CHAPITRE 2

Le chapitre est complet, tous les versets sont disponibles

a898170403d6c1e14f37a5cc4e582f1b.png

COMMENTAIRES 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1.     Ensuite, au bout de quatorze ans, je suis monté de nouveau à Ieroushalaîm, avec Bar-Naba et Titus, que j’avais pris avec moi.

 

 

  • Ensuite, au bout de quatorze ans : en plaçant, comme le font certains historiens, l’immersion de l’Apôtre Shaoul aux environs de l’an 36 et en rajoutant ces quatorze années supplémentaires depuis la « grande révélation » de Damas, on arriverait bien aux alentours de l’an 50 : soit la date du Concile de Jérusalem dirigé par Yaakov HaTsadik comme il est dit : « Les Apôtres et les Anciens se réunirent pour examiner cette affaire. » (Actes 15 :6)

 

 

  • je suis monté de nouveau à Ieroushalaîm : en référence au second voyage de l’Apôtre Shaoul décrit également dans le chap. 15 du Livre des Actes : « Quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères, en disant : Si vous n'êtes circoncis selon le rite de Moshé, vous ne pouvez être sauvés. Shaoul et Bar-Naba eurent avec eux un débat et une vive discussion et les frères décidèrent que Shaoul et Bar-Naba et quelques-uns des leurs, monteraient à Jérusalem vers les Apôtres et les Anciens, pour traiter cette question. Après avoir été accompagnés par la communauté, ils poursuivirent leur route à travers la Phénicie et la Samarie, racontant la téchouva des non-Juifs et ils causèrent une grande joie à tous les frères. Arrivés à Jérusalem, ils furent reçus par la Kéhila, les Apôtres et les Anciens et ils racontèrent tout ce que D.ieu avait fait avec eux. Alors quelques-uns du parti des pharisiens, qui avaient cru, se levèrent, en disant qu'il fallait circoncire les non-Juifs et exiger l'observation de la Torah de Moshé. » (Actes 15 :1-5)

 

  • avec Bar-Naba : Yossef était un Lévi, originaire de l'île de Chypre ; ce talmid du Rabbi était un homme vraiment apprécié des autres Apôtres puisqu’ils l’avaient tous surnommé « fils d’encouragement » ou « fils d’exhortation » afin de faire ressortir son grand ‘hessed comme il est dit : « Yossef, surnommé par les Apôtres Bar-Naba, ce qui signifie fils d'exhortation, Lévite, originaire de Chypre. » (Actes 4 :36). En fait, dans les Écrits Nazaréens, Bar-Naba est souvent présenté, avec soin, comme une personne bienveillante et généreuse : un exemple vraiment positif pour la Kéhila de Jérusalem. Notons également qu’il a joué un rôle d’intermédiaire extrêmement important entre Shaoul et les autres Apôtres. En effet, l’intercession de Bar-Naba en faveur de Shaoul, jusqu’alors connu pour être un persécuteur de la Kéhila, ne saurait être minimisée comme il est dit : « Alors Bar-Naba, l'ayant pris avec lui, le conduisit vers les Apôtres et leur raconta comment sur le chemin Shaoul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé, et comment à Damas il avait prêché franchement au nom de Yeshoua. » (Actes 9 :27) ou encore : « Bar-Naba se rendit ensuite à Tarse, pour chercher Shaoul et, l'ayant trouvé, il l'amena à Antioche. Pendant toute une année, ils se réunirent aux réunions de la communauté et ils enseignèrent beaucoup de personnes. Ce fut à Antioche que, pour la première fois, les talmidim furent appelés les messianiques. » (Actes 11 :25-26)

 

 

  • et Titus : un Nazaréen d’origine non-Juive comme il est dit : « Mais Titus, qui était avec moi et qui était non-Juif, ne fut pas même contraint de se faire circoncire. » (Galates 2 :3) ; Titus était tout comme Bar-Naba un « collaborateur et compagnon d’œuvre » de l’Apôtre Shaoul comme cela est relaté dans la Lettre aux Corinthiens : « Ainsi, pour ce qui est de Titus, il est notre associé et notre compagnon d'œuvre auprès de vous. » (2 Corinthiens 8 :23) ou encore : « J'ai engagé Titus à aller chez vous. » (2 Corinthiens 12 :18). Ailleurs, nous voyons également combien ce talmid du Mashiah était précieux pour Shaoul comme il est dit : « Je t'ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste à régler et que, selon mes instructions, tu établisses des Anciens dans chaque ville. » (Titus 1 :5) ou encore : « Titus est allé en Dalmatie. » (2 Timotheos 4 :10). Pour information, une tradition « patristique » d’Eusèbe de Césarée fait de Titus, le « premier dirigeant » Nazaréen des communautés de Crète comme il est dit : « Il est raconté que Timothée obtint le premier le gouvernement de l’Église d’Éphèse ; de même que Tite, lui aussi, celui des Églises de Crète. » (Eusèbe de Césarée, au chap. 4 de l’Histoire Ecclésiastique III)

 

  • que j’avais pris avec moi : Shaoul était accompagné par ces deux collaborateurs, Bar-Naba et Titus, dont l’un était d’origine Israélite [de Lévi] et l’autre d’origine non-Juive… En prenant Titus avec lui, Shaoul souhaitait démontrer un point important : si Titus était traité comme un véritable Nazaréen [ayant un pass droit pour le Olam Haba !] par la Kéhila de Jérusalem, malgré son origine non-Juive, la cause de « la justification par la émouna » était gagnée.  

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------


2.     J’y suis monté selon le découvrement, et j’ai mis en face d’eux l’annonce que je crie parmi les goîm, mais en privé, devant les plus importants d’entre eux, de peur que je ne coure ou n’aie couru en vain.

 

 

  • J’y suis monté selon le découvrement : en référence, une nouvelle fois, avec la « révélation messianique » vécue par l’Apôtre sur le chemin de Damas comme il est dit : « Comme j'étais en chemin et que j'approchais de Damas, tout à coup, vers midi, une grande lumière venant du ciel resplendit autour de moi.  Je tombai par terre, et j'entendis une voix qui me disait : Shaoul, Shaoul, pourquoi me persécutes-tu ? Je répondis : Qui es-tu, Seigneur ? Et il me dit : Je suis Yeshoua le Nazaréen, que tu persécutes. Ceux qui étaient avec moi virent bien la lumière mais ils n'entendirent pas la voix de celui qui parlait. Alors je dis : Que ferai-je, Seigneur ? Et le Seigneur me dit : Lève-toi, va à Damas et là on te dira tout ce que tu dois faire. » (Actes 22 :6-10)

 

 

  • et j’ai mis en face d’eux l’annonce que je crie parmi les goîm : l’annonce de la « justification par la émouna » disponible [pour les Juifs et les non-Juifs] gratuitement en Yeshoua. En effet, la Bonne Nouvelle est qu’Hashem a expié toutes nos fautes par l’intermédiaire du Mashiah comme il est également enseigné de façon allusive dans le Yalqout Moshiach : « Le Mashiah ben Yossef ne vient pas pour lui-même, il ne vient que pour amener le Mashiah ben David. Il donnera son âme, et il sait que sa mort et son sang serviront d’expiation pour la nation de D.ieu. » (Yalkout Moshiach) ou encore dans le Tanya : « Le décès d’un Tsadik accomplit des merveilles jusqu’au fin fond de la terre, il rachète les fautes de la génération, y compris celles qui ont été commises intentionnellement. » (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 28)

 

 

  • mais en privé, devant les plus importants d’entre eux : Yaakov HaTsadik et Shimon Kéfa, dans le but de vérifier si « son enseignement » prêché parmi les non-Juifs, était bien « toraïque » et valable ; et la preuve que oui, justement en la personne de Titus comme il est dit : « Mais Titus, qui était avec moi et qui était non-Juif, ne fut pas même contraint de se faire circoncire. » (Galates 2 :3) 

 

 

  • de peur que je ne coure : Shaoul a toujours cherché, dans l’intérêt de l’Évangile, à établir un « parfait partenariat » avec les autres Apôtres afin que d’une part, les « faux enseignants » ne puissent pas s’appuyer en leurs noms ; et que d’autre part, ils ne surgissent pas de « malentendus » entre lui et la Kéhila de Jérusalem. Ces passages sont des enseignements précieux pour nous montrer combien le fait de maintenir une unité et une certaine forme d’harmonie est importante pour des serviteurs de D.ieu. Au sujet de Shaoul, comme nous l’avons déjà mentionnée dans nos commentaires sur le premier chapitre, il a bien été précisé dans le Livre des Actes : « En passant par les villes, ils recommandaient aux frères d'observer les décisions des Apôtres et des Anciens de Jérusalem. » (Actes 16 :4)

 

 

  • ou n’aie couru en vain : selon son propre témoignage, Shaoul craignait d’avoir « couru en vain » et d’avoir enseigné une doctrine contraire aux directives de la Kéhila de Jérusalem. Par conséquent, il aurait mal interprété « les souhaits » du Mashiah mais bien évidemment, ce ne fut pas le cas comme l’a tranché notre Chef et Maître, Yaakov HaTsadik : « C'est pourquoi je suis d'avis qu'on ne crée pas des difficultés à ceux des non-Juifs qui se tournent vers D.ieu. » (Actes 15 :19)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

3.     Mais Titus, qui est avec moi, un Hellène, n’a pas été obligé de se faire circoncire.

 

  • Mais Titus, qui est avec moi, un Hellène : comme nous l’avons vu précédemment, Titus était un Nazaréen d’origine non-Juive. 

