CHAPITRE 1

Le chapitre est complet, tous les versets sont disponibles

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COMMENTAIRES 

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1.     Il y a deux chemins : celui de la vie et celui de la mort mais il y a une grande différence entre les deux chemins.

 

  • Il y a deux chemins : celui de la vie : cette introduction de la Didaké est comparable avec celle du Livre des Psaumes et bien évidemment, l’enseignement des Apôtres est censé nous donner les clés pour accéder au chemin de la vie.

 

 

  • et celui de la mort : comme il est dit de la bouche du Roi David : Il n'en est pas ainsi des méchants : Ils sont comme la paille que le vent dissipe. C'est pourquoi les méchants ne résistent pas au jour du jugement, ni les pécheurs dans l'assemblée des justes. (Téhilim 1 :4-5)

 

COMMENTAIRE N°1

David [contrairement aux Apôtres] nous parle d'abord de la mauvaise voie [celle des fauteurs] comme il est aussi écrit : Éloignez-vous du mal et faites le bien. (Téhilim 34 :15) parce que l'homme apprend d'abord, dès sa jeunesse, le chemin des désirs de ce monde ; manger, boire, etc… et c’est en eux qu’il grandit comme il est dit : le cœur de l'homme est mauvais depuis sa jeunesse. (Béréshit 8 :21) ; ainsi, lorsque l'homme arrive à des années de vie et commence à distinguer le bien et le mal, on l’avertit de s'écarter de la voie des méchants et de ne pas suivre leurs conseils. (Commentaires du Radak, Sefer Téhilim, chap. 1)

 

 

  • mais il y a une grande différence entre les deux chemins : comme il est dit : Car l'Éternel connaît la voie des justes et la voie des pécheurs mène à la ruine. (Téhilim 1 :6) et au Radak de commenter : à leur mort, les méchants ne ressusciteront pas mais leurs âmes périront et iront à la perdition comme il est dit : Et les âmes de tes ennemis, il les jettera comme du creux de la fronde. (1 Shmouel 25 :29). (Commentaires du Radak, Sefer Téhilim, chap. 1)

 

 

 

 

 

 

 

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2.     Voici donc le chemin de la vie. En premier lieu, tu aimeras le D.ieu qui t'a créé ; en second lieu, tu aimeras ton prochain comme toi-même. Et tout ce que tu ne voudrais pas qu'on te fît, ne le fais pas non plus à autrui.

 

  • Voici donc le chemin de la vie : selon les enseignements de Yeshoua.  

 

 

 

  • En premier lieu, tu aimeras le D.ieu qui t'a créé : cela fait référence au Saint Béni soit-Il comme il est aussi dit dans les Écris Nazaréens : Rabbi, quel est le plus grand commandement de la Torah ? Yeshoua lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton D.ieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C'est le premier et le plus grand commandement. (Matityahou 22 :36 :38) et au ‘Hizkuni de commenter : ce verset du Sefer Devarim (Devarim 6 :5) décrit une profonde intensité car Moshé nous demande d'aimer D.ieu avec la plus grande intensité dont nous sommes capables. (Commentaires du ‘Hizkuni, Paracha Vaet’hanan)

 

Tu aimeras l'Éternel, ton D.ieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. (Devarim 6 :5)

 

 

 

  • en second lieu, tu aimeras ton prochain comme toi-même : et selon Shaoul, il est enseigné : Car toute la Torah est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Galates 5 :14) et toujours dans le même élan, Rabbi Akiva a également déclaré : C'est le principe fondamental de la Torah. (Torath Cohanim ; Yéroushalmi, Nedarim 30b)

 

Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l'Éternel. (Vayikra 19 :18)

 

 

 

  • Et tout ce que tu ne voudrais pas qu'on te fît, ne le fais pas non plus à autrui : comme on peut le constater, les Apôtres étant soumis au Mashiah, ont reçu de véritables enseignements dignes de l’école Juive de Beit Hillel. En effet, Hillel HaZaken a enseigné : Ce que tu ne voudrais pas que l'on te fît, ne l'inflige pas à autrui. C'est là toute la Torah, le reste n'est que commentaire. Maintenant, va et étudie. (Shabbat 31a) et au Mashiah d’enseigner de la même façon : Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux car c'est la Torah et les Prophètes. (Matityahou 7 :12)

 

 

 

 

 

 

 

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3.     Voici donc l'enseignement renfermé dans ces paroles : bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour vos ennemis, jeûnez pour ceux qui vous persécutent.

