CHAPITRE 3

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COMMENTAIRES 

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7.     En cela vous marchiez, vous aussi, jadis, quand vous en viviez.

 

  • En cela vous marchiez, vous aussi : cela fait référence au fait de vivre, ou de marcher dans le péché.

 

 

  • jadis, quand vous en viviez : par le mérite du Mashiah, les Colossiens s’étaient maintenant détournés de leurs mauvaises œuvres afin de vivre un vie plus sainte et ont ainsi, suivi les ordonnances de Yohanan HaMatbil comme il est dit : Produisez donc du fruit digne de la téchouva. (Matityahou 3 :8)

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour mieux comprendre le principe de la téchouva, nous pourrons nous inspirer des enseignements du Rambam comme il est dit dans le Mishné Torah : Qu’est-ce qu’un vrai repentir ? C’est lorsque le fauteur se retrouve dans la même situation qu’auparavant, avec l’opportunité de commettre la même faute et malgré tout, se refuse à elle du fait de sa téchouva. Comment cela s'applique-t-il concrètement ? S’il a eu des rapports interdits avec une femme et après un certain temps, se retrouve de nouveau isolé avec elle et alors qu’il éprouve le même sentiment d’amour, il s’abstient de transgresser, c’est un parfait repenti. (Mishné Torah du Rambam, Hilkhot Téchouva, chap. 2)

 

COMMENTAIRE N°2

 

Toujours pour mieux comprendre le principe de la téchouva, nous pourrons nous inspirer également des enseignements du Talmud. 

 

Rav Adda bar Ahava a enseigné : Une personne qui commet une transgression, qui se confesse mais ne se repent pas de son péché, à quoi est-elle comparable ? À une personne qui tient dans sa main un animal rampant mort, ce qui la rend rituellement impure et même si elle se plongeait dans toutes les eaux du monde, son immersion serait inefficace pour elle tant que la source de son impureté resterait dans sa main. Cependant, si elle a jeté l'animal de sa main, une fois qu'elle s'est immergée dans un bain rituel, l'immersion est effective immédiatement pour elle comme il est dit : Celui qui couvre ses transgressions ne prospérera pas mais celui qui les avoue et les abandonne obtiendra miséricorde. (Mishlei 28 :13) ; autrement dit, la confession seule est futile mais celui qui abandonne réellement ses transgressions recevra miséricorde. (Taanit 16a)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8.     Mais maintenant rejetez tout cela : brûlure, écume, malice, blasphème, propos honteux venus de votre bouche.

 

  • Mais maintenant rejetez tout cela : brûlure : du grec "orge"…

Voici la définition du mot grec "orge" :

  • colère : état affectif violent et passager, résultant du sentiment d'une agression, d'un désagrément, traduisant un vif mécontentement et accompagné de réactions brutales,

  • courroux : vive colère ou emportement,

  • indignation : sentiment de colère ou de révolte que provoque quelqu'un ou quelque chose,

  • mouvement ou agitation de l'âme, impulsion, désir, toute émotion violente comme la colère. 

  • colère manifestée dans la punition, comme celle infligée par certains magistrats.

La colère de D.ieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive. (Romains 1 :18)

 

COMMENTAIRE N°1

Nos Sages disent : Celui qui se met en colère est comme s’il servait les idoles. Et l’Admour Hazaken explique, à ce propos, que la colère provoque un retrait de la foi. En effet, celui qui a foi que tout lui vient de D.ieu ne se mettra pas en colère. En d’autres termes, s’emporter revient à se détacher de D.ieu, comme s’il servait les idoles. C’est ici le point de départ de toutes les fautes, comme le souligne l’Admour Hazaken. (Likouté Si’hot du Rabbi de Loubavitch, Paracha Vayikra)

 

COMMENTAIRE N°2

Il ne faut pas s’énerver et se disputer car la colère nuit à la subsistance et à la richesse comme cela est enseigné dans le Likouté Moharan. En effet, lorsque l’homme se met en colère, il est jugé dans le Ciel pour savoir s’il mérite la somme d’argent qui lui était destinée. Lorsqu’il s’emporte, il la perd mais s’il se domine, il la gagnera… Lorsque le Yetser Hara pousse un homme à se mettre en colère, il faut savoir qu’à cet instant précis, on lui avait alloué du Ciel une somme d’argent et le mauvais penchant fait pour endommager cela. (Likouté Etsot, Colère)

