CHAPITRE 7

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COMMENTAIRES 

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1.     Détenant donc de telles promesses, aimés, purifions-nous de toute souillure de la chair et du souffle, en perfectionnant la consécration dans le frémissement d’Elohîms.

 

 

  • Détenant donc de telles promesses : par l’héritage de notre émouna en Yeshoua.

 

 

  • aimés : les Nazaréens sont souvent appelés les "aimés" ou les "bien-aimés" par les Apôtres.

 

 

  • purifions-nous de toute souillure de la chair : des désirs de notre nature charnelle, des désirs matériels, sexuels, etc…

 

COMMENTAIRE N°1

 

La sanctification du corps, c'est-à-dire le raffinement du corps est un préalable pour atteindre la sainteté de l'esprit et pour se rapprocher de D.ieu. Ceci est réalisé en se séparant des expériences physiquement agréables même lorsque celles-ci sont permises, comme nous le savons d'après la déclaration de nos Sages : Si vous souhaitez vous sanctifier, faites-le en vous abstenant de ce qui est permis. (Yévamot 20b). Il existe différents types de sainteté mais tous affinent le corps, l'empêchent d'être quelque chose de grossier et permettent à la personne qui est ainsi sanctifiée d'atteindre la maîtrise de l'esprit sur la matière. (Shenei Luchot HaBerit, Torah Shebikhtav, Vayakhel, Pekudei, Torah Ohr 83)

 

COMMENTAIRE N°2

 

Pour mieux comprendre comment nous purifier dans notre génération et ce, malgré toutes les difficultés environnantes, nous pourrons nous inspirer des enseignements du Centre Breslev du Rav Avraham Ifra’h sur la paracha Vayichla’h.

 

Le début de cette Paracha relate la poursuite de Yaakov par son frère Essav. Ce dernier part à la rencontre de Yaakov accompagné d’une armée de 400 hommes. Par conséquent, Yaakov doit faire face à une grande menace et décide donc de partager son camp en deux, lequel est composé de ses femmes, de ses enfants ainsi que de son bétail. En effet, si Essav attaque la moitié du camp, l’autre moitié sera ainsi épargnée… De là, Rabbi Nathan nous apprend que la division du camp de Yaakov constitue un grand secret que chacun se doit d’appliquer dans son service divin. Comme dans une tempête, il faut essayer de sauver tout ce que l’on peut sauver.

 

Le Essav de Yaakov était extérieur à lui, il n’avait aucun point commun avec lui… Cependant, en ce qui nous concerne, nous devons lutter contre le Essav qui se trouve en chacun de nous et qui nous pousse à la colère, à la recherche des honneurs, à la moquerie, à la médisance ainsi qu’à la débauche, etc… Afin de lutter contre cet Essav qui vit en nous, il faut user de la même stratégie que Yaakov, soit celle de rester modeste face au danger et de tout faire pour minimiser son emprise sur nous. Contrairement à Essav qui veut du tout ou rien, nous devons nous efforcer à sauver ce que nous pouvons sauver et ne pas nous laisser aller complètement dans l’épreuve. Et même si la chute est complète, nous devons tout de suite nous relever en faisant une bonne action même si elle parait complètement dérisoire par rapport à la chute qui l’a précédée.

 

Rabbi Na’hman déclara : Si déjà tu manges du porc, alors au moins fais attention que cela ne coule pas dans ta barbe ; l’enseignement est que même dans une situation qui parait catastrophique, la moindre petite retenue et le moindre petit éveil ont une grande valeur aux yeux d’Hashem.

 

Le ‘Hafets ‘Haïm écrit qu’un Baal Lachon Hara, soit un homme qui fait souvent de la médisance et en éprouve du plaisir, ne pourra jamais sortir de l’enfer. Cependant, si une seule fois dans sa vie, il s’est retenu de parler du mal d’autrui, il ne sera plus considéré comme un Baal Lachon Hara. Dans le même esprit, le Zohar nous apprend que si une personne se retient une seule fois dans sa vie d’une vision interdite, alors sa venue dans ce monde aura valu la peine.

