CHAPITRE 1

Le chapitre est complet, tous les versets sont disponibles

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COMMENTAIRES 

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1.     Paulos, envoyé, non des hommes, ni par un homme, mais par Iéshoua’, le messie, et par Elohîms, le père, celui qui l’a réveillé d’entre les morts.

 

 

  • Paulos, envoyé, non des hommes : l’apostolat de Shaoul n’est pas dirigé par « la chair » contrairement aux autres « Juifs Messianiques » venus pour perturber les Galates, décrits dans le chap. 15 du Livre des Actes comme il est dit : « Quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères, en disant : Si vous n'êtes circoncis selon le rite de Moshé, vous ne pouvez être sauvés. » (Actes 15 :1) ; par cette introduction, l’Apôtre Shaoul s’oppose clairement aux « faux docteurs » du véritable Évangile s’attribuant, eux-mêmes, une mission divine d’enseigner la circoncision aux Nazaréens d’origine non-Juive. En effet, selon certains « croyants en Yeshoua » de branche bien plus légaliste, les non-Juifs non-circoncis n’avaient pas de part au Olam Haba ; il s’agissait d’une pensée de l’école pharisienne de Beit Shammaï [courant religieux extrêmement strict du Second Temple]. 

 

 

  • ni par un homme : l’apostolat de Shaoul était reconnu par beaucoup de Nazaréens dont les Apôtres eux-mêmes comme il est dit : « Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Shaoul vous l'a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée. » (2 Kéfa 3 :15) ou encore : « Ayant reconnu la grâce qui m'avait été accordée, Yaakov, Kéfa et Yohanan, qui sont regardés comme des colonnes, me donnèrent, à moi et à Bar-Naba, la main d'association, afin que nous allassions, nous vers les non-Juifs, et eux vers les circoncis. » (Galates 2 :9)

 

 

  • mais par Iéshoua’, le messie : comme dit précédemment, l’apostolat de Shaoul n’était pas d’origine « charnelle » [instauré par les hommes] mais bien « céleste » ; en l’occurrence, celui-ci provient d’une révélation du Mashiah Yeshoua. Cette déclaration est liée aux événements décrits dans le Livre des Actes au chap. 9 ou encore au chap. 22 comme il est dit : « Comme il était en chemin, et qu'il approchait de Damas, tout à coup une lumière venant du Ciel resplendit autour de lui. » (Actes 9 :3)

 

 

  • et par Elohîms, le père : cela décrit la hiérarchie céleste ; le Mashiah étant soumis au dévoilement du Maître du monde, comme lui-même le déclarera dans plusieurs Évangiles. Yeshoua n’est pas indépendant d’Hashem, et nul ne peut l’être comme il est écrit : « D.ieu, en effet, a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu'il dit que tout lui a été soumis, il est évident que celui qui lui a soumis toutes choses est excepté. Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que D.ieu soit tout en tous. » (1 Corinthiens 15 :27-28). En l’occurrence, lorsque l’Apôtre Shaoul nous enseigne avoir reçu une révélation profonde du Rabbi de Natzeret, on doit bien évidemment, comprendre qu’Hashem était aux commandes. En fait, toutes les révélations d’Hashem passent désormais par le Mashiah comme il est écrit : « D.ieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé le monde. » (Hébreux 1 :2)

 

 

  • celui qui l’a réveillé d’entre les morts : Shaoul conclut cette présentation avec la résurrection du Mashiah pour une bonne raison. En effet, certains de ses opposants auraient pu et l’ont d’ailleurs, certainement accuser de ne pas avoir été témoin de la vie « terrestre » de Yeshoua… Comment cet homme peut-il se permettre d’enseigner toute la Kéhila Nazaréenne alors qu’il n’a pas même pas marché en compagnie du Rabbi ? Néanmoins, comme l’avance l’Apôtre Shaoul, le Mashiah étant relevé d’entre les morts, la révélation « céleste » de Damas devrait suffire largement comme témoignage valable : celle-ci fut tellement réelle et intense pour avoir changé « le persécuteur » mais également pour l’avoir établi parmi les chefs de la Kéhila. En effet, une « autorité isolée » n’aurait pas eu la capacité d’en faire autant, notamment avec les Apôtres [solidaires avec Shaoul] encore vivants lorsqu’il prêchait son Évangile.

 

 

COMMENTAIRE

 

À noter que cette affirmation de Shaoul concernant la résurrection du Rabbi, confirme également une pensée du Talmud. En effet, la Guémara parle clairement de la potentialité qu’un Mashiah puisse venir du monde des morts ; elle précise même qu’il pourrait s’agir de Daniel ou d’un Tsadik du « calibre » de Daniel comme il est dit : « Si le Mashiah est parmi les vivants, c'est une personne comme Yéhouda HaNassi, réputé pour sa sainteté, sa piété et sa connaissance de la Torah. Si le Mashiah est parmi les morts, c'est une personne comme Daniel, l’homme bien-aimé. » (Sanhédrin 98b)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2.     et tous les frères qui sont avec moi, aux communautés de la Galatie.

 

 

  • et tous les frères qui sont avec moi : le choix du Mashiah concernant Shaoul était reconnue parmi la Kéhila Nazaréenne. Par conséquent, l’Apôtre fait référence à tous ses « compagnons d’œuvre » qui l’entouraient et qui, en pleine communion d’esprit avec lui, pouvaient le défendre contre tous « faux docteurs » ou encore, contre toutes fausses accusations comme il est dit : « Et ils ne sauraient prouver ce dont ils m'accusent maintenant. Je t'avoue bien que je sers le D.ieu de mes pères selon la voie qu'ils appellent une secte, croyant tout ce qui est écrit dans la Tora et dans les Prophètes. » (Actes 24 :13-14)

 

 

  • aux communautés : plusieurs communautés Nazaréennes étaient installées en Galatie.

 

 

  • de la Galatie : la Galatie est une région d'Anatolie [autour de l'actuelle ville d’Ankara en Turquie] dont le nom vient d'un peuple celte ancien, appelé les Galates.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3.     grâce à vous et paix, de par Elohîms, notre père, et l’Adôn Iéshoua’, le messie.

 

  • grâce à vous et paix : généralement, tous les talmidim du Mashiah ont les mêmes souhaits pour la Kéhila comme il est dit : « Yohanan aux sept communautés qui sont en Asie : que la grâce et la paix vous soient données de la part de celui qui est, qui était et qui vient ; de la part des sept Esprits qui sont devant son trône. » (Révélation 1 :4) et pourquoi ? Car « la grâce et le shalom » sont les deux grands bienfaits dont les hommes ont le plus besoin et sans lesquels, ils ne peuvent pas être en totale communion avec Hashem... Ailleurs, il est également enseigné dans le Tanya : « On introduit des propos par une bénédiction. (…) Plus généralement, toute parole doit systématiquement être introduite d’une manière positive. » (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 1)

 

  • de par Elohîms, notre père : cela fait référence au Maître du monde, le Saint Béni soit-Il.

 

 

  • et l’Adôn Iéshoua’, le messie : le mot « Adon » peut être traduit par « Seigneur » ou « Maître » : on l’emploie pour parler d’un grand homme ; en l’occurrence, du Seigneur Yeshoua ou encore du Roi David comme il est écrit dans le Tanakh : « Notre Seigneur David ne le sait pas. » (1 Melakhim 1 :11)

 
 
 
 

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4.     qui s’est donné pour nos fautes afin de nous délivrer de l’ère actuelle, la criminelle, selon le vouloir d’Elohîms, notre père.

