CHAPITRE 12

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COMMENTAIRES 

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3.     Oui, considérez donc celui qui a enduré contre lui-même une telle contradiction de la part des fautifs, pour que vous ne souffriez pas des êtres défaillants devant vous.
 

  • Oui, considérez donc celui qui a enduré contre lui-même : cela fait référence au Mashiah.

 

  • une telle contradiction de la part des fautifs : une telle opposition de la part d’hommes pécheurs.

 

  • pour que vous ne souffriez pas des êtres défaillants devant vous : afin de ne pas vous laisser abattre par des âmes découragés.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Voici une étude concernant une des pires fautes, en horreur à l’Éternel, appelée le découragement.

Pour commencer, un enseignement du Talmud et rapporté également dans le Tanya, stipule qu’avant de descendre dans ce monde, l’âme est assermentée : l’âme doit être "tsadik" et non "racha" mais ceci est étonnant car bonne de nature, l’âme ne devrait pas pouvoir fauter… Comment peut-on imaginer alors qu’elle se comporterait mal ici-bas et pourquoi l’oblige-t-on à prêter un tel serment ? En réalité, ce n’est pas pour l’âme mais plutôt pour le corps ; voici l’explication : limitée dans ce corps, l’âme pourrait vouloir le quitter... C’est pourquoi, par exemple, tous les matins, nous récitons le Modéani et nous remercions Hashem de nous avoir rendu notre âme. Ainsi, par cet enseignement, on pourra aisément comprendre que c’est parce qu’Hashem lui a fait prêter ce serment que l’âme reste dans notre corps : tu vas descendre dans un monde insupportable, chez un homme qui sera peut-être non méritant mais tu devras demeurer avec lui ! Si tu m’écoutes, tu seras appelée "tsadik" et si, malgré tout, tu décides de le quitter, tu seras appelée "racha" ; l’âme ne quittera donc jamaais le corps, ayant été assermentée…

Ceci est, en vérité, est un grand message d’espoir : Sachez, dit le Maître du monde, le bien ne se découragera pas de vous, parce que je l’ai obligé à vous supporter, quoi qu’il arrive… Dans ce cas, dire, par exemple, que nous ne pouvons pas faire "téchouva" faire un retour dans les bras d’Hashem, en raison de la gravité de nos fautes est un méfait plus grave encore que la faute elle-même car elle entraîne découragement et désespoir… Les fautes de l’homme pourraient bien lui faire douter de sa faculté à faire téchouva, d’être tourné vers le bien ou de s’améliorer, mais tout comme l’âme qui a prêté serment de ne jamais abandonner, l’homme, même fauteur, ne doit jamais se désespérer de sa capacité à de faire le bien !

Oh ! Si je n'étais pas sûr de voir la bonté de l'Éternel sur la terre des vivants ! Espère en l'Éternel ! Fortifie-toi et que ton cœur s'affermisse ! Espère en l'Éternel ! (Téhilim 27 : 13-14)

Ce sentiment de découragement n’apparait pas uniquement dans les grandes épreuves traversées mais également dans les événements qui sont notre quotidien, dans les projets réalisés et qui n’aboutissent pas, dans nos déceptions, nos désillusions ou nos renoncements. La faute principal de l’homme sera toujours de se décourager mais l’âme, elle, ne se décourage jamais de nous ! Ce n’est pas la faute qui tue mais le découragement, la certitude de ne pas être réparée, ou de nous reconstruire… Le Talmud nous demande expressément de ne pas avoir de nous-mêmes une perception négative, ou dépréciative.  En effet, on peut constamment faire téchouva, Hashem aime tous les talmidim du Mashiah, peu importe l’état de leurs niveaux spirituels. Se considérer comme un racha peut nous déprimer et nous rendre encore plus racha… En revanche, si nous avons été racha et que nous sommes désormais semblables aux Tsadikim ou essayons de leur ressembler, un tant soit peu, il n'y a pas de source plus grande de bonheur car nous sommes en train de tout réparer !

En quoi est-il néfaste d’être découragé et de ne pas être heureux ? Comment vaincre cela ?  

Le but de la Torah est de nous faire vivre de la façon la plus intense et la plus heureuse qu'il puisse y avoir dans ce monde. Or, cette intensité n’est présente que lorsque nous sommes branchés avec Hashem, qui est la source de toute vitalité. Il n’existe aucune autre source de bonheur !  En effet, branché avec Hashem, on obtient le bonheur, la sim’ha, l’enthousiasme et tout ceci entraîne par ricochet la bénédiction dans toutes les choses matérielles aussi.

La Torah, dans le cadre des malédictions de la Paracha Réé, reproche aux enfants d’Israël de ne pas avoir vécu une Avodat Hashem dans la sim’ha. Or, la Kabala nous enseigne que c'est pourtant l'élément essentiel qui nous permet de nous rapprocher de D.ieu.  Rabbénou Ari qui a dévoilé toute la Kabala moderne nous a révélé qu’il avait acquis tous les secrets et tous les degrés extraordinaires du Ciel, parce qu'il accomplissait les mitsvot avec sim’ha.

Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; je le répète, réjouissez-vous. (Philippiens 4 :4)

La tristesse au contraire, est l'envoyé du mal et elle est l'envoyé de la mort. Lorsque notre enthousiasme et notre sim’ha sont arrêtés, c’est une petite mort, ’hass véchalom ! La tristesse détient beaucoup d’impuretés sur soi, bien plus que tout autre péchés... Comment gérer notre cœur durant cette période ? 

Il faut comprendre qu’il existe deux types de tristesse :

  • celle négative, nous faisant ressentir un manque d’amour d’Hashem, de sa proximité, de ses mitsvot, de sa Torah et de notre besoin d’hitbodedout envers lui. Cet état est proche de la dépression, dans lequel, nous n’avons plus envie de rien !