 

  • Voici donc l'enseignement renfermé dans ces paroles : toutes les paroles de la Didaké ou encore du Mashiah lui-même sont basées sur deux commandements de la Torah : celui d’aimer Hashem de façon authentique et également celui d’aimer véritablement son prochain.

Un des scribes, qui les avait entendus discuter, sachant que Yeshoua avait bien répondu aux sadducéens, s'approcha et lui demanda : Quel est le premier de tous les commandements ? Yeshoua répondit :  Voici le premier : Écoute, Israël, le Seigneur, notre D.ieu, est l'unique Seigneur ; et : Tu aimeras le Seigneur, ton D.ieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas d'autre commandement plus grand que ceux-là. (Marcos 12 :28-3)

De ces deux commandements dépendent toute la Torah et les Prophètes. (Matityahou 22 :40)

 

 

  • bénissez ceux qui vous maudissent : comme il est dit : S'ils maudissent, toi tu béniras ; s'ils se lèvent, ils seront confus et ton serviteur se réjouira. (Téhilim 109 :28) et aux Apôtres de préciser : Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez et ne maudissez pas. (Romains 12 :14) ou encore : Ne rendez point mal pour mal, ou injure pour injure ; bénissez, au contraire, car c'est à cela que vous avez été appelés, afin d'hériter la bénédiction. (1 Kéfa 3 :9)

 

  • priez pour vos ennemis : qu’Hashem soit miséricordieux et leur accorde une issue pour faire téchouva. À ce sujet, il est également enseigné : Si ton ennemi a faim, donne-lui du pain à manger ; s'il a soif, donne-lui de l'eau à boire car ce sont des charbons ardents que tu amasses sur sa tête et l'Éternel te récompensera. (Mishlei 25 :21-22) ou encore : Ne te réjouis pas de la chute de ton ennemi et que ton cœur ne soit pas dans l'allégresse quand il chancelle. (Mishlei 24 :17)

 

COMMENTAIRE N°1

Pour mieux comprendre cette parole du Mashiah, nous pourrons nous inspirer des enseignements du Or’hot Tsadikim.

Le méchant ne ressent aucune douleur des ennuis de ses compagnons, comme vous le voyez en contraste avec David ayant déclaré : Et moi, quand ils étaient malades, je revêtais un sac, j'humiliais mon âme par le jeûne, je priais, la tête penchée sur mon sein. (Téhilim 35 :13) et il est aussi écrit dans le Livre de Iyov : N'avais-je pas des larmes pour l'infortuné ? Mon cœur n'avait-il pas pitié de l'indigent ? (Iyov 30 :25) ; tout cela est très loin d’un homme cruel et méchant. Le trait de méchanceté ne se trouve que chez les personnes dont la nature ressemble à la nature des lions qui s'attaquent et se déchirent violemment. Lorsque un esprit de colère prend possession d'un homme, alors la qualité de la miséricorde s'enfuit et la cruauté devient puissante pour détruire comme il est écrit : La fureur est cruelle et la colère impétueuse mais qui résistera devant la jalousie ? (Mishlei 27 :4). Or, dans les attributs du Créateur, vous trouverez plutôt : Mais dans ta colère souviens-toi de tes compassions ! (Havaqouq 3 :2) mais chez l’homme, loin est la capacité d'avoir pitié au milieu de sa colère. Et il y a également un aspect de la cruauté dans l'âme de l'homme, il s’agit de celui de la vengeance comme il est écrit : Il est sans pitié au jour de la vengeance. (Mishlei 6 :34) ; le sens de ce verset est que là où il y a un désir de vengeance, il n'y a pas de compassion mais simplement de la cruauté. Or, l'Écriture dit : Tu ne te vengeras pas et tu ne porteras pas rancune. (Vayikra 19 :18) ; nous sommes ainsi, avertis de ne pas avoir de rancune et jusque dans notre cœur alors d'autant plus, on comprendra qu’il ne faudra faire aucun acte dans le but de blesser par nos mains quelqu’un. Même lorsque votre ennemi est tombé sans faute de votre part, vous ne devez pas vous réjouir comme il est écrit : Ne te réjouis pas de la chute de ton ennemi et que ton cœur ne soit pas dans l'allégresse quand il chancelle. (Mishlei 24 :17) ; le vengeur ou le rancunier ne néglige jamais un grief et ne pardonne jamais à ses compagnons qui lui ont fait du tort, et cette attitude engendre querelles et haine, et vous savez pourtant combien est bonne et agréable la qualité de la paix. (Or’hot Tsadikim 8 :4)

