CHAPITRE 1

Le chapitre est complet, tous les versets sont disponibles

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COMMENTAIRES 

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1.     L’ancien, à la dame élue et à ses enfants que j’aime en vérité ; non seulement moi, mais aussi tous ceux qui pénètrent la vérité.

 

 

  • L’ancien : cela fait référence au serviteur et Apôtre du Mashiah, Yohanan. 

 

COMMENTAIRE N°1

 

L’Apôtre Yohanan se nomme ainsi, soit parce qu’il est avancé en âge, soit parce qu’il est l’un des premiers talmidim du Mashiah ou tout simplement parce que les communautés Nazaréennes lui donnaient elles-mêmes ce titre lui témoignant du plus grand respect. En fait, il faut savoir que le mot "Ancien" dans la Torah ne signifie que celui qui a acquis la sagesse. (Kiddoushîn 32b)

 

  • à la dame élue : cela désigne une communauté plus ou moins importante, faisant partie de la grande Kéhila Nazaréenne élue par Hashem par l’intermédiaire du Tsadik.

 

COMMENTAIRE N°2

 

Le mot utilisé en grec est "kyria" : il s’agit du féminin du mot grec "kyrios" signifiant Seigneur, dans le sens où la Kéhila Nazaréenne est véritablement au niveau mondiale, nationale ou locale, l’Épouse du Seigneur et Mashiah Yeshoua. Le but de Yohanan est de mettre en avant cette communauté en lui rappelant l’immense honneur qu’elle détient, celui de porter le témoignage du Rabbi de Natzeret.

 

 

  • et à ses enfants : les disciples sont appelés "enfants" ce qui permet de mesurer leur proximité avec le Maître. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 27)

 

COMMENTAIRE N°3

 

Le Rambam décrit également les disciples d’un Sage comme étant également ses enfants.

L’obligation de perpétuer la Torah n’est pas limitée aux fils et petits-fils ; en fait, il incombe à chaque Sage du peuple Juif d’enseigner la Torah à des disciples, bien qu’ils ne soient pas ses enfants, comme il est dit : Tu les enseigneras à tes fils. Néanmoins, par la Torah Orale, les Sages ont reçu ce principe : tes fils, ce sont aussi tes disciples car les disciples sont également appelés fils. (Mishné Torah du Rambam, Hilkhot Talmud Torah, chap. 1) 

 

 

  • que j’aime en vérité : de façon vraie, authentique ; selon le véritable amour.

 

 

  • non seulement moi, mais aussi tous ceux qui pénètrent la vérité : cela fait référence aux véritables Nazaréens, empreints de l’amour d’Hashem et du Mashiah Yeshoua.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2.     parce que la vérité demeure en nous et sera avec nous en pérennité.

 

 

  • parce que la vérité demeure en nous : cela fait référence au fait d’avoir reçu le Mashiah dans nos cœurs, le Tsadik étant appelé le chemin, la vérité et la vie. (Yohanan 14 :6) ou encore comme il est dit : Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. (Yohanan 18 :37)

 

COMMENTAIRE N°1

 

Ce verset doit être intimement relié aux paroles précédentes car il les explique : Yohanan déclare d’une manière aussi élevée que délicate que, s’il a pour la "dame élue" et pour ses enfants une quelconque affection, c’est grâce au Tsadik qui les unit et qui sera entre eux un lien éternel de communion.

 

En termes plus simples, plus on est proche du Tsadik et plus notre amour pour les siens se répandra facilement… Or, il faut aussi comprendre que les notions du véritable amour ne sauraient se séparer de la vérité Nazaréenne authentique car la vérité divine manifestée dans le message du Mashiah nous rapproche et crée une force d’attraction extraordinaire.   

 

 

  • et sera avec nous en pérennité : jusque dans la vie éternelle, bientôt manifestée par l’arrivée du Olam Haba comme il est dit : Car D.ieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. (Yohanan 3 :16) ou encore : La volonté de mon Père, c'est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour. (Yohanan 6 :40)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3.     Grâce, merci, paix seront avec nous, d’Elohîms, le père, et de Iéshoua, le messie, le fils du père, dans la vérité et l’amour.

