CHAPITRE 5

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COMMENTAIRES 

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3.     Oui, tel est l’amour d’Elohîms : garder ses misvot. Et ses misvot ne sont pas pesantes,

 

  • Oui, tel est l’amour d’Elohîms : garder ses misvot : garder les 613 mitsvot de la Torah est selon l’Apôtre Yohanan, la preuve de notre amour pour Hashem…

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour mieux comprendre les concepts exposés par l’Apôtre Yohanan, il sera intéressant de s’inspirer des enseignements ‘hassidiques du Likouté Amarim.

 

Car qui aime D.ieu et désire s’attacher à lui, accomplit ses commandements comme un devoir envers un ami particulièrement cher avec plaisir et zèle, et de tout son être. (…) Car l’amour est la racine de l’accomplissement des 248 commandements positifs : ils en découlent et n’ont pas de vraie substance en son absence. Puisque celui qui les accomplit avec vérité est celui qui aime le Nom de D.ieu et désire véritablement s’attacher à lui ; or, il est impossible de s’attacher véritablement à lui si ce n’est par l’accomplissement des commandements, qui sont les 248 membres du Roi. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 4)

 

 

  • Et ses misvot ne sont pas pesantes : pénibles [tel un lourd fardeau].

 

COMMENTAIRE N°2

 

Pour mieux comprendre les concepts exposés par l’Apôtre Yohanan, il sera intéressant, une nouvelle fois, de s’inspirer des enseignements ‘hassidiques du Likouté Amarim.

 

Car cette chose est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, pour la mettre en pratique. Ce verset affirme qu’il est aisé pour tout un chacun d’accomplir la Torah et les commandements avec les trois vêtements de l’âme : la pensée, la parole et l’action. L’expression "dans ta bouche" fait référence à la parole, l’expression "dans ton cœur" à la pensée et l’expression "pour la mettre en pratique" à l’action. Dans un sens plus profond, l’expression "dans ton cœur " ne fait pas seulement référence à la pensée mais au cœur qui est le siège des émotions comme l’amour, la crainte, etc… Ce verset enseigne donc qu’il est à la portée de chaque Juif d’accomplir les commandements avec un sentiment d’amour et de crainte de D.ieu. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 17)

 

Dans les chapitres précédents, a été étudiée l’affirmation de la Torah selon laquelle "il est très proche" c’est-à-dire aisé d’accomplir tous les commandements de la Torah avec amour et crainte de D.ieu. Le caractère très accessible d’un tel service provient de l’amour naturel pour D.ieu intrinsèque à chaque Juif.  (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 20)

 

COMMENTAIRE N°3

 

Voici une étude inspiré des propos du Rav Chalom Guenoun.

 

Hashem veut-il que nous soyons tous des ultra-orthodoxes ? Pour commencer, dans la Torah, il nous est dit : de garder les mitsvot, les statuts, que moi-même t’ordonne aujourd’hui, pour qu’il te soit fait du bien. (Devarim 10 :13) ; s’il est bien vrai que les mitsvot nous demandent de l’effort, de l’obéissance, de la retenue et parfois même de l’argent, il est bien précisé qu’elles sont uniquement là pour qu’il nous soit fait du bien. De plus, dans le Tanakh, il est clairement stipulé par le Roi Shlomo : Trop précipiter ses pas, c'est manquer le but. (Mishlei 19 :2) ; le Gaon de Vilna explique à ce sujet : L’homme doit aller de palier en palier comme sur une échelle et ne pas sauter vers un palier qui lui serait inapproprié. Celui qui sauterait plus haut que son niveau est un fauteur car il tomberait. Par conséquent, s’il est vrai que D.ieu aimerait que nous soyons tous au niveau d’accomplir parfaitement sa volonté, Hashem tient compte de notre niveau, de notre nature, de chacune de nos avancées et de chacun de nos efforts envers lui.

 

Dans le même élan, le Rav Yehezqel Sarna rapportait au nom de son Maître, le Rav Israël Salanter que D.ieu attend de nous que nous empruntions une bonne voie (Daliot Yehezqel, 3ème partie, p. 143-166) sans nécessiter de changements drastiques pour être agréé, une volonté sincère liée à des efforts adaptés à chacun suffisent à réaliser la volonté de D.ieu : chacun selon son niveau.