 

Comme l’enseigne le Rav Avraham Ifra’h : Même dans un endroit complètement à l’envers et totalement éloigné de la volonté d’Hashem, on doit garder la foi qu’Hashem y est présent comme il est dit : Si je monte aux cieux, tu y es ; si je me couche au séjour des morts, t'y voilà. (Téhilim 139 :8). En gardant cette conscience d’Hashem, on révèlera la Torah cachée qui se trouve dans cet endroit. Dans l’apparence logique, il n’y a pas de porte de sortie la chute étant trop grande mais lorsqu’un homme fait tout pour ne pas lâcher le contact avec D.ieu, il peut se sortir des pires situations et il finira par entendre la voix de la Torah. Comme dit le Talmud, les Baalé Téchouva authentiques se trouvent à un endroit où même les Tsadikim ne peuvent pas se tenir ; les Baalé Téchouva reviennent d’endroits obscurs avec une voix de la Torah que même les Tsadikim n’ont pas entendue… Si on continue à trouver Hashem dans la faute, cette dernière se transformera en mérite !

 

Que nous puissions à l’instar de Yaakov, nous renforcer face au Essav qui parle en nous et qui veut nous faire oublier qu’Hashem se trouvent dans les endroits obscurs de notre vie. Partageons le camp en deux, comme Yaakov, afin de mettre nos fautes d’un côté et les moindres petits éveils de l’autre car ces derniers finiront un jour par faire basculer le camp des fautes vers celui des mérites !

 

 

  • et du souffle : par l’aide du Rouah Hakodesh.  

 

 

  • en perfectionnant la consécration dans le frémissement d’Elohîms : les Nazaréens doivent se sanctifier dans la crainte de D.ieu.

 

COMMENTAIRE N°3

 

Selon le Tanya, le plus haut degré de kavana résulte d’une méditation intellectuelle sur la grandeur de D.ieu ; cette méditation éveille dans le cœur des sentiments d’amour et de crainte qui ont pour corollaire la volonté de s’attacher à lui. Or, cette volonté détermine l’observance de la Torah et des mitsvot par laquelle elle peut effectivement s’accomplir. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 39)

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9.     Je m’en réjouis maintenant, non de votre tristesse, mais que vous ayez été attristés pour faire retour. Oui, vous avez été attristés selon Elohîms, si bien que vous n’avez rien souffert de nous.

 

 

  • Je m’en réjouis maintenant, non de votre tristesse : car ce n’était pas le but des propos de Shaoul comme il est enseigné dans les milieu ‘hassidiques : la découragement est pire que le faute.  

 

 

  • mais que vous ayez été attristés pour faire retour : faire téchouva, en hébreu.

 

COMMENTAIRE N°1

Qu’est-ce que le téchouva ? Pour faire simple, la téchouva en français, c’est la repentance, c’est le fait d’abandonner sa faute et de se résoudre à ne jamais récidiver, comme il est dit : Que le pervers abandonne sa voie. (Yeshayahou 55 :7) ; l'appel à la repentance a toujours été et sera toujours l'un des messages centraux de la Torah et plus précisément, de tous les grands Prophètes. En réalité, il s’agit de la clé du succès dans la Avodat Hashem et c’est ce que souhaitait partager Yohanan HaMatbil comme il est dit : Yohanan parut, immergeant dans le désert et prêchant une immersion pour la téchouva, pour la rémission des péchés. (Marcos 1 :4) ou encore : Et il alla dans tout le pays des environs du Jourdain, prêchant une immersion pour la téchouva, pour la rémission des péchés. (Loucas 3 :3) 

Le Judaïsme, la religion de Yohanan HaMatbil et de Yeshoua, enseigne que la vraie repentance [téchouva] est un moyen efficace pour retrouver la paix intérieure. En effet, la repentance sincère est véritablement tout ce qui est recommandé par la Bible pour retrouver le bon chemin, c’est l'une des principales façons dont l'homme peut réellement se rapprocher de D.ieu.

