CHAPITRE 9

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COMMENTAIRES 

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14.     combien plus le sang du messie qui, par le souffle de pérennité, s’est offert lui-même à Elohîms sans tache, purifiera-t-il nos consciences des œuvres mortes pour le service d’Elohîms, le vivant !

 

 

  • combien plus le sang du messie : cela fait référence au sacrifice expiatoire du Mashiah [ben Yossef] comme il est enseigné : Tout comme la vache rousse apporte l’expiation, de même, la mort des Tsadikim apporte également l’expiation. Si la vache rousse a permis d’obtenir l’expiation de la faute la plus grave, celle du veau d’or, combien la mort du Tsadik a, elle aussi, une valeur expiatoire particulièrement profonde. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 28)

 

 

  • qui, par le souffle de pérennité : par un esprit éternel.

 

 

  • s’est offert lui-même à Elohîms sans tache : comme on le sait, Rabbi Yeshoua n’a jamais succombé au péché. 

 

 

  • purifiera-t-il nos consciences des œuvres mortes : en comparaison avec la vache rousse, comme l’enseignent nos Maîtres.  

 

 

COMMENTAIRE N°1

Voici les propos de la Paracha Houkat 20 :1 décrivant la mort de Myriam : les enfants d’Israël, toute la communauté, parvinrent dans le désert de Tsin en le premier mois et le peuple s’arrêta à Kadesh. C’est là que mourut Myriam et là qu’elle fut enterrée. Rachi explique : Pourquoi la paracha de Myriam est-elle rapprochée de celle de la vache rousse ? Afin de te délivrer l’enseignement suivant : tout comme les sacrifices apportent l’expiation, la mort des Tsadikim a le même effet. En effet, la vache rousse permet d’obtenir l’expiation de la faute la plus grave, celle du veau d’or mais la mort du Tsadik a, elle aussi, une valeur expiatoire particulièrement profonde. L’Admour HaZaken montrera que le décès du Tsadik révèle une lumière qui transcende le monde, émanant du huitième des treize attributs de miséricorde divine, appelé Notser : Il garde le bienfait ; terme qui est l’anagramme de ratson, la volonté. Ce décès instaure ainsi un moment de bonne volonté divine dans le monde, qui permet de racheter la faute de la génération, y compris celle qui a été commise sciemment. Il n’en est pas de même, en revanche, pour les sacrifices offerts sur l’autel, qui rachètent uniquement les fautes commises par inadvertance comme l’établit le verset Vayikra 4 :2 : Quand un homme transgressant par inadvertance l’un des interdits de l’Éternel, aura agi contrairement à l’un d’eux et l’on verra, à ce propos, le Traité Shabbat 70a. La révélation obtenue n’est donc nullement comparable à celle de la vache rousse ou du décès du Tsadik. La vache rousse, en revanche, rachète également les trois klipot totalement impures, comme le contact d’un mort ou le veau d’or. De la même façon, la mort des Tsadikim rachète aussi les fautes commises délibérément, qui proviennent de ces trois klipot totalement impures. Tout comme la vache rousse purifie l’impureté contractée par contact avec un cadavre, le décès du Tsadik en fait de même. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 28)

 

 

  • pour le service d’Elohîms, le vivant : le sacrifice du Mashiah nous permet de perfectionner notre Avodat Hashem.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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27.     Et comme il appartient aux hommes de mourir une seule fois et c’est ensuite le jugement.
 

 

  • Et comme il appartient aux hommes de mourir une seule fois : selon nos Maîtres, il y a plusieurs "chemins" qui s’offrent à l’homme après la mort : lorsqu’une personne meurt, en fonction de son niveau, de sa sainteté et/ou de ses péchés ; il peut soit aller directement au Gan 'Eden [comportant lui-même plusieurs niveaux], soit aller au Gey-Hinnom [l’enfer a plusieurs niveaux également] ou soit revenir en guilgoul [réincarnation] dans un autre corps.

 

COMMENTAIRE N°1

Néanmoins, pour certains, ce verset paraît contradictoire car l’auteur des Hébreux précise bien qu’un homme ne meurt qu’une seul fois après quoi, viendra son jugement… Or, on parle de choses complétement différentes dans ce verset : l’auteur nous parle d'un être humain "entier" avec toutes les parties de son âme ; la notion de guilgoul parle plutôt de parties d'âmes, ce qui signifie qu'un homme ne reviendra plus jamais de façon totale. Dans tous les cas, l'épisode de l'aveugle-né dans le chap. 9 de l’Évangile de Yohanan prouve que les talmidim du Rabbi croyaient en la réincarnation. Dans le même élan, Flavius Joseph enseigne que les pharisiens, groupe Juif auquel Rabbi Yeshoua appartenait, croyaient également en ce processus de réincarnation. 