 

 

  • écume : du grec "thumos"…

Voici la définition du mot grec "thumos" :

  • colère immédiate et bouillante,

  • la passion, qui enflamme comme celle qui conduit un buveur de vin à la folie,

  • colère : état affectif violent et passager, résultant du sentiment d'une agression, d'un désagrément, traduisant un vif mécontentement et accompagné de réactions brutales,

  • fureur : colère sans mesure,

  • irritation plutôt excessive,

  • animosité : violence, agressivité qui se manifeste dans l'attitude, les propos et qui traduit des dispositions malveillantes ; âpreté, véhémence.

Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calomnie, et toute espèce de méchanceté, disparaissent du milieu de vous. (Éphésiens 4 :31)

 

  • malice : du grec "kakia"…

Voici la définition du mot grec "kakia" :

  • malignité : tendance à faire le mal en se servant des ressources de l'intelligence et de l'imagination,

  • malice : penchant à dire ou à faire des taquineries excluant la méchanceté,

  • mauvais vouloir, comme un désir de nuire à…

  • méchanceté : caractère de quelqu'un de méchant, volonté de nuire, de faire du mal,

Célébrons donc la fête, non avec du vieux levain, non avec un levain de malice et de méchanceté mais avec les pains sans levain de la pureté et de la vérité. (1 Corinthiens 5 :8)

 

  • blasphème : du grec "blasphemia"…

Voici la définition du mot grec "blasphemia" :

  • discours impie et injurieux envers le divin, 

  • blasphème : parole ou discours qui outrage la divinité, la religion ou tout ce qui est considéré comme respectable ou sacré.

À noter que le blasphème est à distinguer du sacrilège : le premier consiste en paroles, le second en actes.

Et il se tint sur le sable de la mer. Puis je vis monter de la mer une bête qui avait dix cornes et sept têtes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème. (Révélation 13 :1)

En plus, voici la définition du mot grec d’origine "blasphemos" :

  • blasphématoire : qui contient ou constitue un blasphème, soit le fait d’avoir eu une parole ou un discours qui outrage la divinité, la religion ou tout ce qui est considéré comme respectable ou sacré.

  • parole abusive : parole qui est exagérée, qui dépasse une limite convenable,

  • parler en mal : lachon hara.

  • discours injurieux : qui constitue une injure, qui vise à offenser ou qui attente à la réputation.

 

Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d'orgueil, aimant le plaisir plus que D.ieu, ayant l'apparence de la piété mais reniant ce qui en fait la force. Éloigne-toi de ces hommes-là. (2 Timotheos 3 :1-5)

 

  • propos honteux venus de votre bouche : cela fait référence au lois du lachon hara en général.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15.     Laissez gouverner vos cœurs par la paix du messie, à laquelle vous avez été appelés en un seul corps. Soyez gratitude.

 

  • Laissez gouverner vos cœurs par la paix du messie : l’attachement au Tsadik nous procure la paix et par ce biais, nous pouvons maitriser nos mauvais penchants contenus dans notre cœur.  

 

  • à laquelle vous avez été appelés en un seul corps : la Kéhila Nazaréenne.

 

  • Soyez gratitude : reconnaissants.

 

COMMENTAIRE N°1

La reconnaissance d’un Juif s’exprime de bon matin par la récitation du Modé Ani.

 

En effet, la prière du Modé Ani est la première phrase que l’on récite dès qu’on se réveille, avant même de se laver les mains : « Modé Ani Lefane’ha Melekh ‘Hay Vekayame Chéhé’hézarta Bi Nichmati Be’hemla ; Raba Emounaté’ha.  Je Te remercie, Roi Vivant et éternel car Tu as rendu en moi, mon âme avec miséricorde ; grande est ta confiance. » 

 