 

Ces efforts sont tous agréés aux yeux d’Hashem de la même manière que celui dont le niveau personnel requiert d’étudier la sainte Torah dans la plus grande piété car le but est de réaliser la volonté de D.ieu, chacun selon son niveau et suivant le contexte mis à sa disposition.

 

Dans les dernières lignes du Messilat Yésharim, Rabbi Moshé ‘Haïm Luzzato écrit également : Il n’est pas question que la piété se transforme selon les cas, elle est égale pour tous, puisque son but consiste à satisfaire son Créateur. Cependant, puisque les positions sont différentes, il est impossible que les moyens qui permettent à parvenir à ce but ne changent pas en conséquence. Il est donc évident que celui qui ne cesse d’étudier la Torah parviendra à la piété absolue au même titre que l’employé qui exerce un travail simple.


 

 

 

 

 

 

 

 

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11.     Et voici le témoignage : Elohîms nous a donné la vie de pérennité, et cette vie est en son fils.

 

  • Et voici le témoignage : Elohîms nous a donné la vie de pérennité : selon le Judaïsme, il y a plusieurs "chemins" qui s’offrent à l’homme après la mort : lorsqu’une personne meurt, en fonction de son niveau, de sa sainteté et/ou de ses péchés ; il peut soit aller directement au Gan 'Eden [comportant lui-même plusieurs niveaux], soit aller au Gey-Hinnom [l’enfer a plusieurs niveaux également] ou soit revenir en guilgoul [réincarnation] dans un autre corps. Or, pour nous, Nazaréens, notre sort éternel est déjà scellé par les mérites du Tsadik ; plus concrètement, étant attachés au Mashiah, notre seule direction sera celle du Olam Haba ainsi qu’il est enseigné que le Tsadik est lui-même la Cour céleste et qu’il a le pouvoir de décréter le Gan 'Eden pour l'un et le Gey-Hinnom pour l'autre. (Sefer Hamidot Tsadik, 1 :54) et que tout pouvoir se trouve entre les mains du Tsadik et qu’il peut faire ce qu'il veut. (Likouté 'Etsot, Tsadik, 1 :43). En complément, il suffit de s’inspirer de l’Évangile de Yohanan où il est écrit : Que votre cœur ne se trouble point. Croyez-en D.ieu et croyez en moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n'était pas, je vous l'aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et, lorsque je m'en serai allé et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi. (Yohanan 14 :1-3) ; comme on peut le comprendre, le simple fait de s’attacher à Yeshoua nous procure le Olam Haba.

 

  • et cette vie est en son fils : au sujet de l’expression contenue dans le verset des Téhilim : Quel est l’homme qui désire la vie ? (Téhilim 34 :13). Rabbi Chnéour Zalman souligne que le moyen d’obtenir la vie est l’attachement au Tsadik. Également selon les termes du verset : l’existence de mon Maître sera liée au faisceau de la vie. (1 Shmouel 25 :29). Or, le Tsadik est l’intermédiaire qui relie à D.ieu et c’est pour cette raison qu’il peut distribuer ce faisceau de vie. (Tanya et commentaires, Iguéret Kodesh, chap. 27) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12.     Qui a le fils a la vie ; qui n’a pas le fils d’Elohîms n’a pas la vie.

 

  • Qui a le fils a la vie : selon le principe ‘hassidique de l’attachement au Tsadik comme il est enseigné : Le rapprochement et l'attachement au Tsadik véritable représentent le fondement de tous les fondements et la racine de toutes les racines, cela surpasse tout. (Torah n°143 du Likouté Moharan I)

 

  • qui n’a pas le fils d’Elohîms n’a pas la vie : car celui qui n'est pas attaché et proche du vrai Tsadik, tout son service est seulement semblable à celui qui fait des contorsions et imite son prochain, comme un singe à visage humain car il n'y a réellement de service divin que celui qui est accompli grâce au vrai Tsadik. (Si’hot Haran 111)

 

COMMENTAIRE N°1

 