 

  • qui s’est donné pour nos fautes : en référence avec le « sacrifice expiatoire » du Mashiah au Mont Golgotha. (Yeshayahou, chap. 53). En effet, comme cela est développé dans tous les Écrits Nazaréens, nous avons été rachetés et justifiés par Rabbi Yeshoua. Ailleurs, il avait également été prophétisé par Hoshéa : « Je les rachèterai de la puissance du séjour des morts, je les délivrerai de la mort. O mort, où est ta peste ? Séjour des morts, où est ta destruction ? » (Hoshéa 13 :14) et pourquoi ? Car étant ressuscité, le Mashiah a ôté tout pouvoir à la mort. Or, selon le principe de l’attachement au Tsadik de vérité développée par Shaoul ; étant attachés au Rabbi de Natzeret, nous ne sommes plus soumis au pouvoir de la mort non plus comme il est dit : « Lorsque ce corps corruptible aura revêtu l'incorruptibilité et que ce corps mortel aura revêtu l'immortalité, alors s'accomplira la parole qui est écrite : La mort a été engloutie dans la victoire. O mort, où est ta victoire ? O mort, où est ton aiguillon ? » (1 Corinthiens 15 :54-55)

 

COMMENTAIRE 

 

L’Apôtre Shaoul est entrain de rappeler dans le cadre de cette introduction, cette vérité importante et cruciale car « le cœur » de toute la Lettre aux Galates sera « la justification devant D.ieu » … En effet, le but est de répondre à cette enjeu capital : « Notre justification s’effectue-t-elle par nos propres œuvres [par nos mérites] ou par notre attachement au Tsadik de vérité ? » Bien évidemment, la réponse développée tout au long de cette Lettre, sera « par l’attachement au Tsadik » comme il est dit : « Car nous pensons que l'homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la Torah. » (Romains 3 :28) ou encore : « Néanmoins, sachant que ce n'est pas par les œuvres de la Torah que l'homme est justifié, mais par la foi dans le Mashiah Yeshoua, nous aussi nous avons cru dans le Mashiah Yeshoua, afin d'être justifiés par la foi dans le Mashiah et non par les œuvres de la Torah, parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la Torah. » (Galates 2 :16)

 

  • afin de nous délivrer : le mot grec pour « délivrer » est « exaireos » : celui-ci traduit l’idée d’arracher, de déraciner ou encore d’enlever. En fait, nous devons comprendre qu’Hashem désire littéralement, nous « arracher » et nous « déraciner » de ce monde [comparable au Guey-Hinnom] pour nous implanter dans l’autre, soit dans le Olam Haba.

 

  • de l’ère actuelle : le « processus » pour nous délivrer de ce monde traite, en premier lieu, de la rédemption accomplie par le sacrifice du Mashiah pour nos vies puis bien évidemment, de la rédemption opérée par le renouvellement de son Rouah tout au long de notre vie comme il est dit : « Notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché. » (Romains 6 :6) ou encore : « Mais revêtez-vous du Seigneur et Mashiah Yeshoua, et n'ayez pas soin de la chair pour en satisfaire les convoitises. » (Romains 13 :14). En fait, lorsque nous sommes attachés au Tsadik, nous sommes attachés avec la kédoucha [avec la sainteté] comme il est enseigné dans la ‘Hassidout ‘Habad : « Le Tsadik est saint parce qu’il se sépare, tout au long de son existence, des préoccupations du monde, afin de se consacrer au service de D.ieu. » (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 28)

 

  • la criminelle : comme il est aisé de le comprendre au travers des paroles de Shaoul, le Mashiah souhaite nous détourner de ce monde rempli de vices et de tromperies. Dans le même élan, Shimon Kéfa nous enseignera : « Bien-aimés, je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs sur la terre, à vous abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l'âme. » (1 Kéfa 2 :11). Cette période, appelée également « la criminelle » par l’Apôtre Shaoul, décrit parfaitement l’état d’une humanité déchue, en totale opposition avec « la période messianique » prévue où cette déchéance, béézrat Hashem, sera complétement anéantie comme il est dit : « Il anéantit la mort pour toujours ; le Seigneur, l'Éternel, essuie les larmes de tous les visages, il fait disparaître de toute la terre l'opprobre de son peuple car l'Éternel a parlé. » (Yeshayahou 25 :8)

 

  • selon le vouloir d’Elohîms, notre père : toute l’œuvre du Rabbi a été accomplie en conformité avec la volonté de D.ieu comme il est écrit : « Il a plu à l’Éternel de le briser par la souffrance. » (Yeshayahou 53 :10). Néanmoins, nous devons préciser que le Mashiah n’a pas été « obligé » par Hashem de se livrer pour nous ; au contraire, Yeshoua s’est délibérément offert afin que chacun puisse recevoir la vie éternelle comme il est dit : « Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. » (Yohanan 10 :11). Dans la Torah Orale, le Midrash Pesiqta Rabbati rapporte également que ce sera de son plein gré que le Mashiah ben Yossef acceptera de se faire humilier et exécuter par les nations afin d’expier les péchés d’Israël comme il est dit : « Le Saint Béni soit-Il commencera à discuter avec lui et lui dira : les péchés viendront bientôt sur toi comme un joug de fer et ils te rendront comme ce veau dont les yeux furent affaiblis. Et ils étoufferont ton esprit avec un joug et ta langue sera bientôt attachée à ton palais par leurs péchés. Le veux-tu ? (...) Si ton âme est troublée, j’enlèverai les malheurs dès maintenant. Le Mashiah lui dira : Maître des mondes, c’est avec joie et réjouissance en mon cœur que je l’accepte pour qu’aucun en Israël ne soit perdu ; et seront sauvés en mes jours, non seulement ceux qui vivent mais aussi ceux qui sont dissimulés dans la poussière ; seront sauvés en mes jours non seulement ceux qui meurent mais aussi tous ceux qui sont morts depuis le premier Adam jusqu’à maintenant ; et pas seulement eux mais aussi les morts nés et pas seulement les morts nés mais aussi ceux qui sont montés dans ta pensée pour être créés mais qui ne l’ont pas encore été. Si c’est ainsi, je le veux ; si c’est ainsi, j’accepte le joug sur moi. (...) Concernant ce moment, David pleura et dit : « Ma force se dessèche comme l’argile. » (Téhilim 22 :15). Lorsque ce moment viendra, le Saint Béni soit-Il lui dira : Ephraïm, Mashiah, ma justice, tu l’as déjà accepté [cette souffrance] depuis les six jours du commencement et maintenant, ta douleur sera mienne. » (Pesiqta Rabbati 161-162)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5.     À lui la gloire pour les pérennités de pérennités. Amén.

 

  • À lui la gloire : louange de l’Apôtre Shaoul adressée au Maître du monde, le but étant ici d’exprimer sa forte reconnaissance. À ce sujet, il est important de relever que tous les hommes de la Bible qui ont été puissants dans la téfila, ont été des hommes qui se sont livrés abondamment en louange et en actions de grâces [en reconnaissance] comme il est dit : « Chantez à l'Éternel avec actions de grâces, célébrez notre D.ieu avec la harpe ! » (Téhilim 147 :7). En effet, comme on le sait, le Roi David est considéré comme l’exemple parfait de la hitbodedout et nous pouvons voir combien ses Psaumes abondent en louanges et en actions de grâces. De même, les Apôtres étaient des hommes puissants dans ce domaine et nous lisons à leur sujet « qu’ils étaient continuellement dans le Temple, louant et bénissant D.ieu. » (Loucas 24 :53)

 

  • pour les pérennités de pérennités. Amén : comme il est dit : « Béni soit l'Éternel, le D.ieu d'Israël, d'éternité en éternité ! Amen ! Amen ! » (Téhilim 41 :13) et dans le même élan, nous pouvons également rapprocher de la louange de Shaoul, cette parole du Tanya : « Celui qui reçoit une bonne nouvelle [comme celle du « salut » gratuit dans le Mashiah] doit, d’emblée manifester sa gratitude à D.ieu. » (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 1). Comme nous pouvons le constater, Shaoul était également un homme doué dans le domaine de la téfila et combien de fois dans ses Épîtres, il éclate en des actions de grâces bien définies, rendues à D.ieu pour des bénédictions déterminées et des exaucements précis. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6.     Je m’étonne que, si vite, vous vous détourniez de celui qui vous a appelés dans le chérissement du messie, pour une autre annonce.

 

 

  • Je m’étonne : il s’agit d’un étonnement douloureux. En effet, tel un homme rempli d’une grande et sérieuse pensée, l’Apôtre Shaoul va maintenant s’occuper de la chute spirituelle des Nazaréens de Galatie… Cet étonnement sera reformulé plus tard comme il est dit : « Vous couriez bien : qui vous a arrêtés, pour vous empêcher d'obéir à la vérité ? » (Galates 5 :7)

 

 

  • que, si vite, vous vous détourniez : actuellement, « vous vous détournez vers un autre Évangile » … En réalité, Shaoul dénonce cette acte de séduction comme étant encore en cours d’accomplissement ; ceci exprime une forme d’espoir : les Galates peuvent être ramenés dans le chemin de la vérité [par le biais de la téchouva].