Dès le début du jour, un Juif, avant même de se rendre à ses occupations habituelles, doit d’abord exprimer sa soumission totale à D.ieu. C’est pour cela que, dès son réveil, il dit Modé Ani. Dès qu’il ouvre les yeux, il remercie D.ieu de lui avoir restitué son âme et proclame sa Royauté. Or, face à un roi, il convient de faire preuve de la plus profonde soumission. En éprouvant ce sentiment dès le début du jour, on peut encore le ressentir par la suite, lorsque l’on se consacre à ses activités. En ces dernières, on devra donc ressentir la marque du Modé Ani, l’attachement profond au Roi, au Créateur. C’est ainsi que l’on peut recevoir les bénédictions et les influences positives de D.ieu. Tel est l’enseignement du sacrifice perpétuel et de ses aspects spécifiques. En commençant sa journée avec un sacrifice, en se soumettant à D.ieu, on obtient que ce sacrifice soit qualifié de perpétuel, non pas uniquement pendant ce court instant, tôt le matin mais aussi par la suite, d’une manière continue. (Likouté Si’hot, Paracha Vayikra)

 

On habitue les enfants, dès leur plus jeune âge, à réciter le Modé Ani et ainsi, à se rendre compte que D.ieu se tient près de lui. Ainsi, ils se lèveront avec empressement et seront conscients toute la journée de la présence de D.ieu.

 

Le fait de remercier D.ieu pour tout le bien qu’il nous accorde, nous rapproche du bien véritable et infini qui règnera avec l’arrivée du Mashiah.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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16.     Que la parole du messie habite en vous richement. En toute sagesse enseignez-vous, exhortez-vous, par des louanges, des hymnes, des chants spirituels, en grâce chantant en vos cœurs pour Elohîms.

 

  • Que la parole du messie habite en vous richement : cela fait référence aux enseignements du Mashiah.  

 

  • En toute sagesse enseignez-vous, exhortez-vous : dans le but d’être encouragé, fortifié, renouvelé, etc…

 

  • par des louanges : du grec "psalmos"…

Voici la définition du mot grec "psalmos" :

  • cela fait référence aux Téhilim du Roi David.

Entretenez-vous par des Téhilim, par des hymnes et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre cœur les louanges du Seigneur. (Éphésiens 5 :19)

COMMENTAIRE N°1

Comment devons-nous réciter les Téhilim ? Rabbi Na’hman de Breslev enseigne que l’essentiel est d’appliquer les paroles du Roi David à soi-même, nous devons nous retrouver dans chacun des Psaumes que nous récitons. Comment ? demanda un des talmidim. Rabbi Na’hman expliqua que lorsque par exemple, le Roi David suppliait D.ieu de l’épargner de ses ennemis, nous devons appliquer sa prière à notre propre lutte contre le mauvais penchant qui nous attaque. Le talmid lui demanda également comment pourrions-nous nous identifier, par exemple, au passage dans lequel le Roi David chante sa propre éloge comme il est dit : Protège mon âme car je suis saint ! Rabbi Na’hman de Breslev répondit que même de tels versets peuvent nous concerner, nous devons toujours nous juger positivement et trouver en nous du mérite et des éléments positifs et à ce niveau, tout le monde peut être saint.

 

 

  • des hymnes : du grec "humnos"…

Voici la définition du mot grec "humnos" :

  • un chant à la louange de D.ieu,

  • un chant sacré,

  • un hymne : dans ce contexte, un chant, un poème à la gloire de D.ieu. Il peut s’agir également d’un poème ou encore d’un chant à la gloire d'un personnage, d'une grande idée ou d'un grand sentiment.

Que la parole du Mashiah habite parmi vous abondamment ; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des Téhilim, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à D.ieu dans vos cœurs sous l'inspiration de la grâce. (Colossiens 3 :16)

 

  • des chants : du grec "ode"…

Voici la définition du mot grec "ode" :

  • un chant à la louange de D.ieu,

  • un chant sacré,

  • un ode :  poème mis en musique et destiné à être chanté,

  • un cantique : poème, chant religieux composé pour remercier D.ieu et destinés à être chanté.

 

Et ils chantent le cantique de Moshé, le serviteur de D.ieu et le cantique de l'Agneau, en disant : Tes œuvres sont grandes et admirables, Seigneur D.ieu tout puissant ! Tes voies sont justes et véritables, Roi des nations ! (Révélation 15 :3)

 

 

  • spirituels : influencés par l’Esprit de D.ieu.