 

  • une seconde forme de tristesse, plutôt positive, est comparable aux attentes d’une femme se languissant d’un époux loin d’elle ! Elle est certes, en larmes de le savoir loin mais la tristesse exprime combien elle l’aime, combien elle se sent proche de lui ! Nous devons atteindre cette tristesse car notre Mashiah et Sauveur Yeshoua reviendra bientôt pour nous récupérer et nous conduire dans de meilleures journées, et plus ensoleillées...

Servez l'Éternel, avec joie, venez avec allégresse en sa présence ! (Téhilim 100 :2)

Mitsva lihiyote bésim'ha : c’est une mitsva d'être dans la joie ! 

Chantez à D.ieu, célébrez son nom ! Frayez le chemin à celui qui s'avance à travers les plaines ! L'Éternel est son nom : réjouissez-vous devant lui ! (Téhilim 68 :4)

La résurrection de Yeshoua a dévoilé toute la puissance de D.ieu, c’est cette même puissance qui est disponible pour chacun d’entre nous.

Si Hashem est capable de ramener Yeshoua d’entre les morts, il peut très facilement gérer tous nos soucis… Aucune difficulté n’est trop grande pour lui et n’oublions pas qu’il est également spécialisé dans les cas désespérés ! D.ieu connaît tout et il peut mettre "la puissance de la résurrection" en œuvre pour chacun d’entre nous, pour tous les domaines de notre vie car Hashem est capable de tout, et il ne connaît pas de limites… Nous ne devrons jamais oublier qu’au travers du nom de Yeshoua, nous avons tout et surtout, de belles promesses car il est notre espérance.  Nous ne devons donc pas désespérer car Hashem terminera ce qu’il a commencé en nous. Nos échecs ne changeront rien car si nous abandonnons, notre D.ieu ne nous abandonneras jamais ! Yeshoua nous a tout donné et nous a octroyé le salut dans cette vie, et dans le monde futur alors quelle que soit l’œuvre que D.ieu a commencée dans nos vies, il conduira cette œuvre au bout et il ne renoncera pas ! Alors battons-nous et avançons !

Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour du Mashiah Yeshoua. (Philippiens 1 :6)

 

 

 

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6.     Oui, celui qu’aime IHVH-Adonaï, il le corrige ; il châtie tout fils qu’il agrée. 

 

 

  • Oui, celui qu’aime IHVH-Adonaï, il le corrige : comme cela est enseigné par le Roi Shlomo.

 

Car l'Éternel châtie celui qu'il aime, comme un père l'enfant qu'il chérit. (Mishlei 3 :12)

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour mieux comprendre ces enseignements du Tanakh, nous pourrons nous inspirer des enseignements du Rav Shalom Arush.

 

Voici l’exemple sincère d’une conversation sincère entre Itzik et son fils, Dvir.  Assis sur la pelouse du parc pour passer un bon moment entre père et fils, Itzik voulait comprendre ce qui dérangeait son fils. Depuis longtemps, il voyait que Dvir était triste, en colère et même effrayé. Ayant parlés de tout et de rien, lorsque les cœurs se sont enfin ouverts, Itzik s'est tourné vers Dvir et lui a demandé, pourquoi il était triste ? À la grande surprise de son père, Dvir lui dit : Papa, j'ai peur de toi. J'ai peur que tu me punisses, que tu me fasses du mal, que tu me hurles dessus et que tu me frappes, etc… Le père n'en croyait pas ses oreilles et répondit à son fils : Pourquoi penses-tu cela ? Je ne cherche que ton bien, tu ne vois pas à quel point je t'aime, te gâte et investis dans ton éducation matérielle et spirituelle ? C'est vrai, je te fixe des limites et t'interdis des choses mais c'est pour ton bien, pour te préserver et te protéger de tout mal ; et ce afin que tu acquières les vraies valeurs et bonnes habitudes pour la vie. Il arrive que je doive te punir mais même alors, j'agis envers toi avec beaucoup de bonté et compassion. Et c'est précisément parce que je t'aime et que je veux que tu réussisses. Quand je te fais des reproches, ou je te punis, je veux te réveiller sur certains points mais je ne veux jamais ton mal. Quand je suis forcé d’être sévère, cela me fait mal personnellement et je suis encore plus désolé que toi d'avoir à le faire, et ce n'est, en aucun cas, ni par haine ni par cruauté… (Rapporté par le Rav Shalom Arush)

 