 

 

  • de celui qui vous a appelés : en référence au Maître du monde comme il est dit : « D.ieu est fidèle, lui qui vous a appelés à la communion de son Fils, le Mashiah Yeshoua notre Seigneur. » (1 Corinthiens 1 :9) ou encore : « Le D.ieu de toute grâce, qui vous a appelés dans le Mashiah Yeshoua. » (1 Kéfa 5 :10) ou encore : « À ceux qui ont été appelés, qui sont aimés en D.ieu le Père, et gardés pour le Mashiah Yeshoua. » (Yéhouda 1 :1)

 

 

  • dans le chérissement du messie : en lien avec la pensée exprimée aux Nazaréens de Rome : « Vous êtes, non sous la Torah mais sous la grâce. » (Romains 6 :14). Dans le même élan, nous pouvons rapprocher les enseignements ‘hassidiques ‘Habad lesquels déclarent : « Au sujet de l’expression contenue dans le verset des Téhilim : « Quel est l’homme qui désire la vie ? » (Téhilim 34 :13) ; Rabbi Chnéour Zalman souligne que le moyen d’obtenir la vie est l’attachement au Tsadik. Également selon les termes du verset : « L’existence de mon Maître sera liée au faisceau de la vie. » (1 Shmouel 25 :29) ; nous pouvons voir que le Tsadik est l’intermédiaire qui nous relie à D.ieu, et c’est pour cette raison que le Tsadik peut distribuer un faisceau de vie. » (Tanya et commentaires, Iguéret Kodesh, chap. 27). Comme nous l’avons compris, le but de Shaoul est de partager aux Galates que la source de toutes leurs bénédictions spirituelles, est principalement « leur foi dans le Tsadik de vérité ».

 

 

  • pour une autre annonce : selon le contexte de l’époque du Second Temple, cette Lettre de Shaoul serait dirigée contre le « parti de la circoncision » [soit certains adhérents en Yeshoua clairement influencés par les directives de l’école de Beit Shammaï] comme cela est relaté dans le Livre des Actes : « Quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères, en disant : Si vous n'êtes circoncis selon le rite de Moshé, vous ne pouvez être sauvés. (…) Alors quelques-uns du parti des proushim, qui avaient cru, se levèrent, en disant qu'il fallait circoncire les non-Juifs et exiger l'observation de la Torah de Moshé. » (Actes 15 :1-5). Et pourquoi ces « autres Nazaréens » sont-ils appelés dans nos Écrits, le « parti de la circoncision » ? Car les membres de Beit Shammaï considéraient que seul un Juif [ou un converti] circoncis pouvait hériter du Olam Haba ; pour eux, les non-Juifs [ou les non-circoncis] n’avaient pas, selon leurs interprétations de la Torah, accès à la vie éternelle. (Sanhédrin 105a). En d’autres termes, certains Juifs Messianiques bien plus légalistes, faisaient dépendre « le salut divin » de la mitsva de la circoncision [soit des œuvres de la Torah] au détriment de l’œuvre expiatrice du Mashiah [l’œuvre de la grâce] manifesté au Mont Golgotha.  

 

 

 

 

 

 

 

 

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7.     mais qui n’en est pas une autre ! Seulement, certains vous troublent et veulent pervertir l’annonce du messie.

 

 

  • mais qui n’en est pas une autre : l’Évangile véritable confesse « la mort expiatoire du Rabbi » comme étant notre seule source de miséricorde, nous accordant la pleine entrée dans le Olam Haba. En effet, l’annonce de la Bonne Nouvelle est qu’Hashem a expié toutes nos fautes par l’intermédiaire du Mashiah comme il est enseigné : « Tout comme la vache rousse apporte l’expiation ; de même, la mort des Tsadikim apporte également l’expiation. Si la vache rousse a permis d’obtenir l’expiation de la faute la plus grave, celle du veau d’or ; combien la mort du Tsadik a, elle aussi, une valeur expiatoire particulièrement profonde. » (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 28) ou encore : « La mort des Tsadikim est comme Yom Kippour : elle apporte le pardon pour les péchés d'Israël. » (Vayikra Rabah 20)

 

 

  • Seulement, certains vous troublent : comme nous l’avons vu, cela fait référence aux talmidim de Yeshoua influencés par le courant de pensée de Beit Shammaï, également appelés le « parti de la circoncision » dans les Écrits Nazaréens. En fait, le conflit entre Beit Hillel [soit l’école de tous les véritables Nazaréens] et Beit Shammaï avait perduré malgré le fait, qu’ils soient morts. En effet, le conflit s’est même plutôt dégradé avec leurs « talmidim » ou leurs « héritiers » spirituels comme cela est enseigné dans la Guémara : « À partir du moment où les disciples de Shammaï et Hillel ont grandi en nombre (…) la dispute a proliféré parmi le peuple Juif et la Torah est devenue comme deux Torot différentes. » (Sanhédrin 88b). Par conséquent, nous pouvions trouver deux façons de pensée en Israël : la vision plus confiante et plus optimiste de Beit Hillel et celle plus méfiante et plus rigoriste [ou légaliste] de Beit Shammaï. Bien évidemment, tout comme le Mashiah et les autres Apôtres, Shaoul était un partisan de l’école de Beit Hillel : miséricorde, shalom, amour, ouverture, respect avec les non-Juifs, etc…

 

 

  • et veulent pervertir l’annonce du messie : pervertir l’Évangile n’était peut-être pas l’intention de tous ces autres Nazaréens car ils étaient, malgré tout, des « talmidim de Yeshoua » mais qu’ils le voulussent ou non, tel était le résultat de leurs erreurs d’interprétation sur la grandeur de la réparation opérée par le Rabbi. En effet, la priorité d’un Juif comme d’un non-Juif, doit être de rechercher avec acharnement le Tsadik de vérité capable de mettre en œuvre la réparation de son âme et ce, malgré toutes ses détériorations. Nous devons prendre extrêmement garde à ne pas nous opposer au Tsadik opérant toutes ces réparations, allant lui-même au bout du « sacrifice de soi » en descendant dans les endroits les plus profonds [comme celles des non-Juifs] pour en élever les âmes les plus embourbées afin de les ramener dans les chemins de la vérité divine. Grâce au Tsadik, le désespoir n'existe plus ; l'essentiel est d'écouter ses paroles et de suivre ses conseils et d'annuler notre sagesse comme si nous n'avions plus aucune intelligence ! (Philippiens 3 :7). En conséquence, comme l’enseigne le Tanya : « Le chemin a été tracé par le Tsadik et tous peuvent l’emprunter, la voie est nouvelle et elle correspond à la forme du service de D.ieu qui est spécifique à chacun. » (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 27)

 

 

 

 

 

 

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8.     Mais même si nous ou un messager du ciel, nous vous annoncions une autre annonce que celle que nous vous avons annoncée, qu’il soit interdit !

 

 

  • Mais même si nous : en référence aux décisionnaires de la Kéhila comme il est dit : « Nous avons trouvé cet homme, (…) qui est chef de la secte des Nazaréens » (Actes 24 :5) ou encore : « Les frères décidèrent que Shaoul et Bar-Naba, et quelques-uns des leurs, monteraient à Jérusalem vers les Apôtres et les anciens, pour traiter cette question. » (Actes 15 :2)

 

 

  • ou un messager du ciel : Shaoul fut grandement inspiré par le Rouah Hakodesh (2 Corinthiens 12 :7) et a de façon prophétique, dénoncer « toutes fausses révélations angéliques » contraires aux directives du véritable Évangile.

 

 

  • nous vous annoncions une autre annonce : cette Lettre aux Galates traite de notre « justification devant D.ieu » et en l’occurrence, de notre « moyen d'entrée » dans le Olam Haba. En d’autres termes, la « circoncision » dont il sera question dans cette Lettre, ne devra être liée avec la mitsva en elle-même mais plutôt de ce qu'elle représente dans l’optique de notre accès au Gan Eden… Clairement, le but de Shaoul est de faire comprendre aux Galates que la circoncision n’a pas à être considéré comme un « pass » pour le Olam Haba ; seul le mérite du Tsadik de vérité est capable de nous en faire hériter de façon parfaite.

 

 

  • que celle que nous vous avons annoncée : nous pouvons voir apparaître deux « grande familles » en lien avec la justification : celle « par les œuvres », inspirée de Beit Shammaï et celle « par la émouna », inspirée de Beit Hillel.

 

 

  • qu’il soit interdit : du grec « anathema » : on emploie cette expression pour parler d’un homme maudit ou d’un homme voué au malheur ; en termes plus simples, il s’agit d’une malédiction ou d’une forme d’excommunication. On peut s’inspirer d’une Mishna pour mieux comprendre la malédiction proférée par l’Apôtre Shaoul : « Le Rav Tarfon a dit : Une fois, je me promenais sur le chemin et je me suis incliné pour réciter le Chéma selon les lois de Beit Shammaï, et j'ai encouru un danger avec des voleurs. Ils lui ont dit : Tu méritais de te faire du mal, parce que tu as agi contre les paroles de Beth Hillel. » (Mishna Bérakhot 1 :3) ; comme on peut le constater, bien que Rabbi Tarfon était un disciple de Beit Hillel, il pensait que l'accomplissement de la mitsva du Chéma selon Beit Shammaï était plus méticuleux. Cependant, avec cette seule pensée, il s’est mis en danger ; les Sages lui ont alors dit : « Tu méritais d'être dans une position où tu devais le payer de ta vie car tu as transgressé la halakha de Beit Hillel. »

 

 

 

 

 

 

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9.     Nous l’avons déjà dit, et je le redis maintenant : si quelqu’un vous annonce autrement que ce que vous avez reçu, qu’il soit interdit !