 

 

  • n’a pas été obligé : notre Chef, Yaakov HaTsadik, a tranché comme Beit Hillel [processus de conversion par l’immersion] et non comme Beit Shammaï [processus de conversion par la circoncision]. Conclusion, voici le schéma instaurée pour les non-Juifs lors du Concile de Jérusalem : Être immergé au nom de Yeshoua ; garder une base de la Torah comme l’interdiction de sang, l'immoralité sexuelle et les pratiques idolâtres ; plus, respecter la mitsva du Shabbat car comme cela est relaté, les Nazaréens d’origine non-Juive devaient apprendre « le reste » des mitsvot de la Torah tous les Shabbatot dans les synagogues… En soi, la circoncision « pour le converti » devait se réaliser dans la suite logique de son parcours [et non comme un impératif pour accéder au Olam Haba !]. À ce sujet, nous citerons la décision finale de Yaakov HaTsadik : « C'est pourquoi je suis d'avis qu'on ne crée pas des difficultés à ceux des non-Juifs qui se tournent vers D.ieu mais qu'on leur écrive de s'abstenir des souillures des idoles, de l'impudicité, des animaux étouffés et du sang. Car, depuis bien des générations, Moshé a dans chaque ville des gens qui le prêchent, puisqu'on le lit tous les jours de Shabbat dans les synagogues. » (Actes 15 :19-21)

 

 

  • de se faire circoncire : comme nous pouvons le constater, Titus n'a pas été obligé, par la Kéhila de Jérusalem, de passer par un processus de conversion selon Shammaï [circoncision obligatoire pour être converti et pour accéder au Olam Haba !]. Malgré tout, nous pourrions relever qu’il était fort étrange pour les Apôtres du Mashiah de voir un incirconcis considéré, comme étant un « véritable serviteur » d’Hashem. Néanmoins, tous reconnurent cette « liberté d’action » dans le Mashiah, au point de ne pas exiger la circoncision de Titus… Shaoul était en accord avec le fait d’appliquer scrupuleusement toutes les œuvres de la Torah dont l’œuvre de la circoncision, pourvu qu’on ne s’en autorisât pas pour « affaiblir ou ruiner » la doctrine de la justification par la foi [dans le Tsadik de vérité] ; dans ce cas, il s’y est opposé avec la plus grande énergie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------


4.     Cela, à cause de faux frères, des intrus, qui se sont introduits pour épier la liberté que nous avons dans le messie Iéshoua’ et nous asservir.

 

 

  • Cela, à cause de faux frères, des intrus : certains Juifs de branche « shammaïte » ayant cru en la messianité de Yeshoua ont inspirés « crainte et peur » aux Nazaréens d’origine non-Juive ; ils furent considérés comme de « faux frères » par Shaoul étant donné qu’ils ont répandu des enseignements erronés parmi les communautés comme il est dit : « Ayant appris que quelques hommes partis de chez nous, et auxquels nous n'avions donné aucun ordre, vous ont troublés par leurs discours et ont ébranlé vos âmes. » (Actes 15 :24) et de plus, ils n’ont malheureusement pas suivi l’ensemble des directives de Yaakov puisqu’ils sont encore venus perturber les Galates.

 

 

  • qui se sont introduits pour épier : en référence au « ayin hara » de ces hommes.

 

  • la liberté que nous avons : cette liberté enseignée par Shaoul et les Apôtres était de se lier dans un premier temps, au Tsadik de vérité « par la émouna » et d'avancer grâce au Rouah Hakodesh ; le but étant dans un second temps, d’avancer dans les voies de la Torah [chacun selon son niveau et chacun selon ses capacités !].

 

 

  • dans le messie Iéshoua’ : le Mashiah est censé réparé toute l’humanité ; de la même façon, tout comme Shaoul ou encore Yaakov, il n’aurait pas souhaité créer de difficultés aux non-Juifs ; cette façon de penser est en accord avec les Évangiles comme il est dit : « Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. » (Matityahou 29 :11-30) ; comme Matityahou nous l’a enseigné, le « joug » de la Torah du Mashiah est « doux » et « léger » pour les Juifs ; à combien de plus de fortes raisons, pour des étrangers élevés dans le polythéisme. La Didaké va également dans ce sens lorsqu’elle déclare : « Si donc tu peux porter le joug du Seigneur [le joug de la Torah] tout entier, tu seras parfait mais, si tu ne le peux pas, fais ce que tu peux. Quant à la kasherout, porte ce que tu pourras. » (Didaké 6 :1-2)

 

 

  • et nous asservir : car ces hommes prêchaient « le Guey-Hinnom » pour les non-Juifs [car ils n’étaient pas circoncis] et ce, peu importe, leur foi dans le Mashiah. Ce joug inspiré de la Torah de Beit Shammaï est également dénoncé par Shimon Kéfa au moment du Concile comme il est dit : « Les Apôtres et les Anciens se réunirent pour examiner cette affaire. Une grande discussion s'étant engagée, Kéfa se leva, et leur dit : Hommes frères, vous savez que dès longtemps D.ieu a fait un choix parmi vous, afin que, par ma bouche, les non-Juifs entendissent la parole de l'Évangile et qu'ils crussent. Et D.ieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage, en leur donnant la Rouah Hakodesh comme à nous ; il n'a fait aucune différence entre nous et eux, ayant purifié leurs cœurs par la foi. Maintenant donc, pourquoi tentez-vous D.ieu, en mettant sur le cou des talmidim un joug que ni nos pères ni nous n'avons pu porter ? Mais c'est par la grâce du Seigneur Yeshoua que nous croyons être sauvés, de la même manière qu'eux. » (Actes 15 :6-11)

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------


5.     Mais nous n’avons pas cédé par soumission à ceux-là, pas même pour une heure, afin que la vérité de l’annonce demeure pour vous…

 

 

  • Mais nous n’avons pas cédé : Shaoul et avec lui, plusieurs autres talmidim du Rabbi, n’ont pas cédé aux interprétations de ces Nazaréens de branche « shammaïte » ; autrement, la vérité de l’Évangile aurait certainement sombré dans l’oubli comme il est dit : « Je ne rejette pas la grâce de D.ieu car si la justice s'obtient par la Torah, le Mashiah est donc mort en vain. » (Galates 2 :21) 

 

 

  • par soumission à ceux-là : comme nous l’avons vu, certains Juifs présents au Concile de Jérusalem (Actes 15) étaient d’entrain de dénigrer, au milieu des différentes communautés, la doctrine de la justification par la émouna [dans le Tsadik de vérité].

 

 

  • pas même pour une heure : cette puissante doctrine de « l’attachement au Tsadik » ne doit, en aucun cas, être débattue. De plus, c’eût été renier une doctrine fondamentale de l’Évangile et remettre les Nazaréens d’origine non-Juive, sous un « joug pesant » puisque selon ces Juifs Nazaréens, tous les non-convertis étaient bon pour le Guey-Hinnom… Or, il est portant enseigné : « Avec les Juifs, j'ai été comme Juif, afin de gagner les Juifs (…)  avec ceux qui sont sans Torah, comme sans Torah (…) afin de gagner ceux qui sont sans Torah. J'ai été faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver de toute manière quelques-uns. » (1 Corinthiens 9.20-22) ; le but pour un véritable Nazaréen, étant de rapprocher les âmes et non de les « terroriser » par la peur du Guey-Hinnom. 