Cela semble être l’histoire de tous…  Alors qu'en dites-vous, qui voit les choses de façon juste ? Dvir a-t-il raison ? Et s'il avait tort, quel serait son erreur ? Il est clair que le fils voit son père d'une façon erronée, il ne comprend pas que la relation fondamentale qui unit le père à son fils est avant tout un lien d'amour.  Pourquoi je vous parle de cette conversion étrange qui semble si illogique ?  Parce que nous ressentons tous, inconsciemment, des sentiments similaires envers notre Père céleste qui nous aime. Il est vrai que n'importe qui peut le dire, et même ressentir que D.ieu l'aime. Tout le monde sait en son subconscient que D.ieu l’aime, qu’il est bon, miséricordieux et que tout ce qu'il fait, est pour le bien.  Pourtant, lorsque tu es dans l'épreuve et que tu es triste, anxieux, stressé ou tourmenté, tu exprimes là tes inquiétudes quant à la bienveillance du Créateur du Monde. Tu montres ainsi, que tu ne crois pas vraiment que le Créateur t'observe à tout moment et t'aime plus qu'un Père aime son fils. Et c'est là que réside l'essence de la foi car croire au Créateur du monde ne suffit pas. C’est la base mais pas son essence. La foi, sans son essence, peut complètement fausser notre perception...  En quoi réside réellement l'essence de la foi ?  L’essence de la foi réside dans le sentiment qui remplit le cœur du croyant, le relie et le connecte au Créateur comme un père avec son fils aimé, comme il est dit : Comme un enfant sevré reposant dans les bras de sa mère. (Téhilim 131 :2). Le croyant devrait ressentir profondément qu'il est entre les mains de la Providence, du Créateur qui l'aime et fait tout pour son propre bien et veut lui offrir le meilleur du monde. Tu dois savoir en qui tu crois, c’est-à-dire que tu dois croire en un Créateur du monde qui t'aime. Si cette connaissance n'est pas ancrée au fond de ton cœur, si cette vérité t'échappe, alors tu perdras pieds. Acquérir cette connaissance en profondeur et la vivre, c'est croire en D.ieu ; sinon tu crois en un D.ieu effrayant qui, selon toi, peut te faire du mal. Toute ta croyance repose alors sur une sorte de Créateur et de providence qui n’est que fausse croyance, un D.ieu qui ne serait que le fruit de ton imagination. Autrement dit, tu ne peux atteindre ton objectif car tu diriges toute ta foi vers la mauvaise adresse ; la foi vraie, c'est croire en un vrai D.ieu, le Créateur du monde, le Père miséricordieux qui aime toutes ses créatures et t'aime vraiment. Par conséquent, cette connaissance que D.ieu t'aime est essentielle à la foi véritable et tu te trompes d'adresse, dès lors que tu n'es pas dans cette vérité. 

 

 

  • il châtie tout fils qu’il agrée : telle est également l’attitude du Mashiah.

 

Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j'aime. Aie donc du zèle et repens-toi. (Révélation 3 :19)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11.     Toute correction, sur le moment, ne semble pas être une joie, mais une peine. Mais elle rend plus tard à ceux qui l’ont reçue son fruit de paix et de justice, à ceux qui sont exercés par elle.

 

 

  • Toute correction, sur le moment, ne semble pas être une joie, mais une peine : au premier abord, la correction est bien évidemment, un sujet de tristesse ; elle parait dure, pénible, etc.… mais en réalité, ceci est une façon de voir les choses totalement erronée ; Hashem n’est que miséricorde et compassion.

 

 

  • Mais elle rend plus tard à ceux qui l’ont reçue : l’ont accepté et l’ont regardé comme un réel bien.

 

 

  • son fruit de paix et de justice : la correction divine produit de merveilleux fruits en nous, tels la paix et la justice.

 

COMMENTAIRE N°1

 

La sentence de nos Sages est bien connue de tous : De même que l’on doit réciter une bénédiction pour un bienfait, de même doit-on réciter une bénédiction pour un mal, à D.ieu ne plaise. Le Talmud explique qu’il ne s’agit pas de réciter la même bénédiction (car la bénédiction prononcée pour un bienfait est : Qui est bon et fait le bien ; confronté à un malheur, en revanche, on dit : Béni sois-tu […] Juge de vérité. Or, la comparaison introduite par la locution conjonctive "de même que" signifie qu’il faut accepter avec joie, l’adversité comme la joie que l’on tire d’un bien révélé et apparent. Car celle-là aussi (l’infortune) est pour le bien, seulement ce bien n’est pas révélé et visible aux yeux de chair. Pourquoi ce bien est-il insaisissable ? Car il procède des mondes spirituels qui appartiennent à la dimension du monde caché, qui est plus élevé que les mondes spirituels qui relèvent de la dimension du monde révélé, source du bien visible aux yeux de chair. L’adversité, ressentie comme telle par l’homme incapable d’en percevoir le contenu, procède en fait d’un niveau de bien supérieur, caché du divin. Et c’est pour cela que les Sages, de mémoire bénie, ont dit que ceux qui se réjouissent dans l’affliction, c’est à leur propos que le verset dit : Et ceux qui L’aiment seront comme le soleil quand il émerge dans sa puissance. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 26)

 

 

  • à ceux qui sont exercés par elle : cela fait référence au fait d’être enseigné par la correction divine, d’en tirer une leçon.   

 
 
 

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14.     Poursuivez la paix avec tous et la consécration, sans laquelle personne ne verra IHVH-Adonaï.

 

  • Poursuivez la paix avec tous : du grec "eirene"…

Voici la définition du mot grec "eirene" :

  • dans un état de tranquillité totale

  • shalom entre les individus, harmonie, concorde

  • sûreté, sécurité, prospérité, félicité, grâce à la paix et à l'harmonie qui rendent les choses sûres et prospères.

  • la paix du Mashiah.

  • l'état tranquille de l'âme assurée de son salut au travers du sacrifice de Yeshoua

  • l'état béni d’un homme tsadik et pieux après la mort.

Ils disaient : Béni soit le Roi qui vient au nom du Seigneur ! Shalom dans le ciel et gloire dans les lieux très hauts ! (Loucas 19 :38)

D.ieu n'est pas un D.ieu de désordre, mais de shalom. Comme dans toutes les communautés des saints. (1 Corinthiens 14 :33) 

 

COMMENTAIRE N°1

La notion de paix est importante pour le Judaïsme, elle est le but ultime de toute existence, celle du monde, de l’humanité et de l’individu.

Shalom est le nom même de D.ieu. (Derekh Erets Zouta)

Le Mashiah est aussi appelé l’ange du shalom car il permettra la connexion et la bonne entente entre tous les individus. (Rav Avraham Ifra’h)

Éloigne-toi du mal, et fais le bien ; recherche et poursuis le shalom. (Téhilim 34 :14)

Le terme hébreu "shalom" est employé plus de 250 fois dans le Tanakh et des milliers de foi dans la littérature rabbinique. En effet, le mot "shalom" est employé dans des différents contextes démontrant ainsi, la multiplicité de son sens : social, politique, spirituel, moral et même cosmique, voire métaphysique.