À l'époque de Moshé Rabbénou, pour construire le Mishkane, chaque membre de l'Assemblée d'Israël devait apporter sa contribution suivant la générosité de son cœur. Même la plus petite offrande était prise en compte si elle était apportée à Moshé lui-même. Or, si elle ne passait pas par lui, selon Rabbi Nathan, cette contribution, fut-elle la plus grande, n'était pas acceptée car Moshé Rabbénou était le Tsadik de la génération ! Ainsi, environ 4/5ème d'Israël périrent lors de la plaie des Ténèbres (Rachi sur Shemot 13 :18) car ils ne voulaient pas suivre Moshé pour sortir d'Egypte et recevoir la Torah... En fait, l’attachement au Tsadik Véritable de la génération est la condition indispensable pour réparer nos fautes et accomplir une téchouva authentique ou tout simplement pour devenir un Juif kasher. Ainsi, selon Yohanan, tout celui qui n’a pas véritablement reçu Yeshoua, n’a pas reçu la vie étant donné qu’il est le Tsadik du niveau de Moshé Rabbénou comme il est dit : la Torah a été donnée par Moshé, la grâce et la vérité sont venues par le Mashiah Yeshoua. (Yohanan 1 :17).

 

 

 

 

 

 

 

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16.     Si quelqu’un voit son frère fauter d’une faute qui ne conduit pas à la mort, qu’il demande, et il lui donnera la vie. Cela pour les fautes ne conduisant pas à la mort. Mais il est une faute qui conduit à la mort, ce n’est pas pour celle-là que j’ai dit d’intercéder.

 

  • Si quelqu’un voit son frère : dans l’idée de prêter attention aux besoins, aux bienfaits de notre prochain.

Les Nazaréens doivent prier les uns pour les autres.

Priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. La prière fervente du juste a une grande efficacité. (Yaakov 5 :16)

En effet, il nous faut avoir le souci des autres, nos téfilot ne doivent donc pas être restreinte à des sujets purement personnels…

 

  • fauter d’une faute qui ne conduit pas à la mort : l’Apôtre Yohanan va créer un contraste entre les fautes pardonnables [possibilité d’une téchouva] et non pardonnables [téchouva extrêmement difficile, voire impossible].

 

COMMENTAIRE N°1

 

Que faut-il donc entendre par cette première expression ?

Un acte isolé, une transgression aussi grave soit-elle de la Torah et dans laquelle un Nazaréen serait tombé par faiblesse, par manque de vigilance ou par l’entraînement d’une tentation du yetser hara...

Le Rav Ron Chaya nous parle de quatre niveaux de gravité dans la transgression d'un péché :

  • le plus grave : faire exprès de pécher pour ''fâcher'' le Créateur…

  • savoir qu’un péché est interdit et malgré tout le transgresser mais sans une réelle volonté de fâcher le Créateur [simplement par goût de la faute].

  • le faire de façon involontaire, soit par méconnaissance ou par oubli,

  • par contrainte, on pourrait nous forcer à transgresser un péché.

En l’occurrence, l’Apôtre Yohanan va parler ici de ce premier côté de "la faute" qui ne conduit pas à la mort, c’est-à-dire, où il existe encore une grande possibilité de téchouva.

 

  • qu’il demande, et il lui donnera la vie : par la téfila, on peut réellement donner la vie aux autres. Le Nazaréen donnera donc vie à celui pour qui il intercédera, en lui procurant de la miséricorde divine. Ainsi tout Nazaréen qui voit son frère pécher et qui l’aime réellement, deviendra son intercesseur auprès d’Hashem et selon la parole de Yohanan, la promesse est qu’Hashem agréera sa téfila.

Lorsque des gens prient pour une autre personne, ils deviennent comme ses talmidim en ce sens qu’il leur permet d’avoir du mérite. (Rav Eliahou Lopian)

Mes frères, si quelqu'un parmi vous s'est égaré loin de la vérité et qu'un autre l'y ramène, qu'il sache que celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s'était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés. (Yaakov 5 :9-20)

La téfila est donc une réelle manifestation du lien intime et vivant qui unit les talmidim du Mashiah.

Quiconque prie pour autrui est exaucé en premier. (Baba Kama 92a)

 

  • Cela pour les fautes ne conduisant pas à la mort : comme nous l’avons vu, l’Apôtre Yohanan englobe les ''fautes qui ne conduisent pas réellement à la mort'' en opposition à ''la faute qui conduit à la mort'' ...

 

  • Mais il est une faute qui conduit à la mort : selon les Écrits Nazaréens, il existe plusieurs fautes décrites comme étant impardonnables. L’Apôtre Yohanan va donc englober ce second côté de "la faute" : le côté malheureusement, impardonnable ou réellement fermée pour la téchouva [la repentance étant extrêmement difficile].

