont tombés ; et par conséquent, selon un angle de la vérité divine, la « kéhouna » des Léviim était forcément « imparfaite » puisque aucun d’entre les Cohanim Guédolim n’avaient réellement « gagné » son combat contre le péché. En d’autres termes, autrefois, tous les Cohanim Guédolim étaient endettés lorsqu’ils apportaient leurs offrandes ; a contrario, avec le Mashiah, c’est plutôt la mort elle-même qui était endettée comme cela fut prophétisé : « Je les rachèterai de la puissance du séjour des morts, je les délivrerai de la mort. Ô mort, où est ta peste ? Séjour des morts, où est ta destruction ? » (Hoshéa 13 :14)

 

  • ensuite pour celles du peuple : comme on le sait, le peuple est également « l’acteur principal » puisque le but d’Hashem est clairement d’expier ses fautes par l’intermédiaire du Cohen Gadol.

 

  • cela, il l’a fait une fois pour toutes : afin de parfaire le monde de la « kéhouna » puisque comme nous l’avons dit, celle-ci était complétement dénigrée par les Cohanim du Second Temple. De plus, étant en exil, nous n’avons plus le Temple pour nous réparer. Néanmoins, nous pouvons partager un enseignement extrêmement intéressant du Rambam rejoignant également les notions d’un Temple « spirituel » et éternel [et ce, même au sein de l’exil] : « La première sanctification réalisée par le Roi Salomon sur le Temple et sur Jérusalem a pris effet sur le moment, et pour les générations futures [ce qui signifie qu’elle ne cesse jamais], même si la ville de Jérusalem est détruite. Pourquoi préciser que le Temple et Jérusalem ont une sanctification éternelle ? Parce que la sainteté de Jérusalem et du Temple est conséquente à la présence de la Shekhina qui ne disparaît jamais. En effet, Hashem dit : Je ferais de vos villes une ruine, et je frapperais de désolation vos Sanctuaires. Nos Maîtres commentent ce verset ainsi : Même s’ils sont frappés de désolation, ils restent dans leur sainteté ! » (Rambam, Lois relatives au Temple, 4). Et effectivement, cette sainteté éternelle nous est aujourd’hui, acquise par les mérites du Mashiah depuis les mondes supérieurs.

 

  • en s’offrant lui-même : comme il est également de la part du Rabbi : « Mes brebis entendent ma voix ; je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. » (Yohanan 10 :27-29)

 

 

 

 

 

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28.     Oui, la tora a établi en grands desservants des hommes doués de faiblesse, mais la parole du serment postérieur à la tora, un fils rendu parachevé pour la pérennité.

 

  • Oui, la tora a établi en grands desservants : selon les directives instaurées par Moshé Rabbénou.

 

  • des hommes doués de faiblesse : charnels et corrompus [contrairement au Mashiah !] comme il est dit : « L'homme serait-il juste devant D.ieu ? Serait-il pur devant celui qui l'a fait ? » (Iyov 4 :17) ou encore : « Comment l'homme serait-il juste devant D.ieu ? Comment celui qui est né de la femme serait-il pur ? » (Iyov 25 :4) ou encore : « Car tous ont péché et sont privés de la gloire de D.ieu. » (Romains 3 :23)

 

  • mais la parole du serment postérieur à la tora : comme nous l’avons déjà vu précédemment, l’auteur fait référence au serment fait au Mashiah lequel fut prophétisé dans les Téhilim du Roi David comme il est dit : « Hashem l'a juré, et il ne s'en repentira point : Tu es Cohen pour toujours, à la manière de Malkitsedek. » (Téhilim 110 :4). En fait, l’auteur expose cette double et importante vérité : d’abord que le Mashiah n’a pas, comme les autres Cohanim Guédolim, besoin d’offrir des sacrifices pour lui-même mais qu’en plus, lorsqu’il s’est offert lui-même comme « victime » expiatoire, il l’a fait en faveur des péchés du peuple ; et ensuite, qu’il n’a nullement besoin de réitérer tous les jours ce sacrifice offert une fois pour toutes, et dont la valeur est infinie et perpétuelle devant le Maître du monde.

 

  • un fils rendu parachevé pour la pérennité : et à ce sujet, il est enseigné dans le Judaïsme que lorsqu’un Tsadik quitte ce monde, il peut se parfaire encore davantage. Et comment est-ce possible ? Car il n’est plus limité par son corps physique. N’est-il pas enseigné : « Cependant je vous dis la vérité : il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai. » (Yohanan 16 :7). De ce fait, il paraît donc évident que le « sacrifice » du Mashiah est encore d’actualité puisque plus le temps continue de filer, et plus le Mashiah devient « grand » dans les mondes supérieurs. En effet, les Tsadikim sont tellement assoiffés d’Hashem qu’ils ne peuvent pas demeurer au même niveau que ce soit dans ce monde, ou dans l’autre.