Le shalom représente donc une valeur suprême et un aboutissement ultime.

Tout ce qui a été écrit dans la Torah, ne l’a été que pour la paix. (Guitin 59b)

Mon peuple demeurera dans le séjour du shalom, dans des habitations sûres, dans des asiles tranquilles. (Yeshayahou 32 :18)

Je suis pour le shalom. (Téhilim 120 :7)

S’il n’y a pas la paix, il n’y a rien du tout. (Midrash Tan’houma, Nitsavim 6)

Un Rav se tenait sur la place publique lorsque Elyahou lui apparut. Le Rav lui demanda : Y a-t-il sur cette place un seul homme qui aura une part dans le Olam Haba ? Elyahou fit une réponse négative… Sur ces entrefaites, deux hommes vinrent à passer. Elyahou déclara : Ceux-ci auront une part dans le Olam Haba. Que faites-vous ? leur demanda le Rav. Nous faisons des heureux ; quand nous voyons des gens dont l’esprit est troublé, nous les réconfortons et quand nous voyons deux hommes qui se querellent, nous faisons régner la paix entre eux. (Taanit 22a)

Que l'Éternel te bénisse, et qu'il te garde ! Que l'Éternel fasse luire sa face sur toi, et qu'il t'accorde sa grâce ! Que l'Éternel tourne sa face vers toi, et qu'il te donne la paix ! (Bamidbar 6 :24-26)

Bien-aimée est la paix, puisque les bénédictions ne se terminent que par l’espoir de la paix. De même, la bénédiction sacerdotale conclut par ces mots : Et te donne la paix. (Bamidbar 6 :24-26). Cela montre ainsi que toute autre bénédiction serait sans valeur si la paix ne l’accompagnait pas. (Bamidbar Raba 11 :7)

 

  • et la consécration : du grec "hagiasmos"…

Voici la définition du mot grec "hagiasmos" :

  • consécration : action de donner à D.ieu, une place éminente ; le fait d'être totalement consacré,

  • purification : ensemble de rites religieux nous délivrant d'impuretés, de souillures morales ; c’est également l’action de nous purifier en nous débarrassant de nos fautes, etc…

  • sanctification : action de sanctifier, d’être véritablement guidés dans un chemin de sainteté, loin de tous défauts et proche d’un état de perfection morale…   

 

Car D.ieu ne nous a pas appelés à l'impureté mais à la sanctification. (1 Thessaloniciens 4 :7)

 

COMMENTAIRE N°2

 

Avant de parler de la sanctification, pour commencer, il est important de préciser que nous devons être des hommes équilibrés et ne pas tomber dans des extrêmes… En effet, dans l’avancement de notre Avodat Hashem, nous devons exiger énormément de nous, il n’y a que comme cela qu’on peut avancer constamment mais, n’oublions pas, il nous faut être également très indulgent avec nous-mêmes, par rapport à tous échecs subis. Ne nous voilons pas la face, les échecs seront encore présents demain. De plus, on ne devient pas Yeshoua en un claquement de doigts, c’est un processus extrêmement long et difficile ; c’est même d’ailleurs, le fruit d’une vie de 120 ans, et encore…

Ne sois pas juste à l'excès et ne te montre pas trop sage : pourquoi te détruirais-tu ? (Qohelet 7 :16)

Tous les débuts sont difficiles. (Soukkah 46b)

Nous sommes loin de la perfection, alors prenons conscience de cela et ainsi, nous pourrons éliminer la culpabilité et le désespoir, qui sont deux grands ennemis de notre génération.

Une fois, le Rav Salanter, un expert des middot, un homme qui a travaillé avec acharnement des dizaines d’années sur lui-même, était malheureux… Lorsqu’on lui en a demandé la raison, il a dit : Je ne m’étais pas mis en colère depuis 10 ans et aujourd’hui, quelqu’un m’a énervé et je n’ai pas pu me contenir ! Nous pouvons donc voir que même pour des géants, la victoire totale est une impossibilité ; lui-même, dont le travail de moussar était bien plus intense et considérable que la majorité des gens, a fini par retomber dans la faute… Nous ne devons donc pas nous décourager car il est normal de tomber. Hashem aime cela dans le sens où il sait qu’on va se battre et qu’on n’en ressortira plus fort ; le racha, par contre, tombe et reste au sol ! Or, cela ne doit être notre cas, c’est d’abord ça la voie de la sanctification !

La Torah nous enseigne également que même Moshé Rabbénou s’est énervé par 3 fois, si ces géants sont tombés, comment pouvons-nous réussir ? La sanctification est un donc un  chemin, dans lequel, le Mashiah nous conduira par le Rouah Hakodesh ! Améliorons-nous constamment et n’oublions pas : chacune de nos petites améliorations, aussi minimes soient-elles, valent l’infini aux yeux de D.ieu… 

Voici plusieurs méthodes clés pour une vie de sanctification réussie :

  • parler avec Hashem en hitbodedout,

  • étudier la Torah.

  • travailler nos middot par l’étude du moussar,

  • pratiquer les mitsvot avec sim’ha,

La hitbodedout (prière personnelle) est vraiment la clé essentielle… En effet, pour marcher avec D.ieu, il nous faudra bien évidemment parler avec lui ; cela parait logique. Après tout, comment pouvons prétendre connaître et marcher avec quelqu’un sans lui parler ? Ainsi, nous devrons fixer un temps avec Hashem, sous le regard bienveillant de notre Tsadik et Mashiah, Rabbi Yeshoua ; nous pouvons favoriser notre chambre, un endroit calme, retiré comme les forêts, etc… 

Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est là dans le lieu secret et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. (Matityahou 6 :6)

Yeshoua se rendit sur la montagne pour prier et il passa toute la nuit à prier D.ieu. (Loucas 6 :12)

Dans ces moments de prière personnelle, nous devons déverser notre cœur, implorer l’aide d’Hashem, casser notre solitude, apprendre sur nous-mêmes, ou encore s’encourager dans notre marche ; des éléments extraordinaires pour nous permettre de nous sanctifier ! 