On pourrait être tenter de croire que l'auteur de la Lettre aux Hébreux ne donne que son avis mais finalement, celui-ci se révèlerait faux. En effet, si on admettait cette potentialité, nous pourrions le comparer à certains débats dans le Judaïsme où certains de nos Maîtres, surtout au Moyen-âge, refusaient également la notion de guilgoul. Au final, certains s'en sont "repentis" et les autres ont été discrédités par tous les autres Maîtres ; pour donner un exemple, le Rambam et le Rav Saadia Gaon eux-mêmes ne croyaient pas en la réincarnation. La doctrine du guilgoul commencera lentement à être admise par les milieux rabbiniques officiels, grâce à Na’hmanide et à d’autres Maîtres mais de manière plutôt allusive et discrète. Plus globalement, la tradition Juive enseignait que l’âme après la mort se rendait dans les mondes spirituels pour y attendre le Jour du Jugement.

Quoi qu’il en soit, le processus de guilgoul appelle forcément à une forme de jugement et finalement, ce n’est donc pas contradictoire… Pour revenir en guilgoul, on meurt une seule fois et ensuite on est jugé ; ce qui correspond à la description de la Lettre aux Hébreux. En effet, il y a des règles concernant la réincarnation et ces règles impliquent un jugements des âmes qui doivent être réparées chacune selon ses actes comme il est dit : Aussi longtemps qu’une personne ne parvient pas à atteindre ses objectifs dans ce monde, le Saint Béni soit-il, la déracine et la replante autant de fois qu’il le faut. (Zohar I, 186b).

De plus, pour toujours kashériser davantage les Écrits Nazaréens, le contexte du verset est le suivant : de même que Yeshoua s'est offert une seule fois pour les péchés, de même il est gardé pour l'homme de mourir une seule fois. Or, dans le même élan, comme nous le verrons dans les commentaires suivants, Rabbi Na’hman de Breslev enseigne à ses talmidim que tout celui qui s'attache à lui, ne reviendra jamais en guilgoul car le Tsadik s’engage à réparer leurs âmes.

Selon cette interprétation, la pensée de l’auteur de la Lettre aux Hébreux étant purement ‘hassidique, indique que c’est identique dans le cas de Rabbi Yeshoua : Tout celui qui s'attache à celui qui est mort une fois pour toute ne reviendra jamais en guilgoul.

 

COMMENTAIRE N°2

Ses talmidim lui firent cette question : Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle ? (Yohanan 8 :2)

 

Les talmidim du Rabbi de Natzeret cherchaient à en savoir un peu plus concernant le "pourquoi" [la raison] de nos malheurs dans ce monde…Ainsi, ils posent la question : Rabbi, qui est fautif, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? Il est bien précisé "lui" ou "ses parents" mais une contradiction paraît présente car un fœtus ne peut pas pécher… En effet, comment cet homme aurait-il pu pécher tout en naissant aveugle ? Par conséquent, si les talmidim du Rabbi cherchent à en savoir plus, cela signifie qu'ils croyaient en la potentialité que cet homme ait péché dans une vie antérieur selon le phénomène Juif du guilgoul hanéchamot.

 

Et effectivement, selon les secrets de la Torah, il existe un phénomène appelé le guilgoul hanéchamot, c'est-à-dire le retour de parties d'âmes dans un nouveau corps ; celui-ci est accordé au hommes pour compléter leur mission dans le monde ou pour réparer leurs erreurs effectuées dans un guilgoul précédent [dans une vie antérieure].

 

Rabbi Na’hman de Breslev, à ce sujet, a affirmé que tout celui qui s’attacherait à lui ne reviendrait plus jamais en guilgoul dans ce monde [sa réparation étant totalement prise en charge par le Tsadik]. De la même manière, dans la Lettre envoyée aux Hébreux, il est dit que l'homme meurt une fois puis vient son jugement ; cela signifie donc que pour ceux qui s'attachent au Mashiah, ils ne reviendront pas non plus en guilgoul, leur réparation [jusqu’à d’Adam Harichon] étant parfaitement assurée par Yeshoua.