 

 

  • Grâce, merci, paix seront avec nous : la grâce, la miséricorde et le shalom sont les trois grands bienfaits dont les hommes ont le plus besoin et sans lesquels, ils ne peuvent pas être en totale communion avec Hashem...

 

COMMENTAIRE N°1

Pour information, la bénédiction apostolique qui ouvre généralement chacun des différents Épîtres est ici, selon le grec, remplacé par une affirmation ; le verbe au futur "sera avec nous" exprime en fait, la ferme assurance de l’Apôtre Yohanan de recevoir grâce, miséricorde et paix.

Malheureusement, les versions plus classiques effacent cette nuance.

 

COMMENTAIRE N°2

On introduit des propos par une bénédiction. (…) Plus généralement, toute parole doit systématiquement être introduite d’une manière positive. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 1)

 

  • d’Elohîms, le père : cela fait référence au Maître du monde, le Saint Béni soit-Il.

 

  • et de Iéshoua, le messie : le Tsadik de vérité.

 

  • le fils du père : le Fils d’Hashem est identifié selon la Torah Orale de nos Maîtres comme faisant référence au Mashiah, le concept du "Fils de D.ieu" n’est encore une fois pas chrétien mais bien Juif.

 

COMMENTAIRE N°3

 

Pour plus de précisons, voici certains Midrashim de nos Maîtres.

 

Où la Torah fait-elle mention du Mashiah ? Dans le Sefer Shemot comme il est dit : Israël est mon fils, mon premier-né. (Shemot 4 :22) et dans les Téhilim comme il est dit : Tu es mon fils, je t’ai engendré aujourd’hui. (Téhilim 2 :7). (Yalqout Chimoni 2 :621)


Dans les temps futurs, D.ieu parera le Mashiah d’une couronne et mettra sur sa tête le casque du salut, et placera sur lui la splendeur et la majesté, il l’ornera de vêtements de gloire et le placera sur une montagne élevée pour parler à Israël. Et de sa propre voix, le Mashiah lui-même annoncera : Ton salut est proche ! Et Israël lui répondra : Qui es-tu ? Et il dira : Je suis Ephraïm. Et Israël demandera : Es-tu celui que D.ieu nomme : Ephraïm mon premier-né, mon fils chéri ? (Yrmeyahou 31 :20) ; le Mashiah répondra par l’affirmative. (Otsar Midrashim, Mashiah, 393)

 

Comme on peut le constater, dans les Midrashim de nos Maîtres, le Mashiah est considéré comme étant le Fils chéri d’Hashem.

COMMENTAIRE N°4

De nombreuses fois également dans les Téhilim, le Mashiah est appelé le Fils d’Hashem ; le Talmud dans le Traité Soukka 52a confirme ses propos.

Au Mashiah ben David, destiné à être révélé rapidement et de nos jours, le Saint Béni soit-Il lui a dit : Demande-moi ce que tu veux et je te le donnerai !  Comme il est écrit : Je publierai le décret ; l’Éternel m’a dit : Tu es mon fils ! Je t’ai engendré aujourd’hui, demande-le-moi et je te donnerai les peuples comme héritage. (Téhilim 2 :7-8). (Soukka 52a)

Je publierai le décret ; l'Éternel m'a dit : Tu es mon fils ! Je t'ai engendré aujourd'hui. (Téhilim 2 :7)

 

Autre exemple.

 

D.ieu des armées, reviens donc ! Regarde du haut des cieux et vois ! Considère cette vigne ! Protège ce que ta droite a planté et le fils que tu t'es choisi ! (Téhilim 80 :14-15)

 

Et le sarment que ta droite a planté et le Roi Messie que tu as fait puissant pour toi. (Targoum Téhilim 80 :15-16 dans "The Psalms Targum" selon Edward M. Cook)

 

