CHAPITRE 1

Le chapitre est complet, tous les versets sont disponibles

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COMMENTAIRES 

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1.     Paulos, envoyé, non des hommes, ni par un homme, mais par Iéshoua’, le messie, et par Elohîms, le père, celui qui l’a réveillé d’entre les morts.

 

 

  • Paulos : nom grec de l’Apôtre Shaoul.

 

 

  • envoyé, non des hommes : cet apostolat n’est pas dirigé par "la chair" contrairement aux enseignants venus pour perturber les Galates.

 

Ces enseignants font certainement partis du groupe décrit dans le chap. 15 du Livre des Actes.

 

Quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères, en disant : Si vous n'êtes circoncis selon le rite de Moshé, vous ne pouvez être sauvés. (Actes 15 :1)

 

Par le premier de ces termes, l’Apôtre Shaoul s’oppose clairement aux faux docteurs du véritable Évangile s’attribuant, eux-mêmes, une mission divine d’enseigner la circoncision aux Nazaréens d’origine non-Juive. En effet, selon ces Juifs Messianiques, les non-Juifs non-circoncis n’avaient pas de part au Olam Haba ; il s’agissait d’une pensée de l’école de Beit Shammaï [courant pharisien extrêmement strict du Second Temple]. 

 

 

  • ni par un homme : ni par une autorité isolée, Shaoul étant reconnu par beaucoup de Nazaréens dont les Apôtres eux-mêmes comme il est dit : Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Shaoul vous l'a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée. (2 Kéfa 3 :15)

 

 

  • mais par Iéshoua’, le messie : comme dit précédemment, l’apostolat de Shaoul n’est pas d’origine charnelle [instauré par les hommes] mais bien céleste ; en l’occurrence, celui-ci provient du Mashiah Yeshoua lui-même…  

 

Cette déclaration est liée aux événements décrits dans le Livre des Actes chap. 9 et chap. 22.

 

 

  • et par Elohîms, le père : cela décrit la hiérarchie céleste ; le Mashiah étant soumis au dévoilement du Maître du monde, comme lui-même le déclarera dans plusieurs Évangiles. Yeshoua n’est pas indépendant, nul ne peut l’être…

 

Le ciel et la terre passeront mais mes paroles ne passeront point. Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils mais le Père seul. Ce qui arriva du temps de Noa’h arrivera de même à l’avènement du Fils de l’homme. (Matityahou 24 :35-37)

 

Or, pour les talmidim de Yeshoua, toutes révélations doit passer par le Mashiah, lui-même étant l’Esprit de la prophétie comme il est écrit : D.ieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé le monde. (Hébreux 1 :2)

 

En l’occurrence, si l’Apôtre Shaoul a reçu la révélation de Yeshoua, on doit comprendre qu’Hashem était, bien évidemment, aux commandes…

 

D.ieu, en effet, a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu'il dit que tout lui a été soumis, il est évident que celui qui lui a soumis toutes choses est excepté. Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que D.ieu soit tout en tous. (1 Corinthiens 15 :27-28)

 

 

  • celui qui l’a réveillé d’entre les morts : cela fait référence au fait qu’Hashem a ressuscité notre Admour Yeshoua.

 

COMMENTAIRE N°1

 

L’Apôtre Shaoul conclut avec la résurrection du Mashiah pour une bonne raison. En effet, certains Juifs auraient pu l’accuser de ne pas avoir été témoin de la vie "terrestre" de Yeshoua… Comment cet homme peut-il se permettre d’enseigner la Kéhila Nazaréenne alors qu’il n’a pas même pas marché en compagnie du Rabbi ? Néanmoins, comme l’avance l’Apôtre Shaoul, le Mashiah Yeshoua étant relevé d’entre les morts, la révélation "céleste" de Damas devrait suffire largement comme témoignage valable : celle-ci fut tellement réelle et intense pour avoir changé "le persécuteur" mais également pour l’avoir établi parmi les chefs de la Kéhila… Une autorité isolée n’aurait pas eu la capacité d’en faire autant, notamment avec les Apôtres [solidaires avec Shaoul] encore vivants.

 

Néanmoins, pour information, comme au temps apostoliques, il existe des Juifs Messianiques [croyants en la messianité de Yeshoua] ne reconnaissant pas le message de Shaoul comme étant un message de Torah, l’accusant au contraire, de l’avoir aboli [tout comme pour Yeshoua]. Certains se demandent alors : Avons-nous une preuve que le Mashiah l'a réellement choisi et envoyé et qu'il ne s'agissait pas, au sujet de la vision de Damas, d'une hallucination, d’un démon ou d'un mensonge pour se donner du crédit ? Or, il faut tout d’abord savoir que l’Apôtre Shaoul a reçu un message divin particulier comparable à celui de la ‘Hassidout d’aujourd’hui notamment, concernant notre lien avec le Tsadik ; chez Shaoul, il s’agit des termes de la foi et de la grâce… En effet, par exemple, pour la ‘Hassidout Breslev, les notions de l’attachement au Tsadik sont prioritaires sur les œuvres de la Torah tout comme pour Shaoul.

 

Voici un exemple des enseignements sur le sujet : Le rapprochement et l'attachement au Tsadik véritable représentent le fondement de tous les fondements et la racine de toutes les racines, cela surpasse tout. (Torah n°143 du Likouté Moharan I) ou encore : On peut ne peut décrire ce mérite qui surpasse tous les mérites. L'essentiel de la grandeur d'un homme, dans ce monde, réside, dans son attachement au Tsadik véritable et dans son rapprochement avec le Tsadik. (Likouté Halakhot Matana 4-8) et dans le même élan : Celui qui n'est pas attaché et proche du vrai Tsadik, tout son service est seulement semblable à celui qui fait des contorsions et imite son prochain, comme un singe à visage humain car il n'y a réellement de service divin que celui qui est accompli grâce au vrai Tsadik. (Si’hot Haran 111).

 

Comme nous pouvons le constater, cet enseignement de s’attacher au Tsadik se retrouve énormément dans ses Écrits et principalement, dans ceux de Yohanan. En revanche, cet enseignement n’était clairement pas connu ou reçu par certaines personnes de l’entourage de Yaakov [nommés les Ébionites selon les témoignages patristiques] et c’est d’ailleurs, pour cela qu’il naîtra plusieurs tensions dans la communauté Nazaréenne. Comme l’histoire des Tsadikim l’a prouvé, le fait que Shaoul est pu ouvrir la voie dans ce sens n’est pas mauvais ; l’enseignement de l’attachement au Tsadik étant remis au goût du jour dans le Judaïsme de notre génération, principalement par les enseignements de Rabbi Na’hman de Breslev ayant d’ailleurs déclaré : ma Torah est celle du Mashiah et étant également reconnu par certains, comme le Tsadik de la génération. Bizarrement, dans nos Écrits Nazaréens, c’est Shaoul, accusé d’avoir aboli la Torah qui l’a instauré le plus ; sans taper sur les autres Apôtres, bien au contraire, cette idée n’est pas autant présente… Par conséquent, celui qui rejette Shaoul, rejette une partie du message ‘hassidique du Judaïsme et également du mouvement Nazaréen. De plus, au-delà de ce sujet concernant le Tsadik, il est clair que Shaoul n’a jamais aboli la Torah comme il est écrit : Hommes frères, je suis paroush, fils de paroush. (Actes 23 :6) ou encore : sans avoir rien fait contre le peuple ni contre les coutumes de nos pères. (Actes 28 :17). Ici, le Rabbi de Tarse précise que non seulement il n'a rien fait contre la Torah mais même contre une simple coutume, il n'a pas levé le petit doigt…

 

Pour revenir au sujet de la vision de Damas, l’hallucination n’est vraiment pas envisageable étant donné qu’elle fut acceptée clairement par absolument tous les Apôtres. En effet, l’objection s’impose d’elle-même comme une évidence : Que ferait un homme aux hallucinations dans un Concile de Jérusalem avec le frère de Yeshoua et ses talmidim, remplis du Rouah Hakodesh ? Comment un homme aux hallucinations pourrait-il avoir une quelconque influence pour nécessiter la présence de tout un Concile et exciter l’opposition de plusieurs autres Juifs Messianiques ? (Actes 15 :1-2). Comment un homme aux hallucinations pourrait-il avoir le soutien de Bar-Naba, un homme extrêmement apprécié aux yeux des Apôtres ? (Actes 4 :36). De plus, c’est également ce même Bar-Naba qui s’est porté garant pour Shaoul comme il est dit : Alors Bar-Naba, l'ayant pris avec lui, le conduisit vers les Apôtres et leur raconta comment sur le chemin Shaoul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé et comment à Damas il avait prêché franchement au nom de Yeshoua. (Actes 9 :27) et encore : La main du Seigneur était avec eux et un grand nombre de personnes crurent et se convertirent au Seigneur. Le bruit en parvint aux oreilles des membres de la Kéhila de Jérusalem et ils envoyèrent Bar-Naba jusqu'à Antioche. Lorsqu'il fut arrivé et qu'il eut vu la grâce de D.ieu, il s'en réjouit et il les exhorta tous à rester d'un cœur ferme attachés au Seigneur. Car c'était un homme de bien, plein du Rouah Hakodesh et de foi. Et une foule assez nombreuse se joignit au Seigneur. Bar-Naba se rendit ensuite à Tarse, pour chercher Shaoul et l'ayant trouvé, il l'amena à Antioche. Pendant toute une année, ils se réunirent aux assemblées de la Kéhila et ils enseignèrent beaucoup de personnes. (Actes 11 :21-26).

 

Arrêtons-nous un instant avec ces passages car plusieurs points essentiels et clés nous sont présentés : non seulement, Bar-Naba, confirme la vision de Shaoul et l’agrée tout en la confirmant auprès des autres Apôtres mais en plus de cela, Shaoul avait déjà commencé ses prédications dites "pauliniennes" ; par conséquent, ses prédications ne dérangent apparemment ni Bar-Naba puisqu’il va le chercher jusqu’à Tarse mais à ce sujet, il n’y a absolument aucune réprimande des Apôtres lors du Concile ; le débat ne portant que sur la circoncision, la conversion ou encore le rôle du Tsadik dans le cadre de notre justification mais en aucun cas, sur les prédications de Shaoul d’autant plus qu’il enseignait en compagnie de Bar-Naba… Qu’enseignaient-ils ? Ce fameux Bar-Naba aurait-il également aboli la Torah en compagnie de Shaoul ? Si oui, pourquoi ne sont-ils repris à ce sujet lors du Concile ? Et pourquoi Bar-Naba s’il est rempli du Rouah Hakodesh va-t-il chercher Shaoul, un détracteur des lois toraïques ? Au vue de ces multiples références, il est clair qu’il est totalement absurde de considérer Shaoul comme un apostat à la Torah.

 

De plus, il est bien précisé dans les Actes : Il allait et venait avec eux dans Jérusalem et s'exprimait en toute assurance au nom du Seigneur. (Actes 9 :28). Comment un homme ayant eu des hallucinations pourrait-il non seulement, convaincre Bar-Naba mais également les Apôtres et marcher avec assurance dans Jérusalem ou encore prêcher ouvertement des délires psychiques ou encore démoniaques ? Il va sans dire que les anti-pauliniens, s’ils rejettent Shaoul doivent également rejeter Bar-Naba et s’ils refusent, doivent tout simplement rejeter absolument une grande partie voire tout le Livre des Actes.

 

Autrement dit, comment un homme ayant le projet d’abolir la Torah pourrait-il marcher librement dans Jérusalem et s’exprimait en toute assurance au nom du Mashiah ? En fait, ce n’est pas le cas puisqu’il est dit :  La Kéhila était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie, s'édifiant et marchant dans la crainte du Seigneur, et elle s'accroissait par l'assistance du Rouah Hakodesh. (Actes 9 :31). En termes plus simples, les Apôtres dont Yaakov, Shimon Kéfa, etc… étaient en paix avec Shaoul.

 

Pour preuve, tous ces épisodes font aussi référence à ce passage : Trois ans plus tard, je montai à Jérusalem pour faire la connaissance de Kéfa et je demeurai quinze jours chez lui. Mais je ne vis aucun autre des Apôtres, si ce n'est Yaakov, le frère du Seigneur. (Galates 1 :18) et au sujet des communautés de Judée, il est dit : Or, j'étais inconnu de visage aux communautés de Judée qui sont dans le Mashiah ; seulement, elles avaient entendu dire : Celui qui autrefois nous persécutait annonce maintenant la foi qu'il s'efforçait alors de détruire. Et elles glorifiaient D.ieu à mon sujet. (Galates 1 :22-24). En termes plus simples, non seulement, Shaoul a souhaité se rapprocher des talmidim du Mashiah mais en plus de ça, les communautés Nazaréennes glorifiaient D.ieu à son sujet.

 

Contrairement aux dires des anti-pauliniens, Shaoul n’était donc pas qu’un électron libre mais au contraire, a bien souhaité rencontrer les Apôtres pour en savoir plus concernant Yeshoua mais également pour échanger sur leurs diverses interprétations et missions respectives. Autrement dit, Shimon Kéfa n’aurait jamais reçu un homme ayant des intentions d’abolir la Torah et certainement que lors de cet entretien de plus de quinze jours, Shimon a parlé de Yeshoua et de son projet pour les-non Juifs à Shaoul ; entendre cette injonction :  Allez, faites de toutes les nations des talmidim, les immergeant en mon nom et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. (Matityahou 28 :19-20).

 

 

COMMENTAIRE N°2

 

Cette affirmation de Shaoul confirme une pensée du Talmud. En effet, la Guémara parle de la potentialité qu’un Mashiah puisse venir du monde des morts ; elle précise même qu’il pourrait s’agir de Daniel ou d’un Tsadik du "calibre" de Daniel.  

 

Si le Mashiah est parmi les vivants, c'est une personne comme Yéhouda HaNassi, réputé pour sa sainteté, sa piété et sa connaissance de la Torah. Si le Mashiah est parmi les morts, c'est une personne comme Daniel, l'homme bien-aimé. (Sanhédrin 98b)

 

Un lien avec cette Guémara pourra être retrouvée dans les Évangiles, étonnamment par le Mashiah lui-même.

 

Le Cohen Gadol se leva et lui dit : Ne réponds-tu rien ? Qu'est-ce que ces hommes déposent contre toi ? Yeshoua garda le silence. Et le Cohen Gadol, prenant la parole, lui dit : Je t'adjure, par le D.ieu vivant, de nous dire si tu es le Mashiah, le Fils de D.ieu. Yeshoua lui répondit : Tu l'as dit. De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l'homme assis à la droite de la puissance de D.ieu et venant sur les nuées du ciel. Alors le Cohen Gadol déchira ses vêtements, disant : Il a blasphémé ! Qu'avons-nous encore besoin de témoins ? Voici, vous venez d'entendre son blasphème. Que vous en semble ? (Matityahou 26 :62-65)

 

En effet, Yeshoua étant Mashiah s’est associé lui-même aux prophéties [chap. 7] du Livre de Daniel. Clairement, Yeshoua savait qu’il allait mourir mais cela ne l’a pas empêché de déclarer d’une certaine façon : Même si vous me tuez, comme vous le savez, on enseigne qu’un Mashiah, appelé Daniel, se réveillera d’entre les morts et selon la prophétie, on me reverra sur les nuées du ciel…

 

Lorsque la Guémara parle de Daniel, on pourrait ainsi comprendre qu’elle parle, par l’intermédiaire d’un code [le Mashiah dont parle Daniel] :  le Fils de l’homme [Yeshoua] viendra [d’entre les morts] pour recevoir une domination éternelle !