 

 

  • en grâce chantant en vos cœurs pour Elohîms : chanter une belle mélodie, un air joyeux afin de préparer son cœur à s'élever est certes, la meilleure introduction. Nous avons connu des 'hassidim qui chantonnaient tout le temps car ils empêchaient leur esprit de s'abattre dans la tristesse, obstacle majeur à tous nos progrès. (Rav Israël Its’hak Besançon)

 

COMMENTAIRE N°2

Pour mieux comprendre l’importance des louanges, des chants, etc… nous pourrons nous inspirer des enseignements du Rav Avraham Ifra’h en lien avec le Likouté Moharan.

Rabbi Na’hman enseigne que la musique est un excellent moyen afin de parvenir à la joie saine. En effet, les instruments de musique ont cette faculté de filtrer les énergies qui les entourent ; ceux-ci absorbent les mauvaises ondes dans leur caisse de résonance et diffusent les bonnes ondes. Toutefois, si une chanson peut nous rendre joyeux, elle peut également nous ouvrir les portes de la tristesse… En effet, peu importe le registre, peu importe le sentiment que nous éprouvons en l’écoutant, une mélodie ne laisse jamais indifférent : celle-ci a nécessairement un pouvoir sur nous ! Rabbi Na’hman va même plus loin et explique que les pensées du chanteur parviennent à celui qui écoute la musique ! C’est la raison pour laquelle, il est impératif d’écouter des musiques kasher, chantées par des personnes craignant le Ciel et ayant foi en Hashem, afin de renforcer notre émouna en Hashem, en echad. Tel est le principe même de la musique : se saisir de notes éparses et les assembler autour d’une mélodie, c’est-à-dire assembler des éléments distincts et les rattacher à echad. Ainsi, écouter des musiques kasher renforce la foi et écouter des musiques non kasher, c’est s’exposer à des pensées de tristesse et d’hérésie, lesquelles sont susceptibles de nous pénétrer. Rabbi Na’hman assimile ces musiques à la klipa associée à l’imagination négative et au manque de foi. Écoutez de beaux nigounim, sinon vous aurez le blues ! (Rav Avraham Ifra’h)

 
 
 
 

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17.     Et tout, quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom de l’Adôn Iéshoua’, en remerciant par lui Elohîms, père.

 

  • Et tout, quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre : tous les aspects de notre vie doivent être connectés au Tsadik.

 

 

  • faites tout au nom de l’Adôn Iéshoua’ : il nous faut être constamment, attachés et connectés au mérite de notre Maître et Tsadik, Rabbi Yeshoua de Natzeret.

 

Demeurez en moi et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. (Yohanan 15 :4)

 

 

  • en remerciant par lui Elohîms, père : ceci et comparable aux enseignements du Mashiah concernant la téfila ; comme on le sait, les Nazaréens prient au nom de Yeshoua. Nous nous lions au Tsadik afin d’atteindre plus facilement Hashem.

 

Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. (Yohanan 14 :13)

 

COMMENTAIRE N°1

Dans le Judaïsme, le remerciement est accompagné de brakhot ; généralement, la liste est bien connue. En effet, une brakhah (pluriel : brakhot) est une bénédiction, habituellement récitée à un moment spécifique, avant de réaliser une prescription, qu'elle soit d'origine biblique ou rabbinique, de consommer un mets, lors de retrouvailles avec un ami, etc…

Les brakhot commencent par la formule : Baroukh ata Adonaï Eloheinou, Melekh HaOlam… Béni sois-Tu, Éternel, notre D.ieu, Roi du monde, …

La fonction des brakhot est de rappeler à l'homme la présence continue de D.ieu à ses côtés, de mesurer l'importance de sa providence et de l'en remercier. Ainsi, selon l'acception générale, le mot "béni" rapporté à D.ieu signifie le louer, autrement dit, qu’Hashem est digne de louanges pour toutes choses…. Dans le même élan, l’auteur du Sefer HaHinoukh écrit que la brakhah est une louange de la Créature reconnaissant la grandeur du Créateur, source infinie de bonté.

Dans le Talmud, au Traité Bérakhot, le Rav Yéhouda pose la question suivante : Il est écrit dans les Téhilim que la terre et tout ce qu'elle contient appartient à Hashem (Téhilim 24 :1) mais aussi que le Ciel est pour Hashem, tandis que la terre a été donné aux fils de l'homme (Téhilim 116 :16) … N'y a-t-il pas là une contradiction ? En réalité, la terre et ses produits appartiennent à Hashem et si l'homme mange sans remercier, il est semblable à un voleur mais quand l'homme reconnaît les bienfaits de D.ieu et fait une bénédiction sur des aliments, alors ses derniers deviennent sa propriété !