Comme on peut le constater, le Targoum Téhilim remplace le mot "fils" par "Roi Messie" … Dans le même élan, Ibn Yahya commente également sur ce Téhilim : de façon allégorique, cela fait référence au Mashiah car D.ieu l’a rendu fort physiquement et intellectuellement, afin qu’il puisse fortifier les esprits chancelants du peuple Juif exilé. (Kesuvim : Téhilim p. 350-351, Artscroll)

 

  • dans la vérité et l’amour : car dans chaque génération, la raison d'être du Tsadik du niveau de Moshé, c'est son amour pour l'Assemblée d'Israël. En effet, Israël est composé des "six cent mille âmes" et le Tsadik les inclut toutes ; et de plus, lui-même est inclut à l'intérieur de chaque "membre" de chacune des 600 000 âmes. En fait, le Tsadik véritable du niveau de Moshé est "koullo tov" [totalement bon] et a la force de trouver ce qu'il y a de bon, les étincelles de bien, en chacun et c'est le seul capable de nous prendre en pitié et combler les vrais "manques" de tous.  

 

 

 

 

 

 

 

 

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4.     Je me réjouis fort d’avoir trouvé de tes enfants en marche dans la vérité, selon la misva que nous avons reçue du père.

 

 

  • Je me réjouis fort d’avoir trouvé de tes enfants : parmi tes talmidim.   

 

COMMENTAIRE N°1

 

J’ai été fort réjoui, dans le sens où je l’ai constaté ; probablement dans quelques visites que l’Apôtre avait faite à cette communauté ou dans quelques rencontres avec des Nazaréens.

 

 

  • en marche dans la vérité : cela fait référence aux Nazaréens marchant dans les voies du Tsadik de vérité comme il est dit : le chemin a été tracé par le Tsadik et tous peuvent l’emprunter, la voie est nouvelle et elle correspond à la forme du service de D.ieu qui est spécifique à chacun. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 27)

 

 

  • selon la misva que nous avons reçue du père : selon la Torah, reçue d’Hashem par l’intermédiaire de Moshé Rabbénou. 

 

COMMENTAIRE N°2

 

En effet, la Torah est désignée elle-même sous le nom de "mitsva" comme il est dit : Nous aurons la justice en partage, si nous mettons soigneusement en pratique tous ces commandements [en hébreu : tout cette mitsva] devant l'Éternel, notre D.ieu, comme il nous l'a ordonné. (Devarim 6 :25)

 

COMMENTAIRE N°3

 

Si l’on veut voir dans "le commandement que nous avons reçu du Père" une prescription formulée en termes plus précis, on peut également penser au double commandement mentionné dans une autre Lettre du même Apôtre : Et c'est ici sa mitsva : que nous croyions au nom de son Fils et Mashiah Yeshoua, et que nous nous aimions les uns les autres, selon la mitsva qu'il nous a donné. (1 Yohanan 3 :23). En fait, selon une partie de la ‘Hassidout, l’attachement au Tsadik est également la plus grande mitsva de toute la Torah car grâce à ce rapprochement, la vérité se grave en l’homme ; celui-ci accède la foi, à la prière, à la Terre d'Israël ou encore aux miracles, et c'est ainsi que viendra la délivrance. De plus, comme également enseigné : par le Tsadik, on annule l'orgueil idolâtre, on accède à la foi parfaite et à un aspect du Rouah Hakodesh. (Likouté Etsot de Rabbi Na’hman de Breslev, chap. Tsadik). ​

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5.     Maintenant, je te demande, dame, sans t’écrire une nouvelle misva, mais celle que nous avons dès l’entête : nous aimer les uns les autres.

 

 

  • Maintenant, je te demande, dame : l’Apôtre Yohanan incite la Kéhila Nazaréenne, nommée "la dame" dans le sens où elle est l’Épouse véritable du Mashiah, à transmettre les enseignements toraïques du Tsadik, basés sur l’amour pour notre prochain étant le fondement de toutes choses comme il est dit : La bonté est un édifice éternel. (Téhilim 92 :9)

 

 

  • sans t’écrire une nouvelle misva : mais étant simplement remis au goût du jour car notre époque est celle de la haine gratuite ; le plus important est donc d’accentuer sur le ‘hessed.