 

 

COMMENTAIRE N°2

Voici également un enseignement du Shenei Lu’hot HaBerit.

Le Midrash Ne'elam du Zohar sur un verset des Téhilim cite Rabbi en disant qu’il s’agit d’une mitsva de prier pour que les pécheurs deviennent repentants afin qu'ils ne se retrouvent pas dans le Guey-Hinnom. (…) Le Rabbi dit également qu'il est interdit de prier pour que les pécheurs soient anéantis car si D.ieu avait anéanti Téra’h alors qu'il était encore un adorateur d'idoles, notre Patriarche Avraham n'aurait jamais vu la lumière du jour, il y aurait eu pas de peuple Juif et il n'y aurait pas non plus eu de David ; la Torah n'aurait pas été donnée à l'humanité, et toutes les personnes justes et pieuses n'auraient jamais existé. (Shenei Lu’hot HaBerit, Torah Shebikhtav, Vayera, Dérekh Chayim 12)

 

  • jeûnez pour ceux qui vous persécutent : lorsque David parle de ses ennemis, Doeg et A’hitofel, qui étaient [malgré tout] des érudits en Torah, il a déclaré : Et moi, quand ils étaient malades, je revêtais un sac, j'humiliais mon âme par le jeûne, je priais, la tête penchée sur mon sein. (Téhilim 35 :13). (Bérakhot 12b) et il est également enseigné dans le Messilat Yésharim : Celui qui fait de la bonté recevra de la bonté et plus il en fera, plus il en recevra. David exultait de posséder ce bon trait, s'efforçant de faire de la bonté même à ceux qui le haïssaient. (Messilat Yésharim 19 :32)

Si j'ai rendu le mal à celui qui était paisible envers moi, si j'ai dépouillé celui qui m'opprimait sans cause, que l'ennemi me poursuive et m'atteigne, qu'il foule à terre ma vie et qu'il couche ma gloire dans la poussière ! (Téhilim 7 :4-5)

 

 

 

 

 

 

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4.     Car quel gré vous saura-t-on si vous aimez seulement ceux qui vous aiment ? Les non-Juifs ne le font-ils pas aussi ?

 

  • Car quel gré vous saura-t-on si vous aimez seulement ceux qui vous aiment : aimer ceux qui nous aiment est dans un sens, naturel au cœur de l’homme et ne saurait prétendre à une récompense.   

 

 

  • Les non-Juifs ne le font-ils pas aussi : les non-Juifs, eux-mêmes, aiment ceux qui les aime et par conséquent, les talmidim du Mashiah sont appelés à se différencier par leur attitude.

 

Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains aussi n'agissent-ils pas de même ? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les non-Juifs aussi n'agissent-ils pas de même ? Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. (Matityahou 5 :43-46)

 

Mais je vous dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous maltraitent. Si quelqu'un te frappe sur une joue, présente-lui aussi l'autre. Si quelqu'un prend ton manteau, ne l'empêche pas de prendre encore ta tunique. Donne à quiconque te demande, et ne réclame pas ton bien à celui qui s'en empare. Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment. Si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi agissent de même. Et si vous prêtez à ceux de qui vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi prêtent aux pécheurs, afin de recevoir la pareille. Mais aimez vos ennemis, faites du bien, et prêtez sans rien espérer. Et votre récompense sera grande, et vous serez fils du Très Haut car il est bon pour les ingrats et pour les méchants. Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux. (Loucas 6 :27-36)

 

 

 

 

 

 

 

 

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5.     Mais vous, aimez ceux qui vous haïssent et vous n'aurez pas d'ennemi.