 

 

  • afin que la vérité de l’annonce demeure pour vous… : les Nazaréens d’origine non-Juive ne sont pas obligés de se circoncire pour hériter du Olam Haba ; le « salut de chacun » a été « remporté » par le Tsadik de vérité lorsqu’il est mort [pour nous] sur le Mont Golgotha. À ce sujet, il est enseigné : « Il nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous aurions faites, mais selon sa miséricorde, par une immersion dans la régénération et le renouvellement du Rouah Hakodesh, qu'il a répandu sur nous avec abondance par le Mashiah Yeshoua notre Sauveur, afin que, justifiés par sa grâce, nous devenions, en espérance, héritiers de la vie éternelle. Cette parole est certaine et je veux que tu affirmes ces choses, afin que ceux qui ont cru en D.ieu s'appliquent à pratiquer de bonnes œuvres. » (Titus 3 :4-8)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

6.     Et pour ceux qui paraissaient les plus importants (ce qu’ils étaient alors ne m’importe en rien : Elohîms ne fait pas acception d’homme), ceux-là ne m’ont rien imposé.

 

 

  • Et pour ceux qui paraissaient les plus importants : en référence aux autres Apôtres, certainement Yaakov HaTsadik ou encore Shimon Kéfa.

 

 

  • ce qu’ils étaient alors ne m’importe en rien : dans tous les cas, Shaoul était soumis au Mashiah et non aux autres Apôtres ; de ce fait, il n’aurait jamais corrompu son Évangile comme il est également enseigné : « Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de D.ieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur du Mashiah. » (Galates 1 :10). Ces paroles, un peu rudes, ne s’adressaient pas directement aux Apôtres mais bien aux « docteurs » lesquels usaient et abusaient de « leurs noms » pour ébranler les Nazaréens d’origine non-Juive ; nous avions déjà citer un verset pour confirmer cette interprétation des Écritures : « Ayant appris que quelques hommes partis de chez nous, et auxquels nous n'avions donné aucun ordre, vous ont troublés par leurs discours et ont ébranlé vos âmes. » (Actes 15 :24)

 

 

  • Elohîms ne fait pas acception d’homme : dans les mondes supérieurs, les autres Apôtres n’avaient pas plus de poids que Shaoul ; chacun « son appel » et chacun sa mission comme il est également enseigné : « Nos Sages nous enseignent qu'il existe un principe selon lequel : « Le monde a été créé pour moi. » (Sanhédrin 4 :5) puisque lors de la Création du monde, Hashem a créé l'homme seul. Rien n'aurait empêché le Créateur de l'univers de créer un nombre important d'êtres humains en une fois. Une des raisons de cette conduite est que l'être humain prenne conscience de son importance et sache qu'il constitue un être unique. » (Rav Emmanuel Boukobza). Comme l’enseigne Shaoul, nous devons éviter de tomber dans des schémas comparatifs avec les autres : chacun d’entre nous est différent et a reçu « une façon unique » de se connecter avec Hashem et avec son Oint. Certains auront plus de ferveur dans la pratique des mitsvot ; d’autres seront plus impliquées dans la mitsva de propager le nom du Tsadik parmi le peuple Juif ; d’autres seront plus tournés vers les non-Juifs ; etc… Dans tous les cas, il est nuisible de se comparer aux autres car cela détourne notre attention et nous empêche de réaliser notre mission spécifique pour laquelle nous sommes venues au monde.

 

 

  • ceux-là ne m’ont rien imposé : car Hashem l’avait béni parmi les non-Juifs et le témoignage de ses œuvres était excellent comme il est rapporté : « Après avoir été accompagnés par la Kéhila, ils poursuivirent leur route à travers la Phénicie et la Samarie, racontant la téchouva des non-Juifs, et ils causèrent une grande joie à tous les frères. » (Actes 15 :3) ou encore : « Toute l'assemblée garda le silence, et l'on écouta Bar-Naba et Shaoul, qui racontèrent tous les miracles et les prodiges que D.ieu avait faits par eux au milieu des non-Juifs. » (Actes 15 :13) 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

7.     Au contraire, ils ont vu que j’avais reçu en charge l’annonce pour le prépuce, comme Petros pour la circoncision.

 

 

  • Au contraire, ils ont vu que j’avais reçu en charge l’annonce pour le prépuce : comme dit précédemment, Hashem avait richement béni l’Apôtre Shaoul parmi les non-Juifs, soit parmi les « non-circoncis » ; beaucoup étaient devenus zélés pour en connaître davantage sur le Mashiah et sa Torah.

 

 

  • comme Petros pour la circoncision : Shimon Kéfa était considéré comme étant l’Apôtre des Juifs par excellence, soit certainement, le « bras-droit » de Yaakov HaTsadik dans la « direction » la Kéhila de Jérusalem.  

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

8.     Oui, celui qui avait agi en Petros pour l’envoi à la circoncision agit en moi aussi pour les nations.

 

 

  • Oui, celui qui avait agi en Petros pour l’envoi à la circoncision : comme Shaoul l’a souligné au verset précédent, le Maître du monde avait établi Shimon Kéfa comme « Apôtre des Juifs » et de la même façon, Hashem avait également établi Shaoul comme « Apôtre des non-Juifs ». 

 

  • agit en moi aussi pour les nations :  néanmoins, ces deux « champs de travail » différents assignés aux deux Apôtres, Shimon Kéfa et Shaoul, n’étaient pas délimités de façon catégorique. En effet, les premiers non-Juifs furent « conduits dans la foi » par Shimon Kéfa comme il est dit : « Comme Kéfa prononçait encore ces mots, la Rouah Hakodesh descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole. Tous les fidèles circoncis qui étaient venus avec Kéfa furent étonnés de ce que le don du Rouah Hakodesh était aussi répandu sur les non-Juifs. Car ils les entendaient parler en langues et glorifier D.ieu. Alors Kéfa dit : Peut-on refuser l’immersion à ceux qui ont reçu le Rouah Hakodesh aussi bien que nous ?  Et il ordonna qu'ils fussent immergés au nom du Seigneur. Sur quoi ils le prièrent de rester quelques jours auprès d'eux. » (Actes 10 :44-48) ; et remarquons également que l’Apôtre Shaoul propageait aussi le nom du Tsadik dans les synagogues, soit parmi les Juifs comme il est dit : « Shaoul resta quelques jours avec les talmidim qui étaient à Damas. Et aussitôt il prêcha dans les synagogues que Yeshoua est le Fils de D.ieu. Tous ceux qui l'entendaient étaient dans l'étonnement et disaient : N'est-ce pas celui qui persécutait à Jérusalem ceux qui invoquent ce nom et n'est-il pas venu ici pour les emmener liés devant les principaux cohanim ? Cependant Shaoul se fortifiait de plus en plus et il confondait les Juifs qui habitaient Damas, démontrant que Yeshoua est le Mashiah. » (Actes 9 :19-22)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------


9.     Connaissant la grâce à moi donnée, Ia’acob, Kèpha et Iohanân, qui paraissaient être des colonnes, m’ont donné, à moi et à Bar-Naba, les mains droites en communion, nous vers les nations, eux vers la circoncision.

 

 

  • Connaissant la grâce à moi donnée, Ia’acob, Kèpha et Iohanân : l’Apôtre Shaoul avait reçu du Ciel, comme mission principale « d’évangéliser » les non-Juifs ; et ce fut pour lui, l’œuvre de toute une vie. En d’autres termes, cette mission ne pouvait pas être « méconnue » des différentes autorités de la Kéhila. 

 

  • qui paraissaient : pour l’ensemble des Nazaréens.

 

 

  • être des colonnes : les Apôtres étant considérés comme les « piliers » et les héritiers de la Kéhila du Mashiah. Or, comme on le sait, dans le Judaïsme, les Tsadikim sont appelés « piliers, colonnes et fondements du monde » comme il est dit : « Le juste est la fondation du monde. » (Mishlei 10 :25)

 

 

  • m’ont donné, à moi et à Bar-Naba : Shaoul étant lié avec Bar-Naba dans son « ministère » comme l’avait annoncé le Rouah Hakodesh : « Pendant qu'ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu'ils jeûnaient, le Rouah Hakodesh dit : Mettez-moi à part Bar-Naba et Shaoul pour l'œuvre à laquelle je les ai appelés. » (Actes 13 :2)

 

 

  • les mains droites en communion : en leur échangeant « cette main d’association », les différentes autorités de la Kéhila de Jérusalem les reconnurent, solennellement, comme étant leurs « compagnons d’œuvre » et travaillant dans le même objectif : celui de dévoiler et de propager la messianité de Yeshoua dans le monde.