 

 

  • mais celle que nous avons dès l’entête : car le véritable but d’Hashem depuis la Création du monde est que les hommes puissent vivre entre eux, remplis d’amour les uns pour les autres et c’est également le but de la Torah : Car toute la Torah est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Galates 5 :14)

 

 

  • nous aimer les uns les autres : comme il a été enseigné par le Mashiah lui-même : Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes talmidim, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. (Yohanan 13 :34-35)  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6.     Tel est l’amour : nous devons marcher selon ses misvot. Telle est la misva, comme vous l’avez entendu dès l’entête : nous devons marcher en elle.

 

 

  • Tel est l’amour : nous devons marcher selon ses misvot : car qui aime D.ieu et désire s’attacher à lui, accomplit ses commandements comme un devoir envers un ami particulièrement cher avec plaisir et zèle, et de tout son être. (…) L’amour est la racine de l’accomplissement des 248 commandements positifs : ils en découlent et n’ont pas de vraie substance en son absence puisque celui qui les accomplit avec vérité est celui qui aime le Nom de D.ieu et désire véritablement s’attacher à lui. Or, il est impossible de s’attacher véritablement à lui si ce n’est par l’accomplissement des commandements, qui sont les 248 membres du Roi. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 4)

 

  • Telle est la misva : garder les 613 mitsvot de la Torah est selon l’Apôtre Yohanan, la preuve de notre amour pour Hashem… Actuellement, l’objectif étant, en cette période de haine gratuite, d’accentuer sur des mitsvot telles que l’amour de notre prochain comme il est enseigné : Car toute la Torah est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Galates 5 :14)

 

 

  • comme vous l’avez entendu dès l’entête : depuis la Création du monde comme il est enseigné par nos Maîtres qu’Hashem a consulté la Torah, puis a créé le monde (Béréshit Rabah 1 :1) ; cela fait également référence au verset : Lorsqu'il disposa les cieux, j'étais là. (Mishlei 8 :27). En effet, lorsqu’Hashem résolut de créer le monde, lorsque cela monta en son vouloir, il examina la Torah et le créa ; pour chaque œuvre crée, il interrogeait d'abord la Torah puis la réalisait. Cette association est décrite dans Mishlei : J'étais à ses côtés comme un enfant chéri et je faisais ses délices jour après jour. (Mishlei 8 :30) ; ne lis pas "amon" [enfant chéri] mais plutôt "ouman" [architecte, maître d’œuvre]. (Zohar Toledot 134a-134b)

 

 

  • nous devons marcher en elle : et cette Torah est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, pour la mettre en pratique ; ceci affirme qu’il est aisé pour tout un chacun d’accomplir la Torah et les commandements avec les trois vêtements de l’âme : la pensée, la parole et l’action. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 17). En fait, la Torah affirme clairement qu’il est à la portée de chaque Juif d’accomplir les commandements avec un sentiment d’amour et de crainte de D.ieu et cela correspond au verset : Car l'amour de D.ieu consiste à garder ses mitsvot. Et ses mitsvot ne sont pas pénibles. (1 Yohanan 5 :3). 

 
 
 
 
 

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7.     Beaucoup qui égarent sont venus dans l’univers, ceux qui n’attestent pas Iéshoua, le messie, venu dans la chair. Tel est celui qui égare, l’anti-messie.

 

 

  • Beaucoup qui égarent sont venus dans l’univers : comme il est dit : Il y a eu parmi le peuple de faux prophètes et il y aura de même parmi vous de faux docteurs, qui introduiront des sectes pernicieuses, et qui, reniant le Rabbi qui les a rachetés, attireront sur eux une ruine soudaine. (2 Shimon Kéfa 2 :1)

 

 

  • ceux qui n’attestent pas Iéshoua, le messie, venu dans la chair : cela fait référence aux doctrines gnostiques du docétisme.

 

COMMENTAIRE N°1

Le docétisme fait référence à une hérésie présente lors de l’époque apostolique selon laquelle, le Mashiah n’aurait pas eu de réalité physique mais n’aurait été qu’une simple apparence. En d’autres termes, pour le docétisme, le Mashiah au cours de sa vie terrestre, n'avait pas un corps réel mais seulement un corps apparent, comme celui d'un fantôme. 