 

  • Mais vous, aimez ceux qui vous haïssent : dans le sens, d’être miséricordieux et de les juger favorablement.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour mieux comprendre ce concept, on pourra s’inspirer du Likouté Moharan de Rabbi Na’hman de Breslev.

 

Lorsqu'une personne rencontre des oppositions, elle ne doit pas prendre position contre ses ennemis (…) car cela amène ses ennemis à atteindre son but. Au contraire, il est juste qu'il les juge favorablement et fasse pour eux tout le bien possible. Et c'est l'aspect de : Que mon âme soit comme de la terre pour le monde. (Bérakhot 17a) car la terre, tout le monde lui marche dessus et pourtant, elle nous fournit tous les biens nécessaires : nourriture, boisson, or, argent et pierres précieuses ; tout vient de la terre. Ainsi, même s'ils s'opposent à lui et cherchent à lui faire du mal, il doit faire pour eux tout le bien possible comme la terre. De même, il ne faut pas prendre position contre ses ennemis, travailler contre eux car ce serait construire comme l'ennemi et cela leur permettrait d'atteindre plus facilement leur objectif. Cependant, au moyen de l'aspect de la terre, l'aspect de : Que mon âme soit comme de la terre, il renverse le plan de ses ennemis comme expliqué ci-dessus. Ensuite, il est dit aussi : celui qui creuse une fosse y tombera. (Mishlei 26 :27). (Torah n°277 du Likouté Moharan I)

 

 

  • et vous n'aurez pas d'ennemi : comme il est dit : Qui est fort ? Celui qui fait de son ennemi un ami. (Avot de Rabbi Nathan 1 :23)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6.     Abstiens-toi des passions charnelles et mondaines.

 

  • Abstiens-toi des passions charnelles : en référence aux souillures du corps et à ce sujet, il est enseigné par Shaoul : Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l'impudicité, l'impureté, la dissolution, l'idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l'envie, l'ivrognerie, les excès de table et les choses semblables. Je vous dis d'avance, comme je l'ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n'hériteront point le Royaume de D.ieu. (Galates 5 :19-21)

 

  • et mondaines : en référence aux choses futiles, illusoires et vaines présentes dans ce monde matériel ; celles-ci contaminent et souillent complétement le Ben Adam. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7.     Si quelqu'un te donne un soufflet sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre et tu seras parfait.

 

  • Si quelqu'un te donne un soufflet sur la joue droite : et ce concept n’est pas du tout chrétien comme beaucoup le croient ; au contraire, nous pouvons le retrouver dans les paroles du Prophète Yrmeyahou comme il est dit : Il présentera la joue à celui qui le frappe, il se rassasiera d'opprobres. (Eikha 3 :30) et il est également enseigné dans la Torah Orale : Le monde se maintient grâce aux insultés qui se taisent. (Houlin 89a)

 

  • présente-lui aussi l'autre et tu seras parfait : il ne faut pas entrer "en guerre" avec un Ben Adam, en nous comportant de la même façon comme il est dit : Ne dis pas : Je lui ferai comme il m'a fait, je rendrai à chacun selon ses œuvres. (Mishlei 24 :29) et à ce sujet, il est également enseigné dans les milieux ‘hassidiques : On apprend de la Torah que les Tsadikim refusent constamment d’entrer dans la dispute et la controverse et ce, même si les mécréants salissent leur nom. Par exemple, Moshé Rabbénou lui-même n’a jamais répondu à Kora’h. Dans le même élan, Rabbi Na’hman nous enseigne que la seule façon de juger favorablement les mécréants consiste à considérer qu’ils ne sont que le bâton de la colère d’Hashem et de ne pas répondre à leurs attaques. (Rav Avraham Ifra’h)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8.     Si quelqu'un te requiert pour une corvée d'un mille, fais-en deux avec lui. Si quelqu'un t'enlève ton manteau, donne-lui aussi la tunique. Si quelqu'un te prend ce qui est à toi, ne le redemande pas car tu ne le peux.