 

 

  • nous vers les nations : comme il est également prophétisé par nos Maîtres : « Rabbi Yéhochoua ben Levi a dit : Les nations du monde verront comment le Saint Béni soit-Il est avec Israël, et elles viendront s'attacher à lui. » (Bamidbar Rabah 1 : 3) ou encore : « À l'avenir, les nations idolâtres reconnaîtront que le Saint Béni soit-Il est attaché à Israël et elles aussi viendront s'attacher à Israël, comme il est dit : « Nous irons avec vous, car nous avons entendu que D.ieu est avec vous. » (Zekharia 8 :23). » (Midrash Tan’houma, Terouma 9 :10)

 

 

  • eux vers la circoncision : chacun avait une mission différente en vue de la réparation du monde.

 
 
 
 
 
 
 
 
 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

10.     Nous n’avions qu’à nous souvenir des pauvres, ce que je me suis empressé de faire aussi. 

 

 

  • Nous n’avions qu’à nous souvenir : comme on le sait, avoir « soin des pauvres » est une grande mitsva de la Torah.  En effet, nos Maîtres nous enseignent que si nous prenons la décision de réjouir ceux qui appartiennent à D.ieu ; à savoir les pauvres, l’orphelin et la veuve ; alors le Saint Béni soit-Il, dans sa grande bonté, réjouira également les nôtres. De plus, le fait de pratiquer la tsédaka régulièrement, déclenche sur « le donateur » un flux de bénédictions conséquent car selon le principe de « mida kénégued mida », Hashem rétribue les gens en fonction de leurs actions. En d’autres termes, celui qui est généreux envers les autres, bénéficiera lui-même de la générosité divine…

 

 

  • des pauvres : ailleurs, il est également écrit : « La tsédaka délivre de la mort. » (Mishlei 10 :2) car la tsédaka procure selon nos Maîtres, la vie, la richesse et les honneurs ! De plus, toujours selon nos Maîtres, la pratique de la tsédaka permet de bénéficier également de miracles et de voir les mauvais décrets annulés. Encore une fois, un principe de mida kenegued mida est en vigueur : le donateur, avec sa générosité, sauvera l’indigent du mauvais décret de pauvreté dont ce dernier souffre ; de la même façon, il bénéficiera lui-même de l’annulation des mauvais décrets le concernant. À noter que la pratique de la tsédaka apporte aussi l’abondance dans ce monde car en élevant le niveau de vie des plus démunis, nous contribuons à l’abondance générale et de ce fait, l’impact de la tsédaka ne disparaît jamais comme il est également enseigné : « Le mérite de l’accomplissement de la tsédaka ne s’effacera jamais du crédit du donateur. » (Ari Zal). En effet, la tsédaka fait partie des mitsvot dont nous touchons les dividendes en ce monde, et dont le capital nous est réservé dans le Olam Haba…

 

 

  • ce que je me suis empressé : plusieurs passages des Écrits Nazaréens montrent, avec quel soin, l’Apôtre Shaoul a rempli cette recommandation de la Kéhila comme il est dit : « Pour ce qui concerne la collecte en faveur des sanctifiés, agissez, vous aussi, comme je l'ai ordonné aux communautés de la Galatie. Que chacun de vous, le premier jour de la semaine, mette à part chez lui ce qu'il pourra, selon sa prospérité, afin qu'on n'attende pas mon arrivée pour recueillir les dons. » (1 Corinthiens 16 :1-2) ou encore : « Je vais à Jérusalem, pour assister le peuple de D.ieu car la Macédoine et l'Achaïe ont voulu faire une collecte en faveur des pauvres parmi le peuple de D.ieu à Jérusalem. Ils ont été heureux de le faire mais en réalité ils le devaient, puisque si les non-Juifs ont eu part aux biens spirituels des Juifs, alors les non-Juifs ont le devoir d’aider les Juifs dans les choses matérielles. » (Romains 15 :25-27)

 

 

  • de faire aussi : puisque le rétablissement de la « justice sociale » a plus d’importance aux yeux d’Hashem que le service divin. En effet, outre l’aspect financier, la tsédaka hâte également la rédemption car elle contribue à faire disparaître les injustices sociales et permet de contribuer à monde meilleur, conforme aux chemins de la volonté divine.

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

11.     Mais quand Kèpha est venu à Antioche, je me suis opposé à lui en face, parce qu’il était condamnable.

 

  • Mais quand Kèpha est venu : dans un esprit d’amour et de communion fraternelle mais également afin d’analyser « l’état spirituel » de la communauté. 

 

  • à Antioche : selon une source chrétienne, la ville d’Antioche comptait plus de 500 000 habitants ; et était tenue comme l’une des plus importantes cités orientales. En effet, Antioche était même appelée la « Reine du Levant » ou encore « Antioche la Belle » mais outre cette brillante façade, s’y cachait une dépravation morale dont l’histoire offre peu d’exemples : ses habitants se complaisaient dans moultes déviances impudiques et cette ville également un « lieu de rencontre » de nombreux charlatans, sorciers, thaumaturges, etc… Ce fut d’ailleurs au cœur de « cette noirceur spirituelle » que se sont formé les premiers Nazaréens comme il est dit : « Ce fut à Antioche que, pour la première fois, les disciples furent appelés les meshi’him. » (Actes 11 :26) ou encore : « Il y avait dans la communauté d'Antioche des Prophètes et des Docteurs : Bar-Naba, Shimon appelé Niger, Lucius de Cyrène, Menahem, qui avait été élevé avec Hérodès le tétrarque et Shaoul. Pendant qu'ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu'ils jeûnaient, le Rouah Hakodesh dit : Mettez-moi à part Bar-Naba pour l'œuvre à laquelle je les ai appelés. Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et les laissèrent partir. Bar-Naba et Shaoul, envoyés par le Rouah Hakodesh, descendirent à Séleucie et de là ils s'embarquèrent pour l'île de Chypre. » (Actes 13 :1-4).  

 

  • je me suis opposé à lui : Shaoul raconte cet événement pour convaincre d’autant mieux les Galates de l’indépendance de son apostolat.

 

  • en face : contrairement aux hypocrites lesquels parlent « dans le dos » des autres. 

 

  • parce qu’il était condamnable : puisque comme nous allons le voir au verset suivant, l’école de Beit Shammaï avait institué dix-huit décrets (Traité Shabbat), amenant une telle séparation entre Juifs et non-Juifs et ce, en particulier au sujet de la nourriture, que consommer avec eux devenait problématique…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

12.     Avant que ceux de Ia’acob ne soient venus, il mangeait avec les goîm. Mais quand ils sont venus, il s’est retiré et séparé, en frémissant de ceux de la circoncision.

 

  • Avant que ceux de Ia’acob : comme cela est bien connu, les Nazaréens de branche « shammaïte » étaient proches de Yaakov HaTsadik lequel était le représentant par excellence de « l’orthodoxie Juive » en Israël et aux yeux toute la Kéhila Nazaréenne. Ces Juifs furent également connu sous le nom « d’Ébionites » comme il est dit : « Ceux qui sont appelés « Ébionites » reconnaissent que le monde a été fait par D.ieu mais (…) ils utilisent l’Evangile de Matthieu seulement et ils rejettent l’Apôtre Paul, en disant qu’il était un apostat vis-à-vis de la Loi. » (Irénée, Contre les hérésies I, 26) et effectivement selon d’autres témoignages, plusieurs Ébionites furent hostiles envers l’Apôtre Shaoul. (Eusèbe de Césarée, chap. 27 de l’Histoire Ecclésiastique III). Conclusion, ceux qu’Irénée nomme « les Ébionites » ne sont pas différents des Nazaréens dont le Livre des Actes fait mention dans le chap. 15 comme il est dit : « Ayant appris que quelques hommes partis de chez nous [de chez Yaakov, soit de la Kéhila de Jérusalem], et auxquels nous n'avions donné aucun ordre [comme on le voit, Yaakov HaTsadik s’exclu d’une partie de leurs enseignements], vous ont troublés par leurs discours et ont ébranlé vos âmes. » (Actes 15 :24)

 

 