La plupart des commentateurs considère le docétisme comme étant une des plus anciennes hérésies ; sans qu'on sache précisément s'il s'agissait d'une secte spéciale ou non, cette croyance était en tout cas attribuée aux gnostiques dualistes, qui associaient la matière au mal et qui pensaient donc que D.ieu ne se serait jamais incarné dans un corps matériel par dégoût pour la matière. En effet, cette hérésie a été fondée à partir d’un dualisme gnostique ; les Épîtres de Yohanan ont dû aborder le problème à plusieurs reprises comme il est aussi dit ailleurs : Reconnaissez à ceci l'Esprit de D.ieu : tout esprit qui confesse que le Mashiah Yeshoua est venu en chair est de D.ieu et tout esprit qui ne confesse pas Yeshoua n'est pas de D.ieu, c'est celui de l'antimessie dont vous avez appris la venue et qui maintenant est déjà dans le monde. (1 Yohanan 4 :2-3). À noter bien évidemment, que l'hérésie du docétisme est née dans un milieu complétement non-Juif éloigné de la Torah Écrite comme de la Torah Orale.

Comme nous l’avons dit, le docétisme est un terme utilisé pour désigner une hérésie selon laquelle, les souffrances et les aspects humains du Mashiah Yeshoua étaient imaginaires ou apparents mais non réels ; la théorie fondamentale de ces docètes était donc que si le Mashiah a véritablement souffert, il ne pouvait pas être divin et que s'il était D.ieu, il ne pouvait pas souffrir… Or, non seulement le Rabbi a réellement vécu mais il n’était pas D.ieu ; trop de mélanges et de théories se sont entremêlées dans la tête de ces premiers hérétiques.

Une partie intégrante de la perspective des gnostiques, était de voir le Mashiah comme un être divin provenant de l'extérieur du monde actuel, soit du monde "mauvais" et comme celui qui n'avait pas été touché par le Créateur de ce mal mondain ; ce "Jésus" du Ciel complétement pur serait alors venu pour éveiller ces gnostiques à poursuivre leur destin en dehors de la Création. Or, il s’agit d’une déviance totale étant donné que le docétisme et ses dérivés rejoignaient les théories selon lesquelles, la véritable religion est une religion coupée de ce monde contrairement au Judaïsme ; en d’autres termes, ils vivaient une théorie non seulement stupide car le Mashiah avait existé [les Apôtres encore vivants, pouvaient en témoigner] mais ils poursuivaient aussi une forme de religion dite du Ciel, complétement coupée de la réalité de ce monde ayant besoin d’être changé et transformé. Pour le coup, les Évangiles ne rentrent pas du tout en accord avec eux, ni même le Mashiah lequel a déclaré : Que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au Ciel. (Matityahou 6 :10) ; sous-entendu, que le Royaume d’Hashem doit se manifester dans ce monde [sur la terre] et non dans le Ciel étant donné qu’Hashem y est déjà pleinement Roi. Malgré tout, s’inspirant de folles théories, les docètes affirmaient que D.ieu ne peut être associé à la matière et refusaient par conséquent, l'interprétation littérale de l’Évangile de Yohanan où il est dit que la Parole s’est faite chair en Yeshoua, dans le sens où le Mashiah représentait de façon parfaite la Torah dans ce monde. (Yohanan 1 :14)

 

À noter également que selon certaines sources, ils existaient plusieurs mouvances dans cette hérésie ; certains adeptes niaient la nature humaine du Mashiah alors que d'autres admettaient qu’il ait pu vivre mais refusaient qu’il puisse avoir subi des souffrances au mont Golgotha, ceux-ci prétendaient alors que Yeshoua aurait persuadé l'un de ses talmidim de prendre sa place sur la croix. Bref, plusieurs avis hérétiques étaient présents sur la table et l’on comprend mieux pourquoi Yohanan s’insurge et prévient les communautés du danger spirituel qui guettait la Kéhila à travers cette folie.