 

Par exemple, le Roi David lui-même priait : Lave-moi minutieusement de mon iniquité et purifie-moi de mon péché. (Téhilim 51 :2) ou encore : Purifie-moi avec l’hysope et je serai pur. (Téhilim 51 :7) ; regardons également le Prophète Yrmeyahou ayant imploré de nombreuses fois le Am Israël de faire téchouva : Lave ton cœur du mal, ô Jérusalem, afin que tu sois sauvé. (Yrmeyahou 4 :14) et de là, il est aisé de comprendre que le message de repentance de Yohanan était le même message que tous les autres Prophètes Juifs. Pourquoi ? Car la repentance fonctionne et rapproche de D.ieu, elle permet de recevoir la délivrance totale, individuellement comme collectivement. 

 

Maintenant, posons-nous la question : le Mashiah Yeshoua est-il en accord avec le fait que la repentance soit un moyen efficace pour retrouver le pardon et la paix auprès d’Hashem ? Nous le lisons dans l’Évangile de Matityahou dans lequel, il est dit : Repentez-vous car le Royaume des Cieux est proche. (Matityahou 4 :17) et dans le même élan, Loucas nous enseigne également que Yeshoua a proclamé à tout Israël qu’il y avait plus de joie dans le Ciel pour un pécheur qui se repentait que pour plus de quatre-vingt-dix-neuf justes qui ne se repentaient pas. (Loucas 15 :7). N’est-ce pas extraordinaire ? De même, Rav Adda bar Ahava a dit : Une personne qui commet une transgression, qui se confesse mais ne se repent pas de son péché, à quoi est-elle comparable ? À une personne qui tient dans sa main un animal rampant mort, ce qui la rend rituellement impur et même si elle se plongeait dans toutes les eaux du monde, son immersion serait inefficace pour elle tant que la source de son impureté resterait dans sa main. Cependant, si elle a jeté l'animal de sa main, une fois qu'elle s'est immergée dans un bain rituel, l'immersion est effective immédiatement pour elle comme il est dit : Celui qui couvre ses transgressions ne prospérera pas mais celui qui les avoue et les abandonne obtiendra miséricorde. (Mishlei 28 :13) ; autrement dit, la confession seule est futile mais celui qui abandonne réellement ses transgressions recevra miséricorde. (Taanit 16a)

 

Quel est le but de tous ces messages de téchouva ? C’est que la repentance est une vérité éternelle, un moyen efficace de retrouver le bon chemin ! Puissions-nous tous l’emprunter.

 

  • Oui, vous avez été attristés selon Elohîms : le Maître du monde ayant guidé tous les propos de Shaoul afin qu’ils puissent non pas être tristes mais remplis de crainte divine.

 

  • si bien que vous n’avez rien souffert de nous : finalement, les propos de Shaoul n’ont pas été porteurs de souffrances, de tristesse, de découragement ou d’amertume mais au contraire, ils ont été salutaires.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10.     Oui, la tristesse selon Elohîms provoque un retour vers le salut, que nul ne regrette : la tristesse de cet univers provoque la mort.

 

 

  • Oui, la tristesse selon Elohîms provoque un retour vers le salut : une téchouva rédemptrice et salvatrice. 

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour mieux comprendre la notion d’une tristesse salvatrice, on pourra s’inspirer du Likouté Amarim. En effet, cet ouvrage ‘hassidique ‘habad explique avec clarté, la notion de salut et de sim’ha par l’intérimaire d’une forme de tristesse. 