Les bénédictions sont donc un moyen pour l'homme de se connecter à Hashem et de le remercier pour chaque chose. Comme le Mashiah nous l’a longuement enseigné, ces dernières ne doivent pas devenir un rituel vide de vie, religieux mais traduire notre reconnaissance profonde et notre joie à notre Père. En effet, la personne honnête et assoiffée d'établir une relation avec son Père, se sentira poussée à toujours mettre la vie, l'amour et l'esprit dans ce qu'elle dit, justement par crainte de transformer sa relation en religion vide d'intériorité.

Question, pourquoi dire des bénédictions dont le texte a été fixé ? Ne peut-on pas bénir avec nos propres mots ? Rien n'empêche de remercier et bénir notre Père avec nos propres mots, bien au contraire ! Il faut cependant savoir que jusqu'à l'époque de la Knesset HaGédolah, la Grande Assemblée, qui comportait d'illustres prophètes comme Zekharia, Daniel, Malakhi, etc… les membres du peuple d'Israël priaient et bénissaient selon leurs propres mots. À l'époque d'Ezra, la prière et les bénédictions ont été fixées dans la forme qui est parvenue jusqu'à nous. Pourquoi ? Le peuple d'Israël voyait déjà un certain nombre de ses membres dispersés dans plusieurs nations, fixer les prières et les bénédictions était un moyen de continuer de réunir le peuple quel que soit l'endroit où il se trouve sur terre : cela témoigne de l'unité régnant entre ses membres. De plus, quand un texte est fixé pour une circonstance particulière, en l’occurrence, ici, les bénédictions, il est plus aisé de se rappeler l'injonction de "remercier en tout temps et pour toute chose" car cela devient une obligation par décret des Maîtres d'Israël.

Autre question, n'y a-t-il pas un risque de tomber dans du légalisme, de la religiosité, avec ces phrases toutes faites ? Ce risque existe même en priant avec nos propres mots ! Nous pouvons, durant toute notre vie, faire toujours la même prière personnelle avant un repas par exemple, de façon automatique… Nous pouvons donc prononcer de bénédictions d'une manière légaliste et religieuse ou bien "en réalisant ce que nous disons" avec joie ou bien "remercier avec nos propres mots du bout des lèvres" également avec joie. Tout dépend de l'état du cœur et de l'esprit dans lequel ces remerciements sont faits !

Celui qui remercie pour le bien comme pour le mal, sachant que tout est pour son bien ultime et qui travaille sa foi dans ce sens, débloque toute sa vie. Il ouvre les portes de la parnassa, du zivoug, de la guérison, de toutes les délivrances ! Raconter les prodiges divins éveille la miséricorde divine et suscite des miracles. (Noam EliMelekh, section Bo)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19.     Maris, aimez les épouses, ne soyez pas amers contre elles.

  • Maris, aimez les épouses : le Maharal de Prague nous a enseigné : chacun doit aimer sa femme car c’est une ordonnance de la Torah : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Vayikra 19 :18)

 

COMMENTAIRE N°1

Voici les enseignements du Rav Gabriel Dayan concernant ce sujet.

Nos Sages enseignent : Un homme sans épouse n’est pas un homme. (Yévamot 62b)

Par conséquent, l’homme est vraiment redevable du plus grand respect envers sa femme et ceci n’est pas une tâche facile. Ainsi, à qui aime sa femme comme lui-même et l’honore plus que lui-même […] s’applique le verset : Tu jouiras de la paix dans ta demeure. (Yévamot 62b)

Donc, il faut aimer sa femme comme soi-même. Cependant, en ce qui concerne le respect, il faut que ce soit plus que pour soi-même. Pourquoi ? Car l’honneur et le respect ont été créés pour les autres et non pour soi.

 

COMMENTAIRE N°2

Sur la kétouba, le contrat de mariage Juif, il est clairement stipulé quels sont les devoirs d'un homme envers son épouse. À ce sujet, une simple lecture de celle-ci permet de voir que l'épouse, aux yeux de la Torah n'a aucune obligation envers son mari. En fait, selon le Judaïsme, c'est au mari d'assurer la subsistance, les biens de la maison et le bonheur de sa femme. Pourquoi ? Car le masculin est donneur et le féminin receveur, le masculin est comme un soleil qui éclaire la lune ; l'homme donne et la femme transforme ce don pour la construction du couple. Par exemple, l'homme donne sa semence, la femme la travaille et en fait un enfant. Autre exemple, l'homme apporte le salaire à la maison, la femme en dispose et construit la maison, soit l'intérieur même du couple.