La "faute qui conduit à la mort" dénonce l’état grave d’une mort spirituelle où est arrivée l’âme d’un fauteur qui a vu ou a connu la vérité mais qui par une longue série de péchés volontaires, par la négligence des appels de téchouva ou tout simplement par les séductions du monde est tombé au point d’être considéré comme totalement mort...

COMMENTAIRE N°2

Cet état peut être mis en relief avec le blasphème contre le Rouah Hakodesh décrit dans l’Évangile de Matityahou chap. 12.

C'est pourquoi je vous dis : Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes mais le blasphème contre l'Esprit ne sera point pardonné. Quiconque parlera contre le Fils de l'homme, il lui sera pardonné mais quiconque parlera contre le Rouah Hakodesh, il ne lui sera pardonné ni dans le Olam Hazeh, ni dans le Olam Haba. (Matityahou 12 :31-32)

Ce péché, commis par certains proushim, consiste en un rejet délibéré et conscient de la vérité lorsqu’elle est manifestée et dévoilée à nos yeux. En effet, malheureusement, certains avaient assimilé les œuvres du Mashiah réalisées par le Rouah Hakodesh aux œuvres du Satan lui-même et Yeshoua déclare qu’une telle faute ne sera jamais pardonné ni dans le Olam Hazeh, ni dans le Olam Haba.

Quiconque blasphémera contre le Rouah Hakodesh n'obtiendra jamais de pardon : il est coupable d'un péché éternel. (Marcos 3 :29) 

Cette faute décrite dans les Évangiles a forcément, était effectué dans un état moral incorrigible car pour l’accomplir, il fallait volontairement pécher contre sa propre conscience… Selon Yohanan, un tel fauteur a préféré les ténèbres à la lumière et le résultat est donc la mort spirituelle. 

Celui qui croit en lui n'est point jugé mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de D.ieu. Et ce jugement c'est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait le mal hait la lumière et ne vient point à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dévoilées. (Yohanan 3 :18-20)

Comme nous l’avons vu, les proushim et les soferim identifiaient Yeshoua au Satan et malheureusement, lorsqu’on inverse à ce point le bien et le mal, d’où pourrait encore venir la guérison ?

Celui qui parle contre le Tsadik, c'est réellement comme s’il parlait contre le Saint Béni soit-Il, il est en outre appelé hérétique. (L’attachement au Tsadik véritable, Éditions Keren Rabbi Israël)

Par suite de cet état, toute communion avec D.ieu ayant cessé, l’âme du fauteur devient étrangère et échappe aux influences bénies de l’intercession fraternelle.

 

COMMENTAIRE N°3

La "faute qui conduit à la mort" peut -être une faute consciente ou continuelle, dont la personne ne se repent pas… Hashem, étant miséricordieux, appelle ses enfants à la sainteté et les corrige toujours lorsqu’ils fautent.

Car le Seigneur châtie celui qu'il aime et il frappe de la verge tous ceux qu'il reconnaît pour ses fils. (Hébreux 12 :6)

Bien évidemment, nous ne sommes pas "punis" dans le sens de perdre notre Olam Haba mais Hashem nous corrige simplement parce qu’il nous aime énormément et souhaite nous montrer la bonne voie. Néanmoins, le verset décrit dans la Lettre de Yohanan peut nous avertir d’un moment où D.ieu ne permet plus à un Nazaréen de continuer à pécher sans se repentir… À ce moment-là, Hashem yishmor, D.ieu peut aller jusqu’à faire mourir, spirituellement ou non, le fauteur endurci : on peut appeler cela le voilement ou l’aveuglement spirituel.

La vérité est totalement claire pour le pêcheur mais celui-ci, semblable au blasphème contre le Rouah Hakodesh, jette sa conscience et choisit délibérément le côté de la faute.    