 

Je regardai pendant mes visions nocturnes et voici, sur les nuées des cieux arriva quelqu'un de semblable à un fils de l'homme ; il s'avança vers l'Ancien des jours et on le fit approcher de lui. On lui donna la domination, la gloire et le règne ; tous les peuples, les nations et les hommes de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point et son règne ne sera jamais détruit. (Daniel 7 :9-14)

 

Caïapha étant Cohen Gadol et surtout un Juif sadducéen, n’a pas supporté cette révélation et a fait exécuter Yeshoua. De plus, les tzedoukim [sadducéens] ne croyaient pas en la résurrection des morts alors encore bien moins, en un Mashiah relevé d’entre les morts…  

 

Les tzedoukim disent qu'il n'y a point de résurrection et qu'il n'existe ni ange ni esprit, tandis que les proushim affirment les deux choses. (Actes 23 :8)

 

Ceci confirme également les enseignements du Rabbi : "tsadikim nikraïm haïm bémitatam" les tsadikim sont appelés vivants même dans leur mort…

Pour ce qui est de la résurrection des morts, n'avez-vous pas lu ce que D.ieu vous a dit : Je suis le D.ieu d'Avraham, le D.ieu d'Its’hak et le D.ieu de Yaakov ? D.ieu n'est pas D.ieu des morts mais des vivants. La foule, qui écoutait, fut frappée de l'enseignement de Yeshoua. (Matityahou 22 :31-32)

Mon bien-aimé est semblable à la gazelle. (Shir Hashirim 2 :9). Comme cette gazelle qui apparaît, est révélée, retourne et disparaît ; le premier rédempteur est apparu et a disparu. Rabbi Bérakhyaha a dit au nom de Rabbi Lévi : Comme le premier rédempteur, sera le dernier rédempteur. Le premier rédempteur est Moshé, qui s'est révélé à eux, est retourné et s'est caché d’eux. (Bamidbar Rabah 11 :2)

 

Sa royauté sera jetée pour un temps, comme le premier rédempteur, le dernier rédempteur [le Mashiah] sera caché, puis reviendra et sera révélé. (Yalqout Chimoni Ruth 2 :603)

 

Dans nos actions et dans nos prières, nous aidons Mashiah ben Yossef et en agissant ainsi de toutes nos forces, lorsque l'éveil vient d'en bas, nous réaliserons l'unité de Mashiah ben Yossef et de Mashiah ben David qui sont l'arbre de Yossef et l'arbre de Yéhouda. Au début, ils seront entre vos mains individuellement, puis ils seront unis dans ma main… L'unité des deux est le fondement de l'unité du Saint Béni soit-Il et la Shekhina, ainsi ce sera l'achèvement de la rédemption. (Yehezqel 37 :19). (…) La rédemption entière dépend de l'unification des deux morceaux de bois : le bois de Yossef et le bois de Yéhouda. Ce sont les deux Messies : Mashiah ben Yossef et Mashiah ben David ; au début, lorsque la rédemption commencera naturellement d'en bas, ce seront des individus séparés dans votre main mais ensuite, ils deviendront un dans ma main. (Yehezqel 37 :19). La main de D.ieu signifie, miraculeusement, à l'aide des nuées du ciel. (…) Les yeux du Seigneur ton D.ieu sont toujours là-dessus, du début de l'année jusqu'à la fin de l’année. (Devarim 11 :12) ; le mot "yeux" au pluriel fait référence aux deux meshi’him. Le début de l'année fait référence au Mashiah ben Yossef, la qualité du din et la fin de l'année fait référence au mois de la miséricorde, au Mashiah ben David, la qualité du ‘hessed. (…) Je susciterai un germe juste de David. (Yrmeyahou 23 :6). Un germe juste fait référence au premier Mashiah : le Mashiah ben Yossef. Comme le trône de David, comme expliqué ci-dessus, il prépare la voie au Mashiah ben David. Nous sommes obligés de prier (…) par conséquent, nous nous concentrons dans la Amida car on trouve les mentions de : "la pousse de David" et "élevez la corne du salut [keren Yeshoua]"… Tout ceci est révélé dans le mystère de l’expression "les cornes d'un bœuf [Yossef]"… À la fin de la bénédiction, il est alors dit : "matsmia’h keren yeshoua" qui, en guématria, équivaut à 741 soit la guématria de "Mashiah ben Ephraïm [Yossef]"…  (Enseignements du Kol HaTor)

Il a plu à l'Éternel de le briser par la souffrance... Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, il verra une postérité et prolongera ses jours ; l’œuvre de l'Éternel prospérera entre ses mains. (Yeshayahou 53 :10)

Dans le Gan Eden, un palais est appelé le "palais des fils de la maladie" ... Le Messie entre dans ce palais et rassemble chaque douleur et chaque châtiment d'Israël. Tout cela vient reposer sur lui et s'il ne les avait pas pris sur lui-même, aucun homme n'aurait été capable de porter les châtiments d'Israël pour la transgression de la Torah car il est écrit : Certainement ce sont nos maladies qu'il a portées. (Yeshayahou 53 :4). (Zohar II, 212a)

 

À propos du Mashiah, la Guémara demande : Quel est son nom ? (…) Son nom est le lépreux (…) ainsi qu'il est dit : Certes, ce sont nos maladies qu'il a portées et nos souffrances qu'il a subies et nous le considérions comme un lépreux, frappé par D.ieu, humilié. (Yeshayahou 53 :4). (Sanhédrin 98b)

 

Alors je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem, un esprit de grâce et de supplication et ils tourneront les regards vers moi, celui qu'ils ont percé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né. (Zekharia 12 :10)

 

Ce verset du Livre de Zekharia fait référence au Mashiah, comme cela est rapporté par un avis du Talmud.

 

Le pays sera dans le deuil, chaque famille séparément. Pourquoi sont-ils dans le deuil ? (…) L'un dit que cela se rapporte au Mashiah ben Yossef qui sera tué. (Soukkah 52a)

 

Mashiah ben Yossef : bien évidemment, il s’agit ici de Yeshoua ben Yossef.

Le Mashiah fut donc retranché mais non pour lui-même car comme on le sait, Rabbi Yeshoua n’avait commis aucune faute ; il s’est livré en faveur des autres mais baroukh Hashem, nous le reverrons bientôt…

Voici, votre maison vous sera laissée déserte car je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez : Baroukh Haba Beshem Adonaï ! (Matityahou 23 :38-39)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2.     et tous les frères qui sont avec moi, aux communautés de la Galatie.

 

 

  • et tous les frères qui sont avec moi : le choix du Mashiah concernant Shaoul était reconnue parmi la Kéhila Nazaréenne. En conséquence, l’Apôtre fait référence à tous ses compagnons d’œuvre qui l’entouraient et qui, en pleine communion d’esprit avec lui, pouvaient le défendre contre tous faux docteurs ou toutes fausses accusations…

 

 

  • aux communautés : plusieurs communautés Nazaréennes étaient présentes en Galatie.

 

 

  • de la Galatie : la Galatie est une région d'Anatolie [autour de l'actuelle ville d’Ankara en Turquie] dont le nom vient d'un peuple celte ancien, appelé les Galates.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3.     grâce à vous et paix, de par Elohîms, notre père, et l’Adôn Iéshoua’, le messie.

 

  • grâce à vous et paix : généralement, tous les talmidim du Mashiah ont les mêmes souhaits pour la Kéhila.

Yohanan aux sept communautés qui sont en Asie : que la grâce et la paix vous soient données de la part de celui qui est, qui était et qui vient ; de la part des sept Esprits qui sont devant son trône. (Révélation 1 :4)

En effet, la grâce et le shalom sont les deux grands bienfaits dont les hommes ont le plus besoin et sans lesquels, ils ne peuvent pas être en totale communion avec Hashem...

COMMENTAIRE N°1

 

On introduit des propos par une bénédiction. (…) Plus généralement, toute parole doit systématiquement être introduite d’une manière positive. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 1)

 

 

  • de par Elohîms, notre père : cela fait référence au Maître du monde, le Saint Béni soit-Il.

 

 

  • et l’Adôn Iéshoua’, le messie : le mot Adon peut être traduit par "Seigneur" ou "Maître" : on l’emploie pour parler d’un grand homme ; en l’occurrence, du Seigneur Yeshoua ou encore du Roi David.  

Notre Seigneur David ne le sait pas. (1 Melakhim 1 :11)

 
 
 

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4.     qui s’est donné pour nos fautes afin de nous délivrer de l’ère actuelle, la criminelle, selon le vouloir d’Elohîms, notre père.

 

  • qui s’est donné pour nos fautes : ceci est en référence avec le sacrifice expiatoire du Mashiah. En effet, comme on le sait, nous avons été rachetés par Yeshoua, le Tsadik de vérité.

Je les rachèterai de la puissance du séjour des morts, je les délivrerai de la mort. O mort, où est ta peste ? Séjour des morts, où est ta destruction ? (Hoshéa 13 :14)

L’Apôtre Shaoul rappelle ici cette vérité car le cœur de la Lettre aux Galates sera "la justification devant D.ieu" : s’effectue-t-elle par nos propres œuvres [mérites] ou par notre attachement au Tsadik ? Bien évidemment, par l’attachement au Tsadik…

 

En effet, étant ressuscité, le Mashiah a ôté tout pouvoir à la mort. Or, selon le principe ‘hassidique de l’attachement au Tsadik, étant attachés au Rabbi de Natzeret, nous ne sommes plus soumis au pouvoir de la mort non plus…

 

Le Mashiah est la source d’une vie im­pé­ris­sable, et pour l’âme et pour le corps.

Lorsque ce corps corruptible aura revêtu l'incorruptibilité et que ce corps mortel aura revêtu l'immortalité, alors s'accomplira la parole qui est écrite : La mort a été engloutie dans la victoire. O mort, où est ta victoire ? O mort, où est ton aiguillon ? (1 Corinthiens 15 :54-55)

 

 

  • afin de nous délivrer de l’ère actuelle, la criminelle : le Mashiah souhaite nous détourner de ce monde rempli de vices et de tromperies…

COMMENTAIRE N°1

Le "processus" pour nous délivrer de ce monde traite, en premier lieu, de la rédemption accomplie par le sacrifice du Mashiah puis de la rédemption opérée par le renouvellement du Rouah Hakodesh tout au long de notre vie : amour pour la sainteté, haine du péché, etc…

Le Tsadik est saint parce qu’il se sépare, tout au long de son existence, des préoccupations du monde, afin de se consacrer au service de D.ieu. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 28)

Voici donc ce que je dis et ce que je déclare dans le Seigneur, c'est que vous ne devez plus marcher comme les non-Juifs, qui marchent selon la vanité de leurs pensées. Ils ont l'intelligence obscurcie, ils sont étrangers à la vie de D.ieu, à cause de l'ignorance qui est en eux, à cause de l'endurcissement de leur cœur. Ayant perdu tout sentiment, ils se sont livrés à la dissolution, pour commettre toute espèce d'impureté jointe à la cupidité. Mais vous, ce n'est pas ainsi que vous avez appris le Mashiah, si du moins vous l'avez entendu et si, conformément à la vérité qui est en Yeshoua, c'est en lui que vous avez été instruits à vous dépouiller, eu égard à votre vie passée, du vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses, à être renouvelés dans l'esprit de votre intelligence et à revêtir l'homme nouveau, créé selon D.ieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité. (Éphésiens 4 :17-24)

 

COMMENTAIRE N°2

 

Le mot grec pour "délivrer" est "exaireos" : celui traduit l’idée d’arracher, de déraciner ou encore d’enlever. Ainsi, il nous faut comprendre qu’Hashem désire littéralement, nous "arracher" et nous "déraciner" de ce monde pour nous implanter dans l’autre [le Olam Haba] …

 

Cette période de l’histoire, appelée la criminelle par l’Apôtre Shaoul, décrit parfaitement l’état de l’humanité déchue de D.ieu où règne le péché, en totale opposition avec "la période messianique" où cette déchéance, béézrat Hashem, sera anéantie !

 

 

  • selon le vouloir d’Elohîms, notre père : toute l’œuvre de Yeshoua a été accomplie en conformité avec la volonté de D.ieu comme il est écrit : il a plu à l’Éternel de le briser par la souffrance. (Yeshayahou 53 :10)

 

COMMENTAIRE N°3

 

Cela correspond aux enseignements ‘hassidiques suivants.

 

Le décès d’un Tsadik accomplit des merveilles jusqu’au fin fond de la terre, il rachète les fautes de la génération, y compris celles qui ont été commises intentionnellement. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 28)

 

La mort des Tsadikim est comme Yom Kippour : elle apporte le pardon pour les péchés d'Israël. (Vayikra Rabah 20)

 

L'amour de D.ieu a été manifesté envers nous en ce que D.ieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui. Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé D.ieu mais en ce qu'il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés. (1 Yohanan 4 :9-10)

 

 

COMMENTAIRE N°4

 

Malgré tout, le Mashiah n’a pas été "obligé" par Hashem de se livrer pour nous, au contraire, il s’est délibérément offert… L’épreuve de Gethsémané pour Yeshoua était simplement l’épreuve d’une peur terrible de la crucifixion, une des plus terribles tortures romaines et ceci est largement légitime…

 

Après être sorti, Yeshoua alla, selon sa coutume, à la montagne des Oliviers. Ses talmidim le suivirent. Lorsqu'il fut arrivé dans ce lieu, il leur dit : Priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation. Puis il s'éloigna d'eux à la distance d'environ un jet de pierre et, s'étant mis à genoux, il pria, disant : Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas mais la tienne. Alors un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier. Étant en agonie, il priait plus instamment et sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre. (Loucas 22 :39-44)

 

Le Midrash Pesiqta Rabbati rapporte également que ce sera de son plein gré que le Mashiah ben Yossef acceptera de se faire humilier et exécuter par les nations afin d’expier les péchés d’Israël. 