 

 

  • ne soyez pas amers contre elles : du grec "pikraino"…

Voici la définition du mot grec "pikraino" :

  • rendre amer : se dit d'un propos blessant, dur ou mordant,

  • aigrir : rendre quelqu'un amer, irritable ou agressif,

  • envenimer : aggraver une situation, rendre des rapports difficiles, tendus ; détériorer,

  • exaspérer : irriter vivement quelqu'un ou le mettre en colère.

Et j'allai vers l'ange, en lui disant de me donner le petit livre. Et il me dit : Prends-le et avale-le ; il sera amer à tes entrailles mais dans ta bouche, il sera doux comme du miel. Je pris le petit livre de la main de l'ange et je l'avalai ; il fut dans ma bouche doux comme du miel mais quand je l'eus avalé, mes entrailles furent remplies d'amertume. (Révélation 10 :9-10)

 

COMMENTAIRE N°3

Voici les enseignements du Rav Avraham Ifra’h concernant ce sujet.

Un mari ne peut, en aucun cas, avoir recours à la rigueur vis-à-vis de son épouse. La notion de masculinité dans la Torah est associée au don. Or le don est, par essence, l’antithèse de la rigueur. Ainsi, tout ce qui a trait à la rigueur ne tire pas son essence dans la notion de masculin. La rigueur, au bon sens du terme, tire son essence de la féminité. La femme est rigoureuse dans ce sens où elle a un instinct d’organisation, de transformation des éléments. L’homme, lui, est dans une dynamique de don. Il donne à son épouse et celle-ci assume ses responsabilités, notamment dans la gestion du foyer, l’éducation des enfants, etc… C’est la raison pour laquelle, il se doit d’être entièrement ‘hessed avec son épouse afin de lui donner ce dont elle a besoin, pour assumer ses responsabilités à son tour. Moshé Rabbénou frappa le rocher et perdit son droit d’entrée en Israël. Son âme était pourtant l’âme du Mashiah dans sa génération mais la rigueur et la notion de masculin ne font pas bon mélange… Celui-ci court-circuite le bon fonctionnement du foyer et par là-même, du monde. (Rav Avraham Ifra’h)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20.     Enfants, obéissez-en tout aux parents : oui, c’est agréable en l’Adôn.

 

  • Enfants, obéissez-en tout aux parents : comme cela est demandé dans la Torah.

Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne. (Shemot 20 :12)

  • oui, c’est agréable en l’Adôn : Hashem prend du plaisir à voir les enfants, honorer leur parents et à ce sujet, la Torah écrite mentionne deux mitsvot dont la récompense est la longévité : le respect et l'honneur des parents (Midrash Haggadah, Shemot, chap. 20) puis chasser la mère des oisillons pour récupérer les petits.

COMMENTAIRE N°1

Dans la Torah, le sujet de l’honneur des parents revient très souvent comme il est dit : Celui qui frappera son père ou sa mère sera puni de mort. (Shemot 21 :15) ou encore : Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l'Éternel, ton D.ieu, te donne. (Shemot 20 :12) ou encore : Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort. (Shemot 21 :17) ou encore : Tu ne découvriras point la nudité de ton père, ni la nudité de ta mère. C'est ta mère : tu ne découvriras point sa nudité. (Vayikra 18 :7) ou encore : Chacun de vous respectera sa mère et son père, et observera mes shabbats. Je suis l’Éternel, votre D.ieu. (Vayikra 19 :3) ou encore : Si un homme quelconque maudit son père ou sa mère, il sera puni de mort ; il a maudit son père ou sa mère : son sang retombera sur lui. (Vayikra 20 :9) ou encore : Honore ton père et ta mère, comme l'Éternel, ton D.ieu, te l'a ordonné afin que tes jours se prolongent et que tu sois heureux dans le pays que l'Éternel, ton D.ieu, te donne. (Devarim 5 :16) ou encore : Si un homme a un fils indocile et rebelle, n'écoutant ni la voix de son père, ni la voix de sa mère et ne leur obéissant pas même après qu'ils l'ont châtié, le père et la mère le prendront, et le mèneront vers les anciens de sa ville et à la porte du lieu qu'il habite. (Devarim 21 :18-19) ou encore : Maudit soit celui qui méprise son père et sa mère ! Et tout le peuple dira : Amen ! (Devarim 27 :16)