 

Il convient aussi de préciser ici que Yohanan avait raison d’insister étant donné que de façon complétement étonnante, le docétisme connut une assez large postérité, notamment à travers l'islam qui enseigne que la crucifixion fut un acte bien réel mais que Yeshoua n'était pas le crucifié ; D.ieu l'ayant remplacé au dernier moment comme il est dit : Ils ne l'ont ni tué ni crucifié mais ce n'était qu'un faux semblant ! Et ceux qui ont discuté sur son sujet sont vraiment dans l'incertitude : ils n'en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l'ont certainement pas tué. Allah l'a élevé vers Lui et Allah est Puissant et Sage. (Sourate n°4 du Coran, 157-158)

 

En conclusion, le docétisme, source spirituelle d’un enseignement islamique désigne un ensemble de tendances de l’époque dites "christologiques" pour lesquelles le Mashiah Yeshoua n'a pas eu de corps physique, à l'instar d'un Esprit et que, de ce fait, la crucifixion n’était qu’une illusion… 

 

 

  • Tel est celui qui égare, l’anti-messie : le docétisme et tous ses dérivés étaient considérés par les Apôtres comme des doctrines purement démoniaques étant donné qu’elles nous détournaient non seulement de la Torah mais également du véritable Judaïsme Nazaréen enseigné par le Rabbi.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8.     Regardez-vous vous-mêmes, pour ne pas perdre ce que nous avons œuvré, mais pour recevoir le plein salaire.

 

 

  • Regardez-vous vous-mêmes : les Nazaréens doivent être constamment entrain de s’analyser, de s’améliorer, etc…

 

COMMENTAIRE N°1

 

L’homme doit surtout s’éloigner des conseils des mécréants, contestataires et opposants à la vérité car leurs conseils sont la cause de tous les dommages et détériorations. Les conseils que l’homme reçoit des mécréants sont comparables à un mariage et union impurs avec eux à l’image du serpent sur lequel Hava a dit : Il m’a épousé. (Béréshit 3 :13). L’homme doit uniquement s’attacher aux Tsadikim véritables et à leurs talmidim car tous leurs conseils, sont entièrement une semence de vérité. (Les Conseils des Justes, inspiré du Likouté Moharan)

 

 

  • pour ne pas perdre ce que nous avons œuvré : le fruit de notre travail dans la Avoda Hashem.

 

 

  • mais pour recevoir le plein salaire : la récompense.

 

COMMENTAIRE N°2

L’aboutissement de la perfection des temps messianiques et de la résurrection des morts, qui consiste en la révélation de la lumière du Ein Sof dans ce monde matériel, dépend de nos actions et de notre travail dans le service de D.ieu durant tout le temps de l’exil. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 37)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9.     Qui avance et ne demeure pas dans l’enseignement du messie ne tient pas Elohîms. Qui demeure dans l’enseignement tient le père et le fils à la fois.

 

 

  • Qui avance : dans les fausses doctrines.

 

  • et ne demeure pas dans l’enseignement du messie : dans la Torah accompagnée des enseignements du Tsadik de vérité.

 

  • ne tient pas Elohîms : ne peut, en aucun cas, être connecté avec Hashem.

 

  • Qui demeure dans l’enseignement tient le père et le fils à la fois : et en effet, la priorité est de rechercher avec acharnement la Torah du Tsadik capable de mettre en œuvre la réparation de notre âme, quelles que soient nos détériorations… Ainsi, nous devons prendre extrêmement garde à ne pas nous opposer au Tsadik opérant ces réparations, allant lui-même au bout du "sacrifice de soi" en descendant dans les endroits les plus profonds pour en élever des âmes embourbées là-bas et les ramener dans les chemins de la vérité. Grâce au Tsadik, le désespoir n'existe plus ; l'essentiel est d'écouter ses paroles de Torah et de suivre ses conseils et d'annuler notre sagesse comme si nous n'avions plus aucune intelligence ! (Philippiens 3 :7).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10.     Si quelqu’un vient à vous sans apporter cet enseignement, ne le recevez pas à la maison, ne lui dites pas : Shalôm.