 

Le Saint Béni soit-Il commencera à discuter avec lui et lui dira : les péchés viendront bientôt sur toi comme un joug de fer et ils te rendront comme ce veau dont les yeux furent affaiblis. Et ils étoufferont ton esprit avec un joug et ta langue sera bientôt attachée à ton palais par leurs péchés. Le veux-tu ? (...) Si ton âme est troublée, j’enlèverai les malheurs dès maintenant. Le Mashiah lui dira : Maître des mondes, c’est avec joie et réjouissance en mon cœur que je l’accepte pour qu’aucun en Israël ne soit perdu ; et seront sauvés en mes jours, non seulement ceux qui vivent mais aussi ceux qui sont dissimulés dans la poussière ; seront sauvés en mes jours non seulement ceux qui meurent mais aussi tous ceux qui sont morts depuis le premier Adam jusqu’à maintenant ; et pas seulement eux mais aussi les morts nés et pas seulement les morts nés mais aussi ceux qui sont montés dans ta pensée pour être créés mais qui ne l’ont pas encore été. Si c’est ainsi, je le veux ; si c’est ainsi, j’accepte le joug sur moi. (...) Concernant ce moment, David pleura et dit : Ma force se dessèche comme l’argile. (Téhilim 22 :15). Lorsque ce moment viendra, le Saint Béni soit-Il lui dira : Ephraïm, Mashiah, ma justice, tu l’as déjà accepté [cette souffrance] depuis les six jours du commencement et maintenant, ta douleur sera mienne. (Pesiqta Rabbati 161-162)

 

 

COMMENTAIRE N°5

On pourra également s’inspirer du Likouté Moharan de Rabbi Na’hman de Breslev pour mieux comprendre cette volonté de sacrifice.

Comme on le sait, l'unification principale se fait par le sacrifice de soi et dans certaines générations, certains ont vu qu'il était impossible de rectifier et d'effectuer des unifications, sauf au moyen de leurs âmes : ils ont donc sacrifié leurs âmes en sanctifiant le nom de D.ieu. La raison en est que lorsque les âmes montent, par moyen de l'abnégation, elles retournent à la Shekhina d’où elles viennent… C'est parce qu'Israël est littéralement une "portion de D.ieu d'en haut" (Iyov 31 :2) et ils sont aussi des portions de la Shekhina, ceux qui ont été portés depuis le ventre. (Yeshayahou 46 :3). Quand ils retournent à la Shekhina, la Shekhina est alors fière d'eux : Voyez avec quel enfant je suis venu vers vous ! (Torah n°260 du Likouté Moharan I)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5.     À lui la gloire pour les pérennités de pérennités. Amén.

 

  • À lui la gloire : louange de l’Apôtre Shaoul adressée au Maître du monde, le but étant ici d’exprimer une forte reconnaissance…

 

  • pour les pérennités de pérennités. Amén : comme il est dit : Béni soit l'Eternel, le D.ieu d'Israël, d'éternité en éternité ! Amen ! Amen ! (Téhilim 41 :13)

COMMENTAIRE N°1

 

Pour information, celui qui reçoit une bonne nouvelle doit, d’emblée manifester sa gratitude à D.ieu. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 1)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6.     Je m’étonne que, si vite, vous vous détourniez de celui qui vous a appelés dans le chérissement du messie, pour une autre annonce.

 

 

  • Je m’étonne : l’Apôtre exprime un étonnement plutôt douloureux.

 

Tel un homme rempli d’une grande et sérieuse pensée, l’Apôtre Shaoul souhaite maintenant s’occuper de la chute spirituelle des Galates…

 

Cet étonnement sera reformulé plus tard.

 

Vous couriez bien : qui vous a arrêtés, pour vous empêcher d'obéir à la vérité ? (Galates 5 :7)

 

COMMENTAIRE N°1

Quand une personne rencontre une opposition, ses adversaires sont capables de le détourner du chemin de D.ieu et de le faire tomber de son niveau. Le Roi David, de mémoire bénie, en était fier : Nombreux sont mes persécuteurs et mes ennemis, et je ne me suis pas éloigné de tes statuts. (Téhilim 119 :157). Bien qu'il ait rencontré de fortes oppositions, le Roi David ne s’était jamais éloigné du chemin de D.ieu… (Torah n°258 du Likouté Moharan I)

 

  • vous vous détourniez : actuellement, vous vous détournez vers un autre Évangile…En réalité, Shaoul dénonce l'acte de séduction comme étant encore en voie d’accomplissement, ceci exprime alors une forme d’espoir : les Galates peuvent être ramenés dans le chemin de la vérité [par la téchouva].

 

 

  • de celui qui vous a appelés dans le chérissement du messie : en lien avec la pensée exprimée au travers de la Lettre aux Romains : vous êtes, non sous la Torah mais sous la grâce. (Romains 6 :14)  

 

COMMENTAIRE N°2

Au sujet de l’expression contenue dans le verset des Téhilim : Quel est l’homme qui désire la vie ? (Téhilim 34 :13). Rabbi Chnéour Zalman souligne que le moyen d’obtenir la vie est l’attachement au Tsadik. Également selon les termes du verset : l’existence de mon Maître sera liée au faisceau de la vie. (1 Shmouel 25 :29). Or, le Tsadik est l’intermédiaire qui relie à D.ieu et c’est pour cette raison qu’il peut distribuer ce faisceau de vie. (Tanya et commentaires, Iguéret Kodesh, chap. 27) 

 

 

  • pour une autre annonce : les Galates avaient été séduits par de faux docteurs et s’étaient détournés du véritable Évangile…

 

COMMENTAIRE N°3

 

Pour commencer, il faut savoir que les Écrits Nazaréens nous mettent en garde concernant les Écrits de l’Apôtre Shaoul comme étant extrêmement difficiles à comprendre… 

 

Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Shaoul vous l'a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée. C'est ce qu'il fait dans toutes les Lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Écritures, pour leur propre ruine. (2 Kéfa 3 :15-17)

 

Comme le déclare l’un des autres chefs de la Kéhila Nazaréenne, Shimon Kéfa, tous les "lecteurs de Shaoul" devraient bien connaître la Torah et être affermies afin de ne pas tordre ou mal interpréter le sens de ses Écrits. Par conséquent, à chaque fois que l’Apôtre Shaoul enseigne sur la Torah, nous devons faire preuve d’une extrême prudence pour nous assurer de bien comprendre ce qu’il souhaite nous faire comprendre et éviter ainsi, d’être décrit comme des personnes "ignorantes et mal affermies" ... Dans un premier temps, connaître le contexte des versets est donc primordial car le contexte nous transmet toutes les clés nécessaires afin de bien interpréter correctement les propos de Shaoul.

 

Si nous considérons, comme le font les chrétiens, les Écrits de Shaoul en supposant qu’ils se réfèrent toujours à l’ancienne "loi des Juifs abolie" de D.ieu, alors la théologie que nous allons construire sera complétement erronée à l’image de celle du christianisme… En effet, comme on le sait, certains versets de Shaoul cités hors contexte sont souvent utilisés par les chrétiens pour légitimer une doctrine évangélique erronée, comme celle qui affirme que les talmidim de Yeshoua n’ont plus à obéir à la Torah. 

 

Comme le dit Shimon Kéfa, il était déjà difficile, il y a plus de 2000 ans, de suivre les enseignements ‘hassidiques de l’Apôtre Shaoul ; alors à combien de plus forte raison aujourd’hui… 

 

Quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères, en disant : Si vous n'êtes circoncis selon le rite de Moshé, vous ne pouvez être sauvés. (…) Alors quelques-uns du parti des proushim, qui avaient cru, se levèrent, en disant qu'il fallait circoncire les non-Juifs et exiger l'observation de la Torah de Moshé. (Actes 15 :1-5)

 

Selon le contexte approprié, cette Lettre de Shaoul est donc dirigée contre le "parti de la circoncision" [les proushim de l’école de Beit Shammaï] comme cela est décrit dans le Livre des Actes.

 

Pourquoi sont-ils appelés le "parti de la circoncision" ?

 

Les membres de Beit Shammaï considéraient que seul un Juif [ou un converti] circoncis pouvait hériter du Olam Haba, les non-Juifs [ou les non-circoncis] n’avaient donc pas, selon leur interprétation de la Torah, la vie éternelle… Ces proushim faisaient dépendre le salut divin de la mitsva de la circoncision [les œuvres de la loi] au détriment l’œuvre expiatrice du Mashiah [la grâce].

 

Vous êtes, non sous la Torah mais sous la grâce. (Romains 6 :14) 

 

Rabbi Eliézer a dit : Il est écrit : Les méchants seront renvoyés dans le monde des ténèbres, toutes les nations qui oublient D.ieu. (Téhilim 9 :18). Les méchants seront renvoyés vers le monde inférieur, ce sont les pécheurs du peuple Juif car seuls les pécheurs sont condamnés au monde inférieur. Tous les non-Juifs qui oublient D.ieu : ce sont les pécheurs des nations, du fait qu'il est écrit : toutes les nations, il est évident qu'aucun des non-Juifs n'a de part dans le Olam Haba. C'est la déclaration de Rabbi Eliézer. Rabbi Yéhochoua lui a dit : Il est dit seulement : tous les non-Juifs qui oublient D.ieu. Au contraire, les méchants seront renvoyés au monde des ténèbres et qui sont-ils ? Ce sont tous les non-Juifs qui oublient D.ieu. Les non-Juifs qui craignent D.ieu ont une part dans le Olam Haba. (Sanhédrin 105a)

 

Selon la Guémara : pour Rabbi Eliézer, de l'école de Beit Shammaï, un goy [un non-Juif] non circoncis n'avait donc pas de part dans le Olam Haba. Néanmoins, pour Rabbi Yéhochoua, de l'école d'Hillel, seuls les plus méchants n'avaient pas de part au Olam Haba. 

 

Selon cette interprétation, on comprend aisément que certains proushim de Beit Shammaï n’ont pas aimé certaines décisions de la Kéhila, influencée principalement par Beit Hillel, leur école opposante…

 

Quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères, en disant : Si vous n'êtes circoncis selon le rite de Moshé, vous ne pouvez être sauvés. Shaoul et Bar-Naba eurent avec eux un débat et une vive discussion ; les frères décidèrent que Shaoul et Bar-Naba et quelques-uns des leurs, monteraient à Jérusalem vers les Apôtres et les Anciens, pour traiter cette question. Après avoir été accompagnés par la communauté, ils poursuivirent leur route à travers la Phénicie et la Samarie, racontant la conversion des non-Juifs et ils causèrent une grande joie à tous les frères. Arrivés à Jérusalem, ils furent reçus par la Kéhila, les Apôtres et les Anciens ; ils racontèrent tout ce que D.ieu avait fait avec eux. Alors quelques-uns du parti des proushim, qui avaient cru, se levèrent, en disant qu'il fallait circoncire les non-Juifs et exiger l'observation de la Torah de Moshé. Les Apôtres et les Anciens se réunirent pour examiner cette affaire. Une grande discussion s'étant engagée, Kéfa se leva et leur dit : Hommes frères, vous savez que dès longtemps D.ieu a fait un choix parmi vous, afin que, par ma bouche, les non-Juifs entendissent la parole de l'Évangile et qu'ils crussent. Et D.ieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage, en leur donnant le Rouah Hakodesh comme à nous ; il n'a fait aucune différence entre nous et eux, ayant purifié leurs cœurs par la foi. Maintenant donc, pourquoi tentez-vous D.ieu, en mettant sur le cou des talmidim un joug que ni nos pères ni nous n'avons pu porter ? Mais c'est par la grâce du Seigneur Yeshoua que nous croyons être sauvés, de la même manière qu'eux. Toute l'assemblée garda le silence et l'on écouta Bar-Naba et Shaoul, qui racontèrent tous les miracles et les prodiges que D.ieu avait faits par eux au milieu des non-Juifs. Lorsqu'ils eurent cessé de parler, Yaakov prit la parole et dit : Hommes frères, écoutez-moi ! Shimon a raconté comment D.ieu a d'abord jeté les regards sur les nations pour choisir du milieu d'elles un peuple qui portât son nom. Et avec cela s'accordent les paroles des Prophètes, selon qu'il est écrit : Après cela, je reviendrai et je relèverai de sa chute la tente de David, j'en réparerai les ruines et je la redresserai, afin que le reste des hommes cherche le Seigneur, ainsi que toutes les nations sur lesquelles mon nom est invoqué, dit le Seigneur, qui fait ces choses et à qui elles sont connues de toute éternité. C'est pourquoi je suis d'avis qu'on ne crée pas des difficultés à ceux des non-Juifs qui se convertissent à D.ieu mais qu'on leur écrive de s'abstenir des souillures des idoles, de l'impudicité, des animaux étouffés et du sang. Car, depuis bien des générations, Moshé a dans chaque ville des gens qui le prêchent, puisqu'on le lit tous les jours de Shabbat dans les synagogues. (Actes 15 :1-21)

 

Par conséquent, en s’élevant contre cette décision de Yaakov, le chef de la Kéhila Nazaréenne, ces proushim du parti de la circoncision ont perverti l’Évangile et ont susciter divisions et conflits…

 

Comme dit précédemment, cette Lettre aux Galates traite donc du moyen de justification devant D.ieu, en l’occurrence, du moyen d'entrée dans le Olam Haba. La circoncision, dont il sera question dans la Lettre aux Galates ne sera donc pas la mitsva en elle-même mais plutôt ce qu'elle représente dans l’optique du salut [de la vie éternelle] ! Clairement, Shaoul souhaite faire comprendre aux Galates que la circoncision n’a pas à être pas notre code d’entrée pour le Olam Haba, seul le sacrifice expiatoire du Mashiah est capable de nous en faire hériter…   

 

On pouvoir alors apparaître deux "grande familles" de justification :

 

  • la justification par les œuvres, inspirée de Beit Shammaï [comme l’œuvre de la circoncision].

  • la justification par la émouna, inspirée de Beit Hillel [par le mérite du Tsadik Yeshoua].

 

Néanmoins, sachant que ce n'est pas par les œuvres de la Torah que l'homme est justifié, mais par la foi en Yeshoua, nous aussi nous avons cru dans le Mashiah Yeshoua, afin d'être justifiés par la foi dans le Mashiah et non par les œuvres de la Torah, parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la Torah. (Galates 2 :16)

 

Voici le schéma instaurée pour les non-Juifs :

 

  • Être immergé au nom de Yeshoua.

  • Garder une base de la Torah : l’interdiction de sang, l'immoralité et l’idolâtrie.

  • Respecter la mitsva du Shabbat car comme cela est relaté, les Nazaréens d’origine non-Juive devaient apprendre "le reste" des mitsvot de la Torah tous les Shabbatot dans les synagogues… La circoncision pour le converti devait donc se réaliser dans la suite logique de son parcours [et non comme un impératif pour accéder au Olam Haba].

 

C'est pourquoi je suis d'avis qu'on ne crée pas des difficultés à ceux des non-Juifs qui se convertissent à D.ieu mais qu'on leur écrive de s'abstenir des souillures des idoles, de l'impudicité, des animaux étouffés et du sang. Car, depuis bien des générations, Moshé a dans chaque ville des gens qui le prêchent, puisqu'on le lit tous les jours de Shabbat dans les synagogues. (Actes 15 :19-21)

 

La circoncision et l'immersion doivent être effectuées spécifiquement pour la conversion et sont des éléments indispensables du processus de conversion. (Yévamot 46b)

 

Les Nazaréens se sont alors inspirés de la halakha tranchée par Beit Hillel.