En effet, la hitbodedout est un moment privilégié : nous nous adressons au seul interlocuteur qui pourra réellement nous comprendre ; c’est la clé de toutes nos réussites. Peu importe nos progressions, peu importe nos visions, peu importe nos échecs, nous devrons constamment être tournés vers Hashem.

Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis car lui-même prend soin de vous. (1 Kéfa 5 :7)

Aucun n'est exclu de cette pratique, il suffit d'avoir du cœur et une bouche comme l’enseigne Rabbi Na’hman de Breslev.

En effet, la piété ne dépend pas de la lecture répétée des Téhilim, des jeûnes pénibles, des bains rituels dans la glace et la neige... Ce sont des choses auxquelles, ni la raison, ni le savoir ne trouvent de repos. (Rav Moshé Haïm Luzzatto)

Si seulement l'homme pouvait prier toute la journée ! (Bérakhot 21a)

L’arme principale du Mashiah et de chaque Juif, c’est la téfila ! Chaque téfila, chaque brakhah, chaque Téhilim et chaque remerciement chuchotés permettent de rapprocher la guéoula. (Rabbi Na’hman de Breslev)

 

Le but de l'homme ici-bas est donc de prier afin de fracasser les montagnes qui sont dressés devant lui, afin d’être toujours plus proches d’Hashem. Si nous désirons réellement l’unité avec notre Créateur, alors il honorera les demandes de nos cœurs, nous parlera et nous conduira.

D.ieu parle tantôt d'une manière, tantôt d'une autre. (Iyov 33 :14)

En complément, bien évidemment, au-delà de la hitbodedout, le chemin de la sanctification doit engager nos âmes dans l’étude de Torah. Nous devrons donc entamer plusieurs sujets d’études et lentement, ce qui était inaccessible deviendra accessible pour la compréhension. Les Maîtres d’Israël nous ont enseigné que nous n’avons pas l’obligation de tout finir, ni de tout savoir mais néanmoins, nous avons l’obligation de commencer !

Effectivement, l’étude de la Torah est infinie, chaque information et chaque nouvelle notion que nous apprenons proviennent de la Parole de D.ieu et sont donc extrêmement vivifiantes car elles nous permettent de nous brancher avec lui. Fixer des moments d’étude n’est donc pas une option !

Fortifie-toi seulement et aie bon courage, en agissant fidèlement selon toute la Torah que Moshé, mon serviteur, t'a prescrite ; ne t'en détourne ni à droite ni à gauche, afin de réussir dans tout ce que tu entreprendras. (Yéhochoua 1 :7) 

Il est enseigné dans une Mishna du Traité Péa : "vetalmoud torah kéneged coulam" l'étude de la Torah vaut comme toutes les 613 mitsvot réunies. Chaque mot d'étude de Torah vaut les 613 mitsvot réunies, c'est donc certainement la mitsva positive la plus importante de toutes !

  • Un mot de Torah = 613 mitsvot.

  • Par exemple, le ‘Hafets ‘Haïm a écrit qu'on peut lire 200 mots de Torah en une minute, ce qui nous donnerai un total de 122 600 mitsvot par minute, et en une heure, on ferait 7 356 000 mitsvot… Ce n’est pas mal du tout !

Pour pousser encore plus, le Ben Ich Haï a écrit au nom des kabbalistes : l'étude de Torah pendant Shabbat vaut 1000 fois plus, ce qui nous conduirait ainsi, au score de 73 560 000 000 mitsvot. C’est d’un grand génie ! Si on fait le calcul, pour une heure d’étude de Torah, le Shabbat, on arrive au point de plusieurs milliards de mitsvot… (Rapporté par le Rav Ron Chaya)

Concernant l’étude de la Torah, nous devons nous rappeler aussi une vérité importante : plus l’ampoule est forte, mieux nous verrons… Tout devient plus net ! Plus notre esprit est éclairé et renouvelé, plus nous découvrirons des richesses dans la Torah. C’est également le travail du Rouah Hakodesh du Mashiah, celui nous aider pour comprendre la Parole de D.ieu et pour nous montrer comment l’appliquer dans nos vies.

Le Saint Béni soit-Il donne la révélation de ses voies et cela uniquement, dans le but d’être imité. (Sotah 14a)

 

 

  • sans laquelle personne ne verra IHVH-Adonaï : ainsi, comme l’enseigne l’auteur de cette Lettre, la recherche de la sainteté et de l’amélioration de soi est une clé pour voir Hashem ; autrement dit, s’éloigner de la sanctification permanente nous éloigne de D.ieu. Ceci est un avertissement extrêmement important.

 

COMMENTAIRE N°3

 

Pour mieux comprendre l’auteur de la Lettre aux Hébreux, nous pourrons nous inspirer des enseignements du Rav David ‘Hanania Pinto.