 

  • Si quelqu'un te requiert pour une corvée d'un mille : selon plusieurs sources, le Mashiah fait référence à une loi de l’époque selon laquelle, tout soldat avait le droit d'obliger un quelconque citoyen à l'accompagner sur une distance d'un mille avec lui.

 

 

  • fais-en deux avec lui : et en prenant le chemin du second mille, la bénédiction spirituelle suivra.

 

 

  • Si quelqu'un t'enlève ton manteau : en référence au fait de plaider, d’entamer une procédure judiciaire contre toi afin de t’enlever ton manteau.

 

 

  • donne-lui aussi la tunique : au lieu de combattre dans un procès engendrant multiples haines ou autres disputes, souffre plutôt une seconde perte plus grande, comme celle d’une tunique !  

C'est déjà certes un défaut chez vous que d'avoir des procès les uns avec les autres. Pourquoi ne souffrez-vous pas plutôt quelque injustice ? Pourquoi ne vous laissez-vous pas plutôt dépouiller ? (1 Corinthiens 6 :7)

 

 

  • Si quelqu'un te prend ce qui est à toi : dans une optique bien plus élevée que la norme, le Judaïsme considère nos rapports avec notre prochain comme un service divin : tout ce qui nous arrive, même par le biais des hommes, est en fait un message de D.ieu. Si c'est un bienfait, nous devons non seulement remercier le bienfaiteur pour son cadeau mais également l'Éternel qui, par l'intermédiaire d’un Ben Adam, nous a gratifiés d’un cadeau ; et s’il s'agit d'une souffrance, bien que la personne qui l’ait provoquée s'est mal conduite et devra rendre des comptes pour son acte, elle provient aussi de D.ieu. (Rav Daniel Scemama)

 

  • ne le redemande pas car tu ne le peux : et c'est ainsi que David HaMelekh, en fuite devant son fils rebelle, se voit insulté et lapidé par un personnage nommé Chimi ben Guéra ; au lieu de se venger et de le tuer, David cherche plutôt à voir dans cet évènement un message de D.ieu lui exprimant son mécontentement par l'intermédiaire de cet impie. (2 Shmouel 16 :10) ; grâce à cette enseignement, on peut réellement parvenir à ne pas vouloir se venger ou même à tenir rancune envers quelqu'un qui nous aurait causé du tort. Comment est-ce possible ? Car notre vision n’est plus dans l’horizontal dans rapport avec autrui mais bien à la verticale, dans un rapport direct avec Hashem.

 

 

 

 

 

 

 

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9.     A quiconque te demande donne et ne redemande pas car à tous Hashem veut faire part de ses propres bienfaits.

 

  • A quiconque te demande donne et ne redemande pas : aucune mitsva ne suscite une réponse divine aussi puissante que celle de la tsédaka et à ceci, il existe une logique : lorsque vous vous occupez des autres, D.ieu s’occupe de vous. Nos Sages nous ont également enseigné que la tsédaka [don d’argent, don de temps, etc..] apporte l’expiation et nous protège contre la sévérité des décrets célestes.

 

  • car à tous Hashem veut faire part de ses propres bienfaits : en fait, le passouk concernant le fait d’aimer son prochain comme soi-même (Vayikra 19 :18) nous enseigne qu'il nous faut souhaiter à notre prochain tous les bienfaits possibles que nous-mêmes nous aspirons à obtenir, comme la réussite, la santé, etc… et ne pas rester pas dans notre vision étriquée et égocentrique en venant même à jalouser une personne qui posséderait ce que nous n’avons pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10.     Heureux celui qui donne selon le commandement car il est sans reproche. Malheur à celui qui reçoit : si quelqu'un reçoit parce qu'il a besoin, il sera sans reproche.

 

  • Heureux celui qui donne selon le commandement : donner de la tsédaka est une mitsva de la Torah et une responsabilité de chacun.