À la lumière de tous ces versets, il est aisé de comprendre qu’aux yeux de la Torah, l’honneur des parents a une importante primordiale et en effet, sur les Tables de la Torah, l’honneur des parents se trouve au même endroit que les mitsvot concernant la relation entre l'homme et son Créateur [avec le respect du Shabbat, contre l’idolâtrie, etc…]. Pourquoi ? Car celui qui honore et craint ses parents, c'est comme s’il honorait et craignait Hashem lui-même comme il est enseigné dans une béraïta : Il y a trois associés dans la création d'un homme : le Saint Béni soit-Il, son père et sa mère. Lorsqu'un homme honore son père et sa mère, le Saint Béni soit-Il dit : Je considère cela comme si j'avais résidé parmi eux et qu'ils m'aient honoré. (Kiddoushîn 30b)

Il existe également d'autres passages du Talmud sur cette grande mitsva.

Lorsqu'un homme afflige son père et sa mère, le Saint Béni soit-Il dit : J'ai bien fait de ne pas résider parmi eux car si j'avais résidé parmi eux, ils m'auraient affligé. (Kiddoushîn 31a)

Lorsque Rav Dimi est arrivé d'Israël en Babylonie, il a dit : Une fois, alors que Dama ben Netina était vêtu d'une cape de soie brodée d'or et siégeait parmi les nobles de Rome, sa mère arriva, la lui déchira, le frappa sur la tête et lui cracha au visage mais il ne l'a pas humiliée. (Kiddoushîn 31a)

Quand Rav Yossef entendait le bruit des pas de sa mère, il disait : Je me lève devant la Présence Divine qui approche. (Kiddoushîn 31b)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21.     Pères, ne provoquez pas vos enfants, pour qu’ils ne se découragent pas.

  • Pères, ne provoquez pas vos enfants : du grec "erethizo"…

Voici la définition du mot grec "erethizo" :

  • bousculer : inciter quelqu'un par des rappels à l'ordre à se presser, le brusquer,

  • exciter : créer ou développer chez quelqu'un, un animal, un état d'irritation ou de tension nerveuse,

  • provoquer :  pousser, inciter quelqu'un, par une sorte de défi, à accomplir un acte hardi, violent ou blâmable,

  • irriter : mettre quelqu'un en colère, l'énerver. 

 

Pères, n'irritez pas vos enfants, de peur qu'ils ne se découragent. (Colossiens 3 :21)

 

COMMENTAIRE N°1

Voici un enseignement du Rav Avraham Ifra’h concernant l’éducation des enfants.

Vous voulez aider une personne ? Connectez-la à son âme, à sa propre essence. Une fois que la personne s’est trouvée, tout se met en place tout seul ! D’ailleurs, le terme essence renvoie aussi à l’essence dans le sens de carburant. La source de vitalité d’une personne réside dans l’essence même de la personne. Combien de parents ont malheureusement commis l’erreur de transposer leurs propres rêves dans leurs enfants ? Le roi Shlomo, le plus sage de tous les hommes, a édicté la règle numéro 1 de l’éducation : l’éducation suivant le chemin propre de l’enfant. Éduquer son enfant dans son propre chemin, cela signifie faire éclore son potentiel propre, afin qu’il puisse réaliser sa propre mission.  De même qu’un jardinier étudie la spécificité de chaque graine afin de la planter dans des conditions adaptées à sa nature et ce, dans le but de garantir un développement optimal, un parent doit se pencher sur la spécificité de son enfant afin de le mettre dans les voies qui permettent de dévoiler son propre potentiel. Lorsque nous préparons un gâteau pour faire plaisir à l’un de nos enfants, faisons-nous en fonction de nos propres goûts ? Nos enfants ne sont ni nos succursales ni nos duplicatas. (Rav Avraham Ifra’h)

 

  • pour qu’ils ne se découragent pas : le découragement étant une plaie dans notre Avodat Hashem et dans la vie de tous les jours.