 

Il en va de même exactement pour ce qui est de vaincre le mauvais penchant, il est impossible de le vaincre dans un état d’indolence et pesanteur, qui tiennent de la tristesse et de l’obstruction du cœur insensible comme une pierre mais seulement avec vivacité, laquelle provient de la joie et d’un cœur qui est ouvert, c’est-à-dire sensible, éveillé, pur de toute trace de souci et de tristesse dans le monde. Quant à ce qui est écrit : dans chaque tristesse, il y aura un profit ; cela qui signifie qu’un profit et un avantage en découleront. Cette formulation future laisse entendre que la tristesse en soi n’a pas d’avantage mais seulement que quelque profit en adviendra ultérieurement. De quel profit parle-t-on ? Il s’agit de la vraie joie en D.ieu, laquelle vient après la vraie tristesse, c’est-à-dire une tristesse dûment justifiée, à des moments déterminés, sur ses fautes, avec une âme amère et un cœur brisé. Le bénéfice de la vraie tristesse réside précisément dans la joie à laquelle, elle laisse place. Mais pourquoi pareille tristesse conduit-elle à la joie ? Car par cette tristesse, l’esprit d’impureté et de la sitra a’hara est brisé, ainsi que l’écran de fer qui fait séparation entre l’homme et son Père dans les Cieux comme dit le Zohar à propos du verset : Les sacrifices de D.ieu sont un esprit brisé, un cœur brisé, etc… Le Zohar interprète ce verset de la manière suivante : Par quel moyen l’esprit de la sitra a’hara est-il brisé ? Par un cœur brisé… Et dès lors que la vraie tristesse, l’amertume causée par les fautes, provoque la cassure de la sitra a’hara et la chute de l’écran de fer, synonyme de séparation d’avec D.ieu, c’est elle précisément qui conduit à la joie : Alors s’accomplira pour lui le début du texte, c’est-à-dire ce qui est écrit dans les versets précédents de ce même Téhilim : Fais-moi entendre l’allégresse et la joie, rends-moi la joie de ton secours et soutiens-moi de ton esprit magnanime. C’est à cette joie-là que fait référence le profit de la tristesse dont parlent les Proverbes et non pas à une tristesse qui serait bénéfique en elle-même Il y a dans cette joie une supériorité par rapport à la joie qui n’est pas précédée d’amertume comme la supériorité de la lumière qui vient de l’obscurité, ainsi qu’il est écrit dans le Zohar à propos du verset tiré des Proverbes du Roi Shlomo : Et j’ai vu qu’il y a une supériorité dans la sagesse sur la sottise, comme la supériorité de la lumière sur l’obscurité. Le Zohar s’interroge : le Roi Shlomo était-il seul capable d’une telle sentence ? Et le Zohar d’en préciser la signification : tout comme l’obscurité contribue à la lumière qu’elle permet d’apprécier, la sottise participe également à la sagesse. Dans le présent contexte aussi, la tristesse raffermit la joie qui lui fait suite et c’est là le profit qui en résulte. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 26)

 

 

  • que nul ne regrette : en effet, cette tristesse nous a rapproché d’Hashem au lieu de nous en détourner comme le fait, la tristesse présente dans le monde.

 

 

  • la tristesse de cet univers provoque la mort : la mort par la dépression, le suicide, etc… comme on peut le constater autour de nous. 

 

COMMENTAIRE N°2

 

On pourra s’inspirer, une nouvelle fois, du Likouté Amarim pour mieux comprendre la notion du mauvais côté de la tristesse.

 

Le tristesse relève du côté de la klipat noga et non du côté de la sainteté. À propos du côté de la sainteté, il est écrit : la force et l’allégresse sont à sa place ; la Présence divine ne repose qu’au milieu de la joie et de même la joie est-elle requise pour l’étude de la Halakha, etc… C’est pourquoi, le Ari Zal a écrit que même le souci concernant les fautes commises ne convient pas si ce n’est au moment de la récitation du vidouï, de la confession mais non durant la prière et l’étude de la Torah, qui doivent être entrepris avec la joie qui relève du côté de la sainteté seulement. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 31)