 

 

  • Si quelqu’un vient à vous sans apporter cet enseignement : un enseignement toraïque basé sur la Torah du Tsadik de vérité ; en l’occurrence, celui du Mashiah Yeshoua en faveur de l’Alliance Renouvelée (Yrmeyahou 31 :33) ou encore celui de ses Apôtres, détenteurs de la vérité messianique, comme il est dit :  Ils persévéraient dans l'enseignement des Apôtres. (Actes 2 :42)

 

 

  • ne le recevez pas à la maison, ne lui dites pas : Shalôm : car les faux docteurs détruisent la véritable doctrine du Mashiah, soit l’identité même de la Kéhila en la corrompant de leurs mythes païens et spirituels [tel le docétisme]. Or, leur donner le "shalom" reviendrait à acquiescer ou dans un sens, à tolérer, leurs enseignements paganisés ; ce qui n’était pas du tout le cas…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11.     Oui, qui lui dit : Shalôm participe à ses œuvres criminelles.

 

 

  • Oui, qui lui dit : Shalôm : dans le sens de vouloir construire une amitié avec, de vouloir partager avec, de considérer son opinion ou autres…  

 

  • participe à ses œuvres criminelles : car il s’agit, non de Nazaréens authentiques mais de faux docteurs qui propagent leurs idées pernicieuses… Comme nous l’avons vu, l’Apôtre a en vue les adeptes du docétisme qui colportent de lieu en lieu leurs spiritualités païennes en prétendant que Yeshoua n’était qu’une créature céleste et qu’il n’était jamais venu habiter en ce monde. Or, Yohanan s’élevait contre ces pervers étant justement, un témoignage vivant de la vie "charnelle" du Mashiah !

 

COMMENTAIRE N°1

Ce précepte strict et ferme de l’Apôtre est en pleine harmonie avec d’autres enseignements des Écrits Nazaréens comme il est dit : Maintenant, ce que je vous ai écrit, c'est de ne pas avoir des relations avec quelqu'un qui, se nommant frère, est impudique, ou cupide, ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas même manger avec un tel homme. (1 Corinthiens 5 :11)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12.     J’ai beaucoup à vous écrire, mais je ne veux pas le faire avec du papier et de l’encre : j’espère plutôt être chez vous et vous parler de bouche à bouche, pour que notre joie soit pleine.

 

 

  • J’ai beaucoup à vous écrire : sur le docétisme mais également sur d’autres sujets.

 

 

  • mais je ne veux pas le faire avec du papier et de l’encre : il est intéressant de constater que l’Apôtre Yohanan favorisait le contact physique avec ses talmidim pour partager ses connaissances.

 

 

  • j’espère plutôt être chez vous et vous parler de bouche à bouche : cette expression témoigne de la proximité de Yohanan à leur égard.

 

 

  • pour que notre joie soit pleine : de me recevoir, de nous renforcer mutuellement, d’entendre parler du Tsadik, etc…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13.     Les enfants de ta sœur élue te saluent.

 

 

  • Les enfants de ta sœur : il s’agit ici, d’une autre communauté Nazaréenne.

 

COMMENTAIRE N°1

Si l’on admet comme le font certains, que cette Lettre était véritablement adressée à une dame, ce qui n’est pas le cas, il faudrait supposer que celle-ci avait une sœur à laquelle, Yohanan aurait donné également le titre d’élue ; ce qui est très peu probable… De plus, il faudrait également supposer que cette sœur soit absente ou morte, puisque ce sont ses enfants et non pas elle-même qui saluent. Or, cette salutation s’explique plus naturellement lorsque l’on voit, comme nous le faisons, dans l’expression : les enfants de ta sœur l’élue, une périphrase pour désigner les membres d’une autre communauté au sein de laquelle, Yohanan se trouvait au moment où il écrivait cette Lettre. Aussi ce verset demeure finalement, le principal argument de ceux qui estiment que cet Épître est adressé à une femme.

 

  • élue : par le mérite du Tsadik. 

 

  • te saluent : en signe d’amour et de communion fraternelle.