 

 

  • Nous l’avons déjà dit, et je le redis maintenant : toutes doctrines de justification [comme celle dépendante des mitsvot dont la circoncision retrouvée dans la Lettre aux Galates] n'étant pas fondée sur la « seule justification » parfaite du Tsadik de vérité, doit être considérée comme contraire aux chemins d'Hashem et de son Oint. (Actes 13 :38-39) ; nous rejoignons ainsi, la position apostolique selon laquelle, le « salut par les œuvres de la Torah » est incompatible avec l’enseignement du « salut par le simple attachement au Tsadik » comme nous l’avons déjà souligné avec les propos de Shaoul : « Car nous pensons que l'homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la Torah. » (Romains 3 :28) ou encore : « Ce n'est pas par les œuvres de la Torah que l'homme est justifié mais par la foi dans le Mashiah Yeshoua. » (Galates 2 :16)

 

 

  • si quelqu’un vous annonce autrement : pour parler comme l’Apôtre Shaoul, il faut clairement avoir reçu du Ciel non seulement, une conviction profonde de la véracité de l’Évangile mais également une profonde certitude de l’avoir reçu selon une « révélation exacte » du Mashiah ; et ainsi d’avoir été élevé au-dessus de toute erreurs d’interprétations.  

 

 

  • que ce que vous avez reçu : les paroles de l’Apôtre Shaoul sont comparables avec celles présentes dans un Midrash comme il est dit : « Moshé a dit : Ne dites pas : Un autre Moshé viendra nous apporter une autre Torah depuis les Cieux ! » (Devarim Raba 8 :6)

 

 

  • qu’il soit interdit : la « malédiction du départ » est accentuée avec plus d’énergie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10.     Maintenant, dois-je, certes, convaincre des hommes, ou bien Elohîms ? Dois-je chercher à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas un serviteur du messie.

 

 

  • Maintenant, dois-je, certes, convaincre des hommes : le but n’étant pas de convaincre les Juifs Messianiques soumis aux interprétations de Beit Shammaï mais bien les Galates. Et pourquoi ? Car comme nous l’avons compris, ces Juifs Messianiques enseignaient aux Galates qu’ils n’étaient pas vraiment « dans les clous » car ils n’étaient tout simplement pas circoncis [en complément de la peur d’un potentiel Guey-Hinnom]. En d’autres termes, ces hommes faisaient retomber les Galates « sous la malédiction de la Torah » car comme beaucoup, ils cherchaient « leur justification » au travers de leurs propres mérites [œuvres] et non dans la seule « justice » du Mashiah qui s’obtient par la foi. À ce sujet, il est enseigné par Shaoul : « Car tous ceux qui s'attachent aux œuvres de la Torah sont sous la malédiction car il est écrit : Maudit est quiconque n'observe pas tout ce qui est écrit dans le Livre de la Torah et ne le met pas en pratique. » (Galates 3 :10)

 

 

  • ou bien Elohîms : et encore moins le Maître du monde… Dans le même élan, il est également enseigné par le Rav Avraham Ifra’h : « Il vaut mieux être jugé par Hashem [la justification selon la miséricorde divine] que par le Tribunal Céleste [la justification selon nos mérites] car comme nous pouvons le retrouver explicitement dans le Zohar, l’homme qui est jugé par Hashem lui-même ne ressortira jamais coupable. Et pourquoi ? Car Hashem n’est que miséricordieux. » (Rav Avraham Ifra’h)

 

 

  • Dois-je chercher à plaire aux hommes : Shaoul prê­chait le Olam Haba pour tous, Juifs et non-Juifs, par la seule émouna dans le Tsadik de vérité dont le sa­cri­fice d’ex­pia­tion avait accordé aux hommes fauteurs, leur parfaite justification… Or, si l’Apôtre Shaoul avait en même temps « prê­ché » la né­ces­sité de la cir­con­ci­sion et de l’ob­ser­va­tion de la Torah pour hériter du Olam Haba, alors le « scan­dale de la croix » aurait été aboli comme il est dit : « Pour moi, frères, si je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté ? Le scandale de la croix a donc disparu ! » (Galates 5 :11) ; et ces opposants au lieu de le per­sé­cu­ter, l’auraient certainement ap­prouvé mais en aucun cas, l’Apôtre Shaoul ne souhaitait leur « laisser du crédit » d’autant plus que la « halakha Nazaréenne » tranchée par Yaakov HaTsadik au Concile de Jérusalem (Actes 15) n’était pas du tout, d’imposer la circoncision aux non-Juifs. 

 

  • Si je plaisais encore aux hommes : tel un vrai serviteur d’Hashem, Shaoul n’a jamais modifié son Évangile et ce, même si cela déplaisait aux autres… À ce sujet, il précisera malheureusement, avoir constater cette erreur chez Shimon Kéfa comme il est dit : « Mais lorsque Kéfa vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il était répréhensible. En effet, avant l'arrivée de quelques personnes envoyées par Yaakov, il mangeait avec les non-Juifs et, quand elles furent venues, il s'esquiva et se tint à l'écart, par crainte des circoncis. » (Galates 2 :11-12). Nous devons également préciser qu’au moment où cette Lettre a été écrite, la pression des « shammaïtes » devait être assez conséquente étant donné que l’école de Beit Shammaï possédait clairement l'autorité spirituelle de nombreuses synagogues en Israël et de ce fait, il est évident que l’ensemble du peuple était imprégné de leurs interprétations de la Torah.

 

  • je ne serai pas un serviteur du Messie : car la « halakha » Nazaréenne s’est enracinée dans celle de Beit Hillel comme cela est relaté au moment du Concile : « C'est pourquoi je suis d'avis qu'on ne crée pas des difficultés à ceux des non-Juifs qui se tournent vers D.ieu, mais qu'on leur écrive de s'abstenir des souillures des idoles, de l'impudicité, des animaux étouffés et du sang. Car, depuis bien des générations, Moshé a dans chaque ville des gens qui le prêchent, puisqu'on le lit tous les jours de Shabbat dans les synagogues. » (Actes 15 :19-21) et pourquoi dans celle de Beit Hillel ? Car Hillel enseignait comme processus de « conversion » d'abord une immersion, puis le commencement de l'étude de la Torah, soit le début de sa pratique et en finalité, la circoncision ; en d’autres termes, l’obtention du Olam Haba pour Beit Hillel ne dépendait pas non plus, de la mitsva de la Brit Mila. En fait, certains Nazaréens avaient désobéi à l'ordre de Yaakov puisqu'ils allaient dans des communautés [comme dans celle des Galates] pour propager une processus de conversion selon Shammaï, ce contre quoi Shaoul s'est battu comme il est également dit : « Ayant appris que quelques hommes partis de chez nous, et auxquels nous n'avions donné aucun ordre, vous ont troublés par leurs discours et ont ébranlé vos âmes. » (Actes 15 :24). À noter que, assez étonnement, le Judaïsme enseigne également qu’au temps du Mashiah, nous suivrons « la halakha » de Beit Shammaï… En effet, lorsque le Mashiah reviendra, « l'avantage de la rigueur » sera révélé et la halakha sera conforme aux ordonnances de Beit Shammaï. En fait, ironiquement, Beit Shammaï vient d'un niveau si élevé que le monde actuel est incapable de le supporter, et ce n'est que lorsque le Mashiah viendra que nous pourrons suivre leurs opinions. Conclusion, même selon le Judaïsme actuel, les Juifs sont actuellement incapables de suivre « Beit Shammaï », alors à combien de plus forte raison pour les non-Juifs !  De plus, n’est-il pas enseigné : « Je les tirai avec des liens d'humanité, avec des cordages d'amour. » (Hoshéa 11 :4). Dans le même élan, n’est-il pas enseigné : « Les convertis au Judaïsme ont témoigné au sujet d’Hillel et Shammaï : La courtoisie de Shammaï voulait nous chasser du monde ; cependant, la douceur d’Hillel nous a placés sous les ailes de la Présence divine. » (Or’hot Tsadikim 12 :11)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11.     Je vous le fais connaître, frères, l’annonce que je vous annonce n’est pas selon un homme.

 

 

  • Je vous le fais connaître, frères : avec authenticité, sincérité et dévouement.

 

 

  • l’annonce que je vous annonce : la doctrine Nazaréenne de la « justification » décrit le procédé par lequel, Hashem a acquitté les hommes de leurs fautes par l’intermédiaire du Tsadik de vérité, Rabbi Yeshoua de Natzeret. En des termes bien plus spécifiques, la justification est l’acquittement légal et définitif du pouvoir de la faute sur l'homme pécheur ; en conséquence, par la seule miséricorde d'Hashem, un fauteur peut être déclaré juste. Et comment est-ce possible ? Par le seul mérite du Mashiah.