Si un homme pèche contre un autre homme, D.ieu le jugera mais s'il pèche contre l'Éternel, qui intercédera pour lui ? (1 Shmouel 2 :25)

La Guémara détaille les trois questions d’aggada que les sages d'Alexandrie ont posées au Rav Yéhochoua. Un verset déclare : Car je n'ai aucun plaisir à la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur D.ieu mais repentez-vous et vivez. (Yehezqel 18 :32). Et un verset déclare, en ce qui concerne les fils d’Eli HaCohen, qui n'ont pas prêté attention à la réprimande de leur père : Si un homme pèche contre un autre, D.ieu le jugera mais si un homme pèche contre le Seigneur, qui priera pour lui ? Mais ils n'ont pas écouté la voix de leur père car le Seigneur voulait les tuer. (1 Shmouel 2 :25). Rabbi Yéhochoua leur répondit : Ici, le verset de Yehezqel fait référence à un cas où les pécheurs se repentent, alors que là, le verset de Shmouel parle d'un cas où les pécheurs ne se repentent pas…  (Nida 70b)

Et il me dit : Va et tu diras à ce peuple : Obstinez-vous à écouter sans comprendre et à voir sans saisir. Que le cœur de ce peuple soit épaissi, que ses oreilles soient assourdies, que ses yeux soient hébétés, de peur que ses yeux ne voient clair, que ses oreilles n'entendent, que son cœur ne comprenne, qu'il ne s'amende alors et ne soit sauvé ! (Yeshayahou 6 :9-10)

Selon les versets du Livre de Yeshayahou, lorsqu’une personne s’enfonce profondément dans le mal, il peut en arriver à un point où Hashem ne désire même plus sa téchouva, c’est ce qui est arrivé au peuple Juif à cette époque où D.ieu a même dit aux Neviim d’enfoncer le peuple dans le mal afin qu’il n’ait pas la possibilité de faire téchouva… Il est clair qu’Hashem souhaite notre téchouva mais dans de rares cas, le mal qu’on cause est tellement grand qu’on n’a même plus ce mérite. (Rav Ron Chaya)

Car on donnera à celui qui a et il sera dans l'abondance mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a. C'est pourquoi je leur parle en paraboles, parce qu'en voyant ils ne voient point et qu'en entendant ils n'entendent ni ne comprennent. Et pour eux s'accomplit cette prophétie de Yeshayahou. (Matityahou 13 :12-14)

On pourra aussi s’inspirer du Mishné Torah du Rambam pour mieux comprendre.

Tels sont ceux qui n’ont pas part au Olam Haba mais sont retranchés, périssent et sont jugés selon leur grande perversité et leurs méfaits éternellement : (…) l’apostat par rapport à une faute et l’apostat par rapport à la Torah entière. L’apostat par rapport à une faute est celui qui a pris l’habitude de commettre une faute délibérément, et cela est devenu fait notoire, même si c’est une faute légère. (Michné Torah, Lois du Repentir, chap. 3)

 

COMMENTAIRE N°4

La "faute qui conduit à la mort" est ici spirituelle : il s'agit du fait de perdre notre Olam Haba par le rejet de la connaissance du Mashiah Yeshoua, soit du rejet de notre attachement au Tsadik après l’avoir connu.

Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont eu part au Rouah Hakodesh, qui ont goûté la bonne parole de D.ieu et les puissances du Olam Haba et qui sont tombés, soient encore renouvelés et amenés à la téchouva, puisqu'ils crucifient pour leur part le Fils de D.ieu et l'exposent à l'ignominie. Lorsqu'une terre est abreuvée par la pluie qui tombe souvent sur elle et qu'elle produit une herbe utile à ceux pour qui elle est cultivée, elle participe à la bénédiction de D.ieu mais, si elle produit des épines et des chardons, elle est réprouvée et près d'être maudite et on finit par y mettre le feu. (Hébreux 6 :4-8)

Essav, qui pour un mets vendit son droit d'aînesse. Vous savez que, plus tard, voulant obtenir la bénédiction, il fut rejeté, quoiqu'il la sollicitât avec larmes car sa téchouva ne put avoir aucun effet. (Hébreux 12 :16-17)

Quoi qu'il en soit, par cette distinction de ces deux tableaux de la faute, Yohanan semble vouloir souligner le refus de se soumettre à D.ieu, un refus manifesté par une forme d’idolâtrie, c'est-à-dire un acte de rejeter la vérité révélée et de la mettre au même rang de simples idoles ou de faux dieux… En effet, étrangement, Yohanan clôturera le chap. 5 par un message liée à l’idolâtrie.

Petits enfants, gardez-vous des idoles. (1 Yohanan 5 :21)

On pourra s’inspirer du chap. 3 des Lois du Repentir du Rambam dans le Michné Torah pour mieux comprendre les fautes conduisant, malheureusement, loin du Olam Haba.