 

Pour mieux comprendre, nous pourrons nous inspirer des principes de base de la ‘Hassidout : l'âme du Messie a précédé la Création du monde et elle est la racine de toutes les âmes d'Israël, tout le monde a été créé pour ce Tsadik et c'est avec l'âme de ce Tsadik qu'Hashem a pris conseil pour créer le monde. Il est garant, auprès du Saint Béni soit-Il, de réparer le monde. Ainsi, tout le service divin, les guilgoulim de chacun et les réparations de tout homme passe par lui. (Les sept piliers et fondements de la foi, Éditions Keren Rabbi Israël).

 

Pour information, le Ari Hakadosh a également transmis toute sa connaissance sur les guilgoulim à son talmid, le Rabbi ‘Haïm Vital, qui a consigné ces enseignements dans un Livre : le Shaar HaGuilgoulim.

 

COMMENTAIRE N°3

 

Quand Yeshoua eut pris le vinaigre, il dit : Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l'esprit. (Yohanan 19 :30).

 

Comme nous l’avons vu dans les commentaires précédents, Rabbi Na’hman de Breslev a affirmé que tout celui qui s’attacherait à lui ne reviendrait plus jamais en guilgoul dans ce monde [sa réparation étant totalement prise en charge par le Tsadik].

 

Voici les propos du Rav Avraham Ifra’h sur ce sujet.

 

Lorsque Rabbi Na’hman a affirmé : J’ai gagné et je gagnerai, j’ai fini et je finirai ; son intention était de formuler une promesse vis-à-vis de chacun, celle de le faire parvenir à la réalisation de son tikoun. Avec Rabbi Na’hman, plus besoin de réincarnation ; le passage sur terre est optimisé. Aucun élève n’a redoublé dans l’école Breslev car il n’y a tout simplement pas besoin de rattrapage, telle est la signification de l’affirmation : Je gagnerai. Avec tous ses défauts, ses zones d’ombre, ses contradictions, Rabbi Na’hman va faire gagner son élève ; non seulement optimiser son passage sur terre mais aussi lui donner le courage d’avancer, le goût de la vie et ainsi, redessiner son sourire sur son visage, etc… (Rav Avraham Ifra’h)

 

Comme nous l’avons également dit, ceux qui s'attachent au Mashiah ne reviendront pas non plus en guilgoul, leur réparation [jusqu’à d’Adam Harichon] étant parfaitement assurée par Yeshoua ayant déclaré : Tout est accompli. (Yohanan 19 :30)

 

 

  • et c’est ensuite le jugement : et c’est pourquoi dans le Judaïsme, il est si capital d’affirmer que la mort n’est pas la fin. Or, même si nous ne savons pas exactement comment nos âmes seront traitées, que ce soit en haut ou en bas, nous avons la garantie que les vertueux recevront une récompense correspondant à leurs bonnes actions et que les méchants regretteront amèrement le mal qu’ils ont commis. (Rav Benjamin Blech). Néanmoins, pour nous, Nazaréens, notre sort est déjà scellé par les mérites du Tsadik ; plus concrètement, étant attachés au Mashiah, notre seule direction sera celle du Olam Haba ainsi qu’il est enseigné que le Tsadik est lui-même la Cour céleste et qu’il a le pouvoir de décréter le Gan 'Eden pour l'un et le Gey-Hinnom pour l'autre. (Sefer Hamidot Tsadik, 1 :54) et que tout pouvoir se trouve entre les mains du Tsadik et qu’il peut faire ce qu'il veut. (Likouté 'Etsot, Tsadik, 1 :43). En complément, il suffit de s’inspirer de l’Évangile de Yohanan où il est écrit : Que votre cœur ne se trouble point. Croyez-en D.ieu et croyez en moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n'était pas, je vous l'aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et, lorsque je m'en serai allé et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi. (Yohanan 14 :1-3) ; comme on peut le comprendre, le simple fait de s’attacher à Yeshoua nous procure le Olam Haba. En effet, comment celui qui est lui-même la Cour céleste pourrait-il condamner ses propres talmidim, alors qu’il les a d’ailleurs justifiés en son nom comme l’enseigne l’Apôtre Shaoul dans toutes ses Lettres ? 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28.     de même le messie a été offert une seule fois pour porter les fautes de beaucoup ; mais il apparaîtra une deuxième fois, sans nulle faute, à ceux qui l’attendent pour le salut.

 

  • de même le messie a été offert : en sacrifice.

 

  • une seule fois pour porter les fautes de beaucoup : comme Mashiah ben Yossef.

 

  • mais il apparaîtra une deuxième fois : comme Mashiah ben David.

 

  • sans nulle faute : toujours aussi kadosh, pur et sans péchés.

 

  • à ceux qui l’attendent pour le salut : pour la guéoula, la délivrance finale.