Pendant leur séjour en Égypte, les enfants d'Israël avaient le statut halakhique de non-Juifs. Lors de la révélation au Sinaï, ils ont conclu une alliance nationale avec D.ieu dans laquelle, ils ont atteint leur statut de peuple Juif. Cette transformation était essentiellement la conversion de masse du peuple et donc leur préparation à la révélation fournit un paradigme du processus requis pour la conversion pour toutes les générations. Les Tannaïm sont en désaccord quant aux aspects de cette conversion originale qui doivent être dérivés pour toutes les générations. Les Sages ont enseigné dans une béraïta : En ce qui concerne un converti qui a été circoncis mais qui ne s'est pas immergé, Rabbi Eliezer dit que c'est un converti comme nous l’avons constatée avec nos ancêtres après l'Égypte car ils étaient circoncis mais n'étaient pas immergés. En ce qui concerne celui qui a immergé mais n'a pas été circoncis, Rabbi Yéhochoua dit que c'est un converti, comme nous l’avons constaté avec nos aïeuls car ils immergeaient mais n'étaient pas circoncis. (Yévamot 46a)

Si l'esclave ou tout non-Juif est immergé pour la conversion, il devient alors un Juif à part entière et est pleinement dans l’obligation d’accomplir les mitsvot comme tout autre Juif. (Yévamot 45b)

La Guemara concède : Au contraire, la béraïta doit être réinterprétée comme suit : En ce qui concerne celui qui a été immergé mais n'a pas été circoncis ; tout le monde, c'est -à- dire, Rabbi Yéhochoua et Rabbi Eliézer, convient que la halakha est dérivée des ancêtres que l'immersion seule est efficace. (Yévamot 46b)

Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. (Matityahou 18 :18)

Hashem a conditionné l'ensemble de la Création, de telle sorte qu'elle est tout entière soumise à la Torah et à ses Sages. (Rav Yits’hak Zylberstein). Selon cet avis, l'univers tout entier évolue à la lumière des exigences de la halakha décrétées par les Maîtres d’Israël. En effet, lorsqu’un Rabbi comme le fut Yaakov pour la Kéhila Nazaréenne, lie une halakha, Hashem met un "tampon de vérité" dessus et ainsi, les êtres inférieurs et supérieurs, les démons et les anges, les Juifs ou non-Juifs, sont tous soumis à cette loi spirituelle. La nature elle-même se met à évoluer en fonction de cette halakha ! En l’occurrence, nous sommes tous soumis aux décisions du Concile de Jérusalem : celles de Yaakov HaTsadik de Beit Yeshoua, inspiré de Beit Hillel. 

La base de la Torah, pour un Nazaréen, sera donc d’abord d’être lié avec le Tsadik Yeshoua [par l’immersion] comme cela est enseigné dans le milieu de la ‘Hassidout : Le rapprochement et l'attachement au Tsadik véritable représentent le fondement de tous les fondements et la racine de toutes les racines, cela surpasse tout. (Torah n°143 du Likouté Moharan I)

Comme nous l’avons compris, les proushim de Beit Shammaï enseignaient aux Galates qu’ils n’étaient pas vraiment convertis car ils n’étaient tout simplement pas circoncis [en complément de la peur d’un potentiel Guey-Hinnom]. Ces proushim faisaient alors retomber les Galates "sous la malédiction de la loi" et ils cherchaient leur justice au travers de leurs propres mérites [œuvres] et non dans la justice du Mashiah qui s’obtient par la émouna.  

 

Car tous ceux qui s'attachent aux œuvres de la Torah sont sous la malédiction car il est écrit : Maudit est quiconque n'observe pas tout ce qui est écrit dans le Livre de la Torah et ne le met pas en pratique. (Galates 3 :10)

 

 

COMMENTAIRE N°4

 

Beit Hillel et Beit Shammaï ?

 

Pour comprendre l’ensemble de la Lettre aux Galates, il nous faut absolument comprendre le contexte qui était présent en Israël. 

 

Hillel était un Sage et dirigeant religieux ayant vécu à Jérusalem au temps du roi Hèrôdès et de l'empereur Auguste. Hillel était considéré comme l'une des plus importantes figures de l'histoire Juive, au tournant des Zougot et des Tannaïm, les Docteurs de la Mishna. Il est le fondateur, d'après le Talmud, de l'une des deux plus grandes écoles d'interprétation rabbinique de la Torah : Beit Hillel.  Cette école a pour principe qu'on n'édicte pas de décrets, si la majorité ne peut pas le supporter… 

 

Le nom de Hillel est toujours associé à celui d'un autre Sage, celui de Shammaï. Les deux personnages sont souvent en opposition, d'abord par leurs caractères respectifs mais également par leurs approches de la halakha et de la Torah.

 

Hillel est décrit comme l'homme patient, aimant, avec une grande capacité d'accueil et d'humanité ; l'image qui nous est donnée de Shammaï, en revanche, est celle d'un homme irascible, strict et rigoureux.

 

Le Talmud lui-même nous a enseigné de nous compoter comme Hillel.

 

Soyez doux comme Hillel et point vif comme Shammaï. (Shabbat 30b)

 

À l’époque de Yeshoua, on trouvera alors deux façons de pensée en Israël : la vision plus confiante et plus optimiste de Hillel et celle plus méfiante et plus rigoriste de Shammaï.

 

Shammaï fut élu vice-président du Sanhédrin lorsqu'Hillel en était le Nassi. À la mort d’Hillel, Shammaï [vers l’an 20] en a pris la succession et comme aucun vice-président ne fut réélu, il eut l'ascendant total sur la politique et la religion en Eretz Israël. Dans le Traité Shabbat 17a, on raconte que la période pendant laquelle il promulgua ses 18 ordonnances est aussi mal vue que le jour où le veau d'or fut construit ! Quant au Traité Erouvin 13b, c’est également affirmé qu'une voix céleste a annulé la légalité de ses décisions au bénéfice de celle d’Hillel.

Pendant trois ans, Beit Shammaï et Beit Hillel n'étaient pas d'accord. Ceux-ci ont dit : La halakha est conforme à notre opinion et ceux-ci ont également dit : La halakha est conforme à notre opinion. En fin de compte, une voix divine a émergé et a proclamé : les deux avis sont les paroles du D.ieu vivant. Cependant, la halakha sera tranchée selon l'avis de Beit Hillel. (…) La Guemara demande : Puisque ces paroles et celles-ci sont les paroles du D.ieu vivant, pourquoi Beit Hillel a-t-il eu le privilège d’avoir la halakha établie conformément à leur opinion ? La raison en est qu'ils étaient agréables et indulgents, faisant preuve de retenue lorsqu'ils étaient affrontés et lorsqu'ils enseignaient la halakha, ils enseignaient à la fois leurs propres déclarations et les déclarations de Beit Shammaï. De plus, lorsqu'ils ont formulé leurs enseignements, ils ont d’abord donné la priorité aux enseignements de Beit Shammaï a contrario des leurs, et ce par respect pour Beit Shammaï. (Erouvin 13b)

Lorsque s'accrut le nombre de talmidim de Shammaï et d’Hillel, qui n'avaient pas suffisamment profité des enseignements de leurs Maîtres, les divergences d'opinion se multiplièrent en Israël et l'on put croire qu'au lieu d'une seule Torah, il y en avait deux...

 

À partir du moment où les disciples de Shammaï et Hillel ont grandi en nombre (…) la dispute a proliféré parmi le peuple Juif et la Torah est devenue comme deux Torot différentes. (Sanhédrin 88b)

 

En effet, les talmidim de Shammaï étaient partisans de la résistance et préconisaient de s'écarter le plus possible des non-Juifs tandis que les talmidim d’Hillel étaient des pacifistes convaincus... Il y eut donc deux tendances : l'une sévère, celle de Shammaï et portée à tout considérer comme impur ; l'autre, celle d’Hillel, plus conciliante et portée à l'indulgence.

 

En l’occurrence, l’impact des proushim de l’école de Shammaï perturbait même les communautés Nazaréennes de Galatie…

 

Prenons pour exemple, le Traité Shabbat 31a traitant de l’approche de Shammaï avec les non-Juifs.

 

Un idolâtre vint devant Shammaï et lui demanda : Combien de sortes de loi avez-vous ? Deux : une Torah Écrite et une Torah Orale. J'accepte la première, reprit le non-Juif mais je refuse l'autre. Reçois-moi dans le Judaïsme, à cette condition que tu ne m'enseigneras que la Torah Écrite.  Shammaï l'injuria et le congédia avec une semonce. L'idolâtre se rendit chez Hillel, avec le même vœu. Le Maître acquiesça. Le premier jour, il lui enseigna aleph, beith, guimel, daleth ; le deuxième jour, il recommença mais dans un ordre différent. Mais tu me l'as appris hier, dans un autre ordre, dit le non-Juif. Tu t'es donc fié à moi ? dit Hillel. N'était-ce pas te fier à la Torah Orale ? Un autre non-Juif vint devant Shammaï et lui dit : Je me ferai Juif mais il faut que tu m'enseignes toute la Torah, pendant que je me tiendrai sur un seul pied. Shammaï le renvoya, en le frappant de la règle qu'il tenait en sa main. L'idolâtre s'adressa ensuite à Hillel, avec le même souhait et le Maître lui dit : Ce que tu n'aimes pas qu'on te fasse ne le fais pas à autrui. C'est toute la Torah, le reste n'est que commentaire : va et apprends-le. (Shabbat 31a)

 

Plusieurs convertis se sont réunis en un seul endroit et ils ont dit : L'impatience de Shammaï a cherché à nous chasser du monde, la patience de Hillel nous a amenés sous les ailes de la Shekhina. (Shabbat 31a)

 

Comme on le comprend mieux, l’Apôtre Shaoul souhaitait conduire plutôt les convertis vers l’école de Beit Hillel, racine de l’école de Beit Yeshoua.

 
 
 

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7.     mais qui n’en est pas une autre ! Seulement, certains vous troublent et veulent pervertir l’annonce du messie.

 

 

  • mais qui n’en est pas une autre : l’Évangile véritable confesse la mort de Yeshoua comme étant notre expiation, notre seule véritable source de miséricorde, nous accordant l’entrée dans le Olam Haba

 

 

COMMENTAIRE N°1

 

L’annonce de la Bonne Nouvelle est qu’Hashem a expié toutes nos fautes par l’intermédiaire du Mashiah comme il est enseigné : Tout comme la vache rousse apporte l’expiation, de même, la mort des Tsadikim apporte également l’expiation. Si la vache rousse a permis d’obtenir l’expiation de la faute la plus grave, celle du veau d’or, combien la mort du Tsadik a, elle aussi, une valeur expiatoire particulièrement profonde. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 28) ou encore que : Le décès d’un Tsadik accomplit des merveilles jusqu’au fin fond de la terre, il rachète les fautes de la génération, y compris celles qui ont été commises intentionnellement. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 28) ou encore dans le même élan que : La mort des Tsadikim est comme Yom Kippour : elle apporte le pardon pour les péchés d'Israël. (Vayikra Rabah 20)

Étant attachés au Tsadik, comment pouvons-nous encore chercher à nous justifier avec nos petits mérites devant D.ieu ? En effet, même si l'homme se fatiguait et travaillait dur dans tout son service divin, il ne pourrait jamais atteindre, seul, ce qu'il pourrait atteindre avec le rapprochement aux Tsadikim. (L’attachement au Tsadik véritable, Éditions Keren Rabbi Israël) ou encore : On peut ne peut décrire ce mérite qui surpasse tous les mérites. L'essentiel de la grandeur d'un homme, dans ce monde, réside, dans son attachement au Tsadik véritable et à son rapprochement du Tsadik. (Likouté Halakhot Matana 4-8)

De plus, la mort de Yeshoua [pour un Nazaréen] deviendrait alors totalement inutile…

 

Voici, moi Shaoul, je vous dis que, si vous vous faites circoncire, le Mashiah ne vous servira de rien. (…) Vous êtes séparés du Mashiah, vous tous qui cherchez la justification dans la Torah ; vous êtes déchus de la grâce. (Galates 5 :2-4)

 

En conclusion, la mitsva de la circoncision n’est pas l’acte décisif pour hériter du Olam Haba. Encore une fois, la circoncision, dont il est question ici n'est pas l'acte, la mitsva en elle-même mais ce qu'elle représente vis-à-vis de notre salut [de la vie éternelle].

 

 

  • Seulement, certains vous troublent : comme nous l’avons vu, cela fait référence aux proushim de Beit Shammaï, également appelés le "parti de la circoncision" … 

 

COMMENTAIRE N°2

 

L’homme doit surtout s’éloigner des conseils des mécréants, contestataires et opposants à la vérité car leurs conseils sont la cause de tous les dommages et détériorations. Les conseils que l’homme reçoit des mécréants sont comparables à un mariage et union impurs avec eux à l’image du serpent sur lequel Hava a dit : Il m’a épousé. (Béréshit 3 :13). L’homme doit uniquement s’attacher aux Tsadikim véritables et à leurs talmidim car tous leurs conseils, sont entièrement une semence de vérité. (Les Conseils des Justes, inspiré du Likouté Moharan)

 

COMMENTAIRE N°3

 

Sache que l’obstacle principal qui se dresse devant celui qui souhaite recevoir sa réparation chez le vrai Tsadik, c’est qu’on le repousse, on le détourne, on le trouble et on l’incite à renier le Tsadik en lui faisant croire qu’il n’y a rien de vrai et de réel en lui. Dans l’au-delà, les anges destructeurs et les forces du mal s’opposent farouchement au Tsadik, comme dans ce monde. L’essentiel, c’est de garder constamment cela à l’esprit, afin de ne pas se laisser tromper, de rester ferme dans son intention de se rendre uniquement chez le vrai Tsadik. Il est alors certain qu’on lui permettra de se rendre chez le Tsadik. (Enseignements Breslev du ‘Hayé Moharan)

 

COMMENTAIRE N°4

 

Le conflit entre Hillel [école de tous les véritables Nazaréens] et Shammaï perdure malgré le fait, qu’ils soient morts. Ce sont maintenant leurs "talmidim" ou leurs "héritiers" spirituels… Bien évidemment, tout comme le Mashiah et les autres Apôtres, Shaoul était un partisan de l’école d’Hillel : miséricorde, shalom, amour, etc…

 

Shaoul dit : Je suis Juif, né à Tarse en Cilicie mais j'ai été élevé dans cette ville-ci et instruit aux pieds de Gamliel dans la connaissance exacte de la Torah de nos pères, étant plein de zèle pour D.ieu, comme vous l'êtes tous aujourd'hui. (Actes 22 :3)

 

Comme on le voit, Shaoul fut élevé aux pieds de Gamliel… Rabban Gamliel étant traditionnellement considéré comme le petit-fils de Hillel. En effet, Gamliel était une forte autorité du Judaïsme pharisien de l’époque et un Tanna de la Mishna. Il fut président du Sanhédrin à la mort de Shammaï, tâche reprise également par son fils, Rabbi Shimon ben Gamliel I.

 

Selon certaines données historiques, Rabban Gamliel serait mort vers l’an 50 soit environ 20 ans avant la destruction du Second Temple.