Tels sont ceux qui n’ont pas part au Olam Haba mais sont retranchés, périssent et sont jugés selon leur grande perversité et leurs méfaits éternellement : les minim, les apikorsim, ceux qui nient la Torah, ceux qui nient la résurrection des morts et la venue du libérateur, les apostats, ceux qui font fauter la collectivité, ceux qui s’écartent de la communauté, celui qui commet des fautes avec dédain publiquement. (…) Celui qui conteste la prophétie de Moshé Rabbénou. (Michné Torah, Lois du Repentir, chap. 3)

Ceux qui nient la résurrection des morts et la venue du libérateur : renier la venue du libérateur [Yeshoua] serait donc, selon le Michné Torah du Rambam, un critère ne permettant pas à une personne d’hériter du Olam Haba.

Celui qui conteste la prophétie de Moshé Rabbénou : renier Moshé, c’est renier le Olam Haba ; à combien de plus fortes raison, renier Yeshoua… De plus, comme on le sait, Moshé et Mashiah sont un seul et même concept : la guématria de Shiloh [un autre nom du Mashiah] étant 345 comme celle de Moshé.

Car si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés mais une attente terrible du jugement et l'ardeur d'un feu qui dévorera les rebelles. Celui qui a violé la Torah de Moshé meurt sans miséricorde, sur la déposition de deux ou de trois témoins ; de quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de D.ieu, qui aura tenu pour profane le sang de l'alliance, par lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l'Esprit de la grâce ? (Hébreux 10 :26-29)

 

COMMENTAIRE N°5

Une autre interprétation possible est peut-être de mettre ce passage de Yohanan en parallèle avec l’épisode de Hananyah et Saphira dans le Livre des Actes.

Mais un homme nommé Hananyah, avec Saphira sa femme, vendit une propriété, et retint une partie du prix, sa femme le sachant ; puis il apporta le reste, et le déposa aux pieds des Apôtres. Kéfa lui dit : Hananyah, pourquoi le Satan a-t-il rempli ton coeur, au point que tu mentes au Rouah Hakodesh, et que tu aies retenu une partie du prix du champ ? S'il n'eût pas été vendu, ne te restait-il pas ? Et, après qu'il a été vendu, le prix n'était-il pas à ta disposition ? Comment as-tu pu mettre en ton coeur un pareil dessein ? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu. Hananyah, entendant ces paroles, tomba, et expira. Une grande crainte saisit tous les auditeurs. Les jeunes gens, s'étant levés, l'enveloppèrent, l'emportèrent, et l'ensevelirent. Environ trois heures plus tard, sa femme entra, sans savoir ce qui était arrivé. Kéfa lui adressa la parole : Dis-moi, est-ce à un tel prix que vous avez vendu le champ ? Oui, répondit-elle, c'est à ce prix-là. Alors Kéfa lui dit : Comment vous êtes-vous accordés pour tenter l'Esprit du Seigneur ? Voici, ceux qui ont enseveli ton mari sont à la porte, et ils t'emporteront. Au même instant, elle tomba aux pieds de l'Apôtre, et expira. Les jeunes gens, étant entrés, la trouvèrent morte ; ils l'emportèrent, et l'ensevelirent auprès de son mari. Une grande crainte s'empara de toute l'assemblée et de tous ceux qui apprirent ces choses. (Actes 5 :1-11)

 

COMMENTAIRE N°6

Il est possible qu’en écrivant ces lignes, l’Apôtre ait eu à l’esprit un péché particulier lié aux tromperies environnantes de son époque mais ici, Yohanan ne le précisera pas... En effet, dans la Torah, certains péchés étaient considérés comme des offenses capitales et punissables de mort.

 

 

  • ce n’est pas pour celle-là que j’ai dit d’intercéder : nous ne nous épuiserons donc pas dans la téfila pour ceux ayant été conquis par le mauvais [le pire] côté de la faute dénoncé plus haut…

Ici, l’Apôtre Yochanan ne nous défend pas de prier pour ce péché-là mais simplement, il ne nous le commande pas [la profondeur du péché étant bien trop ancrée dans le cœur de la personne].  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17.     Toute injustice est une faute ; mais il est une faute qui ne conduit pas à la mort.

 

  • Toute injustice est une faute : selon la pensée de Yohanan, cela fait référence au fait de transgresser de la Torah.