 

 

  • n’est pas selon un homme : Shaoul, afin de justifier l’autorité qu’il vient d’étaler précédemment, reprécise bien que « son Évangile » lui a été enseigné par le Mashiah [ressuscité] comme il est également dit : « Je ne l'ai ni reçu ni appris d'un homme mais par une révélation du Mashiah Yeshoua. » (Galates 1 :12) ou encore : « Shaoul, Apôtre, non de la part des hommes, ni par un homme mais par le Mashiah Yeshoua et D.ieu le Père, qui l'a ressuscité des morts. » (Galates 1 :1)

 
 
 
 
 
 
 

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12.     Non, je ne l’ai pas reçue ou apprise d’un homme, mais par le découvrement de Iéshoua’, le messie.

 

 

  • Non, je ne l’ai pas reçue ou apprise d’un homme : comme nous l’avons compris, Shaoul n’a pas reçu son « apostolat » par l’autorité d’un homme mais bien plus, il n’a même pas été enseigné par les hommes concernant Rabbi Yeshoua. Au contraire, selon son propre témoignage, le Mashiah lui aurait absolument tout accordé par « révélation » divine. Néanmoins, comme nous le savons, Shaoul était un grand érudit en Torah comme il est dit : « J’étais plus avancé dans le Judaïsme que beaucoup de ceux de mon âge et de ma nation, étant animé d'un zèle excessif pour les traditions de mes pères. » (Galates 1 :14). De plus, comme nous le savons également, l’Apôtre Shaoul fut instruit aux pieds de Gamliel, un des plus grands Maîtres d’Israël : « Shaoul dit : Je suis Juif, né à Tarse en Cilicie mais j'ai été élevé dans cette ville-ci et instruit aux pieds de Gamliel dans la connaissance exacte de la Torah de nos pères, étant plein de zèle pour D.ieu, comme vous l'êtes tous aujourd'hui. » (Actes 22 :2-3). En soi, la révélation de la messianité du Rabbi accompagnée de cette éducation religieuse lui a, selon les Écrits Nazaréens, totalement suffi pour comprendre et enseigner les bases de l’Alliance Renouvelée [de la Brit Hadasha] dans le Mashiah. (Yrmeyahou 31 :31-34). En fait, ce n’est pas non plus étonnant car Rabban Gamliel détient une réputation dans la Mishna pour être l’un des plus grands Maîtres de toutes les annales du Judaïsme comme il est dit : « Quand Rabban Gamliel l’Ancien est mort, la gloire de la Torah s’est éteinte et la pureté et l’abstinence ont disparu. » (Mishna Sotah 9 :15). Conclusion, par l’intermédiaire de toute cette éducation Juive orthodoxe, il est largement compréhensible de voir un Shaoul complétement autonome ; le cas des autres Apôtres étant totalement différent car ils n’avaient forcément reçu d’instructions toraïques aussi poussées et faisaient partie, pour la plupart, du ‘am haaretz comme il est dit : « Lorsqu'ils virent l'assurance de Kéfa et de Yohanan, ils furent étonnés, sachant que c'étaient des hommes du peuple sans instruction et ils les reconnurent pour avoir été avec Yeshoua. » (Actes 4 :13)

 

  • mais par le découvrement de Iéshoua’, le messie : en dévoilant « sa grandeur » depuis les mondes supérieurs, Rabbi Yeshoua a pleinement convaincu Shaoul de sa folie lorsqu’il était encore sur le chemin de Damas. (Actes 9 ; Actes 22). Son dévoilement a complétement jeté « le futur Apôtre » dans une crise physique et moral ; la transformation qui s’en suivie eut pour conséquence une transformation complète de ses idées, et elle produisit l’Évangile qu’il s’efforça d’annoncer tout au long de sa vie. Par suite de cette grande révélation « initiale », le Mashiah accorda à Shaoul, dans le cours de son « ministère » plusieurs autres révélations, plusieurs visions prophétiques, etc… comme il est dit : « Pendant la nuit, Shaoul eut une vision : un Macédonien lui apparut, et lui fit cette prière : Passe en Macédoine, secours-nous ! » (Actes 16 :9) ou encore : « La nuit suivante, le Seigneur apparut à Shaoul, et dit : Prends courage ; car, de même que tu as rendu témoignage de moi dans Jérusalem, il faut aussi que tu rendes témoignage dans Rome. » (Actes 23 :11). En d’autres termes, Shaoul était un homme grandement inspiré par le Rouah Hakodesh comme il est également relaté : « De retour à Jérusalem, comme je priais dans le Temple, je fus ravi en extase, et je vis le Seigneur qui me disait : Hâte-toi, et sors promptement de Jérusalem, parce qu'ils ne recevront pas ton témoignage sur moi. Et je dis : Seigneur, ils savent eux-mêmes que je faisais mettre en prison et battre de verges dans les synagogues ceux qui croyaient en toi, et que, lorsqu'on répandit le sang de Stephanos, ton témoin, j'étais moi-même présent, joignant mon approbation à celle des autres, et gardant les vêtements de ceux qui le faisaient mourir. Alors il me dit : Va, je t'enverrai au loin vers les nations. » (Actes 22 :17-21)

 

 

 

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13.     Oui, vous avez entendu ce qu’était ma conduite, jadis, dans le judaïsme : avec excès, j’ai persécuté la communauté d’Elohîms, je l’ai dévastée.

 

 

  • Oui, vous avez entendu ce qu’était ma conduite : comme nous l’avons vu, Shaoul fut enseigné aux pieds de Rabban Gamliel. Néanmoins, sa Avoda Hashem relevée clairement d’un « fanatisme » Juif religieux comme il est dit : « J'ai persécuté à mort cette doctrine, liant et mettant en prison hommes et femmes. » (Actes 22 :4). En fait, sans l’intervention du Mashiah sur le chemin de Damas, l’engagement soudain de Shaoul « pour la Kéhila » aurait été complétement inexplicable…

 

 

  • jadis, dans le judaïsme : l’Apôtre Shaoul était un « ultra-orthodoxe » et on peut même le dire, un véritable extrémiste au point d’avoir totalement dévié du message d’Hillel [par l’intermédiaire de Rabban Gamliel]. De plus, Gamliel, lui-même, n’était pas contre les Nazaréens comme il est dit : « Mais un pharisien, nommé Gamliel, docteur de la Torah, estimé de tout le peuple, se leva dans le Sanhédrin et ordonna de faire sortir un instant les Apôtres. Puis il leur dit : Hommes Israélites, prenez garde à ce que vous allez faire à l'égard de ces gens. (…) Je vous le dis ne vous occupez plus de ces hommes, et laissez-les aller. Si cette entreprise ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira mais si elle vient de D.ieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d'avoir combattu contre D.ieu. Ils se rangèrent à son avis. » (Actes 5 :34-40)

 

 

  • avec excès : comme nous l’avons souligné, Shaoul avait complétement dévié des voies « pures » de la Torah pour un forme d’extrémisme et ce, certainement sous l’influence du Sanhédrin politisé et corrompu comme il est dit : « J'ai jeté en prison plusieurs des sanctifiés, ayant reçu ce pouvoir des principaux cohanim, et, quand on les mettait à mort, je joignais mon suffrage à celui des autres. » (Actes 26 :10). Le Mashiah dont les enseignements sont clairement inspirés de l’école de Beit Hillel, a dû finalement lui rappeler toute la grandeur de Rabban Gamliel. En effet, comme on le sait, Rabban Gamliel était également un partisan de l’école de Beit Hillel ; et Hillel HaZaken lui-même était considéré comme un véritable « homme de paix » comme il est dit : « Soyez les disciples d'Aaron, aimant la paix et recherchant la paix, aimant l'humanité et les rapprochant de la Torah. » (Pirké Avot 1 :12)

 

 

  • j’ai persécuté la communauté d’Elohîms, je l’ai dévastée : il en était « zélateur » au point d’avoir persécuté et ravagé l’ensemble des Nazaréens comme il est dit : « Pour moi, j'avais cru devoir agir vigoureusement contre le nom de Yeshoua le Nazaréen. C'est ce que j'ai fait à Jérusalem. (…) Je les ai souvent châtiés dans toutes les synagogues et je les forçais à blasphémer. Dans mes excès de fureur contre eux, je les persécutais même jusque dans les villes étrangères. (Actes 26 :9-11). Néanmoins, comme cela est également décrit dans le Livre des Actes, le Rabbi depuis les mondes supérieurs, l’a complétement transformé.