 

On peut également expliquer que dans : Voici la chose qu’a ordonnée l’Éternel, faites-la ; l’accent est mis sur le faire, comme dans : le temps est venu d’agir pour l’Éternel. (Téhilim 119 :126). L’homme doit être entièrement tourné vers D.ieu, toutes ses pensées façonnées uniquement vers lui, c’est pourquoi "faites-la" car il ne suffit pas d’être attaché à D.ieu et de se rapprocher de lui ; il faut agir avec perfection, sans aucune défectuosité. L’homme qui se conduit ainsi est digne que D.ieu se révèle à lui et il ressentira sa présence en tous lieux jusqu’au jour de sa mort. Cela rappelle ce qu’ont dit, nos Sages à propos du verset : Tout mâle se fera voir. (Shemot 23 :17) ; à savoir qu’on "se fait voir" et aussi qu’on voit car D.ieu se montre à lui ; pour tout cela, il faut une profonde humilité et un grand effacement de soi, conditions indispensables à la révélation de la gloire divine. (Rav David ‘Hanania Pinto)  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22.     Au contraire, vous vous êtes approchés du mont Siôn, de la cité d’Elohîms, le vivant, de Ieroushalaîm des ciels et de myriades de messagers, d’une panégyrie,

 

 

  • Au contraire, vous vous êtes approchés du mont Siôn : et tout ceci avait été prophétisé par Yeshayahou comme il est dit : Des peuples s'y rendront en foule et diront : Venez et montons à la montagne de l'Éternel, à la maison du D.ieu de Yaakov, afin qu'il nous enseigne ses voies et que nous marchions dans ses sentiers. Car de Sion sortira la Torah et de Jérusalem la parole de l'Éternel. (Yeshayahou 2 :3).

 

 

  • de la cité d’Elohîms, le vivant : et comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d'avoir la vie en lui-même. (Yohanan 5 :26) et au sujet de l’expression contenue dans le verset des Téhilim : Quel est l’homme qui désire la vie ? (Téhilim 34 :13) ; Rabbi Chnéour Zalman souligne que le moyen d’obtenir la vie est l’attachement au Tsadik. Le Tsadik est l’intermédiaire qui relie à D.ieu et c’est pour cette raison qu’il peut distribuer le faisceau de vie. (Tanya et commentaires, Iguéret Kodesh, chap. 27). Pour relier ces paroles avec la Lettre aux Hébreux, il est aisé de comprendre qu’au travers du Mashiah et Tsadik Yeshoua, nous avons accès à la véritable vitalité divine présente dans le Saint Béni soit-Il.

 

 

  • de Ieroushalaîm des ciels : nous pouvons vivre dans ce monde, par le mérite du Tsadik, un goût de la Jérusalem des temps futurs. Dans tous les cas, nous sommes alimentés au travers d’elle et nous en jouiront pleinement les fruits lors de l’avènement du Mashiah.

 

COMMENTAIRE N°1

Concernant la Jérusalem céleste des temps futurs, Rabbi Yrmeyahou a dit : Dans les temps qui viennent, le Saint Béni soit-Il renouvellera son monde et il construira Jérusalem en la faisant descendre toute bâtie des hauteurs ; cela afin qu'elle soit indestructible et il a juré qu'il n'exilera plus jamais la communauté d'Israël. (Zohar Béréshit 114b).

 

COMMENTAIRE N°2

Mais la Jérusalem d'en haut est libre, c'est notre mère. (Galates 4 :6)

 

Dans la Lettre aux Galates, Shaoul voit au travers de Agar et Sara, l’image des deux alliances. D’une part, Agar, l’esclave ; celle-ci enfante, non selon la promesse mais selon la chair : elle représente une Ancienne Alliance où les hommes se justifiaient par leurs propres mérites, le Mashiah n’étant pas encore venu dans le monde… D’un autre côté, Sara est la femme libre, elle enfante selon la promesse : elle représente l’Alliance Renouvelée prophétisée par Yrmeyahou, elle est la Jérusalem céleste qui est la mère des véritables croyants, puisqu’ils sont nés de nouveau dans son sein et par les moyens de la grâce dont elle est dépositaire. Cette Alliance Renouvelée est libre puisqu’elle renferme tous les talmidim que le Mashiah a justifiés.

Ainsi l’Apôtre Shaoul, voulant caractériser les différences entre ces deux alliances met en contraste Agar et Sara, la chair et la promesse, l’esclavage et la liberté et, dans le développement de cette comparaison, une autre image s’offre à lui pour rendre la même pensée et il oppose la Jérusalem terrestre à la Jérusalem d’en haut, cette dernière étant connectée au Tsadik.

 

 

  • et de myriades de messagers : comme il est aussi enseigné : dans lesquelles les anges désirent plonger leurs regards. (1 Kéfa 1 :12).

 

 

  • d’une panégyrie : l’éloge panégyrique ou simplement le panégyrique, du latin emprunté au grec paneguris, traduit l’idée d’un regroupement, d’une assemblée de tout un peuple à la louange d'un personnage illustre ou d'une nation, etc… En termes plus précis, il s’agit du regroupement des talmidim de Yeshoua à la louange d’Hashem, du Mashiah et de la nation d’Israël.  

 
 

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24.     et de Iéshoua’, le médiateur d’un pacte neuf, et d’un sang d’aspersion qui parle mieux que celui d’Èbèl.

 

  • et de Iéshoua’, le médiateur d’un pacte neuf : l’intermédiaire entre D.ieu et les hommes, soit le véritable Tsadik au travers de l’Alliance renouvelée.  

 

  • et d’un sang d’aspersion qui parle mieux que celui d’Èbèl : dans l’idée d’un sang supérieur, d’une plus grande portée.

 

COMMENTAIRE N°1

Comme on le sait, le Mashiah Yeshoua était un Tsadik par excellence, qui fut injustement condamné ; dans le Sefer Béréshit, ‘Hevel est une préfiguration de ce concept.

En effet, pour commencer, ‘Hevel est présenté par la Torah comme le premier Tsadik injustement condamné : il a voulu offrir une belle offrande afin d’honorer Hashem, ce qui a suscité la jalousie de son frère, Kayin, qui l’a tué ! Un premier lien est donc finalement déjà présent : certains rabanim corrompu ont jalousé l’autorité de Yeshoua pendant l’époque du Second Temple, ce qui a valu sa mort étant donné qu’ils l’ont fait crucifier… D’ailleurs, Rabbi Yeshoua de Natzeret, lui-même, fera explicitement une allusion au sang de ‘Hevel lors d’une remontrance au peuple.