 

 

  • et veulent pervertir l’annonce du messie : pervertir l’Évangile n’était peut-être pas l’intention de tous ces faux docteurs car ils étaient, malgré tout, des talmidim de Yeshoua mais qu’ils le voulussent ou non, tel était le résultat de leurs erreurs d’interprétation… En effet, la priorité est de rechercher avec acharnement le Tsadik capable de mettre en œuvre la réparation de notre âme, quelles que soient nos détériorations… Ainsi, nous devons prendre extrêmement garde à ne pas nous opposer au Tsadik opérant ces réparations, allant lui-même au bout du "sacrifice de soi" en descendant dans les endroits les plus profonds [comme celles des non-Juifs] pour en élever des âmes embourbées là-bas et les ramener dans les chemins de la vérité. Grâce au Tsadik, le désespoir n'existe plus ; l'essentiel est d'écouter ses paroles et de suivre ses conseils et d'annuler notre sagesse comme si nous n'avions plus aucune intelligence ! (Philippiens 3 :7). En conséquence, comme l’enseigne le Tanya, le chemin a été tracé par le Tsadik et tous peuvent l’emprunter, la voie est nouvelle et elle correspond à la forme du service de D.ieu qui est spécifique à chacun. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 27)

 

 

COMMENTAIRE N°5

 

Certains des proushim ancrés profondément dans les doctrines de Beit Shammaï faisaient partie du cercle proche de Yaakov HaTsadik comme cela est précisé dans la Lettre aux Galates.

 

Mais lorsque Kéfa vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il était répréhensible. En effet, avant l'arrivée de quelques personnes envoyées par Yaakov, il mangeait avec les non-Juifs et quand elles furent venues, il s'esquiva et se tint à l'écart, par crainte des circoncis. (Galates 2 :11-12)

 

Ces Juifs Messianiques sont certainement, les Juifs connus pour avoir été appelés le groupe des Evionim/Ébionites : en effet, selon certaines données historiques, les Ébionites étaient assez hostiles à l’Apôtre Shaoul.

 

Ceux qui sont appelés Ébionites reconnaissent que le monde a été fait par Dieu mais leurs opinions concernant le Seigneur ne sont pas similaires à celles des Cérinthiens et des Carpocrates. Ils utilisent l’Évangile de Matthieu seulement et ils rejettent l’Apôtre Paul, en disant qu’il était un apostat vis-à-vis de la loi. En ce qui concerne les Écrits prophétiques, ils tentent de les expliquer soigneusement. Ils pratiquent la circoncision et persévèrent dans les coutumes qui sont en conformité avec la loi ; ils mènent un mode de vie judaïque et révèrent Jérusalem comme la maison de Dieu. (Irénée de Lyon, Contre les hérésies I, 26)

 

 

COMMENTAIRE N°6

 

Malgré leur opposition, Beit Shammaï ne s'est pas abstenue d'épouser des femmes de Beit Hillel, ni Beit Hillel ne s'est abstenue d’épouser des femmes de Beit Shammaï. Cette déclaration sert à nous enseigner qu'ils ont pratiqué de l'affection et de la camaraderie entre eux, pour accomplir ce qui est dit : Aimez la vérité et la paix. (Yévamot 14b)

 

Cet enseignement talmudique est aussi illustré dans le Pirké Avot.

 

Toute dispute qui est pour le ciel durera jusqu’à la fin mais tout celle qui n'est pas motivée par l'amour du ciel, ne durera pas. Quelle est la controverse au nom du ciel ? Telle était la controverse de Hillel et Shammaï. Et quelle est la controverse qui n'est pas pour l'amour du ciel ? Telle était la controverse de Kora’h et de toute sa congrégation. (Pirké Avot 5 :17)

 

Dans le Judaïsme, le débat est légitime. Les Juifs sont célèbres dans le monde entier pour être un peuple argumentatif, ceci est considéré et également reconnu comme étant un attribut positif. Ce qui est donc problématique, ce n'est pas le débat lui-même mais plutôt le débat qui n'essaie pas de révéler la vérité et surtout la vérité de D.ieu… Le débat qui est pour le ciel, qui découle d'un désir de rechercher la vérité, perdurera : l'exemple classique en est les débats entre Shammaï et Hillel. En effet, tous les érudits en Torah continuent d'étudier les débats de Shammaï et Hillel ; ce débat perdure donc comme un support d'étude à travers les générations conformément à la citation du Pirké Avot.

 

Et Kora’h convoqua toute l'assemblée contre Moshé et Aaron, à l'entrée de la tente d'assignation. (Bamidbar 16 :19)

 

À contrario d’une controverse pour le ciel, Kora’h et sa congrégation se sont élevés contre le leadership de Moshé… Pour Kora’h, il s'agissait d'une tentative flagrante de gagner du pouvoir. Comme notre Mishna l'enseigne, ce n'était pas une dispute pour l'amour du ciel mais plutôt pour leur propre profit. Par conséquent, le différend n'a pas duré car Kora’h et sa congrégation ont tous été anéantis par D.ieu. Notons que la Mishna ne dit pas "la dispute de Moshé et de Kora’h" mais mentionne plutôt "Kora’h et sa congrégation" ; cela contraste avec l’expression précédente où Hillel et Shammaï ont été tous les deux mentionnés. Cet écart est dû au fait que Moshé et Kora’h n'opéraient pas sur les mêmes motifs, seul Moshé a discuté avec Kora’h non pas pour sa propre gloire mais pour l'amour du ciel ; par conséquent, la Mishna ne pouvait pas les mentionner ensemble…

 

Quelle était donc la controverse au nom du ciel ? Celle d’Hillel et Shammaï.

 

Rabbi Na’hman de Breslev résume bien cela et enseigne que le nom de "Moshé" signifie "mahloket Shammaï véHillel" : le différend des écoles entre Shammaï et Hillel.

 

Néanmoins, comme cela est également commenté dans plusieurs écrits Juifs et comme nous l’avons vu plus haut, leurs talmidim n’ont pas tous suivi leurs voies "lechem chamayim" comme il est enseigné : Leurs étudiants n'ont pas complètement absorbé leurs voies et leurs enseignements et à partir de ce moment, les disputes sont devenues plus courantes parmi les érudits en Torah. (Tossafot Yom Tov)

 

On comprend donc mieux le contexte de la Lettre aux Galates ou encore les tensions entre l’Apôtre Shaoul et les disciples de Beit Shammaï.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8.     Mais même si nous ou un messager du ciel, nous vous annoncions une autre annonce que celle que nous vous avons annoncée, qu’il soit interdit !

 

 

  • Mais même si nous : l’indignation de Shaoul paraît d’autant plus effrayante qu’elle lui fait retourner l’imprécation contre lui-même…

 

 

  • ou un messager du ciel : cela fait référence aux fausses révélations angéliques.

 

 

COMMENTAIRE N°1

 

Shaoul, étant un Tsadik, fut inspiré par de grandes révélations comme lui-même l’écriera aux Corinthiens : pour que je ne sois pas enflé d'orgueil, à cause de l'excellence de ces révélations, il m'a été mis une écharde dans la chair, un ange du Satan pour me souffleter et m'empêcher de m'enorgueillir. (2 Corinthiens 12 :7). En l’occurrence, Shaoul fut grandement inspiré par le Rouah Hakodesh et a de façon prophétique, dénoncer toutes fausses révélations angéliques et ceci incluant l’Islam et toutes autres annonces contraires aux directives de l’Évangile toraïque.

Pourquoi l’Islam ? Car les musulmans reconnaissent Muhammad comme étant le dernier des prophètes du monothéisme, scellant le cycle de la révélation abrahamique ? En effet, les biographies religieuses rapportent que Muhammad enseignait le Coran, le présentant comme la parole d’Allah [D.ieu] transmise par l'archange Gavriel, connu sous le nom arabe de Jibril… Et effectivement, Jibril serait le messager [du ciel] d'Allah ayant révélé le Coran [une autre Évangile] au prophète Muhammad. Il est précisé ici "un autre Évangile" car il est intéressant de noter que même si l’accent dans l’Islam est mis sur Muhammad, le Coran considère Yeshoua comme étant Al-Masih [le Mashiah] et un Prophète d’Allah.

Dis : Quiconque est ennemi de Jibril doit connaître que c'est lui qui, avec la permission d'Allah, a fait descendre sur ton cœur cette révélation qui déclare véridiques les messages antérieurs et qui sert aux croyants de guide et d'heureuse annonce. Dis : Quiconque est ennemi d'Allah, de ses anges, de ses messagers, de Jibril et de Michaël... [Allah sera son ennemi] car Allah est l'ennemi des infidèles. (Sourate 2 :97-98)

Shaoul n’a-t-il pas vraiment bien prophétisé ? Un ange du ciel annonçant un autre Évangile [contraire au Judaïsme] : le Coran, la religion n°2 au monde, basée sur la révélation d’un ange nous détournant du véritable message du Mashiah [le message du Judaïsme Nazaréen].

 

COMMENTAIRE N°2

 

Étudions également par exemple, le mormonisme… Vers 1820, un homme du nom de Joseph Smith aurait été témoin d'une série de manifestations spirituelles, dont l’apparition même de D.ieu le Père et de son Fils… En plus de cette soi-disant apparition, Joseph Smith affirmera également avoir reçu, le 21 septembre 1823, la visite de l'ange Moroni qui lui aurait révélé l'endroit où, sur la colline de Cumorah, dans l'État de New York, se trouvait cachée une compilation religieuse et historique de Mormon, un prophète ancien. Cette compilation, gravée sur des plaques d'or, retracerait plus de mille ans d'histoire d'une civilisation ayant habité l'Amérique ancienne ; elle décriera la croyance de ces gens en la venue d'un Messie, Fils de D.ieu nécessaire pour expier tous les péchés du monde et la visite de Jésus-Christ à ce peuple après sa résurrection. Le Livre de Mormon se présente alors comme un volume d'Écritures saintes complémentaire à la Bible, retraçant l'histoire d'anciens habitants de l'Amérique et de leurs alliances avec Jésus. En 1830, Joseph Smith publie donc le livre de Mormon, qu'il affirme être la traduction d'un récit ancien gravé sur des plaques d'or qu'un ange lui aurait confiées… La même année, il fondera l'église de Jésus-Christ des saints des derniers jours qui, selon lui, serait le rétablissement de l'église originelle de Jésus-Christ et dont il devient le premier président. De nombreux nouveaux convertis le considèrent comme un prophète de D.ieu.

 

En réponse à la question : Comment avez-vous obtenu le Livre de Mormon ? Joseph Smith répondit : Moroni, qui avait déposé les plaques dans une colline, étant mort et ressuscité, m’apparut et me dit où elles se trouvaient et m’expliqua comment les obtenir... Je les ai obtenues et, avec elles l’ourim et le toumim, par l’intermédiaire desquels je les ai traduites ; voilà l'origine du Livre de Mormon.

Encore une fois, Shaoul n’a-t-il pas vraiment bien prophétisé ? Un ange du ciel annonçant un autre Évangile [contraire au Judaïsme] : le livre de Mormon basée sur la révélation d’un ange nous détournant du véritable message du Mashiah [le message du Judaïsme Nazaréen].

 

  • nous vous annoncions une autre annonce : en réalité, il n’en existe pas…

 

 

  • que celle que nous vous avons annoncée : l’annonce de la mort expiatoire du Mashiah, nous permettant d’accéder au Olam Haba comme enseigné dans le milieu de la ‘Hassidout : le Tsadik peut décréter le Gan Eden pour l'un et le Guey-Hinnom pour l’autre. (Tsadik 54)

 

Lorsque le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s'assiéra sur le trône de sa gloire. Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns d'avec les autres, comme le berger sépare les brebis d'avec les boucs ; il mettra les brebis à sa droite et et les boucs à sa gauche. Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. (…) Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche : Retirez-vous de moi, maudits ; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le Satan et pour ses anges. (…) Et ceux-ci iront au châtiment éternel mais les tsadikim à la vie éternelle. (Matityahou 25 :31-46)

                                                                                   

 

  • qu’il soit interdit : on parle d’une malédiction ou d’une forme d’excommunication.

 

En effet, voici la définition du mot grec "anathema" : on emploi cette expression pour parler d’un homme maudit ou d’un homme voué au malheur.

 

COMMENTAIRE N°3

 

On peut s’inspirer d’une Mishna pour mieux comprendre la malédiction proférée par l’Apôtre Shaoul.

 

Beit Shammaï a dit : le soir, tout homme devrait s'allonger et réciter le Chéma et le matin, il devrait se tenir debout, comme il est dit : Et quand vous vous allongez et que vous vous levez. (Devarim 6 :7). Beit Hillel a dit : chaque homme doit réciter à sa manière, comme il est dit : Et quand vous marchez en chemin. (ibid). Pourquoi alors est-il dit : Et quand vous vous allongez et quand vous vous levez ? Au moment où les gens se couchent et au moment où les gens se lèvent. Le Rav Tarfon a dit : Une fois, je me promenais sur le chemin et je me suis incliné pour réciter le Chéma selon les mots de Beit Shammaï et j'ai encouru des dangers de voleurs. Ils lui ont dit : Tu méritais de te faire du mal, parce que tu as agi contre les paroles de Beth Hillel. (Mishna Bérakhot 1 :3)

 

Bien que le Rabbin Tarfon était un disciple de Beit Hillel, il pensait que l'accomplissement de la mitsva conformément à l'avis de Beit Shammaï serait plus méticuleux. Cependant, avec cette pensée, il s’est mis en danger... Les Sages lui ont donc dit : Tu méritais d'être dans une position où tu devais payer de ta vie car tu transgressais la halakha de Beit Hillel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9.     Nous l’avons déjà dit, et je le redis maintenant : si quelqu’un vous annonce autrement que ce que vous avez reçu, qu’il soit interdit !

 

 

  • Nous l’avons déjà dit : certains répondent : au verset 8 mais d’autres pensent que c’était bien avant, lors d’un ancien séjour en Galatie, où certains "symptômes" de cette chute spirituelle pouvaient lui faire prévoir ce qui arriverait.

 

 

  • et je le redis maintenant : Shaoul répète ce premier ressentiment en présence du fait accompli. La répétition n’en a que plus de force…

 

 

  • si quelqu’un vous annonce autrement que ce que vous avez reçu : pour parler comme l’Apôtre Shaoul le fait ici, il faut avoir, non seulement une conviction profonde de la véracité de l’Évangile mais également une profonde certitude de l’avoir reçu par une révélation exacte et ainsi d’avoir été élevé au-dessus de toute erreur d’interprétation.

 

COMMENTAIRE N°1

 

On pourra comparer toutes les paroles de l’Apôtre Shaoul avec un Midrash sur le Sefer Devarim.

 

Moshé dit à Israël : Ne dites pas : un autre Moshé viendra nous apporter une autre Torah issue des Cieux. Par conséquent, je vous préviens : Elle n'est pas dans les Cieux, c'est-à-dire que nulle partie d'elle n'est restée dans les Cieux. (Devarim Raba 8 :6)

 

 

  • qu’il soit interdit : l’Apôtre accentue la malédiction, seul un docteur infaillible en Torah peut tenir un tel langage…

 

Ne l’oublions pas, Shaoul est dirigé par le Rouah Hakodesh. En l’occurrence, l’Esprit du Seigneur maudit, lui-même, ces faux docteurs...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10.     Maintenant, dois-je, certes, convaincre des hommes, ou bien Elohîms ? Dois-je chercher à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas un serviteur du messie.