 

 

 

 

 

 

 

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14.     Je progressais dans le judaïsme davantage que beaucoup de mes contemporains en ma race, abondant de zèle pour mes traditions ancestrales.

 

 

  • Je progressais dans le judaïsme : selon un « processus de kédoucha » permanent.

 

 

  • davantage que beaucoup de mes contemporains : comme nous l’avons vu, Shaoul était un véritable érudit en Torah et apparemment, selon son propre témoignage, il comptait même parmi les plus prometteurs… À ce sujet, nous citerons le commentaire du Juif Messianique, David Stern lequel a écrit : « Si Shaoul était un homme si important, pourquoi n'est-il pas mentionné du tout dans les écrits Juifs de cette époque ? Le nom de Yeshoua apparaît dans le Talmud, par contre celui de Shaoul n'y figure pas. (…) Je tiens à faire remarquer que certains érudits, ayant étudié cette problématique, en ont déduit qu'ayant été apostat et fait beaucoup de tort à Israël, Shaoul aurait été effacé de la mémoire Juive. Or, un spécialiste également Juif Messianique dont le nom est Ellison, croyait plutôt que c'était justement parce que Shaoul, en tant que croyant en Yeshoua, observait si scrupuleusement la Torah, que la communauté « non-messianique » a décidé d'éradiquer tout souvenir de lui. » (Commentaires du Juif, David Stern, p. 566)

 

 

  • abondant de zèle : en raison de cette grande érudition en Torah, il a plu au Maître du monde de l'utiliser pour annoncer « le nom du Mashiah » parmi les non-Juifs.  

 

 

  • pour mes traditions ancestrales : la Torah de Moshé Rabbénou, comprenant bien évidemment, la Torah Écrite et la Torah Orale comme il est dit : « Moshé a reçu la Torah au Sinaï et l'a transmise à Yéhochoua, Yéhochoua aux Anciens, les Anciens aux Prophètes et les Prophètes aux Hommes de la Grande Assemblée. » (Pirké Avot 1 :1). En effet, la tradition Juive dont les Sages sont les dépositaires, est la principale source d’inspiration des membres du peuple Juif. De plus, les Sages eux-mêmes bénéficient d’une reconnaissance « suprême » parmi le peuple ; leurs avis sont recherchés tant sur le plan spirituel que matériel ; leurs comportements sont minutieusement scrutés et leurs décisions scrupuleusement respectés. De nos jours, la Mishna, la Guémara ou encore le Zohar regroupent l’ensemble des détails et des explications de toutes les mitsvot de la Torah, qui furent transmises depuis Moshé Rabbénou jusqu’à Rabbi Yéhouda HaNassi. Le fait qu’Hashem assigna à sa Torah une explication dite « orale » se transmettant de « Maître à élève » était inévitable car sans cette explication complétement aux Écritures, la Torah de Moshé serait impénétrable. Comme nous pouvons le constater, Shaoul a toujours « baignée » dans toute cette « atmosphère » de sainteté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15.     Alors il a paru bon à celui qui m’a tiré du ventre de ma mère, et m’a appelé, par son chérissement.

 

 

  • Alors il a paru bon à celui qui m’a tiré du ventre de ma mère : il s’agit d’une parole liée au monde de la prophétie comme il est dit : « Avant que je t'eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais et avant que tu fusses sorti de son sein, je t'avais consacré. » (Yrmeyahou 1 :5) ; Shaoul avait été consacré par Hashem depuis la Création du monde, pour être l’Apôtre des non-Juifs ; le but étant de leur partager les bases de la Torah de Moshé et de les attacher au Tsadik de vérité. Toutes ces choses avaient également prophétisé par Zekharia : « Ainsi parle l'Éternel des armées : En ces jours-là, dix hommes de toutes les langues des nations saisiront un Juif [Rabbi Yeshoua de Natzeret, ou encore ses Apôtres dont Shaoul] par le pan de son vêtement et diront : Nous irons avec vous, car nous [les non-Juifs] avons appris que D.ieu est avec vous [les Juifs]. » (Zekharia 8 :23)

 

 

  • et m’a appelé : afin de mieux intégrer la notion de « l’appel » d’Hashem dans chacune de nos vies, nous pourrons nous inspirer du Sefer Vayikra lequel a tiré son nom du verset : « Hashem appela Moshé. » (Vayikra 1 :1) ; le mot « vayikra » signifiant « appeler » en hébreu. En effet, dans ce Sefer précisément, on peut voir qu’Hashem « appelle » Moshé pour lui transmettre toutes les lois relatives aux sacrifices [et pour beaucoup d’autres choses également, Moshé étant une âme extrêmement profonde] afin de les partager aux enfants d’Israël. Nos Sages se sont interrogés sur l’opportunité d’avoir choisi ce terme, a priori, peu évocateur pour désigner un Livre entier de la Torah ; ils apportent ainsi la réponse suivante : « Chaque fois que tu nommeras ce Livre de la Torah, tu dois te souvenir que de la même manière que Moshé a été appelé à réaliser une mission extraordinaire dans ce monde ; toi aussi, à ton niveau, tu es appelé à réaliser une mission unique ! » (Propos inspirés des articles de Torah-Box). Ce merveilleux Sefer de la Torah permet ainsi, de rappeler aux hommes leur « potentiel énorme » dans la mesure où chacun est « appelé » par D.ieu à réaliser une mission particulière ici-bas. Par exemple, comme lui-même le déclarera dans l’ensemble de ses Lettres, Shaoul a été « appelé » personnellement par Hashem pour partager l’Évangile aux non-Juifs comme il est dit : « Celui qui a fait de Kéfa, l’Apôtre des circoncis a aussi fait de moi l'Apôtre des non-Juifs, et ayant reconnu la grâce qui m'avait été accordée, Yaakov, Kéfa et Yohanan, qui sont regardés comme des colonnes, me donnèrent, à moi et à Bar-Naba, la main d'association, afin que nous allassions, nous vers les non-Juifs et eux vers les circoncis. » (Galates 2 :8-9). À ce sujet, nous pourrons également citer le Rav ‘Haïm Dynovisz : « Il est donné à l’homme tous les moyens pour qu’il arrive là où il doit arriver, dans sa mission qui est sa relation avec Hashem ; c’est ce qui a été décidé avant sa naissance pour qu’il ait le meilleur moyen possible de servir D.ieu selon sa nature et son être. D.ieu l’a mis là où il est, et lui a donné toutes les circonstances et rencontres qui sont les meilleures pour lui, pour l’amener à se réaliser. Tout est un tremplin dans l’existence, pour arriver là où l’on doit arriver. Nous savons que, si nous sommes passés par un chemin et des épreuves, c’est que nous le devions et si nous le voulons vraiment, tout sera une source de progrès et de tremplin dans notre vie. » (Rav ‘Haïm Dynovisz)

 

  • par son chérissement : comme il est dit : « Je rends grâces à celui qui m'a fortifié, au Mashiah Yeshoua notre Seigneur, de ce qu'il m'a jugé fidèle, en m'établissant dans le ministère, moi qui étais auparavant un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent. Mais j'ai obtenu miséricorde, parce que j'agissais par ignorance, dans l'incrédulité et la grâce de notre Seigneur a surabondé, avec la foi et l’amour qui est dans le Mashiah Yeshoua. C'est une parole certaine et entièrement digne d'être reçue, que le Mashiah Yeshoua est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis le premier. Mais j'ai obtenu miséricorde, afin que le Mashiah Yeshoua fît voir en moi le premier toute sa longanimité, pour que je servisse d'exemple à ceux qui croiraient en lui pour la vie éternelle. Au Roi des siècles, immortel, invisible, seul D.ieu, soient honneur et gloire, aux siècles des siècles ! Amen ! » (1 Timotheos 1 :12-17)

 

 

 

 

 

 

 

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16.     de découvrir en moi son fils, afin que je l’annonce aux goîm. Immédiatement, sans prendre conseil de la chair ni du sang.