Quiconque pèche transgresse la Torah et le péché est la transgression de la Torah. (1 Yohanan 3 :4)

Alors qu’une mitsva crée une union avec D.ieu, la faute crée une séparation ; quand une mitsva témoigne de l’unité de D.ieu, une transgression est synonyme d’idolâtrie. Étant donné que chaque élément dans le domaine de la sainteté a un équivalent dans le Royaume impur de la sitra a’hara, l’accomplissement des commandements et l’étude de la Torah, qui créent une union avec D.ieu, ont également un élément opposé : les 365 interdits de la Torah et tous les interdits rabbiniques. Dès lors qu’ils sont contraires à la volonté et à la sagesse de D.ieu et véritablement leur opposé, ils constituent une séparation absolue de son unité et de son unicité, comme la sitra a’hara et la klipa, qui sont appelées "idolâtrie" et "autres dieux" … (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 24)

 

 

  • mais il est une faute qui ne conduit pas à la mort : comme nous l’avons vu dans les précédents versets, il s’agit du côté de "la faute" incluant un acte isolé, une transgression aussi grave soit-elle de la Torah et dans laquelle un Nazaréen serait tombé par faiblesse, par manque de vigilance, ou par l’entraînement d’une tentation du yetser hara.

 

COMMENTAIRE N°1

L’erreur est humaine et D.ieu le sait, c’est pour cela qu’avant de créer le monde, Hashem a créé la téchouva. Il suffit donc de lui dire que nous avons péché, que nous regrettons et que nous prenons sur nous de ne plus recommencer ; nous sommes dès lors appelés ¨tsadikim¨ auprès d’Hashem. Si notre faute est d’une envergure plus grande encore, bien que nous acquérions immédiatement le statut de tsadik par la téchouva, il faudra aussi le réparer, soit par le biais du limoud haTorah, soit par le celui de la souffrance. Mais si on fait téchouva par amour, alors toutes ces étapes deviennent inutiles… En effet, la téchouva par amour suffit non seulement à effacer le péché mais aussi à le transformer en mérite. Il n’y a donc pas de quoi avoir peur. Il faut avancer du mieux que l’on peut et quand on tombe, faire téchouva car le tsadik tombe sept fois et se relève. (Rav Ron Chaya)

Rejetons (…) le péché qui nous enveloppe si facilement. (Hébreux 12 :1)

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18.     Nous savons que quiconque est né d’Elohîms ne faute pas, mais qui est né d’Elohîms le garde, et le criminel ne le touche pas.

 

  • Nous savons que quiconque est né d’Elohîms ne faute pas : le talmid du Mashiah Yeshoua doit, en effet, avoir perdu tout goût pour la faute par l’intermédiaire du Rouah Hakodesh.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour mieux comprendre les concepts exposés par l’Apôtre Yohanan, il sera intéressant de s’inspirer des enseignements ‘hassidiques du Likouté Amarim.

 

Rabbi Chnéour Zalman a expliqué que toutes les mitsvot constituent une affirmation de l’unité de D.ieu car la volonté divine est révélée dans les mitsvot et celui qui les accomplit s’unit alors parfaitement à lui. A l’opposé, toutes les fautes sont une forme d’idolâtrie car l’idolâtrie est définie comme la simple idée d’une existence indépendante, extérieure à D.ieu. La transgression d’un commandement constitue donc, au plus haut point, une séparation d’avec la volonté divine et ainsi, d’avec D.ieu lui-même. Par nature, un Juif devrait donc toujours observer la volonté divine et ne jamais fauter… C’est là le sens du verset : Car cette chose est très proche de toi, etc… Il est très proche d’accomplir la Torah et les commandements avec amour et crainte de D.ieu. (…) L’amour à lui seul est cependant insuffisant car la crainte de D.ieu est nécessaire pour se garder de transgresser les commandements négatifs. Rabbi Chnéour Zalman poursuit donc : Cet amour comprend également de la crainte, à savoir la crainte par laquelle l’âme ne peut en aucun cas accepter d’être séparée de l’unité et de l’unicité de D.ieu, même s’il faut pour cela sacrifier sa vie. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 25)

 

  • mais qui est né d’Elohîms le garde : dans l’idée de "se garder" de la faute.

 

COMMENTAIRE N°2

 

Rabbi Na’hman de Breslev nous donne la méthode pour nous "garder de la chute" tout en étant connecté avec le Tsadik : la clé étant, le daat.