C'est pourquoi, voici, je vous envoie des Prophètes, des Sages et des soferim. Vous tuerez et crucifierez les uns, vous battrez de verges les autres dans vos synagogues et vous les persécuterez de ville en ville, afin que retombe sur vous tout le sang innocent répandu sur la terre, depuis le sang d'Hevel, le Tsadik jusqu'au sang de Zekharia. (…) Jérusalem, Jérusalem qui tues les Prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes et vous ne l'avez pas voulu ! Voici, votre maison vous sera laissée déserte car, je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez : Baroukh Haba Beshem Adonaï ! (Matityahou 23 :34-39)

Bien que le peuple ne se soit pas repenti devant l’appel à la téchouva de Yohanan HaMatbil et de Yeshoua, le Mashiah a accepté de mourir et a ainsi, revêtu de la mission du Mashiah ben Yossef afin de porter les péchés du Am Israël, comme Yeshayahou l’avait prophétisé au chap. 53. Rabbi Yeshoua a donc fait le choix de subir ouvertement une condamnation injuste afin de sauver son peuple. En soi, pour continuer de comparer rapidement avec ‘Hevel, le sacrifice de Yeshoua est tout d’abord, librement consenti et est bien plus parfait car celui-ci apporte rédemption, le pardon de tout un peuple et ceux même, du monde entier pour celui qui le reconnaît comme Sauveur et Maître.

 

Le sang de ‘Hevel ne peut pas prétendre avoir atteint ce niveau-là ; autrement, la guéoula aurait déjà commencé, il y a des milliers d’années, ce qui n’est pas le cas. Pour confirmer ces propos, il suffit de regarder la Torah Orale qui nous parle de la beauté du sacrifice du Mashiah, qui parle bien mieux que celui de ‘Hevel car "aucun autre homme" nous dit le Zohar, n'aurait été capable de porter les châtiments d'Israël pour la transgression de la Torah, car il est écrit : Certainement ce sont nos maladies qu'il a portées. (Yésha'yahou 53 :4). (Zohar II, 212a)

 

Le Midrash Pesiqta Rabbati rapporte également que ce sera de son plein gré que le Mashiah ben Yossef acceptera de se faire humilier et exécuter par les nations afin d’expier les péchés d’Israël. 

Le Saint Béni soit-Il commencera à discuter avec lui et lui dira : les péchés viendront bientôt sur toi comme un joug de fer et ils te rendront comme ce veau dont les yeux furent affaiblis. Et ils étoufferont ton esprit avec un joug et ta langue sera bientôt attachée à ton palais par leurs péchés. Le veux-tu ? (...) Si ton âme est troublée, j’enlèverai les malheurs dès maintenant. Le Mashiah lui dira : Maître des mondes, c’est avec joie et réjouissance en mon cœur que je l’accepte pour qu’aucun en Israël ne soit perdu et seront sauvés en mes jours, non seulement ceux qui vivent mais aussi ceux qui sont dissimulés dans la poussière ; seront sauvés en mes jours non seulement ceux qui meurent mais aussi tous ceux qui sont morts depuis le premier Adam jusqu’à maintenant ; et pas seulement eux mais aussi les morts nés et pas seulement les morts nés mais aussi ceux qui sont montés dans ta pensée pour être créés mais qui n’ont pas encore été créés. Si c’est ainsi, je le veux, si c’est ainsi, j’accepte le joug sur moi. (...) Concernant ce moment, David pleura et dit : Ma force se dessèche comme l’argile. (Téhilim 22 :15). Lorsque ce moment viendra, le Saint béni soit-Il lui dira : Ephraïm, Mashiah, ma justice, tu l’as déjà accepté [cette souffrance] depuis les six jours du commencement et maintenant, ta douleur sera mienne. (Pesiqta Rabbati 161-162)

Vous vous êtes approchés de la montagne de Sion, de la cité du D.ieu vivant, la Jérusalem céleste, des myriades qui forment le chœur des anges, de l'assemblé des premiers-nés inscrits dans les cieux, du juge qui est le D.ieu de tous, des esprits des Tsadikim parvenus à la perfection, de Yeshoua qui est le médiateur de l’Alliance Renouvelée et du sang de l'aspersion qui parle mieux que celui de ‘Hevel. (Hébreux 12 :21-24)

 

En complément, il sera intéressant de remarquer que les Écrits Nazaréens nous parle d’un sang qui parle mais la Torah va même plus loin, elle parle d’un sang qui crie !  

 

D.ieu dit : Qu'as-tu fait ! Le cri du sang de ton frère s'élève, jusqu'à moi, de la terre. (Béréshit 4 :10)

Rachi commente ce passage : Son sang et le sang de ses descendants. (Sanhédrin 37a)

Une nouvelle perle de la Torah nous est ainsi, apportée par Rachi : D.ieu annonce "les sangs d’Hevel crient vers moi" … Pourquoi "les sangs" au pluriel ?

Les commentateurs (Onkelos, Rachi ou encore Ibn Ezra) expliquent qu’il s’agit du sang de ‘Hevel et de ses descendants. Pourquoi ce commentaire ? En réalité, la réponse est très logique et très simple. Qu'est-ce qu'un homme ? C'est lui et une descendance potentielle… En assassinant un homme, on assassine tous ceux qui seraient venus au monde par son intermédiaire ; c’est pourquoi, par exemple, il est écrit dans le Talmud que l’homme est un monde entier. (Sanhédrin 37a)

Dans une autre approche, plus spirituelle que physique, nous pourrions également y voir une allusion avec le sang du Mashiah ; le sang de ‘Hevel et le sang de Yeshoua nous donnerait alors l’expression "les sangs" ; ce qui serait en parfaite adéquation avec le Livre de la Révélation, étant donné que Yeshoua est l’Agneau de D.ieu, immolée depuis la fondation du monde. (Révélation 13 :8). De plus, on pourrait aussi se poser la question : le sang de Yeshoua crie-t-il vers Hashem ? Bien évidemment, la réponse est à l’affirmative car comme on le sait, Hashem reconnaît et accepte la valeur absolue du sang de Yeshoua afin de réconcilier tout homme, Juif ou non-Juif, avec lui.