 

 

  • de découvrir en moi son fils : le plan d’Hashem est de révéler son Fils (Téhilim 2 :7) au monde entier et surtout en chacun de nous, soit dans notre intériorité la plus profonde ; Shaoul rependra cette formulation afin d’approfondir le concept comme il est dit : « J'ai été crucifié avec le Mashiah et si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est le Mashiah qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de D.ieu, qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi. » (Galates 2 :20)

 

 

  • afin que je l’annonce aux goîm : comme nous l’avons déjà souligné précédemment, Shaoul avait été consacré pour être Apôtre des non-Juifs comme il est dit : « C'est pour cet Évangile que j'ai été établi prédicateur et Apôtre, chargé d'instruire les non-Juifs. » (2 Timotheos 1 :11) ou encore : « Je vous le dis à vous, non-Juifs : en tant que je suis Apôtre des non-Juifs, je glorifie mon ministère. » (Romains 11 :13) ou encore : « J’ai été établi prédicateur et Apôtre, je dis la vérité, je ne mens pas, chargé d'instruire les non-Juifs dans la foi et la vérité. » (1 Timotheos 2 :7)

 

 

  • Immédiatement, sans prendre conseil de la chair ni du sang : en référence aux penchants du cœur, Shaoul s’étant donné totalement au Mashiah et ayant sacrifié « sa chair » (Galates 5 :24) comme il est dit : « Je tombai par terre, et j'entendis une voix qui me disait : Shaoul, Shaoul, pourquoi me persécutes-tu ? Je répondis : Qui es-tu, Seigneur ? Et il me dit : Je suis Yeshoua le Nazaréen, que tu persécutes. (…) Alors je dis : Que ferai-je, Seigneur ? » (Actes 22 :7-9) ; l’expression « Que ferais-je » de Shaoul montre combien, lui-même s’est soumis tout de suite au Rabbi. En effet, ce dévoilement lui a permis de prendre pleinement conscience de la puissance de Yeshoua dans laquelle, il s’engagera « corps et âme » tout au long de sa vie comme il est également enseigné dans les milieux ‘hassidiques : « S’attacher au Tsadik n’est pas un acte qui doit être placé au même niveau que les évènements ordinaires de la vie ; il s’agit d’un acte d’une ultime signification, une jointure et une rencontre de l’Esprit. » (Le Tsadik, Rabbi Yaakov Yossef de Polnoy)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17.     sans même monter à Ieroushalaîm chez ceux qui avaient été envoyés avant moi, je suis parti en Arabie, puis je suis revenu de nouveau à Damas.

 

 

  • sans même monter à Ieroushalaîm : en référence au lieu où était basé « le siège » de la Kéhila Nazaréenne, Yaakov HaTsadik en étant « le Chef » comme il est précisé dans l’Évangile de Toma : « Les talmidim dirent à Yeshoua : Nous savons que tu nous quitteras : Qui se fera grand sur nous ? Yeshoua leur dit : Au point où vous en serez, vous irez vers Yaakov HaTsadik ; ce qui est du Ciel et de la terre lui revient. » (Évangile de Toma, Loggion 12). En fait, s’il était allé d’abord à Jérusalem, sa situation vis-à-vis des autres Nazaréens aurait été fort délicate et ce notamment, à cause de toutes ses persécutions contre les talmidim du Rabbi. On retrouvera également un autre passage dans les Écrits Nazaréens pour confirmer cette interprétation des événements : « Lorsqu'il se rendit à Jérusalem, Shaoul tâcha de se joindre à eux mais tous le craignaient, ne croyant pas qu'il fût un talmid. » (Actes 9 :26)

 

 

  • chez ceux qui avaient été envoyés avant moi : en référence aux autres Apôtres lesquels sont : « Le premier, Shimon appelé Kéfa, et Andréas, son frère ; Yaakov ben Zavdaï, et Yohanan, son frère ; Philippos et Bar-Talmaï ; Toma, et Matityahou, le publicain ; Yaakov ben Halphaï et Tadaï ; Shimon le Cananite, et Yéhouda l'Iscariot, celui qui livra Yeshoua. » (Matityahou 10 :2-4)

 

 

  • je suis parti en Arabie : l’Apôtre Shaoul suivra la voie de nombreux « serviteurs » de D.ieu : désert, isolement, etc… afin de se retrouver pour un temps, complétement seul avec le Maître du monde. Dans les milieux ‘hassidiques, il est enseigné : « La Paracha « Bamidbar » signifie littéralement « dans le désert » mais le terme « midbar » peut également signifier « il parle » et ce n’est pas étonnant puisque le désert est un lieu propice à la parole. En effet, face au néant, que reste-t-il, si ce n’est le dialogue avec son Créateur ? Est-ce un hasard si la Torah a été donnée au milieu d’un désert ? Sûrement pas. Le désert est un lieu propice à la parole et à la connexion spirituelle. Plus généralement, les moments de creux, les moments de vide apparent, sont propices à la remise en question et à la recherche personnelle. Inévitablement, tous mènent à la connexion puisqu’ils participent à une volonté intérieure de trouver une issue et une réponse. » (Rav Avraham Ifra’h). Au cœur de ce séjour en Arabie, Shaoul développera une « nouvelle conception » de la émouna et découvrira combien la bonté d’Hashem s’est manifestée dans l’œuvre du Rabbi de Natzeret. L’Apôtre Shaoul en apprendra également plus sur sa mission, soit celle chargée d’instruire les non-Juifs. En effet, Shaoul aura la lourde tâche de rendre accessible l’Évangile, non seulement aux Juifs présents dans « la diaspora » mais également aux non-Juifs idolâtres [et polythéistes] dans le monde gréco-romain.

 

 

  • puis je suis revenu de nouveau à Damas : selon le Livre des Actes, Shaoul aurait commencé immédiatement à prêcher l’Évangile dans les synagogues de Damas comme il est dit : « Il se leva et fut immergé ; après qu'il eut pris de la nourriture, les forces lui revinrent. Shaoul resta quelques jours avec les talmidim qui étaient à Damas. Et aussitôt il prêcha dans les synagogues que Yeshoua est le Fils de D.ieu. (…) Shaoul se fortifiait de plus en plus et il confondait les Juifs qui habitaient Damas, démontrant que Yeshoua est le Mashiah. (Actes 9 :18-22). Comme il est aisé de le comprendre, Shaoul a d’abord voyagé dans un premier temps en Arabie, puis serait retourné « prêcher » le nom du Mashiah dans la ville de Damas pour finalement, rejoindre Jérusalem aux côtés de Yaakov HaTsadik et des autres Apôtres. 

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18.     Ensuite, après trois ans, je suis monté à Ieroushalaîm pour visiter Kèpha ; j’ai demeuré quinze jours auprès de lui.

 

 

  • Ensuite, après trois ans : les deux sé­jours, soit celui en Arabie et l’autre, dans la ville de Damas ont duré 3 ans au terme des­quels seulement, l’Apôtre Shaoul est monté à Jé­ru­sa­lem pour faire la connais­sance de Shimon Kéfa. En fait, à la suite de son immersion par ‘Hananyah, Shaoul ne resta que quelques jours parmi les Nazaréens de Damas comme il est dit : « Shaoul resta quelques jours avec les disciples qui étaient à Damas. » (Actes 9 :19) ; quel était le be­soin de son âme ? De prêcher dans les sy­na­gogues et de débattre avec d’autres Juifs ? Pas du tout ! Shaoul se sen­tait en­core bien trop « faible » pour partager le nom du Tsadik de vérité au monde entier ; de ce fait, il a tout naturellement ressenti un be­soin de se retrouver seul avec Hashem, de s’isoler et de prier. À la lumière de ces explications, le séjour en Arabe devient bien plus compréhensible. Dans le même élan, David Stern a écrit dans ses commentaires : « Shaoul a dû réfléchir un certain temps à l'ensemble des problématiques soulevées [par la foi en Yeshoua] : la nature de l'expiation et du pardon, l'autorité de la Torah Écrite et de la Torah Orale, la signification des prophéties messianiques, le rôle et le devenir du peuple Juif, les exigences prééminentes de la foi pour l'obtention du salut, le rôle de l'éthique, et d'autres matières théologiques sensibles avant de formuler et affiner son point de vue au moment où il a écrit cette Lettre. À partir du moment où il a expérimenté l'appel de D.ieu pour devenir « un émissaire » auprès des non-Juifs, il a dû réaliser que son besoin n'était pas de recevoir une instruction concernant la Bonne Nouvelle telle qu'elle avait été présentée aux Juifs mais de penser et méditer en privé, et longuement au sujet de ces implications à l'égard des non-Juifs. Personne ne pouvait le guider sur ce chemin, car c'était lui qui allait en être le pionnier. Néanmoins, l'instruction qu'il a reçue de la part de Gamliel et qui a fait de lui un érudit Juif, l'a équipé de manière à ce qu'il se pose des questions fondamentales et s’interroge au sujet de ces problématiques importantes. » (Commentaires du Juif, David Stern, p. 567)

 

 

  • je suis monté à Ieroushalaîm : le Livre des Actes nous donne plus de précisions concernant ce séjour à Jérusalem comme il est dit : « Lorsqu'il se rendit à Jérusalem, Shaoul tâcha de se joindre à eux mais tous le craignaient, ne croyant pas qu'il fût un talmid. Alors Bar-Naba, l'ayant pris avec lui, le conduisit vers les Apôtres, et leur raconta comment sur le chemin Shaoul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé et comment à Damas il avait prêché franchement au nom de Yeshoua. Il allait et venait avec eux dans Jérusalem et s'exprimait en toute assurance au nom du Seigneur. » (Actes 9 :26 29)