Lorsqu'une personne croit dans le Tsadik sans aucun daat, alors il lui est possible de tomber de cette foi car de la foi seule, il est possible de tomber. Cependant, s'il a aussi daat, il comprend aussi intellectuellement, alors il lui devient impossible de tomber… (Torah n°255 du Likouté Moharan I)

 

 

  • et le criminel ne le touche pas : cela fait référence au Satan [habillé au travers du yetser hara].

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19.     Nous savons que nous sommes d’Elohîms ; mais l’univers entier nuite dans le crime.
 

 

  • Nous savons que nous sommes d’Elohîms : nous sommes liés avec Hashem par notre attachement avec le Mashiah Yeshoua.

 

 

  • mais l’univers entier nuite dans le crime : dans l’obscurité totale. 

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour mieux comprendre les concepts exposés par l’Apôtre Yohanan, il sera intéressant de s’inspirer, une nouvelle fois, des enseignements ‘hassidiques du Likouté Amarim.

 

Ce monde et tout ce qu’il contient est appelé le monde des klipot et de la sitra a’hara malgré la sainteté divine qui anime ce monde également. En effet, comme les créatures de ce monde physique ressentent leur existence comme indépendante de D.ieu, celui-ci est défini comme un monde de klipot et de sitra a’hara. C’est la raison pour laquelle tous les faits de ce monde sont rudes, mauvais et que les méchants prédominent ainsi qu’il est écrit dans le Ets ‘Haïm, Porte 42, fin du chap. 4. En dépit de cette caractérisation, le divin demeure immanent au monde. Néanmoins, les créatures de ce monde n’étant pas manifestement soumises à D.ieu, il est qualifié de monde de klipot et de sitra a’hara. Il a été aussi  jusqu’à présent expliqué que toutes les pensées, paroles et actions qui ne sont pas orientées vers la sainteté relèvent de la sitra a’hara et sont les vêtements par lesquels s’exprime l’âme animale. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 6)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21.     Petits enfants, gardez-vous des idoles.

 

  • Petits enfants : comme on le sait, les talmidim d’un Rabbi sont appelés "enfants" …

 

COMMENTAIRE N°1

 

Le Rambam décrit également les disciples d’un Sage comme étant également ses enfants.

L’obligation de perpétuer la Torah n’est pas limitée aux fils et petits-fils ; en fait, il incombe à chaque Sage du peuple Juif d’enseigner la Torah aux disciples, bien qu’ils ne soient pas ses enfants, comme il est dit : Tu les enseigneras à tes fils. Néanmoins, par la tradition orale, les Sages ont appris : tes fils, ce sont aussi tes disciples car les disciples sont également appelés fils. (Mishné Torah du Rambam, Lois relatives à l’étude de la Torah, chap. 1) 

 

 

  • gardez-vous des idoles : dans ce contexte, l’idolâtrie est semblable au péché.

 

COMMENTAIRE N°2

 

Pour mieux comprendre les concepts exposés par l’Apôtre Yohanan, il sera intéressant de s’inspirer, une nouvelle fois, des enseignements ‘hassidiques du Likouté Amarim.

 

Alors qu’une mitsva crée une union avec D.ieu, la faute crée une séparation ; quand une mitsva témoigne de l’unité de D.ieu, une transgression est synonyme d’idolâtrie. Étant donné que chaque élément dans le domaine de la sainteté a un équivalent dans le Royaume impur de la sitra a’hara, l’accomplissement des commandements et l’étude de la Torah, qui créent une union avec D.ieu, ont également un élément opposé : les 365 interdits de la Torah et tous les interdits rabbiniques. Dès lors qu’ils sont contraires à la volonté et à la sagesse de D.ieu et véritablement leur opposé, ils constituent une séparation absolue de son unité et de son unicité, comme la sitra a’hara et la klipa, qui sont appelées "idolâtrie" et "autres dieux" … (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 24)

 

Rabbi Chnéour Zalman a expliqué que toutes les mitsvot constituent une affirmation de l’unité de D.ieu car la volonté divine est révélée dans les mitsvot et celui qui les accomplit s’unit alors parfaitement à lui. A l’opposé, toutes les fautes sont une forme d’idolâtrie car l’idolâtrie est définie comme la simple idée d’une existence indépendante, extérieure à D.ieu. La transgression d’un commandement constitue donc, au plus haut point, une séparation d’avec la volonté divine et ainsi, d’avec D.ieu lui-même. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 25)