En Yeshoua, vous qui étiez jadis éloignés, vous avez été rapprochés par le sang du Mashiah. (Éphésiens 2 :13)

Comme l’Apôtre Shaoul l’a enseigné aux Éphésiens, la puissance du sang de Yeshoua est assez puissante pour sauver et rapprocher le monde entier du D.ieu d’Israël ; ainsi, le sang de ‘Hevel criait également mais le sang de Yeshoua parle ou "crie" mieux que celui de ‘Hevel, dans le sens où son impact est bien plus important…

Car D.ieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. (Yohanan 3 :16)

En effet, l’impact du sang, du sacrifice, de la mission du Mashiah ben Yossef est un fondement clé des Écrits Nazaréens… Les références au sacrifice de Yeshoua mettent l’accent sur le fait qu’il a réellement versé son sang au mont Golgotha et qu’il est mort pour tous pécheurs ; le sang du Mashiah a donc le pouvoir d’expier un nombre infini de péchés commis par un nombre infini de personnes au travers des âges. 

Nous pourrons utiliser la Torah Orale pour mieux comprendre l’importance du sang [du sacrifice] versé par Rabbi Yeshoua, celui-ci étant comparable également au sang de l’agneau pascal de Pessa’h.

 

Le sang vous servira de signe sur les maisons où vous serez ; je verrai le sang et je passerai par-dessus vous, et il n'y aura point de plaie qui vous détruise, quand je frapperai le pays d'Égypte. (Shemot 12 :13)

 

Le Mekhilta commente la phrase :  "Je verrai le sang" et la relie à l'Akéda d’Its’hak.

Et quand il voit le sang, il voit le sang du sacrifice d'Its’hak, comme il est dit : Et Avraham a appelé le nom de ce lieu Hashem-Yireh, le Seigneur verra. (Béréshit 22 :14). Et il est aussi écrit : Et il était sur le point de détruire, le Seigneur l'a vu et il s'est repenti. (1 Divré Hayamim 21 :15). Que voyait-il ? Il a vu le sang du sacrifice d'Its’hak, comme il est dit : D.ieu lui-même verra l'agneau pour l'holocauste. (Béréshit 22 :8). (Mekhilta de Rabbi Yichmaël, Psi'ha 11)

Le lendemain, il vit Yeshoua venant à lui et il dit : Voici l'Agneau de D.ieu, qui ôte le péché du monde. (Yohanan 1 :29)

 

Comment tout ceci est possible ? Commet Its’hak a-t-il un quelconque lien avec le sang de Pessa’h ? De là, on comprend que c’est par le mérite de la Akéda d’Its’hak que les enfants d’Israël sont sortis de l’esclavage ; ainsi, de la même façon, la Akéda de Yeshoua a expié les péchés du Am Israël en vue de la délivrance finale, établie sur le même modèle que celui de la sortie d’Egypte. Hashem a accepté le cri du sang de Yeshoua, comme l’unique moyen pour pardonner nos fautes ; en Yeshoua, nous sommes pleinement justifiés !

À celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, et qui a fait de nous un Royaume, des cohanim pour D.ieu son Père, à lui soient la gloire et la puissance, aux siècles des siècles ! Amen ! (Révélation 1 :5-6)

Continuons dans les commentaires de Rachi afin de développer tous ces concepts. Kayin a dit à l’Éternel : Mon crime est trop grand pour être supporté. (Béréshit 4 :13)

Kayin reconnaît donc avoir fauté et effectivement, Rachi nous en donne un meilleur aperçu : Tu supportes les mondes d’en-haut et d’en bas, et tu ne supporterais pas ma faute ?

Pour Rachi, Kayin reconnaît la faute qu’il a commise mais néanmoins, il engage aussi Hashem à porter cette faute comme il porte le monde…. Kayin a donc une approche qu'on pourrait qualifier de "chrétienne" mais qui pourtant, est pleinement Juive kasher : D.ieu doit porter le péché du monde, sinon l'homme serait écrasé par le poids de ses transgressions, c’est exactement ce que ressent Kayin.

 

Ainsi, pour mieux comprendre la puissance et la portée du sang de Yeshoua, nous devons également rappeler la situation initiale : Adam et Hava ont désobéi et pour cela, ils ont été chassés du Gan Eden. En plus de leur malédiction, D.ieu a également maudit le Satan.

Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t'écrasera la tête et tu lui blesseras le talon. (Béréshit 3 :15)

Voici une interprétation : Je mettrai inimitié entre toi [le Satan] et la femme [Hava], entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t'écrasera la tête [la descendance de ‘Hava] et tu lui blesseras le talon.

En gros, D.ieu a promis qu’un jour, un descendant de ‘Hava [un Tsadik] vaincrait, écraserait la tête du Satan mais pas "sans souffrances" car comme nous le pouvons le constater, le Satan lui mordra le talon... Mais alors quand est-ce que viendra ce descendant de ‘Hava qui vaincra le Satan et délivrera l’humanité de la faute d’Adam Harichon ? Qui est celui qui accomplira ces exploits ? Le Mashiah ? Est-ce Kayin ou ‘Hevel ? Ce n’est techniquement pas possible car Kayin est dominé par le péché, et Hevel meurt tué par son frère… On retombe une nouvelle fois, sur la mission du Mashiah ben Yossef, la mission accomplie par Yeshoua dont le sang est capable de nous justifier et nous réparer jusqu’à la faute d’Adam Harichon.