 

 

  • Maintenant, dois-je, certes, convaincre des hommes : le but n’était pas de convaincre les proushim de Beit Shammaï mais bien les Galates.

 

 

  • ou bien Elohîms ? : encore moins, Hashem.

 

 

  • Dois-je chercher à plaire aux hommes : dans l’idée de lâcher la doctrine ‘hassidique de l’attachement au Tsadik au bénéfice de Beit Shammaï.

 

Pour moi, frères, si je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté ? Le scandale de la croix a donc disparu ! (Galates 5 :11)

 

Shaoul prê­chait le Olam Haba pour tous, Juifs ou non-Juifs, par la émouna dans le Tsadik, dont le sa­cri­fice d’ex­pia­tion avait accordé aux pé­cheurs la seule jus­tice valable [par la émouna] afin d’être justifiés de­vant Hashem… 

 

Si l’Apôtre Shaoul avait en même temps prê­ché la né­ces­sité de la cir­con­ci­sion et de l’ob­ser­va­tion de la Torah pour hériter du Olam Haba, alors le scan­dale de la croix aurait été aboli et les Juifs de Beit Shammaï, au lieu de le per­sé­cu­ter, l’auraient ap­prouvé mais en aucun cas, Shaoul ne souhaitait leur laisser du crédit d’autant plus que la halakha Nazaréenne tranchée par Yaakov était de suivre Beit Hillel.

 

 

  • Si je plaisais encore aux hommes : cela fait référence aux proushim de l’école de Beit Shammaï, qui possédaient encore l'autorité spirituelle de certaines synagogues en Israël.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Shaoul, en tant que serviteur d’Hashem, n’a jamais modifié le véritable message de l’Évangile et ce, même si cela déplaisait aux hommes… En l’occurrence, il précisera avoir constater, malheureusement, cette erreur chez Shimon Kéfa.

 

Mais lorsque Kéfa vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il était répréhensible. En effet, avant l'arrivée de quelques personnes envoyées par Yaakov, il mangeait avec les non-Juifs et, quand elles furent venues, il s'esquiva et se tint à l'écart, par crainte des circoncis. (Galates 2 :11-12)

 

 

  • je ne serai pas un serviteur du Messie : la halakha de Beit Yeshoua étant enracinée dans celle de Beit Hillel.

 

COMMENTAIRE N°2

 

Rabban Gamaliel, petit-fils d’Hillel, succéda à Shammaï à la tête du Sanhédrin, néanmoins, l'influence de Beit Shammaï persista jusqu'en l’an 70 : l’année de la destruction du Second Temple… Shammaï étant mort avant le ministère de Yeshoua, ce sont la plupart de ses talmidim qui se sont opposés aux Nazaréens et les ont chassés des synagogues dont ils avaient le contrôle.

 

Ils vous excluront des synagogues et même l'heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à D.ieu. (Yohanan 16 :2)

 

En revanche, l’école d’Hillel était assez favorable aux Nazaréens comme le rapporte le Livre des Actes concernant Gamliel.

 

Mais un paroush, nommé Gamliel, docteur de la Torah, estimé de tout le peuple, se leva dans le Sanhédrin et ordonna de faire sortir un instant les Apôtres. Puis il leur dit : Hommes Israélites, prenez garde à ce que vous allez faire à l'égard de ces gens. Car, il n'y a pas longtemps que parut Theudas, qui se donnait pour quelque chose et auquel se rallièrent environ quatre cents hommes : il fut tué, et tous ceux qui l'avaient suivi furent mis en déroute et réduits à rien. Après lui, parut Yéhouda le Galiléen, à l'époque du recensement et il attira du monde à son parti : il périt aussi, et tous ceux qui l'avaient suivi furent dispersés. Et maintenant, je vous le dis ne vous occupez plus de ces hommes et laissez-les aller. Si cette entreprise ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira mais si elle vient de D.ieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d'avoir combattu contre D.ieu. Ils se rangèrent à son avis. (Actes 5 :34-40)

 

Au niveau du contexte de l’époque, tout porte à croire également qu'il y avait deux Sanhédrin : un Sanhédrin politique, contrôlé par le Cohen Gadol sadducéen décrit dans le Livre des Actes et un Sanhédrin religieux dont parle la Mishna, contrôlé par les descendants d'Hillel, comme nous l’avons vu, assez favorable aux Nazaréens…

 

Contrairement aux avis chrétiens répandus dans le monde, ce ne sont pas tous les méchants Juifs qui ont rejeté le Christ Jésus…

 

Une grande foule le suivit, de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée et d'au-delà du Jourdain. (Matityahou 4 :25)

 

COMMENTAIRE N°3

Cependant, assez étonnement, le Judaïsme enseigne également qu’au temps du Mashiah, nous suivrons la halakha selon Shammaï… En effet, lorsque le Mashiah reviendra, l'avantage de la sévérité sera révélé et la halakha sera conforme à Beit Shammaï. Beit Shammaï vient d'un niveau si élevé que le monde actuel est incapable de le supporter et ce n'est que lorsque le Mashiah viendra que nous pourrons suivre leur opinion.

Comme on le comprend, même selon le Judaïsme actuel, les Juifs sont donc actuellement incapables de suivre Beit Shammaï… A combien de plus forte raison pour les non-Juifs ! 

Hillel HaZaken a dit : Sois parmi les disciples d’Aaron, aimant la paix, etc… aimant les créatures et les rapprochant de la Torah. Le choix du terme "créatures" veut ici signifier que même ceux qui sont loin de la Torah de D.ieu et de son service et qui sont pour cela qualifiés de simples créatures, leur seule qualité étant d’avoir été créés par D.ieu, doivent être tirés avec les puissantes cordes de l’amour. Et tout cela fait, peut-être pourra-t-on les rapprocher de la Torah et du service de D.ieu. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 32)

 

Je les tirai avec des liens d'humanité, avec des cordages d'amour, Je fus pour eux comme celui qui aurait relâché le joug près de leur bouche et je leur présentai de la nourriture. (Hoshéa 11 :4)

 

Selon ‘Havakouk, c’est bien la foi qui doit être à l’origine de tout. Or, la foi est une valeur morale, immuable et n’est pas altérée par la disparition physique. Le Tsadik peut donc la transmettre aux autres [même mort]. En effet, il faut le comparer avec le verset de Hoshéa 11 :4 : Je les ai menés par les cordes de l’humanité, par les courroies de l’amour. La relation instaurée de cette façon est donc immuable, comme si une corde reliait, en permanence, le disciple et le Maître, bien plus puissante que la mort. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 27)

 
 
 
 

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11.     Je vous le fais connaître, frères, l’annonce que je vous annonce n’est pas selon un homme.

 

  • Je vous le fais connaître, frères : ceci est lié aux événements décrits dans le Livre des Actes chap. 9 et chap. 22 : la révélation "céleste" de Shaoul.

 

Cependant Shaoul, respirant encore la menace et le meurtre contre les talmidim du Seigneur, se rendit chez le Cohen Gadol et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s'il trouvait des partisans de la nouvelle doctrine, hommes ou femmes, il les amenât liés à Jérusalem. Comme il était en chemin, et qu'il approchait de Damas, tout à coup une lumière venant du ciel resplendit autour de lui. Il tomba par terre et il entendit une voix qui lui disait : Shaoul, Shaoul, pourquoi me persécutes-tu ? Il répondit : Qui es-tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Yeshoua que tu persécutes. Il te serait dur de regimber contre les aiguillons. Tremblant et saisi d'effroi, il dit : Seigneur, que veux-tu que je fasse ? Et le Seigneur lui dit : Lève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire. (Actes 9 :1-6)

 

 

  • l’annonce que je vous annonce : la bonté du Tsadik expiant nos fautes, nous accordant ainsi le libre accès dans le Olam Haba.

 

 

  • n’est pas selon un homme : Shaoul, afin de justifier l’autorité qu’il vient d’étaler précédemment, reprécise que l’Évangile qu’il annonce lui fut enseigné par le Mashiah lui-même.

 

Je ne l'ai ni reçu ni appris d'un homme mais par une révélation du Mashiah Yeshoua. (Galates 1 :12)

 

Clairement, l’Apôtre Shaoul établit que son Évangile est indépendant de l’homme.

 

Shaoul, Apôtre, non de la part des hommes, ni par un homme mais par le Mashiah Yeshoua et D.ieu le Père, qui l'a ressuscité des morts. (Galates 1 :1)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12.     Non, je ne l’ai pas reçue ou apprise d’un homme, mais par le découvrement de Iéshoua’, le messie.

 

 

  • Non, je ne l’ai pas reçue ou apprise d’un homme : l’Apôtre Shaoul n’a pas reçu l’apostolat par l’autorité d’un homme mais bien plus, il n’a même pas été enseigné par les hommes concernant Yeshoua.

En effet, voici la définition du mot en grec "didasko" : enseigner, instruire, faire assimiler une doctrine, expliquer ou encore exposer un enseignement.

 

Le même mot est employé pour parler de l’enseignement du Mashiah.

 

Yeshoua parcourait toute la Galilée, enseignant dans les synagogues. (Matityahou 4 :23)

Shaoul n’a donc pas été enseigné du tout, au contraire, le Mashiah lui a tout accordé par révélation divine…

 

COMMENTAIRE N°1

 

Néanmoins, comme nous le savons, Shaoul était un érudit en Torah.

 

J’étais plus avancé dans le Judaïsme que beaucoup de ceux de mon âge et de ma nation, étant animé d'un zèle excessif pour les traditions de mes pères. (Galates 1 :14)

De plus, comme nous le savons également, l’Apôtre Shaoul fut instruit aux pieds de Gamliel.

Shaoul dit : Je suis Juif, né à Tarse en Cilicie mais j'ai été élevé dans cette ville-ci, et instruit aux pieds de Gamliel dans la connaissance exacte de la Torah de nos pères, étant plein de zèle pour D.ieu, comme vous l'êtes tous aujourd'hui. (Actes 22 :2-3)

 

La révélation de l’identité de Yeshoua accompagnée de cette éducation religieuse lui a donc totalement suffi pour comprendre tout l’enseignement de la Brit Hadasha.

En effet, Gamaliel détient une réputation dans la Mishna pour être l’un des plus grands Maîtres dans toutes les annales du Judaïsme.

Quand Rabban Gamaliel l’Ancien est mort, la gloire de la Torah s’est éteinte et la pureté et l’abstinence ont disparu. (Mishna Sotah 9 :15) 

Gamaliel l’Ancien était tant estimé qu’il reçut le titre de "Rabban" au lieu du simple titre de "Rabbi" : ce titre honorifique était nettement supérieur.

Parmi les mishnayot qui lui sont attribuées, citons : Prends-toi un maître, éloigne-toi du doute et ne donne pas la dîme par approximation. (Pirké Avot 1 :16) 

Avec tout cela, cela n’est donc pas étonnant de voir un Shaoul complétement autonome… Le cas des autres Apôtres étaient totalement différents car ils n’avaient forcément reçu d’instruction toraïque et faisaient partie, pour la plupart, du ‘am hareetz. 

Lorsqu'ils virent l'assurance de Kéfa et de Yohanan, ils furent étonnés, sachant que c'étaient des hommes du peuple sans instruction et ils les reconnurent pour avoir été avec Yeshoua. (Actes 4 :13)

 

  • mais par le découvrement de Iéshoua’, le messie : cette expression désigne, une nouvelle fois, l’apparition du Mashiah Yeshoua sur le chemin de Damas.

 

Comme j'étais en chemin et que j'approchais de Damas, tout à coup, vers midi, une grande lumière venant du ciel resplendit autour de moi.  Je tombai par terre, et j'entendis une voix qui me disait : Shaoul, Shaoul, pourquoi me persécutes-tu ? Je répondis : Qui es-tu, Seigneur ? Et il me dit : Je suis Yeshoua le Nazaréen, que tu persécutes. Ceux qui étaient avec moi virent bien la lumière mais ils n'entendirent pas la voix de celui qui parlait. Alors je dis : Que ferai-je, Seigneur ? Et le Seigneur me dit : Lève-toi, va à Damas et là on te dira tout ce que tu dois faire. (Actes 22 :6-10)

 

En se montrant dans sa gloire céleste, Yeshoua a pleinement convaincu Shaoul de l’erreur dans laquelle il était... Son apparition avait jeté le futur Apôtre dans une crise physique et morale, totalement hors du commun… La transformation qui s’en suivie eut pour conséquence une transformation complète de ses idées et elle produisit l’Évangile qu’il s’efforça d’annoncer tout au long de sa vie.

Par suite de cette grande révélation initiale, le Seigneur accorda à Shaoul, dans le cours de son ministère, d’autres révélations directes, plusieurs visions prophétiques, etc…

 

Pendant la nuit, Shaoul eut une vision : un Macédonien lui apparut, et lui fit cette prière : Passe en Macédoine, secours-nous ! (Actes 16 :9)

 

La nuit suivante, le Seigneur apparut à Shaoul, et dit : Prends courage ; car, de même que tu as rendu témoignage de moi dans Jérusalem, il faut aussi que tu rendes témoignage dans Rome. (Actes 23 :11)

 

Comme cela a été évoqué plus haut, Shaoul était un homme grandement inspiré par le Rouah Hakodesh.

 

De retour à Jérusalem, comme je priais dans le temple, je fus ravi en extase, et je vis le Seigneur qui me disait : Hâte-toi, et sors promptement de Jérusalem, parce qu'ils ne recevront pas ton témoignage sur moi. Et je dis : Seigneur, ils savent eux-mêmes que je faisais mettre en prison et battre de verges dans les synagogues ceux qui croyaient en toi, et que, lorsqu'on répandit le sang de Stephanos, ton témoin, j'étais moi-même présent, joignant mon approbation à celle des autres, et gardant les vêtements de ceux qui le faisaient mourir. Alors il me dit : Va, je t'enverrai au loin vers les nations... (Actes 22 :17-21)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13.     Oui, vous avez entendu ce qu’était ma conduite, jadis, dans le judaïsme : avec excès, j’ai persécuté la communauté d’Elohîms, je l’ai dévastée.

 

 

  • Oui, vous avez entendu ce qu’était ma conduite, jadis, dans le judaïsme : comme nous l’avons vu, Shaoul fut enseigné aux pieds de Gamliel.  Néanmoins, la conduite de Shaoul relevée d’un fanatisme Juif religieux.

 

J'ai persécuté à mort cette doctrine, liant et mettant en prison hommes et femmes. (Actes 22 :4)

 

Sans l’intervention du Mashiah, on comprend donc aisément que l’engagement soudain de Shaoul pour la Kéhila aurait été inexplicable…

 

 

  • avec excès : l’Apôtre Shaoul était un ultra-orthodoxe et on peut même le dire, un véritable extrémiste au point d’avoir été totalement détourné du message d’Hillel [par l’intermédiaire de Rabban Gamliel].