  • ne soient venus : il est forcément douteux qu’ils fussent chargés par Yaakov HaTsadik d’agir dans cet état d’esprit car, bien qu’il observât lui-même toute la Torah, Yaakov avait positivement reconnu le « ministère » de Shaoul parmi les non-Juifs comme il est dit : « Et ayant reconnu la grâce qui m'avait été accordée, Yaakov, Kéfa et Yohanan (…) me donnèrent, à moi et à Bar-Naba, la main d'association, afin que nous allassions, nous vers les non-Juifs, et eux vers les Juifs. » (Galates 2 :9). Dans le même élan, David Stern commente ce passage de cette façon : « Que signifie réellement l’expression « ceux de Yaakov » ? La première possibilité est la suivante : Ces personnes ont peut-être été envoyées par Yaakov, le chef de la communauté messianique de Jérusalem. Or, il est pourtant clair que Yaakov ne les a pas envoyées puisque leurs insistances à vouloir pratiquer les coutumes Juives jusqu'à interdire que les Juifs et les non-Juifs mangent ensemble, contredit le verset où Shaoul déclare que Yaakov leur a tendu « la main droite en signe de communion ». De plus, cela contredit également les propos de Yaakov exprimés lors du Concile de Jérusalem (Actes 15 :4-29 ; Actes 21 :18). Émettons alors une seconde possibilité : ces personnes ont peut-être simplement fait croire qu'elles étaient envoyées par Yaakov pour parler « en son nom ». Et il me semble que c'est ce qu'ils ont fait, sinon Shaoul n'aurait pas pris autant de peine à démontrer que les Chefs de la communauté de Jérusalem approuvaient « sa version » de la Bonne Nouvelle, et pas la leur ! J’ai donc seulement choisi de dire dans ma traduction, que « certaines personnes » faisaient partie de la communauté de Yaakov. En effet, ces gens sont venus mais ils n'ont pas été envoyés par lui, ni même autorisés à parler ou agir en son nom. » (Commentaires du Juif, David Stern, p. 570)

 

  • il mangeait avec les goîm : Shimon Kéfa partageait plusieurs de ces repas en compagnie de non-Juifs, on pourra s’inspirer du chap. 10 du Livre des Actes pour mieux comprendre ce comportement comme il est dit : « Vous savez, leur dit-il, qu'il est défendu à un Juif de se lier avec un étranger ou d'entrer chez lui mais D.ieu m'a appris à ne regarder aucun homme comme souillé et impur. C'est pourquoi je n'ai pas eu d'objection à venir, puisque vous m'avez appelé. » (Actes 10 :28-29). À ce sujet, nous pourrons également citer un avis exposé par David Stern dans ses commentaires : « Selon certains Juifs Messianiques, Kéfa et les autres croyants Juifs qui prenaient un repas en compagnie des croyants d'origine non-Juive, auraient bien mangé une nourriture kasher. En fait, soit les non-Juifs étaient tombés d'accord pour ne manger que de la nourriture kasher avec les croyants Juifs, soit une nourriture spéciale avait été servie aux croyants Juifs. Selon cette théorie, la seule crainte que Kéfa aurait eu à l'égard du groupe qui était pour la circoncision, était qu'on le surprenne en train de manger avec des non-Juifs. (Commentaires du Juif, David Stern, p. 571)

 

 

  • Mais quand ils sont venus : Shimon Kéfa s’est malheureusement séparé des Nazaréens d’origine non-Juive par crainte de certains Juifs de « branche shammaïte ». Ailleurs, il est également dit : « Et lorsque Kéfa fut monté à Jérusalem, les fidèles circoncis lui adressèrent des reproches, en disant : Tu es entré chez des incirconcis, et tu as mangé avec eux. » (Actes 11 :2-3)

 

 

  • il s’est retiré et séparé : tout ceci est assez étonnant puisque c’est à Shimon lui-même, que fut révélée, en premier lieu, la bonne méthode pour rapprocher le « monde des non-Juifs » vers le Tsadik de vérité comme il est dit : « Et pour la seconde fois la voix se fit encore entendre à lui : Ce que D.ieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé. » (Actes 10 :15). En effet, bien avant l’Apôtre Shaoul, Shimon Kéfa était le premier pilier de « cette vérité évangélique » et s’était même déjà justifié devant plusieurs Juifs en s’appuyant sur une révélation expresse d’Hashem comme il est dit : « Kéfa se mit à leur exposer d'une manière suivie ce qui s'était passé. » (Actes 11 :4). Lors du Concile de Jérusalem, c’est même Shimon Kéfa qui sera le premier à prendre la parole pour défendre avec énergie « la liberté » de ceux qu’Hashem a appelés parmi les nations comme il est également dit : « Une grande discussion s'étant engagée, Kéfa se leva et leur dit : Hommes frères, vous savez que dès longtemps D.ieu a fait un choix parmi vous, afin que, par ma bouche, les non-Juifs entendissent la parole de l'Évangile et qu'ils crussent. Et D.ieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage, en leur donnant le Rouah Hakodesh comme à nous ; il n'a fait aucune différence entre nous et eux, ayant purifié leurs cœurs par la foi. Maintenant donc, pourquoi tentez-vous D.ieu, en mettant sur le cou des talmidim un joug que ni nos pères ni nous n'avons pu porter ? » (Actes 15 :7-10)

 

 

  • en frémissant : Shimon avait-t-il vraiment oublié la vision de la nappe qu’Hashem lui avait enseignée ? Enseignerait-t-il une doctrine contraire aux enseignements de Shaoul ? En fait, l’Apôtre du Rabbi a simplement commis ici « une faute » par faiblesse, celle-ci étant liée à la crainte des hommes comme il est dit : « La crainte des hommes tend un piège, Mais celui qui se confie en l'Éternel est protégé. » (Mishlei 29 :25) ou encore : « Vous ne craindrez aucun homme, car c'est D.ieu qui rend la justice. » (Devarim 1 :17). Ailleurs, dans sa Lettre adressée aux Galates, Shaoul écriera : « Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de D.ieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur du Mashiah. » (Galates 1 :10) ; en d’autres termes, les deux Apôtres étaient bien évidemment souvent d’accord puisqu’ils professaient le même Évangile mais ici, Shimon Kéfa succombe à « une forme de tentation » vers laquelle inclinait aussi, peut-être, son caractère plus orthodoxe.

 

 

  • de ceux de la circoncision : les décrets imposés par l’école de Beit Shammaï avait creusé un fossé profond entre les Juifs et les non-Juifs au point qu'il était interdit de manger avec eux. On pourra s’inspirer du Traité Guérim pour mieux comprendre cette interprétation des événements comme il est dit : « Sa salive, son habitation, son lit et son urine sont impurs. » (Traité Guérim chap. 3) ou encore : « Les demeures des non-Juifs sont souillées. Toute maison dans laquelle ils ont demeuré plus de quarante jours nécessite d’être examinée et ce, afin de voir s’il n’y a pas des restes de corps morts. » (O’halot 18 :7) ou encore : « Quiconque mange avec un incirconcis, c’est comme s’il mangeait la chair d’une abomination. Quiconque se baigne dans le même bain qu’un incirconcis est comme s’il se baignait avec un lépreux, et tous ceux qui touchent un incirconcis est comme s’ils touchaient un cadavre. » (Pirké déRabbi Eliézer 29)

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------


13.     Les autres Iehoudîm se mirent aussi à feindre avec lui, de sorte que Bar-Naba a été entraîné par leur feinte.

 

  • Les autres Iehoudîm : comme on peut le constater, le « parti de la circoncision » était extrêmement influent parmi les Nazaréens. Néanmoins, une Voix Céleste [une Bat Kol] en conformité avec les Évangiles, a annulé les décisions halakhiques de Beit Shammaï au bénéfice de celle d’Hillel comme il est dit : « Pendant trois ans, Beit Shammaï et Beit Hillel n'étaient pas d'accord. Ceux-ci ont dit : La halakha est conforme à notre opinion et ceux-ci ont également dit : La halakha est conforme à notre opinion. En fin de compte, une Voix divine a émergé et a proclamé : les deux avis sont les paroles du D.ieu vivant. Cependant, la halakha sera tranchée selon l'avis de Beit Hillel. (…) La Guemara demande : Puisque ces paroles et celles-ci sont les paroles du D.ieu vivant, pourquoi Beit Hillel a-t-il eu le privilège d’avoir la halakha établie conformément à leur opinion ? La raison en est qu'ils étaient agréables et indulgents, faisant preuve de retenue lorsqu'ils étaient affrontés et lorsqu'ils enseignaient la halakha, ils enseignaient à la fois leurs propres déclarations et les déclarations de Beit Shammaï. De plus, lorsqu'ils ont formulé leurs enseignements, ils ont d’abord donné la priorité aux enseignements de Beit Shammaï a contrario des leurs, et ce par respect pour Beit Shammaï. » (Erouvin 13b)

 

 

  • se mirent aussi à feindre avec lui : dans la Guémara, il est également enseigné : « Lorsque s'accrut le nombre de talmidim de Shammaï et d’Hillel, qui n'avaient pas suffisamment profité des enseignements de leurs Maîtres, les divergences d'opinion se multiplièrent en Israël et l'on put croire qu'au lieu d'une seule Torah, il y en avait deux... À partir du moment où les disciples de Shammaï et Hillel ont grandi en nombre (…) la dispute a proliféré parmi le peuple Juif et la Torah est devenue comme deux Torot différentes. » (Sanhédrin 88b) et on raconte même que la période pendant laquelle Beit Shammaï a promulgué ses 18 ordonnances est aussi mal vue que le jour où le veau d'or fut construit. (Shabbat 17a)

 

 

  • de sorte que Bar-Naba a été entraîné par leur feinte : au grand étonnement, le grand compagnon de Shaoul fut également influencé…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------


14.     Mais quand j’ai vu qu’ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l’annonce, j’ai dit à Kèpha en face de tous : Si toi, qui es un Iehoudi, tu vis comme les goîm et non comme les Iehoudîm, comment peux-tu obliger les goîm à vivre en Iehoudîm ? 