 

 

  • pour visiter Kèpha : Shimon Kéfa était certainement reconnu comme le pilier de tous les Apôtres, conformément au choix du Mashiah comme il est dit : « Et moi, je te dis que tu es Kéfa et que sur cette pierre je bâtirai ma Kéhila et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les Cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les Cieux. » (Matityahou 16 :18-19) ou encore : « En ces jours-là, Kéfa se leva au milieu des frères, le nombre des personnes réunies étant d'environ cent vingt. » (Actes 1 :15) ou encore : « Voici les noms des douze Apôtres. Le premier, Shimon appelé Kéfa. » (Matityahou 10 :2) ou encore : « Quand ils furent arrivés, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient d'ordinaire ; c'étaient Kéfa, Yohanan, Yaakov. (Actes 1 :13) ou encore : « Une grande discussion s'étant engagée, Kéfa se leva. » (Actes 15 :7)

 

 

  • j’ai demeuré quinze jours auprès de lui : contrairement aux dires des anti-pauliniens, Shaoul n’était pas qu’un « électron libre » mais au contraire, a bien souhaité rencontrer les autres Apôtres pour en savoir plus concernant Rabbi Yeshoua mais également pour échanger sur leurs diverses interprétations et missions respectives. En d’autres termes, Shimon Kéfa n’aurait jamais reçu un homme ayant eu des intentions d’abolir la Torah [Shaoul prêchait déjà depuis 3 ans dans les synagogues !] et certainement que lors de cet entretien de plus d’une quinzaine de jours, Shimon Kéfa lui a parlé du Rabbi et de son projet pour les-non Juifs ; entendre cette injonction : « Allez, faites de toutes les nations des talmidim, les immergeant en mon nom et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. » (Matityahou 28 :19-20)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19.     Non, je n’ai vu aucun autre envoyé, excepté Ia’acob, le frère de l’Adôn.

 

 

  • Non, je n’ai vu aucun autre envoyé : selon le témoignage de Shaoul, Shimon Kéfa était le seul Apôtre présent ; les autres devaient certainement être en train de propager le nom du Tsadik dans d’autres contrées comme il est dit : « Mais vous recevrez une puissance, le Rouah Hakodesh survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, (…) et jusqu'aux extrémités de la terre. » (Actes 1 :8) ou encore : « Leur voix est allée par toute la terre, et leurs paroles jusqu'aux extrémités du monde. » (Romains 10 :18) ou encore : « Cette Bonne Nouvelle du Royaume sera prêchée dans le monde entier. » (Matityahou 24 :14)

 

 

  • excepté Ia’acob, le frère de l’Adôn : dans les Écrits Nazaréens, Yaakov HaTsadik a joué de façon évidente un rôle prééminent ; il suffit de regarder le Concile de Jérusalem décrit dans le Livre des Actes : Yaakov HaTsadik présidera la « Réunion » et tranchera la décision finale comme il est dit : « Lorsqu'ils eurent cessé de parler, Yaakov prit la parole, et dit : Hommes frères, écoutez-moi ! » (Actes 15 :13). En fait, les interventions de Yaakov sont peu nombreuses mais ont donné lieu à de nombreux commentaires et tous se sont accordés unanimement pour dire que Yaakov HaTsadik était le véritable « Chef » du mouvement Nazaréen ; et en effet, le cas de Yaakov est extrêmement important en ce qu’il nous permet de mieux connaître le fonctionnement de la communauté Nazaréenne naissante. Comme on peut le constater, l’ensemble de ses halakhots tranchés lors du Concile (Actes 15) seront toutes mises par écrit en accord avec les Anciens et portées aux différentes communautés par des hommes choisis et mandatés pour qu’elles y soient appliquées. À ce sujet, concernant Shaoul, il est clairement enseigné : « En passant par les villes, ils recommandaient aux frères d'observer les décisions des Apôtres et des Anciens de Jérusalem. » (Actes 16 :4). Conclusion, Shaoul a toujours, tout au long de son parcours, reconnu et acceptait l’autorité de Yaakov.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20.     En ce que je vous écris, voici, en face d’Elohîms, je ne mens pas.

 

 

  • En ce que je vous écris, voici, en face d’Elohîms : comme cela est souligné dans ce passouk, Shaoul examinait la moindre de ses paroles ; le talmid du Mashiah avait pleinement conscience qu’Hashem scrutait l’ensemble de ses actions, écrites ou manifestes…

 

 

  • je ne mens pas : Shaoul combattait rumeurs, oppositions, faux docteurs et était malheureusement, constamment obligé de se justifier comme il est également dit : « Je dis la vérité dans le Mashiah, je ne mens point, ma conscience m'en rend témoignage par le Rouah Hakodesh. » (Romains 9 :1) ou encore : « D.ieu, qui est le Père du Seigneur Yeshoua et qui est béni éternellement, sait que je ne mens point ! » (2 Corinthiens 11 :31)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21.     Ensuite, je suis allé dans les régions de Syrie et de Cilicie.

 

 

  • Ensuite, je suis allé : pour évangéliser et former de nouveaux talmidim.

 

 

  • dans les régions de Syrie : comme nous l’avons compris, la Syrie abritait de nombreuses communautés Nazaréennes.

 

 

  • et de Cilicie : région historique d'Anatolie et ancienne province romaine, située actuellement en Turquie.

 

 

 

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22.     J’étais devenu un inconnu pour les communautés du messie en Judée.

 

 

  • J’étais devenu un inconnu : les premiers Nazaréens de l’époque du Second Temple ne comprenaient pas le changement radical intervenu chez Shaoul : « le persécuteur est devenu l’un des nôtres » comme il est dit : « Tous ceux qui l'entendaient étaient dans l'étonnement et disaient : N'est-ce pas celui qui persécutait à Jérusalem ceux qui invoquent ce nom et n'est-il pas venu ici pour les emmener liés devant les principaux cohanim ? » (Actes 9 :21)

 

 

  • pour les communautés du messie : en référence aux différentes communautés Nazaréennes comme il est dit : « Vous serez mes témoins (…) dans toute la Judée. » (Actes 1 :8) ou encore : « La Kéhila était en paix dans toute la Judée (…) s'édifiant et marchant dans la crainte du Seigneur, et elle s'accroissait par l'assistance du Rouah Hakodesh. » (Actes 9 :31) ou encore : « Les talmidim résolurent d'envoyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères qui habitaient la Judée. » (Actes 11 :29) ou encore : « Comme nous étions là depuis plusieurs jours, un Prophète, nommé Agav, descendit de Judée. » (Actes 21 :10)

 

 

  • en Judée : nom historique et biblique d’une région montagneuse correspondant aujourd’hui à une partie de la Cisjordanie et du sud d’Israël ; son nom vient de la tribu de « Juda ». Au niveau géographique, la région est délimitée au nord par la Samarie, au sud par le Néguev et à l’est par la vallée du Jourdain ; c’est une région aride et montagneuse. Au temps du Rabbi, la Judée était complétement sous domination romaine ; plus précisément, elle était considérée comme un district administré par un préfet. Comme on le sait, Ponce Pilate [en français] fut l’un de ces préfets, en charge probablement de la Judée entre les années 26 à 36.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23.     Elles avaient seulement entendu dire que notre persécuteur de jadis annonçait maintenant l’adhérence qu’il détruisait jadis. 

 

 

  • Elles avaient seulement entendu dire : et pour le coup, ce n’était pas de fausses rumeurs… Shaoul faisait l’objet de nombreuses discussions comme c’est, malheureusement, encore le cas dans notre génération.

 

 

  • notre persécuteur de jadis : cette référence peut être assimilée au passage rapportant la mort de Stephanos comme il est dit : « Shaoul avait approuvé le meurtre de Stephanos. Il y eut, ce jour-là, une grande persécution contre la Kéhila de Jérusalem et tous, excepté les Apôtres, se dispersèrent dans les contrées de la Judée et de la Samarie. » (Actes 8 :1)

 

 

  • annonçait maintenant l’adhérence qu’il détruisait jadis : la foi dans le Tsadik de vérité, Rabbi Yeshoua de Natzeret. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24.     Et elles glorifiaient Elohïms à mon propos.

 

 

  • Et elles glorifiaient Elohïms : les différentes communautés Nazaréennes de Judée ont célébré et magnifié « l’œuvre » d’Hashem manifesté dans la vie de Shaoul.

 

 

  • à mon propos : par l’intermédiaire de cette révélation messianique, Hashem avait changé le mal en bien, le persécuteur en Apôtre… À ce sujet, il est enseigné : « Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment D.ieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. » (Romains 8 :28)