 

Gamliel, lui-même, n’étant pas contre les Nazaréens. 

 

Mais un paroush, nommé Gamliel, docteur de la Torah, estimé de tout le peuple, se leva dans le Sanhédrin et ordonna de faire sortir un instant les Apôtres. Puis il leur dit : Hommes Israélites, prenez garde à ce que vous allez faire à l'égard de ces gens. (…) Je vous le dis ne vous occupez plus de ces hommes, et laissez-les aller. Si cette entreprise ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira mais si elle vient de D.ieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d'avoir combattu contre D.ieu. Ils se rangèrent à son avis. (Actes 5 :34-40)

 

Shaoul avait donc dévié de la voie de la Torah pour un forme d’extrémisme certainement sous l’influence du Sanhédrin politique corrompu.

 

Le Mashiah, inspiré de l’école d’Hillel, a dû lui rappeler tous les enseignements de Gamliel.

 

Hillel était considéré comme un véritable homme de paix comme lui-même enseignait : Soyez les disciples d'Aaron, aimant la paix et recherchant la paix, aimant l'humanité et les rapprochant de la Torah. (Pirké Avot 1 :12)

 

Hillel soulignait également l'importance de la communauté : Ne te sépare pas du peuple et de la communauté. (Pirké Avot 2 :4)

 

N'abandonnons pas notre assemblée, comme c'est la coutume de quelques-uns ; mais exhortons-nous réciproquement, et cela d'autant plus que vous voyez s'approcher le jour. (Hébreux 10 :25)

 

Les convertis au Judaïsme ont dit d’ailleurs dit, au sujet d’Hillel et Shammaï : la courtoisie de Shammaï voulait nous chasser du monde, cependant, la modestie de Hillel nous a placés sous les ailes de la Présence Divine. Quant à Hillel, à cause de sa grande modestie, aucun homme ne pouvait le mettre en colère et celui qui se retient de la colère, acquiert les qualités de la modestie et de la compassion. En revanche, la colère vient de la qualité de cruauté, comme il est écrit : Ma colère s'enflammera et je vous détruirai par l'épée. (Shemot 22 :24). Et toujours dans le cas de la colère, nous trouvons aussi la vengeance : Car la colère du Seigneur s'embrasera contre vous et il fermera les cieux. (Devarim 11 :17). (Orchot Tsadikim 12 :11)

 

 

  • j’ai persécuté la communauté d’Elohîms, je l’ai dévastée : il en était zélateur au point de persécuter et de ravager la Kéhila.

 

Pour moi, j'avais cru devoir agir vigoureusement contre le nom de Yeshoua de Natzeret. C'est ce que j'ai fait à Jérusalem. J'ai jeté en prison plusieurs des saints, ayant reçu ce pouvoir des principaux cohanim et, quand on les mettait à mort, je joignais mon suffrage à celui des autres. Je les ai souvent châtiés dans toutes les synagogues et je les forçais à blasphémer. Dans mes excès de fureur contre eux, je les persécutais même jusque dans les villes étrangères. (Actes 26 :9-11)

 

 

COMMENTAIRE N°1

 

Il y a certains traits de caractère par rapport auxquels, il est défendu de suivre le chemin du milieu. Au contraire, il convient de fuir un extrême pour l’autre. Telle l’arrogance : il ne convient pas simplement d’être modeste mais d’être extrêmement humble. C’est la raison pour laquelle il est dit de Moshé qu’il était extrêmement modeste, non simplement modeste… Nos Sages nous ont donc ainsi exhortés : Sois très humble. Ils ont même dit : Que soit mis au ban celui qui a même un brin d’orgueil. La colère aussi, est un trait de caractère très mauvais, qu’il convient de fuir au plus haut point. L’homme doit s’appliquer à ne jamais être en colère, même pour quelque chose qui justifierait la colère. S’il souhaite inspirer la crainte à ses enfants et à sa maisonnée, ou à la communauté dont il est à la tête et désire se mettre en colère contre eux, afin qu’ils amendent leur conduite, il doit faire un semblant de colère afin de les punir, tout en étant calme intérieurement, comme un homme qui mime une personne en colère, sans être lui-même en colère. Les Sages d’antan dirent : Qui est en colère est considéré comme s’il s’adonnait à l’idolâtrie. Ils dirent également : Qui se met en colère, s’il est un sage, sa sagesse le quitte et s’il est un prophète, son don prophétique le quitte. Ceux qui ont une tendance coléreuse, leur vie n’est pas une vie. C’est pourquoi, les Sages nous ont enjoints de fuir la colère au point de devenir insensible même aux choses qui provoquent la colère : ceci est le bon chemin. Telle est la voie des tsadikim : ils subissent l’humiliation mais n’humilient pas, ils essuient des affronts et ne répliquent pas, ils agissent par amour de D.ieu et se réjouissent dans les souffrances. L’Ecriture dit à leur propos : et ceux qui l’aiment rayonneront comme le soleil dans la gloire. (Mishné Torah, Lois relatives à la conduite morale, 2 :3)

 

En l’occurrence, selon cet enseignement du Rambam, l’Apôtre Shaoul avait dévié vers le mauvais extrême…

 

Néanmoins, comme nous l’avons vu, le Mashiah le délivra. 

 

Tous ceux qui l'entendaient étaient dans l'étonnement et disaient : N'est-ce pas celui qui persécutait à Jérusalem ceux qui invoquent ce nom et n'est-il pas venu ici pour les emmener liés devant les principaux cohanim ? (Actes 9 :21)

 

 

 

 

 

 

 

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14.     Je progressais dans le judaïsme davantage que beaucoup de mes contemporains en ma race, abondant de zèle pour mes traditions ancestrales.

 

 

  • Je progressais dans le judaïsme : un processus de kédoucha permanent.

 

 

  • davantage que beaucoup de mes contemporains : comme nous l’avons vu, Shaoul était un érudit en Torah et apparemment, compté même parmi les meilleurs…

 

 

  • abondant de zèle : un amour extrémiste, même trop extrémiste… Néanmoins, en raison de cette grande érudition en Torah, il a plu au Maître du monde de l'utiliser pour annoncer le Mashiah aux non-Juifs, étant un bon instrument.

 

 

  • pour mes traditions ancestrales : la Torah de Moshé Rabbénou, comprenant bien évidemment, la Torah Écrite et la Torah Orale.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Les Sages d’Israël bénéficient d’une reconnaissance suprême. Leurs avis est recherché tant sur le plan spirituel que matériel, leur comportement est minutieusement scruté et leurs décisions scrupuleusement respectés. Ils sont la principale source d’inspiration et d’ambition des membres du peuple Juif, tant pour leur sagesse que pour leur piété. Par le don de la Torah au Har Sinaï, Hashem enseigna à Moshé l’explication et les détails de toutes les mitsvot. Moshé à son tour, les transmit au peuple. Cette transmission de Maître à élève fut orale jusqu’en l’an 3948 où Rabbi Yéhouda HaNassi inscrivit tous les enseignements oraux sur parchemin : ce fut la naissance de la Mishna.

Moshé a reçu la Torah au Sinaï et l'a transmise à Yéhochoua, Yéhochoua aux nciens, les anciens aux prophètes et les prophètes aux Hommes de la Grande Assemblée. (Pirké Avot 1 :1)

La Mishna regroupe les détails et les explications de toutes les mitsvot de la Torah, qui furent transmises de Moshé jusqu’à Rabbi Yéhouda HaNassi. Le fait que D.ieu assigna à sa Torah une explication orale se transmettant de Maître à élève était inévitable car sans cette explication, la Torah serait impénétrable.

On travaillera six jours mais le septième jour est le Shabbat, le jour du repos : il y aura une sainte convocation. Vous ne ferez aucun ouvrage : c'est le Shabbat de l'Éternel, dans toutes vos demeures. (Vayikra 23 :3) 

Quel genre de travail nous est-il interdit d’accomplir le Shabbat ? Est-il pensable de sanctionner le contrevenant, pour la transgression du Shabbat, alors qu’on ne lui a pas expliqué par quelle action il se rendrait coupable ?

Que personne ne sorte du lieu où il est au septième jour. (Shemot 16 :29)

Doit-on réellement s’isoler des autres gens le Shabbat ?

Tu les lieras comme un signe sur tes mains et ils seront comme des fronteaux entre tes yeux. (Devarim 6 :8)

De quel symbole s’agit-il ? Le mot symbole en hébreu "ot" signifie aussi marque, signe ou encore lettre… Alors que devrions-nous nous attacher sur le bras ? Comment se fait-il que tous les membres du peuple Juif portent les mêmes phylactères au même endroit depuis la nuit des temps ?

Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois ; il sera pour vous le premier des mois de l'année. (Shemot 12 :12)

Comment calcule-t-on ce mois-ci : d’après le soleil ou bien la lune ?

Par rapport à ces différentes questions, il est donc clair que la Torah Écrite ne peut être comprise sans la Torah Orale, cette transmission des Sages, qui de génération en génération a garanti la validité de la loi divine… Outre ces considérations évidentes, D.ieu lui-même nous ordonne de nous soumettre aux Sages, leur conférant par là une souveraineté totale sur le peuple.

Si une cause relative à un meurtre, à un différend, à une blessure, te paraît trop difficile à juger et fournit matière à contestation dans tes portes, tu te lèveras et tu monteras au lieu que l'Éternel, ton D.ieu, choisira. Tu iras vers les cohanim, les Lévites et vers celui qui remplira alors les fonctions de juge ; tu les consulteras et ils te feront connaître la sentence. Tu te conformeras à ce qu'ils te diront dans le lieu que choisira l'Éternel et tu auras soin d'agir d'après tout ce qu'ils t'enseigneront. Tu te conformeras à la Torah qu'ils t'enseigneront et à la sentence qu'ils auront prononcée ; tu ne te détourneras de ce qu’ils ne te diront ni à droite ni à gauche. (Devarim 17 :8-11)

Lorsque le peuple fut présent au mont Sinaï, il a aussi accepté de se faire diriger par les Sages, puisque c’est effectivement un commandement à part entière de la Torah.

Choisis par leurs prédécesseurs pour leur maîtrise parfaite de la Torah, ainsi que leurs hautes qualités morales, les Sages de chaque génération sont assermentés pour diriger le peuple face aux évolutions de la société et des mœurs.

Comme ce fut le cas des communautés partout à travers le monde, riches ou pauvres, jeunes comme moins jeunes, toutes admettaient la souveraineté des Grands Maîtres d’Israël. Aujourd’hui aussi, comme dans chacun des générations précédents, les Grands Maîtres d’Israël œuvrent dans le même sens : préserver et améliorer la qualité du service divin de chaque Juif, là où il se trouve. C’est pourquoi il est impératif d’entrer en contact avec des Sages reconnus par leurs pères, porteurs de ce que l’on appelle une tradition. 

Puisse Hashem nous guider afin que l’on ait le mérite d’étudier et de pratiquer toute la Torah Écrite, à la lumière de la Torah orale et de l’enseignement de nos Sages.

Alors Yeshoua, parlant à la foule et à ses talmidim, dit : Les soferim et les proushim sont assis dans la chaire de Moshé. Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent. (Matityahou 23 :1-3)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15.     Alors il a paru bon à celui qui m’a tiré du ventre de ma mère, et m’a appelé, par son chérissement.

 

 

  • Alors il a paru bon à celui qui m’a tiré du ventre de ma mère : cela fait référence au Livre de Yrmeyahou HaNavi.

 

Avant que je t'eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais et avant que tu fusses sorti de son sein, je t'avais consacré, je t'avais établi prophète des nations. (Yrmeyahou 1 :5)

 

Shaoul avait été consacré pour être l’Apôtre des non-Juifs.

 

Car celui qui a fait de Kéfa l'Apôtre des circoncis a aussi fait de moi l'Apôtre des non-Juifs. (Galates 2 :8)

 

COMMENTAIRE N°1

 

Yits’hak implora l'Éternel pour sa femme, car elle était stérile et l'Éternel l’exauça : Rivka, sa femme, devint enceinte. Les enfants se heurtaient dans son sein et elle dit : S'il en est ainsi, pourquoi suis-je enceinte ? Elle alla consulter l'Éternel. (Béréshit 25 :21-22)

 

Quand Rivka passait devant les "portes de Torah" de Chem et de Ever, Yaakov se mettait à courir et se "heurtait" pour sortir et lorsqu’elle passait devant les "portes de l’idolâtrie" c’est Essav qui se mettait à courir et se "heurtait" pour sortir… (Béréshit Raba 63 :6)

 

Autre explication : Ils se heurtaient l’un contre l’autre, se disputant l’héritage des deux mondes. (Rachi)

 

Les méchants sont pervertis dès le sein maternel, les menteurs s'égarent au sortir du ventre de leur mère. (Téhilim 58 :3)

 

Aussi longtemps qu’ils étaient petits, on ne pouvait pas les reconnaître à leur conduite, personne ne prenait garde à leur caractère. Arrivés à l’âge de 13 ans, l’un s’est dirigé vers les écoles de Torah et l’autre vers l’idolâtrie. (Béréshit Raba 63 :10)

 

En complément du verset de Yrmeyahou, on peut donc voir que les tendances prénatales distinctes ne sont pas de simples produits de l'imagination…

 

On peut aussi comparer tout cela avec un enseignement du Likouté Amarim.

 

Avant qu’un Juif vienne au monde, on lui fait prêter serment dans les cieux, en lui disant : Sois un tsadik et ne sois pas un racha et même si le monde entier te jugeant selon tes actes, te dit que tu es un tsadik, sois à tes yeux comme un racha. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 1)

 

 

  • et m’a appelé : l’Apôtre Shaoul introduit la notion de l’appel divin personnel…

 

COMMENTAIRE N°2

 

Afin de mieux intégrer la notion de l’appel divin, nous pourrons ouvrir le Sefer Vayikra qui tire son nom du premier verset : Hashem appela Moshé.  

 

Effectivement, le mot hébreu "vayikra" signifie "appeler" : selon le Sefer Vayikra, D.ieu a donc appelé Moshé pour lui transmettre toutes les lois relatives aux sacrifices et à la pureté rituelle. Nos Sages s’interrogent sur l’opportunité d’avoir choisi un terme aussi courant et, a priori, peu évocateur pour désigner tout un Livre de la Torah ; ils apportent alors la réponse suivante : ce titre rappelle à l’homme son éminente dignité dans la mesure où chacun est "appelé" par D.ieu à réaliser une mission particulière sur terre. Chaque fois que tu nommeras ce Livre de la Torah "vayikra" souviens-toi que de la même manière que Moshé a été appelé à réaliser une mission extraordinaire sur terre, toi aussi, à ton niveau, tu es appelé à réaliser une mission unique sur terre.