 

  • Mais quand j’ai vu qu’ils ne marchaient pas droit : étant tous influencés par la peur qu’inspirée le « parti de la circoncision » comme il est dit : « Ils ont ébranlé vos âmes. » (Actes 15 :24)

 

 

  • selon la vérité de l’annonce : celle de la « justification » par la émouna.

 

 

  • j’ai dit à Kèpha en face de tous : puisque Shimon Kéfa détenait clairement « l’autorité spirituelle » au milieu de la Kéhila Nazaréenne.  En fait, si nous adhérons en Yeshoua, tout en adhérant aux pensées de Beit Shammaï comme l’a fait Shimon, nous sommes considérés comme « fautifs » puisque nous ne pouvons pas pénétrer pleinement « la grâce d’Hashem » laquelle est désormais, universelle et ouverte aux non-Juifs. 

 

 

  • Si toi, qui es un Iehoudi, tu vis comme les goîm : en référence au fait de vivre selon les enseignements de l’Alliance Renouvelée [bien plus proches de l’école de Beit Hillel] : l’attachement au Tsadik, la « justification par la émouna » dans le Mashiah, une ouverture conséquente sur le monde non-Juif, etc… Shimon Kéfa reconnaissait toutes ces vérités mais lorsqu’il croisait le chemin des Juifs de branche plus « shammaïte », il s’en détourné et les fragilisait aux yeux des Nazaréens d’origine non-Juive. En somme, l’interprétation du verset pourrait être celle-ci : « Si toi qui es Juif [qui connait la Torah, et qui fais partie du peuple élu d’Hashem pour le représenter !], tu vis à la manière des non-Juifs [lesquels n’ont pas les valeurs morales de la Torah et sont par nature des hypocrites] et non à la manière des Juifs [lesquels doivent avoir le même comportement en public qu’en privé !], pourquoi forces-tu les non-Juifs à judaïser [et à prendre sur eux la Torah alors que finalement toi-même, tu fais l’inverse ce que la  Torah nous a enseigné] ? En d’autres termes, Shaoul a dit à Shimon : « Si toi qui est Juif, tu te comportes faussement comme un goy, comment peux-tu demander aux goyim de se comporter en Juif ? »

 

 

  • et non comme les Iehoudîm : autrefois, la guerre entre les deux écoles était profonde : les « talmidim de Beit Shammaï » étaient des partisans de la résistance, ils préconisaient de s'écarter le plus possible des non-Juifs tandis que les « talmidim d’Hillel » étaient des pacifistes convaincus ; il y avait deux tendances : l'une beaucoup plus stricte, celle de Beit Shammaï considérant la vie des non-Juifs comme totalement « impure » et l'autre, celle de Beit Hillel, bien plus conciliante et tournée vers l'indulgence comme il est dit : « Hillel HaZaken a dit : « Sois parmi les disciples d’Aaron, aimant la paix, etc… aimant les créatures et les rapprochant de la Torah. » ; le choix du terme « créatures » veut ici signifier que même ceux qui sont loin de la Torah de D.ieu et de son service, et qui sont pour cela qualifiés de simples créatures ; leur seule qualité étant d’avoir été créés par D.ieu, doivent être tirés avec les puissantes cordes de l’amour. » (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 32)

 

 

  • comment peux-tu obliger les goîm : ce serait légitimer certains préceptes de Beit Shammaï et favoriser une division « franche » dans la Kéhila ; de plus, cela pourrait aussi détériorer la doctrine, selon laquelle, le Mashiah nous a pleinement justifiés [Juifs comme non-Juifs] devant Hashem. L’influence de l’école de Beit Shammaï perturbait non seulement tout Israël mais comme on peut le constater, aussi les communautés Nazaréennes de Galatie… Or, comme nous l’avions déjà souligné, concernant les non-Juifs, lors du Concile de Jérusalem, les Nazaréens s’étaient inspirés de la halakha selon Beit Hillel et ce, tout comme la Guémara. (Erouvin 13b)

 

 

  • à vivre en Iehoudîm : selon un autre angle, cela fait référence au fait de vivre selon « l’Ancienne Alliance », soit au fait de vivre par nos propres forces ou par nos propres mérites : une doctrine donnant la priorité aux œuvres de la Torah [ou au légalisme] au détriment de notre attachement au Tsadik.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------


15.     Nous, Iehoudîm par nature, et non des goîm fautifs.

 

  • Nous, Iehoudîm par nature : cela fait référence aux Juifs, bercés dans le monde de la Torah depuis l’enfance [contrairement aux Nazaréens d’origine non-Juive] et habitués aux mitsvot depuis la naissance. Ailleurs, il est également enseigné dans le Likouté Amarim : « L’âme Juive prend sa source dans la pensée divine, soit dans le niveau le plus profond du divin. Toutes les autres créatures, y compris les anges ont une source dans la parole divine ; un plan qui, comparé à celui de la pensée, est plus superficiel. Comme il est dit, à propos du peuple Juif dans son ensemble : « Israël est mon fils premier-né. » et concernant chaque Juif en particulier : « Vous êtes des enfants pour l’Éternel votre D.ieu. ». Comme un enfant procède du cerveau de son père, c’est-à-dire de l’être essentiel du père ; ainsi, si l’on peut dire, l’âme de chaque Juif dérive de la pensée et de la sagesse de D.ieu. » (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 2)

 

  • et non des goîm fautifs : les non-Juifs sont généralement, élevés dans le paganisme et dans l’idolâtrie païenne. Pourquoi les éloigner du Judaïsme par du légalisme lequel est de toute façon contraire au Maître du monde puisque chacun doit avancer selon son rythme, selon ses capacités, etc… Ailleurs, au sujet des non-Juifs, il est également enseigné : « Les nations, qui reçoivent leur vitalité de la klipa, sont considérées comme des morts. Et de même tout comme les nations païennes sont désignées comme des morts, les méchants et les pécheurs d’Israël le sont aussi. » (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 19) ou encore : « Les âmes des nations du monde émanent des klipot impures qui ne contiennent aucun bien, ainsi qu’il est écrit dans le Ets ‘Haïm. Il faut cependant souligner qu’il est également parmi les nations du monde des âmes dérivées de la klipat noga : ce sont les pieux parmi les nations du monde, des hommes droits, vertueux, capables de manifester vraiment un souci pour autrui. » (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 1)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

16.     nous savons que l’homme n’est pas justifié par les œuvres de la tora, mais par l’adhérence au messie Iéshoua’. Nous, nous avons adhéré au messie Iéshoua’, pour être justifiés par l’adhérence au messie et non par les œuvres de la tora : oui, par les œuvres de la tora aucune chair ne sera justifiée.

 

  • nous savons que l’homme n’est pas justifié par les œuvres de la tora : nous devons être attentifs aux propos de ce verset puisque toute la pensée de l’Apôtre Shaoul y est contenue. Le Juif Messianique David Stern nous a également proposé comme une sorte « targoum » afin de mieux comprendre les propos de Shaoul : « Nous avons conscience que l'homme n'est pas justifié par D.ieu sur la base d'une obéissance légaliste aux mitsvot de la Torah, mais par une foi indéfectible dans le Mashiah Yeshoua. Par conséquent, nous aussi nous avons mis toute notre foi dans le Mashiah Yeshoua et nous lui sommes devenus fidèles afin d'être déclarés justes à cause de notre foi indéfectible en lui, et non par l'observance légaliste des mitsvot de la Torah. Car, personne ne sera déclaré juste sur la base de l'observance légaliste de la Torah. » (David Stern, La Bible Juive, p. 1464)

 

  • mais par l’adhérence au messie Iéshoua’ : les Nazaréens sont justifiés par « leur attachement au Tsadik », soit par le fait de se « soumettre » de façon parfaite au mérite de Rabbi Yeshoua. On pourra s‘inspirer des enseignements ‘hassidiques pour mieux comprendre cette parole de Shaoul comme il est dit : « On peut ne peut décrire ce mérite [celui de croire dans le Tsadik de vérité] qui surpasse tous les mérites [ceux des autres mitsvot]. L'essentiel de la grandeur d'un homme, dans ce monde, réside, dans son attachement au Tsadik véritable et à son rapprochement du Tsadik. » (Likouté Halakhot Matana 4-8)

 

 

  • Nous, nous avons adhéré au messie Iéshoua’ : en le reconnaissant comme Mashiah d’Israël.   