 

  • car il est sans reproche : l’un des buts de cette mitsva est de comprendre que rien de ce que nous possédons n’est réellement à nous, D.ieu nous donne de sorte que nous puissions simplement donner aux autres.

 

COMMENTAIRE N°1

Lorsque D.ieu créa ce monde, il nous donna la tâche de l’imprégner de spiritualité et de sens. Pour accomplir cela, rien n’est aussi puissant que la tsédaka. En effet, lorsque vous donnez de la tsédaka, tous les efforts investis pour gagner cet argent prennent un sens complétement nouveau étant donné que celui transcende désormais vos besoins personnels. C’est pourquoi nos Sages nous ont enseigné : Grande est la tsédaka car elle rapproche la Rédemption ! 

 

 

  • Malheur à celui qui reçoit : en référence aux profiteurs.

 

  • si quelqu'un reçoit parce qu'il a besoin, il sera sans reproche : étant donné que c’est justement pour cet homme que la mitsva de la tsédaka fut transmise par l’organe de Moshé.   

S'il y a chez toi quelque indigent d'entre tes frères, dans l'une de tes portes, au pays que l'Éternel, ton D.ieu, te donne, tu n'endurciras point ton cœur et tu ne fermeras point ta main devant ton frère indigent. (Devarim 15 :7)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11.     Mais, s'il n'a pas besoin, il rendra compte pourquoi il a reçu et dans quel but. Jeté en prison, il sera examiné sur ce qu'il a fait et il ne sera pas relâché jusqu'à ce qu'il ait restitué le dernier quadrant.

 

  • Mais, s'il n'a pas besoin, il rendra compte pourquoi il a reçu et dans quel but : les Apôtres devaient viser certainement selon ses paroles, tous profiteurs éventuels ou hommes avides de gain.

 

  • Jeté en prison, il sera examiné sur ce qu'il a fait : cela fait référence au jugement d’Hashem étant donné que tous les faits et gestes de cet homme seront passer au crible.

Nulle créature n'est cachée devant lui mais tout est à nu et à découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte. (Hébreux 4 :13)

 

 

  • et il ne sera pas relâché jusqu'à ce qu'il ait restitué le dernier quadrant : selon la justice parfaite d’Hashem.

 

 

 

 

 

 

 

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12.     Mais à ce sujet aussi, il a été dit : Que ton aumône transpire dans tes mains jusqu'à ce que tu saches à qui tu donnes.

 

  • Mais à ce sujet aussi, il a été dit : Que ton aumône transpire dans tes mains : en fait, l’individu n’est pas propriétaire de ce qu’il croit posséder. Il n’est que le gérant de ce qu’Hashem lui a déposé entre ses mains et c’est pourquoi, chacun a le devoir de se soucier des difficultés matérielles des autres. Or, il faut savoir que le Judaïsme enseigne que les premières personnes devant bénéficier de la tsédaka d’un individu sont sa femme et ses enfants. Ce n’est que lorsqu’un homme s’est soucié du bien-être de son épouse et de sa famille, lorsqu’il s’est assuré qu’ils vivent dignement, qu’il a le devoir de donner aux autres et à ce sujet, il est également enseigné que la Tsédaka doit être donnée à des personnes nécessiteuses ainsi qu’à des institutions d’enseignement et d’étude de la Torah.

 

Si quelqu'un n'a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi et il est pire qu'un infidèle. (1 Timotheos 5 :8)

 

  • jusqu'à ce que tu saches à qui tu donnes : selon la Loi Juive, notons qu'il faut aussi prier afin de mériter que nos dons soient une mitsva et non l'inverse étant donné que la mitsva est de donner à des gens véritablement dans le besoin, et surtout à des érudits ou encore à des familles accomplissant la Torah. Pourquoi ? Car notre argent ne leur servira pas à fauter mais à faire des mitsvot !

 

Yeshoua, ayant entendu cela, lui dit : Il te manque encore une chose : vends tout ce que tu as, distribue-le aux pauvres et tu auras un trésor dans les Cieux. Puis, viens et suis-moi. (Loucas 18 :22)

Ils nous recommandèrent seulement de nous souvenir des pauvres, ce que j'ai bien eu soin de faire. (Galates 2 :10)