 

Il est donné à l’homme tous les moyens pour qu’il arrive là où il doit arriver, dans sa mission qui est sa relation avec Hashem. C’est ce qui a été décidé avant sa naissance pour qu’il ait le meilleur moyen possible de servir D.ieu selon sa nature et son être. D.ieu l’a mis là où il est et lui a donné toutes les circonstances et rencontres qui sont les meilleures pour lui, pour l’amener à se réaliser. Tout est un tremplin dans l’existence, pour arriver là où l’on doit arriver. Nous savons que, si nous sommes passés par un chemin et des épreuves, c’est que nous le devions et si nous le voulons, tout sera source de progrès et tremplin dans notre vie. (Rav ‘Haïm Dynovisz)

 

En complément, les Sages de la Torah ont aussi glissé une anomalie dans l’écriture du mot "vayikra" … En effet, dans tous les rouleaux de la Torah, le mot "vayikra" est écrit avec une petite lettre "alef" à la fin du mot, une lettre écrite plus petite que les autres. Ceci nous permet donc de lire le mot "vayikra" et non "vayiker" : si le premier parle de la notion de l’appel, le second, a contrario, signifie "survenir par hasard"…  Selon ces explications, l’homme doit donc se comporter comme partenaire de D.ieu dans l’œuvre de la Création et répondre à l’appel qui lui est lancé, sans laisser sa vie être régie par le règne du hasard.

L'Éternel appela Moshé. (Vayikra 1 :1)

Comme l’explique Rabbi Bonim de Parchis’ha zatsal, le petit "alef" du mot "vayikra" est aussi porteur d’une signification profonde : bien que Moshé se hissât au plus haut degré spirituel, il n’en fit pas grand cas mais resta extrêmement humble…

Puissions-nous, béézrat Hashem, ressentir avec force, l’appel que l’Éternel envoie à chacun de nous afin de nous rapprocher de lui, chacun à notre niveau et progresser dans l’étude de la Torah, la pratique des mitsvot et le raffinement de nos qualités de cœur et de générosité. Amen.

 

  • par son chérissement : c’est la grâce et la miséricorde d’Hashem qui l’a appelé et lui a révélé l’identité du Mashiah.

 

Je rends grâces à celui qui m'a fortifié, au Mashiah Yeshoua notre Seigneur, de ce qu'il m'a jugé fidèle, en m'établissant dans le ministère, moi qui étais auparavant un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent. Mais j'ai obtenu miséricorde, parce que j'agissais par ignorance, dans l'incrédulité et la grâce de notre Seigneur a surabondé, avec la foi et la charité qui est dans le Mashiah Yeshoua. C'est une parole certaine et entièrement digne d'être reçue, que le Mashiah Yeshoua est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis le premier. Mais j'ai obtenu miséricorde, afin que le Mashiah Yeshoua fît voir en moi le premier toute sa longanimité, pour que je servisse d'exemple à ceux qui croiraient en lui pour la vie éternelle. Au roi des siècles, immortel, invisible, seul D.ieu, soient honneur et gloire, aux siècles des siècles ! Amen ! (1 Timotheos 1 :12-17)

 
 
 
 
 

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16.     prendre conseil de la chair ni du sang.

 

 

  • de découvrir en moi son fils : le plan d’Hashem est de révéler son Fils en nous, c’est-à-dire, dans notre intériorité la plus profonde.  

 

Shaoul rependra cette formulation afin d’approfondir le concept.

 

J'ai été crucifié avec le Mashiah et si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est le Mashiah qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de D.ieu, qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi. (Galates 2 :20)

 

 

  • afin que je l’annonce aux goîm : comme nous l’avons vu, Shaoul avait été consacré pour être Apôtre des non-Juifs.

 

C'est pour cet Évangile que j'ai été établi prédicateur et Apôtre, chargé d'instruire les non-Juifs. (2 Timotheos 1 :11)

 

 

  • Immédiatement, sans prendre conseil de la chair ni du sang : cela fait référence aux penchants du cœur, Shaoul s’étant donné totalement au Mashiah [le sacrifice de la chair] depuis le dévoilement sur le chemin de Damas.

 

Je tombai par terre, et j'entendis une voix qui me disait : Shaoul, Shaoul, pourquoi me persécutes-tu ? Je répondis : Qui es-tu, Seigneur ? Et il me dit : Je suis Yeshoua le Nazaréen, que tu persécutes. (…) Alors je dis : Que ferai-je, Seigneur ? (Actes 22 :7-9)

 

L’expression de Shaoul montre combien, lui-même s’est soumis directement au Mashiah… En effet, ce dévoilement lui a permis de prendre pleinement conscience de la puissance de Yeshoua, dans laquelle, il s’engagera corps et âme tout a long de son futur ministère.

 

S’attacher au Tsadik n’est pas un acte casuel qui doit être placé au même niveau que les évènements ordinaires de la vie. C’est un acte d’une ultime signification, une jointure et une rencontre de l’Esprit.  (Le Tsadik, Rabbi Yaakov Yossef de Polnoy)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17.     sans même monter à Ieroushalaîm chez ceux qui avaient été envoyés avant moi, je suis parti en Arabie, puis je suis revenu de nouveau à Damas.

 

 

  • sans même monter à Ieroushalaîm : le lieu où était basé le cœur de la Kéhila, Yaakov en étant le dirigeant.  D’ailleurs, s’il était allé d’abord à Jérusalem, sa situation vis-à-vis des Nazaréens aurait été fort délicate, notamment, à cause de toutes ses persécutions contre les talmidim de Yeshoua…

 

On retrouvera un passage dans les Écrits Nazaréens pour confirmer cette interprétation.

 

Lorsqu'il se rendit à Jérusalem, Shaoul tâcha de se joindre à eux mais tous le craignaient, ne croyant pas qu'il fût un talmid. (Actes 9 :26)

 

 

  • chez ceux qui avaient été envoyés avant moi : cela fait référence aux autres Apôtres.

 

 

  • je suis parti en Arabie : pour une retraite spirituelle.

 

COMMENTAIRE N°1

 

L’Apôtre Shaoul suivra la voie de nombreux serviteurs de D.ieu : désert, isolement, etc… afin de se retrouver pour un temps, seul avec Hashem.

 

La paracha Bamidbar signifie littéralement "dans le désert" mais le terme "midbar" peut également signifier "il parle" : en effet, le désert est un lieu propice à la parole. Face au néant, que reste-t-il, si ce n’est le dialogue avec le Créateur ? Est-ce un hasard si la Torah a été donnée dans le désert ? Sûrement pas. Le désert est ainsi un lieu propice à la parole et à la connexion. Plus généralement, les moments de creux, les moments de vide apparent, sont propices à la remise en question et à la recherche. Inévitablement, ils mènent à la connexion, puisqu’ils participent d’une volonté de trouver une issue, une réponse. (Rav Abraham Ifra’h)

Au coeur de cette retraite, les premiers concepts de la ‘Hassidout Nazaréenne lui furent dévoilées…

 

En effet, pendant ce séjour en Arabie, Shaoul développera une nouvelle conception de la émouna ; il découvrira combien la bonté d’Hashem s’est manifestée au travers du sacrifice du Mashiah Yeshoua.

 

L’Apôtre Shaoul en apprendra également plus sur sa mission : celle chargée d’instruire les non-Juifs. En effet, Shaoul aura la lourde tâche de rendre accessible l’Évangile, non seulement aux Juifs de la Diaspora mais également aux non-Juifs idolâtres parmi le monde gréco-romain.

 

  • puis je suis revenu de nouveau à Damas : pour témoigner de la émouna en Yeshoua.

 

COMMENTAIRE N°2

 

D’après le Livre des Actes, il aurait commencé immédiatement à prêcher l’Évangile dans les synagogues de Damas.

 

Il se leva et fut immergé ; après qu'il eut pris de la nourriture, les forces lui revinrent. Shaoul resta quelques jours avec les talmidim qui étaient à Damas. Et aussitôt il prêcha dans les synagogues que Yeshoua est le Fils de D.ieu. Tous ceux qui l'entendaient étaient dans l'étonnement et disaient : N'est-ce pas celui qui persécutait à Jérusalem ceux qui invoquent ce nom et n'est-il pas venu ici pour les emmener liés devant les principaux cohanim ? Cependant Shaoul se fortifiait de plus en plus et il confondait les Juifs qui habitaient Damas, démontrant que Yeshoua est le Mashiah. Au bout d'un certain temps, les Juifs se concertèrent pour le tuer et leur complot parvint à la connaissance de Shaoul. On gardait les portes jour et nuit, afin de lui ôter la vie. Mais, pendant une nuit, les talmidim le prirent et le descendirent par la muraille, dans une corbeille. Lorsqu'il se rendit à Jérusalem, Shaoul tâcha de se joindre à eux mais tous le craignaient, ne croyant pas qu'il fût un talmid. Alors Bar-Naba, l'ayant pris avec lui, le conduisit vers les Apôtres et leur raconta comment sur le chemin Shaoul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé et comment à Damas il avait prêché franchement au nom de Yeshoua. Il allait et venait avec eux dans Jérusalem et s'exprimait en toute assurance au nom du Seigneur. Il parlait aussi et disputait avec les Hellénistes mais ceux-ci cherchaient à lui ôter la vie. Les frères, l'ayant su, l'emmenèrent à Césarée et le firent partir pour Tarse. La Kéhila était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie, s'édifiant et marchant dans la crainte du Seigneur et elle s'accroissait par l'assistance du Rouah Hakodesh. (Actes 9 :18-31)

 

Si on lit rapidement ce passage, on croirait que Shaoul a com­mencé son apos­to­lat immé­dia­te­ment après son immersion ; par la suite, la per­sé­cu­tion à Damas l’au­rait obligé à quitter la ville et il au­rait donc fait son pre­mier voyage à Jé­ru­sa­lem… Or, cette interprétation se heurte à des ob­jec­tions comme cela est exprimé dans la Lettre aux Galates.

 

Mais lorsqu'il plut à celui qui m'avait mis à part dès le sein de ma mère et qui m'a appelé par sa grâce, de révéler en moi son Fils, afin que je l'annonçasse parmi les non-Juifs, aussitôt, je ne consultai ni la chair ni le sang et je ne montai point à Jérusalem vers ceux qui furent Apôtres avant moi mais je partis pour l'Arabie. Puis je revins encore à Damas. Trois ans plus tard, je montai à Jérusalem pour faire la connaissance de Kéfa et je demeurai quinze jours chez lui. Mais je ne vis aucun autre des Apôtres, si ce n'est Yaakov, le frère du Seigneur. (Galates 1 :15-19)

 

Les deux sé­jours, tant en Ara­bie qu’à Da­mas du­rèrent 3 ans, au terme des­quels seulement, Shaoul monta à Jé­ru­sa­lem pour faire la connais­sance de Shimon Kéfa… Par conséquent, après son immersion, Shaoul ne resta que quelques jours avec les autres talmidim de Yeshoua. Quel de­vait être alors le be­soin pro­fond de son âme ? De prêcher dans les sy­na­gogues et de débattre avec d’autres Juifs ? Nul­le­ment ! Shaoul se sen­tait, malgré tout, en­core trop faible dans la connais­sance de la Brit Hadasha ; il éprou­vait donc le be­soin de l’isolement, de la téfila et d’une si­len­cieuse com­mu­nion avec D.ieu, lui permettant de re­ce­voir de nou­velles lu­mières, de nou­velles forces et de nouvelles révélations.

 

Voilà ce qu’il alla cher­cher dans une re­traite pro­lon­gée en A­ra­bie puis, par la suite, seulement Shaoul est revenu à Da­mas et c’est donc à la lumière de cette explication, qu’on pourra au mieux comprendre le Livre des Actes : persécutions, etc...

 

Il faut comprendre le "aussitôt" du chap. 9 des Actes, dans l’idée qu’il s’agissait d’une formation plutôt rapide.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18.     Ensuite, après trois ans, je suis monté à Ieroushalaîm pour visiter Kèpha ; j’ai demeuré quinze jours auprès de lui.

 

 

  • Ensuite, après trois ans : le temps de la formation de l’Apôtre Shaoul, en vue d’être formé pour prêcher l’Évangile aux non-Juifs.  

 

 

  • je suis monté à Ieroushalaîm : le Livre des Actes nous donne plus de précisions concernant ce séjour à Jérusalem.

 

Lorsqu'il se rendit à Jérusalem, Shaoul tâcha de se joindre à eux mais tous le craignaient, ne croyant pas qu'il fût un talmid. Alors Bar-Naba, l'ayant pris avec lui, le conduisit vers les Apôtres, et leur raconta comment sur le chemin Shaoul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé et comment à Damas il avait prêché franchement au nom de Yeshoua. Il allait et venait avec eux dans Jérusalem et s'exprimait en toute assurance au nom du Seigneur. (Actes 9 :26 29)

 

 

  • pour visiter Kèpha :  Shimon Kéfa était certainement reconnu comme le pilier de tous les Apôtres, conformément au choix du Mashiah : Kéfa est constamment nommé en premier dans la liste des Apôtres, il parlera au nom du groupe et il prendra également l’initiative de nommer un remplaçant à Yéhouda. En plus de cela, Shimon prêchera en public au Am Israël et par ce biais, 3000 Juifs se tourneront vers le Seigneur…

Et moi, je te dis que tu es Kéfa et que sur cette pierre je bâtirai ma Kéhila et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. (Matityahou 16 :18-19)

 

En ces jours-là, Kéfa se leva au milieu des frères, le nombre des personnes réunies étant d'environ cent vingt. (Actes 1 :15)

 

Voici les noms des douze Apôtres. Le premier, Shimon appelé Kéfa. (Matityahou 10 :2)

 

Quand ils furent arrivés, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient d'ordinaire ; c'étaient Kéfa, Yohanan, Yaakov. (Actes 1 :13)

 

Après avoir entendu ce discours, ils eurent le coeur vivement touché et ils dirent à Kéfa et aux autres Apôtres : Hommes frères, que ferons-nous ? Kéfa leur dit : Faites téchouva et que chacun de vous soit immergé au nom du Mashiah Yeshoua, pour le pardon de vos péchés et vous recevrez le don du Rouah Hakodesh. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre D.ieu les appellera. Et, par plusieurs autres paroles, il les conjurait et les exhortait, disant : Sauvez-vous de cette génération perverse. Ceux qui acceptèrent sa parole furent immergés et, en ce jour-là, le nombre des talmidim s'augmenta d'environ trois mille âmes. (Actes 2 :37-41)

 

 

  • j’ai demeuré quinze jours auprès de lui : pour en savoir plus concernant Yeshoua mais également pour échanger sur leurs interprétations et missions respectives.

 

COMMENTAIRE N°3

 

Contrairement aux dires des anti-pauliniens, Shaoul n’était pas qu’un électron libre mais au contraire, a bien souhaité rencontrer les Apôtres pour en savoir plus concernant Yeshoua mais également pour échanger sur leurs diverses interprétations et missions respectives. Autrement dit, Shimon Kéfa n’aurait jamais reçu un homme ayant des intentions d’abolir la Torah et certainement que lors de cet entretien de plus de quinze jours, Shimon a parlé de Yeshoua et de son projet pour les-non Juifs à Shaoul ; entendre cette injonction :  Allez, faites de toutes les nations des talmidim, les immergeant en mon nom et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. (Matityahou 28 :19-20).