 

 

  • pour être justifiés par l’adhérence au messie : les Apôtres, eux-mêmes, avaient gagné « leur Olam Haba » par le mérite du Rabbi [et non par le mérite de leurs mitsvot], et tous devaient en avoir pleinement conscience. Dans le même élan, David Stern reprécise également : « Pour Shaoul, la Torah de Moshé était sans équivoque « sainte » et ses commandements sont « saints justes et bons » (Romains 7 :12). Quant aux œuvres accomplies selon une obéissance véritable à la Torah, elles sont également saintes, justes et bonnes. Mais, pour que ces œuvres soient considérées « justes » aux yeux de D.ieu, elles doivent trouver leurs racines dans la foi [en Yeshoua], et jamais dans le légalisme [bête et discipliné]. » (Commentaires du Juif, David Stern, p. 580)

 

 

  • et non par les œuvres de la tora : comme il est également enseigné dans les milieux ‘hassidiques : « L'essentiel [soit le domaine le plus important] et le fondement [la pierre angulaire !] dont tout dépend, c'est de s'attacher [et de croire] au Tsadik de la génération et d'accepter ses paroles comme étant la vérité. » (Torah n°123 du Likouté Moharan I)

 

 

 

  • oui, par les œuvres de la tora aucune chair ne sera justifiée : les Juifs non plus, ne sont pas exemptés [et ce, même s’ils sont remplis de mitsvot] d’être justifiés par le mérite de Yeshoua. En fait, toute l’humanité doit se ranger dans les rangs [dans les mérites, et dans la Torah] du Mashiah Yeshoua. Et pourquoi ? Puisque tous ont fauté et tous sont en conséquence, incapables de se présenter de façon « kasher » devant le Maître du monde lequel est saint, pur et parfait comme il est dit : « Au chef des chantres. De David. L'insensé dit en son cœur : Il n'y a point de D.ieu ! Ils se sont corrompus, ils ont commis des actions abominables ; il n'en est aucun qui fasse le bien. L'Éternel, du haut des cieux, regarde les fils de l'homme, pour voir s'il y a quelqu'un qui soit intelligent, qui cherche D.ieu. Tous sont égarés, tous sont pervertis ; il n'en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul. » (Téhilim 14 :1-4) ou encore : « Nous avons déjà prouvé que tous, Juifs et non-Juifs, sont sous l'empire du péché, selon qu'il est écrit: Il n'y a point de juste, pas même un seul ; nul n'est intelligent, nul ne cherche D.ieu ; tous sont égarés, tous sont pervertis ; il n'en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul ; leur gosier est un sépulcre ouvert ; ils se servent de leurs langues pour tromper ; ils ont sous leurs lèvres un venin d'aspic ; leur bouche est pleine de malédiction et d'amertume ; ils ont les pieds légers pour répandre le sang ; la destruction et le malheur sont sur leur route ; ils ne connaissent pas le chemin de la paix ; la crainte de D.ieu n'est pas devant leurs yeux. » (Romains 3 :9-18)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

17.     Si, cherchant à être justifiés dans le messie, nous sommes aussi trouvés fautifs, alors le messie est-il un servant du mal ? Certes non !

 

 

  • Si, cherchant à être justifiés dans le messie : le but étant d’être totalement inclus [en lien avec la notion Juive du bitoul] dans le mérite du Tsadik.

 

 

  • nous sommes aussi trouvés fautifs : l’inclusion dans le mérite du Tsadik pour légitimer certaines de ses fautes est considéré comme une abomination comme il est dit : « Car il s'est glissé parmi vous certains hommes, dont la condamnation est écrite depuis longtemps, des impies, qui changent la grâce de notre D.ieu en dissolution, et qui renient notre seul Maître et Seigneur, le Mashiah Yeshoua. » (Yéhouda 1 :4). En effet, plutôt grâce au rapprochement au Tsadik, toutes nos téfilots, notre étude de la Torah ou notre accomplissement des mitsvot doivent prendre une autre dimension. (L’attachement au Tsadik véritable, Éditions Keren Rabbi Israël)

 

 

  • alors le messie est-il un servant du mal : Shaoul répondra « non » car bien évidemment, l’homme détient le libre-arbitre, soit la capacité de choisir entre le bien et le mal ; et cela ne dépend pas du Rabbi. Ailleurs, il est également enseigné : « Quoi donc ! Pécherions-nous, parce que nous sommes, non sous la Torah mais sous la grâce ? Loin de là ! » (Romains 6 :15). En fait, par Rouah Hakodesh, le Mashiah nous envoie toutes « les bonnes aspirations » afin de susciter en chacun de nous, « du bien » mais malgré tout, tout Nazaréen détient [par le libre-arbitre] les clés de sa destinée spirituelle.

 

 

  • Certes non : effectivement, ce serait un langage blasphématoire comme il est dit : « Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché ? » (Romains 6 :2) ou encore : « Quiconque est né de D.ieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de D.ieu demeure en lui ; et il ne peut pécher, parce qu'il est né de D.ieu. » (1 Yohanan 3 :9)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------


18.     Oui, si je reconstruis ce que j’ai détruit, je me constitue en transgresseur.

 

  • Oui, si je reconstruis ce que j’ai détruit : soit le fait d’obtenir une « justice » par ses propres mérites [en lien avec toutes ses mitsvot] et concernant ce sujet, Shaoul nous a plusieurs fois prouvé qu’il avait clairement tout « jeté » pour obtenir la seule justice valable : celle du Rabbi comme il est dit : « Moi aussi, cependant, j'aurais sujet de mettre ma confiance en la chair. Si quelque autre croit pouvoir se confier en la chair, je le puis bien davantage, moi, circoncis le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benyamin, Hébreu né d'Hébreux ; quant à la Torah, paroush ; quant au zèle, persécuteur de la Kéhila ; irréprochable, à l'égard de la justice de la Torah. Mais ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause du Mashiah. Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l'excellence de la connaissance du Mashiah Yeshoua mon Seigneur, pour lequel j'ai renoncé à tout et je les regarde comme de la boue, afin de gagner le Mashiah et d'être trouvé en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la Torah mais avec celle qui s'obtient par la foi en Yeshoua, la justice qui vient de D.ieu par la foi. » (Philippiens 3 :4-9)

 

COMMENTAIRE

Pour comprendre la pensée partagée par Shaoul, on pourra également s’inspirer des schémas présentés dans les milieux ‘hassidiques comme il est enseigné dans le Likouté Amarim : « Nous trouvons dans le Talmud cinq catégories : le Tsadik qui connaît le bien, le Tsadik qui connaît le mal, le racha qui connaît le bien, le racha qui connaît le mal et l’homme intermédiaire [le beinoni]. Le Talmud explique : le Tsadik qui connaît le bien est le Tsadik accompli, le Tsadik qui connaît le mal est un Tsadik inaccompli. » (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 1)

En effet, d’un point de vue Nazaréen, voici comment appréhender les choses : 

  • Le Tsadik accompli : Rabbi Yeshoua de Natzeret comme il est dit : « Le Tsadik qui connaît le bien est un Tsadik qui n’a que du bien, le mal présent en lui ayant été transformé en bien. (…) Le Tsadik accompli est le Tsadik qui a atteint la forme la plus élevée d’amour pour D.ieu, celui d’ahava betaanouguim, soit l’amour dans les délices. (…) L’appellation « Tsadik qui connaît le bien » désigne celui qui a totalement transformé le mal qui était en lui et en qui, seul le bien demeure. » (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 1)

Il nous convenait, en effet, d'avoir un Cohen Gadol comme lui, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs. (Hébreux 7 :27) 

 

  • Les Tsadikim inaccomplis [et toutes les autres catégories] : Shaoul et les Apôtres [et bien évidemment, tous les autres Nazaréens !] comme il est dit : « Le Tsadik qui connaît le mal est un Tsadik d’un niveau inférieur qui porte encore en lui un résidu de mal. (...) Le Tsadik inaccompli, c’est celui dont l’amour dans les délices n’est pas encore entier.  (…) Le Tsadik qui connaît le mal est celui qui n’est pas parvenu à cette transformation absolue, et en qui le mal demeure. » (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 1)

Nous bronchons tous de plusieurs manières. (Yaakov 3 :2)

Conclusion, nous devons tous nous soumettre au Tsadik accompli lequel fut trouvé parfait devant Hashem et lequel peut aisément, nous justifier devant le Saint Béni soit-Il.

