QUELQUES PERSONNAGES DU ROMAN CLÉMENTIN 

 

CLÉMENT

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Pour commencer, il est important de préciser que le but de la littérature clémentine, est clairement d’affirmer une légitimité de Clément et son ancrage dans la tradition pétrinienne, et de rentrer "en guerre" contre la tradition paulinienne étant donné que Clément lui-même est cité par Paul comme étant un de ses « collaborateurs » dans la Lettre aux Philippiens. (Philippiens 4 :3) ; nous constatons donc les premières contradictions entre le « Corpus clémentin » et les Écrits Nazaréens, bien plus anciens et évidemment, bien plus fiables.

 

En fait, le Roman Pseudo-Clémentin fait de Clément, le successeur direct de Pierre dans la charge "épiscopale" de Rome, qu’il semblerait avoir détenu à la fin du premier siècle comme il est dit : « Dans les jours mêmes qui précédèrent sa mort, nos frères s’étant réunis, Pierre me prit subitement la main, se leva et dit devant la communauté : Écoutez-moi, frères et compagnons dans le service de D.ieu. Puisque, comme me l’a révélé le Seigneur et Maître qui m’a envoyé en mission, Jésus-Christ, les jours de ma mort sont proches, je désigne comme votre évêque Clément que voici, à qui je confie la chaire de mon enseignement. » (Épitre de Clément, 2 :1-2)

 

À ce sujet, il est intéressant de constater qu’Irénée de Lyon (env. 132 - env. 208) étant un homme, selon certaines sources, attaché à déterminer une véritable succession apostolique afin de mieux légitimer sa lutte contre les différentes hérésies, donne Lin comme premier évêque de Rome [et non Clément] : « Après avoir fondé et édifié l’Église, les bienheureux Apôtres [Pierre et Paul travaillant ensemble selon Irénée] remirent à Lin la charge de l’épiscopat et c’est de ce Lin, que Paul fait mention dans les Épîtres à Timothée. (2 Timothée 4 :21). Anaclet lui succède. Après lui, en troisième lieu à partir des Apôtres, l’épiscopat échoit à Clément. Il avait connu les Apôtres eux-mêmes et avait été en relation avec eux. » (Irénée de Lyon, Contre les hérésies, 3, 3)