 

 

  • je me constitue en transgresseur : effectivement, selon ses mérites, on pouvait également considérer l’Apôtre Shaoul comme « un transgresseur de la Torah » et ce, bien qu’il était un grand Tsadik comme il est dit : « Car quiconque observe toute la Torah, mais pèche contre un seul commandement, devient coupable de tous. » (Yaakov 2 :10). Or, Rabbi Yeshoua de Natzeret, n’a jamais gouté au péché et par conséquent, nous devons nous en remettre entièrement à lui comme il est également enseigné chez les ‘hassidim : « Tous les manques d'un homme (…), il est impossible de les combler et de les remplir tous, si ce n'est grâce au Tsadik et au Rav de vérité. (…) Le soupir de l'homme d'Israël est extrêmement précieux car grâce à lui, on fait venir le souffle de vie venant compléter ses manques. Cependant, on ne le reçoit que du Tsadik qui est attachée à la Torah car c'est là-bas que se trouve le souffle de vie. » (Torah n°8 du Likouté Moharan I) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------


19.     Oui, par la tora je suis mort à la tora, afin de pouvoir vivre pour Elohîms. Avec le messie, j’ai été crucifié.

 

  • Oui, par la tora je suis mort à la tora : désormais, nous devons vivre par la Torah du Tsadik au détriment de notre propre Torah, étant considérée comme « morte » ... Nous pourrions paraphraser ainsi la pensée de Shaoul : « Si je cherche à nouveau à m'établir sur mes propres mérites par le biais de toutes mes mitsvot, je transgresse alors la Torah du Tsadik à laquelle j'appartiens car je me suis lié au Tsadik et à ses mérites. En effet, ma petite justice personnelle ou « mon petit mérite » résultant de ma Torah sont morts avec Yeshoua quand je me suis lié à lui, et maintenant qu’Hashem l’a aussi relevé d’entre les morts, ma justice ou mon mérite s'est également relevée [par le biais de la émouna] d’entre les morts et a revêtue la justice parfaite du Tsadik. » ; c’est le principe d’un père qui porte son fils.

 

  • afin de pouvoir vivre pour Elohîms : la Torah du Tsadik nous permettant de nous rapprocher d’Hashem [plus de kédoucha et plus d’intimité avec D.ieu]. Nous pouvons aussi citer la traduction proposée par David Stern laquelle est également intéressante : « Car, en ayant laissé la Torah parler d'elle-même, je suis mort aux fausses interprétations légalistes et traditionnelles que l'on en fait, afin que je puisse vivre une communion directe [par la foi] avec D.ieu. » (David Stern, La Bible Juive, p. 1464)

 

  • Avec le messie, j’ai été crucifié : la Torah du Tsadik nous permettant de « crucifier » nos passions charnelles, nos désirs, notre matérialité, etc… afin d’être le plus proche possible d’Hashem [comme le fut Yeshoua]. Pour comprendre la pensée partagée par Shaoul, on pourra s’inspirer, une nouvelle fois, de la ‘Hassidout Breslev comme il est dit : « Comment analyser les choses de façon correcte ? En annulant notre connaissance face à celle du Tsadik. C’est ainsi que procéda Rabbi Nathan. Nous enregistrons les paroles de Rabbi Na’hman, à l’image d’un petit bébé qui ignore tout du fonctionnement de ce qui l’entoure et qui écoute sa mère lui dire de ne pas mettre les doigts dans la prise, de ne pas jouer avec des allumettes, etc… » (Rav Avraham Ifra’h)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------


20.     et je ne vis plus moi-même, mais le messie vit en moi. Ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis en adhérence à Bèn Elohîms, lui qui m’a aimé et s’est donné lui-même pour moi.

 

  • et je ne vis plus moi-même : par notre attachement au Tsadik de vérité, nous avons accès à son Roua’h lequel crée en nous, un tout nouvel homme constamment.

 

 

  • mais le messie vit en moi : tout Nazaréen authentique doit essayer de s’approprier la kédoucha du Rabbi ; et ce but devra être l’élément dans lequel il respire, la source et la condition de toute son existence. Chez les ‘hassidim, il est également enseigné : « Grâce au rapprochement auprès des Tsadikim, l'homme suivant leur directives, par cela la vérité se grave en lui et il accède de la sorte à la foi, la prière, la Terre d’Israël, aux miracles et c'est ainsi que viendra la délivrance. » (Torah n°7 du Likouté Moharan I)

 

  • Ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis en adhérence à Bèn Elohîms : toutes nos œuvres de sanctification personnelle, toutes nos téfilots, toutes nos études de Torah, etc… toutes doivent être enracinés dans le mérite du Mashiah comme il est dit : « L'attachement au Tsadik est la racine de toutes les mitsvot. » (Torah n°143 du Likouté Moharan I)

 

 

  • lui qui m’a aimé : comment parler du Mashiah sans rappeler l’immense amour par lequel, Rabbi Yeshoua s’est donné lui-même, afin de nous faire part de son exemple dans la Avoda Hashem !

 

 

  • et s’est donné lui-même pour moi : pour l’Apôtre Shaoul, cet amour divin est devenu tout personnel : « Yeshoua m’a aimé » ou encore « Yeshoua s’est donné pour moi », n’est-ce pas un témoignage magnifique pour un ancien persécuteur de la Kéhila ? Chaque Nazaréen est appelé par le Maître du monde, à vivre ces mêmes paroles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

21.     Je ne rejette pas le chérissement d’Elohïms ; mais si la justice vient par la tora, alors le messie est mort pour rien.

 

  • Je ne rejette pas : cette bonté qui, par la mort du Tsadik, dévoile des forces spirituelles d'une telle intensité qu'elle peut expier toutes les fautes. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 28)

 

 

  • le chérissement d’Elohïms : il faut savoir que la Torah n'utilise que le nom d’Hashem [le tétragramme : youd/ké/vav/ké] pour parler des sacrifices. Et pourquoi ? Car c’est l'attribut de « miséricorde »  qui est révélé lorsque des sacrifices sont offerts ; à combien de plus fortes raisons, lorsqu’il s’agit du Fils d’Hashem comme il est dit : « Mais D.ieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec le Mashiah (c'est par grâce que vous êtes sauvés) ; il nous a ressuscités ensemble et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, dans le Mashiah Yeshoua, afin de montrer dans les siècles à venir l'infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous dans le Mashiah Yeshoua. Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de D.ieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le Mashiah Yeshoua pour de bonnes œuvres, que D.ieu a préparées d'avance, afin que nous les pratiquions. » (Éphésiens 2 :4-10)

 

 

  • mais si la justice vient par la tora : comme nous l’avons vu, cela fait référence au vivre la Torah par l’intermédiaire de ses propres mitsvot, ou de ses propres mérites.  

 

 

  • alors le messie est mort pour rien : si nos propres mérites, notre « propre justice » nous permettaient d'atteindre le Olam Haba de la manière la plus parfaite qui soit, alors Rabbi Yeshoua ne se serait pas certainement pas « livré » pour nous. Conclusion, voici le dilemme présenté par Shaoul : accepter d’être sauvé par la grâce d’Hashem, soit par le mérite de Yeshoua ou bien « rejeter cette grâce » et alors effectivement, le Mashiah serait mort pour rien… Quiconque estime qu’il peut être justifié devant D.ieu par sa Torah, rejette la grâce manifestée au travers du sacrifice du Mashiah et renonce ainsi, à la notion d’un intercesseur dans le Ciel. Ailleurs, dans les Écrits Nazaréens, il est aussi précisé : « Mes petits-enfants, je vous écris ces choses, afin que vous ne péchiez point. Et si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, le Mashiah Yeshoua HaTsadik. » (1 Yohanan 2 :1) ou encore : « C'est aussi pour cela qu'il peut sauver parfaitement ceux qui s'approchent de D.ieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. » (Hébreux 7 :25)